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Catégorie : Ferroviaire
Retrouvez toute l’actualité ferroviaire: lignes, matériels ferroviaires et l’actualité des constructeurs et des opérateurs en France et l’international.
Retour des locos diesel sur Bayonne – Saint-Jean-Pied-de-Port
Compte tenu du mauvais état des caténaires, la SNCF et RFF s’apprêtent à faire rouler des diesels sur Bayonne – Saint-Jean-Pied-de-Port, au plus tard mi-décembre. C’est ça ou fermer la ligne, donc un moindre mal, justifie RFF, qui a chiffré la remise en état du fil de contact « à 30 millions d’euros pour 7 trains », ne la jugeant donc « ni rentable, ni raisonnable ». Le gestionnaire précise que les efforts sont concentrés sur la voie, un RVB de 18,5 ME (contrat de projets) est d’ailleurs prévu sur Bayonne – Cambo. De son côté, la région s’étonne de cette décision alors que 146,7 ME sont inscrits au contrat de projets pour la sauvegarde des lignes secondaires.
Premiers essais du métro d?Alger
Comme prévu, les premiers essais du futur métro de la capitale algérienne ont débuté en novembre. Pour l’occasion, le ministre des Transports, Amar Tou, a fait le déplacement aux ateliers de maintenance et s’est montré satisfait de l’avancement de ce chantier confié au groupement Siemens-Vinci-CAF, et à la RATP pour l’exploitation. L’ouverture au public à la fin de l’été 2009 de la première ligne entre Grande-Poste et la cité Haï El Badr est très attendue par la population et les pouvoirs publics, qui en font un vecteur de développement du tourisme. « Le métro, ajouté au tramway, aux huit téléphériques et au train de banlieue, saura lever la pression sur les routes », espère le ministre. Les livraisons des rames se poursuivent au rythme de deux par mois, tandis que le chantier du poste de commande centralisée devrait s’achever fin février 2009.
De nouvelles rames de métro made in China en Argentine
Le métro de Buenos Aires va connaître une seconde jeunesse. Un contrat de 850 millions de dollars (680 millions d’euros) signé entre le gouvernement argentin et le groupe étatique chinois Citic permettra l’acquisition de 279 rames de métro. Le secrétaire au Transport, Ricardo Jaime, a justifié le choix du gouvernement à signer avec Citic : « Le prix fixé par les Chinois est inférieur aux prix internationaux. » Le métro de Buenos Aires, qui est le plus ancien d’Amérique latine, transporte un million et demi de voyageurs par jour.
Première étape réussie du plan rail Midi-Pyrénées
Le plan rail Midi-Pyrénées, un investissement de 820 millions d’euros, a démarré en septembre. Il vient de franchir sa première étape Le plan rail Midi-Pyrénées, un investissement de 820 millions d’euros pour remettre en état 500 km de voie ferrée « en fin de vie », doubler des voies et mettre en place de nouveaux systèmes de gestion du trafic d’ici cinq ans, a démarré en septembre. Il vient de franchir sa première étape. Samedi 25 octobre le tronçon urbain Toulouse-Colomiers a été remis en service après un mois de travaux et d’interruption du trafic ferroviaire (pendant lequel des bus de substitution ont été mis en service). Trois kilomètres de voies ont été renouvelés, nécessitant 6 000 tonnes de ballast et 4 000 traverses, huit passages à niveau ont été refaits à neuf. Cette portion de voie transporte 3 300 personnes par jour avec 54 trains quotidiens. D’ici fin janvier 2009, la réfection des deux autres tronçons de la ligne Toulouse-Auch sera terminée, avec la mise en place d’un système d’espacement des trains automatisé. Coût de l’opération : 32 millions d’euros (dont 15 à la charge de la région). « C’est aujourd’hui l’une des lignes plus fréquentée de Midi-Pyrénées avec 94 TER par jour, alors qu’il y a quelques années on débattait de sa fermeture », a rappelé Martin Malvy, président de la région, devant le directeur régional de la SNCF Stéphane Coursier. « La région Midi-Pyrénées fait des efforts pour que la SNCF arrive à gérer son réseau, a-t-il souligné. Nous mettons à disposition un réseau ferré neuf avec une signalisation ultramoderne, des autorails de dernière génération (70 AGC auront été livrés d’ici 2010). Nous attendons donc un service parfait. » Une demande de fiabilité et de ponctualité exprimée par une clientèle qui a augmenté de 12 % sur le Grand Toulouse depuis début 2008, et dont Martin Malvy prévoit un doublement d’ici 2020.
