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Catégorie : Mobilités douces
Retrouvez toute l’actualité des mobilités douces: services de vélos et trotinettes en libre service, pietonisation, aménagements urbains…
Rhônexpress : une liaison privée gare – aéroport
Lorsqu?elle ouvrira, le 9 août, Rhônexpress sera une première en France : première concession ferroviaire centre-ville – aéroport, première cohabitation entre deux exploitants de tramways et première mise en service du matériel Tango de Stadler Aussi surprenant que cela puisse paraître, alors que nombre de métropoles européennes sont désormais reliées à leurs aéroports respectifs par le rail, Rhônexpress sera la première liaison ferrée dédiée et sans changement entre un centre-ville français et son aéroport. Le 9 août prochain, des rames rouges, portant la marque du département du Rhône, relieront « en moins de 30 minutes garanti » la sortie Villette de la gare SNCF de Lyon-Part-Dieu et l’aéroport Saint-Exupéry, 22 km plus à l’est. Et ce ne sera pas la seule première de cette relation, longtemps connue sous son nom de projet « Leslys ». Le plus remarquable est sans doute que les rames rouges rouleront pendant 15 km sur les mêmes voies que les rames blanches du tram T3 des TCL, entre Lyon et Meyzieu, sur le tracé en site propre de l’ancien chemin de fer de l’Est lyonnais. Cette cohabitation ne sera pas que technique, puisque Rhônexpress sera exploité par CFTA Rhône (Veolia Transport), alors que le T3, comme les autres lignes TCL, est exploité par Keolis.
Une liaison dédiée à haut niveau de service
L’idée de relier Lyon à Saint-Exupéry (ex-Satolas), troisième aéroport français avec 8 millions de passagers en 2009, remonte à février 2001, quand le Sytral, autorité organisatrice des transports urbains de l’agglomération lyonnaise et le conseil général du Rhône, partenaire de l’aéroport Lyon-Saint-Exupéry, décident de réemployer la plateforme du chemin de fer de l’Est lyonnais, propriété du conseil général, pour y faire circuler deux lignes de tramway sur les mêmes voies. Dénommée T3, la première de ces lignes ouvrira en décembre 2006 avec le Sytral comme autorité organisatrice, alors que le conseil général du Rhône est l’autorité organisatrice de la seconde ligne, vers l’aéroport.
Suite à un appel d’offres, le concessionnaire Rhônexpress a été sélectionné en 2007 pour la conception, la construction et le financement du tronçon vers Saint-Exupéry, suivis de l’exploitation à ses risques et périls d’un service dédié à l’aéroport, qui ne devra pas être en concurrence avec le T3. En effet, au départ de la Part-Dieu, seule la montée sera autorisée aux deux arrêts intermédiaires, Vaulx-en-Velin La Soie (correspondance avec le T3 et le métro) et Meyzieu ZI (correspondance avec le T3), mais pas la descente. Et au départ de l’aéroport, la montée sera interdite aux arrêts intermédiaires.
Contractuellement, Rhônexpress devra garantir à ses clients un temps de parcours de 30 minutes entre Lyon-Part-Dieu et l’aéroport, sachant que 27 à 28 minutes suffisent, techniquement parlant. « Sinon, on rembourse le billet, de 50 % du prix si le retard est compris entre 10 et 20 minutes, voire de 100 % au-dessus de 20 minutes », précise un responsable. Actuellement, le car met 50 minutes à une heure pour relier ces deux pôles, avec une circulation routière aléatoire. Plus fiable que le car, qui sera supprimé (l’autorité organisatrice étant la même), et offrant une capacité double, Rhônexpress sera aussi plus cher, tout en restant économique par rapport au taxi ou au parking (du moins jusqu’à trois ou quatre personnes voyageant ensemble).
