Catégorie : Ferroviaire

Retrouvez toute l’actualité ferroviaire: lignes, matériels ferroviaires et l’actualité des constructeurs et des opérateurs en France et l’international.

  • Les voyageurs s’accommodent de la fraude

    Plus de la moitié des voyageurs (52 %) jugent la fraude « acceptable » dans les transports publics, selon l’observatoire de la mobilité 2016 présenté le 16 novembre par l’Union des transports publics. Ce résultat sonne comme une claque pour les opérateurs et les autorités organisatrices qui ont fait de la lutte contre la fraude une priorité.

    Certes, si on y regarde de plus près, les Français sont plus ou moins conciliants selon les circonstances : 64 % des personnes interrogées acceptent la fraude lorsque les bornes de paiement font défaut, 60 % lorsque le contrevenant a de trop faibles revenus, 32 % pour de courts trajets, 27 % lorsque le tarif est trop élevé.

    Tout un travail de sensibilisation reste donc à faire alors que la fraude représente, selon les opérateurs, un manque à gagner de 500 millions d’euros annuels et que les fraudeurs « ne sont pas forcément les plus démunis ».

  • A Grenoble, on peut acheter son ticket de tram à la banque

    Après l’utilisation du smartphone comme titre de transport, l’expérimentation du paiement du bus par carte bancaire sans contact, les Transports de l’agglomération grenobloise (TAG) proposent un nouveau service facilitant l’achat des titres de transports pour rendre l’accès aux transports en commun encore plus proche, plus simple, plus rapide… Depuis fin octobre, dix guichets automatiques de la Caisse d’Epargne Rhône-Alpes dans sept villes de l’agglomération grenobloise servent de canal de vente de titres de transport (abonnements, tickets dix ou 30 voyages et Visitag trois jours). Le service avait préalablement été testé en mai et une réflexion est en cours pour l’étendre à d’autres agences de ce réseau bancaire.

  • Les chemins de fer de la Corse affichent 50 % de hausse de fréquentation

    C’est la seule région de France dont les trains ne sont pas exploités par la SNCF. La Corse a pour habitude de se distinguer et depuis le 1er janvier 2012, ce n’est plus la compagnie ferroviaire historique mais une SEM détenue à 55 % par la collectivité territoriale de Corse (CTC) qui exploite les 232 km de voie métrique. Certes il s’agit d’un réseau secondaire qui est la propriété de la CTC. Mais ses performances étaient si peu reluisantes il y a cinq ans, alors que la SNCF y faisait rouler des autorails, que son nouvel exploitant, à mi-parcours de la DSP (2012-2021) juge aujourd’hui bon de faire le point. Et surtout de préciser que le trafic ne cesse de croître et que le train remplace peu à peu la voiture pour les Corses…

    « Sur les derniers mois nous enregistrons encore des hausses de fréquentation de 5 ou 10 % par rapport à 2015 et pour la deuxième année consécutive, nous dépassons le million de voyages annuels », souligne Baptiste Bartoli, directeur général de la SEM des Chemins de fer de la Corse (CFC). « Pour les touristes comme pour les pendulaires et les quelque 2 000 scolaires, le train devient une alternative à la voiture individuelle », estime-t-il. C’est principalement sur le périurbain de Bastia, sur les 22 km de ligne jusqu’à Casamozza que le trafic explose. La voie disposant de la commande centralisée, les 46 circulations quotidiennes du lundi au samedi constituent une offre réellement attractive avec grosso modo un train toutes les demi-heures. Aux 35 circulations périurbaines s’ajoutent en effet les 11 trains de la « grande ligne » Ajaccio – Bastia.

