Catégorie : Mobilités douces

Retrouvez toute l’actualité des mobilités douces: services de vélos et trotinettes en libre service, pietonisation, aménagements urbains…

  • Des parkings vélos sécurisés pour réduire les conflits d?usage dans le Tarn

    La gare de Saint-Sulpice (Tarn) expérimente la première vélo-station du réseau TER midi-pyrénéen. Elle propose aux cyclistes depuis la mi-mars 143 places de stationnement dont 52 en consigne collective fermée, accessible avec la carte d’abonnement Pastel. L’objectif du conseil régional est d’éviter les conflits d’usage croissants entre cyclistes et piétons dans les TER, engendrés par l’augmentation du trafic voyageurs. Le tronçon Toulouse – Saint-Sulpice, au carrefour de trois lignes, est un des plus chargés de France. Cet équipement a coûté 268 714 euros, cofinancé par la région Midi-Pyrénées (11,57 %), la SNCF (25 %), l’Etat (15,36 %) et l’Europe, via le Feder (48,07 %). Le matériel a été fourni par Effia, qui en assurera la maintenance. L’ensemble de l’axe Toulouse – Mazamet sera équipé de 329 places de stationnement vélos pour un coût total de 650 000 euros. Les gares et haltes des autres lignes TER de la région pourront être équipées progressivement en cas de succès de l’expérimentation.

  • Le bout du tunnel proche pour Heuliez ?

    L?homme d?affaires turc Alphan Manas a réaffirmé son intérêt pour le constructeur des Deux-Sèvres Placé depuis presque un an en redressement judiciaire, Heuliez n’est pas encore au bout de ses peines. Un montant de15 millions d’euros a été promis par le Fonds stratégique d’investissement (FSI) et la présidente de la région Poitou-Charentes, mais il reste 30 millions à trouver pour atteindre la somme nécessaire à la construction de sa voiture électrique. Christian Estrosi a annoncé, le 16 mars, la signature d’un protocole d’accord – tombant à point nommé en période électorale – pour le rachat d’Heuliez par le fonds d’investissement Brightwell de l’homme d’affaires turc Alphan Manas. Cependant, à l’issue de la période de négociation exclusive qui venait de s’achever, rien n’était encore scellé. Le Turc a néanmoins réaffirmé son intérêt pour le constructeur des Deux-Sèvres : « Si nous sommes satisfaits des résultats de l’examen approfondi, nous serons prêts à racheter. Je continue à discuter avec des partenaires industriels potentiels en Turquie qui pourraient investir. » Il a par ailleurs déjà provisionné 3 millions d’euros pour apporter la preuve de sa solvabilité.
    Le ministre de l’Industrie voit dans cette décision « une très belle nouvelle pour Heuliez et ses 600 salariés ». Si le rachat a lieu, il s’agira pour Alphan Manas d’injecter 30 millions d’euros au capital d’Heuliez, et ce au plus tard le 31 mars prochain. Mais le ministre ajoute qu’« il importe malgré tout, compte tenu de l’historique du dossier, de rester prudent tant que l’opération n’est pas finalisée en totalité sur le plan juridique ». Cet historique n’a effectivement pas joué en faveur du constructeur qui, en janvier dernier, attendait 16 millions d’euros promis par le fonds français BKC (Bernard Krief Consultants), qui ne sont jamais arrivés…
     

    Marion BONNET

  • Transports par câble : une offre sur mesure

    En France, le Service technique des remontées mécaniques et des transports guidés encadre les nombreux systèmes de transport par câble. Trois constructeurs européens se partagent le marché Les transports par câble se caractérisent par leur côté « sur mesure » du fait que des éléments aussi fondamentaux que la longueur du câble, l’inclinaison des véhicules, mais aussi les installations fixes (voies et croisements pour les funiculaires, pylônes pour les transports suspendus) sont fonction de la topographie le long de l’itinéraire. Le débit attendu influence également le dimensionnement des gares et du nombre de véhicules. Du moins sur le marché français, les différents systèmes proposés par les constructeurs doivent entrer dans une des catégories de la classification définie par le STRMTG (Service technique des remontées mécaniques et des transports guidés). Hormis les téléskis (qui ne se prêtent pas vraiment au transport public) et la crémaillère (mode ferroviaire qui ne fait pas appel aux câbles), les remontées mécaniques comprennent les téléphériques (aériens), les funiculaires (généralement sur rails) et les « appareils particuliers » que sont les ascenseurs inclinés (en libre accès) et le seul pont transbordeur à subsister en France.