Relativement simple, la tarification de Rhônexpress n’est « pas encore validée », précise l’exploitant. À titre indicatif, l’aller simple devrait être à 13 euros, contre 8,90 en car et 50 à 70 euros en taxi. En principe, la gamme de billets proposée comprendra des allers simples, des allers-retours, des cartes six voyages, une petite réduction pour les moins de 26 ans, ainsi que la gratuité pour les moins de 12 ans (une nouveauté par rapport à l’autocar). Des tarifs combinés avec d’autres opérateurs seront également proposés : avec les TCL, mais aussi avec les TER (ventes à Saint-Étienne-Châteaucreux et Lyon-Part-Dieu) et la SNCF au niveau national (du fait que Rhônexpress relie deux gares TGV, permettant de nouvelles relations Paris – agglomération lyonnaise via Saint-Exupéry). Sans contact, les titres de transport seront proposés par quatre canaux de distribution : automates à chaque station, agents à bord des rames, Internet (matérialisé pour les particuliers, dématérialisé pour les professionnels) et partenaires (agences de voyage, tour-opérateurs). En effet, un agent de bord sera présent dans chaque rame pour vendre la gamme tarifaire en vigueur et traiter les incidents éventuels. Cet agent sera polyvalent, vu que les 50 salariés roulants de CFTA Rhône assurent cette fonction la moitié du temps, en alternance avec la conduite des rames.
À l’exception de l’enregistrement des passagers aériens ou des bagages, qui se heurte à des problèmes techniques et de sécurité, Rhônexpress offrira un niveau de service comparable aux meilleures liaisons aéroportuaires. Ce service fonctionnera 365 jours par an, de 5h du matin à minuit, avec un départ toutes les 15 minutes de 6 à 21h, l’intervalle passant à 30 minutes le reste du temps. L’accent sera mis sur l’information, à quai comme dans les rames, dotées d’un affichage dynamique. Ainsi, les départs des avions et des TGV à Saint-Exupéry seront affichés en temps réel en direction de l’aéroport, alors que les horaires des TER et des TGV seront donnés en temps réel en direction de la Part-Dieu.
Les recettes d’exploitation étant vitales, Rhônexpress a tout intérêt à attirer la clientèle la plus importante possible. Environ 1 million de voyageurs (et 10 millions d’euros de recettes) sont ainsi attendus pendant la première année, l’objectif étant de 1,5 million de voyageurs, à comparer aux 835 000 voyageurs annuels par autocar actuellement. Et par rapport aux passagers aériens, qui devraient représenter la majorité des futurs usagers, Rhônexpress vise 12 % de part de marché, contre les 9 % de l’autocar.
Patrick LAVAL
Hausse importante des tarifs à Toulouse
Tisséo-SMTC, l’autorité organisatrice des transports toulousains, cherche par tous les moyens des ressources financières pour rembourser sa dette colossale et financer ses nouveaux investissements. C’est donc à l’unanimité que le conseil syndical a voté une hausse de 6 à 9 % des tarifs, qui n’avaient pas bougé depuis trois ans. Au 1er juillet, les voyageurs occasionnels devront débourser 10 centimes de plus pour un ticket bus-métro à l’unité à 1,50 euro, et 80 centimes de plus pour un titre « 10 déplacements » (qui représente 30 % des recettes commerciales de Tisséo). Le ticket Tribu lancé l’an dernier passera de 4,20 euros à 5 euros (+ 19 %), mais permettra le déplacement de 2 à 12 personnes au lieu de 6 maximum auparavant. Certains titres ne subissent aucune hausse, comme l’abonnement jeunes, qui reste à 10 euros par mois (le tarif le plus bas de France), le ticket soirée à 2,50 euros et la navette aéroport. Cette augmentation devrait apporter à Tisséo autour d’un million de recettes supplémentaires (sur un total de 57 millions d’euros).
Transports urbains : agressions de voyageurs en hausse en 2009 (UTP)
Les agressions de voyageurs dans les transports urbains ont augmenté de 7,9% en 2009 par rapport à 2008, selon l’Union des transports publics et ferroviaires, qui réclame une "implication accrue des pouvoirs publics". Le nombre d’agressions signalées aux entreprises de transport par le personnel, les victimes ou la police, est passé de 2.557 en 2008 à 2.760 en 2009, indique l’UTP dans un rapport que s’est procuré lundi l’AFP. Le nombre d’agressions pour un million de voyages a progressé de 1,15 en 2008 à 1,23 en 2009, taux inférieur à ceux enregistrés en 2002 (1,52 agression pour un million de voyages) et 2003 (1,6). Les agressions sur le personnel suivies d’un arrêt de travail se sont élevées à 737 en 2009, contre 743 en 2008, soit 0,33 agression pour un million de voyages en 2009, comme en 2008, d’après le syndicat qui a sondé 117 de ses adhérents (hors SNCF et RATP). Selon l’UTP, les agressions sur le personnel sont "en diminution constante depuis 2001", où le nombre d’agressions suivies d’un arrêt de travail était de 0,57 pour un million de voyages.
