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Catégorie : Mobilités douces
Retrouvez toute l’actualité des mobilités douces: services de vélos et trotinettes en libre service, pietonisation, aménagements urbains…
Vitesse en vue vers Pornic et Saint-Gilles-Croix-de-Vie
Les travaux préalables sur les voies devraient permettre d’augmenter la vitesse de 90 à 140 km/h Trois mois de travaux ont commencé pour reprendre la voie ferrée au sud de l’Estuaire de la Loire. Départ Nantes, arrivée Pornic ou encore Saint-Gilles-Croix-de-Vie pour peu que l’on bifurque vers la Vendée à Sainte-Pazanne. L’opération est rendue urgente par l’urbanisation. Les maisons ont poussé comme des champignons dans cette zone éloignée au plus d’une heure de voiture de Nantes.
Depuis le 12 janvier et jusqu’au 10 avril, les trains ne circulent que du vendredi après-midi au lundi 10h. En semaine, ils sont remplacés par des cars. Ils étaient jusqu’ici une vingtaine par jour jusqu’à Sainte-Pazanne, quatre jusqu’à Pornic, sept jusqu’à Saint-Gilles. L’infrastructure à voie unique ne permettait guère de faire plus. En tous cas pas assez pour répondre à la demande. Les travaux entrepris devraient donc permettre de doubler au moins le nombre de trains.
La question, primordiale, de la capacité est traitée essentiellement par un changement de signalisation. Un BAPR (block automatique à permissivité restreinte) remplace le BMVU (bloc manuel à voie unique) jusqu’à Sainte-Pazanne. Au-delà, les lignes sont équipées en CAPI (cantonnement assisté par informatique). En fin de modernisation, la gare de Sainte-Pazanne sera donc dotée d’un poste d’aiguillage informatique. La mise en service se fera progressivement en mai 2010 pour accompagner le premier renforcement de desserte, puis sera finalisée en décembre 2010.
Auparavant, d’ici le printemps, la voie est refaite sur 23 km jusqu’à Sainte-Pazanne dans le but d’autoriser une vitesse de 140 km/h contre 90 km/h aujourd’hui. Trois passages à niveau sont automatisés. Le dernier renouvellement de voie remonte à plus de trente ans. D’un point de vue technique, l’opération la plus remarquable est le changement de tablier d’un pont métallique de plus de 100 ans, appartenant au site classé du lac de Grandlieu. Elle est prévue autour du 15 avril. Du point de vue des voyageurs, le remplacement des rails courts jointés par des rails longs et soudés apportera un meilleur confort.
La modernisation de la ligne intègre ici et là quelques rallonges de quais pour accueillir des double-rames de TER. Egalement des rehaussements pour les personnes à mobilité réduite. Elle coûte au total 51 millions d’euros.
Le gain de vitesse, de 3 ou 4 minutes au terme de cette première phase, n’atteindra les 20 ou 25 que lorsque la voie sera rénovée au-delà de Sainte-Pazanne. Dans une seconde phase.
Hubert HEULOT
RFF lance son projet de commande centralisée à Lyon
L’opération s’inscrit dans un programme national de réorganisation des systèmes de commande des itinéraires C’est un projet à 500 millions d’euros, entièrement financé par Réseau Ferré de France, qui vient d’être lancé à Lyon avec pour objectif de construire la Commande Centralisée Rhône (CCR) et de moderniser les postes d’aiguillage sur la région lyonnaise. L’opération menée à Lyon par RFF en collaboration avec la SNCF s’inscrit dans un programme national de réorganisation des systèmes de commande des itinéraires afin de répondre à la future croissance du trafic ferroviaire. Ainsi, RFF va procéder à trois types d’aménagements sur l’ensemble du territoire d’ici 2030 : la création d’une quinzaine de centres de commandes informatisée ; le renouvellement des postes d’aiguillage les plus anciens ; l’informatisation de la télécommande des postes les plus récents (1).
