Catégorie : Mobilités douces

Retrouvez toute l’actualité des mobilités douces: services de vélos et trotinettes en libre service, pietonisation, aménagements urbains…

  • La Commission européenne octroie 170 millions d’euros pour les transports

    La Commission européenne a annoncé le 21 février l’octroi de 170 millions d’euros pour la construction et, ou la modernisation d'infrastructures de transport dans l’Union européenne. Ce financement s'inscrit dans le cadre des appels annuels et pluriannuels 2010 qui sélectionnent les projets qui recevront des subventions pour réaliser les priorités et les objectifs du réseau transeuropéen de transport (RTE-T). Les projets du programme pluriannuel 2010 portent sur les autoroutes de la mer – qui offrent des alternatives au transport routier, sur les services d’information fluviale (SIF) et les systèmes de gestion du trafic aérien. Le programme de travail annuel 2010 vise, lui, à développer un système de transport respectueux de l'environnement, à faciliter la mise en oeuvre des projets RTE-T et à soutenir la conclusion de partenariats public-privé.

  • Ansaldo remporte la rénovation de Turin – Padoue

    Un consortium emmené par Ansaldo a remporté le contrat de signalisation de la ligne classique Turin – Padoue. Un contrat de 486  millions d’euros (part d’Ansaldo : 200 millions d’euros). La ligne Turin – Padoue est une part du corridor D, Lisbonne – Kiev, du réseau transeuropéen, qui requiert l’ERTMS niveau 2. Le contrat comprend la fourniture de deux postes de contrôle commande.

  • Avec Utilisacteur, l’usager devient le propre acteur de sa mobilité et réinvente la multimodalité

    On n’est jamais mieux servi que par soi-même. C’est en substance le message que délivre l’application de mobilité lancée début janvier par la start-up Utilisacteur, qui fait de l’usager le propre acteur de sa mobilité, mais aussi de celle des autres. Il ne s’agit pas cette fois d’une énième application sur les transports à partir de données parfois aléatoires, puisque celle développée par Utilisacteur se base sur les informations délivrées par les utilisateurs eux-mêmes. On accuse souvent ce type d’applications d’être cloisonné à un seul mode de transport. Utilisacteur fait au contraire de la multimodalité son cheval de bataille, s’adressant ainsi autant aux automobilistes qu’aux usagers des transports en commun, pour faire se croiser ces utilisateurs aux habitudes en apparence si différentes, mais en réalité complémentaires.

    La réflexion de la start-up se base sur l’idée que l’usager est avant tout le propre acteur de sa mobilité mais aussi de celle des autres : si tout le monde partageait des informations sur sa place de stationnement, sur les difficultés rencontrées dans le réseau de bus, sur les stations de vélo en libre-service, cela créerait un véritable flux d’informations en temps réel sur les transports et soufflerait au passage sur les opérateurs de transport, qui sont de leur côté plus réticents à dévoiler leurs données. « Le réseau peut avoir de l’information mais mal la communiquer aux usagers, et les usagers peuvent avoir des informations, peut-être même avant les acteurs transports, et les fournir plus vite à travers les réseaux sociaux », résume Christophe Tallec, l’un des fondateurs d’Utilisacteur. De la mobilité participative en somme, pour résoudre ce que l’entrepreneur appelle des « asymétries d’informations » dans les différents réseaux de transport. Ce service de mobilité globale est divisé en plusieurs offres aussi différentes que complémentaires, de l’info-stationnement à l’info-transports en commun, en passant par le covoiturage.
     

     

    Partager le temps de stationnement pour désengorger la ville

    Il n’y a pas plus d’inconnues que dans le domaine du stationnement des véhicules personnels. Lorsqu’on cherche une place de stationnement en surface, rien ni personne ne peuvent vous aider aujourd’hui (si ce n’est les premiers systèmes de capteurs au sol expérimentés aujourd’hui par Lyberta et SmartGrains), l’usager étant le seul à savoir quand il va libérer sa place de parking. Or, avec la première offre « Infostationnement » d’Utilisacteur, ce temps pourra être échangé avec la communauté d’usagers en recherche de stationnement. En anticipant cette donnée et en la délivrant dans le système, les autres automobilistes pourront savoir quel emplacement sera libéré et dans quelle plage horaire. Le cas échéant, ils pourront réserver leur place (en entrant dans l’application, la géolocalisation se fait automatiquement), qui disparaîtra du système et ne sera plus disponible pour les autres usagers, afin d’optimiser la gestion de l’offre et la demande. Il est utile de rappeler qu’environ un tiers de la congestion des grandes villes est dû à la recherche de stationnement. En optimisant cette recherche, on diminue d’autant les embouteillages et la pollution atmosphérique.

