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Catégorie : Mobilités douces
Retrouvez toute l’actualité des mobilités douces: services de vélos et trotinettes en libre service, pietonisation, aménagements urbains…

Le trafic des cars Macron augmente de 25 % chaque trimestre
Le rythme de croissance des cars Macron reste très dynamique : chaque trimestre, le nombre de voyageurs transportés par autocar fait un bond de 25 %, selon le deuxième rapport annuel présenté par l’Arafer le 11 juillet. En 2016, six millions de déplacements ont été effectués sur le territoire grâce à ce mode de transport.
En décembre dernier, on recensait près de 1 000 liaisons contre un peu plus de 600 un an auparavant. « Des liaisons sont ouvertes, d’autres fermées. On constate que le plus grand nombre de créations ne sont pas sur des radiales mais sur des transversales qui ne sont pas elles-mêmes desservies par d’autres modes de transport », souligne Bernard Roman. Selon le président de l’Arafer, les trois opérateurs du marché (Flixbus, Ouibus et isilines/Eurolines), tous déficitaires, ont « de grandes ambitions, qui se basent sur l’exemple allemand, et devraient rapidement les mener, selon eux, à dix millions de passagers annuels ».
Les trois transporteurs se font essentiellement concurrence sur les liaisons les plus fréquentées (près de 90 % des passagers), généralement desservies par le TGV. C’est le cas tout particulièrement entre Paris et Lille et entre Paris et Lyon.
L’Arafer dresse un bilan très positif de l’ouverture du marché : les enquêtes menées auprès des clients des cars montrent, selon l’autorité de régulation du secteur, que sur les six millions de personnes transportées, près d’un million ne se seraient pas déplacés si cette nouvelle offre n’avait pas existé. Pour les cinq autres millions de déplacements recensés, plus de la moitié (53 % exactement) auraient été effectués en voiture individuelle ou en covoiturage et 45 % en train.
Les liaisons de moins de 100 km, qui sont soumises à un régime particulier, ont donné lieu à 171 déclarations d’ouverture de ligne déposées auprès de l’Arafer. L’autorité a aussi reçu 93 saisines de la part d’autorités organisatrices des transports demandant soit leur interdiction, soit leur limitation en raison du risque d’une atteinte « substantielle » à l’équilibre économique de leurs lignes TER. Selon Bernard Roman, « la concurrence est en réalité très limitée. Il suffit de comparer les caractéristiques respectives des types de service : les cars Macron se distinguent par une fréquence hebdomadaire et un nombre de sièges réduit. Leurs temps de trajet sont beaucoup plus longs et souvent ne permettent pas de respecter les horaires car ils s’inscrivent dans des lignes grandes distances ».
Enfin, le gendarme du secteur va lancer une consultation publique à la rentrée sur les règles d’accès aux gares routières. Ce qui lui permettra dès cet automne de prendre « une décision s’appliquant à tous les exploitants de gares routières régulées ».
M.-H. P.

Saint-Denis : un pont suspendu… à la décision sur les Jeux
L’accord scellé à Lausanne sur les jeux Olympiques pourrait donner le coupe de pouce décisif à une réalisation importante pour la Seine Saint-Denis. Le pont, voulu par Patrick Braouezec, président de Plaine Commune, doit franchir l’immense faisceau de voies empruntées par les RER D, les TGV Nord, les Thalys ou les Eurostar… Un ouvrage long de 365 mètres, pour enjamber l’un des plus vastes faisceaux ferroviaires d’Europe. Pont à vocation triple. Locale : assurer la correspondance entre le RER D et la nouvelle gare de Saint Denis Pleyel. Urbaine : raccommoder les deux parties de Saint-Denis aujourd’hui séparées. Régionale : relier la Seine-Saint-Denis aux Hauts-de-Seine. Le franchissement conçu par le maître d’œuvre, l’architecte Marc Mimram, le montre bien. Une partie doit être occupée par une route, une autre, rejointe par une bretelle purement piétonne, sera réservée aux piétons ou aux circulations qu’on dit douces. Le pont sera, de plus, construit sur un des ses côtés, formant ainsi, selon le vœu de de Plaine Commune, un véritable « morceau de ville ». Il est épaulé pour cela par l’un des projets d’Inventons la métropole du Grand Paris, l’opération lancée par la SGP, la Métropole du Grand Paris et l’État : de part et d’autre de la gare de Saint-Denis Pleyel a été proposée aux aménageurs (sociétés foncières, promoteurs, concepteurs) la métamorphose d’une zone de 4 hectares, qui comprend aussi l’urbanisation du pont. Cinq groupements ont remis des offres, et le lauréat doit être désigné en octobre.
