Catégorie : Transports routiers

Retrouvez toute l’actualité des transports routiers et urbains : Bus, voitures électriques, politiques d’aménagements urbains

  • Au-delà de la voiture

    Vinci Park mise sur la multimodalité et les nouveaux usages de l’automobile pour rester un acteur incontournable de la ville de demain En 1997, la fédération nationale du stationnement publiait un livre blanc intitulé La voiture à sa juste place. Un titre un peu surprenant pour un ouvrage édité par une organisation chargée de défendre les intérêts des opérateurs de parkings mais qui laissait entrevoir les mutations à l’œuvre. De fait, en une dizaine d’années, la demande des villes a considérablement changé, obligeant les professionnels du stationnement à s’adapter. « Il y a 50 ans, les élus nous demandaient d’accueillir des voitures en centre-ville, dans des quartiers à fort trafic, aujourd’hui, ils veulent que nous relayions leurs politiques de transports », explique Patrick Jourdan, directeur Marketing et Commercial de Vinci Park. Des politiques qui visent généralement à dissuader les pendulaires de s’aventurer dans les centres-villes en voiture. Pour susciter les bonnes grâces des décideurs qui attribuent les concessions, Vinci Park a décidé depuis quelques années de se positionner non plus comme un opérateur du stationnement mais comme un « opérateur de multimodalité », capable de participer à la chaîne des transports. « Du fait de l’étalement urbain, nous restons convaincus que la voiture va rester indispensable. Cependant les usages changent : la voiture ne vit plus seule. Les déplacements sont de plus en plus multimodaux, explique le directeur commercial et marketing de Vinci Park. Dans cette logique, le nouveau service que nous devons à l’automobiliste, c’est de lui permettre de panacher avec d’autres modes de transports. »

    Rapprochement avec les transports publics.
    Vinci Park a entamé sa mue progressivement, en communiquant sur son nouveau dessein mais aussi en cherchant à s’adosser davantage aux transports publics. Le groupe a revu ses critères d’implantation. Pour les créations, la proximité avec les lignes de métro, de tramway ou de bus, est un critère déterminant. Dans les parkings existants, l’entreprise a repensé sa signalétique pour faciliter la transition entre la voiture et les autres modes. « L’idée, à terme c’est d’avoir des distributeurs de titres de transports dans nos parkings voire de développer des offres groupées », explique Patrick Jourdan. Quelques produits packagés sont à l’essai. A Marseille, Vinci Park incite les automobilistes à avoir le réflexe « parc-relais » à des moments où la congestion est prévisible. « Nous avons passé un accord avec la RTM pour proposer un tarif groupé les soirs de match au vélodrome. On va renouveler l’opération pour les courses de fin d’année et les soldes, la foire de Marseille, note Patrick Jourdan. Pour l’instant cependant, la généralisation de ce type de produits packagés est freinée par le principe républicain d’égalité de traitement. Nous avons peu de possibilités de réduction ciblée. Il faut que les élus s’en mêlent et fassent évoluer la législation. » Reste que Vinci Park ne compte pas uniquement sur les opérateurs de transports en commun pour déployer sa nouvelle stratégie.

    Quand le parking devient hub.
    Pour le leader du stationnement, le parking de demain n’est pas seulement en lien avec les transports en commun. C’est un hub qui agrège les services de mobilité. « Ce que l’on va mettre en place à La Défense en février donne une idée de notre vision de la mobilité et du rôle que l’on veut jouer. Il s’agira d’une plateforme où les gens pourront trouver du stationnement traditionnel mais aussi du stationnement vélo, deux-roues, de la location de voiture, des mototaxis, des informations sur le train, la RATP, un salon de rencontre pour le covoiturage, des auto en partage, explique le directeur commercial et marketing de Vinci Park. Il y aura aussi un site Internet qui permettra de retrouver tout ce qui est proposé sur cette plateforme, de faire des réservations. Le premier niveau de la multimodalité, c’est déjà de proposer une information un peu structurée. » Pour développer la gamme de services, Vinci Park qui a compris qu’il fallait s’adapter aux nouveaux usages de la voiture, et va nouer des partenariats dont certains doivent permettre une diversification de ses revenus. Le lancement d’une offre d’autopartage baptisée Okigo il y a un an illustre bien cette nouvelle stratégie. « Nous ne faisons pas de l’autopartage comme nous faisons du prêt de parapluie ou de vélo, souligne Patrick Jourdan. C’est plus qu’un service destiné à valoriser nos parkings. Il s’agit bien de gagner de l’argent. » Pour cela, Vinci Park a fait alliance avec Avis. L’opérateur de stationnement a amené son réseau de parkings, le loueur de voitures son savoir-faire dans la gestion de flottes. Le premier excédent est prévu pour l’année prochaine. Une extension progressive de l’offre est programmée. « Nous avons 25 stations dans Paris, 3 en banlieue et 2 à Rouen, explique Patrick Jourdan. Dans un premier temps, nous allons continuer à nous concentrer sur l’Ile-de-France, là où on sent qu’il y a une demande. » L’intérêt de Vinci Park pour Autolib’ s’inscrit dans la même logique. Il s’agit pour la filiale de Vinci de renforcer son positionnement dans la voiture en partage et de ne pas laisser filer l’opportunité de mettre en place un système qui pourrait, comme Vélib’, séduire d’autres grandes agglomérations. Pour mettre toutes les chances de son côté, Vinci Park s’est allié avec Avis, la RATP et la SNCF afin de répondre au futur appel d’offres de la ville de Paris. Il s’agit bien entendu de mettre en avant le savoir-faire d’Okigo mais aussi la capacité du futur « consortium », qui dispose d’un maillage très serré du territoire, à penser Autolib’ en lien avec les autres moyens de transports. Comme ses alliés, Vinci Park a compris que c’est cette vision intégrée de la mobilité qui lui permettrait d’être crédible et de continuer à se développer, à l’heure où la place de l’automobile en ville est fortement remise en question.
     

