Catégorie : Ferroviaire

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  • 40 ans de RER : Giscard à la barre !

    40 ans de RER : Giscard à la barre !

    RER, inauguration, Valéry Giscard d’Estaing : un sigle, un nom commun, un nom propre et, avec un bon moteur de recherche, on arrive tout droit sur les émouvantes archives de l’INA. Ce 8 décembre 1977, le président de la République est aux commandes du train inaugural. Jacques Chirac, maire de Paris, prend place sur une banquette de deuxième classe où le rejoint le président. Christian Gérondeau, « Monsieur sécurité routière » et « père du RER » explique l’intérêt de la jonction. Michel Chevalet, le journaliste scientifique de TF1, est filmé, dit-il, à 30 mètres sous Paris, à Châtelet – Les Halles, « dans une station longue comme deux terrains de football » et il suffirait de percer un trou dans le mur orange derrière lui pour que la Seine soit de la partie.

    Châtelet-Les-Halles car, ce jour-là, ce qu’on célèbre, c’est une double rencontre dans le ventre de Paris. Par l’ouverture du tronçon central, Auber – Nation, la branche ouest du RER A rejoint la branche est. Et par le prolongement depuis la gare du Luxembourg jusqu’à Châtelet, la ligne de Sceaux devient le RER B. Les spécialistes le savent, ce 8 décembre ne marque pas la naissance du RER. Cela fait des années que des trains portent cette appellation. Mais, grâce à cette rencontre en plein Paris le R initial des trois lettres RER prend tout son sens. Il y avait des branches, le Réseau est né. La RATP et la SNCF, les « deux administrations rivales », comme dit Christian Gérondeau, collaborent enfin. Le métro et le train de banlieue ne font plus qu’un.

    Le train traverse Paris, et c’est un peu la fin d’une vieille querelle. Elle a opposé les compagnies ferroviaires à celles du métro. Les premières voulaient opérer leur jonction dans la capitale, les secondes préserver leur pré carré. La fin ? Pas tout à fait. Seuls des trains de banlieue passent sous la ville, les grandes lignes s’arrêtant toujours aux mêmes butoirs.

    Reste que, ce 8 décembre, une période nouvelle s’ouvre. En sommes-nous sortis ? Pas sûr. C’est alors le premier choc pétrolier, et Valéry Giscard d’Estaing trace une perspective qu’on ne renierait pas. Pour des questions de coût du pétrole et de pollution, l’avenir est dans les transports en commun. Il le dit de Paris, mais aussi de Lyon et de Marseille. Puisque tel est l’avenir, il faut le rendre habitable. Alors, le grand designer Roger Tallon donne au RER son allure, et notamment la belle cartographie qui le fait exister dans l’esprit de chacun. Tallon, comme il le fera ensuite avec le TGV, assume la modernité industrielle et la magnifie. Comme le font les immenses gares souterraines inaugurées auparavant aux deux terminus. Qu’elles soient dues à un disciple de Le Corbusier (André Wogensky, Auber, ouverte en 1971) ou à un architecte grand collectionneur d’Art brut (Alain Bourbonnais, Nation, ouverte en 1969).

    Et pourtant, l’anniversaire du RER, pour bien des banlieusards (comme on disait alors) ou bien des Franciliens (comme on ne dit jamais), c’est la célébration d’une galère. Avec le RER, on pensait avoir trouvé une solution aux besoins croissants… La solution a amplifié le problème. Depuis l’ouverture, les déplacements quotidiens n’ont fait qu’augmenter. De moins en moins pour des trajets domicile – travail, même si ce motif reste dimensionnant. On comptait alors 30 millions de déplacements par jour en Ile-de-France, le cap des 40 millions est aujourd’hui franchi. Les spécialistes se sont longtemps fondés sur une formule magique. C’est la constante de Zahavi, selon laquelle le budget-temps des déplacements ne change pas, les progrès techniques permettant d’habiter de plus en plus loin de son lieu de travail en passant le même nombre de minutes quotidiennes dans les transports. Pendant des années, jusqu’en 1976, le budget temps en Ile-de-France s’est établi à 75 minutes. Les grandes enquêtes qui suivent montrent une décorrélation. La durée moyenne est aujourd’hui de 92 minutes. Du fait de la vétusté du réseau, des lourds travaux en cours de remise à niveau, et dans l’attente des renforts du Grand Paris Express, on peut craindre qu’elle augmente au cours des prochaines années.