Plaine commune compte fermement sur les Jeux Olympiques. Côté Pleyel en effet, à l’ouest du faisceau, non loin de la tour qui donne son nom au quartier, doit s’élever la gare Saint-Denis Pleyel du Grand Paris Express confiée à Kengo Kuma. De ce côté-ci, doit être construit le village olympique. A l’est du faisceau, se trouvent la gare du RER D, et plus loin, le Stade de France. De ce côté-là, doit être construit le centre aquatique. Conséquence, pour Plaine Commune : « le franchissement Pleyel est nécessaire à l’accessibilité des équipements sportifs depuis le village Olympique ».
Le projet de franchissement est soutenu par la SGP et la SNCF qui ont signé en 2015 une convention de co-maîtrise d’ouvrage avec Plaine Commune. La SGP avait de toute façon prévu, pour l’ouverture de sa gare, en 2023 , d’édifier une passerelle piétonne assurant la correspondance avec le RER D. Sa contribution au franchissement Pleyel correspond au coût estimé de la passerelle. Le principe est clair, mais le montant doit encore faire l’objet d’un accord entre SGP et Plaine Commune. La SNCF, pour sa part, est directement concernée par une opération lourde, la construction d’un tel ouvrage ayant forcément des impacts sur le trafic ferroviaire. La SNCF est d’autant plus aux premières loges qu’elle emploie des milliers de salariés à Saint-Denis et verra même le franchissement déboucher au pied de son siège social, face à la gare du RER D. Le siège de la SGP, légèrement plus reculé et nettement moins nombreux, va aussi bénéficier du franchissement.
Reste l’essentiel. Boucler le financement des quelque 175 millions que le franchissement doit coûter. Un comité de pilotage s’est tenu le 7 juillet. Au cabinet de Patrick Braouezec, on se dit satisfait de l’avancée du projet. Mais, comme Philippe Yvin l’a dit en substance le 1er juillet, lors de la récente présentation de la gare de Saint Denis par Kengo Kuma, une victoire de la candidature française aux JO de 2024 donnerait le coup de fouet nécessaire à la réalisation du franchissement. Façon de dire qu’une défaite, voire un report enterrerait le projet. Au cabinet de Patrick Braouezec, on se dit suspendu au vote du 13 septembre, à Lima. Un vote qui depuis la réunion de Lausanne semble pencher du bon côté.
FD

Youenn Dupuis va mener l’offensive de Keolis en Ile-de-France
Youenn Dupuis est depuis le 1er juillet directeur général adjoint Ile-de-France de Keolis et a intégré le comité de direction du groupe. Il succède à André Magnon-Pujo, qui est à présent conseiller du DG France, en charge des projets de développement et de Transkeo. Youenn Dupuis a pour « mission principale de positionner Keolis en tant qu’acteur incontournable de la mobilité en Ile-de-France dans le cadre de l’ouverture à la concurrence », précise le communiqué de Keolis du 12 juillet. Parmi les dossiers prioritaires, l’augmentation de l’offre de bus, notamment en grande couronne, dans le cadre du Grand Paris des Bus lancé par Ile-de-France Mobilités ; le développement du transport à la demande, l’accélération de la transition énergétique (bus électriques et au gaz naturel). S’agissant du mass transit, il devra positionner Keolis sur divers grands projets : tramway, CDG Express et Grand Paris Express, tous ouverts à la concurrence, sans oublier le tram-train, dans lequel le groupe SNCF réserve une place de choix à sa filiale Keolis. Il devra aussi déployer les innovations du groupe dans les transports publics d’Ile-de-France, des dossiers que connaît déjà fort bien Youenn Dupuis. Il a rejoint en janvier 2016 Keolis en tant que directeur adjoint de la branche Ile-de-France. Auparavant, cet ingénieur X-Mines (41 ans), a été en poste à l’Agence des participations de l’Etat, a été conseiller au cabinet de Jean-Louis Borloo, ministre en charge de l’Ecologie, du Développement durable et de l’énergie. En 2011, il est entré à la RATP où il a dirigé mission Grand Paris avant de prendre la direction de la ligne 14. Une RATP qui voit face à elle un concurrent coriace.

