Votre panier est actuellement vide !
Catégorie : Ferroviaire
Retrouvez toute l’actualité ferroviaire: lignes, matériels ferroviaires et l’actualité des constructeurs et des opérateurs en France et l’international.

MTR Express reste le meilleur opérateur ferroviaire en Suède
Quatre ans après le démarrage de ses trains grandes lignes en open access entre Stockholm et Göteborg, les deux principales villes suédoises, MTR Express a été classé, pour la quatrième fois de suite, meilleur opérateur ferroviaire dans l’enquête de satisfaction sur les transports de Svensk Kvalitetsindex (SKI). Dans l’édition 2019 de cette enquête, quinzième du genre, la qualité globale des transports est jugée à la baisse par les usagers, surtout pour les bus longue distance (70,2 % de satisfaits, contre 75,5 % en 2018), mais aussi pour les avions (66,8 %, contre 69,3 %) et les trains grandes lignes (61,2 %, contre 62,4 %).
Tous transporteurs et tous modes confondus, MTR s’en tire avec une honorable quatrième place (70 % de satisfaits) derrière deux compagnies de bus longue distance (appartenant à l’Etat norvégien) et une petite compagnie aérienne. Juste derrière MTR, la compagnie aérienne scandinave « historique » SAS s’en tire avec 69,7 %, devant le low cost Norwegian (65,7 %) et le « nouvel entrant » ferroviaire Snälltåget, filiale de Transdev et spécialiste des trains de nuit (65,6 %). L’opérateur ferroviaire « historique » SJ contribue quant à lui à faire baisser la moyenne des trains, avec 55,9 % de satisfaits.
Ponctualité et information
Selon SKI, outre la ponctualité, c’est l’information en situation perturbée qui fait la différence. Le fait que cette information soit trop souvent jugée lacunaire par nombre de voyageurs des trains grandes lignes SJ a contribué à la note médiocre de l’opérateur ferroviaire historique. MTR, son rival venu de Hongkong , mesure quant à lui « un taux de satisfaction moyen de la clientèle légèrement supérieur à 90 % », sans doute en se basant sur des critères différents de ceux de SKI. Ceci dit, les ordres de grandeurs sont très différents d’un opérateur à l’autre : MTR Express propose 16 départs par jour, contre 1 200 pour SJ, ce qui facilite sans doute la qualité de service pour le premier.
Reste qu’en Suède, MTR s’y connaît également en matière de dessertes à haute fréquence, transportant plus d’un million de voyageurs par jour dans le métro et le RER de Stockholm. Mais ceci est une autre activité, qui n’était pas couverte par l’enquête SKI.
Patrick Laval

En Allemagne, le Bade-Wurtemberg veut réactiver 100 km de petites lignes ferroviaires
Avec le succès de la réforme du rail et la libéralisation du trafic régional dans les années 90, des dizaines de lignes désaffectées ont déjà été réactivées en Allemagne. Le Bade-Wurtemberg, région frontalière avec la France et dirigée par les écologistes, a annoncé une nouvelle étude sur 41 lignes abandonnées entre 1960 et 1990. Environ 15 lignes devraient être retenues lors d’une première sélection en fonction de leur viabilité économique et des investissements nécessaires. L’étude de faisabilité sera rendue publique fin 2020. « Il ne s’agit pas de nostalgie ou de naïveté mais de projets concrets et durables », a insisté Winfried Hermann, le ministre écologiste des Transports de la région. « Certaines lignes disposent d’un grand potentiel de voyageurs », a-t-il ajouté.
Le gouvernement régional estime que près de 100 km de lignes pourraient être remis en service d’ici à 2030. La Bavière, où les écologistes ont également obtenu de très bons scores aux dernières élections, a commandé des études similaires.
Christophe Bourdoiseau