    Chaque jour ce sont quelque 3 000 à 4 000 personnes qui empruntent les autorails des CFC, et au total depuis 2011, la fréquentation enregistre 55 % de hausse, les recettes étant à +28 % par rapport à 2012. Bien sûr, l’offre est également supérieure de 40 % environ, les infrastructures sont dans un très bon état, la CTC ayant au préalable financé de grosses opérations de RVB dans les années 2000 et les 12 autorails récents AMG 800 des CFD de Bagnères-de-Bigorre (aujourd’hui Caf) ne tombent plus en panne…

    Mais la compagnie a réalisé un chiffre d’affaires de 5,1 millions d’euros en 2015 tout en maîtrisant le montant de la contribution forfaitaire de la collectivité autour de 20 millions d’euros par an. Une somme ridicule au regard des 48 millions par an qu’avait demandés la SNCF en 2011. Une somme qu’elle justifiait par la difficulté de supporter seule les risques financiers et sociaux inhérents au franchissement du seuil d’industrialisation nécessaire au renouveau du service. C’est ce montant qui avait poussé la CTC à créer une SEM, structure jugée la plus adaptée au vu des garanties qu’elle présente en matière de transparence. SEM dans laquelle SNCF Participations détient tout de même 15 %, en raison de sa compétence technique. Par ailleurs, depuis l’été 2013, SNCF Partenariat détient un contrat d’assistance technique de trois ans renouvelable une fois.

    La gamme tarifaire a enfin été revue en 2015 afin d’être plus incitative. Avec un abonnement mensuel coûtant de 30 à 86 euros selon les zones, des réductions pour les jeunes, les seniors, etc., les tarifs sont en effet raisonnables. Par ailleurs, la ponctualité des 72 trains en circulation chaque jour « avoisine les 90 % », poursuit Baptiste Bartoli. Les CFC utilisent 18 trains et desservent 16 gares et 60 haltes.

    Il s’agit maintenant de passer à la vitesse supérieure. Chantier le plus important qui doit s’achever à la fin 2021, la commande centralisée pour l’ensemble du réseau. « Le marché notifié le 24 octobre a retenu Systra pour l’assistance à maîtrise d’ouvrage, précise le directeur. La commande centralisée permettra de doubler les dessertes dans le périurbain d’Ajaccio et de faire passer de cinq à huit le nombre d’allers-retours quotidiens sur la ligne Ajaccio – Bastia, ou encore de doubler les circulation entre l’Ile-Rousse et Calvi de mai à septembre… »

    Pour cela il faudra du matériel supplémentaire et un cahier des charges doit prochainement être détaillé pour acquérir huit trains, probablement de type tram-train afin d’être adapté à une desserte urbaine. « Notre logique est de faire en sorte que le réseau ferroviaire devienne l’armature du transport public sur l’île », poursuit-il. La CTC et sa SEM travaillent actuellement à un schéma directeur des transports. « Nous comptons profiter de la loi Notre pour mieux coordonner les services avec les cars interurbains et favoriser les complémentarités. »

    Pour l’heure, un accord de partenariat a été signé en début d’année avec la communauté d’agglomération du Pays ajaccien (Capa), qui permet une utilisation réciproque des réseaux par les abonnés et a mené à la création d’un grand parc-relais à Mezzana. L’an prochain, un accord tarifaire du même genre devrait aboutir avec le secteur de Bastia. « Nous espérons encore accroître le trafic, affirme le directeur général. Mais ne faisons pas de triomphalisme car nous sommes partis de tellement loin… » L’expérience peut donner à réfléchir à l’aube de l’ouverture à la concurrence des trains régionaux…

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  • Bernard Roman veut donner une nouvelle impulsion à l’Arafer

    Un peu plus de trois mois après son arrivée à la tête de l’Arafer, Bernard Roman a présenté le 7 novembre sa vision sur le rôle qu’il entend faire jouer au gendarme du secteur ferroviaire et routier Le successeur de Pierre Cardo a insisté sur sa volonté de donner une nouvelle impulsion à l’Arafer en ouvrant largement le dialogue avec l’ensemble des acteurs concernés et en éclairant les grands débats publics à venir.