Le projet de train Hyperloop fait escale à Saint-Etienne
Des dirigeants de l’entreprise canadienne Transpod ont rencontré leurs homologues de la Loire au siège stéphanois de la CCI Lyon Métropole Saint-Etienne pour faire la promotion du projet de navette supersonique Hyperloop. Un choix qui ne doit rien au hasard : l’intérêt de Transpod pour la liaison Saint-Etienne – Lyon, « propice au système Hyperloop », s’explique par la fréquentation élevée de la première ligne de France (hors IDF), la volonté de renforcer le pôle économique entre les deux villes et les études avancées sur l’Hyperloop menées depuis 2013 par l’Ecole des Mines de Saint-Etienne. Pour les dirigeants de Transpod, les compétences peuvent être réunies dans plusieurs pays et intégrer notamment les fournisseurs de la région de Lyon et Saint-Etienne. Il restera à convaincre les Canadiens d’implanter en Rhône et Loire l’éventuelle ligne d’essai française qu’ils annoncent pour 2018-2020…
Une chose est sûre, le projet futuriste rencontre de plus en plus l’intérêt des collectivités. Au conseil général du Rhône, le premier vice-président Renaud Pfeffer est un inconditionnel du projet, et la région Auvergne-Rhône-Alpes vient de décider la création d’un groupe de travail sur l’Hyperloop. Saint-Etienne dispose aussi d’un fervent spécialiste avec Christian Brodhag, vice-président du Conseil de développement de Saint Etienne-Métropole et responsable des études sur l’Hyperloop à l’Ecole des mines. Selon lui, la liaison supersonique Lyon – Saint-Etienne en huit minutes à 450 km/h coûterait, en se référant au projet californien, environ 700 millions d’euros. Pour beaucoup, l’Hyperloop apparaît aussi comme une alternative d’avenir au projet d’autoroute A45 Lyon – Saint-Etienne qui rencontre une opposition croissante.
Claude Ferrero

Saint-Denis-Pleyel : la gare olympique de Kengo Kuma
Ce sera comme Châtelet-Les Halles ou comme le pôle de La Défense. Certes, avec 250 000 à 300 000 passagers par jour, on n’atteint pas les 750 000 passagers de Châtelet-Les Halles. Mais Saint-Denis Pleyel, confiée à l’architecte japonais Kengo Kuma, s’inscrira d’emblée dans les très grandes gares de la région. Le mercredi 5 juillet, à la maison de l’Architecture en Ile-de-France, où la SGP organisait sa cinquième séance de présentation des futures gares par leurs architectes devant une salle comble, Philippe Yvin n’a pas manqué de le rappeler. S’y rencontreront la ligne 14 prolongée, les lignes 15, 16 et 17 du Grand Paris. En correspondance, non loin de là mais pas sous le même toit, la ligne 13 et, de l’autre côté d’un immense faisceau de voies, le RER D. En 2024, si Paris a les Jeux, Saint-Denis-Pleyel sera « la gare olympique », selon Philippe Yvin. Proche du village olympique ou du centre aquatique, tous deux à construire, non loin du Stade de France. En attendant les résultats de la réunion exécutive du CIO de Lausanne, puis du vote de Lima, le 13 septembre, ce qui est acquis, c’est que les prochains JO, en 2020, auront lieu à Tokyo. Et c’est Kengo Kuma qui construit le stade. Zaha Hadid – l’architecte anglo-irakienne décédée en 2016 – avait d’abord été choisie, mais, du fait de l’augmentation formidable du devis, le concours a été relancé au profit d’un projet moins imposant et moins coûteux. Réalisé en grande partie en bois (murs extérieurs en cèdre, charpente en mélèze), présenté comme « stade d’arbres et de verdure », il prend place dans un espace boisé.