Mais le plan rail ne s’arrête pas là. Onze liaisons ferroviaires vont faire l’objet de travaux de renouvellement de voies, dix vont bénéficier de nouvelles installations techniques, trois sections de lignes (représentant 25 km) vont être doublées et les systèmes de gestion de la gare de Toulouse Matabiau vont être modernisés afin de faire face à l’augmentation du trafic.
La maîtrise d’ouvrage de ce plan Rail est assurée par Réseau Ferré de France qui a mobilisé une équipe dédiée de 10 personnes. 80 % de la maîtrise d’œuvre a été confiée à la SNCF qui a créé une structure spécifique, l’agence Travaux Plan Rail, dotée de 50 experts pour piloter les études et suivre les travaux.
Cet effort considérable de la région a un coût très lourd de 500 millions d’euros. « L’Etat a transféré aux régions les TER sans les recettes dédiées. Or les régions sont à la rupture du financement des transports en commun, a averti Martin Malvy. Les régions demandent donc un versement pour les trains régionaux. » Une contribution sur le modèle du versement transport des entreprises aux transports urbains des agglomérations.
Catherine STERN
Trop de vélos dans les trains des Pays de la Loire
Les adeptes du trajet domicile-travail sont trop nombreux à vouloir aussi embarquer leur bicyclette dans les trains. La région lance un appel aux villes et à la SNCF Nouveau directeur TER arrivé à Nantes fin juillet, Philippe Berquin a vu la question du vélo lui « tomber dessus ». Grogne des contrôleurs, lettres de voyageurs. Pas de doute, le vélo a le vent en poupe ! Jusque dans les trains. Le nombre de ces « bagages à main » du genre roulant et encombrant a explosé dans les Pays de la Loire.
« Cet été, j’ai vu un groupe de scouts, 20 vélos en main, prêts à grimper. Une famille avec trois enfants, chacun sa bicyclette, avec une remorque traînée par le père. Nulle part, il est écrit que nous acceptons ça », s’étonne Philippe Berquin. A la rentrée, ces mauvaises surprises de week-ends de grands départs ont mué en incidents de « migrations quotidiennes ». « Les contrôleurs, souvent cyclistes eux-mêmes, sont bien disposés à l’égard des voyageurs avec vélos. Seuls maîtres à bord pour juger de la possibilité d’embarquer les bagages volumineux, ils ont néanmoins pu être amenés à adopter une position stricte et en refuser quelques uns », reconnaît, sur la pointe des pieds, Thierry Becam, leur « patron » à Nantes.
Officiellement, la SNCF est favorable à l’intermodalité. Son site internet, ses brochures le disent : les trains acceptent les bicyclettes. Pas tous mais la plupart. Pour preuve, les quelques places de rangement aménagées dans les rames des tout derniers TER. « Une façon d’envisager les choses vieilles de cinq ans. Dépassée aujourd’hui », reconnaît Jacques Auxiette, le président de la Région des Pays de la Loire. Pour un contrôleur, refuser à un voyageur de monter parce qu’il a un vélo pose un problème commercial. « C’est source de conflit », témoigne Christophe Bourdin, sur un quai TER en gare de Nantes. Il est responsable des équipes trains et rencontre le problème de plus en plus souvent. 15 ou 20 bicyclettes à bord, ce n’est plus rare.