Madrid gèle son projet de location de vélos
La mairie de Madrid a décidé de reporter sine die son projet de location de vélos semblable au Vélib’ parisien, a assuré dimanche le quotidien El País. La capitale espagnole avait prévu de lancer en mars 2011 ce service, baptisé « MyBici », qui prévoyait la mise en location de 1 560 bicyclettes dans toute la ville. La mairie avait déjà annoncé un premier report en 2009, en raison de la crise économique. La ville de Madrid a l’intention de réduire ses dépenses de 1,041 milliard d’euros, dans le cadre d’un plan d’austérité qui prévoit notamment une baisse de 15 % du salaire du maire, Alberto Ruiz-Gallardón, des conseillers municipaux et des hauts responsables de la mairie. Des services de location de vélos ont déjà été mis en place avec succès dans plusieurs grandes villes espagnoles, dont Barcelone et Séville.
Nouveau souffle pour le vélo à Paris
Bertrand Delanoë a présenté, le mercredi 26 mai, son schéma d’orientation pour le développement du vélo à Paris pour la période 2010-2014. Parmi les mesures qui seront présentées en Conseil de Paris les 7 et 8 juin prochains, il est prévu 700 km d’aménagements cyclables ainsi que l’agencement de dix portes pour faciliter les déplacements vers la proche banlieue. La généralisation des doubles-sens cyclables dans les zones 30, annoncée en début d’année, sera effective au mois de juillet et permettra d’augmenter le réseau cyclable de 30 %. Une signalétique appropriée sera mise en place sur 11 lignes cyclables, qui seront sécurisées et identifiables par une couleur et un numéro, à l’instar des lignes de transports en commun. Quant au stationnement, la mairie prévoit, entre autres, la création de 1 000 places par an.
La Rochelle fière de son VLS en régie
Les Yélo de La Rochelle sont les seuls VLS à être exploité en régie. La régie est un choix que la ville revendique et qui intègre aujourd?hui l?ensemble des transports rochellais, à l’exception des solutions électriques Depuis juin 2009, les fameux vélos jaunes rochelais sont en libre-service (VLS). Enfin, pour une partie, car la grande majorité (450) est toujours constituée par la location estivale et cinquante autres sont dédiés à la location longue durée. Le VLS concerne à ce jour 150 vélos répartis dans 26 stations. Et ce n’est qu’un début. « Nous avons un plan sur trois ans qui prévoit 150 vélos supplémentaires dès cette année dans 25 nouvelles stations, et autant en 2011 », déclare, enthousiaste, Denis Leroy, vice-président de la communauté d’agglomération. « Le VLS compte déjà 750 abonnés, dont 70 % de jeunes, ce qui répond parfaitement à notre plan de déplacements universitaire. » Chaque vélo effectue deux rotations par jour. La Rochelle est la seule ville où ce service est géré en régie. Pour Denis Leroy, cela s’explique par l’histoire même de la politique de transport développée dès 1975 par le maire de l’époque, Michel Crépeau. « L’objectif était de donner une alternative à la voiture, en proposant une grande liberté de choix sur le moyen de transport. Le souhait était également d’avoir un seul opérateur qui développe l’ensemble des transports en cohérence et en harmonie. » Ainsi est née la Régie des transports communautaires rochelais (RTCR). D’ailleurs, à l’époque, aucun opérateur privé ne proposait ce service. « Nous étions les premiers, c’est donc la collectivité qui a pris le risque. » Et l’élu se réjouit aujourd’hui de ce choix. « Je ne vois que des avantages à la régie. » Tout d’abord financièrement, un vélo rochelais coûte entre 1 000 à 1 100 euros en fonctionnement alors qu’il en coûte, selon lui, entre 1 500 et 3 000 euros en délégation. Ensuite culturellement. « Initialement, la régie gérait uniquement des bus. Aujourd’hui, elle intègre tous les moyens de transport et notre personnel est sorti de l’unique “culture bus” pour s’ouvrir aux autres : vélos, bateaux, taxis, covoiturage, autopartage, etc. »
Une seule exception à la régie : les solutions électriques (voitures, navettes, camionnettes). La Rochelle a testé les premières voitures électriques dès 1986. Tant que le dispositif était expérimental et comptait peu de véhicules, il était géré en régie, mais depuis 2006 le service est délégué à Proxiway, filiale de Veolia Transport, et compte 450 abonnés. « La gestion devenait de plus en plus lourde, tant au niveau du personnel que techniquement et financièrement. Nous avons donc choisi la délégation. » Depuis le 3 mai, la Yélomobile est accessible avec la carte Yélo. Une seule carte pour l’ensemble de la gamme transports.
