Catégorie : Infrastructures

Retrouvez toute l’actualité des infrastructures de transports:  travaux, maintenance des lignes, gares, ouvrages d’art, viaducs et ponts ferroviaires.

  • Mobilisation pour la desserte de la gare d’Alles-sur-Dordogne

    Les TER ne s’arrêtent plus à Alles-sur-Dordogne depuis le mois de décembre 2006. « Les trains ont pourtant desservi Alles pendant cent cinquante ans », rappelle un ancien habitué de la ligne qui a recueilli une centaine de signatures sur la pétition qu’il a lancée pour la réouverture d’Alles. Pour rejoindre Bordeaux, les habitants de la commune doivent rejoindre une autre gare, en voiture, en empruntant des routes sinueuses, étroites, avec de nombreux PN, « et ça à l’heure du développement durable », s’étonne encore le défenseur du ferroviaire. « Ce que regrettent le plus les habitants, c’est le manque de concertation précédant cette suppression et l’absence de réponse aux différents courriers. » De son côté, l’association Périgord Rail Plus, que préside Jean-François Martinet, est consciente des efforts fournis par la région Aquitaine pour les TER. « Cependant, l’exploitation des lignes doit s’adapter aux besoins des populations », constate-t-il. « Nous ne demandons pas que tous les trains s’arrêtent à Alles. Un arrêt matin et soir dans chaque sens nous donnerait entière satisfaction. Nous attendons avec impatience le cadencement. » « Une bonne partie de la population, âgée, ne peut plus se rendre à Bergerac, Libourne ou Bordeaux, et s’estime lésée, ayant participé indirectement à l’achat du matériel roulant et aux travaux de remise en état de l’infrastructure », ajoute un voyageur qui emprunte souvent la ligne accompagné de son vélo. « La gestion d’une ligne TER n’est pas celle d’une ligne TGV. Ce n’est pas la réduction du temps de parcours qui compte pour le TER, mais de desservir les communes rurales. »

  • Un vaste projet de gare à Redon

    La gare de Redon pourrait prendre de l’importance dans les années qui viennent. La ville a en effet le projet de réaménager les abords de la gare. Pour gagner de la place, la municipalité pourrait déplacer la gare fret à Saint-Jacut, à 6 km. Le conseil régional de Bretagne est prêt à financer le projet au titre du Plan Gare d’un montant total de 33 millions, un des volets du plan ferroviaire breton de 645 millions, mais aussi au titre des Contrats de Pays. « Je suis prêt à mobiliser l’argent tout de suite, à vous de faire en sorte que le projet aboutisse rapidement », a dit Jean-Yves Le Drian, président du conseil régional, lors d’une rencontre avec les élus municipaux. Si Redon est en effet mal desservie par la route, elle est en revanche mieux placée d’un point de vue ferroviaire, à la croisée des voies menant à Vannes (29 minutes au mieux), mais surtout Rennes (26 minutes par TGV) et Nantes (44 minutes par TER) en passant par Notre-Dame-des-Landes, probable site d’un futur aéroport régional d’envergure internationale. Ainsi, « la fréquentation de la ligne Rennes – Redon a augmenté de 20 % entre avril 2007 et avril 2008 », témoigne Marie-Hélène Busson, responsable TER en Bretagne Sud. Et la gare a atteint les 700 000 voyageurs annuels pour une commune de 10 500 habitants environ.

