Catégorie : Mobilités douces

Retrouvez toute l’actualité des mobilités douces: services de vélos et trotinettes en libre service, pietonisation, aménagements urbains…

  • Leslys, futur terrain d’expérimentation de Veolia

    En 2010, Lyon sera la première ville de France à disposer d’une liaison ferrée directe entre un aéroport et le centre-ville, qu’exploitera Veolia Les transports en commun tissent leur toile dans Lyon et son agglomération. Le 24 novembre, une étape importante a été franchie : les travaux du projet Leslys ont démarré pour relier l’aéroport de Lyon-Saint-Exupéry à la gare de Lyon-Part-Dieu. Il s’agit de construire 7 km de ligne nouvelle de Saint-Exupéry à Meyzieu, où circuleront à partir d’août 2010 des tramways. Puis, sur 15 km, les rames emprunteront l’ancienne voie ferrée de l’Est-lyonnais qu’elles partageront avec le tramway Lea, qui assure depuis décembre 2006 une desserte entre Meyzieu et le centre de Lyon. Le tout pour un coût de 110 millions d’euros, dont 65 millions pour les infrastructures. A partir d’août 2010 donc, date de démarrage du service, Lyon sera la première ville de France à disposer d’une liaison ferrée directe entre un aéroport et le centre-ville. Tous les quarts d’heure, une rame partira de chaque bout de la ligne et fera le trajet en 25 minutes. Elles pourront rouler à 100 km/h, avec deux arrêts, l’un à La Soie, l’autre à Meyzieu. « C’est presque un tram à grande vitesse », souligne François Marchand, le chef de projet chez Veolia, l’opérateur qui exploitera le service via sa filiale CFTA Rhône. Les trams rouleront tous les jours, du départ du premier avion à l’arrivée du dernier. Autre grande nouveauté du service, les conducteurs seront polyvalents : ils seront tour à tour aux manettes ou à bord des rames pour cumuler les fonctions d’accueil, d’information, de vente ou de contrôle. C’est donc à bord, auprès de l’agent d’accueil, que les voyageurs pourront acheter leur ticket. « C’est expérimental », explique François Marchand, qui a poussé l’idée. En raison de son surcoût puisqu’elle impose d’embaucher plus de conducteurs, celle-ci n’a pas été adoptée sans mal. Mais selon François Marchand, elle permet de simplifier la vente et le contrôle des billets, notamment les billets combinés SNCF-Veolia. « Le contrôle visuel offre plus de souplesse. Le système de validation magnétique ou sans contact aurait été beaucoup plus compliqué à mettre en place. » L’agent de bord vendra aussi des tickets de métro. Pour l’opérateur privé de transport public, la présence systématique d’un agent de bord est aussi un moyen d’expérimenter un nouveau mode d’exploitation qui pourrait lui être utile pour mieux se positionner lorsque le marché du transport ferroviaire de voyageurs s’ouvrira à la concurrence. Au chapitre des questions qui restent à régler, des discussions sont en cours pour trouver des solutions aux problèmes de régulation qui pourront se poser lorsque les deux services de tram, celui de Veolia et celui du Sytral (avec Lea) circuleront sur la même ligne entre Meyzieu et le centre de Lyon. Cela passe par des conventions et des avenants aux conventions. Actuellement, Sytral a une convention avec le conseil général du Rhône, et Keolis, qui gère Lea, a passé un contrat avec le Sytral. Keolis et Veolia ont donc à leur tour engagé des discussions sur ce thème, tout en ayant à l’esprit une échéance : le contrat de Keolis sur Lea arrive à échéance en 2010. Pile au moment où Leslys sera mis en service. De quoi donner fortement envie à Veolia de se porter candidat à la succession de Keolis pour exploiter aussi Lea.
     

