Catégorie : Infrastructures

Retrouvez toute l’actualité des infrastructures de transports:  travaux, maintenance des lignes, gares, ouvrages d’art, viaducs et ponts ferroviaires.

  • La Nouvelle-Aquitaine prépare son big-bang du rail

    La Nouvelle-Aquitaine prépare son big-bang du rail

    Pour s’adapter à la LGV qui sera mise en service à partir du 2 juillet, mettant Bordeaux à 2 heures 05 de Paris (contre 3 heures 15 aujourd’hui), le TER se réorganise : nouveaux horaires et nouvelle politique tarifaire sont au programme.
    « 2017 va être déterminante pour l’avenir du ferroviaire dans notre région. L’arrivée de la LGV va structurer la nouvelle offre, avec des changements radicaux. C’est un travail de Romain pour harmoniser cette offre, revoir toutes les correspondances pour que ce gain d’une heure entre Bordeaux et Paris soit diffusé sur l’ensemble du territoire et réponde aux besoins des 53 000 passagers quotidiens des TER et de ses 16 500 abonnés. Les horaires vont changer pour les 700 circulations quotidiennes dans les 314 gares et haltes TER Nouvelle-Aquitaine. Une première vague d’affichage pour informer les usagers sera déployée lors du premier comité de ligne en avril », annonce Renaud Lagrave, vice-président de la région Nouvelle-Aquitaine chargé des Infrastructures et des Transports et des Mobilités. Il s’agit en effet d’un enjeu majeur pour la région. « L’axe rhodanien a tout eu, c’est notre tour, le tour de l’Atlantique », précise-t-il.

    La fusion des régions (Aquitaine, Limousin et Poitou-Charentes qui ont donné naissance à la Nouvelle-Aquitaine) passe aussi par l’harmonisation des tarifs dont la première phase a commencé. Le bilan sur les trois nouvelles offres « petits prix » mises en place est positif. L’offre Tribu pour concurrencer le covoiturage a séduit 329 000 voyageurs. Les forfaits Pass Océan vers la côte Atlantique ont connu une hausse de 15 % par rapport à 2015, et Fest’TER pour se rendre aux événements régionaux majeurs une hausse de 47 %.

    Avant l’été, deux nouveaux tarifs vont être mis en place : un billet pour les moins de 28 ans voyageant occasionnellement et un tarif dédié aux groupes scolaires. La région ayant récupéré la compétence du transport interurbain et scolaire à partir du 1er septembre, elle prépare actuellement le schéma régional d’aménagement et de développement durable du territoire, avec la création d’un syndicat mixte de la mobilité.

    « A l’heure de la COP21, des enjeux environnementaux, tout converge vers le même objectif : favoriser le déclic train. En tant qu’autorité organisatrice des transports régionaux de voyageurs en charge des dessertes et des gares TER, nous avons organisé 19 comités de ligne, ouverts aux usagers, pour recenser les besoins et répondre à leurs exigences », précise Renaud Lagrave. Il ne s’en cache pas : les débats promettent d’être animés. Car si la région a investi massivement, 485 milliards d’euros au total, principalement pour l’acquisition et la rénovation de rames, « ça rame côté SNCF » : « Pas un jour sans retard, limitations de vitesse… La baisse de fréquentation de 6 % en 2016 est scandaleuse, surréaliste ! Nous avons demandé à Patrick Jeantet, PDG de SNCF Réseau, un plan d’urgence d’investissement sur la Nouvelle-Aquitaine. La région verse des millions dans le cadre de la maintenance du réseau mais les résultats ne sont pas au rendez-vous », s’agace le président de la région. Qui a véritablement engagé un bras de fer avec la SNCF afin que les trains gagnent en régularité et soient plus fiables. Pour la région, « c’est un vrai choix d’avenir. Nous continuons à y croire ».

    Bénédicte Chapard

  • Flixbus réalise une deuxième enquête client sur les gares routières

    Flixbus réalise une deuxième enquête client sur les gares routières

    Au printemps 2016, l’allemand Flixbus avait réalisé une enquête que la qualité perçue par les utilisateurs des gares routières françaises. L’opérateur aux cars verts vient de récidiver avec une étude menée auprès de 40 000 clients en Europe (un quart en France) toute fin de 2016 et dont il vient de publier les résultats : sur 116 arrêts notés, 67 % de satisfaits. L’entreprise note une progression de cinq points du taux de mécontents et des priorités plus affirmées. « Sur les 30 arrêts ayant recueillis le plus de suffrages, plusieurs constats, précise son communiqué. Les notes vont presque du simple au double entre les mieux notés – Grenoble et Toulon – et la lanterne rouge, Massy-Palaiseau ; les arrêts des villes de taille moyenne s’en sortent mieux que ceux des grandes villes ; les arrêts situés en Ile-de-France recueillent les moins bons suffrages. »