Le futur bâtiment de la CCR sera implanté sur 2 700 m2 à la Guillotière, entre Perrache et Part-Dieu, et abritera une vaste salle de commande (700 m2), des salles techniques et les équipes d’exploitation des secteurs de circulation du territoire Rhône, soit 280 agents. La CCR sera mise en service en 2010 pour télécommander un secteur compris entre Lyon, Pierrelatte, Saint-Etienne et Roanne. Lors de la pose de la première pierre, Hubert Du Mesnil, président de RFF, et Philippe De Mester, directeur régional Rhône-Alpes Auvergne, ont souligné la particularité du nœud ferroviaire lyonnais, « carrefour européen et infrastructure complexe » où transitent 1 100 trains quotidiens et les grandes lignes à destination de 60 villes. La CCR permettra de télécommander l’ensemble des postes d’aiguillage du secteur, dont les six postes principaux du nœud ferroviaire lyonnais répartis sur trois sites et en cours de renouvellement. Après un nouveau poste créé à Guillotière, les autres seront progressivement mis en service à Guillotière, Perrache et Part-Dieu entre 2010 et 2014. L’optimisation des systèmes de gestion des circulations permettra aussi une plus grande réactivité d’intervention sur le réseau et de réelles économies d’exploitation.
Claude FERRERO
(1 )Actuellement, le réseau national compte 1 500 postes d’aiguillage, dont 35 % de postes électromécaniques, 45 % électriques et 20 % à commande informatique.
Deuxième essai de vélo en libre-service à Bruxelles
Le vélo en libre-service à Bruxelles, on efface tout et on recommence ! Trop lourds, trop chers, limités à l’hypercentre de la capitale belge, les vélos de Cyclocity n’ont pas rencontré leur public. Le bilan est plus que mitigé. Le gouvernement de la région bruxelloise, l’entité qui chapeaute les 19 communes, a donc repris le dossier. Le marché avait été attribué à JCDecaux en novembre dernier, mais les concurrents emmenés par Clear Channel avaient déposé des recours qui viennent d’être rejetés. Les 100 premières stations devraient être montées dans les six prochains mois, 1 200 bicyclettes disponibles au départ dans les communes les plus proches du centre, le reste de l’agglomération sera ensuite équipé en étoile. Le contrat prévoit jusqu’à 5 000 vélos avec une concession de 15 ans. Les engins seront plus légers que ceux utilisés par Cyclocity, deux kilos de moins, et ils seront dotés de sept vitesses pour affronter les côtes bruxelloises. La première demi-heure sera gratuite, ce qui n’était pas le cas avec la formule précécente. Les abonnés aux transports en commun ou au système de car-sharing Cambio auront même droit à une heure sans payer. Etant donné que les communes bruxelloises gèrent elles-mêmes leurs contrats de publicité, la région a dû innover : JCDecaux pourra afficher des publicités sur les bornes cyclistes, de nouveaux emplacements publicitaires seront créés notamment sur la voirie dépendant de la région.
Strasbourg expérimente le bus articulé hybride
La Compagnie des transports strasbourgeois teste un bus articulé hybride sur sa ligne 6, une pénétrante de centre-ville parmi les plus fréquentées du réseau avec 20 000 voyages/jour. Les performances du Solaris de 18 mètres pour 150 places seront comparées à celles de 13 Irisbus neufs, de taille et de capacité identiques, qui entrent en service au même moment entre la Robertsau, Schiltigheim et Souffelweyersheim. L’exploitant table sur 20 % de réduction de la consommation de carburant. La présentation du premier exemplaire homologué a eu lieu le 30 janvier.
Systra remporte son premier contrat en Turquie
Systra, en joint-venture avec Getinsa (Espagne) et Yüksel Proje (Turquie), a été choisie par TCDD, les chemins de fer turcs, pour assurer le suivi des travaux de modernisation de deux lignes ferroviaires totalisant 426 km dans le sud du pays : Bogazköprü – Yenice et Mersin – Toprakkale. Le financement de ce programme est assuré par un prêt de la Banque mondiale. Le contrat avec TCDD a été signé en mars 2008. Cependant, les prestations viennent de démarrer après l’adjudication des travaux à Ansaldo STS en novembre dernier. Elles doivent durer 39 mois. Le programme comprend l’installation du système de signalisation ERTMS (niveau 1), la mise à niveau des télécommunications, et des modifications des quais dans certaines gares. C’est la première fois que Systra remporte un contrat auprès d’une entité publique en Turquie.