  • Arep va rénover l’imposante gare de Bombay

    L’ex-Agence des gares de la SNCF vient de remporter l’étude de faisabilité pour la rénovation de la monumentale gare Victoria de Bombay Connue jusqu’en 1996 sous le nom de Victoria, rebaptisée depuis Mumbai CST (Chhatrapati Shijavi Terminus), la principale gare de Bombay est l’une des plus fréquentées au monde, avec un trafic journalier dépassant le million de voyageurs. C’est ce qui fait le prix de la victoire d’Arep, filiale à 100 % de la SNCF, qui vient de remporter l’étude de faisabilité pour sa rénovation.
    Arep n’en est pas à sa première tentative en Inde. Eric Dussiot, directeur de projets à l’international, reconnaît avoir perdu quatre fois dans le pays, dont un concours pour la gare de Delhi, où l’agence avait tout de même été classée seconde derrière HKO. Le contrat enfin remporté sera, espère-t-il, une porte d’entrée pour le sous-continent indien, où un programme de rénovation de 22 grandes gares est aujourd’hui lancé. Une porte monumentale et magnifique, construite à la fin du XIXe siècle par l’architecte anglais Stephens et inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco. L’ensemble se répartit en trois espaces en cul-de-sac : la gare historique, qui abrite aujourd’hui des bureaux des Indian Railways, la billetterie ainsi que la halle banlieue ; une halle et un bâtiment voyageurs grandes lignes à côté ; et une troisième gare, située en amont, à l’extrémité des quais, pour les trains de nuit et un service de colis postaux.
    L’étude de faisabilité concerne la rénovation de la totalité de la gare de Mumbai et des bâtiments environnants, soit plus de 25 ha. Les très fortes contraintes liées à l’énormité du trafic et à la préservation du site ont conduit l’agence animée par Jean-Marie Duthilleul et Etienne Tricaud à mobiliser au plus vite les compétences d’un spécialiste du phasage des travaux et d’un spécialiste des monuments historiques.
    La rénovation prévoit l’insertion dans Mumbai CST d’une station souterraine de la future ligne 3 du métro (la ligne 1 étant en travaux, et la 2 en phase d’études). De plus, à l’horizon 2020, la grande vitesse devrait desservir Bombay. La rénovation de la gare se fera en PPP, et l’étude prévoit le développement d’un parc immobilier de 8 ha qui doit contribuer au financement. Le contrat représente environ 1,4 million d’euros, dont 800 0000 pour Arep, mandataire, qui a pour partenaire local Egis-India, filiale du groupe Egis.

    François DUMONT

  • Une conciergerie en gare de Bordeaux

    Une conciergerie ouvrira ses portes à la gare Saint-Jean dans la dernière semaine du mois de mars Sur le quai n° 1 un mur de planches, en guise de rideau rouge, masque une partie de l’aile sud. Derrière, les entreprises s’activent à installer le décor afin que tout soit prêt le moment venu. Fin mars les trois coups retentiront pour laisser apparaître, sur une scène de 285 m2… une conciergerie. Une première en France dans l’histoire des gares.
    Dans ce nouvel espace vont être regroupés en effet plusieurs services aux voyageurs. A l’accueil et la prise en charge de tous types de handicaps s’ajouteront les consignes avec les inévitables portiques et scanner, les objets trouvés, les sanitaires, le portage de bagages. Le tout avec présence humaine, vidéosurveillance et climatisation.
    Ce pôle multiservices, géré par Effia, n’est pas tout à fait une nouveauté. Le terme s’inspire en fait des conciergeries des grands hôtels parisiens. « Ce qui est une première, c’est l’appellation, observe Anne-Laure Techene, chargée d’opérations à l’unité décentralisée sud-ouest de la direction des gares et de l’Escale. C’est un concept qui de toute manière tend à se développer. Cette panoplie de services, on le retrouve dans certaines grandes gares. A Bordeaux tout est rassemblé en un même lieu, ce qui facilitera d’autant la vie de la clientèle. »
    Pour la SNCF, l’offre de la conciergerie peut évoluer, en fonction de la demande des voyageurs, par exemple l’ouverture d’un point relais de retrait de colis.
    Elle sera reliée au futur couloir de liaison, pour une meilleure gestion des flux. Car cette prochaine ouverture marque aussi le début d’une longue suite de travaux visant à réaménager le bâtiment voyageurs (voir encadré).
    Pour installer le nouvel espace, les cloisons des pièces ont été démolies et le sol entièrement refait. « On fait le maximum pour rénover les parties historiques de la gare, pas seulement ici même, tout en conservant leur cachet », note Anne-Laure Techene. Ainsi pour les portes monumentales ouvrant sur le quai n° 1 et la cour, lesquelles font l’objet de toutes les attentions. Les moulures sont conservées et les portes apparaîtront revêtues de la couleur ébène, choisie après avis de l’Architecte des Bâtiments de France. Leur sens d’ouverture sera modifié pour raison de sécurité. Une étude a même été conduite afin que les menuiseries et un pilier soient reconstitués dans leur forme originelle. Les bronzes retrouveront leur couleur d’origine. Quant aux murs, ils seront recouverts de boiseries. L’entreprise mandataire GTM est chargée de ces travaux.
     