    Parmi les téléphériques, il convient de distinguer :
    Le télésiège, monocâble à mouvement unidirectionnel continu, à pince fixe (TSF) ou à attaches débrayables (TSD). Son débit est de 2 400 personnes/heure pour le TSF, mais peut atteindre 3 200 à 4 500 p/h pour le TSD. Cet appareil, où les personnes sont transportées à l’air libre, est essentiellement destiné au tourisme (ski).

    La télécabine, à mouvement unidirectionnel continu, monocâble (TCD) ou bicâble. De fait, le TCD n’est autre qu’un TSD fermé ! Quant à la solution bicâble (câble porteur et câble tracteur, ce dernier étant débrayable), elle permet des portées plus élevées. Débit : 3 000 p/h (TCD) à 3 700 p/h (cabines de 30 personnes).

    Le Funitel est rare en France. Comme le téléphérique monocâble, son mouvement unidirectionnel est continu, mais il fait appel à deux câbles porteurs-tracteurs. Ses performances et son prix sont comparables à la télécabine bicâble débrayable.

    Le téléphérique à va-et-vient fonctionne comme un funiculaire dont les rails sont un ou deux câbles. Comme l’installation ne possède que les deux cabines se croisant à mi-parcours, la fréquence du service est faible, mais ces cabines peuvent être de grande capacité. L’un dans l’autre, le débit maximal est de 2 000 p/h.

    Monocâble ou bicâble, le téléphérique pulsé est à mouvement unidirectionnel discontinu, c’est-à-dire que les cabines ou sièges sont regroupés en chapelets desservant les gares au même moment. Débit : 1 000 p/h.
     

    Patrick LAVAL

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  • Le come-back du téléphérique

    Les télécabines urbaines se multiplient dans le monde et font leur come-back. Le plus souvent, elles s?imposent dans des villes étouffant sous la circulation ou à habitat trop dense, ou encore à la topographie accidentée New York (Etats-Unis)
    Un téléphérique baptisé « The Tram » relie Roosevelt Island, une île de l’East River, et Manhattan depuis 1976 sur une distance de 1 km. Il était question de le démonter. Ses utilisateurs ont protesté, l’alternative prévoyant du métro, du bus ou des parkings payants à Manhattan. Le « Tram » est donc en rénovation, et c’est Poma qui prépare le nouveau système de transport qui sera inauguré à la fin de l’année 2010. Dans sa nouvelle version, l’an prochain, il annonce 1 500 personnes transportées par heure, dans deux cabines de 100 passagers chacune, fonctionnant indépendamment l’une de l’autre.

    Portland (Etats-Unis)
    Pour éviter de traverser plus avant la ville en voiture et de s’agglomérer sur les parkings au pied d’une tour où est installée la faculté de médecine, un téléphérique en va-et-vient a été installé à Portland. Il relie un parking et la faculté de médecine dans sa partie la plus haute, aux environs du 50e étage.

    Medellin (Colombie), Rio (Brésil)
    Six lignes de « métrocâble » doivent monter peu à peu sur les collines autour de la ville. Mais auparavant, elles desservent des quartiers populeux et denses. La première ligne date de 2004. Elle est branchée sur le métro. 20 pylônes sur 2 km, 2 stations intermédiaires, 90 cabines y emportent 2 820 personnes par heure. La deuxième ligne, ouverte en 2007, connectée elle aussi au métro, est longue de près de 3 km. Ce sont des cabines de 10 places. Elles emmènent 3 000 personnes à l’heure. La dernière ligne vient d’entrer en service au début de l’année. C’est une ligne de loisirs. Elle prolonge la première ligne. Elle rejoint le parc Arvi, en hauteur, sur 4,6 km à partir du terminus de la première ligne. Des cabines de 10 places y acheminent 1 200 personnes à l’heure.
    C’est ce modèle du métrocâble de Medellin qui a donné l’idée à Rio de Janeiro, au Brésil, de s’équiper aussi. Une première ligne de 3 km, dotée de 6 gares, y est en construction à partir du cœur de Rio.