    Mais le déploiement de cette offre, aussi philanthropique qu’elle soit, dépend beaucoup du bon vouloir des utilisateurs. Pour cela, Utilisacteur a notamment réfléchi à un modèle de partenariat où les usagers les plus actifs seraient récompensés par de « bons points » qui seront par exemple échangeables contre des places de cinéma ou des bons d’achats.

    Corrélée à cette offre, on trouvera également très prochainement l’offre de covoiturage d’Utilisacteur, qui donnera aux usagers qui viennent de rater leur dernier train ou qui font face à des blocages sur leur ligne de métro la possibilité de trouver une voiture qui passe à proximité et qui dispose de places de covoiturage. En somme, du covoiturage 2.0 qui n’oblige pas les utilisateurs à réserver leur place longtemps à l’avance, mais qui se fait au contraire en temps réel.
     

     

    Twitter, le nouvel opérateur de données de transport par les utilisateurs

    Le réseau de microblogging Twitter est un atout considérable pour Utilisacteur, qui en a fait son outil phare pour développer cette troisième offre « Infotransports » pour l’information sur les transports en commun. « Le service est connecté à Twitter et agrège donc un ensemble d’informations suivant la ville ou le pays où l’on se trouve. » En clair, n’importe quel usager du métro, du bus, des vélos en libre-service peut lui-même fournir des informations utiles à la communauté. C’est déjà le cas des applications CheckMyMetro ou MétroEclaireur, qui permettent de partager l’état du trafic en temps réel ou les incidents survenus sur les réseaux, offrant ainsi aux autres la possibilité de réorienter leur trajet en fonction de ces données, contribuant ainsi à une « cocréation en temps réel du réseau », souligne Christophe Tallec.
    Dans le cas d’Utilisacteur, Twitter est utilisé pour donner accès à « une arborescence des hashtags les plus utilisés en fonction des villes où l’on se trouve ». Ainsi, si je désire emprunter la ligne 2 du métro et un vélo en libre-service, je peux suivre ces fils en temps réel pour anticiper les incidents, les retards… et fournir à mon tour les mises à jour de ces informations en direct.
     

     

    Affiner les parcours des différents usagers

    Mais Utilisacteur ne s’arrête pas aux quais des métros et des arrêts de bus. L’idée est d’explorer comment l’information des usagers peut aller au-delà de la simple navigation et « peut être une information qualitative pour explorer les points d’ergonomie différents », expose Christophe Tallec. Les parents avec poussette développent par exemple des parcours et des stratégies en fonction des contraintes du réseau (ascenseurs d’accès aisé, escalators souvent en panne…). Ces parcours connus des seuls parents représentent pourtant une opportunité pour la communauté de créer des cartes d’informations et de bonnes pratiques. Les transporteurs ont eux aussi tout intérêt à avoir accès à ces informations précieuses pour voir émerger ces problèmes de parcours en fonction des différents profils d’utilisateurs, et d’y pallier.

    Avec les nombreuses discussions qui s’ouvrent aujourd’hui dans des villes comme Rennes ou Paris sur l’ouverture des données publiques, Utilisacteur démontre que les usagers sont de précieux vecteurs d’information pour les transporteurs, qui sont eux plus frileux à dévoiler leurs données : « Il y a des problèmes de collaboration sur cette idée même de multimodalité, dans les situations de compétitions de marché qu’on connaît aujourd’hui : chez ces acteurs, la multimodalité a tendance à se traiter en silo. On attend aujourd’hui des actions politiques et du financement pour créer des zones neutres entre ces acteurs », résume Christophe Tallec. Des zones où les applications comme celle d’Utilisacteur auraient toute leur place.
     

