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Catégorie : Ferroviaire
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Roissy – Picardie : le Val-d’Oise contre la Picardie
La commission particulière du débat public sur la liaison Roissy – Picardie a dressé le 23 septembre un bilan des réunions qui ont eu lieu entre le 14 avril et le 31 juillet Quelque 2 300 personnes ont participé au débat qui a vu les Picards s’opposer aux habitants du Val-d’Oise sur ce projet qui consiste à créer un barreau de 7 à 10 km au nord-est du Val-d’Oise, entre le réseau TGV de Roissy et la ligne classique Paris – Creil – Amiens.
« L’infrastructure est très attendue en Picardie, où il y a une quasi-unanimité des habitants, des élus, du monde économique… Les Picards, qui au fond connaissaient mal le projet il y a six mois, ont montré leur volonté forte qu’il soit réalisé », estime Claude Bernet, le président de la commission particulière.
Le projet doit permettre de rapprocher une large partie de la Picardie du réseau de lignes à grande vitesse. Entre les métropoles régionales et l’aéroport de Roissy, les temps de parcours pourraient être abaissés de 30 minutes en moyenne. Selon Claude Bernet, il a fallu simplement rassurer les habitants de Saint-Quentin, qui s’inquiétaient du sort de la gare Picardie, plus connue sous son surnom de « gare des Betteraves ». Ce qu’a fait la SNCF en assurant qu’elle ne serait pas remise en cause.
Côté Val-d’Oise, les élus se sont livrés à un tir nourri contre le Roissy – Picardie, qui menacerait selon eux un projet prioritaire à leurs yeux : la liaison entre les lignes B et D du RER, baptisée barreau de Gonesse, évoquée de longue date, mais qui n’avance pas. Les deux projets, desservant tous les deux l’aéroport de Roissy, seraient en concurrence, l’un desservant la plateforme par le nord, l’autre par le sud.
Jean-Vincent Placé, élu (Verts) chargé des Transports au conseil régional d’Ile-de-France, est venu affirmer que les deux projets étaient prioritaires aux yeux de la région. Il a assuré que les études du barreau de Gonesse devraient être achevées en 2013 pour que les travaux puissent être réalisés au prochain contrat de plan État-région, vers 2017 au plus tard. « Cette intervention a atténué les débats », relate Claude Bernet.
Sur fond de divergences, le débat a également porté sur le choix du tracé. Trois options étaient proposées pour la liaison Roissy – Picardie. Les Picards ont d’abord manifesté une préférence marquée pour le passage central car il leur semblait plus respectueux de l’environnement, plus court, et beaucoup moins cher. Mais il a été évidemment rejeté par les Valdoisiens et critiqué par des associations de défense de l’environnement, explique la commission particulière du débat public sur son site. « Au fur et à mesure, l’option sud a été soutenue par un nombre croissant d’intervenants », peut-on y lire. Quant à l’option au nord, elle semble définitivement écartée.
Certains intervenants se sont aussi interrogé sur les capacités d’accueil d’un trafic de type banlieue dans la gare TGV de Roissy. « Une fois arrivés à la gare de Roissy, comment les voyageurs rejoindront-ils leur lieu de travail sur ce site très dispersé ? », s’interroge Claude Bernet. Autant de questions auxquelles devra répondre le maître d’ouvrage, Réseau ferré de France, qui dispose de trois mois pour le faire.
Marie-Hélène POINGT

16 % de parts modales pour le fret ferroviaire en 2020 serait déjà un beau succès
Le Conseil général de l'environnement et du développement durable a publié en septembre un rapport sur l'évolution du fret ferroviaire dans dix ans. Relance du transport combiné, mise en place de trains longs et « méga-hubs » au programme. Le Conseil général de l’environnement et du développement durable (CGEDD) révise à la baisse ce que pourraient être les ambitions gouvernementales en matière de report modal : si le fret ferroviaire et fluvial, qui représentait 12,6 % de parts de marché en 2006, parvenait à en capter 16 à 17 % en 2020, « ce serait déjà un très beau succès », affirme-t-il dans un rapport sur « l’évolution du fret terrestre à l’horizon de dix ans », publié le 23 septembre. L’objectif fixé dans le cadre du Grenelle de l’environnement, qui évoque une part de 25 %, paraît quasiment impossible à tenir.
