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Catégorie : Ferroviaire
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Les gares RERA labellisées pour l’accueil des voyageurs à handicap mental
La RATP a signé le 3 avril une convention S3A (symbole d’accueil, d’accompagnement et d’accessibilité) avec l’Urapei (Union régionale des associations de parents, de personnes handicapées mentales et de leurs amis) d’Ile-de-France symbolisant la capacité du personnel des stations de la ligne A du RER à prendre en charge de manière personnalisée les personnes ayant un handicap mental et, par extension, toute personne ayant des difficultés de compréhension ou d’orientation. Dès avril, un agent ayant reçu la formation à cette démarche sera présent en permanence dans chaque gare de la ligne, comme c’est déjà le cas sur la ligne B. La ligne 10 avait été en 2016 la première du réseau RATP labellisée S3A, les lignes 1, 11 et 14 devraient également se lancer dans cette certification en 2017.

L’Arafer critique la trajectoire financière « irréaliste » de SNCF Réseau
Alors que Patrick Jeantet, le PDG de SNCF Réseau, se félicitait en fin d’année dernière de l’adoption par son conseil d’administration du projet de contrat de performance avec l’Etat, l’Arafer (l’Autorité de régulation des activités ferroviaires et routières) en a pointé toutes les limites dans un avis très critique rendu le 29 mars. class= »Texte-courant–VR-T-« >
Ce projet de contrat de performance, attendu depuis la réforme du système ferroviaire en août 2014, « a donné lieu à une consultation purement formelle et de dernière minute, qui, selon toute vraisemblance, n’aura pas de suite », a affirmé Bernard Roman, le président de l’Arafer.Si le gendarme du ferroviaire se félicite de la confirmation de la priorité à la maintenance du réseau (près de 34 milliards d’euros pendant dix ans), il critique une totale absence de vision stratégique de l’Etat. Ainsi, rien n’est précisé en matière de dimensionnement du réseau, tout particulièrement sur la liste des lignes du réseau à conserver. « L’Etat rejette ainsi implicitement sur les régions ou les acteurs locaux la responsabilité des petites lignes », souligne Bernard Roman.
De même, rien n’est dit en matière de développement du réseau, le document se contentant d’indiquer l’objectif « d’une poursuite raisonnée des projets de développement ». L’Arafer invite donc l’Etat à clarifier ses priorités de développement et rappelle que la règle d’or votée par le Parlement interdisant à SNCF Réseau de s’endetter au-delà d’un certain ratio n’a toujours pas été précisée par un décret d’application.
Le régulateur pointe aussi les imprécisions d’autres indicateurs contractuels « pourtant cruciaux » portant sur la productivité de l’entretien, la qualité de service des circulations fret et voyageurs ainsi que sur la qualité de l’infrastructure par axe. L’Arafer regrette que ce travail n’ait pas été fait en concertation avec les autres acteurs du secteur ferroviaire comme elle-même l’a fait pour motiver son avis.
Les mêmes imprécisions touchent les gains de productivité sur lesquels s’engagent SNCF Réseau (+1,4 % par an, soit moins que l’objectif de +1,5 % sur lequel SNCF s’engageait lorsqu’elle intervenait en 2012 en tant que gestionnaire d’infrastructure déléguée auprès de l’ex-RFF), sans expliquer comment. L’Arafer fait part de « ses réserves sur cet objectif au regard de la dérive structurelle des dépenses proche de 2,5 % par an ».
La soudaine accélération des gains de productivité au-delà de 2020 reste aussi inexpliquée. « La crédibilité des chiffres est posée », souligne l’Arafer. Le projet de contrat ne prévoit d’ailleurs aucune mesure incitant à tenir les engagements.
Enfin, le document prévoit une augmentation annuelle des péages de l’ordre de 2,8 % par an entre 2018 et 2026, et même de 3,6 % par an en fin de période dans le cadre d’une application « forfaitaire ». Rien ne justifie que les péages soit déconnectés du contexte économique général, estime l’Arafer en pointant des montants de péages augmentant à un rythme bien supérieur à l’inflation. Alors que la SNCF se plaint déjà du prix très élevé des péages, ces hausses pourraient aussi dissuader des opérateurs ferroviaires concurrents de se présenter sur le marché français.