    Quarante ans ont passé. 1977 : la gare précède de deux ans le Forum des Halles. 2017 : l’ancien Forum est depuis peu remplacé par la Canopée. Sous terre, la RATP en a quasiment fini la remise à neuf de l’énorme pôle d’échange. On saura bientôt si elle a réussi à redonner de la clarté au dédale formé avec la jonction des RER, devenu plus complexe encore depuis l’arrivée de la ligne 14. Tâche presque surhumaine… Restait à en tirer les leçons. En concevant le réseau du Grand Paris, on a voulu éviter que Saint-Denis-Pleyel devienne un nouveau Châtelet-Les-Halles. Et la gare de La Défense, va-t-elle bien supporter la vraie naissance du RER E, avec cette nouvelle jonction sous Paris, marquant l’arrêt sous le Cnit ?

    On ne peut célébrer ce quarantième anniversaire sans rappeler certaines divergences entre RATP et Ile-de-France Mobilités. Elle porte sur le nom de RER. La RATP y tient, la région est tentée par « train ». De fait, la dénomination par des lettres des lignes du Transilien va déjà dans le sens d’une inclusion des RER. Et les performances de ces derniers, moquées par les voyageurs (voir #40ansduRER), pourraient pousser à changer un sigle dont les connotations ne sont plus franchement positives. Il y a 40 ans, le président de la République, au moment de l’inauguration, s’est déjà penché sur la question. Les trois lettres RER, pour VGE, c’était un peu le nom de code d’un projet. Maintenant qu’il était mené à bien, il penchait pour un nouveau nom : le « métro d’Ile-de-France ». Une idée pour demain ?

    F. D.

  • Berlin – Munich, dernier des grands travaux de la réunification

    Berlin – Munich, dernier des grands travaux de la réunification

    Après 25 ans de travaux, le dernier des grands projets d’infrastructure de la réunification est enfin achevé outre-Rhin. Les deux grandes villes allemandes, Berlin et Munich, sont désormais reliées en train en moins de quatre heures. Il fallait plus de six heures auparavant pour faire 500 kilomètres ! La ligne comprend une section neuve (NBS) de LGV sur 230 km, une des plus rapides du pays (avec la NBS Cologne – Francfort) puisqu’on pourra y rouler à 300 km/h, le reste de la ligne ayant été agrandie ou modernisée. Il s’agit aussi de la LGV la plus chère jamais construite sur le réseau allemand (deux milliards d’euros). L’ensemble ce grand projet d’infrastructures, le huitième dans le « Plan reconstruction de la RDA », a coûté dix milliards d’euros (37 ponts et 27 tunnels neufs).

    L’ouverture commerciale, le 10 décembre, va bouleverser le trafic entre la capitale fédérale et la capitale bavaroise. Les compagnies aériennes s’attendent notamment à une forte baisse du nombre de passagers d’environ 25 %. La durée du voyage en train, centre à centre, rend le train très avantageux par rapport à l’avion (actuellement 500 000 passagers par an). Selon les experts, la part de marché de la compagnie ferroviaire allemande, Deutsche Bahn, devrait passer de 15 à 40 % sur le Berlin – Munich et même à 70 % sur l’axe Berlin – Nuremberg, où les lignes aériennes pourraient être fermées. La ligne a été également aménagée pour accueillir le trafic marchandises.

    Les prix vont augmenter de 132 à 150 euros pour le tarif classique (+13,6 %), ce qui a valu à la DB des reproches de la part des associations d’usagers. Selon la DB, cette augmentation est entièrement justifiée. « Les investissements ont été énormes sur cette ligne et l’offre s’est considérablement améliorée », rétorque un porte-parole.

