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Catégorie : Ferroviaire
Retrouvez toute l’actualité ferroviaire: lignes, matériels ferroviaires et l’actualité des constructeurs et des opérateurs en France et l’international.

Cadencement à la demi-heure pour WESTbahn entre Vienne et Salzbourg
Au changement d’horaire du 10 décembre, le nouvel entrant autrichien WESTbahn (filiale de la SNCF à 17,40 %) a doublé la fréquence de ses dessertes entre Vienne et Salzbourg, offrant désormais un départ cadencé à la demi-heure entre les deux villes, avec arrêts dans les principales agglomérations traversées. Aux trains (rebaptisés WESTgreen) au départ ou à l’arrivée de la Gare de l’Ouest se sont ajoutés un train par heure et par sens (WESTblue) desservant les autres gares viennoises par le tronc commun du réseau S-Bahn. Désormais, les gares de Praterstern, Mitte, Rennweg, Quartier Belvédère et Meidling, ainsi que les voies souterraines de la « nouvelle » gare centrale viennoise, sont reliées avec les villes à l’ouest de la capitale sans qu’un changement soit nécessaire.

Cinq préqualifiés pour le tramway d’Odense
Cinq entreprises ou groupements ont été préqualifiés pour concourir à l’appel d’offres sur l’exploitation et la maintenance du tramway d’Odense (Odense Letbane) lorsque celui-ci sera en service, fin 2020. Ce sont Arriva Danmark, Keolis Danmark, Metro service (joint-venture entre ATM, les transports de Milan, et Ansaldo STS), Stockholms spårvägar (exploitant associatif de trams à Stockholm) et Odense lightrail service (partenariat entre la compagnie de bus danoise Umove et la filiale suédoise de Transdev). Le vainqueur devrait être désigné fin 2018.

Les deux lignes du tram de Dublin enfin en correspondance
Durant les 13 premières années qui ont suivi leur inauguration en 2004, les deux lignes du Luas, le tram de Dublin exploité par Transdev, n’avaient aucun contact entre elles. Depuis le 9 décembre, les voyageurs peuvent changer entre les lignes verte et rouge, suite au prolongement de la ligne verte vers le nord du centre-ville et la gare de Broombridge/Droichead Broome. Dans sa traversée du centre-ville, le prolongement de la ligne verte présente deux itinéraires à sens et voie uniques, offrant chacun une correspondance avec la ligne rouge.

A Saint-Louis, un deuxième tram transfrontalier ouvre en Alsace cette année
L’année 2017 aura été faste pour les tramways transfrontaliers en Alsace. Après le prolongement vers Kehl de la ligne D de Strasbourg, la ligne 3 du réseau suisse de Bâle-Ville (BVB) dessert désormais la commune de Saint-Louis (68). Réalisé en 29 mois pour un coût de 48,66 millions d’euros, le prolongement de la ligne 3 vers la gare SNCF de Saint-Louis compte 3,4 km, dont 2,6 km sur le territoire français et dessert cinq nouveaux arrêts, dont quatre dans la commune alsacienne. A moins de 15 millions d’euros par kilomètre, ce tram est parmi les moins chers ouverts en France ces dernières années ; il a été financé par la Confédération suisse (31 %), Saint-Louis Agglomération (27 %), l’Etat français (12 %), le conseil départemental du Haut-Rhin (7 %), la région Grand Est (7 %), la ville de Saint-Louis (5 %), l’UE (5 %), Pendlerfonds (Bâle, 4 %) et les BVB (2 %). Il est vrai que ce prix ne compte pas le matériel roulant Bombardier Flexity exploité par le réseau de Bâle-Ville.
Pour les BVB, il s’agit du deuxième prolongement transfrontalier ouvert ces dernières années, après celui vers Weil-am-Rhein (Allemagne), ouvert il y a trois ans. Mais par le passé, le réseau de Bâle-Ville avait déjà desservi Saint-Louis, jusqu’en 1957. Ceci alors que la ligne 10 du réseau suisse de Bâle-Campagne (BLT) n’a jamais cessé de desservir la commune française de Leymen.

