Catégorie : Ferroviaire

Retrouvez toute l’actualité ferroviaire: lignes, matériels ferroviaires et l’actualité des constructeurs et des opérateurs en France et l’international.

  • Premiers tours de roue pour le métro d’Alger

    Une importante étape a été franchie le 6 avril dans la réalisation du projet du métro d’Alger, attendu par les Algérois depuis… trente ans. Une rame, avec à son bord une délégation ministérielle, a circulé sur la première section de la ligne (4 stations, 3 200 m) entre le garage-atelier et le centre-ville. « Un moment de grand bonheur pour toute l’équipe mobilisée ici depuis presque trois ans », assure Philippe Sauvard, directeur du projet Métro d’Alger chez Siemens Transportation Systems, qui assure le pilotage du projet. Il s’agissait du premier essai dynamique avec l’une des 8 rames livrées (sur 14 en tout). Sur les 8,6 km et 10 stations entre Tafourah Grande-Poste et Haï El Badr, la voie est intégralement posée. Reste à achever des installations en stations et des locaux techniques, et à poursuivre les essais d’intégration du système et de la gestion des trains, basée sur la communication CBTC, avant la marche à blanc, en septembre, puis la mise en service en fin d’année.

  • Veolia décroche le réseau du grand Rabat

    Veolia Transport a remporté la gestion du réseau d’autobus à haut niveau de service (BHNS) des villes marocaines du grand Rabat pour une durée de 15 ans à compter d’août 2009. Ce contrat sera réalisé par une société d’exploitation dédiée, à l’actionnariat franco-marocain : Veolia Transport 51,04 %, Bouzid 28,06 % et Hakam 20,90 %. Le groupe prévoit d’employer et de former plus de 3 000 collaborateurs et précise que sa rémunération proviendra exclusivement des recettes commerciales perçues auprès des usagers. D’où une importante restructuration du réseau, qui s’articule autour de six lignes, en complément du projet de tramway. Les six lignes de BHNS bénéficieront de véhicules neufs, standards et articulés.

  • Quarante autorails chinois pour la Tunisie

    Le constructeur chinois de matériel roulant ferroviaire CSR Nanjing Puzhen Rolling Stock Co. a signé un contrat de 100 millions de dollars américains pour la livraison de 40 autorails bicaisse à la SNCFT (Société nationale des chemins de fer tunisiens). Le constructeur chinois espère que ce matériel, construit aux normes UIC et pouvant être utilisé en Europe « avec peu de modifications », sera suivi par d’autres commandes. Aptes à 160 km/h, ces autorails dont la mise en service est prévue pour 2011 seront équipés de deux moteurs diesel MAN V12 de 588 kW. Leur transmission hydraulique Voith T212, avec commande de traction et de freinage numérique, est conçue pour réduire au minimum les frottements lors des freinages. Une technologie qui, « lorsqu’elle sera entièrement mûre », permettra d’équiper un stockage d’énergie. Chaque élément bicaisse pourra transporter 144 voyageurs assis et 156 debout, en deux classes. Les concurrents de CSR sur ce marché étaient CAF (Espagne), Stadler (Suisse) et CFD (France), ainsi qu’un « autre constructeur chinois ».

  • Ansaldo STS et AnsaldoBreda équiperont la ligne circulaire du métro de Taipei

    En vue d’équiper la future ligne circulaire du métro automatique de Taipei, le Dorts (Department of Rapid Transit Systems) de la capitale taïwanaise doit signer début avril un contrat d’une valeur totale de 334 millions d’euros avec Ansaldo STS et AnsaldoBreda. Le montant total sera réparti entre ces deux entreprises filiales du groupe italien Finmeccanica à raison de deux tiers pour la première et d’un tiers pour la seconde. Ansaldo STS livrera clés en main les équipements électromécaniques, alors qu’AnsaldoBreda fournira le matériel roulant. Ce contrat porte sur la première phase de la ligne circulaire, longue de 15,5 km de long pour 14 stations et exploitée par 17 rames sans conducteur. Une fois bouclée, cette ceinture, qui mettra en œuvre une gestion des trains basée sur la communication (CBTC), devrait atteindre une longueur de 52 km.

