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Catégorie : Mobilités douces
Retrouvez toute l’actualité des mobilités douces: services de vélos et trotinettes en libre service, pietonisation, aménagements urbains…
Lyon crée la nouvelle gare Jean-Macé pour faciliter le trafic des TER
C?est la quatrième gare de Lyon intra-muros, mise en service le 13 décembre. Selon les études, le trafic de voyageurs va être multiplié par deux d?ici dix ans Lors du lancement des premières études, en 2003, on parlait de halte ferroviaire. Depuis, les ambitions se sont affirmées et c’est la gare Jean-Macé, ouverte au public le 13 décembre, qui a été inaugurée par les présidents de RFF et de la SNCF et par les élus lyonnais. La région Rhône-Alpes et le Grand Lyon apportent à eux seuls la majorité (74 %) des 31 millions d’euros de la nouvelle gare ferroviaire et intermodale, la quatrième dans Lyon intra-muros. La création d’une gare en centre-ville est rarissime, comme le soulignent les responsables de RFF, maître d’ouvrage avec la SNCF. A Lyon, la gare Jean-Macé, située entre celles de la Part-Dieu et de Perrache, a été créée pour soulager ses illustres devancières qui, en raison du réseau très chargé, ne peuvent plus accueillir les TER dans des conditions satisfaisantes. « Les problématiques liées à la mobilité dépassent désormais le strict cadre de la communauté urbaine pour épouser une véritable dimension métropolitaine », estime Gérard Collomb. Jean-Macé s’inscrit ainsi dans le cadre du projet Real et doit devenir un rouage important de ce « RER de la région lyonnaise », en cours de réalisation, dont tout l’intérêt repose sur l’articulation des différents modes de transports. Au total, la nouvelle gare sera desservie par 102 trains régionaux quotidiens, principalement sur les axes ouest : Bourgoin, La Tour-du-Pin, Saint-André-le-Gaz (Isère), et nord-sud : Mâcon, Villefranche-sur-Saône, Vienne, Valence. Jean-Macé devrait permettre de mieux répartir les flux de voyageurs, en captant à l’ouverture plus de 3 800 voyageurs par jour. A l’horizon 2020, ce sont 7 000 à 8 000 voyageurs/jour qui sont attendus. Selon les prévisions de la SNCF, la fréquentation sera composée de clients venant de l’extérieur du Grand Lyon, principalement des environs de Bourgoin (pour les deux tiers), et de nouveaux clients (pour un tiers). Leurs principales destinations sont situées sur la rive gauche du Rhône et le sud de Lyon, qu’ils pourront rejoindre grâce aux différents modes de transport de la place Jean-Macé : ligne de métro B, tramway T2, une dizaine de lignes de bus, Vélo’V, des taxis, et Autolib’ qui y proposera, courant décembre, ses premières places de stationnement en voirie. Sur le plan architectural, la gare est conçue sur la plate-forme des voies au-dessus de l’avenue Jean-Jaurès et mêle les parapets ouvragés XIXe siècle du pont-rail à une marquise en verre contemporaine couvrant le quai central. L’ensemble a été réalisé en coopération avec l’architecte des Bâtiments de France, car la gare s’insère dans un quartier de type haussmannien très dense. Le Grand Lyon a consacré deux millions d’euros à l’aménagement urbain de Jean-Macé.
Claude FERRERO
Le Havre se met aussi au prêt de vélos
En complément d’un système de prêt courte durée développé par le réseau urbain Bus Océane (Veolia Transport), la ville du Havre a décidé de mettre en place en juin prochain une offre longue durée (de 1 mois à un an) pour le prêt de 300 vélos. Les conditions précises de cette opération ne sont pas encore définies. Mais le prêt devrait être gratuit pour les vélos classiques et payant pour les vélos électriques ou pliants. On sait déjà que le premier pôle de prêt sera abrité par le hall d’accueil de l’hôtel de ville et que les stationnements de vélos seront sécurisés, sur les parkings municipaux comme sur certains points stratégiques de la ville (gare, université, plage). « Nous allons nous inspirer des modèles bordelais, angevin et tourangeau », indique la mairie. La ville du Havre compte actuellement 45 km de réseau cyclable, chiffre qu’elle compte doubler à horizon 2014. Cette opération coïncidera avec le démarrage du chantier de tramway.