    François-Xavier POINT

  • La gare des Arcs-Draguignan reprend du service

    Deux trains Nice – Bordeaux Grand-Sud desservent maintenant la gare des Arcs-Draguignan Depuis le changement de service du 14 décembre dernier, les deux « Grand-Sud » Bordeaux – Nice desservent la gare des Arcs-Draguignan, offrant de nouveaux horizons à ce bassin démographique de 100 000 habitants répartis dans 16 communes de la Communauté d’agglomération dracénoise (CAD). Le cadencement TER, entré en service à cette date, propose quotidiennement en semaine deux trains de plus vers Toulon (28 au total) et quatre de plus vers Nice (29 au total). Les Intercités TER (ICTER) Marseille – Nice, inclus dans ces chiffres, passent de 7 à 8 allers et retours.
    Quelques jours auparavant, le 8 décembre, la gare des Arcs avait inauguré de nouveaux aménagements extérieurs et un nouveau parking de 280 places. D’un coût de 3 millions d’euros, ils ont été financés par la CAD (40 %), le conseil général du Var (40 %) et par la région Paca (20 %). Il reste côté quais des améliorations à faire, notamment un accès PMR pour rejoindre le quai n° 2. Il y a néanmoins une aberration pour Draguignan : la fermeture aux voyageurs, le 28 septembre 1980, des 12,5 km de ligne la reliant aux Arcs puis la dépose, au cours des années 90, de 7,5 km entre Draguignan et La Motte-Sainte-Rosseline.
    Bien que déposée, la partie Draguignan – La Motte-Sainte-Rosseline est encore dans le giron RFF, mais des aliénations ont écorné la plateforme à trois endroits : en gare de Draguignan avec des constructions, et deux brèches totalisant 500 m pour la mise à 2 fois 2 voies de la RN 555.
     

    Bernard VIEU

  • Les nouveaux services entrent en gare dans le Rhône-Alpes

    Un investissement total de près d’un million d’euros pour une large palette de services en gare C’est une première selon SNCF Rhône-Alpes : le 22 janvier, la SNCF et la Région ont lancé un appel à projets groupé pour l’implantation d’activités commerciales, associatives et libérales dans des gares. Quatorze ont été retenues pour les accueillir sous le label « Point TER » : Die, Luc-en-Diois, Saint-Chamond, Villefranche-sur-Saône, Saint-Étienne-Carnot, Belleville-sur-Saône, La Tour-du-Pin, Chasse-sur-Rhône, Estressin, Thonon-les-Bains, Saint-Gervais-les-Bains-le-Fayet, Voiron, Roanne, Lyon-Saint-Paul. Soit 2 300 m2 de surface disponible. « L’objectif est de revitaliser les lieux, d’améliorer le sentiment de sécurité et l’ambiance, et surtout de répondre à la demande croissante des clients, nombreux à souhaiter trouver des services en gare », explique Bruno Mercader, directeur adjoint TER Rhône-Alpes à la SNCF. Une première expérience est en cours à Vienne, où un commerce « multiservices » va ouvrir à la fin du semestre. On pourra s’y restaurer, boire un café, avoir accès à un spot WiFi et donc à Internet. Les 14 autres gares s’ouvriront à ces services dans un an environ. L’investissement total s’élève à près d’un million d’euros. La palette de services est large : espace petites annonces, informations touristiques, relais colis, parc à vélos surveillé, accès WiFi ou installation de professions libérales (infirmières, kiné…). Tout est possible si le projet est « fiable ». Les propositions seront connues le 25 mars, date butoir fixée aux candidats. D’autres gares pourraient suivre. La direction régionale estime que sur la centaine de gares de la région, 30 à 50 pourraient être concernées.
     