Une nouvelle gare pour l’aéroport de Marseille
Située sur la ligne Marseille – Miramas, la gare de Vitrolles Aéroport Marseille Provence a été inaugurée le 23 janvier Ouverte depuis le 14 décembre dernier, la gare de Vitrolles Aéroport Marseille Provence a été inaugurée le 23 janvier. Située sur la ligne Marseille – Miramas à l’aplomb de l’aérogare de Marseille Provence, elle remplace l’ancienne gare de Vitrolles. Elle permet une interface entre plusieurs modes de déplacements : le train, l’avion, le bus, le taxi, la voiture, la moto, le vélo et à pied. La gare ferroviaire comporte deux quais pourvus d’abris, accessibles aux personnes à mobilité réduite (PMR) à l’aide d’un plan incliné. Une billetterie automatique régionale est assurée par un DBR2. 41 trains quotidiens desservent en semaine ce point d’arrêt contre sept à l’ancienne gare. Devant se situent les aires d’arrêt des autobus et navettes aéroport. Un vaste parking SNCF gardienné de 430 places est réservé aux clients des transports en commun. Une nacelle élévatrice mobile pour PMR équipe chaque quai et des fauteuils roulants sont disponibles. Un local pour les vélos complète ce pôle qui dispose également d’une station de taxis. La navette pour l’aéroport (MP1 et MP2) met cinq minutes pour le rallier et il y a une navette à chaque train. Le parcours entre Marseille Saint-Charles et Vitrolles dure 16mn (train direct) ce qui permet d’offrir avec la combinaison train + bus une durée de moins de 25mn, exempte des aléas de la circulation routière. Le coût est de 4,70 E tout compris au plein tarif. Outre Marseille, Arles est reliée en 36mn, Avignon en 1h… La nouvelle gare de Vitrolles permet aussi aux nombreux résidents de ce secteur de prendre le train pour aller et venir de Marseille et au-delà. L’ancienne gare de Vitrolles, a été supprimée. Signalons que jusqu’à l’aube des années quatre-vingt existait une halte baptisée Marignane, à 400 mètres au sud de Vitrolles Aéroport Marseille Provence.
Bernard VIEU
Réouverture d’Eurotunnel en un temps record
Suite à l’incendie du 11 septembre, le tunnel sous la Manche rouvrira dans la nuit du 9 au 10 février et assurera le service normal de navettes L’incendie du 11 septembre 2008 restera une date clé dans l’histoire déjà riche en événements du tunnel sous la Manche. Fin 1996, deux ans après son inauguration, le lien fixe transmanche avait déjà subi un premier sinistre de même nature, également survenu dans une navette camions. Si un acte de malveillance était en cause la première fois, la raison du nouvel incendie reste à déterminer. Toujours est-il que même si la longueur endommagée a été 50 % plus conséquente en 2008 qu’en 1996, Eurotunnel s’est fixé comme objectif de faire mieux en délais et en coûts que la fois précédente grâce à ses « équipes mobilisées et expérimentées, une maîtrise d’œuvre rigoureuse, une anticipation des approvisionnements, une logistique solide et un groupement d’entreprises cohérent et responsable. »
Et de fait, trois mois et demi de travaux, démarrés le 18 octobre 2008, auront suffi pour rénover l’intervalle endommagé, soit moitié plus rapidement et moitié moins cher qu’en 1996-1997, avec un coût total des travaux inférieur à 60 millions d’euros. Un montant à comparer aux quelque 120 millions du chiffre d’affaires non réalisé suite à l’incendie (ceci dit, la société Eurotunnel est « très bien assurée » selon son DG?délégué Jean-Pierre Trotignon). Non que le sinistre ait cette fois entraîné une longue suppression des trafics transmanche, qu’il s’agisse des navettes Eurotunnel passagers et camions, des Eurostar ou des trains de fret. Mais la capacité globale étant réduite, la fréquence des navettes a été diminuée en conséquence.