     

  • Les futures places du Grand Paris à l’étude

    La Société du Grand Paris (SGP) vient de désigner un groupement piloté par l’agence d’architecture et d’urbanisme internationale TVK qui sera chargé de définir les grands principes d’aménagement des futures places situées à proximité des pôles d’échanges autour des gares du Grand Paris Express. Le groupement a deux ans pour réaliser une étude prospective. Objectif : « offrir aux usagers des conditions d’accès et de correspondance sûres, efficaces et confortables, dès la mise en service du Grand Paris Express, entre 2022 et 2030 », explique la SGP dans un communiqué. Afin d’assurer une cohérence, la SGP a également engagé une démarche sur l’intermodalité numérique et électrique et les espaces publics, appelée « Atelier des places du Grand Paris ».

    Cette démarche globale est une première par son ambition et son ampleur territoriale. Pour réaliser cette mission TVK, agence qui a notamment réaménagé la place de la République à Paris, est accompagnée des paysagistes TN+ (copilote), mais aussi de Ville Ouverte (méthodes d’animation, coconstruction), du conseil en environnement Franck Boutté Consultants, du spécialiste de la lumière ON et de Soline Nivet Architecture (pour la mise en récit des sites). Le groupement développera prochainement les thèmes : « accessibilité et confort », « vitesse apaisée », « informer et signaler », « paysage et trame verte », « mise en lumière et éclairage », « flexibilité des aménagements ».

  • « Nous visons 200  à 250 millions d’euros  de cessions par an »

    « Nous visons 200 à 250 millions d’euros de cessions par an »

    Entretien avec Benoît Quignon, directeur général de SNCF Immobilier. SNCF Immobilier assume la gestion unifiée du patrimoine de la SNCF. Son directeur général, Benoît Quignon, nous en expose les objectifs : réduire les frais immobiliers du groupe, rationaliser l’outil de production, céder du foncier inutile mais aussi gérer de nouvelles recettes en contribuant au développement de nouveaux quartiers urbains près des gares.

     

    Ville, Rail et Transports. Vous avez pris les clefs de SNCF Immobilier à la suite de Sophie Boissard il y a un an. Comment la nouvelle ligne métier SNCF Immobilier répond-elle aujourd’hui aux nécessités qui ont conduit à cette création ?
    Benoît Quignon. Le groupe public ferroviaire est le deuxième propriétaire foncier de France après l’Etat. La création de SNCF Immobilier est un des fruits de la réforme ferroviaire de 2014. Il fallait une gestion unifiée de ce patrimoine. Intégrée au sein de l’Epic de tête, SNCF Immobilier, qui a été créée en juillet 2015 est aujourd’hui la cinquième ligne de métiers de la SNCF. Une fonction désormais considérée comme stratégique à l’heure où l’entreprise cherche à la fois à faire des économies et dégager des ressources.

    VR&T. Il s’agit uniquement de ne plus laisser dormir ou dépérir ce patrimoine ? Il est souvent très bien placé à proximité des transports ?
    B. Q. SNCF Immobilier travaille pour le compte des différentes entités que sont l’Epic de tête, SNCF Mobilités, et SNCF Réseau qui lui ont donné un mandat de gestion pour 25 ans ; à l’exception de Gares & Connexions qui a la charge des bâtiments voyageurs. A l’intérieur du groupe, cela permet de disposer d’un « interlocuteur unique » qui s’adresse directement pour eux à ses partenaires externes : territoires, élus. Et pour ces derniers, c’est la garantie d’avoir un seul point d’entrée dans le groupe. Qu’il s’agisse de résoudre les problèmes immobiliers du quotidien ou de faire des propositions de développement urbain.