    Marie-Hélène POINGT

  • Objectif 2015 pour la gare parisienne Evangile

    Le Syndicat des transports d’Ile-de-France (Stif) vient d’approuver le schéma de principe de la gare Evangile et la convention de financement des études d’avant-projet. Cela va permettre d’engager cette phase dès le mois de mars prochain et de respecter un calendrier tendu. Le projet consiste à créer un point d’arrêt sur la ligne E du RER, au nord-ouest du XIXe arrondissement. La desserte RER de la gare sera de 16 trains par heure à l’heure de pointe. La fréquentation de la future gare Evangile est estimée à 68 200 usagers par jour, en 2015, pour sa mise en service.

  • Transports gratuits à Aubagne à partir du 15 mai

    Tous les bus seront gratuits à partir de la mi-mai. Et tout le monde pourra en profiter, habitants ou non de l’agglomération d’Aubagne Les transports urbains de l’agglomération d’Aubagne, dans les Bouches-du-Rhône, seront entièrement gratuits à partir du 15 mai. Annoncée en septembre 2008, la date d’entrée en vigueur de cette promesse électorale a été arrêtée lors du dernier conseil communautaire de la communauté d’agglomération du Pays d’Aubagne et de l’Etoile (12 communes, 101 000 habitants). A partir du 15 mai, les utilisateurs du réseau « Les Bus de l’agglo », habitants de l’agglomération ou pas (un salarié du territoire sur deux vient de Marseille et des communes limitrophes) n’auront donc besoin d’aucun titre de transport. L’agglomération compte couvrir les pertes de recettes de billetterie, soit 749 000 euros en 2007, par la réévaluation du versement transports, la taxe versée aux AOT par les entreprises de plus de 9 salariés. A Aubagne, le taux de cette taxe qui rapporte 2,8 millions d’euros par an est passé de 0,6 % à 1,05 % le 1er janvier 2009, l’agglomération franchissant le seuil des 100 000 habitants.
    Il reste à signer avec Veolia Transport, délégataire du réseau, un avenant à la DSP passée en 2007 pour une durée de 12 ans. L’objectif de fréquentation passera à +86 %, soit à terme près de 4 millions de voyages par an, au lieu de 2. Un comptage par laser des passagers sera effectué à l’entrée des bus. Malgré cette hausse prévisible de la fréquentation, l’agglomération n’envisage pas pour le moment l’acquisition de nouveaux bus. Elle compte « absorber » les passagers supplémentaires grâce à la capacité encore disponible dans les bus déjà en circulation et en transférant ses bus ou minibus sur les lignes selon les nouvelles conditions d’utilisation. « Si on a besoin d’acquérir du nouveau matériel c’est que la fréquentation est plus importante, or c’est notre objectif », explique-t-on à l’agglomération. Alain Belviso, président de la communauté d’agglomération a inscrit la gratuité « dans une démarche globale en faveur des transports publics, du développement durable et de l’efficacité sociale ».
    L’agglomération aubagnaise va par ailleurs lancer, l’automne prochain, les études pour la création d’une ligne de tramway de 7 km et d’un TCSP de 17 km sur l’emprise d’une ancienne voie ferrée.
     

    José?SOTO

  • Achères, première gare solaire en France

    La transformation de la gare d’Achères, a été lancée le 30 janvier. Elle répondra aux exigences du label Haute qualité environnementale Ce sera la première « gare solaire » de France. À Achères, dans les Yvelines, les travaux de mutation de la vieille gare de 1976 en première gare HQE (autrement dit à Haute qualité environnementale) ont commencé. La SNCF compte se servir d’Achères-Ville comme d’une gare laboratoire pour y tester de nouveaux dispositifs, qui devraient être ensuite appliqués à plus grande échelle et d’abord dans les futures gares de la ligne à grande vitesse Rhin-Rhône, à Besançon-Auxon et à Belfort.
    Pour un meilleur confort du voyageur, les espaces d’accueil et de vente seront réorganisés, le souterrain rénové et la boutique Relay implantée dans le hall, et le parvis réaménagé Mais pour décrocher le fameux label, le bâtiment d’Achères-Ville doit répondre à trois types de critères : écologiques, économiques et sociaux.
    L’opération est financée par la SNCF, le conseil régional d’Île-de-France et le Réseau ferré de France (RFF). Ces travaux, dont le montant total s’élève à 3,2 millions d’euros, doivent s’achever en juin.
    « C’est un quartier de type nouveau. Nous voulons créer un écoquartier », explique Alain Outreman, le maire d’Achères. La gare est en effet située en bordure de la forêt de Saint-Germain-en-Laye et une éco-ZAC vient d’être lancée ici par la Ville, prévoyant notamment la construction de 300 000 m2 de bureaux et d’un collège. Pour Claudia Nordmann, architecte à la direction de l’Architecture et de l’aménagement des gares de la SNCF, chargée du projet Achères HQE, il s’agit vraiment d’une gare « de nouvelle génération ».

