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Catégorie : Industrie
Retrouvez toute l’actualité de l’industrie des transports et de la mobilité, des entreprises du secteur, nominations, contrats…

La reprise d’Ascoval par Saarstahl confirmée par le tribunal de commerce de Paris
Un mois après l’annonce d’un accord de principe pour le rachat des sites sidérurgiques Liberty Steel de Hayange (Moselle) et Ascoval de Saint-Saulve (Nord) par Saarstahl, le tribunal de commerce de Paris a acté, le 2 août, la reprise par le sidérurgiste allemand du deuxième de ces sites au cœur de la filière française de production de rails.
Rappelons que Saarstahl avait déjà la préférence des salariés et de leurs représentants, apportant deux siècles d’expérience dans la sidérurgie, des liquidités… et surtout l’espoir d’une stabilité et d’une visibilité à long terme (avec « verdissement » de la filière) pour deux sites qui ont changé de propriétaire presque tous les ans ces derniers temps…
La filière ferroviaire française prépare son avenir
Représentant un million d’emplois et 34 milliards d’euros de chiffre d’affaires répartis entre plus de 1 300 entreprises de toutes tailles (opérateurs, constructeurs, ingénieries de transport, équipementiers… ), la filière ferroviaire française mérite bien qu’on se penche à son chevet. D’où la signature, le 9 juillet, de l’avenant du contrat de filière du Comité stratégique de filière (CSF) ferroviaire, par Henri Poupart-Lagarge, son président, et Jean-Baptiste Djebbari et Agnès Pannier-Runacher, respectivement ministre délégué des Transports et ministre déléguée de l’Industrie, pour renforcer les capacités d’innovation du secteur.
Dans ce cadre, l’association CARE (pour « Compétitivité, Accompagnement, Rail, Emploi »), qui regroupe la plupart des grands donneurs d’ordres et les organisations professionnelles du secteur ferroviaire français, s’est vu attribuer une subvention de 729 000 euros par l’Etat « pour accompagner son extension au niveau national et soutenir 108 entreprises sur une période de 3 ans« .
Pour Jean-Pierre Audoux, son président, « cette somme représente la moitié du financement nécessaire à nos projets en faveur des 108 entreprises que nous souhaitons soutenir. Elle va nous permettre de pérenniser l’action de CARE et d’atteindre nos objectifs« . Cette subvention complète les financements régionaux déjà annoncés ces dernières semaines par Hauts-de-France et Auvergne-Rhône- Alpes (AURA). La subvention sera perçue via une convention de financement signée avec BPI France, comprenant aussi un volet aides-conseils et formation (e.learning).
CARE a en effet identifié 18 grappes d’entreprises prioritaires (chaque grappe comprenant six entreprises) qu’elle souhaite accompagner dans les prochaines années pour les rendre plus compétitives. Il s’agit de les aider à rester dans la course face à la concurrence redoutable des industriels chinois, indiens, polonais ou tchéques. CARE a d’ailleurs annoncé, le 9 juillet, la création d’un groupe d’entreprises en région AURA autour d’Alstom et SNCF Voyageurs. « Six entreprises ont d’ores et déjà été identifiées pour participer au dispositif dont le démarrage effectif aura lieu fin septembre », a-t-elle indiqué. Une étape décisive pour l’association.
Parmi les autres annonces destinées à renforcer la filière, citons aussi la création du « CORIFER », comité d’orientation de la recherche et développement et de l’innovation du ferroviaire. Et son appel à manifestation d’intérêt (AMI) qui « s’adresse à des entreprises ou entités de recherche et innovation de la filière ferroviaire, qui souhaitent lancer des projets de R&D innovants et durables en matière de mobilité« , indique un communiqué. « Il s’inscrit dans le cadre du soutien à l’innovation du plan France Relance et, plus largement, du quatrième Programme d’investissements d’avenir« , est-il précisé.
MH P

IDFM lève une option sur 19 rames MP14 pour la ligne 11
Alstom fournira 19 rames MP14 de 5 voitures avec cabine de conduite pour la ligne 11 du métro parisien, exploitée par RATP. D’un montant total de 132 millions d’euros, financé à 100 % par Île-de-France Mobilités (IDFM), cette levée d’options s’inscrit dans le cadre du marché MP14 signé en mars 2015 entre la RATP (mandatée par IDFM) et Alstom.
Le marché MP14 porte sur la livraison d’un maximum de 217 trains MP14 sur 15 ans pour un montant total de plus de 2 milliards d’euros. Sur ce total, la tranche ferme concernait 35 rames à conduite automatique de 8 voitures pour la ligne 14, dont les premières sont entrées en service en octobre dernier (une vingtaine de rames devraient être livrées d’ici la fin de l’année). Une première tranche conditionnelle de 20 rames à conduite automatique de 6 voitures avait été levée en janvier 2017 pour la ligne 4, dont les premières sont aux essais. Une deuxième tranche conditionnelle de 20 rames de 5 voitures avec cabine de conduite avait été levée en février 2018 pour la ligne 11, dont la première doit entamer des essais de validation sur voie RATP cet été.
Les rames MP14 destinées à la ligne 11 se distinguent de celles pour les lignes 4 et 14 par leur cabine de conduite, qui « a bénéficié du retour d’expérience des cabines de générations précédentes », souligne Alstom : « leur design est doté des dernières avancées en matière d’ergonomie et a été validé par les conducteurs RATP et les médecins du travail ». Côté voyageurs, le changement sera également notable : en particulier, le MP14 devrait être « 40 % plus silencieux » que les rames actuelles MP59 de la ligne 11.
P. L.

