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Catégorie : Mobilités douces
Retrouvez toute l’actualité des mobilités douces: services de vélos et trotinettes en libre service, pietonisation, aménagements urbains…

Pécresse veut faire démarrer le covoiturage en Ile-de-France
Les études divergent, mais le constat est terrible : ce sont entre 1,1 et 1,3 personne qui prend place en moyenne dans les voitures circulant en Ile-de-France. Selon Valérie Pécresse, qui a lancé ce lundi 18 septembre l’opération « Tous ensemble pour le covoiturage » en Ile-de-France, un taux d’occupation de deux personnes en moyenne soulagerait les routes d’environ un tiers des automobiles. Des routes où s’effectuent 16 millions de trajets quotidiens et où l’on a en moyenne 250 km de bouchons quotidiens. La présidente du conseil régional d’Ile-de-France et d’Ile-de-France Mobilités mise sur le covoiturage pour parvenir à ce résultat. D’où un coup de pouce qu’Ile-de-France Mobilités donne à dix-sept entreprises proposant ce service. Huit d’entre elles sont présentes sur le site de recherche d’itinéraire ViaNavigo, les autres devant les rejoindre dès qu’elles seront prêtes. Site intéressant pour les entreprises, avec ses 3,5 millions de visiteurs mensuels… Chaque trajet recevra une aide de deux euros. Chaque entreprise pourra recevoir cette aide, avec un plafond de 50 000 euros. Soit un maximum théorique de 17 fois 50 000 euros mais la région ne pense pas qu’on atteigne ce maximum et estime l’enveloppe totale à environ 500 000 euros. Comme les modèles économiques et les modes de fonctionnement des entreprises diffèrent, il reviendra à chacune de déterminer de quelle façon la somme sera perçue (par le conducteur ou par l’occupant). Pour faire démarrer le système, le conseil régional mise de plus sur des tarifs préférentiels consentis sur les parkings-relais. Il y a 5 000 aujourd’hui places, la région en promet bientôt 10 000 et compte bien sûr une liste de 1 000 places en périphérie annoncée par la Mairie de Paris. De quoi aider le développement du covoiturage en correspondance, l’un des deux volets de la pratique, avec le trajet porte à porte. Beau sujet pour les Assises de la mobilité qui sont lancées mardi : la région compte obtenir une aide de l’Etat, pour permettre aux covoitureurs d’emprunter les couloirs réservés aux bus sur l’A10 en Essonne et bientôt sur l’A3 en Seine-Saint-Denis et l’A12 dans les Yvelines. Un système qui devrait s’accompagner de modes de contrôle innovants, afin de s’assurer qu’il y a au moins deux personnes dans les véhicules empruntant les couloirs. Afin de développer ce mode de contrôle, la région compte utiliser, dans les 200 millions de son plan antibouchon, une partie des 55 millions prévus pour la route intelligente. L’expérimentation Tous ensemble pour le covoiturage est annoncée pour trois mois. En décembre on en tire les leçons.
F. D.
Les dix-sept covoitureurs partenaires
Blablalines, Citygoo, Clem’, Covoit’ici/Ecov, HopWays, iDVroom, Kankaroo, Karos, MicroStop, OuiHop, Proxiigen, Rezo Pouce, Roulez malin/Covivo, Trajet à la carte, WayzUp, Wever, Zify.
La Fnaut demande qu’on pense au trolley en Ile-de-France
Dans un courrier qui vient d’être adressé à Valérie Pécresse, l’Association des usagers des transports / Fnaut Ile-de-France exprime le souhait que soit mise à l’étude la pertinence de convertir au trolleybus des lignes de bus les plus fréquentées. Ceci dans la perspective du remplacement des bus diesel, pour lequel « aucune solution technique n’apparaît idéale » selon l’association. Pour cette dernière, les bus électriques, qui devraient représenter 80 % du parc en 2025, présentent encore des coûts « très élevés », une autonomie « limitée » et une fiabilité « qui reste à démontrer », alors que ces véhicules « semblent peu aptes à recevoir un équipement de réfrigération ». Le GNV, qui devrait représenter le reste du parc, pose quant à lui « d’importantes difficultés pour les dépôts en zone urbaine » pour la Fnaut Ile-de-France, à qui il semblerait « pertinent d’étudier aussi la possibilité de convertir en trolleybus certaines lignes de bus très fréquentées, en particulier celles équipées en véhicules articulés, voire bi-articulés à l’avenir ».
Toujours dans sa lettre, l’association rappelle que le trolleybus est une solution éprouvée et que les réseaux français qui les ont conservés en sont « très satisfaits ». Au premier rang de ces réseaux (qui ne sont d’ailleurs pas nommés dans la lettre) figure Lyon, où le trolleybus assure tant des lignes de grande capacité que la petite ligne S6, sur les pentes de la Croix-Rousse. Reste que le trolley est devenu rare en France et que l’insertion des lignes aériennes de contact (LAC) dans le paysage urbain peut représenter un obstacle mental d’ordre esthétique pour les décideurs. Contrecarrant par avance ce point, la FNAUT Ile-de-France assure que cette insertion « peut être discrète », « avec si besoin la possibilité de parcourir certaines sections sur batterie dans des secteurs délicats ». Précisions que sur ce dernier point, l’équipementier allemand Kiepe Electric a récemment développé la solution In Motion Charging (IMC) et que question LAC discrètes, le champion du monde est français : SM-CI, implanté dans la région de Grenoble, avec sa gamme Malico.
Bref, le trolleybus reste une idée neuve en Ile-de-France (où il a toutefois fait un rapide passage de 1943 à 1966) et la Fnaut Ile-de-France appelle de ses vœux une étude qui « pourrait porter notamment sur les coûts en investissement et en fonctionnement » du trolleybus, ainsi que sur « la détermination des lignes prioritaires » et « une estimation des délais de mise en œuvre ».
Ni très esthétique ni « glamour » question innovation, le trolleybus n’a jamais été sérieusement pris en compte pour le remplacement des bus diesel en Ile-de-France. Et pourtant, cette variante bien maîtrisée du bus électrique présente un risque technologique bien moins élevé que les divers modèles de bus à batteries testés ou restant à tester. Même si elle a peu de chances d’être suivie d’effet dans l’immédiat, l’étude demandée par la Fnaut Ile-de-France aurait au moins le mérite de fournir un « plan B » au cas où le Plan Bus 2025 se révèle plus difficile à mettre en œuvre que prévu…