Vélo à assistance électrique : Green On lance le libre-service en entreprise
Green On vient de remporter son premier contrat de vélos à assistance électrique en entreprise. Désormais, les employés du site parisien de STMicroelectronics disposent d’un parc de vélos électriques en libre-service pour les déplacements professionnels et privés. Green On propose des vélos et scooters électriques d’une autonomie de 40 à 70 km dont la consommation en électricité est inférieure à 0,01 euro/km. La jeune entreprise, créée en 2009, propose une installation de points de rangement et de recharge des batteries dans la cour ou le parking des entreprises.
DB Regio remporte le Tyne & Wear Metro
Deuxième succès pour la DB à l’international : trois semaines après un train régional en Suède, l’opérateur allemand remporte un métro dans le nord-est de l’Angleterre. C’est en effet DB Regio UK qui a été choisi par Nexus pour exploiter le réseau Tyne & Wear Metro (78 km de lignes, 60 stations), centré sur Newcastle. Opérateur public des transports de la région de Newcastle pour le compte de l’autorité organisatrice locale, Nexus était également candidat à sa propre succession en tant qu’exploitant du métro. Le contrat a une durée sept années à compter d’avril 2010 (une option de prorogation sur deux ans est à l’étude) et porte sur un trafic annuel de 5,8 millions de rames-km pour 40 millions de voyageurs, ainsi que sur la maintenance et la modernisation des 90 éléments bicaisses au parc.
Palmarès des mobilités 2009 : le prix de l’ingénierie pour Brest et Dijon
La judicieuse commande groupée de Brest et Dijon est payante LE LAURÉAT
Brest et Dijon : une commande groupée, des économies à la clé
L’idée était innovante. Même si elle peut sonner comme une évidence : commander 52 rames ensemble revient moins cher que d’en commander 32 d’un côté et 20 de l’autre… Fortes de ce constat, les agglomérations de Brest et de Dijon ont décidé d’unir leur force pour lancer leur appel d’offres matériel pour leurs futures lignes de tramway, avec un budget estimé à 120 millions d’euros. Une chance, le timing des deux projets était en phase. En préalable, les AO se sont mises d’accord sur les caractéristiques techniques, et même sur le design. A l’arrivée, le marché signé avec Alstom en septembre dernier porte sur 106,5 millions d’euros (dont 42,7 à Brest pour 20 rames et 63,8 à Dijon pour 32 trams). Et pour François Rebsamen, président du Grand Dijon, « il allie performances et maîtrise des coûts ». Alstom n’était toutefois pas le moins-disant, c’était CAF, et, avec Bombardier, les offres étaient dans un mouchoir de poche, la proposition de Stadler, bien au-dessus. Les élus précisent que ce choix est le fruit « d’une analyse globale ». Avec un coût de 2,05 millions d’euros par rame, la commande groupée permet de réaliser « une économie d’environ 500 000 euros par rame », estime François Cuillandre, président de Brest Métropole océane. Comparée aux sommes déboursées par les autres agglos françaises ayant commandé le Citadis, l’économie en euros constants est de l’ordre de 25 à 30 %. Pas négligeable en temps de crise.
Le détail qui change tout : un look commun. Brest Métropole océane a mis en place un concours remporté par Eric Rhinn, du cabinet Avant-Première. Séduit par le design brestois suggérant une onde, le Grand Dijon ne changera que les couleurs.