Bourgogne-Franche-Comté commande 6 Régiolis de plus à Alstom
La région Bourgogne-Franche-Comté a commandé à Alstom 6 rames Régiolis (Coradia Polyvalent) de plus, pour « un montant d’environ 47 millions d’euros » selon le constructeur (montant qui pourrait atteindre « environ 65 millions d’euros » en cas de levée d’option complémentaire portant sur deux rames).
Ces rames de 6 voitures, en version électrique, offriront une capacité totale de 355 places assises en aménagement intérieur de type « Intercités » (haut niveau de confort, sièges inclinables). Elles sont conformes aux requis de la dernière version de normes STI PMR (Spécification Technique d’Interopérabilité pour les Personnes à Mobilité Réduite), offrant notamment un espace toilettes plus spacieux, ainsi qu’un aménagement facilitant les déplacements des personnes à mobilité réduite.
Ces 6 Régiolis viennent s’ajouter aux 40 rames électriques (24 de 4 voitures et 16 de 6 voitures) déjà commandées par la région Bourgogne-Franche-Comté, dont 24 ont été livrées. « Cette commande supplémentaire permettra l’amélioration notoire du confort de la desserte du nord de l’Yonne à compter de fin 2023 », précise Marie-Guite Dufay, présidente de la région.

L’usine de rails de Hayange et Ascoval changent (encore) de propriétaire
Il y a à peine un an, l’usine de Hayange (Moselle), principal fournisseur de rails de SNCF Réseau, était reprise, avec l’aciérie Ascoval de Saint-Saulve (Nord), par le groupe britannique Liberty Steel. Mais ce dernier, à peine huit mois après avoir reçu le feu vert du ministère de l’Économie et de la chambre commerciale du tribunal judiciaire de Strasbourg, était déjà à la recherche d’un repreneur, suite à la faillite d’un de ses financeurs, le groupe britannique Greensill, en mars dernier. Après avoir lancé un appel à des acheteurs potentiels en avril, Liberty Steel a conclu un accord de principe avec l’un des trois candidats, le groupe sidérurgique Saarstahl, du Land allemand voisin de Sarre. Les deux autres offres avaient été déposées par ArcelorMittal (déjà candidat à la reprise des deux sites il y a un an) et le groupe italien Beltrame.
Intégrée en 1999 au groupe Corus, l’usine de Hayange a été successivement propriété de Tata Steel France Rail en 2010, British Steel France Rail en 2016, puis, après la faillite du groupe sidérurgique britannique en mai 2019, France Rail Industry, avant d’être reprise par Liberty Steel en août dernier. Elle compte actuellement 430 salariés, contre 280 pour le site Ascoval de Saint-Saulve, que British Steel avait repris au franco-belge Altifort en 2018.
Annoncée par Bruno Le Maire, ministre de l’Économie, et Agnès Pannier-Runacher, ministre déléguée à l’Industrie, la reprise des sites français de Liberty Steel par le sidérurgiste sarrois avait la préférence des syndicats, le nouveau repreneur étant en mesure de rembourser en partie les dettes de l’ancien propriétaire, tout en maintenant l’emploi pour 36 mois et le plan d’investissement de Liberty Steel, qui visait à mettre sur pied « une filière franco-française » du rail (les deux sites industriels travaillent déjà ensemble) et de produire de l’acier « vert », c’est à dire neutre en carbone. De plus, la production de rails est une nouvelle activité pour Saarstahl, alors qu’ArcelorMittal ne manque pas de laminoirs…
Pour ce qui est de la suite des événements, Saarstahl et sa maison-mère, le groupe SHS, « sont pleinement mobilisés aux côtés de toutes les parties et des équipes d’Ascoval et Hayange afin de parvenir à un accord définitif d’ici la fin de l’été 2021 ».
P. L.