    Caracas (Venezuela)
    A Caracas, deux sections de lignes de télécabines dotées chacune d’une station intermédiaire font le tour d’une colline où vivent 40 000 habitants. Les deux lignes fonctionnent séparément. La première mesure 1,6 km sur 109 m de dénivelée et comporte six pylônes. Elle fait circuler 28 cabines qui partent toutes les 24 secondes. La deuxième, sur 686 m seulement, utilise 22 cabines et a nécessité la construction de deux pylônes. Chaque station opère un changement de direction de 70 à 75°. Les terminus se trouvent à une station de métro d’un côté et
    sur un nœud de circulation de l’autre.

    Alger, Oran, Blida, Annaba, Constantine, Skikda, Tlemcen (Algérie)
    Après les années 1950 où le téléphérique y avait fait son apparition, l’Algérie mise à nouveau sur le transport par câble pour faire face à une congestion automobile croissante, en complément de tous les autres modes – bus, tramway, métro, train. A Alger, trois nouvelles lignes sont en construction. Elles doivent démarrer ce printemps, équipées de cabines de 15 places, débrayables. Les quatre anciennes lignes, dont la première vient d’être relancée avec des cabines de 35 personnes chacune et au rythme de 1 200 passagers/heure, sont en passe d’être rénovées en profondeur. Comme vont l’être aussi celle de Blida, une des plus longues au monde avec 8 km, celles d’Oran, où le réseau date d’une vingtaine d’années, et celle d’Annaba. Trois autres villes algériennes, particulièrement escarpées par endroits, viennent de bénéficier de systèmes de télécabines neufs : Constantine, Skikda et Tlemcen.
    A Constantine, 750 000 habitants, depuis sa mise en service en 2008, la ligne de transport par câble fait un tabac. L’une des lignes transporte jusqu’à 24 000 personnes par jour entre 6h et 23h. La ligne mesure 1,5 km sur un dénivelée de 147 m et comporte trois stations particulièrement bien intégrées à l’architecture locale. Elle a nécessité l’installation de dix pylônes. Elle utilise 40 cabines de 15 places chacune, parées de panneaux photovoltaïques, qui circulent à la vitesse de 6 m/seconde. Branchée sur le réseau de transport terrestre, elle relie des quartiers résidentiels du centre-ville et une zone industrielle. Le recours au transport par câble s’explique par le peu de place disponible au sol mais aussi du fait du fameux canyon de Constantine. Le téléphérique fait le lien entre le tramway et la gare en passant par-dessus le canyon. L’alternative aurait été de passer le pont en deux fois deux voies.
    A Skikda, 189 000 habitants, et Tlemcen, 179 000 habitants, les télécabines, là aussi de 15 places, débrayables, emportent entre 1 500 et 2 000 personnes par heure. L’Algérie annonce une dizaine d’autres projets du même genre.

    Taïpeh (Taïwan)
    Un système de télécabines relie une station de métro et les collines du quartier de Mucha, à Maokong, où les Taïpéens aiment aller respirer et boire le thé loin de la pollution urbaine. Le système est organisé en cinq tronçons – donc, quatre gares intermédiaires. Il fait circuler 145 cabines en aluminium de 8 places chacune, sur 4 km, et transporte 2 400 personnes/heure à 21 km/h en moyenne. 47 piliers ont été érigés. L’une de ses originalités est d’avoir prévu deux directions successives : l’une à 15°, l’autre à 80°.