    Christophe Bourdeoiseau,
    à Berlin

  • Ouattara et Macron lancent les travaux du métro d’Abidjan

    Ouattara et Macron lancent les travaux du métro d’Abidjan

    Le président ivoirien Alassane Ouattara et son homologue français Emmanuel Macron ont lancé ce 30 novembre à la gare de Treichville les travaux de la ligne 1 du Métro d’Abidjan. La réalisation de ce train urbain sera financée dans le cadre d’un contrat de désendettement et développement (C2D) de deux milliards d’euros : la Côte d’Ivoire rembourse à la France une part de sa dette, que la France réinvestit en Côte d’Ivoire, les contrats étant passés à des entreprises françaises.

    Sur ce total de deux milliards, 1,4 sera consacré à la réalisation du métro. « Cette offre constitue l’effort le plus important que la France ait jamais réuni au démarrage d’un projet de transport urbain à l’étranger. Il est le signe de la confiance qui nous réunit et de cet engagement. S’ouvre une nouvelle page entre maintenant et la finalisation des travaux en 2022 », a précisé Emmanuel Macron, cité par la presse ivoirienne. C’est une « infrastructure essentielle », a précisé le président français, avec 37,5 km entre les communes de Port-Bouët et Anyama, une vingtaine de gares qui permettra un démarrage de la ligne, de transporter 500 000 passagers par jour.

    Initialement, la réalisation de ce train était confiée au consortium Star, composé de Bouygues (33 %), Hyundai Rotem (33 %), Keolis (25 %) et du Coréen Dongsan Engineering, 9 %. Le projet a buté sur une question de financement. En définitive, par le biais du contrat C2D, géré par l’Agence française de développement, la France assure le financement. Et les Coréens sortent du jeu, moyennant selon la presse ivoirienne dix millions d’euros. Le nouveau consortium chargé de la réalisation, qui n’est pas encore officiellement constitué, sera formé par Bouygues, sa filiale Colas Rail, Alstom et Keolis.

    F. D.

  • Hyderabad : le métro ouvre enfin

    Hyderabad : le métro ouvre enfin

    Cette fois, c’est fait. L’exploitation du métro d’Hyderabad, en Inde, a pu commencer, ce 29 novembre, sur une section de 30 km. Le métro était en fait prêt depuis quasiment trois ans. Mais Hyderabad (environ dix millions d’habitants), auparavant dans l’Etat de l’Andhra Pradesh, a été intégré dans le Telangana, Etat créé en 2014 dont il est la capitale. La mise en service a été ralentie du fait de la constitution de la nouvelle autorité politique.

    Ce métro en viaduc a été financé et réalisé par le grand groupe indien Larson & Toubro. Ce concessionnaire en a confié l’exploitation pour cinq ans à partir de la mise en service à Keolis et a acquis les 57 rames auprès du coréen Rotem. Doté d’un système de contrôle automatique CBTC fourni par Thales, il est présenté comme « métro automatique ». Il a tout de même un conducteur et relève, dans le langage des spécialistes, de la catégorie GoA2 (ni manless, ni driverless).

    Une fois la totalité du réseau (trois lignes, 68 km, 65 stations) ouverte au public, le métro d’Hyderabad devrait transporter 1,3 million de voyageurs par jour. Le contrat de Keolis, selon le communiqué du groupe français, « porte principalement sur l’exploitation et l’entretien des 57 rames de métro, ainsi que des stations, des dépôts, des voies, du système de signalisation, du système de télécommunications, des systèmes de billetterie et des distributeurs de tickets dans les stations. »

    F. D.

  • A Noisy-le-Sec, le T1 trouve sa voie et attend les fonds

    A Noisy-le-Sec, le T1 trouve sa voie et attend les fonds

    Enfin le dénouement ? Le mardi 28 novembre, Valérie Pécresse, la présidente de la région Ile-de-France, s’est rendue à Noisy-le-Sec, où le tram T1 est arrivé en 2003. Et n’a depuis pas progressé. Le prolongement est prévu de longue date… et de longue date il est bloqué. Au-delà de la gare du RER E, rue Jean-Jaurès, on ne passe pas.