Autre mauvaise nouvelle, l’Etat confirme dans ce document la fin de son soutien au fret ferroviaire en supprimant progressivement la compensation fret. Le rattrapage des tarifs conduira à une hausse de 6,7 % par an en moyenne et les conséquences sur le trafic de fret ne sont pas chiffrées.
Enfin, malgré ces hausses de péages dissuasives, l’Etat et SNCF Réseau s’attendent à une hausse du trafic et donc des recettes. « Les recettes de péages apparaissent surestimées », juge Bernard Roman.
Quant à l’augmentation de l’effort budgétaire de l’Etat en faveur du réseau ferré, il paraît enfin très optimiste : en hausse de 50 %, il passerait de deux milliards d’euros aujourd’hui à trois milliards en 2026. « Trop beau pour être vrai ? », s’interroge Bernard Roman, alors que la question du devenir de la dette reste posée : il est prévu qu’elle s’élève à plus de 63 milliards d’euros dans dix ans.
Conclusion de l’Arafer : la trajectoire financière envisagée pour SNCF Réseau « n’est tout simplement pas réaliste ». Cet avis transmis au gouvernement ainsi qu’au Parlement, a aussitôt fait réagir Hervé Maurey, (UDI Eure) le président de la commission de l’aménagement du territoire et du développement durable, qui a demandé au gouvernement « de revoir sa copie ». De son côté, le député socialiste Gilles Savary, qui avait été rapporteur de la loi de réforme ferroviaire, se félicite du travail réalisé par l’Arafer et des évolutions en cours, tout en reconnaissant des « pesanteurs » qui handicapent encore le secteur. C’est pourquoi il demande à l’Etat de prendre toute sa place dans cette « modernisation de notre politique ferroviaire » engagée, selon lui, grâce à la réforme de 2014.
M.-H. P.

Comment Eole est en train de changer Paris
Entretien avec Xavier Gruz, directeur d’Eole.
Le prolongement du RER E à l’ouest a longtemps retenu l’attention à cause de son financement. Qui va payer, et combien, les questions du tour de table ont causé un retard de deux ans. Le feuilleton approche de son dénouement, et, sans attendre les travaux ont commencé conformément au nouveau calendrier. Eole était un dossier, c’est un chantier. Xavier Gruz nous le fait visiter. Et il donne un aperçu des nouveaux quartiers, à la porte Maillot, à la Défense, à Nanterre, qui sont en train de s’édifier. Suivez le guide.
Ville, Rail & Transports. On parlait peu du chantier d’Eole et, pourtant, il a vraiment commencé. Où en êtes-vous ?
Xavier Gruz. Le chantier a vraiment commencé en juillet 2016, sur la base de délibérations passées dans la totalité des assemblées délibératives des huit partenaires au projet. Les travaux ont démarré à La Défense. C’est un chantier assez singulier, du fait de l’emplacement de la future gare, sous le Cnit. La réalisation de la faille est bien avancée.
VR&T. Qu’est ce que la faille ?
X. G. La faille, c’est la trémie qui va être ouverte dans les différents niveaux du parking. Elle va d’abord permettre de faire fonctionner le chantier, depuis le quai de livraison du niveau C du Cnit, sous lequel se trouvent trois niveaux de parking. Elle servira ensuite d’ouvrage de remontée pour les passagers, depuis la mezzanine de la gare jusqu’au niveau C qui sera aménagé en espace commercial. La faille, c’est à la fois un ouvrage pour la conduite des travaux et un ouvrage définitif. Les travaux de réalisation des micropieux ont commencé. Ce sont 80 tubes en béton, sur lesquels nous allons provisoirement reporter les charges actuelles des fondations des bâtiments du Cnit.
VR&T. Vous parlez de la célèbre voûte ?
X. G. Non. La voûte est tenue par des tirants, et nous passons largement en dessous des tirants. Mais elle abrite des bâtiments qui ont été construits ensuite : parkings, centre des congrès, bureaux, centre commercial, hôtel Hilton. Ce sont les fondations de ces bâtiments que nous devons reprendre et qui vont reposer sur le toit de notre gare. Sans que cela ait d’effet, bien sûr, ni sur la voûte ni sur les bâtiments eux-mêmes. Le Cnit reste d’ailleurs ouvert, à l’exception du niveau C, où était une salle de congrès, et d’un des trois niveaux de parkings. L’hôtel Hilton fermera, lui, quatre mois, en 2020, quand nous ferons les travaux juste en dessous.
