Catégorie : Transports routiers

Retrouvez toute l’actualité des transports routiers et urbains : Bus, voitures électriques, politiques d’aménagements urbains

  • La voiture n?a plus autant la cote auprès des citadins

    Et si les Français n?avaient plus seulement une voiture dans la tête ? Ce titre très évocateur est celui d?un ouvrage à paraître au Certu dans un mois Certes, la voiture est toujours jugée pratique par 20 % de ceux qui l’utilisent tous les jours. Mais elle n’est plus la seule, les transports publics la talonnent à 18,3 %. Elle garde aussi une image majoritairement positive, à 57 % en moyenne, « mais moins qu’auparavant », souligne Jean-Marie Guidez, expert en mobilité au Certu. Et plus notable, l’image des transports collectifs (TC) comme celle du vélo deviennent très largement positives avec respectivement 54 % et 63 %. « De plus, une part non négligeable des citadins, un tiers, affirme avoir une image négative de la voiture, poursuit-il. Les Français envisagent les différents modes de transport selon les lieux, les heures et motifs de déplacements. » Pour preuve, le fait que la proportion d’utilisateurs que le Certu a baptisé les « comparateurs de temps », c’est-à-dire ceux qui choisissent indifféremment l’un ou l’autre mode en fonction du temps de trajet, augmente. « Ils étaient 27 % en 1994 et 36 % en 2001 à Grenoble ; 16 % en 1994 et 19 % en 2003 à Toulouse. » De plus, durant la même période les « automobilistes exclusifs » ont baissé de 4 % à Grenoble et de 10 % dans la Ville rose, passant de 36 à 26 %.
    Il subsiste toutefois quelques ambiguïtés dans l’esprit des Français. Ainsi, par exemple, les transports publics sont-ils qualifiés tout à la fois d’économiques et de chers ! Une preuve de plus que la tarification actuelle n’est pas claire ? « La limite est fragile. Les débats actuels sur la pédagogie ou l’antipédagogie de la gratuité, pratiquée dans une quinzaine de réseaux, et de la pseudo-gratuité avec des titres uniques à 1 € sont parfaitement légitimes », commente Jean-Marie Guidez. Excepté le qualificatif de « pratique » cité spontanément pour les trois modes, les qualités et défauts pointés en premier pour chaque mode sont assez significatifs. La voiture ? rapide, polluante et chère. Les transports en commun ? économiques, chers et lents. Le vélo ? écologique et dangereux ! A noter que presque systématiquement « les usagers fréquents survalorisent les qualités du mode de transport qu’ils utilisent, les non-utilisateurs survalorisant ses prétendus défauts, c’est une manière de rationaliser ses choix… », poursuit-il. Bref, plus que jamais, il faut selon Jean-Marie Guidez donner dans « la communication et la pédagogie sur la vérité des coûts des transports collectifs ».
    L’expert en mobilité a voulu savoir si les efforts d’investissements ou de communication menés par différentes villes avaient fait évoluer l’image des trois modes. Pas si simple. Mais un classement des villes selon la part de la population qui dit avoir une image positive de la voiture et en même temps négative des transports en commun est un bon indicateur. En tête, Besançon et Montpellier avec 39 %, suivies du Mans (40 %) ; en queue de peloton, Belfort avec 61 %, Pointe-à-Pitre (60 %). A mi-chemin, Lille (49 %, pénalisée par sa multipolarité) ou Brest (48 %). Encore un résultat qui ne doit rien au hasard si l’on pense aux politiques menées localement. « Ceux qui restent à convaincre d’une approche plus équilibrée des modes varient dans une fourchette importante, de 40 à 60 %, ce n’est pas rien comme marge de manœuvre ! »,  en déduit-il. Et ce n’est toujours pas un « hasard » si l’on retrouve presque le même « classement » quand on s’intéresse aux facilités de stationnement sur le lieu de travail. « C’est la preuve absolue qu’il ne faut en aucun cas dissocier les politiques TC et stationnement. Ne jouer que sur les transports, c’est jeter son argent par les fenêtres », assène-t-il.
    Et puisqu’il faut bien trouver « une morale à l’histoire », l’expert du Certu conclut qu’on est « au pied du mur ». Plus d’alternative, « sauf à souhaiter la démobilité par la congestion ». Il propose de s’orienter vers la « ville fiable : celle où l’on ne promet plus d’aller du point A au point B en voiture, mais qui utilise toute la palette des outils (tram, Vélib’, etc.) pour nous promettre qu’on sera à l’heure au rendez-vous ».