Ce n’est pas le cas à Saint-Denis. Mais le propos est identique. Kengo Kuma considère que « le drame de l’architecture du XXe siècle », en ayant largement recours au béton ou à l’acier, c’est d’avoir séparé ville et nature. Il veut « réintroduire la nature dans la ville ». Le stade de Tokyo et la gare de Saint-Denis-Pleyel sont à la fois des édifices et des manifestes. Cette gare, Kengo Kuma l’avait déjà présentée en septembre 2015, au dernier étage du siège de la SNCF, à Saint-Denis, d’où l’on voit la tour Pleyel et le site du futur édifice, de l’autre côté du faisceau de rails qu’il s’agira encore de franchir. On en connaît donc le schéma, fait de l’entrecroisement de grands plans inclinés, dans lequel les niveaux à la fois communiquent et se distinguent autour d’un puits de lumière qui est l’une des marques des gares du Grand Paris Express. La gare, qu’on imagine assez aérienne, Kengo Kuma la voit aussi comme une colline. Comme à Tokyo, il va largement avoir recours au bois : chêne à l’extérieur, mélèze à l’intérieur. Les plans inclinés seront végétalisés, la toiture aussi, les arbres cédant alors la place à une végétation plus légère. Les vastes façades de verre feront de la gare illuminée une fois la nuit tombée « une lanterne dans la ville », présence chère aux Japonais, et lanterne que les Berlinois ont la chance d’avoir depuis l’ouverture de leur Hauptbahnhof. Et, une fois toutes les activités éteintes, un jeu de lumières dessinera la silhouette d’un bâtiment qu’on s’avoue impatient de découvrir.
Lors de cette séance, on a pu faire plus ample connaissance avec les gares de Champigny-Centre et Bry-Villiers-Champigny, comme avec le centre industriel de Champigny (site de remisage des rames et PCC de la ligne 15), ou la gare de Massy-Palaiseau (ligne 18), confiés à Richez_Associés. Mieux connaître aussi Châtillon-Montrouge, Les Agnettes ou Les Grésillons, les gares de l’agence Périphériques, toutes trois sur la ligne 15. Les partis pris sont différents. Thomas Richez construit la gare de Champigny en dialogue avec la Marne et les ouvrages d’art en meulière. David Trottin revendique le métal et veut que les gares dont il a la charge, résolument du XXIe siècle, manifestent la « technologie immense » du nouveau métro. Modernes mais neutres aussi. Chaque édifice, pérenne, devra être le réceptacle d’usages qui ne sont pas encore apparus et qui disparaîtront plus vite que lui. On le savait, cela se confirme : chaque gare du Grand Paris Express aura sa personnalité, les éléments communs – mezzanine, puits de lumière – se prêtant à de multiples interprétations, qu’il s’agisse d’effacer la coupure ville/nature (Kengo Kuma), d’inscrire la gare dans l’histoire du lieu (Thomas Richez) ou d’en affirmer la modernité (David Trottin). C’est en sous-sol que l’appartenance au réseau sera totale. Le nom de la station y sera quasiment la seule manifestation d’un lieu s’affirmant à mesure qu’on accédera à la surface. Pari intéressant. Reste un problème commun aux 68 futures gares, que la SGP traite en ce moment, avec le Stif, grâce aux travaux des comités de pôles de chaque site. Il faut que les parvis un peu vides ou sagement peuplés des dessins d’architectes soient aussi traversés par l’énergie de la ville. Les vélos, les bus, les voitures, autonomes ou pas. Et que l’architecture des gares se prête, selon une expression d’Elisabeth Borne, à une « architecture des mobilités » qu’elle a la charge de dessiner.
F. D.

Catherine Guillouard future PDG de la RATP
C’est donc Catherine Guillouard, comme on s’y attendait depuis une dizaine de jours et comme l’a confirmé jeudi soir le site du Figaro, qui devrait succéder à Elisabeth Borne à la tête de la RATP. Le nom de l’ancienne directrice générale délégué de Rexel est apparu en phase finale de la sélection. Selon Les Echos, Catherine Guillouard a « rencontré Emmanuel Macron mercredi, ainsi qu’Edouard Philippe et Valérie Pécresse, présidente de la région Ile-de-France (et à ce titre principal financeur de la RATP) jeudi ».
Le nouveau pouvoir avait voulu professionnaliser le choix du ou de la PDG de la RATP, en chargeant un cabinet de chasseur de têtes (Progress) d’instruire les candidatures (il y en a eu 32) et d’éclairer les choix de la DGITM et de l’APE. Deux noms dans la short-list au bout du compte retenue ont souvent été cités : Bruno Angles (CEO de Crédit Suisse France et Belgique, et déjà administrateur de la RATP) et Sandra Lagumina (ex-DGA d’Engie). Deux favoris supplantés par la candidature finalement retenue par Emmanuel Macron. Le décret de nomination de Catherine Guillouard comme administrateur de la RATP doit être publié ce vendredi. Un conseil d’administration va proposer de la nommer PDG et les commissions concernées de l’Assemblée et du Sénat vont procéder à son audition avant que le gouvernement ne la nomme en Conseil des ministres.