Pendant cinq mois, tout en exploitant les cinq intervalles du tunnel restés en service, Eurotunnel a assuré la maîtrise d’ouvrage de la rénovation de l’intervalle incendié (identification du besoin, définition des objectifs du projet, organisation logistique, calendrier, budget), avec Setec comme maître d’œuvre (études détaillées, contrôle de la réalisation des travaux). Un groupement d’entreprises dont Freyssinet est le mandataire (génie civil) a réalisé les travaux, avec ETF (Eurovia-Travaux Ferroviaires) pour la voie ferrée et la caténaire, et Vinci Énergies pour les autres équipements (le système de refroidissement étant sous-traité à Axima). À noter que Setec et Freyssinet avaient déjà participé aux travaux de rénovation suite à l’incendie de 1996.
Patrick LAVAL
Eurotunnel : un chantier à 40 m sous la mer
Suite à l’incendie du 11 septembre dernier, trois mois et demi de travaux auront suffi pour rétablir le service et restaurer la partie incendiée Avant d’envisager la projection du béton sur les voussoirs qui ont été endommagés par plusieurs heures d’exposition à des températures pouvant atteindre 1 000 °C, il a fallu préparer ces voussoirs, qui ont préalablement été boulonnés afin d’en renforcer les fixations et de les solidariser pour éviter la convergence du terrain et maintenir la voûte en place. Quelques infiltrations d’eau ont alors été constatées – nous sommes à 40 m sous le fond de la mer – mais elles ne constituent pas un problème, les stations de pompage ayant été dimensionnées pour 2 000 m3/h.
Les voussoirs de la zone concernée ont ensuite subi un hydrodécapage qui a sélectivement éliminé, par jet d’eau à très haute pression (1 000 bars), l’épaisseur de béton endommagée jusqu’au béton sain. Cette opération automatisée a été effectuée au moyen de deux types de robots télécommandés (quatre robots « Conjet » et un « Dockmaster »). Par rapport à 1996 – marteaux et burins avaient alors été mis en œuvre pour le décapage –, la méthode automatisée a évidemment été plus rapide pour enlever les bétons dégradés, « sans déformer le treillis d’armature ni fissurer la structure », et laissé une surface « propre et rugueuse, idéale pour l’accrochage du nouveau béton ». De plus, elle a évité la formation de poussières et offert des conditions de travail « plus sûres et plus confortables », avec un personnel réduit.
Une fois qu’il n’est plus resté que le béton sain, des tests ont été effectués pour mesurer l’atteinte de ce dernier (par scléromètre pour l’homogénéité du béton, mais aussi manuellement, par des spécialistes). Des études géométriques ont également été réalisées par mesure de convergence optique, par carottage et par mesure en laboratoire de la résistance du béton sain. Enfin, a été calculée l’épaisseur de béton à projeter aux différentes sections de la zone endommagée, décapées parfois sur plusieurs centimètres.
Pour faciliter la projection du béton sur les parois, un échafaudage spécifique à l’environnement du tunnel a été installé sur 550 m de long. Fortement éclairé par des tubes fluorescents, cet échafaudage permettait de travailler à un premier niveau, sur les deux côtés au-dessus du trottoir ou du platelage, ainsi qu’à un niveau supérieur, juste sous la voûte. Les premiers à prendre possession de cet échafaudage ont été les membres des équipes chargées de la remise en place par ancrage des armatures métalliques sur les voussoirs les plus endommagés. Ils étaient suivis de près par les équipes chargées de la projection du béton sur les voussoirs endommagés, opération qui s’est déroulée entre début décembre 2008 et le 9 janvier 2009. Au total, quelque 4 000 t de béton ont ainsi été projetées sur 650 m, avec un rejet important nécessitant des évacuations de gravats.
