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Catégorie : Infrastructures
Retrouvez toute l’actualité des infrastructures de transports: travaux, maintenance des lignes, gares, ouvrages d’art, viaducs et ponts ferroviaires.

Le tunnel du Saint-Gothard entièrement rouvert le 2 septembre
Le calendrier de reprise totale des circulations, marchandises et voyageurs, dans le Saint-Gothard se précise. Le 10 août 2023, le déraillement d’un train de marchandises avait provoqué des dégâts importants et sept kilomètres de voie ferrée devait être entièrement refaits dans ce tunnel ferroviaire de 57 km, le plus grand du monde.
Lors d’une conférence de presse le 27 juin, le responsable infrastructure des Chemins de fer suisses (CFF) a annoncé qu’il serait remis en service le 2 septembre prochain. « Tous les trains circuleront à nouveau avec les mêmes horaires qu’avant le déraillement, ce qui réduira d’une heure le temps de trajet pour la clientèle par rapport au parcours avec déviation« .
Depuis la fermeture du tunnel, des trains de voyageurs circulent sur la ligne panoramique du Gothard, et le temps de trajet est prolongé de 60 minutes en trafic national et de 60 à 120 minutes en international. « Dès la remise en service complète, les CFF pourront également proposer, pour la première fois, une cadence complète à la demi-heure en trafic grandes lignes entre la Suisse alémanique et le Tessin. Et les trains directs de Suisse à destination de Bologne et Gênes circuleront à nouveau à partir de cette date, tout comme l’Eurocity Bâle-Lucerne-Milan et le train Francfort-Zurich-Milan« , précisent les CFF qui procèdent actuellement à des tests et à des essais dans ce que l’on appelle le tube ouest du tunnel de base du Saint-Gothard.
N.A

Siemens a conçu le cerveau de la ligne 14
La RATP a retenu Siemens Mobility pour le renouvellement et l’extension du système d’automatisation de l’exploitation des trains (SAET) de la ligne 14, devenue en juin 2024 la nouvelle colonne vertébrale du métro parisien entre Saint-Denis-Pleyel et l’aéroport d’Orly. Soit une ligne de 14 km à équiper ou rééquiper, pour le tronçon central ouvert en 1998, mais aussi un matériel roulant à renouveler.
Le contrat passé par la RATP comprend à la fois le SAET (système d’automatisation de l’exploitation des trains), basé sur la technologie CBTC (communication-based train control) et une option pour des prestations de maintenance sur la durée de vie du système. Siemens renouvelle le SAET existant et le poste de commande et de contrôle centralisé (PCC), crée un PCC de repli mutualisé, avec un outil de formation pour les exploitants, et équipe les 72 rames MP14 commandées à Alstom pour la ligne 14.
Siemens va aussi installer le SAET sur les prolongements nord et sud de cette dernière, pour l’équiper intégralement et y permettre le passage d’une rame toutes les 85 secondes.
Les prestations de Siemens Mobility sont réalisées depuis Châtillon, son centre de compétence mondial pour les automatismes sans conducteur. Rappelons que la ligne 14 est équipée depuis ses débuts d’automatismes de Siemens (alors Matra Transport). La RATP a choisi le même industriel pour l’automatisation des lignes 1 et 4.P. L.