LES NOMINÉS
Ile-de-France : la livraison avancée du Francilien
En Ile-de-France, il faut des trains neufs, et vite ! Le conseil d’administration du Stif a approuvé le 8 juillet un avenant à la convention conclue avec la SNCF pour accélérer la livraison du nouveau train Francilien. Le constructeur Bombardier a accepté de modifier son organisation industrielle pour livrer 40 rames en 2011 et 2012 au lieu de 30, ce qui permettra d’introduire plus rapidement le Francilien sur les dessertes Paris-Est – Meaux et Paris-Est – Coulommiers sans pénaliser son arrivée sur les lignes des réseaux Paris-Nord-Ouest et Paris-Saint-Lazare. Le calendrier des livraisons, moins serré pour le constructeur que celui de sa commande précédente, portant sur l’AGC, a pu être resserré. On gagnera ainsi huit mois par rapport au calendrier initial de livraison des 172 rames. L’équipement du réseau Paris-Est serait ainsi achevé en avril 2015 au lieu de décembre 2015. Une option pourrait être levée sur 70 rames supplémentaires sur les 200 prévues en tranche conditionnelle.
Le détail qui change tout : livrées en temps et en heure, les deux premières rames du Francilien devraient être mises en service sur la ligne H le 13 décembre 2009.Agglomération rouennaise : un pont mobile de contournement routier
Voilà un pont qui évite le passage des camions par le centre-ville. Le pont Flaubert, plus haut pont mobile d’Europe (86 m) ouvert depuis le 25 septembre 2008, relie l’autoroute A150 à la rocade sud III (A13 et A28) de Rouen. Son objectif est de faire en sorte que 55 000 véhicules par jour contournent le centre-ville de Rouen par l’ouest. Ce pont permet également à l’agglomération de faciliter les échanges interrégionaux autour de son port. Avant tout routier, le pont Flaubert est également accessible aux piétons dans sa partie centrale : une voie protégée leur est réservée sur chacun des deux tabliers du pont. Chaque tablier comprend en outre trois voies de circulation et une bande d’arrêt d’urgence. De 30 à 40 levages sont prévus chaque année afin de laisser passer les paquebots de croisière, mais aussi les navires participant à l’Armada. En 12 minutes, les tabliers de 2 600 t se lèvent à 55 m de hauteur, mais chaque opération de levage interrompt la circulation pendant 1 heure 30.
Le détail qui change tout : le pont qui a coûté 60 millions d’euros est gratuit car l’ouvrage a été réalisé par l’Etat avec le concours financier de la région Haute-Normandie, du département de la Seine-Maritime et de l’agglomération de Rouen.
Cécile NANGERONI et Guillaume LEBORGNE
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Palmarès des mobilités 2009 : le prix de l’accessibilité pour Grenoble
Le tramway grenoblois 100 % accessible sort vainqueur LE LAURÉAT
Grenoble : la ville qui a inventé le tramway 100 % accessible
Avant-gardiste, la ville de Grenoble a commencé à mener une politique d’accessibilité de l’espace public dès 1975. Sous la houlette de son maire, Hubert Dudebout, le chef-lieu de l’Isère réintroduit le tramway en 1987, mais pas n’importe lequel ! Un tramway accessible bien sûr, concocté par un groupe de travail ad hoc autour du SMTC, d’Alstom et des associations. « Une innovation telle que la ville recevait chaque semaine trois ou quatre délégations étrangères… », relate Yannick Belle, conseiller délégué à l’accessibilité au SMTC de Grenoble (26 communes, près de 400 000 habitants). Sur la ligne B du tram, les dispositifs d’annonces sonores et visuelles sont améliorés ; sur la C, le véhicule devient accessible par chacune de ses portes et en toute autonomie. Dans la foulée, les trottoirs sont rehaussés et les premiers trams modifiés afin de s’affranchir de la palette rétractable grâce à une lacune entre le quai et le véhicule de seulement 2 cm. Les mêmes recettes sont appliquées au bus, dont 80 % des arrêts sont accessibles. Si bien que l’élaboration du schéma directeur d’accessibilité 2009-2012 n’a pas posé problème. Voté à l’unanimité en juin, il vise trois objectifs : étendre l’accessibilité à 95 % du réseau bus, perfectionner les dispositifs d’information, de signalisation sonore, visuelle et podotactile, enfin, confirmer le service de porte à porte PMR qui transporte quelque 125 personnes chaque jour. Soit une dépense de 17 millions d’euros sur 4 ans. Le prix à payer pour être l’agglomération la plus accessible de France.