     

    En étude de faisabilité

    La jeune start-up, qui a reçu un coup de pouce d’Oseo pour son développement, ne compte pas s’arrêter en si bon chemin et réfléchit déjà à la façon d’envisager le paiement dynamique à travers son application, en collaboration avec les villes. Utilisacteur fourmille d’idées pour favoriser la multimodalité : « Au fur et à mesure, on greffera plusieurs services à l’application, du style de l’information sur l’état des routes, les accidents de la circulation… », ambitionne Christophe Tallec, qui estime qu’on « va aller vers des parcours de plus en plus naturels à l’intérieur de l’application. On a identifié ces trois besoins de manière claire, c’est déjà un premier pas vers ces rencontres de communautés qui ont du mal à se rencontrer ». Et de l’« utilisacteur », on passera enfin au « mobilisacteur », qui sera à la fois moteur de sa mobilité et de celle de ses compagnons de route. Après avoir été testée par quelques technophiles, l’application Utilisacteur est téléchargeable sur iPhone depuis le 27 janvier dernier.

  • DeinBus, le cauchemar de la DB

    DeinBus, le cauchemar de la DB

    L’opérateur historique voit d’un très mauvais œil le succès grandissant de cette plateforme qui permet aux internautes de se regrouper pour affréter un bus et se déplacer ainsi à prix cassé. Une plainte est en cours d’instruction pour concurrence illégale. Gare centrale de Cologne, un vendredi soir. Alors que des usagers de la Bahn grelottent sur les quais dans l’attente d’un train de la DB annoncé en retard, d’autres se dirigent vers la sortie sud, direction la gare routière. Un autocar pas comme les autres les y attend : DeinBus, littéralement « ton bus », est un système de covoiturage d’un genre nouveau. Il permet aux voyageurs de se regrouper sur Internet afin d’affréter un autocar.

    « Cela fonctionne sur le principe que les communautés d’achats », détaille Christian Janisch, l’un des cofondateurs de DeinBus. « Les usagers se rassemblent pour faire baisser les prix. »
    Si un nombre suffisant d’internautes manifestent leur intérêt pour un trajet entre deux villes et à une date donnée, le voyage s’organise. Selon la destination et le prix réclamé par l’autocariste, un minimum de 10 à 20 passagers est requis.

    Un procédé simple et « gagnant-gagnant » : pour DeinBus, c’est la garantie que chaque trajet est rentable. Quant aux usagers, ils ont l’assurance de se déplacer à prix cassés. De 5 à 15 euros par exemple pour effectuer les 200 km séparant Cologne de Francfort. Avec la Bahn, le même trajet coûte entre 19 et 64 euros. « Même avec une carte de réduction de la DB, DeinBus reste de 30 à 50 % moins cher », calcule un habitué.

    Résultat, aujourd’hui, six à dix cars affrétés chaque semaine. Un succès grandissant, stimulé par le bouche-à-oreille ou Facebook. Et qui n’en finit plus d’inquiéter la Deutsche Bahn. L’opérateur historique a même déposé une plainte pour concurrence illégale. Motif invoqué : DeinBus enfreindrait la loi sur le transport des passagers. Voté en 1934, ce texte garantit au rail un monopole de fait sur les longues distances. Les autocars ne sont admis qu’à titre exceptionnel et sur des liaisons qui ne sont pas desservies par la Bahn.

    Une accusation que les trois étudiants fondateurs récusent. Car leur compagnie a bien reçu une licence les autorisant à circuler de façon « ponctuelle et irrégulière ». « C’est exactement ce que nous proposons : des trajets collectifs, organisés au coup par coup. Cela n’a rien d’illégal », affirme Christian Janisch. « Notre projet a d’ailleurs reçu l’aval des autorités compétentes. »

    Seulement voilà : la popularité du site Internet est aujourd’hui telle que certaines liaisons s’effectuent désormais sur un rythme hebdomadaire. C’est le cas de la ligne Cologne – Francfort, avec un aller-retour chaque week-end. « De notre point de vue, il s’agit là d’une compagnie de ligne non déclarée », affirme l’opérateur historique. Faux, réplique l’avocat de la start-up : « Une compagnie de ligne prend la route quel que soit son taux de remplissage. Ce n’est pas le cas de DeinBus qui roule uniquement quand le nombre requis de passagers est atteint. »

    Deux visions qui s’affrontent : c’est désormais à la justice de trancher. Attendu fin janvier, le verdict du tribunal de Francfort a finalement été reporté à une date ultérieure. En attendant, DeinBus continue sa route. Ses fondateurs ont même reçu 7 000 euros de dons de la part des usagers, afin de financer un éventuel procès en appel.