D’Orly à Saint-Denis, la ligne 14 traverse le Grand Paris
L’extension de la ligne 14 du métro parisien va être inaugurée ce matin par le Président de la République. Elle filera vers le nord jusqu’à Saint-Denis Pleyel, et vers le sud jusqu’à l’aéroport d’Orly, devenant la plus longue ligne du métro parisien.
Pour les JO, ce sera une nouvelle ligne de métro vers le Stade de France, desservi par ailleurs par la ligne 13, le RER B et D. Et après les JO, la 14 sera l’épine dorsale du Grand Paris Express, disent ses promoteurs. Le prolongement de la ligne de métro automatique 14 qui doit être inauguré le 24 juin fera du futur super métro du Grand Paris la principale liaison nord-sud du réseau parisien, offrant des correspondances avec la presque totalité des lignes de métro, le RER C et avec le tramway T 7. En 2025, elle sera reliée avec la ligne 15 Sud, en 2027 avec les 16 et 17, et en 2028, avec la 18.
Ainsi prolongé, la 14 va presque doubler de longueur, passant de 14,4 km à 27 km, avec 21 stations, soit huit de plus. Plus précisément, au nord, la ligne desservira une station supplémentaire au-delà de Mairie-de-Saint-Ouen, jusqu’à Saint-Denis Pleyel. Au sud, sept stations s’ajouteront avec le prolongement de 14 km au-delà de l’actuel terminus Olympiades vers Aéroport d’Orly.
Les travaux du prolongements de la ligne 14 ont coûté, au sud, 2,8 milliards d’euros et, au nord, 700 millions, incluant l’imposante gare de Saint-Denis Pleyel. Auxquels s’ajoute l’achat du matériel roulant pour 637 M€. Les soixante-douze rames de métro MP14 sont financées par Ile-de-France Mobilités (IDFM).
Le matériel roulant est aussi modernisé. Ile-de-France Mobilités, l’autorité organisatrice des transports de la région, a financé l’achat de 72 rames MP14 à 8 voitures, pour un montant d’1,13 milliard d’euros. En 2020, les 39 navettes automatiques à 6 voitures (MP89 et MP05) ont été remplacées par 35 navettes à 8 voitures (MP14). Les 37 autres sont progressivement livrées, et le parc (72 rames) devrait être complet mi-2025. Ces nouvelles rames pourront transporter 932 voyageurs dont 216 assises, soit un tiers de capacité en plus.
Plus sobres, elles permettent de réduire de 20 % la consommation d’énergie. Elles sont équipées de ports USB et d’écrans dynamiques pour l’affichage du plan de la ligne et des informations trafic.
Objectif : pouvoir transporter un million de voyageurs en 2025 contre 650 000 aujourd’hui. Pour faire face à cette augmentation, le site de maintenance et de remisage (SMR), aujourd’hui installé aux docks de Saint-Ouen, au nord, est complété par un second site au sud à Morangis. La ligne prolongée desservira un bassin d’emploi et d’habitants de plus de 500 000 personnes hors Paris, l’hôpital Bicêtre, l’Institut Gustave Roussy, premier centre de lutte contre le cancer en Europe (100 000 voyages prévus par jour à la station Villejuif Institut Gustave-Roussy), et le Marché d’intérêt national (MIN) de Rungis, plus grand marché de produits frais au monde (11 000 emplois et 5 000 habitants dans un rayon d’un kilomètre autour de la station). Mais surtout, le prolongement au Sud permettra de rejoindre l’aéroport d’Orly en métro, pour les 30 millions de voyageurs annuels du deuxième aéroport de France qui sera alors à 25 minutes de Châtelet, et 40 minutes de Saint-Denis Pleyel. Au total 95 000 voyages par jour sont attendus à la station Aéroport d’Orly, qui concerne plus de 17 000 emplois dans un rayon d’un kilomètre.
Yann Goubin

Informations voyageurs : Qommute lève 2,4 millions d’euros
L’entreprise marseillaise Qommute, ex-MyTechTrip, dont le logiciel gère et diffuse l’information pour les voyageurs de la SNCF depuis 2018, vient de lever 2,4 millions d’euros pour se développer à l’étranger, dans les pays francophones.
Breveté, son logiciel installé dans 70 réseaux de transport public en France permet d’automatiser des annonces d’incidents dans les transports en commun en se connectant directement au système de gestion des réseaux. Les incidents se traduisent automatiquement en messages, pré-écrits, sur les bornes des quais, les applications mobiles, le site internet du transporteur, les réseaux sociaux, les écrans embarqués, les notifications SMS, le QR Code, emails et même en annonces vocales. Soit, à ce jour, 5 000 campagnes d’information quotidiennes.