     

    Cécile NANGERONI

  • La commande groupée de 23 000 véhicules électrique franchit une étape

    Les constructeurs rêvent tous de ce contrat. Le projet vient de franchir une étape : les premières discussions entre l?Union des groupements d?achats publics et les constructeurs candidats ont en effet commencé Les constructeurs rêvent tous de ce contrat qui doit lancer la voiture électrique en France. Le projet de commande groupée de 23 000 véhicules électriques par des collectivités et des entreprises publiques et privées lancé en 2009 et intégré au plan national pour le développement des véhicules propres vient de franchir une étape. Les premières discussions entre l’Union des groupements d’achats publics (Ugap) et les constructeurs candidats ont en effet commencé. « On rentre dans une procédure de dialogue compétitif », a spécifié à l’AFP Valérie Terrisse, directrice des achats de l’Ugap, le coordonnateur du projet, confirmant l’information parue dans Les Echos du 13 septembre. Une vingtaine de candidats du « monde entier » se sont manifestés pour répondre à l’appel d’offres.
    Le contrat comprend une part publique portée par l’Ugap (Etat et collectivités) et une part privée regroupant 20 entreprises représentées par La Poste. Il porte sur 23 000 voitures (16 000 utilitaires légers, 3 000 citadines deux places et 4 000 citadines de 4 ou 5 places), mais le potentiel de commandes est évalué à 50 000 véhicules électriques. Chacune des trois catégories sera attribuée à un seul industriel. Caractéristiques demandées : une autonomie d’au moins 150 km, une vitesse d’au moins 110 km/h, la possibilité de recharge sur le réseau électrique standard et des impératifs de maintenance et de sécurité. Selon le calendrier prévisionnel, les premières commandes doivent être passées au plus tard à l’été 2011, pour des premières livraisons fin 2011. Le prix des véhicules sera un critère déterminant. « On espère arriver dans ce contrat à un prix de véhicule électrique qui, en coût global d’utilisation avec l’électricité comprise, soit équivalent à celui d’un véhicule thermique carburant compris », a expliqué la directrice des achats de l’Ugap.
     

    Cécile NANGERONI

  • Un bus électrique qui se charge en moins de 10 minutes aux Etats-Unis

    En première mondiale, trois autobus électriques EcoRide BE-35 avec batteries lithium-titane à charge ultrarapide et carrosserie en matériau composite ont été mis en service, mardi 7 septembre, sur le réseau Foothill qu’exploite Veolia à l’est de Los Angeles. Localement dénommés « Ecoliner », ces véhicules révolutionnaires de 11 m à plancher surbaissé, construits par l’industriel américain Proterra, se rechargent automatiquement en moins de 10 minutes, lors d’un simple arrêt, et peuvent couvrir une distance 50 à 70 km en parfaite autonomie ! Sur une hypothèse de douze ans d’exploitation, l’opérateur devrait ainsi permettre d’économiser en carburant quelque 430 000 dollars (environ 547 000 euros) par autobus.

  • Vichy réorganise ses bus

    Le réseau Mobivie de Vichy, géré par Keolis remet à plat à l’occasion de la rentrée ses 8 lignes régulières, augmentant au passage les fréquences sur la ligne A, véritable colonne vertébrale du réseau (un bus toutes les 15 minutes). Pour pallier notamment la moindre demande sur la ligne D, un transport à la demande est instauré en heures creuses sur les communes de Bellerive-sur-Allier, Cusset, Abrest, Creuzier-le- Vieux et Hauterive. La gamme tarifaire a été toilettée avec une baisse globale des tarifs (le ticket à l’unité passe notamment de 1,25 euro à 1 euro). Le grand projet du réseau est attendu en 2011 avec le passage à la billettique.