Le détail qui change tout : en 2012, avec un réseau urbain presque 100 % accessible, l’agglomération aurait pu prévoir de supprimer le transport spécifique, elle a choisi de le conserver.LES NOMINÉS
Agglomération rennaise : le mobilier urbain pour tous
Le mobilier urbain de l’agglomération rennaise est en cours de renouvellement, quartier par quartier, jusqu’en 2010. Pour la ville de Rennes, le marché a été attribué à Clear Channel. Pour les autres communes, le marché est revenu à la société Abris Service, qui remplacera progressivement les abris des 36 communes d’ici 2013. Ces nouveaux abris voyageurs, installés en cohérence avec la loi sur l’accessibilité des transports publics, offrent une lisibilité adaptée aux personnes handicapées. La dénomination de l’arrêt de bus est inscrite en grosses lettres blanches et le numéro de ligne est grossi pour être repéré par les malvoyants, le panneau d’information est abaissé pour que les personnes en fauteuil roulant puissent y accéder, la largeur de trottoir permet aux fauteuils de tourner et de se croiser. Ce mobilier pourra également être équipé d’un boîtier électronique et d’une antenne qui permettront le temps venu de diffuser de l’information en temps réel aux voyageurs (temps d’attente jusqu’au prochain bus, encombrement imprévu ou autre information municipale…).
Le détail qui change tout : dans sa démarche de rendre son réseau entièrement accessible à l’horizon 2015, Rennes a mis en place un système de dépôt de plainte pour les usagers qui rencontreraient un obstacle dans leur chaîne des déplacements.Basse-Normandie : pionnière dans l’adaptation de ses TER
Une porte centrale assez large pour donner accès aux fauteuils roulants, un espace dédié avec trois places réservées, dont deux en vis-à-vis, et quatre pour les accompagnateurs, des toilettes aménagées et des installations de sécurité… La toute première voiture TER Corail Intercités conçue pour les personnes à mobilité réduite est entrée en service en Basse-Normandie le 16 mars dernier. Sur la ligne Paris – Caen – Cherbourg, l’accès au train se fait à partir d’une plateforme élévatrice déployée par un agent de gare. A l’intérieur, un couloir mieux éclairé, des barres de maintien rouges, deux boutons d’appel SOS, une signalétique renforcée par deux bandes jaunes sur les marches des portes d’accès. Autre innovation : des toilettes adaptées. Elles sont dotées d’une large ouverture électrique et tout y a été calculé pour être à bonne hauteur : lavabo, miroir, savon et sèche-mains. Seize voitures de ce type doivent circuler sur le réseau Basse-Normandie, la région ayant investi à 50 % avec la SNCF dans ces aménagements à 500 000 euros pièce. Une première qui devrait être déclinée dans d’autres régions.
Le détail qui change tout : le local du chef de bord est à proximité, pour une intervention plus rapide si nécessaire.