« Notre limite, c’est de préserver les accès aux portes », tempère Thierry Bécam. Mais les cas se multiplient de rames où le contrôleur n’a « pas le temps » de circuler dans l’ensemble du train, freiné dans sa progression physique par les vélos. « La sécurité peut en pâtir. Notre régularité aussi. Débarquer aux escales avec des vélos prend du temps », souligne Philippe Berquin. Sur son écran d’ordinateur de directeur TER il égraine la liste des trains problématiques ces derniers mois. Un petit nombre sur les 350 TER quotidiens de la région, mais de moins en moins négligeable. Un Nantes – Saint-Nazaire par-ci, 9 vélos. Un Angers – Saumur par là, 14. Un autre, 20. Sur une plus grande distance (un peu plus d’une heure) entre Nantes et Le Mans, 10 vélos. 17, chaque jour, à 7h11 entre la Possonnière et Angers, à 17h41 le soir dans l’autre sens. Une chance, c’est un « vieux train » doté d’un fourgon. Le contrôleur a de la place. « Un vrai puzzle pour lui, raconte Véronique Deschamps, une de ces migrantes quotidiennes. Le soir, pour gagner du temps, à Angers, il les place dans l’ordre où ils sortiront le long de la ligne : Savenières, la Possonnière, Challonnes, Chemillé, Cholet. »
Celle-ci a essayé de s’organiser avec deux vélos, un à chaque bout du train. Mais celui qu’elle laissait le matin à la petite gare de la Possonnière était sans cesse dégradé. L’autre, qui passait ses nuits à la gare d’Angers, a été volé. Alors elle a renoncé, bien consciente pourtant « de la gêne pour les autres voyageurs ». Sa ligne, Nantes – Angers est surchargée. C’est la plus préoccupante. En gare d’Angers, une expérience Vélo+TER est bien en cours, mais elle a ses limites.
Dans l’urgence, la Région mobilise. Son président, Jacques Auxiette explique : « Nous avons eu un temps de retard sur le sujet, il va y avoir une accélération : les gares de la région doivent être équipées de vélos. Nous y travaillons déjà avec les villes qui ont un projet de pôle d’échange multimodal. Les sociétés de bus et de tramway doivents aussi être sollicitées. Qu’elles se diversifient ! Pourquoi pas ? » La Région n’a toutefois pas de projet précis. C’est aux autres collectivités locales de faire. Elle utilisera sa ligne budgétaire « aide aux déplacements », déjà employée pour les projets de tramway, pour les aider à mettre en place des parkings sécurisés.
Hubert HEULOT
Vienne : le Ring brisé
La restructuration des lignes viennoises devrait apporter 700 000 voyageurs supplémentaires Révolution dans les tramways viennois. Depuis le 26 octobre, le Ring, le grand boulevard qui fait le tour du centre, n’est plus parcouru par une ligne circulaire. En fait, il y en avait deux, depuis 1986 : la ligne 1 dans le sens des aiguilles d’une montre, et la 2 dans l’autre sens. Ces deux lignes n’ont cependant pas disparu… Elles ont même grandi, absorbant les lignes J, N et 65. Elles sont tout simplement devenues transversales, continuant de couvrir tout le Ring à elles deux. Mais pour en faire le tour comme avant, il faudra désormais changer ! Ou attendre Pâques, quand ouvrira une ligne touristique qui reprendra l’ancien tracé de la 1 – mais ne sera pas accessible avec un ticket ordinaire. Le changement d’itinéraires a bénéficié d’une publicité inattendue dont la société municipale Wiener Linien se serait bien passée, le wattman du dernier parcours circulaire de la ligne 1 ayant, le 26 octobre au soir, pris congé de ses passagers par un tonitruant « Sieg Heil ! » au micro. Il a été licencié. La capitale autrichienne, qui avait déjà perdu sa ligne 21 lorsque le métro est arrivé au stade pour la coupe d’Europe de foot au printemps dernier, n’a donc plus que 28 lignes de tram, au lieu de 31.
Ces modifications suggérées par des associations d’usagers peuvent paraître anecdotiques. Pourtant, elles viennent bouleverser la logique d’une numérotation plus que centenaire. Depuis 1907, on trouvait de 1 à 20 des lignes de rocade, et, à partir de 21, les lignes de tram radiales au départ du Ring s’ordonnent dans le sens contraire des aiguilles d’une montre. Quant aux lettres, elles désignaient les lignes de tram diamétralisées, cumulant radiales et tangentielles. Il n’en restait que quatre ; il n’y en a plus que deux, la D et la O. La première devrait devenir ligne 3 dans quelques mois (tandis que la 71, prolongée sur le Ring, deviendra 4…), et la seconde ne devrait pas survivre sous cette appellation beaucoup plus longtemps. Il est vrai que les touristes parlent déjà du « tram zéro » !