  • Véhicule électrique : un rapport parlementaire engage l?UE à plus de volontarisme

    Gérard Voisin, député UMP de Saône-et-Loire, n?est pas tendre avec la Commission européenne dans son rapport d?information sur le véhicule électrique présenté le 28 juin à la commission des affaires européennes de l?Assemblée nationale Dans ce rapport de 98 pages, le député se penche sur la politique de recherche de certains pays européens comme l’Espagne, la Grande-Bretagne, l’Allemagne et la France en matière d’« électromobilité ». Il fait remarquer que ces pays ont émis un communiqué commun de soutien au véhicule électrique, dans lequel ils demandent à la Commission européenne de financer des projets pilotes. Les quatre pays appellent à « augmenter le travail » visant à obtenir une norme définitive sur l’automobile européenne en 2011. « Nous considérons que le véhicule électrique doit être placé au centre des perspectives de développement et de compétitivité », indique encore le rapport. Se faisant juge de l’action de la Commission européenne, Gérard Voisin déplore tout d’abord la lenteur de la mise en place de normes sur les voitures électriques, que ce soit au niveau des prises pour recharger le véhicule ou de l’accès normalisé aux bornes de recharge ou au niveau des batteries utilisées (le but étant de favoriser la location). Toujours d’après le rapport, il a fallu attendre, par exemple, jusqu’au 15 juin 2010 pour que la Commission européenne propose des normes garantissant la protection des consommateurs (tous les véhicules électriques mis sur le marché en Europe devront êtres fabriqués de manière à protéger les utilisateurs de tout contact avec les parties du véhicule qui sont à haute tension). Gérard Voisin espère aussi que l’UE prendra des mesures pour garantir la liberté du consommateur : ce dernier doit pouvoir recharger son véhicule avec une prise ordinaire, avoir la possibilité d’utiliser un opérateur différent de celui auprès duquel il a souscrit un abonnement pour ses déplacements… La France propose selon lui un des meilleurs modèles de développement : « Le gouvernement français l’a bien compris. Il a rédigé des propositions pour un plan européen en faveur de l’électromobilité qui devrait servir de modèle à la Commission européenne pour élaborer un plan cohérent et ambitieux dans les faits. » « L’ambition française pour l’Europe », qui fait l’objet d’un chapitre entier dans le rapport, n’est pas des moindres. Elle consiste à faire de l’UE un leader mondial de l’électromobilité. Pour y parvenir, le rapport du député UMP propose un plan européen articulé autour de deux priorités : la normalisation et la standardisation des dispositifs de recharge et encourager la recherche scientifique et l’innovation technologique au service des modes de transport durables (en particulier au niveau des batteries). Ensuite, le plan prend en compte les questions de la réduction de la pollution, de la structuration de la demande, de l’intégration de la problématique du véhicule électrique dans l’adaptation des infrastructures (réseau et production).
     

    Marie FOUCHÉ

  • Bussereau : bientôt la fin du « CDD »

    Le secrétaire d’Etat aux Transports a réaffirmé le jeudi 26 août son choix de quitter le gouvernement pour retrouver les bancs de l’Assemblée nationale lors du prochain remaniement, prévu pour octobre. « C’est un choix que j’avais manifesté au président de la République il y a maintenant plus d’un an, qui était d’avoir une durée raisonnable de service ministériel et de pouvoir reprendre une durée raisonnable de service à l’Assemblée nationale », a-t-il déclaré à des journalistes en marge de l’inauguration d’un tronçon de l’autoroute A88, à Rônai (Orne). « Ce n’est ni une lassitude, je suis en pleine forme, ni un non-partage des choix du gouvernement », a-t-il ajouté, soulignant qu’il sera « un soutien du président de la République, s’il est candidat en 2012, à 100 %. » Dominique Bussereau a rappelé qu’il était ministre depuis bientôt huit ans et demi, et en outre président du conseil général de la Charente-Maritime. « On n’est pas en CDI au gouvernement de la France, on est en CDD. Il faut savoir à un certain moment se régénérer, faire autre chose, quitte un jour à reprendre des responsabilités », a-t-il commenté.