Retour des trains de voyageurs sur toute la Route du fer
Est-ce, cette fois, la fin de six mois de cauchemar sur la ligne dite des Minerais, alias Route du fer, entre la cité minière suédoise de Kiruna et le port norvégien de Narvik ? Toujours est-il que depuis le 17 juin, pour la première fois de l’année 2024, les trains de voyageurs sont les bienvenus sur l’ensemble de cette ligne après exactement six mois d’absence.
Au cours de ces six mois, la section entre Kiruna et Narvik a connu une suite de déraillements aussi spectaculaires que les trains de minerais impliqués. À la suite du premier, mettant en cause un train en pleine charge le 17 décembre, il a fallu attendre le 20 février pour que la voie unique soit à nouveau praticable par les trains prioritaires, c’est à dire de minerai et de fret. Mais le 24 février, la ligne était à nouveau coupée par un déraillement, survenu très prés du premier, cette fois avec un train effectuant un retour à vide. Moins importants que ceux de la première fois, qui avaient obligé de reconstruire 15 km de voie au cœur de l’hiver, les dégâts du deuxième déraillement sur 6 km ont été réparés en onze jours. Pour autant, les ennuis n’étaient pas terminés sur le sections reconstruites : le 31 mai, après un passage soudain des températures de valeurs hivernales à plus de 25 degrés, la dilatation des rails a rendu la ligne impraticable en plusieurs points. Un renouvellement partiel de la voie et du ballast a permis une reprise du trafic huit jours plus tard, alors que les trains de voyageurs restaient encore limités aux sections de la ligne qui n’avaient pas été endommagées par les déraillements.
Le retour actuel des trains de voyageurs sur toute la ligne reste très symbolique, l’essentiel du trafic restant le transport de minerai vers Narvik et le fret entre ce port et le sud de la Norvège, via la Suède. Mais pour le tourisme, qui représente une ressource importante dans cette partie de la Laponie entre montagnes et fjords spectaculaires, les trains de voyageurs – en premier lieu le train de nuit entre Stockholm et Narvik – n’en sont pas moins essentiels.
Et malgré cette restauration bienvenue des relations vers Narvik, les difficultés ne sont pas terminées pour les candidats au voyage en Laponie : des bugs informatiques compliquent la commande des billets en ligne, alors que les renouvellements de voie doivent reprendre à la fin de l’été, sans oublier les préparatifs au déploiement d’ETRMS…
P. L.

La ligne 11 prolongée pour mieux desservir l’Est de la Seine-Saint-Denis
Quelques semaines avant les JO, deux extensions de ligne de métro RATP très attendues entrent en service : le 13 juin, la 11 filera vers Rosny-sous-Bois, à l’est de la Seine-Saint-Denis. La ligne 14 suivra le 24 juin vers Saint-Denis Pleyel au Nord, et vers l’aéroport d’Orly au Sud.
Six nouveaux kilomètres de ligne, dont trois sous un tunnel circulaire, six nouvelles stations, un matériel flambant neuf – les MP14 dans leur version avec conducteur -, un nouvel atelier de maintenance à Rosny-sous-Bois, 80 000 emplois et habitants supplémentaires desservis. Voici en quelques chiffres, le prolongement de la ligne 11 au-delà de Mairie-des-Lilas jusqu’à Rosny-Bois-Perrier, en Seine-Saint-Denis.La ligne va desservir les communes des Lilas, Romainville, Noisy-le-Sec, Montreuil et Rosny-sous-Bois. Un prolongement qui complète le maillage de transport dans cette partie est de la petite et moyenne couronne parisienne, en offrant aux voyageurs des correspondances avec plusieurs lignes structurantes du réseau francilien : le RER E, la ligne P, le T1 prolongé fin 2026 et, à l’horizon 2030, la ligne 15 Est du futur Grand Paris Express.
Initialement, la date d’ouverture du prolongement était prévue au printemps 2023. Les difficultés d’approvisionnements en matières premières et la hausse des prix des matières premières, répercussions de la crise du Covid, ont fortement ralenti le chantier, explique Pierre Florent, directeur du prolongement de la ligne 11. « Nous avons pu résorber trois mois de retard, mais de nouveaux aléas dont la découverte de quatre bombes datant de la guerre de 1870, nous ont encore retardés », poursuit Pierre Florent.