VR&T. Le tunnelier n’est pas encore là, mais vous commencez déjà des travaux entre Nanterre et Haussmann-Saint-Lazare. En quoi consistent-ils ?
X. G. Nous avons commencé les travaux préparatoires (déviation de réseaux, installation des pompes de rabattement des nappes souterraines) mais aussi la préparation de certains puits qui serviront ensuite au secours pour les pompiers ou à l’aération du tunnel. Il y en aura dix en tout, un tous les 800 mètres. Trois à Courbevoie, trois à Neuilly, quatre à Paris. Deux d’entre eux — Friedland à Paris et Gouraud à Neuilly — situés en interstation, seront aussi des puits de ventilation du tunnel qui viendront compléter les « usines de ventilation » des gares.
L’un des dix puits est déjà bien avancé, c’est, à Courbevoie, Gambetta ouest. C’est de là que sera percé le tunnel en direction de La Défense. C’est par un autre puits, Gambetta est, que descendra le tunnelier, en mai 2018. Il faudra réaliser aussi en priorité le puits Abreuvoir, à Courbevoie, à proximité de la Seine : le traitement des boues excavées se fera là et nous allons créer un port pour l’évacuation de ces boues par des barges. Et à Neuilly-sur-seine, le puits Gouraud doit être prêt pour le passage du tunnelier. Aujourd’hui, sauf à Gambetta-Ouest, dont la réalisation a commencé, nous en sommes, pour les puits, aux travaux préparatoires de déviation de réseaux. N’oubliez pas qu’ils prennent quasiment deux ans et sont un chantier dans le chantier.
VR&T. Que se passe-t-il, plus à l’est ?
X. G. Porte Maillot, nous sommes en train de dévier les réseaux Orange, et nous créons une station de pompage afin de descendre le niveau de la nappe phréatique, pour réaliser les travaux en sécurité. Nous devons tirer une conduite pour aller de la porte Maillot à la porte Dauphine, où les eaux seront rejetées dans un grand bassin.
A Haussmann-Saint-Lazare enfin les travaux commencent, début juillet, par la réalisation du puits d’accès aux chantiers. Nous finissons de déplacer le réseau de fibre optique Free.
VR&T. Maintenant que nous avons parcouru le futur tunnel d’ouest en est, reportons-nous à l’ouest, au débouché du tunnel sur la ligne classique.
X. G. A Nanterre, nous avons terminé tous les travaux de démolition et nous avons dégagé nos emprises. Le terrassement a commencé en mars. Dans l’ensemble, le chantier est assez « furtif » et souterrain, une fois les travaux préparatoires finis et les puits réalisés. Mais à Nanterre il sera visible. Ce sera le premier chantier à l’air libre.
Au-delà, à l’ouest, sur le réseau exploité, des travaux de mise en accessibilité se terminent dans trois gares. Les voyageurs vont bénéficier de « l’effet Eole » avant même sa mise en service en 2024. A Mantes, le nouveau bâtiment côté sud de la gare est bien avancé et doit ouvrir tout début 2018. Ce sera l’une des premières réalisations visibles d’Eole. Cet été, les travaux sur le bâtiment historique à Mantes-la-Jolie commencent pour une livraison prévue en 2020. La gare d’Aubergenville-Elisabethville sera mise en accessibilité et surtout le chantier Eole va commencer sur l’ensemble de la ligne. Le travail de concertation sur toute la partie du chantier concernant la ligne exploitée s’est terminé le 18 mars. Nous attendons le feu vert des pouvoirs publics et sommes résolument confiants.
VR&T. Pourquoi une nouvelle concertation alors que le projet est déclaré d’utilité publique ?