Sylvie?LUNEAU
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Les exploitants de VLS ont changé de braquet
Si le modèle dominant est celui du couplage vélos + pub, avec à ce jour 18 des 28 systèmes de VLS existants, il a depuis peu plusieurs concurrents. Notamment celui des groupes de transport Effia : le groupe SNCF a senti un besoin émerger…
C’est la filiale de la SNCF qui s’est distinguée la première. En 2007, elle décroche le marché d’Orléans, une DSP vélo de dix ans pour 350 petites reines et 28 stations. « La SNCF a remarqué qu’il y avait une demande des collectivités pour une offre découplée des marchés de mobilier urbain et du marché publicitaire », rappelle Laurent Offroy, directeur général d’Effia Transport. Vélo+ démarre en juin 2007, quelque temps avant Vélib’. « C’est une prestation vendue à l’agglo d’Orléans : elle nous reverse un forfait d’exploitation mensuel. » Forfait dont Effia préfère taire le montant. Bien avant la fusion de janvier avec Keolis, s’élabore alors une stratégie : l’offre VLS est proposée en complément de l’offre de transports en commun de Keolis. Keolis se charge de la commercialisation, mais la mise en œuvre du produit (conçu avec une PME qui reste propriétaire du système) est sous-traitée à Effia.… et c’est Keolis qui le commercialise
Contrat-phare pour le tandem, celui de la CUB, qui le place d’emblée comme second opérateur derrière Decaux en France. Avec une première : le contrat fait partie de la DSP transports. Cinq ans pour gérer et rentabiliser les 1 545 VCub disposés dans 139 stations (99 sur la commune de Bordeaux et 40 en banlieue), pour un montant officiellement affiché par la CUB, tout à fait raisonnable, de 1 100 euros par vélo et par an. Un chiffre sous-estimé, selon Effia : « Selon les services et la taille du réseau, il faut compter de 2 000 à 3 000 euros, assure en effet Laurent Offroy. Car les moyens humains et matériels sont très coûteux. » Soit, selon Etienne Fougeray, directeur général adjoint de Keolis, directeur stratégie, marketing, offre et service, « un coût net, une fois les recettes utilisateurs encaissées, qui va de 1 500 euros pour un gros parc à 2 500 euros pour une centaine de vélos ». Coûteux aussi le vandalisme, que les opérateurs intègrent à leur modèle économique. Ainsi, à Bordeaux, c’est « un taux de renouvellement pour usure, vol et vandalisme de 25 %, soit un renouvellement complet du parc sur la durée du contrat », précise-t-il. Le tandem Effia-Keolis est aussi présent à Rennes (DSP pour 900 vélos et 1 250 à terme vélo) où il a détrôné Clear Channel et à Montélimar (une station de 20 vélos depuis avril).