    Première concrétisation, l’Arafer va publier prochainement une étude sur l’ouverture à la concurrence dans le secteur ferroviaire et organiser un colloque sur ce thème au printemps prochain. « J'ai conscience, a-t-il déclaré lors de sa première rencontre avec la presse, que certaines questions seront sensibles, qu'il s'agisse des personnels ou de l'évolution des structures. » Car, selon lui, « certains principes issus de la réforme ferroviaire restent aujourd'hui peu compatibles avec un fonctionnement concurrentiel du secteur. Je pense par exemple à la gestion des gares, simple direction autonome au sein de SNCF Mobilités, ou au statut d’Epic de SNCF Mobilités, qui pourrait être regardé comme constitutif d'une aide d'Etat dès lors que cet établissement bénéficie de la garantie implicite de l’Etat et interviendra pleinement dans un secteur concurrentiel ». La solution proposée par les députés Gilles Savary et Bertrand Pancher de transformer SNCF Mobilités en société anonyme à capitaux publics lui paraît ainsi tout à fait « envisageable ».
    L’ancien député socialiste du Nord (il a démissionné de son mandat pour devenir président de l’Arafer) a également annoncé qu’un rapport sur l’action du régulateur ferroviaire serait publié au printemps 2017, « à l’instar du rapport sur le transport routier de voyageurs ». Il souhaite aussi que la tarification du réseau soit réformée : trop ancienne, elle a été conçue en 2008, rappelle-t-il. « Les évolutions annuelles successives ont été faites selon des logiques essentiellement budgétaires (augmenter les recettes de SNCF Réseau) avec pour conséquences une perte progressive de lisibilité et une prévisibilité très imparfaite pour les opérateurs », souligne le nouveau patron de l’Arafer. De plus, selon lui, cette tarification n’est pas conforme aux principes européens de tarification. Et il rappelle qu’en septembre dernier, l’Autorité a publié le document de référence du réseau 2018, incluant une proposition de réforme.

    Après la consultation publique, qui doit durer deux mois, et un dialogue « poussé » avec SNCF Réseau, le conseil d’administration du gestionnaire d’infrastructures devra se prononcer le 30 novembre sur ce projet. Reste que ce qui est envisagé ne répond pas à toutes les questions posées par l’autorité, notamment celle portant sur les majorations tarifaires proposées pour les TGV.

    Bernard Roman ne comprend pas non plus pourquoi la couverture du coût direct fait l’objet d’une tarification au train-km et non pas à la tonne-km qui permettrait de rémunérer le phénomène d’usure de la voie. « Plus un train est lourd, plus il use la voie », rappelle-t-il.

    L’Arafer, chargé de valider les principes de tarification, a demandé à SNCF Réseau de travailler davantage sur ces questions. De même, elle réclame la refonte de la tarification des gares. « Le principe de tarification essentiellement basé sur une logique de couverture des coûts est en effet inadapté à une régulation efficace des gares de voyageurs. Il convient d’évoluer vers une régulation pluriannuelle plus incitative », estime-t-elle.

    Tout cela dans un esprit de « coconstruction » car si Bernard Roman affirme se situer « dans la ligne » de son prédécesseur en matière d’indépendance et salue le travail réalisé, il tient à « ajouter une petite donnée personnelle : l'indépendance n'exclut pas le dialogue. »