C’est un béton de type « sec », c’est-à-dire à faible teneur en eau, qui a été choisi pour ses performances économiques et techniques (fiabilité, pérennité et solidité). L’eau était ainsi ajoutée, en faible quantité, au niveau des lances au moment de la projection. Plusieurs couches de béton ont été projetées successivement sur les parois à haute vitesse (plus de 360 km/h) au moyen de 4 lances de 5 cm de diamètre, avec pour résultat une couche d’environ 15 cm d’épaisseur totale. Ensuite, le béton a été « réglé » (l’épaisseur du béton projeté est ajustée au gabarit selon les mesures géométriques) et finalement lissé, ou plutôt taloché à la main.
Au fur et à mesure de l’avancement du bétonnage, les travaux de rééquipement ont pris possession du tunnel à partir du 15 décembre. Ainsi ont été reposés les supports de fixation nécessaires : 1 800 m de gouttières en Modar (plastique traité feu, fumée, toxicité) pour recevoir les câbles électriques, environ 150 supports métalliques pour les tuyaux du système de refroidissement et environ 120 supports de caténaire, boulonnés sur la voûte tous les 27 m.
Indispensable jusque-là, l’échafaudage a été démonté à partir du 20 décembre au fur et à mesure de la pose des supports, ses éléments étant sortis du tunnel par les trains de travaux. Le 15 janvier, l’échafaudage avait disparu et au fur et à mesure du démontage du platelage, les travaux de rééquipement pouvaient se poursuivre en acheminant sur site les trains de travaux.
Du 11 au 22 janviet, c’est ainsi qu’ont été posés les câbles électriques, en haute tension (21 000 V pour l’alimentation principale de tous les équipements hors caténaire, mais aussi 3 300 V pour l’alimentation des auxiliaires, dont les moteurs des stations de pompage) comme en basse tension (400 V pour éclairages, prises, etc., ainsi que les câbles de terre).
Les deux dernières semaines de janvier ont été consacrées à la pose de la tuyauterie : le système de refroidissement par circulation d’eau a ainsi bénéficié de tuyaux neufs, acheminés sous forme de 10 longueurs de 96 m (8 tronçons de 12 m soudés), et le circuit incendie a été reposé sur trois longueurs de 250 m, avec installation des vannes.
En même temps, d’autres équipements étaient reposés ou remis en service : nouvelle main courante sur 900 m de trottoir, reconditionnement de trois rameaux de communication avec le tunnel de service et de sept rameaux de pistonnement (par lesquels l’air est échangé d’un tube à l’autre lors du passage des trains), fibre optique sur 2 000 m dans les chemins de câbles, signalétique, appareils de détection ou de sécurité… Sans oublier la finition des joints par injection de résine dans la voûte du tunnel, le tout simultanément au nettoyage des équipements et de la zone de travaux.
Et, last but not least, les équipements ferroviaires ! Endommagée ou recuite par la chaleur de l’incendie, la caténaire 25 kV?50 Hz a dû être reposée du 25 au 28 janvier sur un total de 3 600 m (3 tirs de 1 200 m), comprenant un porteur, deux feeders, deux câbles de terre et le fil de contact, sur environ 400 isolateurs d’un nouveau type, en silicone. Autre innovation : sur la zone rééquipée, des tendeurs à vérins remplacent les contrepoids. Parallèlement, pour la signalisation, les circuits de voie ont été remplacés sur 1 km et les câbles, sur 400 m.?Enfin, après avoir survécu à l’incendie et transporté les trains de travaux, la voie bénéficiera, sur 750 m, de nouvelles semelles et chaussons, avant remplacement des rails les 29 et 30 janvier. Fin du chantier et place aux tests avant réouverture !