X. G. La concertation a deux objets. D’une part les dispositions dites de la loi sur l’eau n° 2, qui concernent les impacts dans quatre départements (77, 78, 92, 93). Nous avons eu en 2016 le feu vert au titre de cette loi pour les travaux souterrains. Reste le dossier sur les travaux de surface. De plus, à Mantes, nous avons présenté au Stif, qui l’a acceptée, une adaptation du projet. Elle se traduit par un ouvrage d’art supplémentaire à l’ouest de la gare. Cela permettra de déniveler les croisements qui sont aujourd’hui à niveau. A l’ouest de la gare de Mantes, les trains venant de Cherbourg – Caen croisent les trains qui vont vers Rouen – Le Havre, ou les Transilien Paris – Mantes. Plein de trains qui se croisent à niveau, c’est comme sur la route, cela crée des embouteillages. Le nouveau système va permettre de déniveler l’ensemble de ces flux, de fluidifier les circulations, en réorganisant complètement la gare de Mantes. Il nous faut pour cela construire un viaduc qui n’était pas prévu lors de la DUP et nous demandons donc une DUP modificative, qui concerne trois communes.
VR&T. Pourquoi le dossier loi sur l’eau est-il encore en suspens ?
X. G. C’est tout à fait classique. La DUP décrit de grandes fonctionnalités, mais pas tous les détails d’impact. Et on nous demande désormais de tenir à jour l’étude d’impact, après la DUP. Eole sera le premier grand projet à le faire. De plus, les services de l’Etat nous demandent de nous engager sur des mesures compensatoires : si on enlève 10 m3 de terrain près de la Seine, il faut non loin là remettre 10 m3. L’Etat, est maintenant très exigeant pour éviter des promesses qui ne seraient pas tenues. Nous attendons l’autorisation loi sur l’eau début juin. Alors pourront commencer les grands travaux de génie civil sur toute la partie en surface de Nanterre à Mantes, ainsi que sur la partie existante du RER E, à l’est, avec le viaduc sur le canal Saint-Denis dans le XIXe arrondissement de Paris et le garage des rames vers Gretz, en Seine-et-Marne. Bref, des travaux partout…
VR&T. Tous les appels d’offres de génie civil sont-ils passés ?
X. G. Sauf ceux qui concernent les puits du tunnel. Nous les lancerons cet été. Ce seront des plus petits lots, permettant à des entreprises de taille plus modeste de se présenter. Mais, déjà, nous avons lancé les appels de second œuvre pour les gares : escaliers mécaniques, plomberie, électricité, etc. Nous avons pris de l’avance. Nous avons ainsi réservé ces entreprises, qui vont être associées tout de suite à la phase de conception du génie civil, ce qui permettra de savoir quels espaces précisément réserver pour faire passer les escaliers mécaniques ou les ascenseurs. Une fois cette phase de conception passée, ces entreprises seront, pour nos chantiers, en sommeil pendant environ 12 à 18 mois et viendront nous rejoindre pour les phases de réalisation. C’est intéressant pour nous mais aussi pour les entreprises qui pourront mieux gérer leur plan de charge notamment dans la perspective du Grand Paris.
VR&T. Vous commencez les travaux, tandis que le projet urbain tout autour de la Porte Maillot est en train de changer. Cela a-t-il un impact ?
X. G. Pas sur la gare. Tant mieux, car elle est déjà assez compliquée. Elle est prise sur un axe est – ouest entre le RER C et le tunnel routier dit Grand Maillot et, en nord – sud, elle est coincée entre le parking et la ligne 1 du métro. Cela nous laisse un rectangle pour réaliser la boîte de la gare, qui ne peut pas changer de place. Mais la sortie que nous avions prévue est impactée par la station du tramway T3, qui est positionnée là où nous avions notre escalier. Donc nous bougeons l’escalier. De plus, une concertation est en cours, menée par la Ville de Paris, sur le réaménagement de la Porte Maillot. La Ville a mûri son projet. Elle veut rétablir la continuité de l’axe allant de l’Arc de triomphe à La Défense en supprimant le grand terre-plein circulaire devant le Palais des Congrès. Paris veut valoriser l’espace ainsi dégagé, ce qui pourrait donner lieu à un agrandissement et une modernisation du Palais des congrès.