Station du nouveau terminus Nord de de la ligne 11, à Rosny-sous-Bois. La RATP a profité des travaux pour moderniser 10 des 13 stations existantes (19 stations total) en les équipant de nouveaux accès en prévision de l’augmentation des flux de voyageurs. L’objectif était aussi d’adapter les quais aux nouveaux trains pour plus de confort : l’espace entre les seuils de portes et les nez de quais ont été réduits pour faciliter l’accès aux rames de métro. Des sorties supplémentaires ont été créées dans dix stations afin de fluidifier et sécuriser les flux dans la perspective de l’augmentation du nombre de voyageurs attendus dès la mise en service du prolongement de la ligne 11. La RATP prévoit 31 100 voyageurs à l’heure de pointe du matin dans les deux sens, sur l’ensemble de la ligne.
Les rames passeront toutes les deux minutes et dix secondes en heure de pointe, avec les 31 nouvelles rames déjà livrées pour le prolongement. Puis toutes les minutes et 45 secondes en 2025, lorsque le parc sera doté de 39 rames.
Des performances en partie dues au nouveau matériel roulant. Depuis l’été 2023, trente-neuf nouvelles rames MP14 sont progressivement entrées en service pour remplacer les MP59, les métros les plus anciens (ils avaient près de 60 ans) sur le réseau de la RATP.
Longues de 75,4 mètres et dotées de cinq voitures contre quatre, elles peuvent embarquer plus de 560 voyageurs, quatre voyageurs au mètre carré. Avec 106 places assises fixes dont 30 pour les personnes à mobilité réduite, et 48 strapontins. Chaque rame est composée de trois motrices centrales encadrées par une remorque à chaque extrémité, équipée d’une cabine de conduite. Elles sont moins bruyantes (40 % de nuisances sonores en moins comparée aux ancien métros), et consomment 20 % d’énergie en moins grâce au système de freinage électrique avec récupération d’énergie, à une motorisation plus performante et à l’éclairage Led.
Financé par Ile-de-France Mobilités, le nouveau matériel a coûté 310 millions d’euros. Le montrant des travaux d’infrastructure représente près de 1,3 milliard d’euros : 1,084 milliard pour le prolongement, 214 millions pour moderniser les stations.
Yann Goubin

Trois mille places de stationnement vélo en plus dans les gares parisiennes
A l’approche des Jeux olympiques et paralympiques, Île-de-France Mobilités (IDFM) et SNCF Gares et Connexions devraient inaugurer, entre mai et juillet 2024, près de 3000 places de stationnement vélo dans six gares parisiennes : 250 places en libre-accès début juin gare d’Austerlitz; 500 places en libre-accès, avec des espaces adaptés à différents types de vélos (cargos, allongés, avec accessoires) le 15 juin à la gare Montparnasse; 340 places en libre-accès rénovée ou créées, dont 6 places pour vélos cargos, le 15 juin à la gare de l’Est; 1 186 sécurisées avec un accueil humanisé, des espaces adaptés à différents types de vélos, des outils d’auto-réparation, un distributeur de matériel, etc.) et 50 places en libre-accès à la gare du Nord; 358 places sécurisées avec des espaces adaptés à différents types de vélos (rue du Havre) et près de 130 places en libre-accès (sur le parvis principal) fin juin gare Saint-Lazare; 120 places en libre-accès début juillet à la gare de Bercy.
Rappelons qu’en 2020, IDFM, l’autorité organisatrice des transports en Ile-de-France, a adopté un nouveau Schéma directeur du stationnement vélos en gares et stations, fixant un objectif de 140 000 places dans les gares et stations franciliennes (places fermées et sécurisées ou arceaux simples en libre accès). Aujourd’hui, près de 15 000 places financées par IDFM sont déjà en service, et 20 000 places supplémentaires ont été financées.

La gare de Saint-Denis fait peau neuve
Les travaux de réaménagement de la gare de Saint-Denis se sont achevés après quatre années de chantier. La cinquième d’Ile-de-France en termes de fréquentation (avec 27 millions de voyageurs annuels) est désormais accessible à tous publics depuis la mi-mai, indique Ile-de-France Mobilités qui a financé les travaux à hauteur de 50 % (sur un total de 165 millions d’euros), aux côtés de SNCF Réseau (25 %) et la Région Île-de-France (25 %).
Pour accueillir des voyageurs qui devraient encore être plus nombreux à l’avenir (50 000 voyageurs supplémentaires sont prévus chaque jour d’ici 2030), un vaste passage souterrain de 800 m² et dix mètres de large a été réalisé sous l’axe ferroviaire le plus fréquenté d’Europe (2 lignes de RER, 1 ligne de TER, TGV vers Lille et le nord de l’Europe) et quatre ascenseurs et deux escaliers mécaniques ont été installés pour relier le souterrain aux quais. Des quais ont également été ré-haussés, tandis que le parvis était réaménagé avec une rampe d’accès à la gare créée. Et un nouvel accès à la gare avec un nouveau bâtiment voyageurs de 180 m² a été construit.
Située à une vingtaine de minutes de marche du Stade de France et du Centre Aquatique, le réaménagement de cette gare devrait faciliter les déplacements des personnes à mobilité réduite, notamment au moment des JO.