  • Nouveaux tracés de la LGV Rhin-Rhône dans l’Ain

    De nouvelles propositions pour le tracé de la LGV Rhin-Rhône dans la Bresse ont été faites par RFF aux élus De nouvelles propositions pour le tracé de la LGV Rhin-Rhône dans la Bresse ont été faites par RFF aux élus, représentants de l’État et associations, le 26 mars, à Bourg-en-Bresse. Il s’agissait de présenter les résultats d’une série d’études engagées sur le terrain en vue de retenir « les fuseaux les plus consensuels possibles », selon l’expression de Philippe de Mester, directeur régional de RFF. Parmi les sept options proposées, celle la plus à l’est, passant en bordure de Revermont, est abandonnée. La LGV serait jumelée à l’autoroute jusqu’à la limite des régions Franche-Comté et Rhône-Alpes, puis suivrait le tracé de la ligne classique de Chazelles jusqu’à Viriat. La plateforme, de 150 mètres de largeur, pourrait être commune avec la voie classique, dédiée au fret, et la nouvelle, aux voyageurs. Toutefois, la voie serait mixte pour contourner Bourg-en-Bresse, entre Viriat et Leyment, en suivant l’autoroute. Là, la voie serait raccordée au contournement ferroviaire de l’agglomération lyonnaise (Cefal).
    Le dossier de cette branche devrait être présenté au secrétaire d’État à l’automne. Suivront quatre années d’avant-projet sommaire. La déclaration d’utilité publique devrait être promulguée en 2014, ce qui permettrait le début des travaux en 2015 et la mise en service en 2022, 2023.

  • Premier Technicentre TGV hors d’Ile-de-France à Lyon

    Inauguré le 31 mars, le Technicentre de Lyon est le premier centre de maintenance chargé des TGV hors d’Ile-de-France (où l’on en compte quatre). Situé sur 16 ha en liaison directe avec les gares de Lyon-Perrache et Lyon-Part-Dieu, ce centre emploie 300 cheminots. Il devrait en accueillir 500 fin 2011, accompagnant ainsi l’arrivée du TGV Rhin-Rhône. Et mettre la région lyonnaise au cœur de la grande vitesse française et européenne. Logique, lorsque l’on sait que 230 des 450 rames TGV transitent déjà au quotidien par Lyon. Logique également, puisque ce sont les liaisons province – province qui connaissent les plus fortes progressions de trafic. Particularité de cet investissement : la forte implication des collectivités locales aux côtés de la SNCF. Elles ont ainsi financé près de 100 millions d’euros sur les 250 millions qu’a coûté cet ouvrage nouvelle génération.

  • Trois hypothèses pour l’interconnexion des TGV en Ile-de-France

    Maillon clé du réseau à grande vitesse national, et entre l’Europe du Nord, du Sud et de l’Ouest, le projet d’Interconnexion Sud des LGV en Ile-de-France devrait être soumis au débat public l’an prochain. Dans cette optique, RFF vient de présenter les premiers résultats de ses études préparatoires lancées en 2007. Le barreau, inscrit dans les 2 000 km du Grenelle, comprend en outre une nouvelle gare TGV desservant l’aéroport d’Orly. Trois grandes familles de projets ont été identifiées. Primo, une ligne souterraine de moins de 20 km raccordée à l’ouest vers la gare Massy-TGV, à l’est sur la LGV Sud-Est. Secundo, un aménagement de la ligne existante (4 voies afin de séparer les trafics TGV et RER C) avec un tronçon enterré dans la zone très dense. Tertio, une LGV d’une trentaine de km, majoritairement souterraine, et raccordée à la LGV Sud-Est dans le secteur de Lieusaint, avec création d’une gare à Sénart. Les coûts varient de 1,3 à 3,2 milliards d’euros. Plusieurs réunions d’information avec les élus et les associations se dérouleront dans les prochaines semaines.

  • Pas de débat public à Orléans pour le tramway

    La Commission nationale du débat public a décidé, le 1er avril dernier, que le projet de création d’une seconde ligne de tramway à Orléans ne nécessitait pas de débat public. La réalisation de cette ligne, qui devrait coûter 315 millions d’euros, s’inscrit dans le cadre du plan de déplacement urbain approuvé par la Communauté d’agglomération Orléans-Val de Loire en juillet 2008.