Cela dit, cette restructuration ne bouleverse pas que la numérotation des trams viennois. Elle marque aussi une nette inflexion dans la politique de l’exploitant. Presque tous les services diamétralisés (désignés par des lettres, donc) qui traversaient la ville en passant par le Ring, avaient été supprimés pour ne pas gêner les voitures par trop de franchissements dudit Ring. Et récemment encore Wiener Linien expliquait doctement qu’elle préférait exploiter des lignes radiales plus courtes se terminant sur le Ring, pour des raisons de régularité, plutôt que les mettre bout à bout. Et tant pis si les usagers devaient souvent changer deux fois… Mine de rien, on attend grâce à ces mesures 700 000 voyageurs de plus par an. Ce qui est toujours bon à prendre.
François ENVER
Toujours plus de voyageurs… mais comment accroître l’offre ?
Les chiffres publiés par l’UTP ont parlé : c’était bien en 2007, c’est encore mieux en 2008 C’était bien en 2007 (malgré la grève de fin d’année), c’est encore mieux en 2008. Les chiffres publiés par l’UTP (Union des Transports publics) incitent à l’optimisme : plus les villes françaises investissent dans la mobilité, plus les Français utilisent les transports publics. Logiquement, les grandes agglomérations connaissent des taux de progression spectaculaires. Dans les 22 réseaux de plus de 250 000 habitants, le nombre de voyages par habitant desservi a atteint 129 en 2007, soit, sur dix ans, une progression de 29 %. La croissance de l’offre suit mais moins vite : +11,5 % en dix ans dans les grands réseaux.
Pour le premier semestre 2008, les chiffres donnent même le tournis : +6,6 % de trafic dans les 101 réseaux de province, +6,3 % pour les TER. Les 3 % de la RATP (quand même !) paraissent timides en comparaison, et reflètent probablement la saturation des réseaux et un certaine ralentissement de l’activité économique en Ile-de-France.
Ces statistiques font dire à Michel Cornil, président de l’UTP, que « la France a rattrapé son retard par rapport aux pays les mieux dotés en transports publics (Pays-Bas, Europe du Nord) ». La preuve, le taux de couverture s’améliore pour la première fois en dix ans, puisque les recettes ont augmenté (environ 7 % sur le premier semestre 2008) tandis que les dépenses stagnent. Le taux d’utilisation est en effet à son plus haut niveau.
Deux ombres dans ce tableau quasi idyllique, tout de même. D’abord les résultats plus modestes des réseaux de villes moyennes ou petites. L’absence de TCSP y entrave le report modal, de même que le moindre développement des solutions tarifaires (abonnements, offres intégrées) et de billettique. Les BHNS suffiront-ils ? Faut-il encourager des tramways légers moins chers ? Ou même des solutions de financement plus accessibles ? Car on arrive vite à la deuxième ombre au tableau, la question du financement de l’accroissement de l’offre, non seulement en investissements, mais aussi, les gestionnaires des autorités organisatrices le savent bien, en exploitation. « Le Grenelle de l’Environnement a suscité beaucoup, rappelle Michel Cornil, mais il faut déboucher concrètement dans les projets de loi à un soutien fort de l’accroissement de la demande. »
Devant cette transformation des modèles économiques (« Nous sommes clairement passés à une économie de la demande », constate Bruno Gazeau, délégué général de l’UTP), élus et opérateurs se montrent aussi enthousiastes qu’inquiets. Et se tournent vers l’Etat, qui promet avec parcimonie quelques bonnes nouvelles aux uns et aux autres. Mais pour l’instant, les comptes n’y sont pas pour les collectivités.
Gilles DANSART
Grand Lyon : plus d’un milliard d’euros d’ici 2014
Malgré le contexte économique, le Sytral a prévu d’investir davantage que lors du précédent mandat « On ne doit pas baisser la garde. La capacité à investir des collectivités locales en période de crise nous confère très directement une responsabilité économique et politique importante » a indiqué Bernard Rivalta, président du Sytral (Syndicat Mixte des Transports pour le Rhône et l’Agglomération Lyonnaise), lors de la présentation des investissements du plan de mandat 2008-2014. Après « les années 1999-2008 exceptionnelles sur le plan financier » qui ont permis un effort d’investissements très important dans de nouveaux projets structurants, la décennie 2009-2018 sera « nettement moins favorable » selon le Sytral.