Cette révision à la baisse n’en demeure pas moins difficile à atteindre. Le CGEDD, placé sous l’autorité du ministre de l’Ecologie, avec la mission d’informer et de conseiller les pouvoirs publics, rappelle que Fret SNCF a fait le choix de réduire fortement le wagon isolé pour tenter de retrouver l’équilibre. Cette activité génère aujourd’hui l’essentiel de ses pertes. « Le plan actuel consiste à se replier sur 200-250 000 wagons, soit environ 40 % des 550 000 wagons (référence 2008), avec à la clé bien des inconnus », écrivent les deux auteurs du rapport, Alain Gille et René Genevois. D’où l’inquiétude des chargeurs, dont le système actuel de production est très dépendant du ferroviaire.
Actuellement, Fret SNCF met au point un nouveau produit, le « multilot/multiclient », basé sur une réorganisation dans l’acheminement des wagons, qui doivent représenter des flux suffisants pour constituer des trains. « Sans saut majeur » de productivité, le succès ne sera pas au rendez-vous, prévient le CGEDD. C’est l’un des points faibles de tous les opérateurs historiques, y compris en Allemagne, rappelle-t-il, en précisant que « les progrès réalisés par la DB sont bien supérieurs à ceux de la SNCF ». Le rapport estime que « l’amélioration de la productivité passe indubitablement par une recherche de polyvalence : tant que les trafics n’ont pas atteint un seuil suffisant, la spécialisation des emplois, qui présente d’autres avantages, ne peut permettre d’assurer la pleine occupation des équipes ». Selon eux, « une autonomie du fret par rapport aux voyageurs » permettrait aussi d’être plus compétitif.
Plusieurs tentatives pour aller dans ce sens ont échoué. Luc Nadal, l’ancien directeur du fret, avait ainsi essayé de mettre en place un pool de conducteurs fret. Sans succès. Au final, plusieurs plans fret et quatre directeurs successifs en sept ans ont rendu « la stratégie fret hésitante, peu lisible », juge le rapport.
Seule la stratégie fret/logistique de développement à l’international paraît claire. C’est par exemple l’acquisition de Veolia Cargo (hors activités France) en 2009. « Parallèlement, on observe une stratégie défensive ou préventive de consolidation des participations et positionnements en France pour mieux contrôler ou surveiller le marché et les initiatives nouvelles (contrôle de Novatrans, entrée souhaitée dans Lorry Rail ou dans des projets, même modestes, d’opérateurs ferroviaires de proximité…), et freiner autant que possible l’avancée de concurrents ferroviaires en France. »
Le CGEDD évoque plusieurs pistes pour enclencher une nouvelle dynamique, la plupart ayant déjà été retenues en 2009 par le gouvernement dans le cadre de l’engagement national pour le fret ferroviaire. Mais il ajoute quelques conditions, gages de leur réussite à ses yeux. La relance du transport combiné en fait partie, d’autant plus que cette activité a souffert de la refonte des plans de transport de la SNCF et de la réduction du nombre de terminaux ouverts. « A court terme, seul un allongement des trains par couplage devrait permettre une amélioration de compétitivité et ouvrir de nouveaux marchés », indique le rapport.