  • Un bus-tram pour l?été 2011 à Perpignan

    Un bus-tram, bus à haut niveau de service, va débarquer à Perpignan en 2011. Objectif à l?horizon 2015 : 14 millions de passagers annuels « Le nom de « bus-tram » a été préféré à bus à haut niveau de service (BHNS) car les élus se sont aperçus en réunion publique qu’il était plus parlant pour la population », explique Séverine Collomb chef de projet bus-tram à la communauté d’agglomération Perpignan-Méditerranée. C’est donc un « bus-tram » qui sera mis en service partiellement à l’été 2011 et en totalité en 2012. Une ligne de 10 kilomètres en site propre, avec détection et priorité de passage aux carrefours, information en temps réel dans les 40 stations, fréquence de 4 minutes en heures de pointe. Elle reliera deux zones d’activités au nord et au sud de la ville, en desservant le centre hospitalier, plusieurs lycées, le centre-ville et la nouvelle gare SNCF. La fréquentation attendue est de 20 000 passagers par jour, soit le double de la fréquentation actuelle.
    Ce bus-tram est une des priorités d’un projet plus global qui va remodeler en profondeur Perpignan, avec la construction d’un quartier d’affaires autour de la nouvelle gare TGV et la réalisation d’un pôle multimodal intégrant TGV, TER, bus départementaux et d’agglomération. « Le bus-tram va accompagner un vrai changement culturel », souligne Jean-Paul Alduy, président UMP de la communauté d’agglomération Perpignan-Méditerranée et sénateur des Pyrénées-Orientales. L’ancien maire de Perpignan (et toujours premier adjoint) souhaite rattraper le retard de sa ville en matière de fréquentation des transports en commun : 8,5 millions de passagers annuels contre 28 millions à Besançon, une ville à la population équivalente. « Il faut relancer l’image des transports en commun et amener une nouvelle clientèle, martèle-t-il. Le tram-bus est un moyen d’être en rupture en ce qui concerne l’image, l’offre et le niveau de service, tout en restant dans un niveau d’investissement cohérent avec nos budgets. » Objectif : 14 millions de passagers annuels en 2015 pour un coût total de 48 millions d’euros. 56 % sont pris en charge par l’agglomération, 24 % par la ville et 10 % par l’Etat (dans le cadre de son appel à projets « Transports urbains » initié en novembre 2008). La région et le département ont été sollicités à hauteur de 10 %.
    Les études menées en 2008 dans le cadre du PDU 2007-2015 ont validé l’option BHNS contre celle du tramway, plus coûteux, mais qui pourrait être envisagé à plus long terme. Le bus-tram sera complété par l’optimisation du reste du réseau. « On veut concevoir un réseau maillé nord-sud et est-ouest, avec sept axes complémentaires au bus-tram », explique Séverine Collomb. Le projet, qui inclut la requalification de nombreux espaces publics, sera réalisé par étapes : le boulevard Clemenceau, axe emblématique très fréquenté, a été livré le 1er juillet. Il sera suivi par le pôle multimodal de la gare et l’extrémité nord début 2011, avant la mise en œuvre complète de la ligne début 2012. La consultation pour l’achat des véhicules hybrides sera lancée en septembre 2010 pour une mise en service à l’été 2011.
     