Des transformateurs Mitsubishi à l’essai à la SNCF
La SNCF était jusqu’à présent réputée aussi fermée aux fournisseurs japonais que le marché ferroviaire nippon l’est aux entreprises étrangères. Mais il n’y a pas de forteresse imprenable : Mitsubishi Electric a en effet annoncé être « la première entreprise japonaise à être certifiée par la SNCF en tant que fournisseur de systèmes de propulsion, avec effet immédiat ». Ce qui lui permettra de livrer à la SNCF des prototypes de transformateurs de traction pour deux matériels roulants dont la rénovation est envisagée : les rames Z2N (Z 20500) du réseau Transilien en février prochain, puis les trams-trains Siemens Avanto exploités sur la ligne T4 (Aulnay – Bondy) en décembre 2018.
Pour l’instant, il ne s’agit que de fournir des prototypes. Conformément aux demandes de la SNCF, ces transformateurs présenteront des caractéristiques innovantes. Ainsi, le proto destiné aux Z2N pèse 400 kg de moins que le transfo actuel grâce à ses enroulements en aluminium, tout en présentant un rendement égal ou supérieur à celui des équipements actuels. De plus l’interface étant identique à celle de l’équipement en place, le changement de transfo ne nécessite aucune modification du matériel roulant.
Quant au proto pour le tram-train, il est, selon Mitsubishi Electric, la « première application au monde d’un transformateur de traction refroidi par circulation d’air en toiture » ; par rapport aux équipements actuels, l’absence de ventilateur électrique se traduit par une réduction des émissions sonores d’environ 13 dB et une consommation électrique divisée par deux. Outre les économies d’énergie, ce transfo devrait permettre de réduire les coûts de maintenance par la mise en œuvre de joints hermétiques, grâce auxquels il ne sera plus nécessaire de remplacer périodiquement l’huile isolante.
« Les transformateurs seront installés et évalués sur une période d’un an », indique Mitsubishi Electric, qui ajoute que « si tout se passe bien, la SNCF établira des spécifications de production en série pour les deux transformateurs de traction ». Il va de soi que le fournisseur « a pour objectif de recevoir les commandes de production de masse des appels d’offres pour les deux produits ». En outre, Mitsubishi Electric « envisage de fournir d’autres produits à la SNCF […] comme point de départ pour développer son activité, y compris les rénovations, sur ce marché ». La concurrence est prévenue !
P. L.

La DB met l’ICE 4 en service
Avec le changement d’horaire du 10 décembre, la DB a mis en service son nouveau train intercités ICE 4, après un an de marches à blanc. Les cinq premières de ces rames aptes à 250 km/h assurent désormais des dessertes régulières sur les relations Hambourg – Munich et Hambourg – Stuttgart.
D’ici l’été prochain, neuf rames devraient être en service, l’ensemble du parc ICE 4 étant attendu pour 2023, soit 100 rames de 12 caisses (346 m, 830 places assises et 4 PMR) et 19 de sept caisses. Son équipement ERTMS permettra à l’ICE 4 de circuler sur les voies où le système de sécurité européen est en vigueur, en particulier sur les tronçons de ligne nouvelle entre Berlin et Munich, où le nouveau train intercités est attendu dans un an.
La commande des ICE 4, la plus importante jamais passée à Siemens dans le secteur ferroviaire, s’inscrit dans la stratégie de la DB visant à accroître de 25 % son offre grandes lignes d’ici 2030. A cette fin, la conception du nouveau train offre une grande flexibilité : « en se basant sur cinq types de voitures, 24 compositions sont possibles en fonction du besoin de places, de la vitesse maximale ou du profil de la ligne à desservir », précise Siemens. Ces cinq types de voitures sont les motrices intermédiaires (au nombre de six dans les rames de 12 caisses), où tous les équipements de traction sont concentrés, les voitures de service (une par rame), les remorques intermédiaires, les voitures-restaurant (une par rame) et les voitures d’extrémité.