La verrière prévue pour notre gare, au niveau du sol ne change pas de place, mais, au lieu de prendre place dans le terre-plein, comme celui-ci est amené à disparaître, elle sera sur un trottoir longeant l’avenue. Cela ne change rien à l’essentiel des travaux, et nous devrons comme prévu réaliser d’ici 2020 la boîte de la gare, que le tunnelier traversera. 2020, c’est bientôt. Porte Maillot, on conçoit en construisant… C’est une situation un peu inconfortable pour le maître d’ouvrage mais pas insurmontable. Et je pense que l’on aura un bon projet, avec une place bien conçue et une gare qui devient un point fort dans la nouvelle physionomie du quartier. Non loin de là sera édifié le site des Mille Arbres [immeuble-pont enjambant le périphérique proposé pour l’appel à projets Réinventer Paris, NDLR]. Les Mille Arbres vont créer des flux nouveaux, ce qui n’est pas négligeable pour notre projet, et nous aurons une sortie tout près de là.
VR&T. A Nanterre La Folie aussi, le projet a bougé ?
X. G. Pas fondamentalement, car, dès le projet initial, l’Epadesa avait souhaité que nous décalions notre faisceau de voie vers le nord, afin de dégager une bande constructible. Et l’Epadesa avait pensé lotir cette bande, cédée par la SNCF, pour amorcer la pompe et financer l’aménagement du quartier. En 2016, Vinci s’est déclaré preneur et a décidé d’y implanter son siège, dans une tour de 100 m, et 80 000 m2 de bureaux. La gare Eole se trouvera en partie sous la tour qu’elle va desservir directement. Nous sommes comaîtres d’ouvrage avec Vinci. Nous déposerons la demande de permis de construire prochainement. La tour devrait être construite en 2020, et nous arriverons en 2022. Autrement dit, nous arriverons dans un lieu dont la mutation urbaine sera déjà effective. Le changement du quartier des Groues ne sera pas achevé – il faudra dix ou quinze ans – mais il sera bien amorcé. De plus, notre gare aura une correspondance très performante avec celle de la ligne 15 du Grand Paris Express, correspondance que les habitants de Seine-aval utiliseront, par exemple, pour aller à Issy-les-Moulineaux. En 2022, quand la partie nouvelle d’Eole sera achevée, la mutation urbaine sera bien avancée aussi à la Porte Maillot dont nous venons de parler. Ce sera aussi le cas à la Défense. La tour Trinity y est en cours de construction. La construction des deux tours Sisters, le projet qui est finalement venu remplacer le projet de tour Phare, devrait suivre et créer de nouveaux flux.
VR&T. Si les mètres carrés sont loués…
X. G. Il y a aujourd’hui une forte pression sur les bureaux, à Paris et en toute première couronne. Les bureaux y sont réservés avant d’être construits. Nous avons rencontré des grands promoteurs et, pour eux, Eole est un argument fort, venu valider des options. Une desserte en transport en commun ne suffit pas pour s’implanter, il en faut au moins deux. Sans Eole, nous disent-ils, ils n’auraient pas autant investi à la Défense. Aussi, à la Défense, à la porte Maillot comme à Nanterre, le prolongement d’Eole ouvrira dans de nouveaux morceaux de ville qui fonctionneront déjà.
Propos recueillis par F. D
De nouvelles mesures du bruit sur les voies franciliennes
SNCF Réseau et Bruitparif ont signé un accord triennal fin mars pour étendre le réseau de mesure du bruit le long des voies ferrées franciliennes. 15 stations permanentes ainsi que des stations temporaires vont être déployées dans les trois prochaines années (en commençant au second trimestre 2017) pour suivre en temps réel les émissions sonores sur les secteurs identifiés comme étant stratégiques. Les mesures seront diffusées sur Internet (www.reseau.SNCF.bruitparif.fr).