    Valérie Pécresse en 2015 avait soutenu la position de Laurent Rivoire, le maire UDI, qui voulait éviter cette rue étroite et encombrée. Mais les alternatives étudiées n’ont pas convaincu tous les partenaires, et Ile-de-France Mobilités s’est rallié à une solution étudiée par Egis. Passage du tram dans les deux sens dans la rue longue de près d’un kilomètre, qui sera interdite aux voitures sauf celles des riverains. Référence : Brest, où le tram a réussi à passer ainsi dans une rue un peu plus étroite que la rue Jean-Jaurès. Le maire n’en fait pas mystère, il penchait plutôt pour d’autres solutions, mais il fallait bien trouver un accord. Alors, plans en mains, Laurent Rivoire et Valérie Pécresse, accompagnés de Stéphane Beaudet, vice-président Transports, et de Laurent Probst, DG d’Ile-de-France Mobilités, ont parcouru la rue Jean-Jaurès pour se faire une idée des futurs aménagements et répondre aux questions des habitants croisés en chemin ou des commerçants sur la pas de la porte.

    Si le tracé est trouvé, reste à régler des questions d’indemnisation pour le temps des travaux, à peu près trois ans. Le maire a mis en place une commission ad hoc. Il faut aussi commencer à compenser quelque 150 places de parkings qui vont disparaître dans l’opération. On attendra la résolution de toutes les questions pratiques avant de crier victoire pour le prolongement du tram jusqu’à Val-de-Fontenay. On attendra surtout que le financement soit résolu.

    Le prolongement coûtera plus de 450 millions. Principaux financeurs,la Région apporte 57 % du montant, l’Etat 30 %, la Seine-Saint-Denis 10 %. La visite de Valérie Pécresse avait aussi pour but de montrer que, si le tram n’avance pas alors que la région finance sa part et trouve des solutions, c’est la faute à l’Etat — qui pourrait, s’inquiète selon la présidente du Conseil régional, repousser les échéances vers 2022 où 2023.
    FD

    Photo : Laurent Rivoire, Valérie Pécresse, Stéphane Beaudet et Laurent Probst rue Jean-Jaurès, à Noisy-le-Sec

  • L’Arafer réclame de nouveau la révision du contrat de performance Etat-SNCF Réseau

    L’Arafer réclame de nouveau la révision du contrat de performance Etat-SNCF Réseau

    Saisie pour avis sur le projet de budget 2018 de SNCF Réseau, l’Autorité de régulation des activités ferroviaires et routières note des améliorations comparé à l’exercice précédent : les trajectoires financières à court terme c’est-à-dire en 2017 et 2018 lui semblent pouvoir être respectées. « Le respect de la marge opérationnelle pour 2017 est lié en grande partie au gel et au report de certaines dépenses afin de ramener les charges d’exploitation à un niveau correspondant à la diminution du chiffre d’affaires », explique l’Autorité. « Pour 2018, le respect de la trajectoire de la marge opérationnelle est assuré par des gains de productivité supplémentaires qui n’étaient pas inscrits au contrat [de performance, NDLR] (+20 % sur 2018) », ajoute-t-elle. Le gendarme du ferroviaire salue le « volontarisme » de SNCF Réseau qui lui permet de dégager de « nouveaux gains ». Mais il se demande dans le même temps pourquoi ces efforts n’avaient pas été prévus dans le contrat de performance signé avec l’Etat au printemps dernier.

    De plus, sur le long terme, « le respect des trajectoires pose toujours questions », estime l’Arafer qui relève des « incertitudes ». L’autorité, qui formule de nouveau des réserves sur le contrat de performance, réitère donc son appel à le réviser en profondeur.

  • Keolis et RATP Dev en passe de remporter le métro de Doha

    Keolis et RATP Dev en passe de remporter le métro de Doha

    La Tribune vient de le publier, et les informations dont nous disposions allaient dans ce sens. Keolis et RATP Dev, alliés pour conquérir l’exploitation du métro de Doha (Qatar), auraient remporté le marché. C’est lors de la visite à Doha d’Emmanuel Macron, le 7 décembre, que le contrat de trois milliards d’euros sera officiellement annoncé, selon le quotidien économique.

    Le système de transport de Doha associe en fait un réseau de métro automatique et un réseau de tramway. Les Français, comme nous l’indiquions le 27 octobre étaient finalistes contre les Allemands du groupe Deutsche Bahn. Succès remarquable s’il est confirmé, alors que RATP Dev est donné comme principal gagnant de l’appel d’offres du métro automatique de Riyad (Arabie saoudite). Contrat pour lequel l’un de ses grands concurrents était Keolis.