Patrick LAVAL
Infrarail, nouvel acteur pour la gestion des chantiers
Infrarail propose des solutions logistiques dans les domaines du conseil, de la gestion des approvisionnements et du soutien aux chantiers S’il y avait un coche à ne pas louper, c’était celui des chantiers ferroviaires, dont le nombre est appelé à exploser ces prochaines années. Cette opportunité, la SNCF a décidé de la saisir en créant une entité dédiée, Infrarail, positionnée comme une chaîne de services logistiques pour l’approvisionnement des chantiers. « Notre pays est en train de reconstruire son réseau classique, c’est très spectaculaire, a affirmé Guillaume Pepy en préambule. En même temps, on accélère la construction de LGV avec les 2 000 km du Grenelle et les quatre lignes prioritaires du plan de relance de l’économie. » Un contexte qui change les métiers de l’infrastructure, juge le président de la SNCF. Un net changement de braquet, puisque, « avant, on gérait la pénurie : il s’agissait de faire autant chaque année avec moins d’argent », reconnaît-il.
Aujourd’hui, la régénération du réseau s’accélère, le plan de rénovation prévoit d’y consacrer 13 milliards d’euros jusqu’en 2015. Résultat : on est obligé d’industrialiser la maintenance et les travaux, les chantiers changent de dimension. Dès lors, leur approvisionnement devient un point crucial. « On connaît tous un nombre important de chantiers qui se sont mal passés à cause d’un problème de logistique, c’était un maillon faible », poursuit Guillaume Pepy. Pour que cela ne se renouvelle pas, Infrarail et ses 2 000 agents – des concepteurs aux agents de conduite – propose des prestations à la carte ou une solution de bout en bout dans trois domaines.
Il y a d’abord le conseil, pour la conception de la stratégie d’approvisionnement et du dispositif global. Ensuite, la gestion des approvisionnements, prestation comprenant achats, commande, stockage et transport. Enfin, le soutien aux chantiers, Infrarail pouvant créer et gérer la base travaux, gérer la fin des travaux, s’occuper du retour des matières et de leur recyclage. Une offre adaptée à la demande. « A l’origine, il y a un an et demi, on songeait à la structure pour nos propres besoins, avoue Pierre Izard, directeur délégué à l’infrastructure. Mais on voit que, de plus en plus, RFF fait appel à d’autres maîtres d’ouvrage et à d’autres maîtres d’œuvre que la SNCF, et que les acteurs se multiplient. » Ainsi, dans les réponses aux appels d’offres pour les LGV construites en PPP, retrouve-t-on les grands groupes de travaux publics, chacun ayant constitué un pôle ferroviaire solide : Colas Rail pour Bouygues, Eurovia chez Vinci et Wittfeld côté Eiffage. Des futurs clients pour Infrarail… Mais aussi peut-être à l’avenir des concurrents. Pourquoi pas un jour Colas Rail, même si un tel projet n’est pas à l’ordre du jour ? Depuis deux ans, l’entreprise exerce en effet une activité de fret ferroviaire pour le transport de granulats vers des postes d’enrobage. Chez ETF-Eurovia Travaux ferroviaires non plus, ça n’est pas d’actualité. « La logistique d’approvisionnement de fournitures, ça n’est pas notre métier, sauf éventuellement l’acheminement de nos trains de travaux dans le cadre de contrats avec la SNCF, précise Philippe Imbert, PDG d’ETF. Et ça n’est pas à l’ordre du jour pour les cinq prochaines années… »
Infrarail a signé son premier contrat fin 2008 : l’approvisionnement du chantier infrastructures des 147 km de la branche est de la LGV Rhin – Rhône. « A partir du 10 juin, ce sont cinq trains de ballast par jour, un train de traverses tous les deux jours et un de rails par semaine, avec un taux de fiabilité prescrit de 95 % », décrit Pierre Izard. C’est une affaire de plus de 130 millions d’euros que la SNCF veut prendre comme « un signal fort ». Un marché négocié obtenu sans mise en concurrence, mais ce sera peut-être l’un des derniers. « Il y aura bien sûr un retour d’expérience, notamment par rapport au taux de 95 % demandé et on en tiendra compte pour nos prochains chantiers, prévient Jean-Jacques Mourot, responsable des équipements Ferroviaires de la LGV?Rhin – Rhône.