Le nouveau « porte-drapeau des dessertes grandes lignes », selon les termes de Birgit Bohle, présidente de DB Fernverkehr AG, offre plus d’espace pour les bagages à proximité des places assises, un espace de restauration « élégant », un « concept d’éclairage d’un nouveau genre » avec des LED créant des ambiances différentes en fonction de l’heure du jour, ainsi que des espaces familles et petite enfance repensés. « Pour la première fois, les vélos pourront également être pris dans un ICE », ajoute Birgit Bohle, huit espaces pouvant être réservés dans une des voitures d’extrémité. Les sièges bénéficient de tout le confort moderne (affichage des réservations, inclinaison sans gêner le voisin de derrière, liseuse, prise de courant) et l’équipement Internet bénéficie d’un haut débit. Conçue pour une plage de températures de -25 °C à 45 °C, la climatisation innove enfin par sa redondance : en cas de panne d’un des deux circuits, l’autre continue de fonctionner. Ce qui est appréciable l’été sur de longues distances !
P. L.

Les premiers Ouigo arrivent au cœur de Paris
La gare Montparnasse est devenue le 10 décembre la première gare parisienne à recevoir les Ouigo : le premier train à bas coûts de la SNCF a quitté la gare parisienne à 06h25 pour rejoindre Nantes, alors que jusqu’à présent, ces trains à petits prix n’étaient accessibles qu’à partir de gares parisiennes périphériques afin d’en limiter les coûts de production.
La SNCF propose cinq allers-retours quotidiens depuis la gare Montparnasse (dans le hall Vaugirard) : deux vers Bordeaux, deux vers Nantes et un vers Rennes, soit 32 circulations quotidiennes. Des départs depuis d’autres gares parisiennes devraient également être mis en place ultérieurement. Sur les liaisons interrégionales, le Ouigo Tourcoing – Rennes a été supprimé, mais la SNCF a créé un Tourcoing – Bordeaux.
Les billets seront un peu plus chers au départ de Paris que depuis les gares périphériques, car les péages y sont plus élevés : à partir de 16 euros pour les adultes, au lieu de 10 euros, et un tarif fixe de 8 euros pour les enfants, au lieu de 5 euros.
L’objectif de la SNCF est de développer le trafic et de bien différencier ses services entre d’un côté le TGV, avec service haut de gamme, et les Ouigo, avec service simplifié, qui s’adresse à un public « ultrasensible » au prix. « Six voyageurs sur dix n’auraient pas voyagé en train sans l’offre Ouigo », relève le directeur général chargé du Produit, Stéphane Rapebach, cité dans un communiqué.
Né en 2013, le service Ouigo devrait transporter 25 millions de passagers en 2020, soit plus de 20 % du trafic des TGV prévu à cette date. Il a déjà plus de sept millions de voyageurs au compteur depuis le début de l’année, un chiffre en hausse de 30 % en un an.
L’arrivée de Ouigo en plein cœur de Paris signe aussi la fin définitive des iDTGV, un service souvent présenté comme un laboratoire à idées et qui était accessible uniquement via Internet selon le principe plus on achète tôt plus les prix sont bas.

Des horaires plus robustes pour les lignes A, J et L en Ile-de-France
Tant pour Ile-de-France Mobilités que pour la RATP et SNCF, c’est une révolution qu’ont connue les grilles horaires du RER A, mais aussi de la ligne L (Paris vers Cergy) et de la ligne J (de Paris vers Mantes-la-Jolie et Gisors) du réseau Transilien le 10 décembre. Et de fait, aucun changement d’une telle ampleur n’avait été apporté aux dessertes assurées sur le RER A depuis les années 1990, époque où les actuelles lignes Transilien n’existaient pas (la J regroupe les anciens Groupes 4 à 6 du réseau Saint-Lazare et la L les Groupes 2 et 3).