    Marie-Hélène POINGT

  • Billet Tikefone sur téléphone portable

    Avec Tikefone, la Bretagne a été la première région française à expérimenter les nouvelles technologies de l’information et de la communication appliquées au TER, permettant de recevoir son billet de train directement sur téléphone portable. Ce produit a été lancé auprès des clients privés « loisirs » en Bretagne et en Haute-Normandie, avec des billets pour des événements dans ces deux régions : Brest 2008, train touristique « Tire-bouchon » Auray – Quiberon, festival des Vieilles Charrues à Carhaix, Route du rock à Saint-Malo, Trophée Multicup à Dieppe, ou Festival des cerfs-volants à Fécamp. Après connexion sur www.tikefone.com à partir de l’Internet d’un mobile (système WAP), le client commande son billet à distance, en indiquant ses choix (trajet, date, moyen de paiement). L’achat du billet, sécurisé, est confirmé instantanément par SMS et le billet envoyé par MMS la veille du jour de départ. Le titre de transport, sous forme de texte et de code-barres sur l’écran du téléphone portable, est ensuite présenté au contrôleur à bord du TER.

  • Le PRCI de Perpignan inauguré

    L’installation du nouveau PRCI de Perpignan aura demandé dix-huit mois de travail Le nouveau poste d’aiguillage à commandes informatisées (PRCI) de Perpignan a été inauguré le 28 novembre par les représentants de l’Etat, les directeurs régionaux de RFF et de la SNCF. Tour à tour, ils ont salué l’ensemble des acteurs qui se sont mobilisés pour installer, tester et finalement mettre en service cet outil dimensionné pour absorber, entre autre, le trafic de la future ligne à grande vitesse Perpignan – Barcelone.
    « Dans ce PRCI, a rappelé Philippe Bru, le directeur de région, le jour de l’inauguration, nous avons en effet installé des équipements de haute technologie qui permettent aux agents SNCF de commander 390 itinéraires différents, de programmer et de suivre les circulations avec les meilleures garanties de sécurité et en améliorant les conditions d’information des voyageurs, et d’assurer une meilleure fluidité du trafic croissant que nous connaîtrons bientôt. » L’ergonomie des postes de travail a été améliorée, « ce qui apporte plus de convivialité et rend les conditions de travail des agents plus agréables – donc améliore la qualité du travail », a poursuivi le directeur de région. Grâce à une interface informatique homme-machine baptisée Mistral, le nouveau PRCI permet donc la commande d’un très grand nombre d’itinéraires différents, par l’intermédiaire de différents postes automatisés de l’axe ferroviaire principal de Narbonne à Perpignan, Gruissan, Port-la-Nouvelle, Leucate, Salses et Rivesaltes, mais aussi de la gare de Perpignan jusqu’à la sortie vers Cerbère ainsi qu’une partie de la ligne vers Villefranche-de-Conflent et les raccordements vers la section internationale (sous concession TP Ferro). A cela s’ajoute le faisceau fret international des installations terminales de Perpignan et les chantiers de remisage TGV et TER. Le PRCI a été réalisé par la SNCF, maître d’œuvre et maître d’ouvrage délégués, sous maîtrise d’œuvre RFF. Le coût global des installations terminales de Perpignan est de 200 millions d’euros financés à 100 % par l’Etat et l’Europe. Les travaux de signalisation correspondent à un tiers de ce coût.
     