  • Comment VFLI veut traverser la crise

    Vivement affecté par la crise, VFLI cherche à consolider ses positions La filiale du pôle ferroviaire de la holding Transports & Logistique accuse une baisse de volumes de l’ordre de 40 % en décembre et de 25 à 30 % en janvier. « L’enjeu est de traverser la crise grâce aux atouts que sont notre personnel et notre modèle économique », précisait Emmanuel Delachambre, à la veille de son départ pour ECR et de son remplacement par Nicolas Gindt. « Nous allons consolider notre activité ITE [installation terminale embranchée, ndlr] et poursuivre le maillage du territoire, notamment dans le Sud-Est, vers le port de Marseille », poursuivait-il. VFLI vise un résultat équilibré d’ici fin 2009. L’opérateur forfaitise ses prestations et s’adapte aux volumes à transporter. La réactivité du personnel est forte, il travaille là où se situe l’activité. C’est ainsi que depuis le 8 mars, date du démarrage de la régénération de la ligne desservant Latour-de-Carol, une quinzaine d’agents ont convergé vers les Pyrénées. En effet, VFLI accompagne la société de travaux allemande Heitkamp Rail, qui œuvre au plan rail engagé par la région Midi-Pyrénées.
    2008 est la première année de plein exercice de son activité d’opérateur ferroviaire sur le réseau national. Sur les 72 millions d’euros de chiffre d’affaires réalisés l’an dernier, 40 % proviennent de cette activité nationale. Le cœur de métier de l’entreprise, la traction et la logistique sur site industriel, n’est pas délaissé et représente également 40 % du CA. Le restant concerne la traction des trains de travaux. Cette activité s’est fortement accrue, avec une croissance de 22 % par rapport à 2007.
    Le 6 avril dernier, VFLI devait inaugurer son premier service longue distance en traction électrique. L’opérateur reprend la traction d’un Compiègne – Avignon pour le compte de Districhrono, autre filiale de la SNCF. Des BB 27000 louées pour trois ans à la Rolling Stock Company (Rosco) Akiem, nouvelle filiale de la SNCF, tireront ces convois. La compagnie assurait déjà les manœuvres sur le site avignonnais du client, ainsi que, plus récemment, sur le site compiégnois. Avril verra par ailleurs le lancement d’un transport franco-allemand de produits chimiques. VFLI et la filiale allemande de la SNCF, ITL (Import Transport Logistik), vont en assurer la traction dans leur pays respectif. Il s’agit d’une campagne de transport d’un volume d’une quarantaine de trains. A l’international, le partenariat avec Wincanton Rail se poursuit, notamment dans le cadre du transport de coke entre Carling (Cokes de Carling) et Dillingen (aciérie) en Allemagne. VFLI recherche des alliés avec un profil et un modèle économique proches du sien : l’opérateur s’est mis en quête d’un partenaire en Belgique. SNCF Fret Benelux fait partie des partenaires potentiels.
    Alors que VFLI a rejoint, le 30 janvier 2008, European Bulls, cette alliance européenne d’opérateurs ferroviaires semble « en panne » depuis que le leader du groupement, Rail4Chem, a été repris par Veolia. L’opérateur reste toutefois proche de certains membres comme l’espagnol Comsa Rail Transport, filiale du groupe de construction Comsa. En ce qui concerne l’activité travaux, l’établissement de six pools d’une cinquantaine de conducteurs se poursuit, conformément au contrat trisannuel passé avec la SNCF. Toulouse, Tours, Amiens, Metz/Nancy sont en place, Paris et Lyon doivent l’être très prochainement.
    En termes de moyens, le matériel roulant est un élément stratégique de premier ordre. D’ici à la fin de l’année, VFLI disposera d’une trentaine de locomotives thermiques Vossloh de type G 1206. Une quinzaine de BB 400 aptes au réseau ferré national (RFN) compléteront progressivement le parc. Ces locomotives thermiques, de type BB 63500, sont rénovées au sein des ateliers VFLI (CFD Industrie) de Montmirail. La « RFN1 » devrait entamer des essais sur le réseau courant avril, pour une homologation attendue cet été. En outre, VFLI recherche une locomotive CC afin de remplacer, dans 80 % des cas, ses unités multiples : Class 66, Euro 4000. En ce qui concerne l’électrique, des BB 27000 sont louées chez Akiem, notamment pour le contrat passé avec Districhrono.    
     