    VR&T. Avec quels objectifs ?
    B. Q. La première mission est de réduire la facture immobilière du groupe public ferroviaire qui représente un milliard d’euros par an. De diminuer par exemple de 15 % une facture d’énergie qui s’élève à 130 millions en 2016. Et de réduire de 22 % sur dix ans le montant des loyers payés à l’extérieur qui atteint 224 millions en 2016. En renégociant les baux, en réduisant les superficies, en mettant aux normes les bâtiments, en regroupant utilement les sites…
    SNCF Immobilier gère 12 millions de m², dont dix d’installations industrielles et ferroviaires et 26 000 objets (bâtiments, etc.). Nous accompagnons chaque activité dans sa démarche pour établir un schéma directeur. Avec un vrai rôle de prescripteur, en demandant à chacune de réfléchir sur ses process de production, de rationaliser. Au moment d’établir les budgets, de décider des investissements, SNCF Immobilier livre son diagnostic. C’est ce que nous sommes en train d’effectuer sur la région Grand-Est avec Matthieu Chabanel, DGA de Réseau en charge de l’activité Maintenance et Travaux, par exemple.
    Il faut faire des économies, mais il faut aussi faire en sorte que l’outil de production soit plus efficace. C’est ce que nous avons réalisé avec le nouveau technicentre de maintenance de Rennes ouvert il y a plus d’un an. Il regroupe dans un seul site compact à Saint-Jacques-de-la-Lande, des activités hier dispersées dans 24 bâtiments anciens en centre-ville. Nous avons la même démarche à Vénissieux. C’est ce que nous allons faire à Hellemmes, à Romilly-sur-Seine. En prenant en compte les process industriels qui doivent pouvoir continuer à évoluer dans le temps, nous concevons un objet immobilier qui répond mieux aux besoins.

    VR&T. En faisant ce travail, vous libérez des bâtiments, des terrains.
    B. Q. Exactement. Et le deuxième volet de nos activités consiste à céder le foncier qui n’est plus ou ne sera plus utile au ferroviaire à l’avenir. Or, les élus, les collectivités territoriales sont très demandeurs de ce foncier pour reconfigurer leurs quartiers car nos sites de centre-ville offrent de très belles opportunités. Même si bien sûr notre première vocation n’est pas de construire des villes, mais reste d’être une entreprise de transport, c’est notre métier de faire que ces opérations se déroulent au mieux et dans l’intérêt des deux parties. Travailler sur les nouveaux quartiers, contribuer au développement des villes autour des offres de transport, la SNCF y a intérêt comme opérateur de mobilités, mais aussi parce que c’est l’occasion de générer de nouvelles recettes.

    VR&T. On pourrait pourtant vous accuser de vendre les bijoux de famille.
    B. Q. Nous ne sommes autorisés à valoriser seulement que ce dont nous n’avons vraiment plus besoin ! Nous visons aujourd’hui un flux régulier de cessions de 200 à 250 millions d’euros par an. C’est une moyenne. C’est parfois moins, parfois plus, certaines opérations pouvant s’élever à elles seules, à plusieurs dizaines de millions d’euros.

    VR&T. Et quelle est la valeur de ce patrimoine ?
    B. Q. Tenter d’en estimer la valeur a priori n’est pas très pertinent. Parce que son prix dépend de ce que nous sommes capables de faire d’un site, et que, un peu partout sur le réseau, beaucoup de bâtiments vétustes, non seulement ne nous rapportent pas mais se dégradent et coûtent cher à entretenir, à gardienner… S’en défaire, même à un prix modeste, est plus intéressant. Et dans certains cas, il apparaît de bonne gestion que nous soyons nous-mêmes les aménageurs des sites que nous mettons sur le marché.
    Avant de vendre, nous faisons des travaux de libération, de la dépollution, de la reconstitution d’installations ferroviaires. Et sur des sites parfois imbriqués de manière complexe dans nos activités ferroviaires, où il s’agit de respecter nos activités, nous sommes les mieux placés. On peut avec cela proposer un plan d’aménagement finalisé, imaginer un objet urbain et architectural qui convienne à la ville. Avec des logements, des bureaux, ce qui permet de dégager de la valeur. Comme c’est le cas souvent à Paris. D’où la création dès 1991 d’Espaces ferroviaires, filiale d’aménagement et de promotion immobilière à 100 % de SNCF Mobilités juridiquement parlant, mais qui dépend de SNCF Immobilier et dont je suis logiquement aussi maintenant le président.

    VR&T. Être promoteur, aménageur comme vous semblez vouloir le faire largement demain à Paris sur Bercy-Charenton par exemple, est-ce que c’est appelé à prendre de l’importance ?
    B. Q. En France, nous avons identifié 34 opérations stratégiques, sans compter celle de Chapelle International dans le nord de Paris qui est en cours. Et d’autres viendront s’y ajouter. Les deux tiers sont en régions, autour des gares. Dans les grandes métropoles régionales, à Lyon, Bordeaux, Toulouse, Montpellier, Nice, mais aussi Antibes… et Annemasse où avec la proximité de la Suisse, de Genève, le marché immobilier est intéressant… Nous serons de plus en plus à chaque fois candidat à devenir l’aménageur. Et dans les cas où nous ne sommes « que » vendeur, ce sera avec un projet en main. Avec un projet qui va dans le sens de ce que les élus souhaitent pour leur territoire.