En projet, les VLS de Pau (240 vélos, 20 stations) et de Laval (100 vélos, 10 stations) dans le cadre du renouvellement de la DSP transports. « Les petites villes s’y mettent, il y a un effet de mode », note Etienne Fougeray. Pour l’instant, dans les contrats signés, c’est Keolis qui prend en charge le vandalisme, « mais cela peut évoluer un jour… », poursuit-il. Sans doute si l’affaire se révélait ruineuse. A Rennes, au lancement, le vol de Vélostar était un sport local. Le groupe a été contraint de renforcer son système d’attache aux « bornettes ». Mais il insiste sur « la transparence des coûts et des recettes vis-à-vis de l’AO qui trouve tout dans le rapport annuel du délégataire (un document obligatoire, ndlr) ». Il ajoute : « On s’engage sur les recettes et la fréquentation, c’est donc notre intérêt de faire tourner les vélos. »
Le groupe pourrait-il envisager de cibler une DSP vélo dans une ville où il n’opère pas les bus et tram ? « Nous ne sommes pas tentés du tout par une offre de vélo sec, assure Etienne Fougeray. En proposant une offre intégrée, nous offrons des synergies – carte billettique, personnel à disposition… –, donc un coût moindre. » Keolis promet même d’intégrer le vélo à ses moteurs de recherche d’itinéraires. Réponse discordante du côté d’Effia : « C’est tout à fait envisageable si c’est pour mettre un pied sur un territoire cible ! Car le vélo seul n’a pas d’intérêt économique. » Keolis-Effia viennent d’ailleurs de remettre une offre pour le marché des VLS de Gand, un cheval de Troie en Belgique !Transdev, de la souplesse et de la complémentarité
Le candidat vainqueur à Strasbourg a déjà derrière lui déjà trois ans et demi d’expérience. Son premier succès à Chalon-sur-Saône (voir page 33) date de fin 2007, il le doit à son alliance avec « Call a Bike », développé par DB Rent (filiale de la DB). Le nom commercial trouvé à l’époque, « Allô cyclo », est en train de péricliter tout doucement… Motif : « Comme les VLS de JCDecaux ont été lancés avant, ils ont impacté le marché, et leur modèle est la tendance dominante », analyse Raphaël Murat, chef de produit modes doux et vélo chez Transdev. Exit les structures ultralégères, même si le groupe a gardé le principe de la station qui se déplace facilement et de l’interface accessible par téléphone. Aujourd’hui, c’est en partenariat avec Smoove, une PME montpelliéraine qui a développé les stations, que Transdev propose ses services sous la marque ombrelle Vélomagg. Une offre mêlant du VLS, de la location longue et courte durées et des places de stationnement sécurisées en Véloparc (200 vélos à Montpellier, 1 200 Métrovélos à Grenoble). Plus récents, les 200 Vélopop d’Avignon et les 160 Libevelo de Valence. « L’outil back-office permet de gérer l’ensemble de la gamme vélos », souligne le responsable. Qui se vante par ailleurs d’un « très faible taux de vandalisme, de 3 % par an. » Les tarifs sont parmi les plus compétitifs du marché. Exemple, Avignon, malgré sa taille modeste, reviendrait à « 400 000 euros, soit 2 000 euros par vélo et par an ». A Montpellier, une enquête montre qu’avec 4 à 5 rotations de VLS par jour et 2,8 locations par jour (sur le service courte et longue durées), le prix tombe à « 700 euros par an par vélo géré ». Quelques astuces commerciales – un bonus si l’on rapporte le vélo à son point de départ ou en haut d’une butte, par exemple – permettent aussi de faire des économies sur la régulation.Veolia crée une filiale vélo
Parti plus tard, il y a à peine plus de deux ans, le géant des transports a créé Véloway, une filiale dédiée au VLS, rien de moins. Elle occupe une dizaine de personnes en France et au Royaume-Uni (pour les vélos de Cardiff). Il ne lui a fallu qu’un an pour obtenir ses premiers succès : à Nice (1 750 vélos dans 175 stations pour 15 ans) et à Vannes (180 vélos, 20 stations, 8 ans), dans le cadre de contrats de DSP séparés, bien que Veolia exploite les transports urbains des deux agglos. En projet : Vél’in pour l’agglomération de Calais (160 vélos, 18 stations en juillet), et Rochefort à la fin de l’année, cette fois dans le cadre de la DSP transports. Formule proposée : le « tout-compris » (investissement, exploitation et maintenance), impliquant une durée de contrat d’au moins sept à huit ans garantissant l’amortissement. « Notre solution est entièrement modulaire, donc, quel que soit le nombre d’emplacements de stationnement, le coût au vélo est toujours le même », signale David Josephson, directeur général de Véloway. Fourchette avancée : entre 1 500 et 3 000 euros par an et par vélo. « La collectivité fixe la tarification pour le public et, en fonction de ces recettes, elle couvre la différence entre coûts et recettes sur les utilisations, explique-t-il. Il y a autant de clauses de partage des risques que de contrats ! » Il insiste aussi sur l’aspect masse critique et densité de la ville, susceptible d’assurer le succès commercial. Comme ses concurrents, Veolia affronte le vandalisme et a déjà renforcé son infrastructure. Fidèle à son habitude, le groupe s’est déjà installé à l’étranger, au Pays de Galles donc, mais aussi sur un campus de Chicago depuis 2008.