Sur la voie de la privatisation, Systra voit l’avenir en grand
Après un long processus lancé en 2022, la SNCF et la RATP ont finalement retenu fin avril Latour Capital et Fimalac, en vue d’une prise de participation majoritaire de 58% au capital de Systra. Plus précisément, Latour Capital prendra l’essentiel des parts (83 %) et fait entrer Fimalac dans le tour de table à hauteur de 17%.
La SNCF et la RATP, actionnaires historiques qui avaient créé Systra en 1995 en fusionnant leurs sociétés d’ingénierie (Sofrerail pour la SNCF et Sofretu pour la RATP), sont entrées en négociations exclusives avec les deux investisseurs français et conserveront chacune une participation de 20% du capital. Les banques qui détenaient un peu moins de 12 % du capital vendront aussi leurs actions. Les 2 % restants resteront notamment détenus par de l’actionnariat salarié.
L’objectif est de faire de Systra un champion mondial, explique à VRT Pierre Verzat, le président du directoire. Actuellement, selon lui, l’entreprise se situe déjà dans le top dix mondial des sociétés d’ingénierie. Mais elle veut grossir encore et faire jeu égal avec les plus grandes sociétés d’ingénierie majoritairement nord américaines. En 2023, son chiffre d’affaires a atteint près de 1,1 milliard d’euros, en hausse de 40 % en deux ans. L’année dernière, l’entreprise a engrangé pour 1,3 milliard d’euros de commandes. Soit l’équivalent de 15 mois d’activités.
La croissance passe pour moitié par la croissance organique et pour l’autre moitié par la croissance externe. Depuis 2011, date de l’arrivée de Pierre Verzat à la tête de la société d’ingénierie, 20 sociétés ont été achetées, dont six sociétés rien que l’année dernière. Parmi les dernières acquisitions figurent des entreprises spécialisées dans l’ERTMS ainsi que dans les tunnels.
Présente dans 80 pays (et 350 villes) avec 10 700 salariés (dont 2 200 en France), Systra réalise 80 % de son activité à l’international. Le groupe se distingue des autres sociétés d’ingénierie par sa spécialisation dans les transports, notamment dans les transports urbains, le ferroviaire mais aussi les ponts et les tunnels. « Nous disposons du plus gros bureau d’études ferroviaires du monde. Nous sommes numéro quatre pour les ponts et sommes en train de devenir le champion des tunnels« , souligne Pierre Verzat. L’entreprise compte aussi profiter du fort développement des transports urbains et ferroviaires et de tout ce qui tourne autour de l’éco-conception.
Avec l’arrivée de Latour Capital et Fimalac, qui signe sa privatisation, Systra veut franchir un nouveau cap en ciblant des sociétés d’ingénierie de premier rang. « Nous voulons devenir plus grands. Nous pourrons accélérer si nous disposons de plus de capitaux« , explique Pierre Verzat. L’objectif est de réaliser 1,6 à 2 milliards d’euros de chiffre d’affaires à l’horizon de cinq ans.
Selon le dirigeant, Latour a été retenu car il a offert le meilleur prix dans le cadre des discussions (un montant non dévoilé, parce qu’il a déjà prévu une ligne de crédit de 100 millions d’euros et car il s’inscrit dans le long terme.
Le processus de privatisation devrait être totalement achevé vers l’automne.
Marie-Hélène Poingt

La livrée du TGV M a été dévoilée
On l’avait déjà aperçu plusieurs fois, mais pas dans sa livrée définitive TGV INOUI. Cette fois, le 29 avril, on a pu enfin pu voir la « robe » ou « costume » du TGV M, selon les termes de Christophe Fanichet, PDG de SNCF Voyageurs. Revêtue de cette livrée, la rame 1005 est sortie sous les fumigènes du Bâtiment 235, construit spécialement pour les TGV en annexe des usines d’Alstom à Belfort. C’est sur ce site que les motrices de TGV ont toujours été produites, depuis la première génération de TGV en livrée orange.