En deux décennies, les bassins de population et d’emplois ont connu bien des évolutions ; la demande atteint désormais 1,2 million de voyageurs par jour, alors que de plus en plus d’habitants sont présents le long des extrémités de branches, où l’offre était jusque-là moins étoffée. Autour du tronçon central, la ligne 14 du métro et le RER E (Eole) ont été ouverts pour désaturer la ligne A, récupérant en principe les voyageurs de cette dernière sur les trajets parisiens ou entre Paris et Val-de-Fontenay. Enfin, les rames à deux niveaux ont été généralisées sur le RER A en mars dernier, offrant 30 à 50 % de capacité supplémentaire par rapport aux rames à un niveau MS 61 et MI 84.
Malgré les améliorations, la situation n’était notoirement pas fameuse sur « la ligne la plus fréquentée d’Europe », dont les grilles horaires ne permettaient pas d’absorber en heure de pointe une porte bloquée quelques secondes de trop en gare. Pour ne rien simplifier au tableau, le RER A est exploité par la RATP sur le tronc commun et trois branches (Boissy-Saint-Léger et Marne-la-Vallée à l’est, Saint-Germain-en-Laye à l’ouest), mais aussi par SNCF Transilien sur les branches de Cergy et de Poissy, à l’ouest. Des branches partagées avec les lignes L Nord (130 000 voyageurs quotidiens) et J Nord (110 000 voyageurs quotidiens) ainsi qu’avec les autres trafics assurés par la SNCF.
Bilan : la ponctualité est de 85,3 % sur le RER A, de 83 % sur la ligne L Nord et de 88 % sur la ligne J Nord, selon le communiqué rédigé en commun par l’Autorité organisatrice et les deux exploitants, qui ajoute que « sur certaines parties de ces lignes, les taux de suppression de trains en horaires de pointe dépassent les 10 % ».
Enfin, la relève des agents de conduite à Nanterre Préfecture, liée à cette double exploitation RATP-SNCF, est une cause supplémentaire de perturbations selon les associations d’usagers.Ces dernières ont toutefois été associées, ainsi que les élus concernés, à la « coconstruction en toute transparence » des nouvelles grilles horaires du RER A et des lignes J et L, adoptées par le Conseil d’Ile-de-France Mobilités du 22 mars dernier. Une tâche menée en dix mois, délai officiellement qualifié de « très court », pour une offre « à la fois plus fiable, simple, lisible et adaptée aux besoins de déplacement des voyageurs ».
« Les gens veulent savoir quand ils arrivent », résume Stéphane Beaudet, vice-président de la région Ile-de-France chargé des Transports, et pour ce faire, il fallait « revenir à la réalité de la capacité pour obtenir des temps de parcours fidèles à l’annonce ». L’objectif est tout simplement de respecter les horaires de la grille annoncée aux voyageurs, résultat que l’on compte obtenir avec un séquencement des trains qui permette d’absorber les « petits incidents », selon Cyril Condé, directeur du département RER RATP, avec une meilleure répartition dans la journée et une durée d’arrêts en gare adaptées au nombre réel de voyageurs et à la capacité d’emport et d’échange des rames à deux niveaux. Concrètement, en heure de pointe (qui sera plus étalée), les trains se succéderont toutes les 2 minutes 20 au lieu de 2 minutes sur le tronçon central. Le nouvel horaire promet donc un peu moins de trains par heure mais, de ce fait, « on passe de 10 secondes à 30 secondes de marge », en cas d’incident selon Cyril Condé. Vingt secondes seulement, mais qui font tripler la robustesse de l’horaire ! Même principe sur la branche Cergy, explique Lucile Quessart, directrice des lignes A, J et L pour SNCF Transilien : en théorie, deux trains (un RER A et un de la ligne L) passent toutes les 10 minutes, mais dans les faits, cette fréquence est en moyenne de 13 minutes, mais peut atteindre 20 minutes dès qu’un train est supprimé, c’est-à-dire 10 % du temps sur cette branche ! En heure de pointe, les taux d’occupation deviennent alors insupportables. « Avec les nouveaux horaires, ces deux trains passeront toutes les 12 minutes, avec une fréquence bien mieux garantie ». Bref, mieux vaut un peu moins de trains (4 sur 30 dans le tronçon central), mais sans suppressions. « Ce qui compte, ce n’est pas la comparaison entre horaires théoriques, c’est le vécu », résume Stéphane Beaudet.