Cécile NANGERONI
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Vélo sur commande à Chalon-sur-Saône
Il y a deux ans et demi, Chalon sautait le pas pour entrer dans l?ère VLS. Un projet mené main dans la main avec l?exploitant de ses transports, la Stac, qui a inclus depuis le service de VLS dans l?abonnement de transport en commun En décembre 2007, le Grand Chalon inaugurait Reflex, son système de vélos en libre-service (VLS). Cette agglo d’une centaine de milliers d’habitants choisissait alors de créer un avenant à sa DSP (délégation de service public) en cours avec la Stac (Transdev) pour lui confier la gestion de ce nouveau service.
Les coûts de fonctionnement du système sont partagés de manière égale entre la collectivité et l’opérateur, soit 140 000 euros chacun par an. Un chiffre qui, certes, a un peu évolué depuis la mise en service de Reflex, mais que Chalon explique par le fait que le réseau s’est agrandi. Le nombre de stations est passé de 6 lors du lancement à 29 aujourd’hui – une 30e station sera même inaugurée le 5 juin prochain –, et les vélos d’une centaine à 150.
Transdev ayant acheté pour la France la licence allemande Call a Bike de DB Rent (filiale de la Deutsche Bahn), c’est donc ce modèle, rebaptisé AlloCyclo pour le marché français, qui a été adapté pour le Grand Chalon. L’agglo a adopté le système de cadenas à code sur lequel repose le modèle allemand : l’utilisateur téléphone pour donner le numéro gravé sur le vélo qu’il souhaite emprunter et reçoit en retour un code permettant de déverrouiller le cadenas. En revanche, elle n’a pas retenu l’autre principe de Call a Bike qui prévoit de pouvoir prendre un vélo quand on en voit un et de le rendre en l’attachant n’importe où. Elle a préféré un modèle comportant des stations pour éviter la dispersion des bicyclettes et améliorer la visibilité du système.
Mais, même avec cette contrainte, il semble que l’un des avantages du modèle réside dans sa flexibilité, notamment en termes d’infrastructure. « C’est un système souple quant à l’aménagement des stations, qui convient très bien à Chalon, explique Raphaëlle Fourel, directrice déplacements du Grand Chalon. Elles peuvent être installées ou déplacées rapidement, ne nécessitent pas de travaux importants et ne coûtent pas cher, notamment parce que les totems des stations n’ont pas d’équipement électronique. »
Il n’y a en effet ni terminal de cartes Bleue ni lecteur de cartes d’abonnement. L’offre de VLS est comprise dans la DSP et donc dans l’abonnement de transport de la Stac, les Chalonnais s’enregistrant préalablement pour pouvoir l’utiliser. Une station complète avec totem et arceaux est donc peu coûteuse, n’atteignant pas 2 000 euros. Il faut toutefois prendre en compte le prix d’achat des vélos qui est de 1 000 euros l’unité, cadenas compris. Quant aux problèmes de vandalisme, « ça ne représente pas un coût important. Nous sommes à Chalon, pas à Paris, souligne Raphaëlle Fourel. Il s’agit principalement de problèmes sur du petit matériel comme les béquilles par exemple. Au total, ça nous a coûté 5 500 euros en 2009. »
Michel BARBERON
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Londres lance et finance son vélo d?hypercentre
Le 30 juillet prochain, Londres inaugurera son système de VLS : le London Cycle Hire, avec 400 stations et 6 000 vélos. Transport for London a choisi pour le financer un système original, sorte de régie « à l?anglaise » Le « London Cycle Hire » (VLS de Londres) aura un logo qui ressemble à s’y méprendre à celui de la RATP. Mais Transport for London (TFL), qui lance son système le 30 juillet avec 400 stations et 6 000 vélos, ne se revendique pas pour autant de la seule influence française. « Nous avons étudié les différents systèmes existants. La ville de Paris nous a beaucoup aidés dans cette perspective, celle de Montréal aussi. On ne peut pas plaquer une logique : ce VLS, c’est une nouvelle façon d’appréhender le centre de Londres », relate Mick Hickford, le directeur du projet chez TFL. Comment cela, Paris ne serait-il pas un exemple pour Londres ? « Non », assume Mick Hickford, « il y a des similitudes, mais aussi beaucoup de