Quant aux autoroutes ferroviaires, souvent citées comme exemples de renouveau, elles doivent encore faire leurs preuves. « Leur développement sera sans doute limité dans les dix prochaines années », juge le CGEDD. « Mais il peut être prometteur à long terme, en particulier sur les grands itinéraires Nord – Sud et pour reporter sur le fer l’important transit routier provenant de la péninsule ibérique. » Pour améliorer l’efficacité, le rapport se prononce sur la mise en place de nouveaux terminaux et plates-formes multimodales. Il faudrait créer ou développer, explique-t-il, des « méga-hubs » ou des « villages de fret », ou encore des « villages multimodaux regroupant les trois fonctions : terminal ferroviaire multi-activité et triage, terminal multimodal et plateforme logistique ». Des études sur des projets de ce type sont menées en Allemagne (un près de Hanovre, un autre vers Ludwigshafen) et en Italie (Bologne). « Certains imaginent en France trois méga-hubs, un en Ile-de-France, un dans l’Est, un à Lyon ou à Dijon), accompagnés d’une douzaine de terminaux stricto sensu répartis au mieux sur le territoire pour assurer l’assemblage des trains ou coupons de wagons et l’interface avec la route », rappellent les auteurs, qui souhaitent que des études soient aussi lancées en France.Double débat express autour d’Arc Express et de la Double boucle
La Commission nationale du débat public et deux commissions particulières vont mener « conjointement » le débat sur deux projets un peu complémentaires et largement concurrents. Cinquante-cinq réunions sont prévues pour le projet du Grand Paris, une vingtaine sur le projet Arc Express. C’est un exercice ubuesque auquel vont se livrer pendant quatre mois, à partir d’une première réunion commune le 30 septembre, la Commission nationale du débat public (CNDP) et deux commissions particulières. Mener « conjointement » (dit la loi) le débat sur deux projets un peu complémentaires et largement concurrents. Cinquante-cinq réunions sont prévues pour le projet du Grand Paris. Une vingtaine sur le projet Arc Express. Travail stupéfiant, puisqu’il va s’agir de discuter, en public et dans le détail, de deux projets appelés à fusionner. Le ministre de l’Espace rural et de l’aménagement du territoire, Michel Mercier, qui a hérité du portefeuille du Grand Paris depuis la démission de Christian Blanc, l’a dit : il faut parvenir à une synthèse.
Logiquement aberrante, la solution était politiquement la seule jouable. Rappelons les épisodes précédents de la bataille entre les deux projets, celui de la région et celui de l’État : Christian Blanc voulait confier l’organisation d’un débat sur le projet de Double boucle au préfet de région. La Commission nationale du débat public, autorité indépendante présidée par Philippe Deslandes, s’en était étonnée, et avait eu gain de cause. Puis, lors de la discussion de la loi sur le Grand Paris, un amendement sénatorial avait prévu, comme le dit Jean-Luc Mathieu, président de la CPDP Arc Express, de « tordre le cou » au projet Arc Express, stipulant que le débat sur le projet « n’aurait pas lieu ». L’amendement a été retoqué en commission mixte paritaire, le rapporteur de la loi à l’Assemblée, Yves Albarello, ayant trouvé la porte de sortie, qui préservait Arc Express, et ouvrait la voie à la Double boucle : le débat conjoint.
Problème : la CNDP ne pouvant pas se prononcer sur le fond des projets, elle ne peut préparer qu’à la marge la synthèse à laquelle on travaille, à la Datar ou au conseil régional. Les réunions communes aux deux projets permettront, on l’espère, de ne pas trop perdre son temps. On y a « beaucoup travaillé », assure François Leblond, président de la CPDP Grand Paris, qui se dit plus « pour la paix que pour la guerre entre les deux projets ». Et, comme dit Philippe Deslandes, les commissions sauront « cueillir les propositions de synthèse » qui ne manqueront pas de surgir lors des débats. On attend la contribution de Gilles Carrez, auteur d’un rapport sur le financement des infrastructures du Grand Paris. Partisan du phasage du métro automatique, contre l’avis de Christian Blanc, extrêmement dubitatif sur les hypothèses de financement pour la Double boucle, le rapporteur du budget apparaît comme l’un des sages de ce dossier.