    Catherine STERN

  • BMW testera la Mini électrique à Paris

    La Mini E de BMW possède deux places, une autonomie d?environ 200 km et une vitesse de pointe de 150 km/h La promesse avait été faite à Jean-Louis Borloo à l’automne dernier. BMW tiendra parole : après Los Angeles, New York, Londres, Oxford, Berlin et Munich, la Mini E (E pour électrique) sera expérimentée à Paris à partir de décembre prochain. 50 volontaires seront recrutés après analyse de leur candidature déposée jusqu’au 15 septembre sur le site www.mini.fr. Deux groupes successifs de 25 personnes testeront pendant six mois la citadine star de la marque en version tout électrique. Comme cela a été pratiqué ailleurs dans le monde (500 véhicules sont déjà en test), ces pionniers devront s’acquitter d’un loyer mensuel de 475 euros, assurance comprise, et de 25 euros de participation à l’installation et au contrôle du coffret de charge à leur domicile.
    Ces véhicules de deux places (l’arrière et le coffre étant occupé par les batteries lithium-ion) affichent théoriquement une autonomie d’environ 200 km. Ils récupèrent de l’énergie au freinage et se rechargent complètement en dix heures. Vitesse de pointe : 150 km/h. Notons qu’il s’agit là de prototypes expérimentaux, car la première voiture électrique que la marque prévoit de commercialiser sera la Megacity, en 2013. Partenaires de l’opération : l’Inrets, qui assistera BMW France dans le choix des testeurs puis dans l’analyse des résultats – en particulier sur les aspects sécurité et connaissance des paramètres d’utilisation ; EDF, qui se charge de déployer des points de recharge aux domiciles des particuliers et participera aussi au retour d’expérience sur la partie recharge ; et enfin Veolia Environnement, qui apporte son savoir-faire en termes de services et d’intermodalité.
    « Selon notre observatoire des modes de vie urbains, 65 % des citadins restent attachés à la voiture particulière et nous travaillons à améliorer leur mobilité », a justifié Olivier Delassus, directeur des services d’autopartage chez Veolia Transport, qui gère Liselec, les voitures électriques en libre service de La Rochelle depuis 2010, et qui a racheté Mobizen, service d’autopartage à Paris, il y a deux ans. « L’expérimentation de BMW est pour nous l’occasion, d’une part, de participer à une première en proposant ces véhicules à nos collaborateurs sur trois de nos sites franciliens et, d’autre part, de tester nos systèmes de voitures à la carte ou en libre service. »
    En plus du panel de particuliers, chaque partenaire se verra en effet confier quelques véhicules à expérimenter en interne (20 en tout). D’après les premiers résultats de l’expérience similaire déjà menée à Berlin, 66 % des utilisateurs ont jugé la voiture aussi « flexible » qu’un véhicule conventionnel ; 35 % disent avoir changé de comportement de mobilité : ils se sentent moins coupables et prennent plus de plaisir à conduire en ville !
     

    Cécile NANGERONI

  • FNTV : « Nous pensons que l’autocar a une place à prendre »

    FNTV : « Nous pensons que l’autocar a une place à prendre »

    L’autocar revient sur les routes de France.?C’est déjà notable dans quelques régions où, complémentaire du train ou s’y substituant, il est amené à assurer des liaisons radiales longues. Les progrès techniques l’ont rendu rapide, confortable et écocompatible. La FNTV milite en sa faveur, exhortant les pouvoirs publics de lui laisser prendre son envol. Le train ne peut pas tout faire. Il ne le peut pas comme en témoigne le phénomène de congestion auquel on assiste parfois, notamment en région parisienne. Il ne le peut pas non plus comme en témoignent les déplacements radiaux, et cette fois c’est l’absence de ligne ferroviaire directe pour relier deux métropoles qui constitue le problème. En dehors des cas où les autocars permettent le retour chez eux des touristes bloqués dans des aéroports (la crise aérienne causée par une éruption volcanique et le relais pris par plus de 700 véhicules pour plus de 35 000 voyageurs sont encore dans les mémoires, mais pour combien de temps encore ?), il faut prendre maintenant une forte initiative en faveur de ce mode.
    Nous pensons que l’autocar a une place à prendre. Au niveau national avec l’ouverture de lignes routières express, mais aussi au niveau local. Tout d’abord au niveau régional, bien sûr, où l’on assiste à la mise en place progressive d’une complémentarité entre le rail et la route. Le transfert sur route d’une ligne ferroviaire n’est plus perçu comme une régression du service public mais comme une adaptation des moyens mis en œuvre ; la qualité de service auquel on parvient est devenue excellente (ponctualité, confort, etc.), même si on peut songer à des améliorations (information multimodale et gare routière parfois peu satisfaisantes), il faut transformer l’essai. On assiste par ailleurs au développement de véritables réseaux routiers d’intérêt régional (2 000 circulations/jour au global, près de 400 en Rhône-Alpes). On peut citer aussi les exemples bien connus d’un Marseille – Briançon ou d’un Marseille – Nice ; des liaisons routières qui ne dépassent pas 300 km et offrent un vrai service. Preuve que l’autocar a sa zone de pertinence. Cette offre complémentaire est possible en France car nous disposons d’infrastructures routières de grande qualité – routes et autoroutes, concédées ou non.
    En 2007, le nombre de kilomètres parcourus en transports collectifs routiers (autocars et autobus) s’est élevé à 47 milliards, chiffre à comparer aux 93 milliards de voyageurs-kilomètres parcourus la même année sur l’ensemble du réseau ferré(1). Ainsi, contrairement à une idée très répandue, la route n’est pas assimilable à un mode de transport ; c’est un réseau armature qui supporte de nombreuses fonctions, et n’est donc pas réductible au mode individuel. C’est aussi un réseau qui pourrait être géré d’une manière beaucoup plus dynamique dans un objectif de développement durable. L’autocar, à cet égard, présente un très bon bilan économique et écologique ; il a aussi un rôle à jouer d’un point de vue social (accessibilité, souplesse…).