différences. Nous avons une structure tarifaire très proche de celle de Paris. Mais le modèle de financement du système est très différent. Nous avons étudié le modèle parisien, mais celui-ci aurait impliqué beaucoup de panneaux publicitaires, bien plus que les London Borough (autorités locales, ndlr) n’auraient pu en tolérer dans les neuf quartiers concernés » poursuit-il. Londres a donc opté pour un système original, une sorte de régie, mais à l’anglaise, où les capitaux privés ne sont jamais bien loin. TFL s’acquitte des coûts capitalistiques de départ, la construction des stations, l’achat des vélos et la mise en place du système : ce coût est estimé à 91 millions de livres. Transport for London délègue à Serco l’installation et l’exploitation du London Cycle Hire Scheme pour 140 millions de livres sur les six ans. Les recettes de l’exploitation plus le recours au sponsoring doivent permettre de couvrir ces coûts d’exploitation. Le nom du système est à vendre (« naming »). Le sponsor, dont le nom – qui n’a pas encore été dévoilé – sera associé au système de VLS, paiera en échange une partie de l’exploitation. Par ailleurs, deux emplacements (à l’avant du vélo et sur le châssis de la roue arrière) permettront de commercialiser des espaces publicitaires, ce qui complétera les recettes. Londres se lance avec prudence, tout en sachant qu’il devra rapidement étendre son VLS : « Ce que nous mettons en place n’est qu’une première étape. Nous voulons une double expansion, à la fois étendre la zone desservie et, par ailleurs, densifier le nombre de stations. Nous savons que 6 000 vélos, c’est peu. Nous pensons qu’il y aura une demande pour bien plus », prévoit Mick Hickford. La demande, les experts de TFL l’on quantifiée en étudiant notamment le cas des huit plus grandes gares : « Le besoin d’espace au sol est tel qu’il faudrait pour répondre à la demande l’équivalent de trois terrains de football à chaque gare pour installer les stations », révèle Mick Hickford. « La conclusion est que nous ne pourrons pas répondre à cette demande. Nous ferons le maximum, à Waterloo, il y aura 150 à 200 points d’attache pour une demande estimée à 900 vélos à l’heure de pointe », poursuit-il. La part modale du vélo est actuellement de 2 % à Londres et l’objectif, grâce notamment au lancement de ce projet, est d’être à 5 % d’ici à 2026.
Guillaume LEBORGNE
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Cristolib, au-delà de la frontière du Vélib?
Créteil a inauguré son VLS le 10 avril dernier et paraît déjà presque regretter son choix, s?attendant à des retombées financières plus conséquentes. Elle compte sur des partenaires pour financer de nouvelles stations Les Cristolib n’ont pas envahi les rues de Créteil. Après trois semaines de service, ils ont même tendance à rester bien accrochés à leurs stations… Mais avec « 150 abonnés annuels, une trentaine d’utilisations par jour, avec un maximum de 67 », Bruno Hélin, maire-adjoint (Vert) chargé du développement durable et de l’environnement, est satisfait. La ville du Val-de-Marne (90 000 habitants) est la dernière à avoir succombé aux charmes de Decaux, elle a inauguré le service le 10 avril. Un marché négocié dans le cadre du renouvellement du contrat de mobilier urbain qui arrivait à échéance. « On a voulu faire d’une pierre deux coups, explique l’élu. Car malheureusement nous ne sommes pas concernés par l’extension de Vélib’ en banlieue, qui ne va qu’à 1,5 km du périphérique. » Le contrat qui vient d’être signé court sur quinze ans. Si Clear Channel ainsi qu’Effia-Keolis avaient aussi rendu une offre, seule celle de Decaux répondait complètement au cahier des charges. La ville dispose de 130 vélos et de 10 stations. Un quadrillage un peu léger aux dires des utilisateurs, qui critiquent aussi l’absence de Cristolib à proximité des trois stations de métro que compte la ville. « C’était notre choix initial, pourtant, les stations près du métro, mais au cours du dialogue compétitif, Decaux nous a dissuadés en nous expliquant que le système risquait d’être phagocyté : il ne serait pas resté assez de stations où redéposer son vélo », poursuit Bruno Hélin.