    Installation la plus importante : une membrane photovoltaïque – autrement dit un grand panneau solaire – de 175 m2 qui remplacera le vieux toit ondulé de la gare. Grâce au soleil, la gare produira elle-même 25 % des besoins en électricité nécessaire à son fonctionnement. Une fois celle-ci ayant, naturellement, transité par le réseau national EDF, à qui l’énergie doit d’abord être revendue.
    D’autres panneaux, de plus petite taille, seront installés pour chauffer l’eau des sanitaires. Le soleil fournira aussi le chauffage. À l’aide de briques de terre cuite alvéolaires, la chaleur sera stockée en été pour être réutilisée en hiver dans les locaux. La pompe à chaleur, qui remplacera l’actuelle chaudière à fioul, utilisera le même procédé.
    «Remplacer le fioul, c’est symbolique », explique Alain Outreman. L’isolation générale des façades sera bien sûr renforcée. Et pour optimiser la chaleur dans les bureaux, on utilisera aussi l’argon. Ce gaz isolant, injecté dans le double vitrage des fenêtres, diminuera les besoins.
    Côté éclairage, néons et autres ampoules à forte consommation seront aussi obsolètes que les radiateurs. La lumière naturelle éclairera les couloirs et les voies. Des détecteurs de mouvements et des sondes photosensibles remplaceront les interrupteurs. Quant à la ventilation du hall, elle sera contrôlée automatiquement par des lucarnes vitrées motorisées.

    Le toit de la gare sera aussi végétalisé. Un tapis de mousse et d’herbe, qui retient et dépollue naturellement les eaux de pluie et participe lui aussi à l’isolation thermique du bâtiment, permettra de stocker les eaux récupérées dans une citerne. De quoi par exemple approvisionner les chasses d’eau.
    Mais pour mériter le fameux label, Achères-Ville doit aussi répondre à d’autres critères. Et notamment faciliter l’accès aux quais aux personnes à mobilité réduite. Ainsi, un ascenseur reliera la rue au quai n° 1, les escaliers seront équipés de rampes doubles et de bandes rugueuses, deux passages au contrôle seront élargis pour les fauteuils roulants et les poussettes… Les résultats promis sont impressionnants. D’après les calculs de la SNCF, la nouvelle gare consommera 64 % d’énergie et 59 % d’eau en moins qu’auparavant. La production de gaz à effets de serre chutera même de 84 %. L’entreprise compte bien créer d’autres gares ou haltes voyageurs propres si la gare pilote d’Achères donne les résultats espérés.