    L’affaire est en tout cas suivie de près par le secteur, alors que la coalition gouvernementale dirigée par Angela Merkel doit libéraliser le transport par car longue distance d’ici la fin de l’année. « Même si nous perdons cette fois-ci, nous reviendrons sous une autre forme. Nous sommes d’ailleurs à la recherche de partenaires, pourquoi pas une compagnie française qui voudrait se lancer sur ce créneau ? », lance Christian Janisch. « Le secteur est à la croisée des chemins et nous ne manquons pas d’idées ».

  • Le réseau de Coulommiers teste le 100 % électrique

    Le réseau de Coulommiers teste le 100 % électrique

    La ville de Coulommiers, en Seine-et-Marne, et le réseau Coul’Bus, géré par Transdev, ont présenté le 24 janvier leur nouveau bus électrique. La ville de Coulommiers, en Seine-et-Marne, et le réseau Coul’Bus, géré par Transdev, ont présenté le 24 janvier leur nouvelle acquisition : un bus électrique Oreos 4X fabriqué par la division Gépébus de PVI, installée en Seine-et-Marne.

    Il s’agit d’un véhicule de 47 places, dont 23 assises, équipé d’une chaîne cinématique électrique, de batteries lithium-ion d’une puissance embarquée de 170 kWh et d’un système de freinage de service et de stationnement permettant une récupération d’énergie d’environ 20 % de sa consommation.

    Le réseau Coul’Bus exploite déjà trois bus hybrides Urbino 12 (12 m de long) du constructeur polonais Solaris, dont le premier est entré en service en juin 2009. Après avoir développé une flotte de véhicules au gaz – 70 de ce type sont exploités en Ile-de-France –, Transdev franchit une nouvelle étape de diversification des filières énergétiques pour son matériel roulant. Ces véhicules hybrides comme ce tout premier bus électrique préfigurent l’évolution de matériels roulants qui auront vocation à équiper les futures lignes de BHNS.

  • Le marché des transports d’Ille-et-Vilaine divisé entre Keolis et une régie

    Le conseil général d’Ille-et-Vilaine a voté, le 21 janvier, le renouvellement de la délégation de service public pour l’exploitation du réseau interurbain Illenoo. Le conseil général d’Ille-et-Vilaine a voté, le 21 janvier, le renouvellement de la délégation de service public pour l’exploitation du réseau interurbain Illenoo. Dans l’appel d’offres, le département avait choisi de réorganiser les transports interurbains d’Ille-et-Vilaine « en créant des conditions de concurrence sur un marché où il n’en existait quasiment plus ». Ainsi, le conseil général avait décidé de séparer le marché en quatre lots géographiques définis dans le cadre du schéma départemental des transports (2011-2019) et de créer une régie départementale des transports sur le quatrième lot.

    A l’issue de l’appel d’offres, c’est le groupe Keolis qui a remporté le marché des trois lots. Auparavant, le réseau était exploité en délégation par une filiale du groupe Veolia, TIV, ex-CAT.

    Le choix du département, même si dix-sept des dix-huit membres du groupe Union du centre ont voté contre, permettra de bénéficier à compter du 1er septembre 2011 d’un réseau offrant aux usagers un service de meilleure qualité (accessibilité, nombre des services, information des usagers…) et ce, à un coût moindre pour la collectivité, sans pour autant dégrader les conditions de travail des salariés et le niveau d’emploi. Car « l’accord de branche des entreprises de transport routier de voyageurs prévoit des garanties explicites de maintien dans l’emploi pour les personnels en cas de changement d’attributaire des services de transport », rappelle le conseil général, répondant ainsi aux inquiétudes des salariés de TIV.

    Le plan de transport 2011-2019 prévoit un volume d’activité au niveau de celui qui est assuré actuellement par le groupement Keolis-TIV. Par ailleurs, en matière de conduite, le futur réseau nécessitera au minimum 200 équivalents temps plein de conduite, contre 197 actuellement.