    VR&T. La ville qui, revoyant son PLU, peut ainsi requalifier le site SNCF en terrain constructible ?
    B. Q. Oui, c’est du gagnant-gagnant. C’est notre intérêt de révéler le potentiel d’un site futur à l’aune de nouveaux usages et besoins. Il devient ainsi cessible au prix du marché. Cela n’a plus rien à voir avec celui du simple terrain industriel.
    Nous sommes des facilitateurs. A Toulouse-Matabiau, un immeuble de grande hauteur va pousser sur le site de l’ancien tri postal. La métropole de Toulouse veut renforcer la centralité autour des transports, autour de la gare. Notre offre doit le lui permettre. La métropole n’est plus seule avec son projet. Et tout ira plus vite avec notre aide. Parallèlement, nous rationalisons le plateau ferroviaire. On reloge également les activités régionales de Réseau et de Mobilités en les réinstallant mieux et avec de nouveaux outils de travail.
    A Rennes-Beaumont, par exemple, il y a encore 30 000 m² à construire en accord avec la ville. Le marché y est dynamique mais fragile. Et avec l’arrivée du TGV, c’est le bon moment.
    Même chose à Bordeaux où nous avons des relations de confiance avec l’EPA Euratlantique. Nous serons opérateur de macro-lots dont certains seront conservés pour nos propres besoins, pour ICF Habitat. Et d’autres où nous agissons pour le compte de tiers.

    VR&T. Développer le logement près des réseaux de transport tient une place importante dans l’activité de SNCF Immobilier ?
    B. Q. Comme Espaces ferroviaires, ICF Habitat, qui est à la tête de 100 000 logements est une filiale rattachée à SNCF Mobilités mais son président en est le directeur général de SNCF Immobilier. Ses logements sont accessibles aux cheminots mais aussi à tous les Français dans le respect des plafonds HLM. ICF Habitat réunit quatre sociétés ESH (SA HLM) et Novedis qui fait du logement libre, ainsi qu’une société spécialisée dans la transaction immobilière. Aujourd’hui en France, les besoins en logements sont très importants on le sait, notamment en Ile-de-France et dans quelques grandes métropoles régionales. Nous construisons essentiellement du logement social : 1 500 à 2 000 par an. Et 150 à 250 logements par an en secteur libre, qui ne sont pas subventionnés et demandent donc beaucoup de fonds propres. En 2015, SNCF a libéré par ailleurs du foncier pour 4 000 logements en France. L’Etat se tourne vers nous et nous sommes de « bons élèves » au travers du dispositif animé par Thierry Repentin, président de la Cnauf (La Commission nationale de l’aménagement, de l’urbanisme et du foncier).

    VR&T. Reste-t-il encore beaucoup de sites potentiellement valorisables ?
    B. Q. Nous évaluons le potentiel restant à quelque 3 000 hectares. Des sites d’intérêt très hétérogène. Dont 250 hectares au total sur l’Ile-de-France. A Paris, après les 50 hectares qui viennent de faire l’objet en novembre de la signature d’un protocole foncier avec la Ville sur sept sites dans le nord et le sud-est, il en reste environ 20 ha qui présentent de l’intérêt dans le XIIIe arrondissement aux Gobelins ainsi que du côté de la Villette.

    VR&T. Comment s’établit le partage avec Gares & Connexions ?
    B. Q. Gares & Connexions a autorité sur les bâtiments voyageurs des gares. Mais le trait n’est pas toujours facile à tracer. Pour revenir à notre opération de Toulouse-Matabiau, Gares & Connexions souhaite investir pour améliorer l’interconnexion des transports et, pour équilibrer ses comptes, garder ce qui peut accueillir des commerces. Le maire, lui, ne voulait pas risquer de mettre en difficulté les commerces de son centre-ville. Nous avons donc missionné conjointement un expert indépendant pour définir le potentiel du nouveau quartier en termes de commerces, et dégager plusieurs scénarios partagés par les parties prenantes. Au maire ensuite d’arbitrer au vu de l’orientation qu’il souhaite donner à l’urbanisme commercial du centre de l’agglomération. Et il le fera en ayant en tête les préconisations économiques (légitimes et argumentées) de la SNCF.