Commande « historique » d’Amtrak à Siemens
Pour ses 50 ans, Amtrak s’offre une cure de jouvence en commandant 73 trains du nouveau type Venture à Siemens Mobility, pour qui il s’agit du plus important marché jamais attribué en Amérique du Nord, avec une valeur de 3,4 milliards de dollars (2,9 milliards d’euros). Outre la conception et la fabrication de ces trains, le marché en comprend également la maintenance (y compris l’assistance technique, les pièces de rechange et les livraisons). Et si nécessaire, le marché peut compter jusqu’à 140 trains de plus, ainsi que d’autres contrats de maintenance.
Avec ce nouveau matériel roulant, dont la livraison devrait s’étaler de 2024 à 2030, les trains classiques d’Amtrak vont véritablement passer du XXe au XXIe siècle en mettant en oeuvre la traction hybride à batteries ou bimode (le réseau ferré américain est peu électrifié, une fois sorti du corridor nord-est entre Washington, New York et Boston), mais aussi la maintenance prédictive et le suivi en temps réel…
Ces trains sont destinés au corridor nord-est, ainsi qu’à plusieurs dessertes subventionnées de service public (notamment dans le Maine, le Massachusetts, l’Etat de New York, la Caroline du Nord, l’Oregon, le Vermont, la Virginie et l’Etat de Washington), dans une perspective de hausse de la fréquentation de ces dessertes. Ce matériel roulant sera particulièrement communiquant, avec le wifi, une télésurveillance et la possibilité d’effectuer des diagnostics pour en améliorer la fiabilité. Ces fonctions permettront à Amtrak de tester et de développer de nouvelles technologies, tout en introduisant de nouveaux concepts de maintenance en vue d’augmenter la disponibilité et de réduire les coûts à long terme. En outre, ces trains offriront des sièges « plus confortables », des prises électriques et USB individuelles, un éclairage « amélioré » et de fenêtres panoramiques. Une restauration « contemporaine » sera proposée, y compris une option self-service, ainsi qu’un système d’informations voyageurs « le plus moderne », un système numérique de réservation de sièges et des écrans de navigation. Ces trains ont été conçus « en tenant compte des dernières normes de santé et de sécurité » et disposent d’un système de ciimatisation et de chauffage « moderne », d’équipements sans contact dans les toilettes et de marchepieds automatiques. De plus, ces trains devront respecter les dernières normes d’accessibilité d’Amtrak, avec des systèmes auditifs inductifs, des toilettes aux normes, des intercirculations et des espaces de restauration adaptés, ainsi que des ascenseurs pour les passagers à mobilité réduite, y compris les utilisateurs de fauteuils roulants. Les trains seront enfin conformes aux dernières directives et normes de sécurité passive.
Buy America Act oblige, les trains seront fabriqués dans l’usine de production nord-américaine de Siemens Mobility à Sacramento (Californie), en conformité avec les exigences actuelles de la Federal Railroad Administration (FRA).
P. L.

Le bogie « made in France » du Cityval de Texelis et Siemens à l’Élysée
Parmi les réalisations présentées à l’Elysée les 3 et 4 juillet dans le cadre des journées du « Fabriqué en France », les visiteurs auront pu voir le bogie produit et assemblé par Texelis pour la nouvelle génération de métros automatiques Cityval et Airval de Siemens Mobility. En fait de bogie, il s’agit d’un organe de roulement mono-essieu d’une « capacité de charge de plus de 14 tonnes » destiné aux métros sur pneus sans conducteur dérivés du VAL.
Concepteurs de ponts et de chaînes cinématiques pour véhicules lourds de transport public et militaires, Texelis est en particulier spécialiste des bogies pour métros sur pneus, mais aussi pour les tramways et les trams trains. Cette entreprise est basée à Limoges, où elle a repris il y a 12 ans ces productions auparavant assurées par Renault Trucks. Le bogie présenté à l’Elysée a été développé conjointement avec les équipes d’ingénierie de Siemens Mobility à Toulouse, donc « entièrement fabriqué dans l’hexagone », comme le précisent les deux entreprises.
Si une des premières applications de ce bogie se trouve en France, du fait qu’il équipe les rames de métro automatique Cityval de la ligne b de Rennes, il s’agit également d’un produit d’exportation, vu qu’il équipe aussi les véhicules Airval destinés aux dessertes des aéroports de Bangkok et Francfort.