Le choix de Catherine Guillouard a surpris. Le gouvernement souhaitait, a-t-on dit au début du processus, choisir une personnalité ayant l’expérience des transports terrestres. Ce n’est pas le cas de Catherine Guillouard, 52 ans, énarque (promotion Senghor), passée par Air France (direction Financière, Ressources humaines), Eutelsat, (directrice Financière) et dernièrement Rexel (directrice Financière puis directrice générale déléguée). Il va revenir à cette spécialiste des finances de mettre la RATP en ordre de marche pour affronter la concurrence en Ile-de-France.

Les transports publics strasbourgeois visent un taux de couverture de 50 %
La fréquentation du réseau de la Compagnie des transports strasbourgeois (CTS) a connu une légère progression en 2016 avec 116,5 millions de voyages effectués, soit 0,3 % de plus qu’en 2015. Les déplacements en tramway (69,1 kilomètres de lignes commerciales) ont représenté 59 % de cette activité. Le solde est réalisé sur 315 kilomètres de lignes commerciales de bus qui circulent dans l’agglomération. Les recettes de trafic se sont établies à 50,6 millions d’euros (+3,7 %) en 2016, après l’augmentation des tarifs décidée par l’Eurométropole de Strasbourg, autorité organisatrice. La contribution d’exploitation recule, elle, de 2 %. « Avec un taux de couverture de 44,4 %, nous sommes le réseau français le plus performant derrière Lyon, qui pratique des tarifs bien plus élevés, se félicite Jean-Philippe Lally, directeur général de la CTS. Nos coûts de production n’ont pas augmenté en 2016. L’évolution de la fréquentation porte sur des titres à plein tarif ou à faible taux de réduction. Nous sommes dans un cercle vertueux », estime le patron du réseau strasbourgeois et de bus et de tramways.
L’exercice 2017 devrait marquer une nouvelle progression de ces indicateurs : l’extension de la ligne D du tramway jusqu’à Kehl (2,7 kilomètres vers l’Allemagne), inaugurée en avril, remporte l’adhésion des voyageurs. « La fréquentation se situe déjà au niveau que nous attendions dans trois ans », observe Jean-Philippe Lally.
La baisse de la contribution d’exploitation figure parmi les priorités de l’Eurométropole, qui a signé le 23 juin un contrat de performance avec l’exploitant de son réseau. « Nous nous engageons à réaliser six millions d’euros d’économies sur l’exploitation », confirme Jean-Philippe Lally. Roland Ries, maire de Strasbourg, a fixé un objectif de taux de couverture de 50 %, sans préciser l’échéance. « La contribution versée en 2016 par la collectivité est déjà inférieure de dix millions d’euros à celle allouée en 2009 », rappelle la CTS dans le document de présentation de ses résultats annuels. La modernisation du matériel roulant se poursuit en 2017 avec la livraison en cours des rames de tramway Citadis qui remplaceront progressivement entre 11 et 13 Eurotram de première génération (trois caisses), en service depuis 1994.
Olivier Mirguet

Keolis expérimente trois navettes autonomes à la Défense
Le 29 juin, Ile-de-France Mobilités (ex-Stif) a lancé en partenariat avec l’opérateur Keolis trois lignes de navettes autonomes Navya sur le parvis de la Défense. Pour la première fois, les véhicules évoluent au milieu du public plutôt que sur une voie dédiée comme au printemps dernier sur le pont Charles-de-Gaulle avec les navettes Easymile exploitées par la RATP. A la fréquence de dix minutes aux heures de pointe, les lignes, (deux en semaine et une spécifique pour les week-ends) permettent d’assurer une desserte du dernier kilomètre sur un site éclaté où la circulation automobile est interdite. L’expérimentation doit durer jusqu’en décembre 2017.
P.-E. A.

Auvergne-Rhône-Alpes à fond sur les voies vertes cyclables
La région Auvergne-Rhône-Alpes va investir plus de 40 millions d’euros pour réaliser 400 kilomètres de véloroutes d’ici 2020 et « devenir la région européenne leader pour les voies vertes cyclables ». L’objectif affirmé par Laurent Wauquiez, président d’Auvergne-Rhône-Alpes, en présence de Chrystelle Beurrier, présidente de Départements et régions cyclables, porte sur 200 kilomètres d’itinéraires structurants régionaux et 200 kilomètres de boucles locales aménagées avec les départements et les communes.