Le réseau du Grand Paris Express déclaré d’utilité publique
Avec la Ligne 18 (35 km), déclarée d’utilité publique par décret en Conseil d’Etat le 28 mars, c’est l’intégralité du réseau Grand Paris Express (GPE), soit les 68 gares et les 200 km composant les lignes 14 Sud, 15 Sud, 15 Est, 15 Ouest, 16, 17 Nord et 18, qui est aujourd’hui validée. La Ligne 18 reliera la gare Aéroport d’Orly à celle de Versailles Chantiers en 30 minutes. 14 km de la Ligne seront aériens. Le viaduc et les 3 gares de ce tronçon ont été désignés comme
« emblématiques » et font l’objet d’une approche architecturale spécifique. Les opérations de génie civil sur la Ligne débuteront en 2018. Le tronçon entre les gares Aéroport d’Orly et CEA Saint-Aubin sera mis en service en 2024. Celui reliant la gare CEA Saint-Aubin à celle de Versailles Chantiers le sera en 2030.Keolis renouvelé à Quimper
Exploitant depuis plus de 30 ans à Quimper, Keolis a vu son contrat renouvelé le 31 mars. Représentant 12 millions d’euros par an, il s’étend jusqu’au 31 décembre 2023. Il porte sur la gestion et l’exploitation de la flotte de 53 véhicules urbains, majoritairement des bus fonctionnant au gaz naturel (GNV), ainsi que sur le service de location de vélos électriques VéloQUB. « Un projet de navette électrique en centre-ville de Quimper figure en option pour l’année 2018, précise la filiale de transport public de la SNCF. Keolis et Quimper Bretagne Occidentale travailleront en parallèle à la mise en place d’un nouveau réseau d’ici juillet 2018 afin de prendre en compte les évolutions urbaines du territoire », ajoute-t-elle. L’objectif d’une hausse de fréquentation de 14 % doit permettre au réseau de dépasser les six millions de voyages annuels en fin de contrat.
Doublement de la capacité du métro à Toulouse d’ici 2019
A partir d’avril 2017 vont démarrer les travaux qui permettront enfin à la ligne A du métro de Toulouse de faire rouler des rames de VAL de 52 mètres. Dans deux ans et demi, en septembre 2019, après trois étés d’interruption totale, elle pourra transporter les 245 000 voyageurs quotidiens annoncés pour le milieu de la prochaine décennie. Jusqu’à présent, cette ligne inaugurée en 1993, allongée en 2003, peinait à faire face à l’augmentation continue de son trafic et laissait une partie de ses 210 000 passagers quotidiens à quai aux heures de pointe.
Les quatre stations sous-dimensionnées, avec des quais de 26 mètres, seront allongées, impliquant des travaux délicats et complexes. L’ensemble des 18 stations seront aménagées, ainsi que le système VAL de gestion automatique de la ligne. Les flux voyageurs seront réorganisés au niveau de l’interconnexion avec la deuxième ligne. Les travaux coûteront 180 millions d’euros, dont 61 millions d’euros pour le génie civil, 66 millions euros pour le système VAL.
Tisséo a prévu d’importantes mesures d’accompagnement pour ces travaux : un médiateur sur le terrain, des réunions publiques avec les riverains et les commerçants, un site Internet et un numéro vert. Pendant les périodes d’interruption totale, deux lignes de bus verront leurs fréquences augmentées et leur amplitude calée sur les horaires du métro. Deux lignes de substitution seront mises en place, ainsi qu’une ligne pour les PMR et une navette entre le parking-relais de la station Argoulets sur la ligne A et le terminus de la ligne B. Une centaine de chauffeurs supplémentaires seront recrutés en CDD.
Catherine Sanson-Stern
Transdev retenu à Niort
L’agglomération du Niortais vient de choisir Transdev avec un contrat de délégation de services des mobilités de six ans, qui démarre dès le 1er avril. L'agglomération de 45 communes (118 000 habitants) deviendra, en septembre prochain, la première de cette importance à proposer un réseau en libre accès. Les élus avaient en effet voté, dès la fin 2015, pour la gratuité des transports collectifs et annoncé qu'ils la prévoieraient dans la future DSP. Le réseau Les Tan, qui était jusqu'alors géré par une Sem (avec Transdev) dévoilera le 5 mai son nouveau nom ainsi que sa charte graphique. Le contrat prévoit notamment que de nouvelles solutions douces et durables comme le covoiturage, le vélo et la marche soient développées. Transdev devra aussi proposer des solutions numériques avec une application mobile comprenant la géolocalisation en temps réel et favorisant l'intermodalité.