Assises de la mobilité : Philippe Duron présidera le comité d’orientation sur les infrastructures
Philippe Duron reprend du service ! L’ancien député socialiste du Calvados va présider le comité d’orientation des infrastructures qui sera mis en place dans le cadre des Assises de la mobilité.
Un choix logique : c’est un fin connaisseur des transports (il était jusqu’en 2017 président de l’Afitf), des élus (il a été président de la Basse-Normandie, maire de Caen…) et surtout son travail à la tête de la commission Mobilité 21, chargée en 2013 de faire le tri dans les projets d’infrastructures retenus dans le Snit, avait été unanimement salué.
Ce comité, qui sera composé de trois députés, trois sénateurs, un parlementaire européen, un président de conseil régional, un président de conseil départemental, un président d’agglomération et six personnalités « qualifiées », sera chargé de préparer la future loi de programmation et de financement des infrastructures. L’objectif ne sera pas de faire des recommandations projet par projet comme cela avait été le cas de Mobilité 21 mais de fixer les grandes priorités, les sources de financement ou encore les critères de choix des projets. Ce qui servira de base au gouvernement pour écrire son projet de loi avant de le soumettre au Parlement. Les missions de ce comité dépasseront les Assises puisqu’il sera également chargé du suivi de l’application de la loi.
M.-H. P.