    Yann GOUBIN

  • La première commande centralisée s’installe à Lyon

    Le poste de la commande centralisée va s’élever dans le 7e arrondissement de Lyon. Il sera opérationnel en 2010 C’est le poste du futur. Celui qui va le premier montrer comment on fera circuler des trains demain. En attendant, la première pierre du bâtiment a été posée, symboliquement, le 27 novembre, par Hubert du Mesnil, président de RFF, Philippe De Mester, directeur régional RFF Rhône-Alpes-Auvergne, Jean-Jack Queyranne, président du conseil régional Rhône-Alpes, et Jean-Claude Desseigne, vice-président de la communauté urbaine de Lyon en charge des grandes infrastructures et de la logistique, maire de Tassin-la-Demi-Lune.
    L’objectif de ce poste de commande centralisée est de gérer le nœud ferroviaire lyonnais. L’infrastructure régionale, située à un carrefour européen, voit passer 1 100 trains par jour, dont des circulations Grandes Lignes desservant quelque 60 villes. Lyon est un point stratégique du réseau ferroviaire français. Il compte aujourd’hui six postes d’aiguillage principaux. Cependant, l’exploitation de cette infrastructure nécessite d’être optimisée pour faire face à l’augmentation du trafic ferroviaire attendue dans les années qui viennent et gérer, sinon développer, le cadencement. Située dans le 7e arrondissement de Lyon, la commande centralisée Rhône télécommandera, à partir de 2010, l’ensemble des postes d’un très vaste secteur du nord et de l’est de Lyon jusqu’à Pierrelatte, Saint-Etienne et Roanne.
    Installé sur trois niveaux d’une surface totale de près de 2 700 m2, le bâtiment abritera une grande salle de commande, les bureaux de l’encadrement, les salles techniques, les locaux pour les équipes de maintenance, mais aussi les locaux de vie pour tout le personnel. Il accueillera progressivement l’ensemble des agents exploitation des secteurs de circulation du territoire « Rhône » soit plus de 280 agents.
    Si la commande centralisée est mise en service en 2010, le travail de renouvellement des postes a déjà commencé. Ainsi, le nouveau poste 2 Guillotière a été mis en service en juin 2007. Quant au poste 1 de Part-Dieu et le poste 4 de Guillotière, ils sont en cours de restructuration et devraient être mis en service, respectivement, en juin 2010 et 2011. Puis ce sera au tour des postes 1 et 2 de Perrache. Encore en phase d’études, leur transformation est programmée pour une mise en service en 2014. Quant au poste 3 Guillotière, il sera supprimé, et les itinéraires qu’il gère reportés sur d’autres postes.
     

    Yann GOUBIN

  • Trophées du vélo 2008

    Une trentaine de vélos ont récompensé les lauréats du palmarès Les trophées 2007 célébraient l’action des villes et l’essor du VLS, à Paris, Orléans ou Montpellier. Rien de tel pour l’édition 2008, qui n’a primé aucune ville. Rien sur la dynamique toujours forte des « bicyclettes publiques », rien non plus sur les aménagements dans l’esprit « code de la rue », le stationnement ou encore la cohabitation tram/vélo ou bus/vélo, pourtant des dossiers clés dans l’action pro-vélo. Il est vrai que la période post-électorale est plus propice au travail de fond qu’aux inaugurations. Ce palmarès, organisé par le Comité de promotion du vélo avec le parrainage du ministère de l’Ecologie, a peut-être aussi souffert de délais très serrés.
    Pour autant, les heureux élus n’ont pas démérité ; les trophées, remis le 26 novembre dans le cadre du Salon des maires à Paris, leur donneront une reconnaissance officielle, toujours utile. Plus une trentaine de vélos à se partager, offerts par Tous à vélo ! Parmi les lauréats, on notera un grand nombre de conseils généraux, manière de souligner l’importance de leur action auprès des collégiens ou dans la réalisation d’axes structurants hors agglomération, utiles pour les touristes comme pour les habitants. On regrettera, à l’inverse, la toujours faible représentation des entreprises.
    Dans la catégorie collectivités locales, le premier trophée est décerné au conseil général du Val-de-Marne, pour son Plan de déplacements d’établissements scolaires (PDES). Ce projet ambitieux et exemplaire à plus d’un titre, porte sur 11 collèges pilotes. Il rentre dans sa phase opérationnelle après des années de travail de fond et d’études. Le volet réalisation est doté d’un budget de 400 000 euros HT.
    Le conseil général de Loire-Atlantique, reçoit le second trophée, pour ses itinéraires de randonnée. Le département a lancé une politique visant à relier entre eux les axes existants. Il a notamment transformé l’ancienne voie ferrée Carquefou/Saint-Mars-la-Jaille en un itinéraire multi-randonnées de 36 km, également utilisable pour les trajets domicile-travail ou domicile-école. Coût de l’opération : 1,35 million d’euros.
    Trois autres collectivités sont « mentionnées » : le conseil régional Midi-Pyrénées, pour son plan de déplacement d’entreprises (PDE) ; l’office de tourisme de Bayonne, pour ses visites de la ville à vélo ; et enfin le conseil général de la Haute-Savoie, pour son opération « A vélo du Léman à la mer ».
    Une mention est attribuée à l’association Vélo-Service à Amiens, pour sa vélo-école. Ce n’est pas une première mais l’expérience, menée avec un grand professionnalisme, fonctionne efficacement, sur un modèle reproductible.
    Dans la catégorie entreprises, un trophée est remis aux NMPP, pour l’opération Vélopresse. Cet été, 26 triporteurs ont sillonné les plages et lieux de tourisme, proposant une sélection de presse. Un succès d’image et commercial. L’opération a été renouvelée à Paris cet automne.
    Un coup de cœur enfin (une mention) pour le travail du photographe Jean-Claude Martinez pour son projet « les cycles de l’amour ». Ce chasseur d’images – des amoureux à vélo, des familles… – travaille sur commande pour les collectivités locales.
     