Un vote pour le design du MI20 francilien
Île-de-France Mobilités (IDFM) a dévoilé, le 1er juillet, les premières images du design des futures rames MI20 du RER B. Trois propositions ont été faites pour la face avant et les éléments du design intérieur, sur lesquelles les Franciliens sont invités à se prononcer jusqu’au samedi 31 juillet minuit sur un site internet prévu à cet effet.
Rappelons que ces rames MI20, ont été commandées au Groupement Alstom (mandataire, en tant que repreneur de Bombardier Transport) / CAF et seront exploitées par la RATP et Transilien SNCF. Une caractéristique de ce matériel roulant, dont la longueur totale atteindra 104 m (comme les rames MI79 et MI84 actuelles), sera de comporter sept voitures courtes, alternativement à deux et un niveau. Le MI20 offrira 345 places assises, soit environ 20 % de plus que les rames rénovées actuelles, et 1 070 places au total, soit un gain d’environ 35 % de capacité à longueur égale. L’accent a été mis sur l’accessibilité, la climatisation, la vidéo-protection (avec transmission des images), ainsi que l’installation de prises USB et de nombreux écrans d’information.

Trois propositions différentes de design intérieur (sièges, éclairage sous voussoirs, préhension en plateforme et tapis de sol) « Les premières esquisses ont été présentées aux associations d’usagers », indique le communiqué commun IDFM, RATP, SNCF, Alstom et CAF, qui ajoute que le design des futurs MI20 choisi par les Franciliens sera présenté à la rentrée 2021. Selon la même source, la livraison de la première rame du RER B est prévue dès fin 2025, les dernières étant attendues fin 2030.

Nantes Métropole commande 12 trams Citadis de plus à Alstom
Un an après avoir choisi le Citadis d’Alstom, Nantes Métropole a passé à Alstom une commande supplémentaire portant sur 12 tramways, qui porteront la commande à 61 unités, pour un montant total de « près de 217 millions d’euros », selon leur constructeur.
La livraison de la première de ces trams, qui représentent la quatrième génération pour Nantes depuis 1985, est prévue fin 2022.

Premier succès pour CARE, l’association qui veut faire gagner en compétitivité la filière industrielle ferroviaire
Un an après son lancement officiel, CARE (pour « Compétitivité, Accompagnement, Rail, Emploi ») engrange son premier succès : dans un courrier du 15 juin, Xavier Bertrand a fait savoir à l’association qu’il cofinancerait trois nouvelles « grappes » de PME-PMI (chaque grappe regroupant six entreprises) dans sa région entre 2021 et 2022. Cette décision du président des Hauts-de-France intervient après une première opération-pilote de CARE animée par Alstom avec l’AIF ( (Association des Industries Ferroviaires des Hauts-de-France) auprès de six équipementiers régionaux. Xavier Bertrand, qui vient d’être réélu à la tête de sa région, prévoit une aide de 243 000 euros pour aider ces nouvelles grappes d’entreprises, auxquels s’ajouteront d’autres contributions. Le but étant d’accompagner pendant un an ces entreprises pour améliorer leurs performances industrielles.
Rappelons que CARE regroupe la plupart des grands donneurs d’ordres et les organisations professionnelles du secteur ferroviaire français avec l’objectif de renforcer la qualité industrielle de la filière en la rendant plus compétitive dans les toutes prochaines années. Autrement dit de lui donner les moyens de rester dans la course face aux industriels indiens, polonais, tchéques, voire allemands, qui disposent d’atouts de taille dans ce marché très concurrentiel. Faute de quoi nombre d’entre elles, y compris les plus pertinentes, pourraient disparaître alors que la filière française compte 1300 fournisseurs.
L’association a identifié au total 18 grappes d’entreprises à aider prioritairement, en partenariat avec les régions. Ce qui représente 108 entreprises et quelques milliers d’emplois.
Concrètement, un expert indépendant sera mandaté dans les PME retenues pour déterminer de nouveaux process permettant d’améliorer la performance industrielle (délais de livraison, qualité des pièces fournies, conditions de travail, gestion des compétences.. ). L’objectif étant de gagner de 10 à 20 % de productivité. « Nous nous sommes inspirés de l’association Space France, qui développe des projets communs dans le secteur aéronautique et spatial et bâtit des plans d’actions pour atteindre un haut niveau de performances industrielles requis sur les marchés mondiaux. Nous nous sommes dit : Pourquoi ne pas faire un Space ferroviaire ? Nous avons alors noué des liens avec eux« , raconte Jean-Pierre Audoux, le président de CARE, et ancien délégué général de la FIF (Fédération des industries ferroviaires).
Le principe repose sur un co-financement pour aider les PME : la région paye 50 % des coûts, tandis que les 50 % restants sont pris en charge pour les trois quarts par CARE et les donneurs d’ordre (Alstom, CAF et SNCF Voyageurs) et pour le reste par la PME elle-même.
Selon Jean-Pierre Audoux, il y a urgence à agir. « Nous avons 2 ou 3 ans devant nous pour réagir et inverser la tendance« .
D’autres régions devraient suivre, comme Auvergne-Rhône-Alpes, Pays de Loire ou Nouvelle Aquitaine.Marie-Hélène Poingt