Malgré le contexte économique morose et les incertitudes pour l’avenir, ce volontarisme politique se traduit par un volume d’1,12 milliard d’euros d’investissements programmés d’ici 2014. Le niveau d’investissement s’annonce donc légèrement supérieur à celui du mandat précédent (1 milliard d’euros). Il restera à voir l’effet de l’inflation en bout de course. Pour l’heure, les investissements se répartissent en trois catégories de dépenses. D’abord, celles pour les projets lancés dans le précédent mandat et qui se termineront d’ici 2014. Il y a ainsi une douzaine d’opérations en cours pour un montant de 487,7 millions d’euros. La plus importante concerne l’extension de la ligne B du métro depuis Lyon-Gerland à Oullins, soit 222 millions d’euros pour un prolongement de 1,7 kilomètre en passage sous-fluvial. Autre opération marquante, réalisée pour moitié : la ligne de tramway T4 entre Feyzieu et Lyon-Part-Dieu (16 km) mobilisera 136,6 millions d’euros.
Par ailleurs, le plan intègre des investissements récurrents pour 292,3 millions d’euros. Un tiers (97 millions d’euros) est consacré à l’acquisition d’autobus, 12,6 millions pour l’achat de trolley-bus Cristalis, et 10,6 millions pour la rénovation d’autobus. Parmi les grandes opérations, il faut souligner l’aménagement du matériel roulant ferré (36,3 millions) pour la ligne D du métro destiné à augmenter la capacité d’accueil de voyageurs. Enfin, le plan de mandat va engager des investissement nouveaux pour 342 millions d’euros en vue de financer les projets qui seront lancés ou réalisés d’ici 2014. Une dizaine d’opérations sont prévues, dont trois grands projets d’infrastructures : l’extension du tramway T1 depuis Perrache/ Confluence vers Gerland/Debourg (70 millions), le prolongement de T2 à Eurexpo et vers le futur grand stade (88 millions d’euros), la desserte du grand stade de l’OL par le « débranchement » du tramway T3 (17 millions). Ce dossier du Grand stade a d’ailleurs provoqué l’abstention de quatre élus Vert et de l’Est Lyonnais opposés aux conditions de desserte. 25 millions d’euros sont également prévus pour financer des études et consultations pour l’évolution du matériel roulant métro. Le Sytral estime ainsi que la modernisation et l’extension du parc de nouveaux matériels nécessitera quelque 500 millions d’euros d’investissement à l’horizon 2015-2020. Les études concerneront aussi des sujets sensibles comme le maillage périphérique de l’agglomération (avec les projets A7 et A8 au sud et à l’est de Lyon) et l’intégration des territoires limitrophes dans une future autorité des transports.
Claude FERRERO
Une nouvelle attractivité grâce au TGV pour Reims
Le TGV couplé à une offre de transports urbains bien articulée est un atout supplémentaire pour l’activité économique de la ville Ville à moins d’une heure de Paris – 45 minutes en TGV – Reims entend miser sur son attractivité économique. Argument premier ? L’argent ! Un salarié parisien coûterait en moyenne 10 000 euros de plus qu’un salarié habitant à Reims. Il y a 4 ans déjà, la Chambre de Commerce et d’industrie et la ville de Reims se sont associées pour créer une structure associative : Jean-Yves Heyer préside l’association Reims champagne développement dont le but est de convaincre des patrons parisiens de venir s’installer à Reims. Un samedi de septembre il a ainsi invité une cinquantaine de patrons d’entreprises parisiennes pour leur montrer et démontrer le caractère tout à fait rentable de l’affaire. A l’évidence la concurrence est rude : toutes les villes à une heure de Paris revendiquent les mêmes atouts. Orléans, Le Mans, Senlis, Caen… la liste est longue. A charge d’un réseau de transport entièrement repensé d’emporter la mise. Car davantage que des déménagements de salariés travaillant en région parisienne et résidant en province, il s’agit de convaincre des entreprises et leurs salariés de vivre là. Et un réseau performant de transports est un argument décisif. En outre, le potentiel économique de la ville est accentué. Séminaires et congrès se multiplient. Comme le souligne fort justement Adeline Hazan, s’il n’y avait eu le TGV les socialistes auraient-ils tenu leur congrès à Reims ?