    Sans surprise, Laurence Batlle, présidente du directoire de RATP Dev, « n’infirme ni ne confirme ». Même formule de Guillaume Pepy, qui s’est beaucoup dépensé pour le contrat de Doha, pour qui « ce serait une excellente nouvelle ». Coïncidences heureuses : Laurence Batlle était dans un TGV quand nous l’avons jointe. Et Guillaume Pepy à Hyderabad, pour l’inauguration tant attendue du métro exploité par Keolis…

    F. D.

    Photo : proposition de maquette d’Arep pour la ligne verte du métro de Doha

  • La Route de la soie arrive à Dourges

    La Route de la soie arrive à Dourges

    Coup sur coup ce sont deux trains-blocs qui ont gagné en cette fin novembre depuis Wuhan (province du Hubei) la plate-forme Delta 3 de Dourges (Hauts-de-France). Ils ont parcouru près de 11 000 km, à travers Chine, Kazakhstan, Russie, Biélorussie, Pologne, Allemagne et France. Le premier pour Décathlon, le second pour PSA. Ces premiers trains ont servi de tests, et « les tests ont été réussis », selon Xavier Perrin, directeur commercial de la plate-forme, qui se félicite de la bonne image de Dourges auprès des grands opérateurs internationaux.

    De quoi convaincre les parties prenantes de recourir régulièrement à la solution ferroviaire ? Delta 3 l’espère. En effet, alors qu’il faut environ 35 ou 40 jours par bateau, le transport par chemin de fer se fait en une vingtaine de jours. Compte tenu de la voie large dans l’ex-espace soviétique, le transport nécessite deux transbordements, l’un à Dostyk, à la frontière entre Chine et Kazakhstan, l’autre à Brest à la frontière entre Biélorussie et Pologne. Ces opérations de transbordements de conteneurs de train à train sont bien rodées. Et, selon nos informations, alors que les 9 000 km allant de la Chine à l’Union européenne sont parcourus en 10 jours, il faut autant de temps pour le parcours terminal d’environ 1 600 km dans l’Union européenne. L’interopérabilité ne s’est toujours pas imposée dans la vieille Europe…

    Le train de Gefco, chargé de conteneurs de 40 pieds, a quitté Wuhan le 3 novembre et est arrivé à Dourges le 22 novembre. Après dédouanement, la cargaison a été expédiée directement à Douvrin, dans l’usine de la Française de Mécanique, filiale de PSA, ancienne maison mère de Gefco. Aujourd’hui filiale de RZD (chemins de fer russes), Gefco, en tant que commissionnaire de transport, a géré l’acheminement avec ses partenaires dans les pays traversés, notamment avec le consortium ETLC pour les pays à voie large (Kazakhstan, Russsie, Biélorussie). Selon le communiqué de l’entreprise dirigée par Luc Nadal, publié ce 27 novembre, « la liaison avec la France ainsi établie est un atout majeur, qui offre à l’Hexagone une meilleure place sur la nouvelle Route de la soie et rapproche expéditeurs et destinataires ».

    Décathlon s’inscrit aussi dans la démarche « One Belt One Road » de la nouvelle Route de la soie lancée par le pouvoir chinois en 2016. Pour la marque sportive ce sont 41 conteneurs (de 40 pieds) « remplis d’environ 630 000 produits dont une majorité de textiles et de chaussures », qui sont arrivés à Dourges dans un train « affrété par la compagnie HXO et géré par les sociétés Damco-Maersk Line ».

    Le nouveau produit est intéressant, adapté à des transports qui n’ont pas besoin d’aller aussi vite que l’avion (trois à quatre jours, avec les opérations terminales). Delta 3 espère pour un service régulier un chargement à quelque 70 % au retour, en misant sur les transports d’eau, de vin, de produits agroalimentaires, ou de pièces usinées en France.