CarPostal planche sur la navette autonome à la demande
Lancée il y a un peu plus d’un an, l’expérimentation menée à Sion en Suisse avec deux navettes autonomes Navya doit s’achever fin octobre. CarPostal qui exploite ces navettes en plein centre-ville, sur une boucle d’1,6 km, dresse un premier bilan positif : depuis le 23 juin 2016, les deux « SmartShuttle » – les premières navettes autonomes à être mises en circulation en circuit ouvert – ont transporté plus de 25 000 personnes.
Des études qualitatives et quantitatives ont été menées par deux cabinets indépendants (GIM Suisse SA et la HES-SO Valais) notamment auprès des utilisateurs et des passants. « Les personnes qui ont déjà voyagé à bord de la navette ont davantage confiance en la technologie et beaucoup d’entre elles souhaitent qu’il y en ait davantage », assure CarPostal, reprenant les conclusions des sondages.
Mais, ajoute l’opérateur de transport public suisse, « l’un des grands défis réside encore dans la communication entre les navettes et les autres usagers de la route, afin que les flux de circulation puissent être optimisés ». Ainsi, une à deux fois par parcours, l’opérateur à bord (obligatoire pour respecter la législation) reprend la main, notamment pour contourner les fourgons garés ça et là sur les côtés de la voirie.
Les tests sont donc loin d’être finis. CarPostal vient ainsi de mettre en service depuis quelques semaines un site d’essai à Berne. Le groupe souhaite notamment tester en toute sécurité (et donc en circuit fermé et privé) différents équipements, comme les feux tricolores et les passages piétons, pour voir comment la navette réagit. Des équipements que ne rencontrent pas les deux navettes circulant dans le centre de Sion.
Sur ce site d’essai, Car Postal expérimente aussi la fonction « navette à la demande ». A terme, cette fonction doit permettre à un utilisateur d’appeler une navette, puis de commander une destination comme il le ferait avec un ascenseur, simplement en utilisant une application (en l’occurrence celle de la société BestMile).
Lorsque le système sera au point, CarPostal espère pouvoir le tester en conditions réelles. Eventuellement à Sion, où l’entreprise souhaiterait poursuivre des expérimentations. Après le mois d’octobre, elle envisage de faire rouler ses deux navettes dans une autre partie de la ville. « Ce pourrait être un parcours d’un kilomètre, avec une origine et une destination, alors qu’actuellement la navette effectue une boucle », explique Philippe Cina, le responsable du Développement de CarPostal Suisse.
Pour faire connaître ce nouveau mode de transport, l’entreprise, qui exploite plusieurs réseaux de taille moyenne en France, propose aussi des démonstrations aux collectivités. Entre le 4 et le 15 septembre, elle a fait rouler une navette à Sète pour desservir des plages, en reliant un parking à un arrêt de bus. Du 20 au 30 septembre, ce sera au tour de Dole d’accueillir ce véhicule dans le centre-ville fermé à la circulation.
De quoi donner des idées aux élus ? Car Postal estime que les navettes autonomes présentent un fort potentiel dans les sites touristiques, les aéroports ou tout simplement pour effectuer ce qu’on appelle « le dernier kilomètre ».
« Nous avons notamment été approchés par des exploitants de site touristique. Mais c’est encore économiquement compliqué », confie Philippe Cina. Avant de voir rouler des navettes autonomes sur la voirie, il faudra abaisser les coûts d’achat (il n’y a pour le moment que deux constructeurs français, Navya et Easymile) et réduire les dépenses de fonctionnement (lorsque les progrès seront tels que la législation n’imposera plus un opérateur à bord). Ce n’est donc pas pour tout de suite, mais, ajoute Philippe Cina, « la tendance est claire et nous sommes sûrs que la navette sera utile : elle le sera notamment pour les personnes âgées ou à mobilité réduite et permettra de proposer de nouvelles offres de mobilité, tout particulièrement dans les territoires délaissés ».
M.-H. P.

Assises de la mobilité : six ateliers pour inventer l’avenir et une commission pour tailler dans les infrastructures
Intervenant le 13 septembre devant les élus du GART (Groupement des autorités responsables des transports), Elisabeth Borne a apporté quelques précisions sur les Assises de la mobilité qui seront lancées le 19 septembre, au Palais Brongniart à Paris, en présence du Premier ministre.
Six ateliers seront proposés, sur l’environnement et la mobilité propre, la révolution numérique, les fractures sociales et territoriales, l’intermodalité, la sécurité et la sûreté, la gouvernance et le financement.
Une plateforme sera également mise en ligne, permettant à chacun de donner son avis et de faire des propositions. « Des rencontres seront organisées dans les territoires et des ateliers de l’innovation seront lancés pour faire remonter les solutions innovantes et les propositions des start up », précise encore la ministre des Transports.
Enfin, une commission des infrastructures sera mise en place : elle s’appuiera sur les conclusions de la commission Mobilités 21 pour les actualiser. « Nous allons élaborer une loi de programmation qui nous obligera à équilibrer les dépenses et les ressources au moins sur les cinq prochaines années », poursuit Elisabeth Borne.
Au détour d’une phrase, la ministre a estimé que les élus qui décident d’instaurer la gratuité sur leurs réseaux de transport ne devraient plus ensuite pouvoir se tourner vers l’État pour demander des aides, « ce pourrait être un critère ». Et elle a rappelé que la contrainte budgétaire, au coeur du sujet, impose d’optimiser ce qui existe déjà ((par exemple mieux utiliser les véhicules dont le taux d’occupation dépasse à peine plus d’un passager en ville, au lieu de construire de nouvelles infrastructures) et de ne plus faire de promesses intenables.
MH P

Le premier radar piéton s’installe à La Grande-Motte
Le premier radar piéton a été installé cet été à La Grande-Motte, près de l’Office de tourisme. Equipé de cinq caméras (deux sur le piéton, deux sur le véhicule et une pour une vue globale de la scène), le système destiné à protéger les piétons est avant tout pédagogique grâce à un panneau lumineux informant l’automobiliste d’un éventuel comportement à risque. Conçu par la société lyonnaise AFS2R, le radar piéton devait être d’abord testé dans le Rhône à Saint-Bonnet-de-Mure, où la commune, via la police municipale, voulait pouvoir verbaliser les infractions. Mais la préfecture n’a pas accordé l’autorisation en raison d’un vide juridique sur ce type de matériel avec vidéo, au grand dam du maire qui souhaite une évolution législative sur le sujet.
C. F.