Cette détente de l’horaire s’est avérée bénéfique lors des simulations d’impact, tant pour les trains arrivés en retard aux bouts des branches que pour un arrêt de cinq minutes à Chatelêt-les-Halles : « on passe de 70 à 18 trains impactés », selon Cyril Condé. « Nous avons fait rouler des batteries de trains la nuit sans voyageurs pour vérifier, après modélisation mathématique », souligne Lucile Quessart. Une autre conséquence est la quasi-disparition des phénomènes de congestion : « Il n’y aura plus la sensation de “train lent” sur le tronçon central », assure la directrice des lignes A, J et L pour SNCF Transilien.
De plus, les horaires ont été simplifiés, avec des trains majoritairement omnibus (sauf sur la longue branche de Marne-la-Vallée, pour des questions d’équilibre) et cadencés, permettant de nouveaux trajets sans correspondance. Autre point répondant mieux aux besoins de déplacements : la desserte des extrémités de branche a été renforcée en supprimant les terminus intermédiaires (comme La Varenne-Chennevières, au-delà duquel 50 % de trains en plus vont jusqu’au terminus de Boissy-Saint-Léger). Pour la ligne L, une liaison est créée en heures creuses entre Paris-Saint-Lazare et Cergy. Le soir, les nouvelles offres prévoient des départs plus tardifs de Paris-Saint-Lazare pour la branche de Mantes (via Conflans-Sainte-Honorine) de la ligne J et de la branche Cergy de la ligne L.
Moins visibles des voyageurs, des mesures complémentaires ont été mises en place pour mieux garantir l’offre en situation perturbée. D’une part, le déploiement d’équipes cynotechniques permet de limiter dans le temps l’impact des affaires oubliées, généralement pas si « suspectes » mais causes d’interruptions du trafic. D’autre part, des trains de réserve et des conducteurs sont placés aux endroits stratégiques.
L’évolution de l’exploitation sur le RER A et les lignes J et L n’est pas pour autant finie. Déjà, « Une grille horaire n’a pas pour vocation d’être définitive », rappelle Stéphane Beaudet. Ceci alors qu’Ile-de-France Mobilités, SNCF Transilien et la RATP poursuivent la mise en œuvre de grands projets qui devraient améliorer la situation, sur fond de travaux de régénération du réseau. Décembre 2018 devrait voir deux étapes importantes franchies : l’ensemble des trains devrait être équipé pour bénéficier du pilotage automatique sur le tronçon central du RER A, alors que la RATP et SNCF prévoient de mettre en place un centre de commandement unique (CCU) pour le RER afin d’améliorer les prises de décisions et de centraliser l’information voyageur. Ceci alors qu’une quatrième voie doit être créée à Cergy afin d’améliorer la ponctualité des trains L et A au départ. A plus longue échéance, la ligne L Nord et J Nord doivent être équipées à 100 % de trains neufs d’ici 2021 et Eole devrait désaturer de 15 % le RER A entre Auber et La Défense fin 2024, tout en atteignant Poissy.