    Nicolas REYNAUD

  • Des microbus électriques à Montmartre

    La ligne du Montmartrobus à Paris va-t-elle s’équiper du Microbus de Gruau ? Depuis quelques jours la RATP fait rouler dans les rues de la butte un microbus version électrique aux couleurs de la TAN, le transporteur public de l’agglomération nantaise. Equipée jusqu’alors de minibus Oreos 55 version électrique, la ligne est pour l’heure la seule de la RATP exploitée intégralement en version électrique. Le Microbus qui équipe déjà les 3 lignes de traverse de Paris ne s’était pas encore décliné en version électrique. La série de tests effectués actuellement sans voyageurs sur une ligne au profil difficile pourrait servir à valider ce matériel pour une commande du transporteur parisien. Reste à savoir si la faible capacité de ce minibus sera suffisante pour une ligne au trafic important pour une rocade de quartier.

  • Gruau, un microbus qui plaît à tout le monde

    Le Microbus s’est répandu doucement mais sûrement dans les agglomérations. Des caractéristiques simples : 22 places, plancher bas intégral, trois motorisations possibles (thermique, hybride et électrique) qui ont fait son succès. Le matériel imaginé par l’industriel lavallois Gruau a surtout séduit des villes moyennes (Douai, Perpignan, Béziers, Royan, Amiens…), mais de plus grandes métropoles s’y sont également essayé, pour de petits parcours à la demande bien identifiée (Nantes, Amiens). Polyvalent, le Microbus est adapté aussi bien à des centres-villes denses que pour du transport spécifique (handicapés ou transport à la demande). Il correspond à l’évolution de la demande de nombreuses collectivités qui souhaitent mettre en place des offres plus proches des besoins d’une population peu concernée par le transport capacitif.

  • Dubus et Richez au service de la ville

    Le cabinet Dubus et Richez a posé sa marque sur de nombreux tramways « Penser global, travailler local. » Thomas Richez n’est pas homme à slogan mais celui-ci pourrait lui convenir. « Il faut d’abord regarder la ville, car souvent l’élu ne sait pas exprimer ce qu’il attend, puis avancer, imaginer, proposer… » L’histoire du cabinet d’architecture-urbanisme-paysage Dubus et Richez est aussi belle que sa méthode. Sollicité par Le Mans pour penser le futur tram, il a tellement bien travaillé et séduit qu’il a essaimé sur de nombreux TCSP : des trams à Reims, Bordeaux (ligne D), Brest, Orléans, un tram-train à La Réunion, un tram-bus à Sénart-Corbeil, mais aussi de nombreux pôles d’échanges (Bobigny, Lens, la Baule, Sevran-Beaudottes…). Résultat, en trois ans l’agence est passée de 15 à 45 salariés, le chiffre d’affaires de 1 à 5 millions d’euros, et 50 % de l’activité est désormais consacrée aux transports et espaces publics. Avec toujours un même souci : aboutir à la meilleure qualité possible des espaces produits.
     