    M.-H. P

  • Rome renonce à prolonger son métro

    Le conseil municipal de Rome a voté le 4 novembre l'arrêt du financement de la troisième ligne du métro de la ville, mettant un terme à un projet qui a pris des années de retard, dont les coûts se sont envolés et qui est entaché de scandales de corruption. Le Mouvement 5 Etoiles (M5S) qui a remporté les élections municipales de juin, a expliqué qu'il ne pouvait plus justifier les dépenses publiques liées au projet. Il affirme qu'il va étudier d'autres solutions répondant aux besoins de transport de la capitale italienne. La ligne C du métro dont le premier tronçon a été inauguré en 2014 devrait donc aller seulement jusqu'au Colisée (trois stations doivent être ouvertes d'ici à 2020) au lieu d'aller jusqu'au centre-ville. La phase suivante, qui prévoyait 14 stations supplémentaires jusqu'au Vatican et au-delà, est donc abandonnée. Alors que les promoteurs du projet initial prévoyaient un trafic allant jusqu'à 600 000 personnes par jour, la ligne n'en transporte aujourd'hui que 50 000. Et alors que le coût de construction des 24 stations jusqu'au Colisée avait été chiffré à 2,23 milliards d'euros, la facture est désormais estimée à 3,7 milliards.

  • Baisse de 10 % du trafic d’Eurostar

    Le nombre de passagers transportés par Eurostar a reculé de 10 % au troisième trimestre 2016 (à 2,6 millions de passagers) comparé à la même période de l’année précédente. La compagnie transmanche affirme toutefois, dans un communiqué, avoir enregistré ces dernières semaines « des signes de reprise », avec l’augmentation de la fréquentation des voyages depuis la France vers Londres durant les vacances de la Toussaint. Nicolas Petrovic, le directeur général, estime que l’ouverture, à la fin de l’année, de la nouvelle route Londres – Amsterdam représente « une opportunité de croissance significative pour l’avenir ».

     

  • Gratuité pour la police dans les TER de Rhône-Alpes

    La région a décidé d’accorder la gratuité des TER aux policiers et gendarmes, une demande formulée de longue date par le syndicat de police Alliance : « quand on est flic, on l’est du matin au soir », a rappelé son secrétaire régional, Pierre Tholly, tandis que Laurent Wauquiez, président de la région, se félicitait qu’un maximum de personnels, désormais autorisés à être armés hors service, empruntent les TER : « une présence accrue et armée offrira plus de sécurité aux voyageurs ». Après Provence-Alpes-Côte d’Azur, le dispositif régional sous forme de carte annuelle gratuite sera présenté en séance plénière à Lyon le 17 novembre et devrait représenter un coût de 500 000 euros par an. L’opposition a dénoncé « un énième coup de com’ cher et inefficace ».

    C. F.

  • La RATP en mauvaise posture pour le tram de Manchester

    RATP Dev devrait perdre le contrat d’opérateur du tramway de Manchester. Le groupe français exploite depuis 2011 le réseau Metrolink, d'une quarantaine de kilomètres. Le groupe avait alors acheté auprès de Stagecoach la société chargée d'exploiter et de maintenir le réseau Metrolink, à partir de 2007 et jusqu'en 2017. L'an dernier, Transport for Greater Manchester (TfGM), l'autorité organisatrice, avait « short-listé » parmi les candidats au futur contrat (2017-2027), RATP Dev, ainsi que KeolisAmey, National Express et Transdev. Un nouveau match mettant aux prises les trois mousquetaires français du transport public, sans oublier un quatrième, le britannique National Express. Cependant, un rapport de la chambre de commerce de Manchester, publié vendredi 28 octobre, a indiqué que RATP Dev n’était « plus preferred bidder ». Le processus de désignation du preferred bidder est aujourd’hui en cours, a précisé un porte-parole de TfGM au Manchester Evening News. Mais aucune décision n’a encore été arrêtée.

    La RATP, que nous avons contactée, confirme que « RATP Dev n’a pas été retenue comme soumissionnaire privilégié ("preferred bidder") pour l’exploitation du réseau Metrolink de Manchester ». Et précise : « Nous sommes bien évidemment très déçus par cette décision qui intervient alors que le savoir-faire de nos équipes sur place a été de nouveau récompensé par le titre d'“Opérateur de l’année” au Global Light Rail Awards en octobre 2016, et ce pour la deuxième fois en trois ans. Opérateur de Metrolink depuis août 2011, RATP Dev a triplé le réseau, modernisé la flotte de tramway et fait croître fortement la fréquentation et satisfaction des voyageurs. Aujourd’hui nous étudions les raisons qui ont pu motiver cette décision et nous évaluons en parallèle les différentes options qui s’ouvrent à nous. »
    F. D.