La question va être d’autant plus complexe que la gouvernance du projet de Grand Paris n’est pas calée. Marc Véron, nommé président du directoire de la Société du Grand Paris, le 24 septembre, n’entend pas que la SGP se cantonne au métro. Le préfet de région, Daniel Canepa, fait état d’une lettre de Michel Mercier lui confiant le dossier de l’aménagement autour des gares. Avantage à Daniel Canepa ? Mais alors que le préfet a fait part, le 21 septembre, de ses doutes sur la nécessité de réaliser tout de suite le métro jusqu’à Saclay, Nicolas Sarkozy, le 24 septembre, a tranché et maintenu le métro…
Le projet TGV fret au départ de Roissy est reporté
Le projet de lancer un TGV fret pour relier les grandes plateformes aéroportuaires européennes est reporté, selon Fedex, l’un des promoteurs de ce projet. « Ce projet est un peu endormi aujourd’hui. Il pourrait redémarrer à l’horizon 2015-2016-2017 », a estimé Alain Chaillé, le vice-président régional Europe du Sud du groupe américain, qui s’exprimait le 1er octobre devant l’Association des journalistes professionnels de l’aéronautique et de l’espace. Selon lui, « à l’avenir, l’intermodalité a du sens ». L’idée de relier des plateformes avait été lancée il y a quatre ans par l’association Carex. Entre-temps, la crise est passée par là. Or le projet est onéreux. Il nécessite une dizaine de trains spécialement conçus pour transporter des conteneurs d’avions, qui ne pourront être commandés que si les flux sont suffisants pour les rentabiliser.
Le groupe Soufflet s?engage sur le rail
RFF a signé le 28 septembre un accord de partenariat avec le groupe Soufflet. Ce contrat porte sur une douzaine de lignes ferroviaires desservant les sites du groupe spécialisé dans le négoce et la transformation de céréales. Il prévoit que RFF rénove certaines liaisons desservant les silos de l’industriel. En contrepartie, celui-ci s’engage à garantir un volume de trafic minimal sur les lignes réhabilitées. Un comité de pilotage commun aux deux entreprises supervisera la mise en œuvre du partenariat conclu pour une durée indéterminée.
Le groupe Soufflet, expert des filières blé et orge, est le premier collecteur privé français de céréales avec plus de 3 millions de tonnes de céréales collectées en France et près de 1 million de tonnes à l’international. Grâce à cet accord, il compte développer le transport de marchandises par la voie ferrée, notamment en direction des pays européens voisins.
Jean Germain, maire (PS) de Tours : « Les vents sont porteurs »
VR&T : Pourquoi vous êtes-vous lancé dans l’aventure du tramway à Tours ? VR&T : Pourquoi vous êtes-vous lancé dans l’aventure du tramway à Tours ?
Jean Germain : Pourquoiun tramway à Tours ? L’agglomération de Tours fait environ 300 000 habitants. Elle est dans les douze plus grandes agglomérations de France. Pour tout le monde – en tout cas pour tous ceux qui s’occupent de transports –, le tramway s’avère faisable dans une agglomération de cette taille. Et moi je dirais nécessaire ! On a une structure des déplacements qui est tout à fait favorable, puisqu’il y a un axe majeur entre le nord de Tours et Joué-lès-Tours. Tours est une ville ferroviaire, avec une longue tradition de carrefour, ce qui rend aussi logique le choix du tramway sur fer. On sait que l’on sera au-delà de 60 000 personnes par jour. Et en disant 60 000, je suis sûr de ne pas me tromper ! Et puis, il n’y a pas que les problèmes de transport, il y a aussi des aspects environnementaux : la qualité de la vie est un sujet important, et permettre aux gens de mieux se déplacer à des tarifs corrects et sans émission de CO2 dans l’atmosphère paraît une évidence. Evidemment, on peut se demander si c’est une mode ou une nécessité… Pour faire un parallèle un peu osé, il y a beaucoup de manifestations contre la façon dont on veut régler le problème des retraites. Nicolas Sarkozy vous dira que c’est une mode, les syndicalistes vous diront que c’est une nécessité… Et moi, je ferai la même réponse pour un tramway : c’est une nécessité. De plus, je m’appuie sur le résultat des élections municipales. Le tramway avait été au