    VR&T. Et avec les appétits de la Société du Grand Paris, ce doit être encore plus compliqué ?
    B. Q. Les volumes que demande le Grand Paris Express sont considérables. Ils portent sur les 25 gares interconnectées qui nécessiteront d’adapter à la fois les bâtiments voyageurs SNCF existants et les installations dépendant du réseau (quais, liaisons verticales…), les tréfonds, lorsque les tunnels du Grand Paris Express ou les gares se situent sous les emprises SNCF. Les besoins d’installations techniques (puits de ventilation, sites de maintenance des infrastructures ou des véhicules) requerront des emprises spécifiques.
    C’est tout l’objet du protocole signé par le groupe SNCF et la SGP le 24 octobre dernier. Il définit les grands principes régissant la mise à disposition et la cession de fonciers de SNCF Réseau et SNCF Mobilités/Gares & Connexions au profit de la Société du Grand Paris.
    SNCF met à sa disposition les terrains nécessaires. Gratuitement. Etant entendu que si la SGP réalise une opération lucrative sur tel terrain du même coup, les travaux préalables de sa remise en état devront être remboursés. Pour certaines emprises, en contrepartie de la gratuité des conventions d’occupation temporaire accordée par SNCF Immobilier, la Société du Grand Paris s’engage à financer des études de valorisation immobilière sur huit sites : Sevran-Livry, Villiers-sur-Marne, Drancy-Bobigny, Versailles-Chantiers, Rosny-sous-Bois, Pont de Rungis, le Bourget RER et Bécon-les-Bruyères.

    VR&T. De tout ce que vous aurez vendu, vous ne tirerez plus de revenus ?
    B. Q. Nous n’avons pas vocation à tout vendre, certains biens à vocation industrielle ou entrepôts sont générateurs de revenus récurrents et contribuent au développement d’activités ferroviaires. Nous nous inscrivons dans une approche globale. Par ailleurs nous réfléchissons à rester propriétaires au travers de foncière(s) sur des sites bien positionnés. Pour cela il faut mobiliser du cash. Or, le cash est rare, cet axe stratégique doit être mis en regard des priorités sur l’investissement industriel ou le digital. Cela fait l’objet de nos réflexions en 2017.

    Propos recueillis par Chantal BLANDIN et François DUMONT

     

     

  • La SNCF est revenue dans le vert en 2016

    Après avoir affiché plus de 12 milliards d’euros de pertes en 2015 (mais principalement dues à des dépréciations d’actifs), la SNCF fait son retour dans le vert… class= »western rtejustify » style= »margin-bottom: 0cm; line-height: 150% »>
    en enregistrant un résultat net de plus de 567 millions d’euros en 2016. Pourtant, l’année a été difficile, marquée par un rude contexte économique, les grèves, les attentats, les inondations et une crise dans l’acier et les céréales, qui ont plombé l’activité à hauteur de 700 millions d’euros, rappelle la SNCF.

    La marge opérationnelle à 4,1 milliards d’euros a reculé du fait de « la baisse de la rentabilité des activités ferroviaires voyageurs ». Pour résister à la concurrence et se mettre au diapason du low cost qui s’est diffusé dans les transports, la SNCF a en effet décidé de maintenir sa politique de petits prix.

    Pour rester dans les clous, le groupe ferroviaire affirme avoir réalisé 825 millions d’euros de gains de productivité. Notamment via des économies dans la politique d’achat ou des serrages de vis dans la production. « Grâce à une forte réactivité sur le plan commercial et à une maîtrise exemplaire de nos charges, nous affichons un résultat positif », commente Guillaume Pepy, le président du directoire de SNCF.

    Le chiffre d’affaires atteint lui 32,3 milliards d’euros en hausse de 2,8 % (mais en régression de 1,5 % à périmètre et change constants). Le trafic TGV a fortement souffert à l'international : Eurostar recule de 8,9 % et Thalys de 8,2 %. En revanche, le trafic domestique augmente de 1,9 % hors effets des grèves. "Les prévisions 2017 tablent sur un redémarrage de 2,5 à 3 %", assure Guillaume Pepy. Côté gares, le revenu de concessions commerciales affiche une hausse de plus de 8 %.

    Un tiers du chiffre d’affaires est désormais réalisé à l’international. L’activité est tirée par SNCF Logistics qui se développe notamment en Europe (et représente désormais 30 % du chiffre d'affaires du groupe) et par Keolis, qui a renforcé ses positions en Allemagne, Angleterre ou encore en Australie

    12 400 recrutements ont été effectués en 2016 par le groupe, mais au final les effectifs sont restés stables, affirme la SNCF, puisque, si 2200 emplois ont été supprimés au sein du GPF, plus de 2000 ont été créés dans les filiales. 