Cécile NANGERONI et Guillaume LEBORGNE
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Palmarès des mobilités 2009 : le prix de l’intermodalité pour Le Mans
Le Mans rafle la mise grâce à son pôle d’échanges LE LAURÉAT
Le Mans : un pôle d’échanges qui simplifie la vie des voyageurs
Au royaume du transport collectif, un nouvel acronyme est sur toutes les lèvres. Le « PEM », disent les initiés, pour pôle d’échanges multimodal. C’est aujourd’hui un must… même un must have. Et celui qui vient d’être réalisé au Mans est particulièrement réussi. Colonne vertébrale du site, une galerie des transports, en fait, un couloir de verre qui permet de cheminer à l’abri des intempéries et de passer d’un mode à l’autre rapidement. Dans un court rayon, convergent tous les moyens de transport : TGV (52 par jour) et TER (110 quotidiens) bien sûr. Mais aussi le tramway inauguré il y a deux ans, qui possède une station sur le parvis, les bus urbains de la Setram, les cars interurbains de la Sarthe (réseau TIS), les taxis et les vélos, qui disposent de 80 places en parcs couverts de part et d’autre du parvis. Transformé en esplanade piétonne de 3 500 m2, ledit parvis a totalement été débarrassé des voitures, désormais priées de stationner en souterrain (650 places côté nord et 410 côté sud). Ces aménagements, qui ont aussi permis de rendre la gare accessible aux PMR, ont coûté 60 millions d’euros. Ils font le bonheur des 15 500 voyageurs – dont 6 900 clients du TER – qui empruntent le PEM chaque jour. « Les enquêtes de satisfaction sur l’accessibilité de la gare montent en flèche », assure Xavier Breffeil, le chef de gare. Pour se repérer, en sous-sol comme en surface, les voyageurs ne trouvent plus un panneau central mais de multiples écrans affichant heures et trains au départ et à l’arrivée. En plus du point accueil multimodal.
Le détail qui change tout : depuis les parkings souterrains, l’automobiliste accède directement aux quais.LES NOMINÉS
Rennes Métropole : le vélo dans le pass Korrigo
Les déboires du vélo en libre-service (VLS) de Rennes, visé par les incivilités, ne retirent rien à l’intérêt de la politique vélo de l’agglo Rennaise. Rennes a lancé son premier vélo en libre-service en 1997. Le dispositif était géré à l’époque par Clear Channel. Il a depuis été transféré à l’opérateur de transport public Keolis (cotraitant Effia), qui a déjà en charge le réseau Star de bus et de métro, et lancé le 22 juin le VLS Vélo Star. Pour faciliter l’intermodalité, 85 % des stations de vélos ont été positionnées à proximité d’un point d’arrêt de bus, d’une station de métro ou d’une gare. Plus original, Rennes a ajouté ses vélos dans le panel de la carte Korrigo, déjà utilisée sur les réseaux de transport en commun, le TER et les cars départementaux Illenoo, faisant de ce pass un véritable sésame pour les transports en commun rennais. Et qui vise à étendre son rayon sur le territoire breton, des négociations étant en cours avec la communauté d’agglomération de Brest.
Le détail qui change tout : Rennes qui avait reçu des remontrances de la Cnil a lancé en novembre une carte Korrigo personnelle anonyme.Vitrolles-Aéroport Marseille-Provence : Le pôle d’échanges qui change la vie des Vitrollais
Depuis son ouverture, le 14 décembre 2008, 41 trains desservent le nouveau pôle d’échanges de Vitrolles-Aéroport Marseille-Provence au lieu des 7 qui desservaient auparavant la halte de Vitrolles. Outre la gare, on y trouve 425 places de parking-relais, une gare routière, des taxis et prochainement des garages à vélos. Les objectifs poursuivis étaient multiples : créer un point d’accès au réseau ferroviaire desservi également par les transports publics routiers ; inciter à l’utilisation des transports en commun ; densifier l’offre de TER sur l’axe Marseille – Miramas ; enfin, améliorer rapidement la desserte de l’aéroport et des sites industriels en forte croissance tels qu’Eurocopter (1 200 salariés). Bref, permettre aux habitants de Vitrolles et de l’est de l’étang de Berre et aux milliers d’employés des zones d’activité autour de l’aéroport de bénéficier d’une offre de transport répondant à la dynamique du site. L’opération a coûté 15 millions d’euros.
Le détail qui change tout : au départ du pôle, un service de navettes permet aux voyageurs et aux 5 000 salariés de la plateforme aéroportuaire de s’y rendre en moins de cinq minutes.