CDG Express : Valérie Pécresse met en garde le gouvernement
Perdant-perdant : ce serait le résultat, selon Valérie Pécresse, d’un maintien coûte que coûte de la volonté d’ouvrir CDG Express en 2024. La liaison avec l’aéroport ne sera quoi qu’on en dise pas prête, et le million de passagers du RER B aura subi en vain trois semaines d’interruption des circulations. La présidente de la région capitale et d’Île-de-France Mobilités (IDFM), dont la position était déjà connue, l’a répétée plus fermement encore lundi 13 mai, après l’audition par le conseil d’IDFM du préfet d’Île-de-France, Michel Cadot.
Le préfet a remis le 24 avril dernier au Premier ministre son rapport sur les travaux de l’axe ferroviaire Paris-Nord. Il offre le choix entre deux scénarios élaborés avec IDFM, SNCF Réseau et les collectivités territoriales. Le premier, l’ouverture pour les JO, avec seulement un décalage de quatre mois : début mai 2024 au lieu de fin décembre 2023. C’est ce scénario que la présidente de région juge « totalement intenable ». Le second, un report de deux ans, avec une ouverture en décembre 2025.
Ce second scénario doit être encore amélioré selon Valérie Pécresse, et devenir un « deux bis », notamment par l’adjonction d’un « fonds d’indemnisation visant le dédommagement en cas d’incidents de chantier du CDG Express perturbant le trafic sur le RER B ». Fonds dont le préfet soutient la création.
Report du CDG Express ?
Le 20 mai, dit-on, le Premier ministre pourrait faire son choix. Valérie Pécresse a déjà présenté à Edouard Philippe des arguments très solides en faveur du report. Elle a souligné, preuves à l’appui ; que les calendriers prévisionnels sont trop optimistes, et que les opérateurs prennent du retard dans la réalisation de quasiment tous les projets : trois ans pour la ligne 14 au nord. De plus, l’absence de CDG Express serait pas un drame pour les JO : il est possible de profiter d’une trame de desserte plus détendue en août pour insérer des trains directs durant les JO entre Paris et Roissy ou entre Paris et Le Bourget, où sera le village des médias.
Le scénario 2, selon IDFM, serait neutre pour les voyageurs du quotidien. Les élus de gauche, notamment du Parti communiste, n’y croient pas. Les 250 nuits d’interruption nécessaires dans ce schéma ne sont pas sans risque. On sait que les travaux de nuit n’offrent que trois heures utiles et qu’il n’est pas simple de rendre la ligne à temps. Un tweet de
@RERB lundi 13 mai l’a opportunément rappelé : « Suite à remise tardive de travaux entre Aulnay et Mitry, le trafic #RERB est perturbé sur l’ensemble de la ligne et fortement perturbé sur l’axe Mitry… ». Pour les élus communistes, mieux vaudrait ne pas commencer les travaux du CDG Express avant 2025, et livrer la ligne vers 2029 ou 2030.Favorable au CDG Express
De même, pour les élus du groupe Alternative écologiste et sociale, « aucun de ces scénarios n’est acceptable ni envisageable ». Pour Pierre Serne, ancien VP Transports de la région et administrateur d’Île-de-France Mobilités, « ce dont les usager·es ont besoin aujourd’hui, c’est d’un RER B qui fonctionne mieux, à l’heure où il atteint le million de voyageurs par jour. Ce n’est d’ailleurs pas seulement la question des impacts de CDG Express en phase travaux qui est posée mais aussi celle de la dégradation durable de l’exploitation des lignes du faisceau Nord de Paris qu’il entraînera de facto ». Et les élus du groupe soulignent les impacts du scénario le moins défavorable : « Plus de neuf week-ends d’interruption totale de trafic par an pour les seuls travaux du CDG Express, 15 jours de limitations de vitesses, 24 jours de rupture d’interconnexion, 100 jours de réduction du nombre de voies de circulation et le report de nombreux travaux de modernisation. »
Positions que le gouvernement ne peut entendre. En revanche, Valérie Pécresse reste sur le fond favorable au projet CDG Express, ce qui rend sa position audible par le Premier ministre qu’elle croit avoir « ébranlé ». Mais ce n’est pas gagné. Surtout quand on voit, avec la loi Notre-Dame, que le pouvoir confond vitesse et précipitation.
F. D.