La Nouvelle-Aquitaine prépare son big-bang du rail
Pour s’adapter à la LGV qui sera mise en service à partir du 2 juillet, mettant Bordeaux à 2 heures 05 de Paris (contre 3 heures 15 aujourd’hui), le TER se réorganise : nouveaux horaires et nouvelle politique tarifaire sont au programme.
« 2017 va être déterminante pour l’avenir du ferroviaire dans notre région. L’arrivée de la LGV va structurer la nouvelle offre, avec des changements radicaux. C’est un travail de Romain pour harmoniser cette offre, revoir toutes les correspondances pour que ce gain d’une heure entre Bordeaux et Paris soit diffusé sur l’ensemble du territoire et réponde aux besoins des 53 000 passagers quotidiens des TER et de ses 16 500 abonnés. Les horaires vont changer pour les 700 circulations quotidiennes dans les 314 gares et haltes TER Nouvelle-Aquitaine. Une première vague d’affichage pour informer les usagers sera déployée lors du premier comité de ligne en avril », annonce Renaud Lagrave, vice-président de la région Nouvelle-Aquitaine chargé des Infrastructures et des Transports et des Mobilités. Il s’agit en effet d’un enjeu majeur pour la région. « L’axe rhodanien a tout eu, c’est notre tour, le tour de l’Atlantique », précise-t-il.La fusion des régions (Aquitaine, Limousin et Poitou-Charentes qui ont donné naissance à la Nouvelle-Aquitaine) passe aussi par l’harmonisation des tarifs dont la première phase a commencé. Le bilan sur les trois nouvelles offres « petits prix » mises en place est positif. L’offre Tribu pour concurrencer le covoiturage a séduit 329 000 voyageurs. Les forfaits Pass Océan vers la côte Atlantique ont connu une hausse de 15 % par rapport à 2015, et Fest’TER pour se rendre aux événements régionaux majeurs une hausse de 47 %.
Avant l’été, deux nouveaux tarifs vont être mis en place : un billet pour les moins de 28 ans voyageant occasionnellement et un tarif dédié aux groupes scolaires. La région ayant récupéré la compétence du transport interurbain et scolaire à partir du 1er septembre, elle prépare actuellement le schéma régional d’aménagement et de développement durable du territoire, avec la création d’un syndicat mixte de la mobilité.
« A l’heure de la COP21, des enjeux environnementaux, tout converge vers le même objectif : favoriser le déclic train. En tant qu’autorité organisatrice des transports régionaux de voyageurs en charge des dessertes et des gares TER, nous avons organisé 19 comités de ligne, ouverts aux usagers, pour recenser les besoins et répondre à leurs exigences », précise Renaud Lagrave. Il ne s’en cache pas : les débats promettent d’être animés. Car si la région a investi massivement, 485 milliards d’euros au total, principalement pour l’acquisition et la rénovation de rames, « ça rame côté SNCF » : « Pas un jour sans retard, limitations de vitesse… La baisse de fréquentation de 6 % en 2016 est scandaleuse, surréaliste ! Nous avons demandé à Patrick Jeantet, PDG de SNCF Réseau, un plan d’urgence d’investissement sur la Nouvelle-Aquitaine. La région verse des millions dans le cadre de la maintenance du réseau mais les résultats ne sont pas au rendez-vous », s’agace le président de la région. Qui a véritablement engagé un bras de fer avec la SNCF afin que les trains gagnent en régularité et soient plus fiables. Pour la région, « c’est un vrai choix d’avenir. Nous continuons à y croire ».
Bénédicte Chapard
Rénovation des rames d’Orlyval
Plus d’espace et de confort, c’est la promesse de RATP Dev qui a présenté le 22mars la première rame rénovée de la ligne Orlyval. Le programme de rénovation concernera le parc des huit rames qui circulent entre Antony et l’aéroport d’Orly. Avec 130voyageurs par train, la hausse de capacité est supérieure à 20%. Autres améliorations: l’accessibilité aux PMR, l’éclairage à LED et les aménagements intérieurs (sièges, bancs assis-debout, espace de circulation), l’info-voyageurs en temps réel sur les quais. A noter que depuis le 1erjanvier, à la demande du Stif, le service fonctionne jusqu’à 23h35 et la fréquence est renforcée avec un train toutes les cinq minutes à la pointe et 7minutes 30 le reste du temps.