    Hélène GIRAUD

  • La prime transport étendue au vélo

    Ca y est, le vélo a un début de reconnaissance légale comme moyen de transport quotidien ! Dans le cadre du vote du projet de loi de financement de sécurité sociale, achevé le 20 novembre au Sénat, les parlementaires ont généralisé à l’ensemble de la France l’obligation, pour les employeurs, de financer 50 % des titres de transport collectif de leurs salariés, déjà en vigueur en Ile-de-France. Le dispositif est en outre étendu aux « services publics de location de vélo », en vertu d’un amendement proposé par le député UMP de Paris, Philippe Goujon. Autrement dit, les utilisateurs de systèmes type Vélib’ mais aussi de location classique dans le cadre de déplacements domicile-travail pourront se faire rembourser par leurs employeurs. Ce remboursement n’est pas cumulable avec le remboursement du transport public.
    La prime transport (qui prévoit aussi le remboursement des frais d’essence, dans la limite de 200 euros par an et à la discrétion des entreprises) avait été supprimée dans un premier temps par la commission des affaires sociales de l’assemblée, sous prétexte qu’elle ne se justifiait plus. Ce qui avait provoqué un tollé général. La prime vélo a été votée dans la foulée de son rétablissement, dans la nuit du 30 au 31 octobre, à l’assemblée nationale, droite et gauche confondues. Martine Billard, députée verte de la capitale, qui proposait un dispositif similaire, l’a d’ailleurs soutenu. Le Sénat a suivi.
    Philippe Goujon, député et nouveau maire UMP du XVe arrondissement, n’est pas réputé pour son action pro-vélo. Et il n’est pas lui-même cycliste. Mais cet « élu urbain » se dit sensible au développement durable et s’est beaucoup mobilisé pour que les voitures de petite taille (moins de 3 m) soient favorisées, via une tarification différente du stationnement. En vain jusqu’ici. Contacté, comme d’autres parlementaires, par le lobby du Comité de promotion du vélo, il se dit « favorable » à des actions encourageant le développement de la bicyclette en ville.
    En fait, ce sont quatre amendements différents que l’élu a soutenu, concernant aussi bien les vélos en location que les vélos particuliers (avec une aide aux frais d’entretien, chiffrés entre 150 et 200 euros par an), initialement dans le cadre du vote du projet de Grenelle de l’environnement. « Le problème, c’est que 20 000 amendements avaient été déposés, raconte-t-il. En accord avec les groupes parlementaire, ces points ont été reportés au vote d’autres lois. Cela m’a handicapé, car les élus présents lors du vote du financement de la sécurité sociale n’ont pas une sensibilité environnementaliste. J’ai du affronter un environnement quasi-hostile ! » Dans les débats, Pierre Méhaignerie, président UMP de la commission des affaires culturelles, a particulièrement raillé l’amendement, proposant d’ « adopter un amendement qui prenne en compte l’usure des chaussures »… « C’est un truc de bobos ! » a-t-il ajouté.
    « Ce qui m’importe, intellectuellement, c’est la reconnaissance du vélo comme moyen de transport, l’institution d’un principe nouveau d’égalité entre les différents modes », explique Philippe Goujon. Il regrette ce vote inachevé, qui ne tient compte ni des vélos personnels ni de la combinaison vélo/TC. « Dans mon esprit, il faut bien sûr que les aides au vélo et aux TC soient cumulables. J’ai vu qu’il fallait procéder par étapes, mais ne n’ai pas renoncé à aller plus loin. »
    Cet esprit se retrouve dans l’exposé des motifs. On peut y lire qu’ « en zone urbaine et périurbaine, le vélo représente un appui majeur aux transports en commun dont il augmente fortement la clientèle potentielle par sa fonction de rabattement, mais dont il peut également alléger le trafic en cas de congestion. De ce fait, il représente une alternative aux déplacements en véhicules motorisés personnels (…) mais aucune disposition n’existe aujourd’hui pour encourager sa pratique. Actuellement, la part des déplacements à vélo concerne 2 millions de personnes en France, soit 3,5 % de la population (…) ».
    Le Club des villes cyclables a applaudi cet amendement, indiquant qu’il fallait « aller plus loin ». Par exemple en prévoyant le versement d’indemnités kilométriques aux cyclistes. Sur France Info, le président de la Fubicy Christophe Raverdy a souligné que la mesure allait « dans le bon sens ». Il plaide pour un système qui concerne tous les cyclistes, et pas seulement ceux qui louent un vélo, de type « chèque transport ».
     