Mass Transit – Pour Krakovitch, Bruxelles fait fausse route et Tokyo montre la voie
Métropolitrain, le titre du livre d’Alain Krakovitch est bien trouvé et dit à peu près tout. Les mégapoles poussent (on le sait), les besoins de transport croissent (cela ne nous avait pas échappé). La solution, c’est le train. Pas la seule, mais la principale. Ce n’est pas une révélation mais on l’oublie parfois. Surtout si l’on attend des miracles du véhicule autonome, demain sur terre et bientôt dans les airs. Mais, rappelle le directeur général de SNCF Transilien, seul le train offre des capacités requises par le mass transit. Le risque de la voiture autonome, c’est un surcroît de congestion du fait d’un effet rebond, quand « un gain d’efficacité (moins de pollution, plus de sécurité) est rapidement effacé par un usage accru (plus de kilomètres parcourus, donc plus de congestion automobile) ».
Pas vraiment un frein à la consommation d’espace. Mieux vaut faire comme Singapour, où « les autorités se sont fixé l’objectif de ne plus dépasser les 12 % du territoire occupé par les routes et d’investir 28 milliards d’euros dans les transports publics ou partagés. En comparaison, une ville entièrement façonnée par l’automobile comme Los Angeles consacre 50 % de son territoire aux routes ! ». Beaucoup plus efficace que l’automobile, « un train bien rempli (3 000 personnes) représente pas moins de 2 300 voitures (selon le taux d’occupation moyen de 1,25 personne), soit une file de véhicules (ou un flux continu) de 11,5 kilomètres ! »
Simplifier l’exploitation et le commandement
Plaidoyer pro domo, certes. Cela n’empêche pas qu’il soit fondé. A condition que le train soit à la hauteur. Alain Krakovitch propose de le simplifier. Compte sur les automatismes, à commencer par Nexteo. Sur un management plus responsable, fait de « petits collectifs ». Sur une désintrication des lignes, à l’image de ce qui vient d’être fait sur le RER D. Sur une fluidité totale de la gare-embarcadère, et donc – pierre dans l’ancien jardin de Patrick Ropert « une adaptation de la vocation commerciale des gares qui s’est affirmée chez nous, ces dernières décennies, comme à la gare Saint-Lazare ou à la gare de l’Est. » Saint-Lazare où, c’est sûr, la gestion des flux est totalement ratée, qu’il s’agisse des cisaillements dans la récente entrée RATP, ou des escalators de la gare SNCF, perpendiculaires aux flux, qui entravent l’usager pour en faire un chaland.
Bien. Mais là où cela devient amusant, c’est que les simplifications que propose Alain Krakovitch supposent entre voies, quais, gares, trains, une unité de commandement. Autant dire qu’elles vont à l’encontre de « la façon dont l’Europe a aujourd’hui choisi de mettre en place la concurrence ». Soit la célèbre séparation de l’infrastructure et de l’exploitation. L’un des premiers grands ingénieurs du ferroviaire, George Stephenson, à qui Krakovitch se réfère, considérait lui, que « la voie et le train sont mari et femme ». Et d’ailleurs, en Ile-de-France, SNCF Transilien et SNCF Réseau rabibochés ne font plus chambre à part. Mais comment fera-t-on quand il y aura d’autres opérateurs ? Quand à la monogamie succéderont des séries de Pacs, parfois mâtinés de polyamour ?
La SNCF s’y prépare. Elle instaure un système pivot : tout tourne autour de Réseau. La RATP, dans ses vues sur le Grand Paris Express, fait un peu de même : gestionnaire d’infrastructure, elle garderait ainsi la haute main sur le système. Les deux opérateurs historiques font le gros dos et tentent de sauver l’essentiel. On les comprend. Mais il y a d’autres modèles. Et qui semblent plus opérants, là au moins où la densité des flux est énorme. Dans les mégapoles.
L’Asie, modèle du mass transit
« L’excellence du mass transit est en Asie », rappelle Krakovitch. On le sait, mais on en refuse les leçons. Or, l’Asie n’a pas pratiqué la désintégration verticale chère à l’Europe. Et, sans ignorer la concurrence, préfère recourir à des délégations de service public complètes, comportant à la fois la gestion de l’infrastructure et de l’exploitation. Les transports de Tokyo, à la ponctualité record, sont confiés à une quarantaine de compagnies. Plus près de nous, dans le Grand Londres, la séparation des rails et des trains ne fonctionnant pas, les nouvelles lignes « seront gérées par une nouvelle entité qui se substituera à Network Rail, structure publique propriétaire des voies ». Et, à Toronto, c’est à un appel d’offres d’ensemble, DBOM (design-build-operate-maintain) que le groupe SNCF répond, en partenariat avec SNC-Lavalin. Un modèle présent dans le monde dont, avance Krakovitch, les responsables français et européen feraient bien de s’inspirer.
F. D.
Un modèle pour la zone dense
« En s’inspirant du modèle asiatique, on pourrait envisager une modalité de la concurrence adaptée au réseau dense. L’appel d’offres sur une ligne porterait non pas sur l’exploitation seule mais sur la gestion de la ligne tout entière, infrastructure, gares et travaux compris. L’opérateur retenu serait à la fois gestionnaire du réseau et des gares et exploitant, mais uniquement pour la durée de la délégation, c’est-à-dire plusieurs années. Sa position est à nouveau remise en concurrence aux termes du contrat. Dans cette hypothèse, l’autorité organisatrice des transports n’aurait qu’un interlocuteur face à elle, aurait plus de poids et pourrait exiger davantage au profit du voyageur et du citoyen. » (Métropolitrain, page 105)
Métropolitrain, éditions Débats Publics, 18 euros.