    Ouvrir des lignes interrégionales express
    Si l’on veut atteindre les objectifs du Grenelle en termes de réduction des émissions de CO2, l’heure est indiscutablement à la complémentarité des modes de transport collectif. Pour y parvenir, il faudrait être capable de présenter une alternative forte à la voiture particulière. Le recours plus important à la route pour les transports collectifs est à prendre très au sérieux. Tout d’abord parce qu’on assiste dans notre pays à un véritable paradoxe. D’un côté, on dispose d’un réseau routier et autoroutier performant – concédé ou non, ce qui signifie qu’il est parfois « gratuit » –, de l’autre, on demande trop peu à l’autocar alors même que les progrès techniques réalisés au fil du temps ont été considérables, au point de faire de ce mode de transport un mode également très performant. Il l’est sur les plans écologique et économique, toutes les études réalisées le démontrent (notamment celle réalisée par Deloitte pour le compte de l’Ademe en 2008). Sa pertinence a même été soulignée par la Cour des comptes ! Il faudra bien passer à du concret en sa faveur si l’on veut atteindre l’objectif de -20 % d’émissions de C02 d’ici à 2020. Il n’est pas nécessaire d’envisager une grande révolution pour parvenir à des résultats significatifs.
    Utiliser davantage la route pour les transports collectifs se justifie pour une autre raison. On peine en effet à maintenir l’équilibre économique de nombreuses lignes ferroviaires ; parfois même ces lignes ont disparu du paysage. Nous pensons qu’il n’est pas nécessaire d’opposer le train au car comme on a tendance à la faire pour rendre polémique un sujet qui devrait plutôt nous conduire à rechercher le consensus dans l’intérêt général.
    Dans de nombreux cas – un hub, une gare ferroviaire ou un centre d’affaires ou universitaire –, la desserte en transport collectif est insuffisante, voire nulle. Le député Hervé Mariton a eu le mérite d’attirer l’attention sur ce point. Il existe des freins à l’élaboration d’une nouvelle offre routière qui, pour une part, tiennent à notre organisation et à nos habitudes de pensée. Je vais y revenir. Je crois qu’on devrait pouvoir changer les choses en s’inspirant des bonnes pratiques constatées au niveau régional. Nous voyons que certaines régions parviennent à se mettre d’accord pour offrir à nos concitoyens une ligne qui excède le territoire d’une seule région et relie deux métropoles (Marseille – Grenoble). Nous savons qu’il est possible d’aller plus loin, en offrant à nos concitoyens des lignes commerciales qui ne concurrenceraient pas les lignes de service public mais élargiraient la gamme des solutions offertes.

    Lever les obstacles au développement de l’autocar
    Le système actuel est bloquant : appel d’offres à l’initiative de l’Etat, consultation de la SNCF pour avis… Il faut changer la donne pour permettre le développement des solutions « autocar » lorsque leur pertinence est prouvée. L’encouragement vient des collectivités territoriales qui, comme sur un Nantes – Poitiers, ont su offrir à nos concitoyens une offre routière alternative à la voiture particulière. Les distances parcourues sont de l’ordre de 200 à 300 km. Il n’est pas nécessaire à notre avis d’envisager une compétence de l’Etat ; on reste dans de l’interrégional. Lorsque deux régions se mettent d’accord pour promouvoir l’image de leurs plages à la veille de la période estivale (Pays de la Loire et Charentes-Poitou), elles ne sollicitent pas l’aide de l’Etat. Elles s’engagent ensemble pour remédier à une image écornée par une tempête. On peut raisonner de manière similaire lorsqu’il s’agit de relier des métropoles régionales. Et il faut offrir à ces collectivités territoriales, qui ne peuvent pas toujours recourir à des « groupements de commandes » (cas des délégations de service public), des solutions organisationnelles les plus souples possibles : conventionnement, chef de file, etc.