    Nha Trang (Vietnam)
    Sur la côte est du Vietnam, une télécabine relie la ville à une île hôtel baptisée Hon Tre. L’installation est spectaculaire avec neuf pylônes sur plus de 3 km, dont six en mer qui atteignent jusqu’à 70 m de hauteur pour laisser passer les cargos. Les pylônes sont eux-mêmes fixés à des plateformes offshore hautes de près de 60 m et la portée entre pylônes est de 450 m en moyenne. 47 cabines de 8 places chacune peuvent transporter 1 000 personnes par heure.

    Singapour
    Le système de télécabines de Singapour relie Mont-Faber sur l’île principale de Singapour à l’île Sentosa, en passant au-dessus du port de Keppel. Ouvert en 1974, il a été le premier système de câbles aériens dans le monde à passer au-dessus d’un port. Le système est composé de 81 cabines pour 6 passagers suspendues à 60 m au-dessus de la mer. Une cabine part toutes les 15 à 21 secondes. Le système transporte jusqu’à 1 400 passagers à l’heure.
    Hubert HEULOT

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  • Un téléphérique pour desservir l’île de Nantes ?

    Des cabines par-dessus la Loire plutôt qu?un nouveau pont. Nantes étudie la question, poussée par ses élus d?opposition « Sur le transport par câble, les candidats d’Europe Ecologie ne sont pas encore descendus de la montagne. » Isabelle Loirat, élue MoDem, a continué de se battre pendant la campagne des régionales. Elle veut du transport par câble à Nantes. Il y a deux ans, les centristes avaient fait irruption dans la campagne des municipales en lançant l’idée d’un téléphérique pour relier la butte de Chantenay au bout de l’île de Nantes. Ils n’ont pas remporté la mairie mais, depuis, leur projet n’est plus ignoré. Le maire PS, Jean-Marc Ayrault, a demandé à ces opposants un peu bruyants de venir lui parler de leur projet dans son bureau. Il n’a pas rejeté l’idée. Nantes étudie la possibilité d’avoir recours à la technologie du « transport par câble ». Le directeur des transports de Nantes Métropole remettra son rapport avant l’été.
    Pour Isabelle Loirat, l’objectif est précis : « Nous proposons d’utiliser le transport par câble pour désenclaver l’île de Nantes. Qu’en ligne droite un tramway aérien de 3,5 à 4 km parte de la ligne de tramway n° 1 sur la rive droite de la Loire, desserve l’extrémité de l’île de Nantes, puis poursuive son chemin en ligne droite jusqu’à la ligne de tramway n° 3 sur la rive gauche. » Un projet d’autant plus crédible selon elle que l’île de Nantes est un quartier en plein développement, amené à se densifier fortement. Il est désigné pour devenir le centre de la ville dans les vingt ans. Depuis dix ans déjà, le plan de déplacement urbain prévoit d’y installer un nouvel « axe de transport public lourd ».
    Alors que, pour le moment, les responsables de la ville n’évoquent qu’à contrecœur tout investissement lourd pour cause de tour de vis financier, Isabelle Loirat met plus que jamais en avant les économies envisageables grâce au transport par câble. « Le coût de notre ligne ? 20 millions d’euros en tout, moins qu’un kilomètre de tramway ! » Ce tramway aérien résoudrait une autre question lancinante, souvent posée à l’ouest de la ville : celle de nouveaux ponts. L’un d’eux est envisagé au bout de l’île de Nantes pour permettre à la future ligne 5 de passer rive droite. On imagine même le tramway jouer les livreurs dès potron-minet. C’est sur l’île de Nantes que la SNCF possède sa gare de fret régionale. C’est à partir d’elle que les spécialistes de logistique continuent de penser à approvisionner la ville en marchandises à l’aide de, pourquoi pas ? trams-cargos. Pour Isabelle Loirat, le tramway aérien peut très bien, lui aussi, être utilisé au transport de fret. La nuit, par exemple. Mais l’essentiel de son projet de tramway aérien est destiné aux voyageurs. « Construire un pont coûterait de toutes façons beaucoup plus cher. Quant à espérer y faire passer un tramway, alors qu’il devrait aussi laisser passer les bateaux en dessous, autant l’oublier tout de suite. Trop de pente pour un tramway sur le pont et même avant », conclut Isabelle Loirat.
    Son idée n’est pas cependant de trancher les problèmes techniques. « C’est aux services de la ville de le faire. La seule chose que je veux, c’est que l’hypothèse du transport par câble soit examinée. La Loti exige que toutes les possibilités techniques soient envisagées quand on décide d’un nouveau moyen de transport. » En opposante convaincue au maire socialiste de Nantes, elle suggère que le raccordement des deux lignes de tramway 1 et 2, au nord de la ville, par un nouveau barreau de tramway passant au-dessus d’une rivière, dès l’an prochain, « aurait pu être fait à moindre coût en transport par câble ». Dans les bureaux de Nantes Métropole, on n’en est pas du tout sûr. Eric Chevalier, directeur des transports, fait la tournée des constructeurs européens du transport par câble. Une mission exploratoire au terme de laquelle il déterminera si la technologie peut s’appliquer à Nantes.
    « Les fabricants insistent sur les stricts critères de pertinence de leur technologie. Ils ne la considèrent performante que pour résoudre un problème insoluble pour les autres : le franchissement d’une rivière, d’une vallée, de grosses infrastructures préexistantes comme des autoroutes ou un urbanisme sans espace au sol. Ou encore en cas de rabattement compliqué entre une source de flux importants comme une université et une ligne de transport. Encore faut-il que ce rabattement se fasse en ligne droite. Du cabotage entre plusieurs stations avec l’obligation de faire changer les câbles de direction augmente de beaucoup le coût global », explique Eric Chevalier.
    En cours de discussion, Eric Chevalier soumet le cas de Nantes aux constructeurs. La Loire, ses affluents constituent des obstacles objectifs. Mais la mise en place d’un transport par télécabines doit toujours être soigneusement comparée avec les avantages de la construction d’un pont. Il faut aussi que les utilisateurs potentiels du transport par câble acceptent de voyager « suspendus à un fil ». Un pont transbordeur a fonctionné à Nantes de 1903 à 1955. Il amenait les ouvriers des chantiers navals sur l’île de Nantes chaque matin, les ramenait le soir. Certains rêvent même de le ressusciter.
    Hubert HEULOT