    Hélène GIRAUD

  • RFF augmente ses péages

    Conformément aux instructions de l’Union européenne, les redevances seront désormais alignées sur le coût complet de l’infrastructure Juste à temps. Les services du ministère n’avaient plus que quelques jours pour valider la réforme des péages pour que celle-ci entre en vigueur au service d’hiver 2009. Les nouveaux tarifs, adoptés par décret le 20 novembre, devaient être approuvés le 27 par le conseil d’administration de RFF. A l’arrivée, RFF obtient gain de cause sur la plupart de ses revendications. La réforme, qui sera appliquée le 13 décembre 2009, modifie considérablement la façon d’appréhender les redevances. Conformément aux instructions de l’Union européenne, les redevances seront désormais alignées sur le coût complet de l’infrastructure, qui comprend la construction, la maintenance et les travaux de régénération. A l’heure actuelle, seuls les réseaux TGV, Ile-de-France et quatre réseaux régionaux couvrent le coût complet. Pour le reste des TER, la réforme se traduira par une hausse des redevances (soit 20 millions d’euros au total) que l’Etat prendra en charge dans le cadre de la dotation globale de décentralisation. Le fret, trop fragile pour être mis à niveau du coût complet, ne sera relevé qu’à hauteur du coût marginal. Soit 500 millions d’euros en 2010 contre 210 millions à l’heure actuelle, la différence étant elle aussi prise en charge par l’Etat. RFF bénéficiera par ailleurs d’une forte hausse des redevances TGV, qui augmenteront de 60 millions d’euros par an, pendant quatre ans, à partir de 2009 (soit 240 millions d’euros en 2013). La SNCF devra également assumer la modulation du péage en fonction nombre de passagers, qui renchérira le coût de ses TGV Duplex. « Cela nous oblige à revoir toute notre équation économique », plaide la SNCF. « Intox », répond le ministère, chiffres à l’appui. « Si on compare un petit TGV de 380 places et un Duplex de 1 090 places, l’écart de prix ne dépasse pas 23 % », explique un fonctionnaire, qui considère que cette hausse reste modérée. La question a son importance pour la SNCF qui travaille sur un appel d’offres de TGV à deux niveaux, prévu courant 2009.
     