A cette échéance, l’association Plus de trains propose de revoir complètement la desserte des branches vers Cergy et Poissy, qui pourraient alors échanger leurs trains du RER A et de la ligne L Nord, avec pour objectif à terme de mieux équilibrer les charges avec la branche de Saint-Germain-en-Laye, moins sollicitée. L’association a également des idées sur Nexteo et sur une deuxième voie de retournement à Nanterre-Université. Mais un point réalisable à plus brève échéance serait de mettre fin à la relève des conducteurs entre la partie du RER A exploitée par la RATP et les branches SNCF. Non seulement cette mesure ne nuirait pas à la régularité techniquement parlant, mais elle serait symboliquement très forte, selon Arnaud Bertrand, président de l’association Plus de trains : « Du fait de la relève, les usagers des branches de Cergy et Poissy constatent que leurs arrêts sont plus longs à Nanterre Préfecture que ceux des trains de la branche de Saint-Germain-en-Laye, ressentis comme privilégiés, du fait qu’ils repartent sans attendre. » Très attendue par les associations d’usagers, une étude devrait être menée indépendamment par Ile-de-France Mobilités sur cette relève des conducteurs, qui « irrite énormément les gens », selon Arnaud Bertrand.
Côté décideurs, on ne semble pas si pressé de supprimer les relèves, ce qui a pourtant été fait sur le RER B à la Gare du Nord. « Mais comparaison n’est pas raison : les intervalles entre relèves étaient de trois minutes sur le RER B, contre six minutes sur les branches du RER A », souligne Cyril Condé. Et Stéphane Beaudet rappelle, à l’aune de l’expérience du RER B, que « le commandement unique a eu un impact bien plus considérable et bien plus rapide que la fin de la relève ».P. L.

SNCF Immobilier se veut de plus en plus le partenaire des villes
L’édition 2017 du Simi, le Salon de l’immobilier de la porte Maillot, a fermé ses portes ce vendredi. Et a, selon des premières indications, enregistré une affluence record. D’où un refrain entendu dans la cohue : le Palais des Congrès est devenu vraiment trop petit… Ça tombe bien, Unibail Rodamco projette une avancée du bâtiment sur une porte Maillot en grand chantier, et en pleine métamorphose.
Benoît Quignon, directeur général de SNCF Immobilier et président d’Espaces Ferroviaires, et Fadia Karam, directrice du Développement de SNCF Immobilier et directrice générale d’Espaces ferroviaires ont profité du salon pour présenter devant un public de professionnels un panorama des grands projets engagés. Projets conduits dans une logique partenariale, comme l’a souligné Benoît Quignon, selon « une manière de travailler qui change un peu dans les méthodes de la SNCF, puisque nous allons au-devant des collectivités, nous partageons avec elles nos capacités de faire mais, surtout, nous sommes à l’écoute de leurs projets urbains qui, souvent tournent autour des nœuds de communication qui sont le cœur battant des villes ». Nœuds de communication où, souvent, reconnaît-il « les actifs immobiliers de la SNCF ont été un petit peu délaissés au fil du temps ».
Il s’agit donc de réaliser des projets ensemble. On l’a vu cette année avec la signature de trois protocoles avec des métropoles : le Grand Lyon, ce qui ouvre la voie à l’urbanisation de 30 ha répartis sur sept sites ; Reims, pour 15 ha sur six sites ; Chartres, pour l’urbanisation de 2,6 ha sur une ZAC de 32 ha. Lille est en train de s’ajouter. L’an prochain, de tels protocoles doivent être signés avec Bordeaux, Rennes, Toulouse, Marseille et Strasbourg.
Dans certaines villes, on est en phase opérationnelle. A Toulouse, avec la société publique locale d’aménagement Europolia, Espaces Ferroviaires contribue à la transformation du quartier de la gare Matabiau. L’ancien tri postal va laisser la place à la Tour d’Occitanie, programme immobilier mixte de 30 000 m2 développé par La Compagnie De Phalsbourg. L’ancien îlot Sernam pourrait accueillir un programme immobilier mixte de 70 000 m².