    Laurent CHARLIER

  • Nouvelles voies dans le tunnel de Blaisy-Bas

    Le tunnel de Blaisy-Bas vient de vivre une grande régénération de ses voies. Une opération complexe, menée par le groupement TSO-Scheuchzer.
      Les deux voies du tunnel de Blaisy-Bas, au nord de Dijon, viennent d’être rénovées. Les préparatifs ont débuté en décembre 2008. Engagés le 19 janvier dernier, les travaux principaux se sont déroulés sur un peu plus de quatre semaines, suivis des opérations de libération et de nivellement complémentaire. Les ultimes finitions ont eu lieu fin mars. Au cours de ce chantier, des traverses monobloc en béton ont été substituées au plancher bois datant de 1973 et 1974. A limite d’usure, les rails d’origine, sujets à de fréquentes interventions à cause d’arrivées d’eau assez disparates et de phénomènes acides propres à ce tunnel, sont désormais neufs. Un ballast nouveau a en partie comblé celui qui pouvait encore être conservé après criblage sur place.
    Le coût de ce renouvellement entrepris sur l’intégralité des 4 100 m de cet ouvrage dépasse les 12 millions d’euros, en comptant une régénération extérieure entreprise sur un peu plus de 700 m, voie 2, de part et d’autre de la halte de Lantenay, située à 7 km au sud du tunnel. Ce secteur de la ligne classique Paris – Lyon – Marseille (PLM) classé en groupe UIC 2 est très fréquenté. Les deux sens confondus, 216 à 225 TER, TGV, rames Intercités, trains de fret y circulent chaque jour ! Les voies sont banalisées mais, face à un trafic aussi intense, toute interruption de l’une d’entre elles se traduit par de difficiles contraintes d’exploitation et impose de nombreux détournements.
    La préparation de ce chantier complexe s’est déroulée très en amont, de fin 2005 à fin 2006. Les échanges entre RFF et la SNCF relatifs à la densité des circulations, conjuguées aux contraintes techniques à prendre en compte, comme un gabarit d’entrevoie de 2,05 m ou encore les mesures de sécurité draconiennes, ont orienté vers un principe d’interruption longue de la voie en travaux. « Cela permettait de réduire le périmètre des contraintes de l’entreprise, en lui donnant plus de latitude en termes de temps de travail », explique Denis Marin, directeur d’opération délégué SNCF à Dijon, représentant du maître d’ouvrage RFF. L’entreprise a donc bénéficié d’une interception permanente de la voie à renouveler 24 heures sur 24, du lundi au vendredi. « C’était l’un des deux aspects de ce chantier atypique. L’autre concernait la mise en place d’une barrière d’entrevoie sur toute la longueur du tunnel » (voir encadré page suivante).
    A l’issue d’un appel d’offres, l’ouverture des plis pour l’attribution du marché avait eu lieu en juin 2006. Mais, devant la liste et la description détaillée des contraintes techniques, l’entreprise sélectionnée au détriment de TSO, qui n’était alors pas la mieux disante, a finalement préféré se désister. « Elle ne se sentait pas en capacité de réaliser le chantier avec la consistance demandée, avec les délais demandés, avec les mesures de sécurité demandées », poursuit Denis Marin.
    En avril 2007, TSO devient donc tout naturellement adjudicataire de l’opération. L’entreprise a l’habitude de réaliser de tels chantiers en environnement confiné. Elle s’allie régulièrement comme mandataire d’un groupement avec la société suisse Scheuchzer, et les équipes, rodées, se connaissent bien. En 2002, elles ont ainsi régénéré 6 500 m de voies dans la tranchée de Talence (région de Bordeaux), 3 900 m l’année suivante dans le tunnel de Livernan (Bordeaux), 8 200 m en 2005 dans celui du Crêt-d’Eau (région de Chambéry), 2 500 m dans des tunnels en Maurienne (Chambéry) la même année. A Blaisy-Bas, il s’agissait d’en renouveler plus de 8 200 m. Compte tenu de la mise en place de la barrière d’entrevoie, de la présence de chemins de caniveaux de part et d’autre des deux voies très proches du pied de la banquette ballastée et pas forcément bien stabilisés au droit du piédroit du tunnel, travailler avec une dégarnisseuse traditionnelle à chaîne s’avérait carrément impossible. Une méthode de remplacement des panneaux de voie à l’avancement à l’aide de bulls, à l’image de ce qui se fait sur des chantiers hors suite, procurait des rendements trop faibles et était aussi incompatible avec le gabarit imposé par la barrière… Le seul moyen technique et à haut rendement était donc le train DRL 21 de Scheuchzer, capable d’avancer de 80 à 85 m à l’heure. Suivant le Puma, train de dépose des panneaux de la voie ancienne, il est adapté au travail dans un espace confiné et respecte les contraintes de largeur. Sa grande particularité, c’est surtout la dégarnisseuse à godets pour le retrait du ballast, qui est criblé et dont une partie ressert aussitôt. Un système relativement ancien, mais bien éprouvé dans les zones à gabarit réduit comme les tunnels ou les tranchées encaissées. Juste à l’arrière, les traverses neuves sont posées en voie.
    « Blaisy-Bas va être une référence sur les chantiers en tunnel, mais pas uniquement pour eux. Ce travail de dégarnissage et de renouvellement de voies réalisé dans ces conditions constitue un véritable prototype, reconnaît Denis Marin. Le bilan est fortement positif. Le programme envisagé a été rigoureusement respecté en délais et en coût. Sur le plan de la qualité aussi. »
    A la lecture des premiers enregistrements, notamment des relevés de la voiture Mauzin, les voies neuves, qui n’avaient pas encore subi l’ultime opération de nivellement complémentaire, donnaient déjà entière satisfaction. « C’était un chantier spécifique qui a fait l’objet d’une attribution un an et demi avant les travaux. Cela nous a permis de le préparer et de l’optimiser avec tous les services SNCF, y compris l’inspection du travail. Un chantier bien préparé, où tous les acteurs débattent avant, c’est en général une quasi-réussite à l’exécution », se réjouit pour sa part Christian Boscher, directeur département travaux France chez TSO.
     

    Michel BARBERON