coeur du débat. En face de nous, la liste opposée était farouchement contre, et nous avons fait plus de 62 % ! Je vois bien le rendu de l’enquête publique. Je laisserai bien sûr le président de la commission s’exprimer là-dessus, mais j’en ai les résultats – ils sont connus – et je les regarde. Il peut y avoir des choses qui ne plaisent pas, bien sûr ! Mais je remarque que ce sont surtout les opposants qui se déplacent pour ce genre d’enquête. Or, on a plus de 72 % des gens qui se déclarent favorables au tramway et à son tracé.VR&T : Tout demême, en comparaison d’autres villes, vous avez pris votre temps pour faire ce tram…
J. G. : La ville de Tours a été longtemps isolée, puisque l’agglomération ne s’est créée qu’en 2000. Le tramway est un projet fédérateur, qui ne peut pas se lancer dans une seule ville. Et au-delà de la première ligne, on a le projet de la seconde ligne, on a le projet de l’étoile ferroviaire et du tram-train… Ce sont des choses qui se discutent à plusieurs. C’est l’avenir de l’agglo pour les vingt ans qui viennent qui est en jeu, ça mérite qu’on prenne un peu de temps. Et puis, nous souhaitions sur une grande partie de la ligne avoir une alimentation électrique qui ne soit pas par ligne aérienne, et je vais lier ça à la question du design : Tours est une ville qui est à la fois ville d’art et d’histoire, ville patrimoine mondial, ville qui a un des plus grands secteurs sauvegardés de France, la partie de la Loire qui traverse la ville est classée Natura 2000…C’est quelque chose qui est remarquable du point de vue du patrimoine, qu’il soit construit ou naturel ! Le tourisme est une industrie que nous ne négligeons pas, puisqu’il est pourvoyeur à la fois d’attractivité, d’emplois et de revenus importants.
Les plus grands peintres, les plus grands romanciers, les cinéastes ont célébré cette percée de Tours qui va depuis la Tranchée jusqu’à la place Jean-Jaurès, qui est la nouvelle perspective de la ville (l’ancienne étant sur un axe est-ouest qui va de la cathédrale à la basilique Saint-Martin). Il fallait préserver cette perspective. Il n’y a pas eu de discussion là-dessus, ça s’est fait très rapidement au sein du Sitcat, le syndicat qui gère les transports. Ça a été décidé à l’unanimité, personne ne voulait modifier la perspective monumentale. Nous avons été dans un certain nombre de villes, et nous avons vu que l’on pouvait se passer de lignes aériennes et qu’on n’en était plus au stade de l’expérimentation.VR&T : Et donc, le choix de Tours pour effacer les lignes aériennes ?
J. G. : Ça sera l’alimentation par le sol qui sera adoptée. Nous signons avec Alstom. Et l’APS ira jusqu’à la gare, parce que nous avons eu des tarifs corrects. Nous avions fixé une base de 76 millions d’euros hors taxes sans l’accès à la gare, et là, nous sommes à 73,2 millions avec. Les circonstances économiques du moment et la concurrence ont fait baisser les prix de façon significative.VR&T : Le projet fait la part belle au design…
J. G. : Le design, c’est un élément d’attractivité. Tours est une ville connue dans la région des châteaux de la Loire, qui est au patrimoine mondial. On peut le dire, nous souhaitons que notre tramway soit une attraction ! Nous avons demandé à des artistes reconnus et à un designer de travailler là-dessus, et sur le design du tramway lui-même. Pour que ce soit un objet dont on parle, qui soit attractif, et puis que depuis ce tramway il puisse y avoir un rayonnement artistique et culturel. Daniel Buren va nous aider : il nous a fait un projet sur les traversées de la ville qui est très intéressant. Il y a aussi un aspect de mise en lumière remarquable. Régine Charvet-Pello a obtenu le marché du design du tramway. Elle est aussi votre adjointe à la mairie de Tours.VR&T : Elle était la meilleure ?
J. G. : Oui, elle était la meilleure. La question ne se pose même pas ! Elle a une certaine réputation en la matière. Et il ne faut pas se priver du savoir-faire des entrepreneurs locaux par principe.VR&T : Vous avez demandé de l’argent à l’Etat dans le cadre du deuxième appel à projets pour les transports en commun de province ?