Jeanne BELLEVUE
Montréal s’ouvre à l’est
Montréal étend son offre avec le projet d’une 6e ligne de train de banlieue et l’achat de matériel Bombardier. Parallèlement, deux lignes de métro seront prolongées La crise pétrolière, les contraintes environnementales, l’échec de la logique du tout automobile face à la densification croissante et les contraintes topographiques d’une vaste île urbanisée accélèrent l’évolution des réseaux de transports publics de Montréal, principalement de et vers la périphérie. La métropole québécoise, dont la ville centre est la deuxième du Canada avec 1,7 million d’habitants, affiche 3,6 millions d’habitants avec ses villes satellites (Laval, 380 000, Longueil 230 000, Repentigny 78 000…). Elle voit la fréquentation de ses cinq lignes de trains de banlieue croître de 12 % cette année tandis que celle du métro et des bus urbains de Montréal augmentait de 3,8 % sur les quatre premiers mois.
La principale extension du réseau à venir concerne précisément ces trains de banlieue. Une sixième ligne desservira, en 2010, le nord-est de l’agglomération, secteur jusqu’ici totalement privé de ce type de services. Il porte déjà le nom de « train de l’Est ».
Sur 52 kilomètres, cette desserte constituera la troisième ligne au départ de Bonaventure, gare généreusement dimensionnée lors de sa construction en 1943 (une vingtaine de voies dont six traversantes nord-sud) et qui accueille par ailleurs la quarantaine de mouvements quotidiens de trains à longue distance Via Rail et Amtrak. Utilisant les voies du Canadien National (CN) électrifiées dans le tunnel du Mont-Royal, en tronc commun avec la ligne de Deux-Montagnes, le « train de l’Est » quittera cette dernière juste avant la station Montpellier, au nord du Mont-Royal, pour emprunter la voie unique, qui sera partiellement doublée, courant à environ un kilomètre au sud de la berge de la rivière des Prairies. Il franchira cette dernière à l’extrême pointe nord-est de l’île par un pont-rail existant, pour atteindre Repentigny. De là, innovation majeure au Québec, une infrastructure ferroviaire entièrement nouvelle à voie unique sera construite sur le terre-plein de l’autoroute 640 sur 12 km jusqu’à Mascouche, son terminus, où elle rejoindra brièvement l’emprise du CFQG (Chemin de fer Québec-Gâtineau).
Onze nouvelles stations seront établies dont 7 sur l’île de Montréal. Il faudra y ajouter trois stations utilisées en commun avec la ligne de Deux-Montagnes à double voie sur cette section : Mont-Royal, Canora et Bonaventure. En revanche la correspondance avec la ligne de Saint-Jérôme, franchie par un pont-rail près de la station Chabanel, ne paraît pas devoir être assurée.
Autre innovation, la traction sera assurée par cinq locomotives bi-modes diesel et électrique. Ces engins seront construits par Bombardier dans le cadre d’une commande groupée avec la New Jersey transit corporation (NJT), qui en achètera 26. La NJT est confrontée au même problème que l’AMT (Agence métropolitaine de transport) : franchir en mode électrique un long tunnel n’acceptant pas la traction thermique puis rouler sur de longues sections dont la densité de trafic ne commande pas l’électrification.
Les voyageurs se verront offrir sur ce « train de l’Est » une trentaine de voitures à deux niveaux entièrement neuves, construites elles aussi par Bombardier dans le cadre d’une commande de 160 véhicules de ce type destinés à l’ensemble du réseau AMT (hors ligne Deux-Montagnes exploitées en automotrices électriques modernes). Il y a urgence : plus de 60 % de la flotte actuelle de l’AMT (voitures et locomotives) affiche plus de 40 années de service.