    Guillaume KEMPF

  • Mise en service d?un nouveau poste d?aiguillage au port du Havre

    Au terme de quatre ans de travaux réalisés par la SNCF sous maîtrise d’ouvrage de RFF, le nouveau poste d’aiguillage de la plaine alluviale a été mis en service le 24 novembre. Avec cet outil ultramoderne, le port du Havre se dote des moyens de piloter sa nouvelle gare fret, située au cœur de la zone industrialo-portuaire. Ce poste a vocation à superviser la circulation ferroviaire sur le port et à commander la plupart des itinéraires structurants du réseau ferré portuaire, propriété du Grand Port maritime du Havre. Chaque jour, près d’une quarantaine de trains relient Le Havre à son hinterland, 70 % transportant du trafic conventionnel, 30 % des conteneurs. Cette mise en service marque la fin de la première tranche du programme de modernisation des infrastructures ferroviaires du port du Havre, un investissement de 92 millions d’euros.

  • Egis remporte les études de la LGV Poitiers – Limoges

    RFF vient de confier à Egis les études techniques, environnementales et ferroviaires du projet de LGV Poitiers – Limoges : études préliminaires, avant-projet sommaire (APS) et assistance à la concertation pour ce tronçon de 100 km qui mettra Limoges à 2 heures de Paris. Egis Structures & Environnement définira les mesures permettant d’intégrer l’infrastructure à un environnement complexe avec des abords de centres urbains, un habitat rural diffus, des cours d’eau et vallées à l’intérêt écologique reconnu. Les études techniques et ferroviaires confiées à Egis Rail sur moins de trois ans seront innovantes, puisqu’il s’agit pour la première fois en France de réaliser une LGV à tronçons de voie unique. Une tranche optionnelle prévoit les études d’aménagement des gares existantes et la constitution du dossier d’enquête publique prévue en 2011. Enfin, Egis Rail et Egis Mobilité ont remporté les études de trafic et socio-économiques du projet.