Cécile NANGERONI et Guillaume LEBORGNE
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Le péage urbain bien installé à Stockholm
La circulation a diminué de 18 % par rapport à 2005 et les émissions de CO2 ont baissé d?environ 20 % dans la capitale suédoise Le référendum semble vraiment bien loin. C’était pourtant il y a tout juste trois ans. Le 17 septembre 2006, les électeurs de Stockholm ont en effet voté « oui » à 53 % au péage urbain, après l’avoir testé pendant sept mois. Oubliée la polémique car les banlieues n’avaient pas voté. Oublié le paradoxe électoral qui a vu le même jour la droite suédoise gagner la mairie (et aussi le département et le pays tout entier), alors qu’elle avait fait campagne contre le péage… Mais elle avait promis de respecter le choix des citoyens. Depuis le 1er août 2007, les automobilistes doivent payer pour entrer dans le centre de Stockholm, ou en sortir. Et tout le monde semble content. Même les banlieusards, s’il faut en croire les sondages. « Aujourd’hui, plus personne ne remet en cause le principe du péage urbain », nous disait l’an dernier Eva Söderberg, de la direction suédoise des transports. Depuis la rentrée, elle profite de la présidence suédoise de l’Union européenne pour vanter le modèle à des délégations venues du monde entier. Le fonctionnement est assez simple et a très peu varié depuis l’expérience de 2006. Le tarif est modulé selon l’heure : il faut payer de 10 à 20 couronnes (1 à 2 euros) par passage entre 6h30 et 18h29 en semaine, avec un maximum de 60 couronnes (6 euros) par jour. C’est gratuit le week-end, les jours fériés et veilles de jours fériés, et en août. Concrètement, les plaques d’immatriculation des véhicules – suédois uniquement – sont lues par des caméras placées sur des portiques aux dix-huit portes de la zone centrale de la capitale. Les automobilistes reçoivent chaque mois une facture pour leurs allers et retours du mois précédent, et ils doivent la régler par virement au Trésor public avant la fin du mois suivant. En cas de retard, l’amende est de 500 couronnes (50 euros). « Les gens voient les bénéfices tous les jours, décrit Gunnar Johansson, qui suit l’expérience pour IBM (le groupe américain gère le système, et de ce fait compte les voitures) : un meilleur environnement, une meilleure accessibilité au centre-ville car il y a moins de bouchons… Ils veulent garder le péage urbain ! » La circulation a diminué de 18 % par rapport à 2005, observe-t-il. Et ce chiffre s’est stabilisé. En revanche, elle a augmenté de 5 à 10 % sur les routes permettant de contourner la zone payante. Les émissions de CO2 ont baissé d’environ 20 % dans le centre-ville. Sur les 96 000 voyages de moins par jour payant en 2008, la moitié se sont reportés sur les transports publics (dont la part de marché était déjà très importante à Stockholm). Et les autres ? « Ils ont changé leur comportement, d’une façon plus efficace. La grande leçon, c’est que les Stockholmois utilisent mieux les systèmes de transport ! » En tout cas, ils n’ont pas délaissé les commerces du centre-ville, qui étaient très inquiets. Observation : 28 % des véhicules passant la barrière des péages en sont dispensés, ils font en moyenne 70 % de voyages en plus. Parmi eux, on trouve les services d’urgences, bus, voitures étrangères, diplomates, mais aussi les « voitures vertes », fonctionnant au moins en partie aux biocarburants. A cet égard, on peut dire que le péage a beaucoup fait pour la filière, puisque leur part dans le parc automobile stockholmois est passée de 3 % à 14 % ! Il faut dire aussi que la plupart d’entre elles ont bénéficié d’une prime à l’achat de 10 000 couronnes (1 000 euros). Mais la récréation est bientôt finie : cette exemption sera supprimée en 2012. Enfin, il reste à voir ce que va devenir l’argent : La droite suédoise a décidé que les revenus du péage urbain iraient à la construction du grand contournement autoroutier prévu à l’ouest de l’agglomération. L’essai de 2006 avait coûté au total 3,4 milliards de couronnes (340 millions d’euros) à l’Etat suédois, une somme passée par pertes et profits dans les comptes publics. La direction des routes a gagné 460 millions de couronnes (46 millions d’euros) l’an dernier et compte atteindre les 600 millions par an à partir de 2010 grâce surtout à une baisse des coûts d’exploitation du système. Mais, à ce rythme, l’Etat n’est pas près de payer le grand contournement, dont 17 km sur 21 seront souterrains. Il est estimé à au moins 27 milliards.