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  • L’idée d’un téléphérique germe dans le Grésivaudan

    Un projet de téléphérique urbain pourrait voir le jour d?ici 2013 entre Brignoud et Crolles, qui désengorgerait une partie du réseau routier grenoblois. Un autre relierait Goncelin à Allevard Entre la gare de Brignoud et la zone d’activités de Crolles, dans la proche banlieue de Grenoble, le site est extrêmement contraint. Sur environ 1 km, c’est le parcours d’obstacles : voie ferrée, route départementale, Isère et autoroute A41 à franchir. Et pour couronner le tout un large échangeur autoroutier et la barrière de péage où circulent environ 50 000 véhicules/jour. Or cette gare qui voit passer quotidiennement 39 TER (et il y en aura davantage lorsque la 3e voie du sillon alpin sera opérationnelle, fin 2013) alimente une zone où travaillent environ 8 000 personnes, à Crolles et à Bernin. « Si on construisait un tram-train qui se débrancherait à Crolles, il devrait dans les deux sens franchir toutes ces infrastructures et il faudrait aussi un saut-de-mouton pour repartir vers Grenoble, raconte Francis Gimbert, vice-président chargé des transports à la communauté de communes du Grésivaudan. Et, de plus, il est impossible d’insérer les modes doux, notamment le vélo. »
    Impossible de passer au sol ? Alors pourquoi pas par les airs ? L’idée, poussée par Pierre Jaussaud, un passionné de transport par câble et habitant de la région, qui avait proposé une pré-étude en 2005, a germé petit à petit. Les élections municipales passées, le projet est ressorti. Aujourd’hui, il s’inscrit dans une démarche soutenue par Rhône-Alpes, qui finance 40 % des 150 000 euros prévus pour les études. Les offres des cabinets d’études sont en cours de dépouillement, mais on espère leurs conclusions pour la fin d’année. « Ce mode paraît pertinent au regard du site, poursuit l’élu. Mais, bien sûr, il ne se substitue pas aux autres technologies comme le tram, qui est nécessaire pour des volumes plus importants. »
    Les études devront affiner les projections, mais le trafic attendu est de l’ordre de quelques milliers, sachant que 1 300 voyageurs montent ou descendent en gare de Brignoud et que de 500 à 600 y viennent par autocar. « Il y a un vrai potentiel, c’est le tronçon où convergent trois lignes de cars, estime Francis Gimbert. Quand le réseau d’autocars a été développé, nous sommes passés de 50 correspondances TER-car à Brignoud en décembre 2007 à 500 aujourd’hui, et la fréquentation de la gare a doublé. » Et pourtant les fameux autocars ne passent « qu’une fois l’heure pour des TER toutes les 15 minutes », déplore Pierre Jaussaud, qui note aussi qu’« il y a 5 km de bouchon à l’entrée de Grenoble, matin et soir ». On vise une mise en service de ce câble aérien (téléphérique ou télécabine) d’environ 1 km, voire 3 km si l’option traversée de la vallée est choisie, intégré au tout jeune réseau de transport public, au plus tard en 2013.
    Conquise, la collectivité envisage également un second transport par câble pour relier, cette fois, la gare de Goncelin à la ville thermale et station de ski d’Allevard et peut-être même jusqu’au Collet-d’Allevard, soit une dizaine de kilomètres. Les prochaines études se pencheront aussi sur son cas, en termes de potentiel commercial et de solutions technologiques. S’ils font études communes, les deux projets ne devraient toutefois pas être réalisés en même temps. Mais déjà d’autres villages, comme Chamrousse par exemple, manifestent leur intérêt pour une desserte aérienne depuis la gare. Peut-être alléchés par l’expérience de Brides-les-Bains qui, en plus des curistes, attire les skieurs grâce à sa télécabine menant au domaine des Trois Vallées.
    Cécile NANGERONI