    Durant toute l’année 2016, les investissements se sont poursuivis à un niveau très élevé (8,6 milliards d’euros), dont 93 % en France et 83 % dans le ferroviaire. Le seul programme de renouvellement a atteint 2,8 milliards avec près de 1100 km de voies renouvelées. En 2017, il est prévu de porter les investissements à 9 milliards. Le groupe veut accélérer son offre porte-à-porte, amplifier les innovations digitales et poursuivre son développement à l’international en augmentant sa part dans le chiffre d’affaires de 2 à 3 points.

    L’avenir s’annonce toutefois compliqué à anticiper, entre les incertitudes sur l’évolution des péages ferroviaires (l’Arafer vient de rejeter les propositions de SNCF Réseau pour 2018) et sur l’exploitation des futures lignes à grande vitesse, Tours-Bordeaux et Bretagne-Pays-de-Loire (qui vont générer des pertes de 90 millions d'euros entre juillet, date de leur mise en service, et fin décembre, essentiellement sur la ligne nouvelle Tours-Bordeaux).

     

    Côté positif, il faudra aussi prendre en compte la baisse de la CST (Contribution sociale territoriale) qui pèse sur l’activité TGV et qui est appelé à diminuer de 250 millions d’euros cette année (et 420 millions sur six ans). Et l’avenir dira si c’est positif ou négatif, il faudra aussi faire avec la concurrence qui va bientôt pointer son nez dans le transport régional et peut-être aussi prochainement dans les Intercités. 

     

    MHP

     

    Un départ sur 3 n’est pas remplacé

    12 400 contrats de travail ont été signés avec la SNCF l’an dernier. La moitié dans la branche ferroviaire (dont un peu plus de 3000 avec SNCF Réseau, environ 3000 à SNCF Mobilités). L’autre moitié des embauches a été réalisée pour les autres activités du groupe.

    Dans le groupe ferroviaire, on compte 1800 à 2000 départs non remplacés. Soit un départ sur 3 pas remplacé.
    Du fait des résultats positifs présentés par l’entreprise, 350 à 400 euros seront versés par agent dans le cadre de l’intéressement.

     

    Quelques chiffres

    13,5 millions de voyageurs transportés quotidiennement en France et partout dans le monde

    8,3 milliards d’investissements dont plus de 90 % en France et dont plus de 80 % pour les activités ferroviaires

    16,4 milliards d’achats auprès de 31000 fournisseurs dont les 3 quarts sont des petites et très petites entreprises, permettant de créer ou maintenir 164 000 emplois chez ces fournisseurs

    La sécurité a progressé selon la SNCF qui insiste sur le fait que le nombre d’ESR (Evénement remarquable de sécurité) a reculé de 21 %, « soit la plus forte baisse depuis 15 ans ».

    Le nombre colis suspects a doublé entre 2014 et 2016, faisant perdre 275 000 minutes.

  • Début de la concertation pour relier les gares de l’Est et du Nord

    Distantes de 500 mètres, les deux gares parisiennes de l’Est et du Nord sont mal connectées entre elles. Pourtant sur les 800 000 voyageurs qu’elles voient transiter à elles deux, 600 000 poursuivent leur trajet en transport en commun (quatre lignes de métro, six de trains et RER, 17 de bus), privilégiant notamment la correspondance entre la gare du Nord, la gare Magenta (RER E) ou celle de l’Est. Afin de faciliter les cheminements piétons dans un environnement actuellement inadapté (circulation automobile, dénivelé notamment), la région, la Ville, le Stif, l’Etat et la SNCF envisagent de nouveaux aménagements. Les différents scénarios pour créer « un hub de transports au sein d’espaces publics revalorisés » sont soumis à la concertation à partir du 28 février via quatre rencontres de terrain et un site Internet dédié.

  • Agence de financement des transports : plus de recettes, mais plus de dettes

    Faute de moyens, l’Agence de financement des infrastructures de transport de France (Afitf) a des dettes. Surtout auprès de SNCF Réseau à qui elle devait encore plus de 400 millions d’euros à la fin de l’année dernière au titre de la réalisation de la ligne à grande vitesse Tours – Bordeaux (SEA) et de la deuxième phase du TGV Est.

    Philippe Duron, le président de l’Afitf pense que cette dette pourrait être honorée en trois ans. A la fin de cette année, elle pourrait être abaissée à 350, voire dans le meilleur des cas à 300 millions d’euros.

    Encore faudra-t-il, pour apurer les comptes, que le futur gouvernement accorde des recettes nouvelles à l’Afitf. Ce qu’on n’a pas encore réussi à faire depuis que Ségolène Royal a décidé de saborder l’écotaxe.