J. G. : Pour l’appel à projets du Grenelle 2, nous participons non pas pour une deuxième ligne, mais pour l’extension de la première. D’entrée de jeu, nous avons décidé d’étendre la ligne au nord, suite à la première enquête publique. Ça va nous permettre d’obtenir des subventions pour ces 2,5 kmsupplémentaires qui n’étaient pas inclus dans le Grenelle 1. Franchement, je ne peux pas vous dire combien nous pourrons récupérer. Qui connaît les finances de l’Etat actuellement ? Nous espérons avoir quelque chose !VR&T : Quels sont vos projets pour la suite ?
J. G. : La deuxième ligne de tramway, le BHNS et l’étoile ferroviaire sont trois sujets étroitement liés. On a à Tours une étoile ferroviaire relativement importante. Elle n’est pas partout en bon état,mais un peu partout on est en train de refaire les aiguillages et les voies. RFF et la SNCF vont se lancer dans le cadencement de l’intégralité des lignes en décembre 2011. Cela fait un peu évoluer notre réflexion dans le temps. Nous nous sommes rendu compte dans le cadre du Scot [schéma de cohérence territoriale, ndlr] qu’on pourrait assez vite avoir des dessertes ferroviaires cadencées sur les voies existantes, avec des tarifs abordables : de l’ordre de 20 à 30 millions d’euros, ce ne sont pas des choses impossibles. On pourrait faire une ligne reliant sur les lignes existantesMonnaie, Notre-Dame-d’Oé, La Membrolle-sur-Choisille, Fondettes, La Riche, le carrefour de Verdun, où il faut construire une halte en correspondance avec le tramway, Saint-Pierre-des-Corps, La Ville-aux-Dames et Montlouis. Elle ne passerait pas à la gare de Tours, mais serait en correspondance avec le tramway au carrefour de Verdun. On va aussi développer le BHNS. On pense qu’on aura d’autres axes à l’avenir, notamment quand l’autoroute A10 sera déclassée, lorsque le contournement autoroutier de l’agglomération tourangelle sera réalisé. Voilà les sujets pour les quinze ans qui viennent ! La première ligne en septembre 2013 ; pour la deuxième ligne, ça ira beaucoup plus rapidement parce qu’il n’y a pas de dépôt à construire et parce qu’il n’y a pas de problème d’effacement de ligne. Il y a juste un passage en pente un peu délicat. Quant à l’étoile ferroviaire, est-ce que c’est un tram-train ou une autre desserte ? Les voies existent, elles ont besoin d’être rénovées, mais la rénovation est en route, et il faudra construire cette halte au carrefour de Verdun.VR&T :Quel tracé pour la deuxième ligne ?
J. G. : En ce qui concerne la deuxième ligne de tramway, car il y aura une deuxième ligne de tramway, elle desservira évidemment l’hôpital Trousseau au sud. Il n’y a pas de doute là-dessus. Nous sommes en train de travailler sur le tracé, car il y a des parties de Saint-Avertin dont il faut qu’on se rapproche un peu, il y a des constructions nouvelles, etc. Pour le reste, je vois les choses, mais il faut aussi s’assurer de leur faisabilité. On ne sait pas encore où la ligne 2 aboutira au nord : tout va dépendre de la façon dont se fera la jonction avec Saint-Pierre-des-Corps. Est-ce que ça va se faire en tram-train cadencé à la place de la navette ferroviaire, est-ce que ça sera en tram ? On ne peut pas faire les deux ! Je pense que dans un délai d’un an on le saura, mais ça dépend de beaucoup de discussions, entre les autorités organisatrices, avec RFF, avec la SNCF, pour voir par exemple si cette liaison aura le statut de navette SNCF ou si elle sera gérée par le Sitcat… Les gares de Tours et de Saint-Pierre-des-Corps sont des gares nationales, la navette est actuellement Grandes Lignes, et on ne peut pas faire du tram-train cadencé en gardant ça. Tant qu’on ne connaît pas le statut de cette jonction, on ne peut pas répondre aux autres questions.VR&T : On a donc dans une dizaine d’années une première ligne de tramway, une deuxième ligne au moins sur la partie sud, une desserte cadencée entre Tours et Saint-Pierre-des-Corps et une desserte périurbaine sur l’étoile ferroviaire ?