Lyon lance une concertation pour prolonger le tram T6
Le Syndicat des transports de l’agglomération lyonnaise (Sytral) organise une concertation jusqu’au 14 juin pour le prolongement du tramway T6 Nord, entre les Hôpitaux-Est à Bron et le campus La Doua à Villeurbanne.
Ponctué de 12 stations, le tronçon de 5,5 kilomètres, d’un coût de 140 millions d’euros avec le matériel roulant, constituera l’extension du T6 Sud (Lyon-Debourg à Hôpitaux-Est Pinel) qui doit être mis en service en décembre 2019. Au total, la ligne T6, fera 12,2 km avec 26 stations, et attend une fréquentation de 55 000 voyageurs/jour.
C. F.

Tracé de la ligne de tram T6 Sud, à Lyon 
Carte du tracé T6 Nord à l’étude. 
A Doha, les Français ouvrent un premier tronçon du métro
Une portion de la première ligne du métro de Doha est entrée en service le 8 mai. Exploitée par le consortium composé de RATP Dev et Keolis, associés au partenaire local Hamad Group.
La mise en service de la première section du métro automatique de Doha – la « ligne rouge » – était prévue pour le 18 décembre 2018, jour de la fête nationale qatarie. Elle s’est faite sans tambour ni trompette le 8 mai dernier, en plein ramadan, et a été annoncée le 9 mai en France, par un communiqué du RKH Qitarat, le consortium regroupant RATP Dev, Keolis et Hamad Group retenu par Qatar Rail pour exploiter le métro de la capitale qatarie et quatre lignes de tramway situées dans la ville de Lusail. Un contrat de trois milliards d’euros, sur 20 ans.
La plainte de l’association française Sherpa déposée fin novembre 2018 à l’encontre de Qatari Diar Vinci Construction (filiale commune du géant français du BTP avec le fonds d’investissement public Qatari Diar qui doit livrer le métro de Doha et le tramway de Lusail) pour « travail forcé et réduction en servitude des ouvriers migrants », est-elle à l’origine de cette décision tardive de l’émir, Cheikh Tamim ben Hamad Al-Thani ? Aucun interlocuteur français ne se risque à répondre.
« Nous étions prêts fin 2018, nous le sommes encore plus cinq mois plus tard », commente laconiquement Bernard Tabary, directeur International de Keolis. « Nous avons connu la date de mise en service quelques jours l’avance », ajoute-t-il. Réunies dans une joint-venture, la filiale de SNCF et celle de la RATP détiennent ensemble 49 % du capital du consortium.

Tracé de la ligne rouge. Trois ans et demi avant la Coupe du monde de football que le Qatar organisera en 2022, le riche émirat minier et gazier où la voiture est reine, a donc fini par ouvrir 13 des 18 stations de la première ligne de métro, la « rouge » qui relie avec des rames Mitsubishi, le stade Al-Wakrah à celui de Lusail où se dérouleront des matches du Mondial. Longue de 40 kilomètres, elle devrait aussi relier dans les prochains mois l’aéroport international Hamad au centre de Doha. « Pour cette première étape de la mise en service, la desserte sera assurée du dimanche au jeudi de 8h à 23h », indique le communiqué.
Les deux autres lignes, « la verte » et « l’or » devraient être mises en service en 2019 et 2020. A terme, un réseau de 37 stations, sur 75 kilomètres de voies.
N. A.