Pour un temps de parcours de 62 minutes de bout en bout, le nombre d’allers-retours quotidiens du train de l’Est sera de huit en jour ouvrable de base dans un premier temps.
Le coût du projet est estimé à 300 millions de dollars canadiens (environ 210 millions d’euros) financés à 75 % par le gouvernement provincial du Québec et à 25 % par l’AMT, établissement public provincial autonome.
Côté améliorations du réseau banlieue existant, l’AMT a créé un cinquième aller-retour quotidien sur la ligne de Mont-Saint-Hilaire, au sud, alors que les quatre rotations actuelles affichent déjà complet avec 6 600 montées quotidiennes. L’ajout de ce nouveau service portera la capacité à plus de dix mille places par jour.
Cette décision conclut en fait une affaire assez cocasse. L’AMT s’est résolue à la prendre alors que depuis 2002 elle réservait déjà ce cinquième sillon à CN, qui possède l’infrastructure sur laquelle elle fait rouler ses trains de fret, mais avait renoncé à l’utiliser faute de matériel roulant et d’une entente financière avec les municipalités desservies. Or, en avril dernier, une décision arbitrale a condamné l’AMT à payer ces sillons non utilisés mais réservés, pour une somme cumulée de 3,5 millions de dollars canadiens (2,8 millions d’euros). Cela correspond à la bagatelle de 100 000 dollars par mois avec une rétroactivité toutefois limitée à octobre 2005.
Le partenaire d’AMT, New Jersey Transit, ayant entre-temps réformé une série de voitures et de locomotives, l’AMT a décidé de lui louer une de ces rames en attendant la livraison des matériels neufs en construction.
Au demeurant, l’AMT prévoit dans son budget prévisionnel 2008-2010 l’investissement d’une vingtaine de millions de dollars supplémentaires (13 millions d’euros) sur cet axe.
Sur le réseau du métro, l’extension de la ligne 2 (Orange) par une traversée sous-fluviale de Henri-Bourrassa à Laval (Montmorency), soit 5,2 km et trois stations supplémentaires pour un coût de 745 millions de dollars (500 millions d’euros) ouverte fin avril 2007, a entraîné une hausse de 26 % de l’offre et de 7 % du trafic.
Sur l’ensemble du réseau métro, l’augmentation de l’offre était de 17 % au premier semestre 2008 sur celui de 2007, avec un effort principalement marqué hors heures de pointes. Les intervalles ont été réduits de 7,5 à 6 minutes en journée hors pointes sur les lignes 1 (verte) et 2.
Parallèlement, la STM, qui exploite le réseau métro et bus de Montréal, a lancé un appel d’offres fin juillet pour le remplacement des rames MR 63 sur pneus mises en service à partir de 1966 (336 caisses). Ce marché s’élève à un milliard de dollars. Contrairement à ce matériel ancien conçu en coupons autonomes de trois caisses (dont deux motrices) pouvant circuler en unités multiples de trois coupons (9 caisses), le nouveau matériel est prévu sous forme de rames indéformables de 9 caisses. Il est vrai que les deux grandes lignes (1 et 2) sont exploitées en permanence avec des rames en composition maximale.
Notons que deux projets d’extension du métro à long terme sont dans les cartons : la ligne bleue (5) vers l’est au-delà de Saint-Michel (nord-est) et la ligne Orange (2) au-delà de Côte-Vertu (nord-ouest).
Côté tarification enfin, la STM est en train d’abandonner le système très nord-américain du voyage sans titre de transport. Jusqu’ici le voyageur introduisait un petit ticket magnétique dans un boîtier de tourniquet qui lui ouvrait le passage sans restitution du coupon. Pour les correspondances métro-bus, le voyageur devait de lui-même aller chercher une contremarque.
En cet automne 2008, la STM achève son basculement vers un système très européen. Il inclut soit une carte cartonnée validée et restituée à chaque passage, pouvant servir à la correspondance, soit une carte magnétique sans contact. Cette dernière, baptisée Carte Opus, permet la circulation sur les réseaux bus de l’agglomération, sur le métro et sur les trains de banlieue de l’AMT grâce à un système de validation normalisée.
Michel-Gabriel LEON