    Au total, il n’y a tout de même pas de quoi faire peur au transport maritime. « Le produit est complémentaire », insiste Xavier Perrin. Avec 82 Equivalent vingt pieds (EVP) par train au maximum, on peut arriver à quelque 8 000 EVP par an dans le sens est – ouest, à raison de deux trains par semaine. Moins de la moitié de la capacité d’un seul porte-conteneurs de dernière génération : 22 000 boîtes. Mais c’est important pour les partenaires, dont Delta 3, pour qui la pérennisation de deux trains par semaine représenterait 6 à 7 % de croissance de son activité.

    F. D.

  • Bombardier chercherait à construire une usine de matériel roulant ferroviaire au Maroc

    Bombardier chercherait à construire une usine de matériel roulant ferroviaire au Maroc

    Selon l’agence de presse financière Bloomberg, Bombardier Transport envisage de construire une usine au Maroc au cas où le constructeur remporterait un contrat de fourniture de matériel roulant à l’Office national des chemins de fer (ONCF). En effet, un contenu marocain d’au moins 40 % de la valeur est exigé pour les commandes publiques. Le site marocain, qui emploierait environ 600 personnes et pourrait ouvrir dès 2020, effectuerait non seulement la construction de matériel roulant, mais aussi des études et des tâches de maintenance. Si sa première mission est de produire des rames automotrices d’une valeur de 15 milliards de dirhams (1,3 milliard d’euros) à commander par l’ONCF dans le cadre de son plan de modernisation, l’usine Bombardier marocaine pourrait également produire pour l’exportation.

    P. L.

  • Getlink, la nouvelle identité du Groupe Eurotunnel

    Getlink, la nouvelle identité du Groupe Eurotunnel

    Ne dites plus « Groupe Eurotunnel », mais « Getlink » ! Ce changement de nom a pris effet dès son annonce, le 20 novembre. « Ce nouveau nom, qui évoque la dynamique des échanges et des liens, marque l’entrée du groupe dans une ère nouvelle d’infrastructures de mobilité », indique Getlink dans son communiqué. On y reconnaîtra l’anglais « link » (qui symbolise le lien fixe), alors que « Get » – prononcer avec un « g » – marque la « continuité avec l’existant », selon le PDG Jacques Gounon dans sa lettre aux actionnaires, GET étant et restant le code boursier du Groupe sur Euronext à Paris et Londres.

    Pourquoi ce changement fin 2017 ? Si les médias britanniques y voient le choix d’un nom à sonorité anglaise pour la « préparation au post-Brexit », Eurotunnel nous précise que « le Brexit n’est pas vraiment une raison, mais il est vrai que ce nouveau nom Corporate peut auprès des investisseurs nous aider à se débrexiter ». Et de rappeler que sans chercher à faire oublier les feuilletons boursiers du passé, il s’agit « plutôt de montrer que l’on est revenu de loin, que la recovery est belle avec 580 millions d’euros de dividendes versés depuis 2009, que l’on regarde maintenant vers l’avant avec optimisme et confiance ». Et question timing, « ElecLink [interconnexion électrique transmanche] a été lancé en février dernier et une partie de la dette renégociée en mai dernier : le moment était donc opportun pour changer de nom et marquer le coup ».

    Par tous ces aspects et bien d’autres, le groupe exploitant le tunnel sous la Manche n’est effectivement plus du tout le même qu’il y a une dizaine d’années et son changement de nom reflète la diversification opérée depuis : fret ferroviaire sous l’appellation Europorte, ElecLink (voir ci-dessus) et centre de formation ferroviaire Ciffco. Toutefois, les navettes transmanche via le lien fixe continueront de porter les marques Eurotunnel Le Shuttle et Eurotunnel Le Shuttle Freight.

    Employeur de quelque 3 300 personnes, Getlink transporte chaque année plus de vingt millions de passagers (moitié dans les navettes Eurotunnel, moitié par Eurostar), 1,6 million de camions, 2,6 millions de voitures « et bientôt 1 GW d’électricité » sous la Manche ; il est également le premier opérateur privé de fret ferroviaire en France avec près de deux milliards de t-km de marchandises. Enfin, le groupe affiche « un chiffre d’affaires de plus d’un milliard d’euros, une marge opérationnelle de 50 % et des cash-flows prédictibles jusqu’en 2086 », précise Jacques Gounon.

    P. L.