La RATP affiche un résultat semestriel en forte hausse
Sur les six premiers mois de l’année, la RATP a vu son résultat net bondir de plus de 50 % à 132 millions d’euros. Sa capacité d’autofinancement s’élève à 488 millions d’euros (en hausse de 57 millions d’euros par rapport à juin 2016).
En revanche, son chiffre d’affaires ne s’accroît que légèrement : +1,1 % (plus de 2,8 milliards de chiffres d’affaires sur les six premiers mois 2017). Mais il s’inscrit en positif après une année de recul : en 2016, le chiffre d’affaires avait régressé de 2 % comparé à l’année précédente.
La croissance de l’activité est homogène entre la RATP et ses filiales, note le groupe. En Ile-de-France, le trafic augmente légèrement de 0,7 %, essentiellement grâce au RER et au tramway. « Le retour des touristes et occasionnels est également notable par rapport à 2016 », indique encore la RATP dans un communiqué.
Le groupe, qui s’est fixé l’objectif d’un chiffre d’affaires de sept milliards d’euros en 2020, attend d’ici à la fin de l’année le résultat d’appels d’offres importants, notamment ceux relatifs aux métros de Doha et de Riyad.

Les Assises de la mobilité seront lancées le 19 septembre
Les Assises de la mobilité seront lancées le 19 septembre à 15 heures à Paris au Palais Brongniart, selon nos informations. Elles dureront jusqu’en décembre. L’idée est d’associer à tous les niveaux les acteurs de la mobilité pour « identifier les attentes à l’horizon 2030 » et « faire émerger de nouvelles solutions ».
Citoyens, entreprises, y compris start up, ONG, associations et élus seront invités à s’exprimer lors de ces Assises pilotées par une instance à laquelle participeront des parlementaires. Le grand public aura toute sa place dans le cadre de cette grande consultation nationale, promet-on au ministère des Transports.
Les infrastructures devraient être traitées à part. Des audits techniques sur les réseaux routiers, ferroviaires et fluviaux seront menés, y compris par la Cour des Comptes. Enfin, il y aura aussi « une dimension territoriale » pour associer les collectivités. « Les premières orientations des Assises seront présentées aux autorités organisatrices des transports », a déjà précisé Elisabeth Borne devant l’Assemblée nationale.
Tout devra être bouclé fin décembre. Suite logique, et comme cela a été annoncé par Emmanuel Macron le 1er juillet , la loi d’orientation sera présentée au premier semestre 2018. Elle comportera deux volets : une loi de programmation, année par année, des projets et des financements de l’Etat sur une période de cinq ans et une vision à moyen terme des infrastructures. La loi portera aussi sur les nouvelles mobilités et les innovations à encourager. Un comité d’orientation pérenne devra assurer le suivi.
En revanche, la question de l’ouverture du transport ferroviaire ne devrait pas faire partie de la consultation même si elle sera traitée par la future loi. Une personnalité devait être nommée pour mener la concertation cet automne sur tous les sujets.
MHP