  • Paris – Genève en 3 heures : histoire d’un chantier maudit

    La modernisation de la ligne du Haut-Bugey, qui mettra Paris à trois heures de Genève, a cumulé six mois de retard. Retour sur les mésaventures d’un chantier Tout vient à point à qui sait attendre. C’est avec cette philosophie que les voyageurs du TGV Lyria Paris – Genève devront prendre les choses, car pour faire ce trajet en trois heures – une promesse de longue date –, il va encore falloir patienter six mois de plus ! Les travaux pour améliorer cette liaison et gagner environ 20 minutes sur le temps de parcours ont en effet pris du retard.
    La date désormais officiellement annoncée pour la fin du chantier de modernisation de la ligne du Haut-Bugey, entre Bourg-en-Bresse et Bellegarde-sur-Valserine, est fin juin 2010. Les premiers trains devraient rouler le 1er juillet. Le projet de faire circuler les trains à travers le massif jurassien en modernisant et en améliorant le tracé sinueux de cette ligne à voie unique partiellement désaffectée depuis 1990, et bien sûr en l’électrifiant, remonte pourtant aux années 90. Une convention bilatérale franco-suisse avait été signée fin 1999, mentionnant l’amélioration du raccordement de la région franco-genevoise au réseau ferroviaire à grande vitesse français. En 2001, on évoque l’horizon 2006 pour la mise en service de ces 65 km dits aussi ligne des Carpates. La Confédération helvétique, intéressée au premier chef, s’engage à participer au financement – elle mettra finalement 110 millions d’euros, une belle somme. La déclaration d’utilité publique intervient en janvier 2005, et la décision d’engager les travaux est finalement entérinée en août 2005.
    Commencent alors les tribulations pour réunir les sous : 341 millions d’euros. La signature de la convention de financement prend plus d’une année de retard, elle intervient en décembre 2007. Heureusement, les travaux ont tout de même été lancés le 18 septembre 2006. Pour une durée prévisible de trente-deux mois. Or, depuis cette date, RFF, chargé de la maîtrise d’ouvrage de la réhabilitation de la ligne, et la SNCF, maître d’ouvrage du futur pôle d’échanges de Bellegarde, sont allés de surprise en surprise. Responsables du nouveau retard, les aléas de ce chantier sont nombreux. D’abord, une plate-forme beaucoup plus dégradée qu’on ne le pensait sur la portion désaffectée entre Brion et Bellegarde. Il faut dire que les premiers retards pris pour lancer les travaux ont eu des conséquences. « Entre les dernières études de 2005 et notre arrivée sur place, la plate-forme avait bougé, estime Jean-Damien Bierre, chef de mission du projet de modernisation du Haut-Bugey chez RFF. Quand on a déboisé, on a découvert des trous d’un diamètre de 40 cm. » Il a aussi fallu traiter plusieurs cavités karstiques, y compris sous la voie actuelle. « On a beau faire des sondages tous les 50 m, on arrive encore à passer à travers pas mal de choses », déplore-t-il.
    Arrivé sur le site de Bellegarde, nouvelle surprise : une pollution aux hydrocarbures est découverte, qui pénalise à la fois la nouvelle gare SNCF et la construction par RFF du viaduc de raccordement direct sur la voie existante, destiné aussi à recevoir les quais TGV, un chantier débuté, lui, en juin 2007. Il y avait en effet autrefois une station-service à cet endroit, ainsi qu’un dépôt traction de locos diesel à l’emplacement de la future rotonde de la gare. « Compte tenu des caractéristiques du terrain, la pollution est restée assez localisée, explique Régine Pugi, conductrice des opérations du pôle d’échanges de Bellegarde pour la SNCF. Elle était plus diffuse au niveau de la gare. » Cette découverte a engendré un premier retard de trois mois. « Fin 2007, on savait déjà que la mise en service devrait être retardée à décembre 2009 », poursuit-elle. « Les contraintes environnementales nous ont fait perdre plus de six mois », reconnaît de son côté le chef de mission du projet RFF. En plus de la dépollution, Jean-Damien Bierre note aussi « l’arrêté sur l’eau de novembre 2006, qui a engendré beaucoup de contraintes ». Ou encore, « au moment du débroussaillage, la découverte d’importants linéaires nécessitant des filets de protection contre les chutes de rochers ». Des filets qui ont été posés en bien plus grand nombre que prévu.