Ouverte par David Journet, directeur du site Alstom de Belfort, cette cérémonie a donné lieu à des prises de parole de Christophe Fanichet, PDG de SNCF Voyageurs, Jean-Baptiste Eymeoud, président Alstom France, Florence Rousseau, directrice marketing et design projet TGV M, et Raphaël Sodini, préfet du Territoire de Belfort.
Pour la cinquième génération de TGV, rien d’excessivement surprenant à première vue pour ce qui est de la livrée extérieure, alors que d’un point de vue technique, tout a été revu par les équipes d’AREP et de l’agence de design japonaise Nendo, responsables du design.
Florence Rousseau a présenté la « première livrée TGV INOUI créée en partant d’une page blanche ». Une livrée indiscutablement sobre, où le blanc semble dominer. Mais il s’agit en fait d’une « palette très claire, aux formes rondes superposées toutes en gris et blanc ». Comme l’indique la directrice du marketing et design, « on s’est inspiré du rond TGV INOUI, agrandi à outrance et posé tout le long de la livrée : c’est une série de ronds qui se relaient sans jamais se toucher ; et entre les ronds, il y a une teinte plus foncée de gris, qui fera un effet de vague ». L’intention derrière cet effet est de « rappeler une rivière qui se faufile dans le paysage », précise Florence Rousseau. « Ce thème de la rivière, vous le retrouverez à l’intérieur, quand on vous le dévoilera ». À part ce nouvel indice et le design des sièges présenté en septembre dernier, on n’en saura pas plus cette fois-ci en matière d’intérieurs du TGV M. « Ce sera l’occasion d’un autre rendez-vous et on a hâte de le faire », a conclu Florence Rousseau.

Sur la face avant, le nez marqué d’une longue ellipse noire « met en exergue cette partie de la motrice qui porte sa puissance lorsqu’elle pénètre l’air ». Cette touche plus sombre « fait disparaitre nombre de détails techniques pour conférer au train un visage presque animal », selon le communiqué commun de SNCF Voyageurs et Alstom.
Le choix de cette dominante claire permet d’augmenter fortement le pouvoir réfléchissant du train, afin de réduire les besoins énergétiques en été. Moins de chaleur causée par l’énergie solaire, c’est moins de recours à la climatisation lorsque les températures s’élèvent. Par ce choix, SNCF Voyageurs affiche la prise en compte de l’exigence environnementale dans ses décisions : « opérer le train comme mode de transport le plus décarboné exige une recherche permanente d’exemplarité ».

Cet apparent classicisme cache un changement fondamental quant à la technique mise en œuvre pour réaliser les livrées. Car jusqu’alors, les TGV étaient mis en peinture avant d’être recouverts en superposition d’adhésifs portant les différentes livrées. Alors que sur le TGV M, la totalité de la livrée est réalisée en peinture. Cette dernière étant plus résistante dans le temps que les adhésifs (qui ne sont généralement pas recyclables, qui plus est), la nouvelle technique devrait permettre de réduire les immobilisations en atelier des rames nécessitées par des opérations de rafraichissement, qu’elles soient planifiées ou non.
Peintes en rouge dit « frenchberry », les portes d’accès donnent une touche de couleur vive au niveau de chaque voiture. Comme un « tapis rouge » symbolique pour accueillir les voyageurs, tout en mettant en évidence les accès ! Sur le TGV M, ce « frenchberry » (c’est-à-dire « baie française », au sens de « petit fruit ») est appelé à remplacer le dégradé carmillon, adopté par la SNCF il y a presque vingt ans, qui ne peu être réalisé que par impression sur adhésifs. Par conséquent, le logo SNCF Voyageurs peint sur les faces latérales du TGV M sera également uni, de couleur « frenchberry » comme les portes.

Cette présentation, qui s’est poursuivie par une visite au hall de production des chaudrons de motrices, également assemblées et mises en peinture à l’usine Alstom de Belfort, a donné l’occasion de revenir sur le déroulement de la mise en service du TGV M. Selon SNCF Voyageurs, ce dernier « s’élancera, au deuxième semestre 2025, sur l’axe Sud-Est ». Pourquoi ? « Tout simplement parce que c’est là que l’ouverture à la concurrence est déjà présente, et nous voulons continuer à avoir notre position de leader et à avoir toujours une longueur d’avance », a répondu Christophe Fanichet. « Ce n’est plus le TGV du futur, c’est le TGV du présent », a souligné Jean-Baptiste Eymeoud, qui « souhaite livrer la première rame de série début 2025 ».
P. L.
A noter :4 TGV M devraient être mis en service en 2025 au second semestrePlus 9 en 2026Plus 12 en 2027… sur un parc total de 115 commandes.Le rythme de production doit donc augmenter progressivement. Il faut actuellement 3 000 h pour produire une motrice (période de lancement), l’objectif est d’atteindre 1 500 h en phase de production.