Le business plan prévoit un CA de 800 milliards d’euros cette année, et « sans doute plus de 1 milliard dès 2011, peut-être même avant… Nous veillerons à ce que ce soit de la croissance rentable », a-t-il précisé, alors que la branche infrastructure est en déficit chronique. Et pour mener à bien ses futures missions, Infrarail dispose de la force de frappe des établissements infrastructure et d’un parc de matériel bien dimensionné (voir encadré). « Des moyens importants seront mobilisés, un chargé d’affaires accompagnera chaque client de bout en bout », promet Pierre Maillet, directeur d’affaires d’Infrarail. Dernière préoccupation pour cette « PME interne », comme la surnomme le président : la réduction des coûts. On le sait, RFF souhaite diminuer de 15 % les coûts globaux des travaux. La partie approvisionnement sur un chantier de renouvellement, c’est « 30 % de la valeur du chantier, l’enjeu est fort », explique Pierre Izard. Sur un chantier de construction de LGV, c’est plutôt de l’ordre de 4 à 5 % du devis total, calcule pour sa part Guillaume Pepy. Bref, la supply chain du chantier ferroviaire, « c’est un nouveau métier, on le faisait avant, mais on ne le savait pas… », plaisante le président. Un métier d’avenir en tout cas.
Cécile NANGERONI
Naissance d’un nouvel acteur
On connaissait ETF, pour Européenne de travaux ferroviaires. Il faudra désormais compter sur ETF-Eurovia Travaux ferroviaires On connaissait ETF, pour Européenne de travaux ferroviaires, filiale de Vossloh Infrastructures Services (VIS), il faut désormais compter sur ETF-Eurovia Travaux ferroviaires depuis que, le 19 septembre 2008, VIS est devenue filiale à 100 % d’Eurovia, le pôle routier du groupe Vinci. La nouvelle entité, dirigée par Henri Dehé, a donc pris le même acronyme que sa filiale et exercera le même métier : la pose et la maintenance de voies ferrées. Vossloh conservant son métier de construction de locomotives, d’appareils de voie et d’attaches de rails.
Eurovia et Vossloh se connaissent en fait depuis longtemps pour œuvrer sur les mêmes chantiers : routiers pour la première, ferroviaires pour la seconde. Lors de groupements montés pour des marchés de construction de lignes de tramway, par exemple, elles se sont fréquemment côtoyées. La première assurant le déplacement des réseaux d’eau, de gaz, électriques, les revêtements de la plateforme, la seconde se chargeant de la partie pose des voies. C’est le cas actuellement sur la ligne T4 du tramway de Lyon et sur Leslys, la future liaison express destinée à relier la capitale des Gaules à l’aéroport Saint-Exupéry.
Une autre filiale de Vinci, Vinci Construction Grands Projets, spécialisé dans le génie civil, a aussi travaillé régulièrement avec VIS lors de création de lignes de métro, en France et à l’étranger, comme en ce moment au Caire.
Pour Eurovia et Vinci, cette acquisition constitue un investissement stratégique. « L’ensemble du groupe Vinci est concerné par le développement du ferroviaire, notamment dans le cadre des PPP. Le marché des infrastructures ferroviaires est de plus en plus porteur, en particulier en France, où le Grenelle de l’environnement a prévu la construction de 2 000 km de LGV et de 1 500 km de lignes de tramway, rappelle Jacques Tavernier, PDG d’Eurovia. Pour nous, le ferroviaire est donc un important relais de croissance car, jusqu’à présent, nous ne maîtrisions pas la conception des voies elles-mêmes, ni la pose des rails. Or ce sont des métiers à fortes contraintes techniques, avec des spécifications et des qualifications qui constituent souvent des barrières à l’entrée sur les marchés. »
De son côté, ETF, l’Européenne de travaux ferroviaires, qui annonce un chiffre d’affaires 2008 de 130 millions d’euros contre 120 en 2007, poursuit bien sûr ses activités de régénération du réseau ferré et de participation aux lignes nouvelles, à l’exemple de la branche est de la LGV Rhin-Rhône où, en groupement avec TSO, elle va bientôt entreprendre la pose des voies nouvelles.
Michel BARBERON