François ENVER
Marseille – Aubagne : c?est parti pour la troisième voie
Le vieux projet de 3e voie entre Marseille et Aubagne a fini par être lancé. Il va permettre de faire circuler 198 trains par jour en 2014 contre 83 aujourd?hui entre les deux villes et de doubler la capacité du TER Marseille – Toulon La construction de la troisième voie ferrée de 13 km entre la gare de Marseille-Blancarde et Aubagne a été lancée en grande pompe, le 19 novembre, par les financeurs du projet(*). Un projet ambitieux dans un secteur très urbanisé, destiné à faire circuler 198 TER quotidiens à partir de décembre 2014, contre 83 aujourd’hui, pour doubler la capacité de la ligne TER Marseille – Aubagne – Toulon, en la portant à 22 000 voyageurs par jour avec un train toutes les 10 minutes en heure de pointe (toutes les 20 minutes le reste de la journée). Projet ambitieux mais aussi coûteux (250 millions d’euros) et… ancien. Les premières réserves de terrains datent de 1982, le programme a été inscrit au contrat de plan Etat-région 2000-2006, puis au contrat de projets Etat-région 2007-2013. Les élus du secteur désespéraient d’ailleurs de le voir aboutir. Surtout après le choix du tracé dit « des métropoles » de la ligne à grande vitesse jusqu’à Nice, qui devrait quitter Marseille par ce couloir ferroviaire. Leur crainte était que la 3e voie, destinée aux TER, soit abandonnée pour laisser la place à la future LGV. Ils semblent rassurés. « Cela répondra à une urgence », a rappelé Pierre Mingaud, maire de La Penne-sur-Huveaune, où a eu lieu la pose symbolique de la première pierre. Urgence car, selon Michel Vauzelle, président de la région Paca, l’augmentation de la fréquentation sur cette ligne de TER est de 35 % depuis 2003. La 3e voie sera construite parallèlement aux deux autres, sur la même plateforme élargie. Elle nécessitera notamment la réalisation de 20 ponts-rails, d’un pont-route et la modernisation des systèmes d’exploitation, signalisation et banalisation des voies entre les gares Saint-Charles et La Blancarde. Quatre gares existantes seront aménagées, en particulier pour les PMR, et une nouvelle créée à La Barasse (Marseille XIe). La suppression de trois passages à niveau est au programme, ainsi que la construction de trois passerelles piétonnes. Les travaux, commencés en 2008, vont prendre de l’ampleur à partir de 2010. Ils seront effectués essentiellement de nuit (6h30) et durant les heures creuses le jour en raison de l’important trafic. Avec cette troisième voie, plus de 250 trains (TER, TGV, grandes lignes, fret) rouleront sur cet axe ferroviaire, « l’un des plus fréquentés de France », a souligné Hubert du Mesnil, président de RFF. « Un axe majeur » pour Jean-Noël Guérini, président du département des Bouches-du-Rhône. Cet axe Marseille – Aubagne, avec une autoroute A50 saturée, devrait ainsi bénéficier dans les prochaines années d’un développement de l’offre de transports en commun. Outre le TER et ses quelque 10 000 passagers quotidiens entre Marseille et Aubagne, les deux navettes rapides du réseau Cartreize du conseil général des Bouches-du-Rhône ont transporté 707 000 voyageurs en 2008 et la fréquentation devrait être plus importante en 2009 grâce à une augmentation des fréquences entre Marseille et Aubagne-les-Paluds. La ligne 40 de la Régie des transports de Marseille (RTM) complète ces offres. A cela, il faut ajouter la prolongation du métro, en 2010, qui arrivera aux portes de la cité phocéenne. Enfin, il y a les projets de l’agglomération d’Aubagne : un tramway de 7 km d’Aubagne à La Penne-sur-Huveaune voulu pour 2014, et un TCSP nord – sud de 17 km sur l’emprise d’une ancienne voie ferrée destiné à transporter 3 000 voyageurs par jour.