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  • Le transport par câble en France aujourd?hui

    Etat des lieux des villes françaises assurant actuellement un service public de transport urbain par câble De nombreuses villes de France ont possédé des systèmes de transport par câble, des funiculaires pour l’essentiel. La plupart ont disparu, d’autres ont survécu, essentiellement pour des raisons touristiques. Ce dernier argument a même donné un coup de pouce à certaines (re)mises en service ces dernières décennies. Voici la liste de tous les transports par câble français assurant actuellement un service public de transport urbain. Ne sont pas listées ici les installations d’intérêt particulier ou de montagne.
    Evian : funiculaire ouvert en 1913, fermé de 1969 à 2002.
    Grenoble : ouvert en 1934 et modernisé en 1976, le téléphérique de la Bastille est le plus ancien transport urbain par téléphérique du monde… et le seul en France actuellement.
    Langres : ascenseur incliné Skirail (1995). Une crémaillère a existé de 1887 à 1971.
    Laon : funiculaire Poma 2000, ouvert en 1989 en remplacement du tram à crémaillère (1899-1971).
    Le Havre : funiculaire ouvert en 1890, fermé de 1944 à 1950, puis de 1969 à 1972, avant modernisation et mise en service de véhicules Poma sur pneus.
    Le Tréport : funiculaire ouvert en 2006, à l’emplacement d’un funiculaire (1908-1941).
    Lyon : deux funiculaires (« ficelles ») ont survécu, Fourvière et Saint-Just.
    Paris : depuis 1991, deux ascenseurs inclinés Poma/Skirail/Schindler remplacent le funiculaire à va-et-vient de Montmartre (ouvert en 1900 et modernisé en 1935).
    Pau : le funiculaire de 1908 a reçu de nouvelles voitures en 1961.
    Rochefort : le pont transbordeur de Martrou, remis en service en 1994, est le seul à subsister en France.
    Thonon : funiculaire ouvert en 1888, électrique depuis 1956 et automatisé en 1990.
    Villepinte : SK au parking du parc des expositions.
    Dans le domaine des funiculaires, quatre réalisations en montagne relativement récentes méritent une mention : même s’il ne s’agit pas à proprement parler de transport urbain, leurs caractéristiques techniques sont tout à fait comparables à celles d’un métro.
    Val-d’Isère (Funival, 1987).
    Bourg-Saint-Maurice – Les Arcs (Arc-en-Ciel, 1989).
    Les Deux-Alpes (1989).
    Tignes (Perce-Neige, 1993).