  • Les communes du Centre-Bretagne repensent leurs transports

    Les communes du Centre-Bretagne repensent leurs transports

    La communauté de communes autour de Carhaix, Poher Communauté, s’est fixé comme objectif pour cette année de revoir les transports sur son territoire, qui couvre huit communes et 15 000 habitants environ. La communauté de communes autour de Carhaix, Poher Communauté, s’est fixé comme objectif pour cette année de revoir les transports sur son territoire, qui couvre huit communes et 15 000 habitants environ.

    Elle va d’abord dresser un état des lieux, puis elle devrait confier la réalisation d’une étude à un cabinet spécialisé. L’objectif est de proposer des solutions pour l’année 2012. Sans préjuger des résultats, le conseil de la communauté imagine qu’il faudrait rationaliser les dessertes ou mutualiser les moyens de transports. Car pour l’instant quatre opérateurs circulent sur le territoire, chacun ayant ses propres véhicules : ceux des conseils généraux du Finistère et des Côtes-d’Armor, celui des transports scolaires, celui de la commune de Carhaix et les voitures de Taxi com, le service à la demande.

    « Nous devons être moteur, afin d’habituer les habitants à prendre les transports en commun », souhaite Christian Troadec, président de Poher Communauté. D’autant plus que les déplacements coûtent cher aux ménages dans ce territoire rural, où la voiture est indispensable pour se rendre au travail. « Il est donc important d’essayer de les réduire et de favoriser des transports plus respectueux de l’environnement. »

    L’étude devrait aussi montrer s’il est possible de réutiliser le car de 53 places qui sert deux heures par jour pour le transport scolaire.

  • Oise-mobilité.fr s’emploie à soigner ses défauts de jeunesse

    Oise-mobilité.fr s’emploie à soigner ses défauts de jeunesse

    A la demande « départ Beauvais, arrivée Paris-Saint-Lazare », le site oise-mobilite.fr préconise trois changements pour une durée de trajet de 4 heures 39 ! Et pourtant, ce nouveau site mis en ligne en décembre a déjà reçu 140 000 connexions en un mois. La suite logique à la création, en septembre dernier, de l’agence de mobilité de l’Oise. Ses fonctionnalités sont ambitieuses. A la demande « départ Beauvais, arrivée Paris-Saint-Lazare », le site oise-mobilite.fr préconise trois changements pour une durée de trajet de 4 heures 39 ! Arrivé en effet à la gare de Paris-Nord, il faudrait reprendre un train pour Creil, un autre pour Pontoise, et enfin un dernier pour Paris-Saint-Lazare. Que le moteur, qui semble privilégier le train, ne maîtrise pas le complexe réseau de transports collectifs parisien est compréhensible, mais sa façon de contourner le problème, un peu moins… Et ce n’est malheureusement pas le seul résultat aberrant, puisque pour aller de Valdampierre à Méru, soit 11 km et à peine un quart d’heure de voiture, le calculateur propose comme trajet « le plus rapide » (sic) l’autocar jusqu’à Beauvais, puis le train, soit 1 heure 29 de déplacement. Heureusement, il y a quand même un covoitureur à 1 €…

    Et pourtant, ce nouveau site mis en ligne en décembre a déjà reçu 140 000 connexions en un mois. C’était la suite logique à la création, en septembre dernier, de l’agence de mobilité de l’Oise. Ses fonctionnalités sont ambitieuses : calcul personnalisé d’itinéraires en incluant le covoiturage, ce qui est sa grande originalité ; un « espace personnel » pour s’inscrire et recevoir un SMS en cas de perturbation. « Comme l’ensemble du projet système intégré de services à la mobilité dans l’Oise (Sismo), le site vise à promouvoir l’usage des transports collectifs et des modes respectueux de l’environnement, à mettre à disposition des acteurs du transport des outils mutualisés pour un service optimisé, et à mieux connaître les pratiques et besoins des usagers », est-il expliqué dans la présentation. Sismo a été initié en mars 2010 avec un PPP de douze ans. « Jusqu’à fin février, nous sommes encore en phase de vérification et de correction du calculateur, explique Véronique Picard, directrice du SMTC de l’Oise. Une centaine de fiches d’anomalies sont déjà remontées à l’agence à fin janvier. Nous améliorerons aussi l’ergonomie dans certains cas. »
     