José SOTO
*Etat, région Paca, département des Bouches-du-Rhône (28,3 % chacun) et RFF (15 %). Le programme bénéficie aussi de 15 millions d’euros au titre du plan de relance de l’Etat.
Pourtant très critiqué par le maire, le péage urbain est maintenu à Londres
Il y a comme une impression de flou. Depuis que le travailliste Ken Livingstone a perdu la mairie de Londres en mai 2008, la municipalité préfère parler le moins possible du péage urbain. La position de son successeur est assez ambiguë Si le principe du péage urbain en vigueur depuis 2003 n’a pas été remis en cause dans le centre-ville, Boris Johnson a annoncé la future suppression de l’extension du système aux beaux quartiers de l’ouest (Kensington, Chelsea, Hyde Park, Notting Hill…). Très critiquée par ses habitants et les commerçants – des soutiens du nouveau maire conservateur –, elle datait du début 2007. Mais il a pris son temps, remarquent des observateurs, puisque la mesure ne sera mise en œuvre qu’en décembre 2010. Boris Johnson a enterré le projet de son prédécesseur de taxer les véhicules les plus polluants – ils auraient payé jusqu’à 25 livres (28 euros au cours actuel) pour pénétrer dans le centre, au grand dam, notamment, de Porsche et de Land Rover –, mais il a annoncé une hausse des tarifs dans la zone centrale, qui restera payante. Il en coûte actuellement une somme forfaitaire de 8 livres (9 euros) par jour, de 7h à 18h en semaine, les résidents et les habitants de quelques pâtés de maisons voisins bénéficiant d’une remise de 90 %. En décembre 2010, le prix passera à 10 livres (11,20 euros), ou 9 livres (10,10 euros) pour ceux qui utiliseront un nouveau système de paiement automatisé. « L’augmentation du péage urbain va permettre au système de rester efficace pour maîtriser les niveaux de trafic dans le centre de Londres, et les revenus vont nous aider à financer les améliorations vitales du réseau de transport que tous les Londoniens veulent voir », a déclaré M. Johnson. De fait, les produits du péage urbain sont entièrement réinvestis dans les transports publics. Dans la pratique, le système serait essentiellement bénéficiaire grâce aux amendes dues aux retards de paiement ! Mais Transport for London (TfL), qui a gagné 137 millions de livres (154 millions d’euros) l’an dernier, ne retrouvera pas ses billes perdues avec la disparition annoncée de la zone payante de l’ouest, remarque-t-on (discrètement) au siège de l’autorité organisatrice du Grand Londres. Ceci dans un contexte assez pesant qui a vu le maire lui demander de lancer un vaste plan d’économies, de renoncer à de nombreux projets et d’augmenter fortement les prix… Alors qu’il compte « fluidifier » la circulation automobile. Boris Johnson n’a donc pas renoncé au péage urbain dans le centre-ville, mais il ne perd jamais une occasion de dire tout le mal qu’il en pense. Ses services font remarquer que les temps de parcours étaient les mêmes dans la zone payante en 2007 qu’en 2002, d’après la dernière enquête connue, et que la pollution n’a pas diminué. « J’ai toujours pensé que le péage urbain est un instrument mal fichu », s’est emporté le maire. L’équipe précédente disait exactement le contraire, chiffres à l’appui, quand l’expérience londonienne était vantée de colloque en colloque. Aujourd’hui, les opposants proposent au moins une autre lecture des chiffres avancés par la municipalité : si les temps de parcours ne se sont peut-être pas améliorés, le péage a visiblement enrayé la progression de la congestion… Depuis l’an dernier, aucune étude indépendante n’est venue mettre les uns et les autres d’accord. Et TfL n’a pas publié en 2009 sa traditionnelle étude d’impact annuelle.
François ENVER