    Cette année, l’Afitf aura les moyens de dépenser 2,2 milliards d’euros. Soit 200 millions de plus que l’année précédente grâce à une taxe sur la TICPE. Mais il lui faudrait raisonnablement disposer de 2,6 milliards, explique Philippe Duron.

    L’an prochain, les besoins seront encore plus importants puisqu’ils sont évalués à 3 milliards. Il faudra payer, et cela dès juillet prochain, les loyers pour rémunérer l’utilisation du contournement ferroviaire de Nîmes-Montpellier (à hauteur de 115 millions d’euros chaque année) et de la LGV Bretagne – Pays de Loire (112 millions d’euros annuels) dans le cadre des contrats de partenariats mis en place.

    A cela s’ajoutent les dépenses engendrées par le projet de ligne nouvelle Lyon – Turin puisque les travaux de percement du tunnel peuvent désormais être lancés depuis que les députés français ont ratifié il y a quelques jours le dernier accord conclu entre la France et l’Italie. Si le futur gouvernement donne son feu vert, le projet Lyon Turin va monter en puissance, peser un peu plus sur les comptes et rendre encore plus urgente la nécessité (si on veut être optimiste) de mettre en place des ressources pérennes pour l’Afitf.

    M.-H. P.

     

  • Les services du quotidien s’installent en gare

    SNCF Gares & Connexions a inauguré le 22 février dans la gare parisienne de Pont-Cardinet (XVIIe arrondissement) un espace permettant d’accueillir chaque semaine huit start-up proposant des services de la vie quotidienne (retirer ses courses avec Comptoir urbain, ses repas avec Monsieur Bonape et Les Commis, ses paniers de produits frais avec La Ruche qui dit oui ! ou encore faire repriser ses pantalons avec Quatre Epingles).
    « Notre objectif est de faire gagner du temps à nos clients et aux riverains en positionnant ces services utiles sur leur trajet du quotidien », explique Gares & Connexions. Dix espaces de ce type doivent ouvrir en Ile-de-France cette année, avec l’objectif d’en compter 18 en 2018.

  • Ile-de-France : l’année des 800 millions pour la régénération

    Somme promise, somme due. Le Stif y veille particulièrement et, pour la première fois, SNCF Réseau devrait investir 800 millions en Ile-de-France dans la régénération de l’infrastructure. Comme, d’autre, part, l’enveloppe est la même pour le développement on va disposer cette année de 1,6 milliard d’euros pour améliorer la vie des Franciliens. A comparer à un total en 2016 de 1,3 milliard.
    Cette année s’est ouverte avec le nouveau poste des Ardoines, confié en conception- réalisation à Thales, et qui a été mis en service le 5 février dernier. Début d’un beau programme qu’a détaillé le 16 février Didier Bense, DG de SNCF Réseau Ile-de-France.

    « On ne peut plus tout faire. » C’est le constat de Réseau, vu l’ampleur des travaux. D’où l’option d’un appel aux partenaires privés, ce qu’on a vu avec le poste de Vitry, le marché des caténaires pour la ligne C et ce qu’on va voir aussi avec la suite rapide Ile-de-France,

    Si Réseau ne peut tout faire, il va tout de même monter en régime, avec l’accélération des recrutements, qui seront de 800 personnes cette année, contre 650 en 2016. Déjà 80 recrutements ont été faits en janvier. Ils permettront à la fois de remplacer les départs et de s’accroître. Et ne produiront tous leurs effets qu’au bout de deux ans et demi ou trois ans pour des postes compliqués comme la signalisation électrique. A partir de 2019, ce qui ne tombe pas si mal puisque Eole, CDG Express seront à plein régime, et que la régénération n’aura pas fléchi.

    Eole justement, monte en puissance, avec les installations de retournement à Rosa-Parks, gare qui doit devenir, avec Nanterre-La Folie, l’un des deux terminus partiels du RER E prolongé, dans le cadre d’une exploitation en recouvrement. Cependant les travaux vont progresser sur toute la ligne. Au passage, sur la ligne classique, Eole va remplacer, en quatre ans, quelque 260 aiguillages, 10 km de plateforme, 20 km de rail. Autrement dit, ce qui figure dans le développement a des effets importants sur la régénération.

    Deuxième grand projet à mener, l’interconnexion avec le Grand Paris Express. Sujet généralement estimé à un milliard d’euros. Qui va nécessiter de repenser les correspondances de 29 gares et de créer la gare nouvelle de Bry-Villiers-Champigny. Un des grands chantiers de l’année va concerner la gare de Clamart, avec le ripage d’une dalle de soutènement des voies SNCF, la ligne du Grand Paris Express passant en dessous du réseau ferré national. Ce qui devrait être le cas à chaque croisement entre le métro souterrain et le réseau ferré qui, lui, est en surface.