    Pascal GRASSART avec Annabelle KAJBAF
     

  • Lille écoute avant de valider son plan d’actions

    L’intégration de la dimension ferroviaire a été la question centrale pendant cette journée de débat «Ce débat avait de la gueule ! » Il était plutôt satisfait, Eric Quiquet, au sortir du « grand débat » consacré à l’avenir des transports de l’agglomération lilloise, le 16 janvier. En l’absence de la présidente de Lille Métropole Communauté urbaine (LMCU) Martine Aubry, souffrante, c’est son jeune adjoint chargé des déplacements qui présidait cette journée qui a réuni plus de 400 personnes, élus, représentants des associations et des syndicats, universitaires, etc. « Ce n’est pas aujourd’hui la journée des solutions toutes faites. C’est une journée d’écoute ! », a-t-il insisté en lançant les discussions. De fait, il n’a pas été directement question de son programme, dont les grandes lignes sont déjà largement connues. Mais rien dans les propos des uns et des autres n’est vraiment venu contrarier ses projets. Quelques-uns en ont tout juste profité pour rappeler l’importance de la route dans les déplacements dans l’agglomération.
    Tout le monde semble d’accord à Lille pour « muscler l’existant », comme le préconise le vice-président (Verts) de LMCU. Le réseau Transpole, qui a transporté 145 millions de personnes l’an dernier et dont la fréquentation ne cesse de croître, commence en effet à craquer aux heures de pointe. Eric Quiquet envisage donc un nouveau « plan bus » avant la fin du mandat (le premier, dont la mise en œuvre s’achève, visait à augmenter l’offre d’un tiers). Il veut aussi doubler la capacité de la ligne 1 du métro, en étalant les dépenses sur une dizaine d’années, et donner toute sa place au vélo. Ces trois points n’ont pas soulevé d’objection particulière.
    C’est de l’« intégration de la dimension ferroviaire » qu’on a le plus parlé pendant cette journée. C’est-à-dire essentiellement du tram-train, un projet dont on parle depuis très longtemps autour de Lille, et dont Eric Quiquet voudrait voir enfin démarrer la réalisation. Il faut dire que les très nombreuses gares de la communauté urbaine sont sous-utilisées. Seule Lille Flandres, dans la ville-centre, sort vraiment du lot, pour des relations avec le reste de la région. « Les gares TER ont des fréquentations comparables à des arrêts de bus, observe Jean-Louis Sehier, directeur du cadre de vie à LMCU. Sauf Armentières, que l’on peut comparer à une petite station de métro. » D’où la revendication d’Eric Quiquet : « Nous avons l’intention de nous impliquer dans le domaine ferroviaire : à la Région les liaisons directes de ville à ville, à la Communauté urbaine le cabotage en première et deuxième couronnes ! »
    Mais il y a un hic, a priori plus physique qu’autre chose. « La Région n’envisage à aucun moment de s’opposer à la communauté urbaine de Lille », a rassuré le président du conseil régional Daniel Percheron. « Nous avons de grandes ambitions pour le ferroviaire, sommes prêts à faire des folies pour le ferroviaire ! », a-t-il lancé, rappelant que le Nord-Pas-de-Calais venait d’emprunter 1 milliard d’euros pour ses infrastructures. « Sur le tram-train, je suis tout à fait ouvert : la question qui se pose est de savoir si les péages de RFF sont dissuasifs ou non, et si la capacité du réseau est dissuasive ou non », compte tenu des ambitions de doubler le trafic TER, de voir passer davantage de TGV et d’écouler le fret depuis le port de Dunkerque. Avant de s’éclipser, le patron de la région a lancé une dernière salve : « Si nous sommes d’accord pour investir tous ensemble environ 2 milliards d’euros dans le ferroviaire d’ici 2020, alors les trams-trains sont une solution que nous examinerons. »
    Eric Quiquet devait-il voir dans ces propos de Daniel Percheron la fin de ses rêves de tram-train ? Pas vraiment. Un cadre, plutôt. Or, et ça tombe bien, le projet du vice-président de LMCU s’inscrit dans ce cadre, puisqu’il veut commencer son réseau avec les voies ferrées les moins fréquentées. Le programme a d’ailleurs pris un peu d’ampleur ces dernières semaines : deux lignes devraient se croiser dans les rues de Lille d’ici quelques années. Un tramway Seclin – Lille qui serait prolongé au nord en reprenant la voie ferrée de Comines, et une ligne est-ouest transfrontalière allant de Don-Sainghin à Baisieux et Tournai en Belgique. L’élu Vert espère lancer les travaux en 2013 ou 2014. Son programme complet doit être présenté avant la fin février aux différents partenaires, l’ambition étant de le voir adopté par le conseil communautaire en avril. D’ici là, il aura l’occasion de rencontrer à nouveau M. Percheron, ainsi que les présidents des conseils généraux du Nord et du Pas-de-Calais et les responsables de la Belgique voisine. Tous sont convoqués chez le préfet pour discuter de la saturation des axes routiers et ferroviaires de l’aire métropolitaine lilloise.
     

    François ENVER