     

  • RER 2N NG : t’es cap ou t’es pas cap ?

    Laurent Bouyer, le président de Bombardier Transport France, reconnaissait avant l’été que le consortium Alstom-Bombardier n’était pas favori, face à CAF, dans la bataille pour le RER 2N NG. L’affaire de Belfort intervenue depuis, rend « politiquement impossible » l’attribution du marché à CAF, déplorait un élu francilen au fait des dossiers. Juridiquement c’est une autre affaire. Comment s’en sortir si l’instruction du dossier penche pour CAF ? De très bonne source, on fait état d’une solution apparemment ingénieuse, non confirmée cependant par la SNCF. La SNCF, extrêmement embarrassée, aurait demandé en septembre un audit sur les capacités de production de CAF d’un côté, d’Alstom-Bombardier de l’autre. Type de renseignement qu’on prend en général en amont… Remettre la question sur le tapis apparaît lourd d’intention.

    L’interrogation sur les capacités de production est d’ailleurs devenue récurrente. On l’a entendue le 17 octobre, à Crespin, site de Bombardier des Hauts-de-France, lors de la livraison de la 100e rame Regio 2N à la région. Xavier Bertrand, président des Hauts-de-France, veut être « l’avocat » et « le VRP » du savoir faire régional, incarné par les sites valenciennois d’Alstom et de Bombardier. Il a mis en doute la capacité de CAF à construire le RER 2N NG s’il l’emporte face au consortium des deux constructeurs. Laurent Bouyer a évoqué, en ce cas, une « catastrophe pour la filière ferroviaire française ». Et a mis aussi en doute la capacité de CAF. Face à un « niveau de cadence industrielle inégalée […], seul un groupement comme Alstom et Bombardier peut livrer l’équivalent de 70 trains par an », estime-t-il.

    Alors, CAF ? Cap ou pas cap ? Alstom (1 220 personnes à Petite-Forêt) avec Bombardier (2 000 personnes à Crespin) ont des capacités énormes (et menacées) dans le Nord, quand CAF a une centaine de personnes à Bagnères-de-Bigorre.

    Francis Nakache, DG de CAF France, réagit à ces discours : « Je ne peux laisser mettre en doute la capacité de CAF. » Il rappelle d’une part l’important effort d’investissement prévu sur le site pyrénéen comme en Ile-de-France, en cas de victoire. Tout en précisant : « Nous n’avons jamais caché que nos capacités de production espagnoles seront mises à contribution. »

    De quoi faire frémir les tenants de la préférence nationale. Légitimité en deçà des Pyrénées, horreur au-delà ? Francis Nakache rappelle qu’il y a des règles. « La préférence nationale n’est pas à prendre en ligne de compte dans les appels d’offre européens. » L’Espagne, d’ailleurs, fait respecter ces règles, plaide-t-il : « L’appel d’offre lancé pour la grande vitesse a été cassé, justement parce qu’il comportait une disposition de préférence nationale… »

    Mais s’il est juridiquement incontestable, que vaut politiquement le discours de Francis Nakache, après Belfort, avant la présidentielle ?

    Quoi qu’il en soit la façon dont la SNCF a conduit le marché laisse dubitatif. Un premier appel d’offre infructueux, sous la pression de certains industriels, un second arrêté à mi-chemin, un troisième qui se dénoue dans la tourmente… Des observateurs regrettent que la SNCF, traumatisée par la mise en service du Francilien, ait tenté de se prémunir de toute déconvenue par le système très étonnant de plus de 4 000 conditions dites F0 (ou flexibilité zéro), dont chacune est éliminatoire si on n’y satisfait pas. Sans avoir, ajoutent-ils, les moyens de bien s’assurer des réponses. Quoi qu’il en soit l’appel d’offres est en cours depuis quatre ans. Cela va finir par devenir embêtant, alors que l’Ile-de-France – les voyageurs comme Valérie Pécresse – veulent avoir, vite, des trains modernes et qui marchent bien.