Des tarifs un peu moins compliqués pour les TGV et Intercités
La nouvelle grille tarifaire annoncée en mars 2019 par SNCF Mobilités est entrée en vigueur jeudi 9 mai : la jungle des tarifs TGV inOui et Intercités (ceux des TER sont décidés par les régions) s’éclaircit avec trois classes de prix : seconde, première et business première. Et un seul tarif par train pour chacune de ces trois classes.
Exit les « Prem’s », « Loisir » et « Pro » – en première comme en seconde classe. Le mot « Prem’s » résiste toutefois à cette table rase, mais ce sera le nom des billets les moins chers de seconde classe lorsqu’on les achète très en avance : entre trois mois et 14 jours avant la date du voyage.
Autre nouveauté, tous les billets de seconde et de première – Prem’s y compris –, sont échangeables ou remboursables gratuitement jusqu’à 30 jours avant le départ, mais il en coûtera cinq euros jusqu’à trois jours avant, 15 euros jusqu’à l’heure de départ du train.
Le billet Business première peut être échangé ou annulé sans frais avant le départ et jusqu’à 30 minutes après le départ du train. Mais, et c’est nouveau, le voyageur business ne peut plus emprunter un autre train que celui qu’il avait réservé sans l’avoir échangé au guichet, ou sur l’application TGV Pro. Jusqu’à présent, il était autorisé à changer de train sans préavis.
Outre sa nouvelle grille tarifaire, SNCF Mobilités inaugure quatre nouvelles cartes de réduction : Avantage jeune, Avantage senior, Avantage week-end, et Avantage famille. En lieu et place des cartes Jeune, Senior, Week-end et Enfant +. Au tarif unique de 49 euros. Est également lancée la carte « Liberté » pour 399 euros par an, qui permet de voyager toute l’année en première et deuxième classes, vers toutes les destinations desservies par TGV Inoui et Intercités. Elle remplace les abonnements « Fréquence », environ 300 euros plus chers (pour plus de détails, lire notre précédent article).
L’abonnement TGV Max, réservé aux moins de 27 ans pour des voyages en illimité en seconde classe, reste en place au prix de 79 euros par mois.
N. A.

Résultats d’Alstom : pas loin de vingt sur vingt
On s’y attendait. De fait, les résultats d’Alstom pour l’exercice 2018-2019 sont excellents. 8,1 milliards d’euros de chiffre d’affaires (+10 %), une « marge d’exploitation ajustée » de 7,1 %, un carnet de commandes record de 40,5 milliards, des prises de commande de 12,1 milliards au cours d’une année marquée par les grandes commandes du métro de Montréal (212 voitures Metropolis, 1,4 milliard d’euros) ou de TGV de nouvelle génération par la SNCF (100 rames, 2,7 milliards). D’où le satisfecit du PDG, Henri Poupart-Lafarge : malgré la mobilisation pour le plan de fusion avec Siemens Mobility, les équipes ont pu garder le cap sur l’opérationnel.
Le groupe va verser 5,50 euros de dividende par action, soit un total de 1,2 milliard. C’est l’équivalent de la moitié de la cession des actifs dans les coentreprises avec General Electric (GE).
Un an avant le terme, les objectifs du plan stratégique pour 2020 sont quasiment atteints. Le groupe est, comme il se l’était fixé il y a bientôt cinq ans, présent sur tous les continents. Pas uniquement commercialement, mais, en ingénierie et en exécution. Sur ces 36 300 collaborateurs, la plus grande part est toujours en Europe (21 400 personnes, troisième constructeur du continent), mais il est bien présent aux Amériques (5 200 personnes, premier constructeur), en Afrique et au Moyen-Orient (4 500 personnes, deuxième position) et dans la zone Asie Pacifique (5200, deuxième position).
A moyen terme, l’analyse qui justifiait le projet de fusion avec Siemens Mobility ou, comme préfère dire la Commission européenne, d’acquisition d’Alstom par Siemens, reste valide. Il faut faire pièce à la menace chinoise de CRRC qui va se préciser. En trouvant d’autres ripostes que la grande fusion avortée. On ne va plus monter à l’assaut de la montagne « tout droit par le téléphérique » comme le dit Henri Poupart-Lafarge, mais par des voies plus sinueuses. Cela passera par des acquisitions ciblées, et la trésorerie très solide du groupe permet de s’y préparer . Mais Henri Poupart-Lafarge ne fait pas de ces fusions-acquisitions « l’alpha et l’oméga » de la stratégie.
Il y a aussi le modèle des partenariats, comme celui noué avec Airbus pour la cybersécurité ou avec Easymile pour les véhicules autonomes. Ils seront bien venus pour aborder de nouveaux domaines, et continuer d’assurer, comme le veut le PDG, « une croissance supérieure à celle du marché ». La croissance géographique a atteint un palier, même si l’Afrique, entre Sahel et Afrique du Sud, reste à investir. L’ensemble des gammes de matériel, tramway, métro, train régional et TGV est renouvelé. Reste à trouver de nouveaux relais de croissance. En s’appuyant sur les nouvelles mobilités ? Sans doute. Pas question d’aller directement jusqu’à la voiture autonome. Mais le groupe devrait mettre à profit ses capacités dans le domaine de la supervision pour devenir un acteur incontournable dans l’organisation de toutes les mobilités. Le nouvel Eldorado ? Réponse fin juin, quand sera dévoilé le plan stratégique des prochaines années.
F. D.