    Avant d’entrer en action, la SNCF devait pour sa part attendre que ce viaduc soit construit. Elle a commencé son ouvrage de modification des infrastructures par la dépose des voies en septembre 2007. « Les opérations de dépollution prennent beaucoup de temps, il faut passer le relais aux spécialistes de l’agence spéciale de dépollution pour le diagnostic, l’analyse et les recommandations », précise Hervé Rivoal, directeur d’opérations délégué du pôle d’échanges. Dans le cas présent, les terres ont été brûlées. Comme si tout cela ne suffisait pas, le chantier de génie civil a été pénalisé par deux hivers très pluvieux, des déluges ont inondé la voie ferrée. « Cela engendre aussi des problèmes de captages des eaux sur les zones karstiques et un impact indirect sur les travaux », poursuit Jean-Damien Bierre.
    Malgré tout, RFF voit le bout du tunnel pour le génie civil : il est achevé sur les 25 km du lot 1, le creusement des 400 derniers mètres de tunnel sur le lot 2 devrait être terminé pour mars 2009, et la fin du génie civil du lot 3 est espérée pour janvier prochain. L’un des derniers aléas a touché le lot 2, celui des tunnels, la ligne en totalisant 11, soit un total de 7 400 m. Les marnes gonflantes dans le tunnel de Bolozon (2 817 m) ont provoqué sa convergence. En clair, il se referme ! L’examen des raisons et la mise en œuvre des solutions ont encore pris du temps. « On commence les travaux de confortement de ce tunnel, poursuit-il. On peut penser que c’est l’ultime gros aléa, la plupart des tunnels étant achevés. » D’ailleurs, les travaux d’équipements ferroviaires ont débuté par la pose des poteaux caténaire et des caniveaux de câblage au départ de Bourg-en-Bresse. La pose de la voie a démarré le 6 octobre dernier. Et, enfin, une bonne nouvelle : il n’y aurait pas de dérapages financiers lourds, assure chacun des maîtres d’ouvrage. « A chaque fois, nous avons cherché des solutions ailleurs pour compenser les surcoûts liés aux aléas », certifie Jean-Damien Bierre. « Les 250 000 euros de la dépollution ne seront pas imputés au projet mais à l’exploitation SNCF », précise pour sa part Frédéric Longchamp, directeur d’opérations délégué de la SNCF, direction des gares et de l’escale.
    « Terrassements et murs de soutènements sont terminés depuis septembre, nous entrons dans la seconde phase, et les marchés de VRD ainsi que ceux des espaces extérieurs et du bâtiment ont été attribués cet été. Les travaux débuteront en décembre », assure Frédéric Longchamp. Les travaux de modification des infrastructures sont supposés s’achever en janvier 2010, en même temps que la mise en service du poste de signalisation (un poste de commande à distance) regroupant les installations de la gare et de la ligne. Le chantier du passage souterrain vient d’être lancé en octobre, avec un décalage de trois mois, consécutif à un appel d’offres infructueux. « Le planning contractuel prévoit sa livraison en octobre 2009 », précise Hervé Rivoal. L’appel d’offres infructueux est une autre forme d’aléa qui a également touché le marché du bâtiment voyageurs l’an passé. Un bâtiment précurseur de 1 500 m2 au rez-de-chaussée, qui a l’ambition de recoudre le tissu urbain coupé par les voies ferrées – situé sur les rives des gorges de la Valserine, il fera aussi l’interface entre la ville basse et la ville haute – et proposera un vrai pôle d’échanges (TER, TGV, cars, bus, véhicules particuliers et taxis). Dimensionnée pour un trafic de près de 650 000 voyageurs annuels, dont 500 000 en TER et 145 000 en TGV, cette gare circulaire – un aménagement réduisant les ruptures de cheminement – comprendra les services habituels : bureau de vente, salle d’attente, vente à emporter, location de voitures et marchand de journaux.
    Côté trafic, les espoirs sont grands. « La SNCF attend une progression de 38 % entre Paris et Genève, selon Frédéric Longchamp. De 7,4 % entre Paris et Bellegarde et de 15,4 % entre Paris et les territoires de l’Arve et du Chablais. » En fait, avec le Paris – Genève en trois heures, SNCF et CFF espéraient, au début des années 2000, détourner environ 200 000 personnes de l’avion. Et à dix-huit mois du lancement, Lyria annonce déjà une desserte renforcée avec neuf allers-retours quotidiens au lieu de sept, soit presque un train par heure à la pointe. Sa part de marché avoisine aujourd’hui les 50 %. « Elle a atteint 57 % en août dernier », précise-t-on chez Lyria. Avec les améliorations de dessertes et les nouvelles prestations à bord, dès mars prochain, « l’ambition de TGV Lyria est d’atteindre progressivement une part de marché comprise entre 65 et 70 % ». Restauration plus haut de gamme et presse gratuite en 1re classe, le service se rapproche en effet clairement de celui offert en avion.
     

    Cécile NANGERONI