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  • Les « pour » et les « contre » du câble

    Par comparaison avec d?autres modes de traction pour les véhicules guidés (adhérence, crémaillère), le câble offre d?incontestables avantages, mais il a aussi des inconvénients. CINQ ARGUMENTS EN FAVEUR DU CÂBLE 
    Il est peu coûteux. « Il suffit de planter quelques pylônes et de tirer une corde à linge entre deux gares, et le tour est joué », schématise un industriel. Le câble coûte peu : clés en main, entre 5 et 10 fois moins cher au kilomètre que le tram suivant le type de projet et ce que l’on prend en compte dans le calcul. Un argument très recevable pour les collectivités.
    Il ne dévore pas l’énergie. La concentration des équipements de traction (électrique) en un point fixe permet d’éviter les redondances, les cabines ne sont pas motorisées. Les véhicules se déplacent sans frottement, le bilan énergétique est incomparable et en plus il est silencieux.
    Il gravit des collines et traverse des fleuves. Solution idéale pour les fortes pentes (en concurrence avec la crémaillère, voire le métro ou le tram sur pneus), optimale pour le franchissement d’obstacles (pour les téléphériques).
    Il ne met pas la ville sens dessus dessous. Les téléphériques, dont l’emprise au sol se limite à des pylônes, permettent de s’affranchir de travaux lourds sur tout le parcours, ce qui se répercute sur les démarches administratives, les délais et aussi sur le prix de revient de l’installation.
    Il est cadencé. Une cabine toutes les 5 à 20 secondes dans la plupart des projets urbains, rares sont les moyens de transport qui permettent un temps d’attente aussi limité.

    CINQ ARGUMENTS CONTRE
    Il déplaît aux riverains. Voir le téléphérique au-dessus de chez soi ou pouvoir être vu depuis celui-ci semblent mal accepté par les riverains des projets identifiés. L’« intrusion visuelle » est le principal argument contre le câble en Europe. Le câble défigure-t-il vraiment plus le paysage plus qu’un tram ?
    Il ne connaît que la ligne droite. Les installations sont « sur mesure », difficiles à modifier ou à prolonger au-delà des gares d’origine pour les funiculaires.
    Il implique une maintenance lourde quelques jours par an. La maintenance est facile à organiser en montagne. On la fait en période creuse ou à la fermeture des pistes. Mais dans le cadre d’une exploitation urbaine de 5h à 23h toute l’année, la maintenance impliquera d’arrêter le système quelques jours par an.
    Il n’aime pas le vent. Sans pour autant être dangereux, le téléphérique est très sensible aux phénomènes météo. En cas de tempête, il faut parfois appuyer sur « stop ». Mais y a-t-il des tempêtes de neige en ville ?
    Il donne le vertige. On a beau répéter et re-répéter que le téléphérique est l’un des moyens de transport les plus sûrs du monde, qu’il est sous la houlette du très sérieux STRMTG ou qu’il provoque bien moins d’accidents que les véhicules en site propre, la peur du vide reste un frein pour certains usagers.

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  • La DB opte pour l?électricité verte? mais ne convainc pas les écolos