Les Pays de la Loire n’excluent pas d’ouvrir totalement leur réseau TER à la concurrence
Plus discrète que la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, la région Pays de la Loire a lancé une vaste réflexion en vue d’ouvrir à la concurrence ses TER, sans exclure une ouverture totale de son réseau.
Dans ce travail, elle va s’appuyer sur les résultats de son appel à manifestation d’intérêt (AMI) publié au JO le 4 avril et qui doit être clôturé le 10 mai. Elle est ainsi la deuxième région après Paca à avoir lancé un AMI.
« Nous mettons à disposition des informations sur l’ensemble de notre réseau et demandons aux acteurs ce qui les intéresse. Nous leur transmettons un questionnaire sur les modalités d’exploitation possibles du réseau », explique à VRT Roch Brancour, vice-président régional chargé de la commission Transports, Mobilité, Infrastructures. « Le but est de repérer les acteurs et de connaître leur avis. Ces acteurs, qui peuvent être des opérateurs, exploitants, loueurs de matériels… doivent nous faire des propositions », ajoute l’élu.
La région en tirera les enseignements cet automne. « Les résultats nous aideront à finaliser l’allotissement de notre réseau. Nous commençons à avoir une idée mais elle n’est pas encore totalement arrêtée. Les réponses des différents acteurs nous permettront aussi d’élaborer le cahier des charges que nous lancerons », souligne Roch Brancour.
La convention actuelle, en vigueur jusqu’en 2023, autorise déjà à ouvrir 13 % du réseau. Plusieurs hypothèses sont sur la table. « Soit nous définirons un lot correspondant à cette part du réseau, ce qui nous permettra d’être dans les clous de la convention et d’activer ce ticket détachable tout de suite. Soit nous déciderons d’ouvrir complètement le réseau à l’échéance de la convention », confie l’élu. Qui ajoute : « De ce fait, nous sommes peut-être moins avancés que d’autres sur le sujet, mais lorsque nous lancerons la procédure, l’ouverture à la concurrence sera sans doute plus significative dans notre région que dans les autres. »
Selon lui, l’objectif pour la région est avant tout d’augmenter significativement l’offre de transport à coûts constants, tout en ayant une meilleure qualité de service. Ce qui devrait passer par des coûts unitaires abaissés de 20 à 30 %. Avec en ligne de mire l’augmentation de la fréquentation des trains et un report modal significatif.
Marie-Hélène Poingt

High Speed 2 : la SNCF menace de poursuivre le gouvernement britannique
Du fait d’un différend entre le ministère britannique des Transports (DfT) et Stagecoach sur le financement de la caisse de retraite des cheminots, le consortium dont Stagecoach, Virgin et la SNCF sont membres a été interdit de soumissionner pour le contrat d’exploitation de la future ligne à grande vitesse HS2 (lire notre article du 15 avril). En réponse, la SNCF menace maintenant de poursuivre en justice le gouvernement britannique. Un porte-parole de la SNCF a déclaré à la presse d’outre-Manche : « Nous sommes déçus par la décision du DfT de disqualifier notre consortium de l’appel d’offres West Coast Partnership. Nous sommes frustrés par le fait que le principal facteur discriminant entre les candidats soit leur appétit à prendre des risques – tels que les retraites – qu’ils ne peuvent ni contrôler ni gérer, plutôt que leur capacité à mettre en service avec succès la HS2 tout en offrant à la clientèle une expérience exceptionnelle ».
Réponse d’un porte-parole du DfT : « C’est entièrement à Stagecoach et à ses partenaires soumissionnaires d’expliquer pourquoi ils ont décidé d’ignorer à maintes reprises les règles établies en rejetant les conditions commerciales proposées ». Tout comme la SNCF, Virgin et Stagecoach ont déclaré qu’ils envisageaient d’intenter une action en justice contre la décision du gouvernement de disqualifier leurs offres, non seulement pour la HS2, mais aussi pour les franchises South Eastern et East Midlands (cette dernière, actuellement exploitée par Stagecoach, vient d’être attribuée à Abellio, filiale des Chemins de fer néerlandais NS).
Patrick LAVAL

Tracé du HS2 Le site d’HS2 : ici