J. G. : Oui. Et je suis relativement optimiste parce que les vents sont porteurs.Masteris, une filiale de la SNCF pour commercialiser la maintenance ferroviaire
C’est à l’occasion du salon Innotrans 2010 que la SNCF a lancé sa nouvelle filiale Masteris, présentée comme le « point d’entrée unique pour les services et prestations de la direction du matériel ». S’appuyant sur l’expertise des 39 technicentres français et du Centre d’ingénierie du matériel (CIM), Masteris « répond sur mesure à tous les besoins relatifs à la maintenance, à la rénovation et à l’ingénierie ferroviaire du matériel roulant », tout en proposant des solutions pour la mise à disposition de pièces de rechange (108 000 références). Cette structure légère (11 personnes actuellement) propose à ses clients un service « personnalisé, souple et réactif » en France et en Europe, dans un contexte d’ouverture du marché qui voit arriver des entreprises demandeuses du savoir-faire de la SNCF. A l’international, Masteris est déjà implantée en Belgique (port d’Anvers), en Italie (Turin) et en Allemagne (ITL Dresde, Dortmund), tout en visant un « prochain déploiement de ses activités en Europe de l’Est et au Royaume-Uni ».
Tets accélère le fret combiné entre la Chine et Moscou
Le transporteur allemand Tets (Trans Eurasia Transport Solutions) a lancé en septembre un nouveau service régulier pour l’acheminement par rail des conteneurs entre les principaux centres industriels du sud, de l’est et du nord de la Chine avec Moscou, en partenariat avec le chinois Lianyungang China Shipping Container Lines (CSCL). Le « hub » de ce nouveau service sera en effet le port de Lianyungang, entre Pékin et Shanghaï, sur un corridor ferroviaire et multimodal reliant la Chine au Japon, à la Corée, au Sud-Est asiatique et à l’Asie centrale. La traction, qui sera assurée par les chemins de fer chinois, kazakhs et russes, devrait garantir des temps de parcours de 23 à 25 jours entre Lianyungang et Moscou, ou de 28 jours entre Pékin et Moscou. Soit « seize fois moins cher que par avion et deux fois plus vite que par la mer ». D’ici la fin de l’année, Tets compte transporter quelque 1 000 conteneurs 40 pieds entre la Chine et Moscou.
Le brésilien MRS achète 115 locomotives GE
Au cours du salon Innotrans 2010, GE Transportation et l’entreprise ferroviaire fret brésilienne MRS Logística (MRS) ont signé un accord portant sur l’achat de locomotives diesel-électriques, comprenant une tranche ferme de 115 engins du type AC44i (transmission électrique à courant alternatif) et une option sur 100 unités supplémentaires. Ces locomotives seront assemblées à l’usine brésilienne de GE. Toutefois, certains éléments clés comme le moteur diesel 12 cylindres FDL seront produits aux Etats-Unis. D’ici fin 2011, 90 unités devront avoir été livrées (dont 30 d’un contrat précédent et 60 du nouveau marché), le reste devant avoir été livré pour 2015.
Saumur, première agglomération à opter pour la SPL
Les élus de la communauté d’agglomération Saumur Loire Développement (CASLD) innovent en étant les premiers à choisir la nouvelle forme juridique de gestion directe, la Société Publique Locale (SPL), adoptée par le Parlement au printemps dernier. A compter du 1er juillet 2011, la société d’économie mixte (Sem) sera transformée en SPL. Saumur, qui déléguait jusqu’ici la gestion du service public de transport espère ainsi mieux maîtriser l’outil d’exploitation et abaisser ses coûts « de manière significative grâce à l’absence de marge du délégataire », précise Agir, qui a accompagné la démarche de la CASLD. La Ville de Saumur est également présente au capital de ce nouvel opérateur et le département du Maine-et-Loire devrait aussi y entrer.