Six circuits régionaux sont retenus dont ViaRhôna, en cours, et la future ViaFluvia, des sources du Rhône à la Loire sauvage. Si l’aspect touristique et économique est prioritaire (75 euros/jour de dépenses à vélo contre 45 euros/j pour le touriste classique), le projet va aussi faciliter les déplacements locaux, notamment au sud de Lyon, entre la Métropole et le département du Rhône, sous maîtrise d’ouvrage régionale (une première). Autre première européenne : la création d’un démonstrateur de « véloroute du futur » sur 5 km environ, intégrant des technologiques innovantes comme le béton solaire, les bornes de recharges vertes électriques ou la réalité augmentée.
Claude Ferrero

Keolis se lance dans le transport sanitaire
Toujours à la recherche d’opportunités de croissance, Keolis a décidé d’investir dans le transport sanitaire. Le 5 juillet, l’opérateur de transport public a annoncé son projet de création d’une entreprise baptisée Keolis Santé. « Nous créons une société qui sera tout de suite le numéro un du secteur, avec un chiffre d’affaires de près de 70 millions d’euros annuels », explique Jean-Pierre Farandou, le président de Keolis. Cette nouvelle société (SAS) sera en effet constituée des deux plus importantes entreprises du secteur, Intégral (elle-même constituée de 21 sociétés réalisant 40 millions d’euros de chiffre d’affaires avec 900 salariés) et Douillard (une dizaine de sociétés affichant 29 millions de CA avec plus de 500 salariés), toutes deux historiquement implantées dans l’Ouest et le Grand Ouest de la France, précisent leurs dirigeants, respectivement Renaud Chaumet-Lagrange et Jocelyn Douillard. Sans dévoiler les montants qui seront investis, le groupe Keolis indique qu’il prendra 51 % des parts, les deux dirigeants, Jocelyn Douillard et Renaud Chaumet-Lagrange, se partageant les 49 % restants. Le premier prendra la présidence du nouvel ensemble, le second en sera le directeur général.
Selon Keolis, les perspectives sont prometteuses. « Le secteur du transport sanitaire pèse autant que le transport public urbain : 4 milliards d’euros annuels (hors Paris). Avec 5 500 entreprises, il est très éclaté. Le chiffre affaires moyen par entreprise est de moins de 800 000 euros et on compte 57 000 salariés », énumère Jean-Pierre Farandou. Avec le vieillissement de la population, le développement de l’hospitalisation à domicile ou la restructuration des maisons hospitalières, le groupe fait le pari d’un fort développement à venir avec des problématiques proches de celles du transport public. De plus, le transport sanitaire étant conventionné, Keolis va pouvoir apporter son expertise sur un fonctionnement qu’il connaît bien. C’est aussi un marché très dépendant du système de soins, en augmentation de 3,3 % par an. « Nous voulons améliorer l’efficacité du service en baissant les coûts pour l’Assurance maladie, donc pour la collectivité, tout en développant un haut niveau de qualité », assure le patron de Keolis. Parmi les pistes envisagées, le groupe souhaite développer le transport partagé qui lui paraît être un levier majeur d’amélioration à la fois des coûts et de l’efficacité. Ainsi, un véhicule sanitaire léger (VLS) pourrait transporter plusieurs malades en même temps dans le cadre de tournées optimisées. Dans une vision plus globale et en jouant sur les synergies, Keolis pourrait aussi résoudre ses propres difficultés de recrutements de conducteurs dans le transport scolaire très gourmand en temps partiels, puisque le transport sanitaire emploie de nombreux chauffeurs d’ambulances, de VLS et de taxis agréés. « Demain, en faisant monter en compétences nos chauffeurs, nous pourrons proposer davantage de temps pleins », indique Jean-Pierre Farandou qui envisage de lancer une académie pour renforcer la formation. A l’horizon 2021, l’objectif fixé est de doubler le chiffre d’affaires à 175 millions d’euros, sachant que du fait du numerus clausus dans le secteur, le développement se fera essentiellement par de nouvelles acquisitions d’entreprises. Le début d’un mouvement de restructuration du transport sanitaire ?
M.-H. P.