« Nous avons engagé un travail avec le Medef sur le versement transport »
Le PDG de Transdev, qui a pris en juin la tête de l’Union des transports publics, explique quelles orientations il compte donner à l’organisme professionnel et quelles sont ses positions alors que vont s’ouvrir les Assises.
Ville, Rail & Transports. Comment envisagez-vous votre action en tant que président de l’UTP ?
Thierry Mallet. Mon action à la tête de l’UTP se fera dans la continuité de celle de Jean-Pierre Farandou, tout particulièrement dans le cadre de ce qui a été initié par les états généraux de la mobilité durable que nous avons organisés il y a quelques mois. Certaines de nos préconisations ont d’ailleurs déjà été prises en compte comme notre demande d’un ministère de plein exercice qui s’est concrétisée avec la nomination d’Elisabeth Borne.
Nous voulons aussi faire de l’UTP une plateforme de toutes les mobilités. C’est pourquoi nous avons créé un nouveau statut : des membres partenaires, qui arriveront à partir de cet automne, pourront participer à des commissions – nous avons d’ailleurs créé une commission « Nouvelles mobilités, Villes de demain ». Nous allons réfléchir à la mise en œuvre cohérente de toutes les mobilités en intégrant le stationnement, les VTC, les taxis, les vélos partagés… Mais nous n’avons pas vocation et ne souhaitons pas nous occuper de leurs conventions de branche, autrement dit de leurs conditions sociales. Mon but est d’accueillir les nouvelles mobilités et des têtes nouvelles qui pensent différemment.VR&T. Quelles sont vos priorités en tant que président de l’UTP ?
T. M. L’un de mes premiers chantiers concerne le financement, tout particulièrement la pérennisation du versement transport. En juillet, nous avons engagé un groupe de travail avec le Gart et le Medef pour faire des propositions à ce sujet. Nous apporterons aussi notre contribution sur ce thème lors des Assises de la mobilité et lors de la préparation du budget 2018.
Nous demandons aussi toujours un retour à la TVA à 5,5 % car les transports sont un service de première nécessité [la TVA est actuellement de 10 %, NDLR]. En contrepartie, nous ne proposerons pas forcément une baisse des tarifs mais les sommes dégagées pourraient servir à la desserte des territoires délaissés, « les déserts de mobilité », un thème que l’on retrouvera également lors des Assises. Nous pourrions mixer des solutions classiques et d’autres plus nouvelles, comme du transport à la demande et du covoiturage, pour répondre aux besoins dans ces territoires.
Nous avons aussi devant nous tout le chantier de la transition énergétique : il faut voir comment on la financera puisque notre secteur va devoir renouveler ses flottes. Dans l’urbain, ce sera plutôt de l’électrique, dans l’interurbain, ce sera plus compliqué car l’électrique n’a pas encore l’autonomie nécessaire. Peut-on attendre des aides de l’Etat ? Dans le cadre du Grenelle de l’environnement, il reste encore une enveloppe pour aider à cette transition énergétique : environ 800 millions d’euros n’ont pas été engagés, mais ce n’est qu’une inscription budgétaire !
Enfin, pour préparer l’ouverture à la concurrence dans le ferroviaire, l’UTP souhaite une démarche progressive et consensuelle. Nous souhaitons guider l’Etat pour permettre les premiers appels d’offres dès 2020-2021. Nous nous sommes mis d’accord au sein de l’UTP sur le principe d’un transfert de personnel comme celui qui existe dans l’urbain. Reste à régler certaines questions, sociales comme le périmètre du transfert, mais aussi la maintenance. Nous devons arriver entre nous à des solutions intelligentes. Mais c’est l’Etat qui tranchera et la loi édictera les conditions.VR&T. Sur quels autres thèmes souhaitez-vous intervenir dans le cadre des Assises de la mobilité ?
T. M. Tous les acteurs se retrouveront autour de la table, les passagers, mais aussi les associations, les collectivités, les élus et les entreprises. Nous participerons car nous représentons les opérateurs de transport. Il s’agit non seulement de préparer une loi, mais aussi de mettre en avant les innovations. L’intérêt est de réfléchir à court et à long termes. La priorité annoncée à la mobilité du quotidien est une bonne nouvelle. Mais nous avons besoin de visibilité sur les infrastructures. L’enjeu est de repenser les projets et les financements. Nous avons aussi besoin de cohérence. Aujourd’hui, il y a différents niveaux d’offres, intercommunal, région, Etat. Ces trois acteurs majeurs devront intégrer leurs offres. Enfin, j’ajouterai qu’on ne peut pas envisager les Assises sans avoir une réflexion sur la ville de demain.Propos recueillis par Marie-Hélène Poingt

CarPostal se lance dans le covoiturage du quotidien
Après avoir signé une convention de partenariat en mai 2017, CarPostal France et Ecov s’apprêtent à lancer Covoit’ici, un service de covoiturage de proximité. Celui-ci sera proposé entre les villes de Salon-de-Provence et Sénas dès octobre prochain.Ce partenariat est conçu pour une durée de deux ans entre l’opérateur de transport et la start-up qui conçoit des stations de covoiturages connectées. Il pourra être déployé dans deux cas de figure : soit lors de réponses de CarPostal à des appels d’offres. Soit pour des expérimentations qui pourront être proposées aux collectivités déjà partenaires de CarPostal dans le cadre de contrats de délégations de service public.
Les stations seront couplées aux arrêts de bus et le fonctionnement sera « simple et spontané en complément du bus dans les territoires peu denses », explique CarPostal.