    La compagnie veut soutenir les producteurs d?énergie propre et permettre aux voyageurs de compenser leurs émissions de CO2. Greenpeace dénonce des « mesurettes » Avec 16 000 GWh consommées chaque année, la Deutsche Bahn est de loin le plus gros consommateur d’électricité d’Allemagne. Et indirectement un très gros pollueur : plus de la moitié de ses besoins sont couverts par des centrales à charbon, qui émettent des millions de tonnes de gaz à effet de serre.
    D’ici 2020, la DB entend se montrer plus vertueuse. Objectif : atteindre 30 % d’énergies renouvelables. Il s’agirait alors de quasiment doubler son recours à l’électricité verte. Pour cela, elle vient de signer un contrat d’approvisionnement avec un opérateur d’énergie « propre » du nord de l’Allemagne : SWB est à la tête d’un gigantesque parc éolien, capable de fournir suffisamment de courant à six ICE pendant un an. Autre initiative : la DB propose des « billets écolos » à sa clientèle d’affaires. Le système est inspiré par les compagnies aériennes. Moyennant un supplément de 1 %, ces usagers peuvent réduire leur emprunte écologique : le complément servira à financer des projets d’électricité propre. Le système pourrait être étendu à l’ensemble des voyageurs dès l’an prochain.
    Mais les associations de défense de l’environnement sont sceptiques. Elles évoquent des « mesurettes symboliques » et doutent surtout de la sincérité de cet engagement. En cause : un projet de centrale à charbon, ultrapolluante, actuellement en chantier dans la Ruhr et dont le principal bénéficiaire sera… la Deutsche Bahn. « La DB montre ainsi son vrai visage », critique Andree Böhling, responsable des questions énergétiques chez Greenpeace.
     

    Antoine HEULARD

  • Les 27 veulent se prendre en main sur le véhicule électrique

    Le Conseil européen veut un plan en vue de développer les infrastructures utiles à l?essor des voitures vertes L’Europe veut des voitures vertes. Les ministres européens de l’Industrie ont demandé début mars à la Commission européenne de présenter d’ici fin mai un plan de développement des voitures électriques et hybrides. « L’industrie européenne doit se décider maintenant pour ne pas prendre de retard, elle doit se renouveler et investir pour rester en tête. Nous sommes à la croisée des chemins », a expliqué Miguel Sebastián, le ministre espagnol de l’Industrie au nom de la présidence tournante de l’Union européenne. Les 27 veulent un plan qui permette le développement des infrastructures nécessaires à l’essor des voitures vertes, notamment pour que les utilisateurs puissent être sûrs de pouvoir facilement recharger les batteries. Ils insistent aussi sur la nécessité d’investir massivement dans la recherche et l’innovation. Enfin, l’Europe devra proposer des normes pour les batteries et des standards communs pour les moteurs qui permettent de créer un marché unique pour ces nouveaux produits et assurent ainsi des débouchés potentiels suffisants pour les industriels. Les conducteurs doivent pouvoir traverser une frontière et être sûrs de ne pas tomber en panne parce que le système n’est pas identique d’un pays à l’autre. Si elle agit vite, l’Europe peut aussi espérer imposer sa norme au niveau mondial.?Autre aspect sur lequel la Commission européenne devra se pencher, l’approvisionnement en électricité. La multiplication des véhicules électriques va faire augmenter la demande, mais pour que le bilan carbone soit intéressant, il faut que l’électricité soit suffisamment verte. La France insiste sur l’opportunité représentée par le nucléaire. Toute une réflexion est en cours sur les réseaux intelligents d’électricité capable de moduler la demande en fonction de l’offre, par exemple en incitant à limiter la consommation aux heures de pointe.?Les pays européens commencent à se mettre en ordre de bataille sur ce sujet, tout particulièrement ceux qui ont une industrie automobile domestique. En octobre dernier, la France a lancé un plan national avec l’objectif de deux millions de voitures électriques sur le territoire d’ici 2020. Les Allemands eux sont plus modestes ou plus réalistes avec un objectif d’un million de voitures. Un groupe de travail commun entre les deux pays a été récemment lancé, il devrait déboucher, entre autres, cette année sur une expérience transfrontalière dans la zone de Strasbourg/Baden-Württemberg. Les Britanniques et les Néerlandais sont sur la même ligne. Les experts estiment que les véhicules verts pourraient représenter 20 % du marché d’ici 10 ans. Paris suggère d’encourager le verdissement des flottes d’entreprise, ou encore celui des administrations publiques en fixant un seuil minimal européen pour les véhicules décarbonés. Les 27 sont en tout cas d’accord sur une chose, c’est à l’échelle européenne que les efforts doivent porter afin de faire sauter les verrous technologiques, économiques et réglementaires. A la Commission désormais de leur dire comment faire.
     

    ?Isabelle ORY