    Ouvrir des lignes commerciales
    Il faut aussi faire preuve d’audace. Les nouvelles liaisons routières auxquelles nous pensons ne sont pas uniquement d’intérêt régional – ou interrégional comme nous l’avons indiqué précédemment. A la FNTV, nous pensons qu’il faut aussi adopter une autre logique économique pour ces lignes. Au-delà de 300/400 km, une ligne pourrait être ouverture sous un régime commercial – sur la base d’une autorisation administrative. Les origines – destinations ne manquent pas : Caen – Rennes ou Bordeaux – Lyon. Comment les assure-t-on aujourd’hui ? Selon quel mode de transport public le plus performant ? La question se pose. Ce sont peut-être des liaisons pour lesquelles les opérateurs privés ont des idées. Elles pourraient être lancées sur la base d’une expérimentation. Cette solution présente l’avantage de ne pas solliciter les deniers publics, tout en constituant une offre alternative ou complémentaire au train. Par ces temps de crise, ce serait pertinent et responsable que de s’y engager. Dans de nombreux cas, en effet, il n’existe pas de ligne ferroviaire directe – dans d’autres, des lignes autocars pourraient utilement remplacer les lignes ferroviaires en grande difficulté. Le régime juridique d’exploitation à définir ne confierait pas de droit exclusif. La régulation actuelle du système est imparfaitement assurée ; aujourd’hui, l’inertie prévaut. Chacun comprend que ce n’est plus possible. Ni du point de vue du développement durable (congestion et pollution dues à un surusage de la voiture particulière, dépense en carburant et pression sur le pouvoir d’achat des ménages…), ni du point de vue des finances publiques, qui ne peuvent pas toujours venir au secours des lignes déficitaires. Dans certains cas, notamment pour effectuer un Clermont-Ferrand – Montpellier, on pourrait mettre en place un service plus direct voire, comme pour un Lille – Metz, offrir un service qui n’existe pas.
    S’il faut une régulation, et notamment ne pas porter atteinte aux lignes de service public existantes, il faut rompre avec l’inertie du système. Elle aboutit au paradoxe que j’ai évoqué plus haut : on ne répond pas aux attentes de nos concitoyens alors que les infrastructures routières existent. Donnons-leur la possibilité de choisir le mode de déplacement qui leur convient. Desservir des capitales régionales, des origines – destinations qui sont apparues avec le temps constituent également un outil d’aménagement du territoire dont on ne peut plus se passer. Si nous sommes favorables à des lignes commerciales pour les longues distances, on peut imaginer aussi que dans certains cas, à l’instar des collectivités locales, l’Etat prenne la main. Il y a ce « privilège du préalable » qui n’est plus de mise : non seulement on ne développe pas de nouvelles lignes routières – ou l’on se retrouve bloqué pour le faire sous un régime de délégation de service public –, mais on n’arbitre pas en faveur de l’autocar lorsqu’il est plus performant que le train. Peut-on encore l’accepter ?

     

    Par Michel SEYT, président de la FNTV

    (1) « Les chiffres du transport », édition 2009.

  • Europcar et Thalys renouvellent leur contrat

    Europcar, leader européen de la location de véhicules et Thalys, transporteur ferroviaire européen à grande vitesse, renouvellent leur partenariat pour trois ans et développent conjointement un ensemble d’offres pour une mobilité plus verte. Le partenariat portera, en partie, sur une sélection de voitures écocitoyennes ne dépassant pas les 120 g d’émissions de CO2 par km. Pour chaque location de voiture, 1 euro sera reversé à l’organisation Climate Care. Didier Fenix, directeur général d’Europcar Belgique, explique dans un communiqué : « nous cherchons à offrir aux voyageurs une solution de mobilité complète qui constitue une véritable opportunité pour changer les comportements de voyages les plus défavorables à l’environnement ».