A force d’entendre que le système publicité contre vélo était avantageux, la municipalité a commencé par être un peu « trop gourmande », du propre aveu de l’élu. Elle espérait un grand nombre de stations-vélos, mais aussi toucher une redevance publicitaire conséquente, de l’ordre de 50 000 à 100 000 euros. Or celle-ci ne représentera qu’une somme symbolique de 1 000 euros par an ! La recette de la location des vélos est aussi pour elle, mais le système est comme ailleurs, peu coûteux pour l’utilisateur, donc peu lucratif pour les finances locales. D’autant que les frais de dossiers et les abonnements échoient dans les caisses de Decaux. N’ayant aucune expérience dans les recettes publicitaires (jusqu’alors, c’était un « échange » pour payer les abris-voyageurs), difficile d’évaluer la valeur marchande de ses panneaux de pub.
La ville est toutefois satisfaite d’avoir négocié sur la base de critères draconiens quant à « la régulation du système et à l’entretien des vélos avec une exigence de 100 % de disponibilité ». En contrepartie, l’afficheur prévoit de ne pas remplacer plus de dix vélos : à partir du onzième inutilisable et non réparable ou disparu, elle facture 400 euros le vélo. Le discours du roi du mobilier urbain, qui a par ailleurs refusé de nous parler de ce projet, est bien huilé. « Ils assurent qu’ils sont incapables d’évaluer combien la publicité leur rapporterait… », souligne l’élu. Bref, dans le panier de la mariée, on trouve 148 abris-voyageurs, dont 121 publicitaires qui supportent 300 affiches. Soit « 21 abris de plus qu’auparavant mais avec moins de pub », la ville ayant récupéré des panneaux d’affichage municipal – très exactement « 13 doubles-faces à raison de quinze campagnes d’informations municipales par an ». On trouve aussi 168 Mupi (mobilier urbain pour l’information) supportant 153 doubles-faces de 2 m2. Soit 13 de plus qu’auparavant et tous destinés à la ville qui, avec son urbanisme de dalle, a besoin de plus de plans de quartiers que la moyenne… Bref, difficile, d’y retrouver clairement ses petits autrement que par des « on a ça en plus par rapport à avant ! ».
L’accord prévoit enfin le droit à l’erreur d’implantation, avec la possibilité de déplacer une station. Pour un développement ultérieur, probable vu que le contrat court sur quinze ans, à coups d’avenants, tout sera facturé… au prix fort. Une station de plus et ses 15 bicyclettes ? 40 000 euros. Mais la ville est ingénieuse. Elle envisage de signer quelques partenariats. Ainsi, le centre commercial Créteil Soleil souhaiterait une station (en plus, c’est près du métro !) ; l’université est séduite également, et aussi l’un des trois hôpitaux de la ville, Albert-Chenevier, qui n’a pas de Cristolib à proximité. Ces éventuels partenaires privés ou publics paieraient ainsi l’extension. L’opposition au maire PS Laurent Cathala, en place depuis 1977, a, elle, critiqué un système « coûteux » – selon l’UMP, la pub devrait rapporter 300 000 euros par an – et « autarcique ». Or, bien qu’évoqué, un éventuel projet à l’échelle du département n’est pas mûr. Et pas de connexion avec Vélib’ en vue – le modèle est pourtant identique, seul le logo le différencie. « La faute aux arrêts du Conseil d’Etat qui empêchent l’extension », rappelle Bruno Hélin. Question vandalisme, la ville touche du bois pour l’instant, mais est – déjà ! – résignée. « Cela risque de nous coûter cher, c’est certain…, assume l’élu. On en reparle dans un an ? »
Cécile NANGERONI
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