    F. D.

  • Forfait jour : la SNCF veut encadrer son encadrement

    Pour ceux de ses salariés qui n’ont pas d’horaires fixes, ceux qui ne sont actuellement pas « soumis à tableau de service », la SNCF veut aujourd’hui une autonomie plus grande mais balisée par la signature avec chacun d’un contrat individuel. Avec un temps de travail compté en total de jours travaillés et pour un salaire forfaitaire. Les premières négociations ont commencé. De nouvelles tables rondes sont programmées ce mercredi 26 octobre et le 7 novembre. La SNCF souhaite aller très vite et le mettre en place dès mi-décembre.

    Une précipitation que dénoncent les syndicats. Qui demandent avant toute chose que soit précisé le périmètre des personnels concernés et évaluées leurs charges de travail et leurs horaires actuels. Un vrai casse tête, reconnaissent d’emblée tous les protagonistes, quand on sait que l’actuelle organisation régionale recouvre d’importantes disparités d’organisation et de traitement des salariés. Notamment en termes d’heures supplémentaires payées ou non, voire compensées en congés.

    Pour éclaircir les choses la direction comme le CCE ont chacun demandé une étude d’évaluation.

    Selon des chiffres avancés en mai par la direction le forfait pourrait concerner quelque 30 000 salariés. Des cadres de terrain et de direction mais aussi de nombreux agents de maîtrise. Et selon les métiers parfois même du personnel d’exécution.

    En juin, elle évoquait la possibilité de proposer 205 jours pour les emplois de terrain (avec 18 RTT). Et 214 jours pour l’encadrement qui travaille dans les directions.

    SUD-Rail rejette en bloc la mise en place du forfait jours y voyant trop de « risques de dérives ». L’UFCM CGT accuse la direction de vouloir obtenir « des heures supplémentaires gratuites » pour tous, « une réduction des jours de repos et l’absence de limites horaires quotidiennes ».

    Pour Benoît Vienne, secrétaire général de l’Unsa Ferroviaire, « ce contrat individuel ne fonctionnera que si la direction accepte un nouveau mode de management beaucoup plus participatif. Les moyens organisationnels qui font aussi actuellement défaut doivent suivre. Il doit se traduire par un véritable équilibre, poser de véritables bornes entre travail et repos. Et comporter une clause de revoyure et la possibilité d’y renoncer pour le salarié sans voir son emploi remis en cause ». Même exigence de la CFDT Cheminots. Pour son secrétaire général, Didier Aubert, « un suivi médical annuel devra aussi permettre d’évaluer l’impact de la nouvelle organisation sur l’équilibre et la santé de chacun. Le nouveau régime ne doit pas être dérogatoire aux 35 heures et à la durée annuelle du travail. »

    Se pose enfin la question de la compensation salariale. Selon Benoît Vienne la direction proposerait 0, 9 % d’augmentation. A comparer avec les 3,5 à 4 % que cette organisation entraîne dans d’autres entreprises.

    Rappelons que ces nouvelles discussions sont la déclinaison de l’accord sur l’organisation du travail au sein du nouveau groupe public ferroviaire qui avait déclenché un conflit social de près de deux semaines en juin. Et abouti à un accord global plutôt favorable aux salariés reconduisant quasiment le fameux RH 0077 en vigueur dans « l’ancienne » SNCF.

    Aujourd’hui, l’entreprise l’a annoncé, elle recherche tous azimuts jusqu’à 20 % d’économies d’ici 2020. Et il ne fait pas de doute explique un négociateur que le forfait jours lui paraît permettre « d’améliorer la productivité sans dépenser plus ».

    Chantal Blandin