    La directrice souligne surtout le challenge « de réunir en six mois, sous des formats informatiques compatibles, les points d’arrêts géolocalisés et les fiches horaires de 13 réseaux gérés par 13 AOT du territoire. Ce service d’information multimodal (SIM) local est une pierre à l’édifice futur d’un SIM national ». Grâce à ce service, également accessible par Internet mobile (oise-mobilite.fr/mobile), l’agence espère aussi voir le nombre de covoitureurs augmenter, puisque « tous les visiteurs du site pourront se voir proposer des solutions de covoiturage » quand elles existent et moyennant une inscription à covoiturage.fr. En projet : intégrer les services taxis du département (février 2012) puis l’état du réseau routier et les informations temps réel des transports collectifs grâce à la géolocalisation des 680 véhicules. Et bien sûr réparer le calculateur d’itinéraires !

  • Le T8, c’est parti !

    En entrant – enfin ! – dans sa phase opérationnelle, le tramway Saint-Denis – Epinay/Villetaneuse, autrefois dit « le Sdev », a gagné une appellation plus attrayante : il s’agira du T8 ou Tram’Y. En entrant – enfin ! – dans sa phase opérationnelle, le tramway Saint-Denis – Epinay/Villetaneuse, autrefois dit « le Sdev », a gagné une appellation plus attrayante : il s’agira du T8 ou Tram’Y. Y en référence à la physionomie de la ligne partant de Porte-de-Paris, à Saint-Denis, et se séparant en deux branches après la station La Poterie pour desservir Villetaneuse-Université d’un côté et Epinay-Orgemont de l’autre. Les travaux préparatoires viennent en effet de commencer pour cette ligne de 8,5 km et 17 stations, initialement prévue (lors de son schéma de principe en 2003) pour rouler en… 2010. Sa mise en service est désormais programmée pour la mi-2014. Tram’Y desservira des tissus urbains d’habitations denses et pavillonnaires, des zones d’activités économiques et commerciales, un pôle universitaire de plus de 12 000 étudiants. Il s’accompagnera d’une forte restructuration urbaine et favorisera les modes de circulation doux le long du tracé. Un projet urbain se développera d’ailleurs autour de la gare multimodale (tram et tangentielle).

    Le T8 est en effet considéré comme un levier de développement pour le territoire. Il s’agit avant tout d’améliorer les déplacements de banlieue à banlieue en offrant des correspondances simplifiées et rapides avec les RER C et D, la ligne 13 du métro, le tramway T1, le réseau de bus et la future rocade ferroviaire tangentielle Nord (Sartrouville – Noisy-le-Sec). Le tramway circulera de 5h30 à 0h30, du lundi au samedi, avec une fréquence d’une rame toutes les 3 minutes sur le tronc commun et toutes les 6 minutes sur chaque branche aux heures de pointe, et toutes les 5 et 10 minutes en heures creuses, les dimanches et jours fériés. Ce projet coûtera 287 millions d’euros dont 43 millions pour les 20 rames de tram, financés à 78 % par la région (hors matériel roulant) et à 19 % par la Seine-Saint-Denis. L’Etat, la RATP et la communauté d’agglo Plaine-Commune apportent le solde. Originalité : il s’agit d’une opération décroisée pour laquelle la région prend en charge la part de l’Etat. En contrepartie, ce dernier se charge de fiancer la part régionale du projet de prolongement de la ligne 12 du métro vers Aubervilliers.

  • Les transports publics d’Athènes en grève « illégale »

    Métro, bus et trolleys athéniens sont restés à l’arrêt trois jours début février, malgré une décision du tribunal jugeant la grève « illégale ». Restaient, pour se déplacer, le tramway et les trains interurbains desservant une partie des banlieues nord et sud. Les grévistes accusent le gouvernement de ne pas tenir compte de leurs propositions dans un projet de loi de restructuration. Pour faire face aux gros déficits des sociétés de transports, le gouvernement grec a en effet décidé, en février, une hausse de 20 % du prix du billet – à un euro, c’est l’un des moins chers d’Europe. La restructuration, qui s'inscrit dans le cadre des réformes réclamées par l'UE et le FMI en échange du prêt de 110 milliards de mai 2010 pour sauver la Grèce de la banqueroute, prévoit la suppression de 1 500 des 12 000 postes et le reclassement des titulaires dans le secteur public, moyennant d’éventuelles réductions salariales.