    Cette année verra aussi, en juillet, la mise en service du tram train T11 Epinay – Le Bourget.

    Et Réseau doit mener à bien les travaux de mise en accessibilité de 25 gares. Le rythme devrait passer à 30 gares par an. En se concentrant sur l’accessibilité ville-quai, à distinguer de l’accessibilité quai-train. Dernier sujet compliqué en Ile-de-France, du fait des hauteurs de quai différentes et de matériels hétérogènes…

    Pour ce qui est de la régénération à proprement parler, 250 km de voie seront renouvelées cette année.

    On attend la suite rapide nouvelle prévue pour la zone dense. La construction de ce train-usine se termine en Suisse, pour le compte d’ETF, titulaire du marché, avec Matisa. Les suites rapides permettent de renouveler la voie à la vitesse d’un kilomètre par jour. Le train conçu pour l’Ile-de-France, qui va enlever et remplacer le ballast, progressera moins vite du fait de la complexité du réseau. On espère tout de même qu’il avancera de 600 m par jour, et qu’il permettra de rendre la voie tout de suite à 80 km/h, au lieu de 60 km/h. Un petit bijou à 40 millions d’euros au bas mot (un TGV et demi), que Réseau n’acquiert pas, et que l’entreprise titulaire aura sans doute à cœur de réutiliser sur d’autres zones denses du réseau.

    Impossible de détailler tout ce que Réseau va mettre en service cette année. N’oublions pas, promis pour ce début d’année, le nouveau poste de la gare de Lyon (200 millions d’euros en tout), ou la « tour de contrôle » du RER B.

    En ce qui concerne l’exploitation, on devrait passer à un poste unique sur la ligne A du RER. Sur le modèle du poste unifié de la ligne B, les fonctions d’aiguillage, de régulation, d’information voyageurs, et de supervision seront concentrées en un seul lieu. Petit à petit c’est l’ensemble des RER qui va passer sous ce régime.

    Un des dossiers délicat qui s’annoncent, c’est la signalisation du tunnel commun à la ligne D et la ligne B (Châtelet – Gare-de-Lyon). Un tunnel qui est censé faire passer 32 trains par heure (12 du RER D et 20 du RER B) mais a un débit réel de 26 ou 27 trains. Le but est d’arriver aux 32 trains nominaux. Ce qui n’est pas simple, et passe par le nouveau système de CBTC Nexteo, conçu au départ pour le RER E mais avec l’idée, bien présente depuis longtemps, de le généraliser aux RER en zone dense. Avec, à la clé, pour le tunnel commun aux RER B et D, des sujets d’entente avec les propres systèmes de la RATP. Un dialogue dont Didier Bense, ancien de la RATP comme Yves Ramette, son prédécesseur à la tête de SNCF Réseau en Ile-de-France, connaît les termes sur le bout des doigts.

    F. D.

  • L’Ile-de-France se lance dans les bus électriques articulés

    La RATP et le Stif lancent ce 13 février un nouvel appel d’offres pour l’expérimentation d’autobus électriques. L’autorité organisatrice et l’exploitant veulent commander des bus électriques standards 12 mètres mais aussi, et pour la première fois, en option, des bus articulés 18 mètres qui pourraient équiper des bus à haut niveau de service (BHNS).

    Ce nouveau marché doit aussi permettre à la RATP et au Stif d’expérimenter de nouvelles technologies en matière de confort climatique. C’est l’un des grandes difficultés des bus 100 % électrique, le chauffage, s’il dépend de l’énergie de traction, consommant en effet trop d’énergie, ce qui nuit à l’autonomie des batteries (voir le dossier publié dans le numéro de février de VR&T). Le Stif et la RATP veulent aussi tester la performance des dernières générations de batteries, et s’assurer de l’interopérabilité entre les bus et les bornes de charge.

    Ce marché porte sur deux ans, pour un montant minimum de 10 millions d’euros et maximum de 40 millions d’euros. Il comprendra deux lots identiques et chaque lot sera attribué à un titulaire différent.

    C’est à la fin de cette année que des appels d’offres massifs vont être lancés par la RATP, à la demande du Stif, pour un déploiement plus large de bus électriques sur le réseau francilien.

    La ligne 341 est désormais, selon le Stif et la RATP, équipée intégralement en bus électriques et une commande récente de 20 bus, passée à Bolloré comme la première, doit permettre de tester la recharge partielle des batteries en terminus.