A Rennes, en lien avec SEM Territoires, Espaces Ferroviaires aménage un site de 0,5 hectare au cœur de la ZAC EuroRennes pour créer un îlot mixte d’environ 23 000 m2.A Paris, les projets sont énormes. Le protocole signé en novembre 2016 avec la Ville de Paris a ouvert à l’urbanisation 50 hectares de foncier ferroviaire du groupe SNCF. Un potentiel d’environ 1 000 000 m2 de programmes immobiliers, répartis sur sept sites et qui incluent 8 000 logements. Quatre de ces sites seront aménagés et développés par Espaces Ferroviaires, représentant sur 20 hectares un potentiel de 378 000 m2 de programmes immobiliers.
Sur six hectares, le projet Gare de Lyon-Daumesnil sera engagé dès 2018. Un projet urbain de 90 000 m², offrant 600 logements, 45 000 m2 de bureaux, des commerces avec, naturellement, espaces verts et circulations douces.
Hébert, dans le XVIIIe arrondissement, proposera 800 logements, 40 000 m2 de bureaux et un pôle d’activités sur une ancienne emprise ferroviaire de 5,2 hectares.
Ordener, sur un foncier ferroviaire de 3,7 hectares, mixant bureaux, logements, commerces, équipements de loisirs et de culture, espaces verts, devra être le premier quartier parisien bas carbone.
Enfin, dans le nord-est de Paris, sur un ancien site ferroviaire de sept hectares, Chapelle International devient un nouveau quartier de ville, avec un programme mixte et multifonctionnel de 150 000 m2. Le programme, déjà commercialisé à 80 %, doit s’achever d’ici 2022, pour accueillir environ 2 500 nouveaux habitants et 2 500 salariés.
On ne pouvait parler de tout et le Grand paris n’a pas été abordé, même si, cette année comme l’an dernier, le stand de la SGP voisinait avec celui de SNCF Immobilier. Une SGP dont le président, Philippe Yvin dit pour sa part travailler très bien avec Benoît Quignon et ses équipes. Car, là aussi, la SNCF a du foncier, parfois délaissé, et promis à un nouveau destin dans le sillage du métro.
F. D.
Photo : Chapelle International

Les Autrichiens font renaître les trains de nuit
Alors qu’on pensait que les trains de nuit étaient passés de mode et qu’ils avaient perdu la bataille contre les compagnies aériennes low cost et les bus, la compagnie nationale des chemins de fer autrichiens (ÖBB) est en train de prouver le contraire.
Les Autrichiens ont réussi à rentabiliser le réseau de nuit qu’ils avaient en partie racheté à la compagnie ferroviaire allemande. La Deutsche Bahn (DB) avait abandonné cette activité faute de rentabilité (20 millions d’euros de pertes en 2016). ÖBB avait racheté 15 trains de nuit en les exploitant sous une nouvelle marque : « Nightjet ». L’investissement avait été de 40 millions d’euros.
Un an plus tard, le directeur grandes lignes de la ÖBB, Kurt Bauer, peut annoncer un taux d’occupation de 60 %, soit 1,4 million de passagers – pratiquement l’objectif fixé – mais aussi un bénéfice d’exploitation (sans toutefois le chiffrer). La part des trains de nuits dans le chiffre d’affaires de la compagnie est passée de 17 à 20 %.
La ligne la plus fréquentée est celle de Zurich – Berlin – Hambourg. La clé du succès réside dans une offre combinée avec des places couchettes et assises sur un réseau important reliant Berlin, Munich, Düsseldorf, Hambourg, à Zurich, Vienne, Innsbruck, Venise, Rome, Milan et Zagreb. ÖBB insiste par ailleurs sur le service aux voyageurs.
Fort de son succès, la compagnie autrichienne veut étendre son réseau avec des arrêts dans des villes moyennes. A partir de 2021, elle annonce 13 nouveaux trains de nuit pour un investissement de 400 millions d’euros. Par ailleurs 20 voitures assises seront transformées en wagon-lit pour 20 millions d’euros.
Christophe Bourdoiseau,
à Berlin