    Gilles DANSART

  • Nouvelle ligne de bus entre Monaco et Menton

    Le 1er décembre, une nouvelle ligne de bus urbains d’une douzaine de kilomètres reliera la frontière italienne aux portes de Monaco La communauté d’agglomération de la Riviera française, dans les Alpes-Maritimes, lance le 1er décembre une nouvelle ligne de bus urbains qui conduira de la frontière italienne aux portes de Monaco, en reliant ses trois principales communes : Menton (30 000 habitants), Roquebrune-Cap-Martin (12 000 habitants) et Beausoleil (13 000 habitants).
    La ligne 18, qui s’ajoute aux 15 du réseau de la Compagnie des transports de la Riviera (CTR), exploité par Veolia Transport, fonctionnera du lundi au samedi de 8h à 18h, toutes les heures, et les dimanches et jours fériés en service réduit.
    Cette ligne d’une douzaine de kilomètres sur un parcours qui dessert de nouveaux secteurs, notamment par le bord de mer, est créée à titre expérimental pour une durée de 18 mois. Mais la communauté d’agglomération (10 communes, 65 000 habitants) compte la pérenniser. Elle répondrait en effet à une demande, celle de pouvoir aller de Menton à Beausoleil sans rupture de charge, les voyageurs n’ayant plus à changer de bus à la gare routière de Menton, qu’elle évite.
    Son tracé a aussi une vocation touristique, voire internationale. A Menton, le terminus n’est qu’à quelques mètres de l’ancien poste frontière franco-italien. Au-delà, il y a Vintimille et son célèbre marché. A l’ouest, la ligne se termine au centre-ville de Beausoleil, à une centaine de mètres de Monaco.
    L’objectif, explique-t-on à la communauté d’agglomération, était de créer une véritable ligne transfrontalière, mais la difficulté d’accorder les différents règlements en vigueur ne l’a pas permis. Le projet n’est pourtant pas abandonné car, en plus de la voie ferrée, il permettrait le désenclavement de Monaco avec une nouvelle offre de transport pour des milliers de salariés de la principauté vivant dans l’agglomération et en Italie.
    Enfin, pour la « lancer » et inciter les voyageurs à l’emprunter, la ligne 18 sera gratuite durant le mois décembre (1 euro ensuite le ticket à l’unité).
    La CTR a transporté 1,260 million de voyageurs en 2007 et connaît, elle aussi, une progression sensible en 2008. Venant densifier son réseau, la nouvelle ligne pourrait confirmer cette progression.
     

    José SOTO

  • Grand Lyon : plus d’un milliard d’euros d’ici 2014

    Malgré le contexte économique, le Sytral a prévu d’investir davantage que lors du précédent mandat « On ne doit pas baisser la garde. La capacité à investir des collectivités locales en période de crise nous confère très directement une responsabilité économique et politique importante » a indiqué Bernard Rivalta, président du Sytral (Syndicat Mixte des Transports pour le Rhône et l’Agglomération Lyonnaise), lors de la présentation des investissements du plan de mandat 2008-2014. Après « les années 1999-2008 exceptionnelles sur le plan financier » qui ont permis un effort d’investissements très important dans de nouveaux projets structurants, la décennie 2009-2018 sera « nettement moins favorable » selon le Sytral.
    Malgré le contexte économique morose et les incertitudes pour l’avenir, ce volontarisme politique se traduit par un volume d’1,12 milliard d’euros d’investissements programmés d’ici 2014. Le niveau d’investissement s’annonce donc légèrement supérieur à celui du mandat précédent (1 milliard d’euros). Il restera à voir l’effet de l’inflation en bout de course. Pour l’heure, les investissements se répartissent en trois catégories de dépenses. D’abord, celles pour les projets lancés dans le précédent mandat et qui se termineront d’ici 2014. Il y a ainsi une douzaine d’opérations en cours pour un montant de 487,7 millions d’euros. La plus importante concerne l’extension de la ligne B du métro depuis Lyon-Gerland à Oullins, soit 222 millions d’euros pour un prolongement de 1,7 kilomètre en passage sous-fluvial. Autre opération marquante, réalisée pour moitié : la ligne de tramway T4 entre Feyzieu et Lyon-Part-Dieu (16 km) mobilisera 136,6 millions d’euros.
    Par ailleurs, le plan intègre des investissements récurrents pour 292,3 millions d’euros. Un tiers (97 millions d’euros) est consacré à l’acquisition d’autobus, 12,6 millions pour l’achat de trolley-bus Cristalis, et 10,6 millions pour la rénovation d’autobus. Parmi les grandes opérations, il faut souligner l’aménagement du matériel roulant ferré (36,3 millions) pour la ligne D du métro destiné à augmenter la capacité d’accueil de voyageurs. Enfin, le plan de mandat va engager des investissement nouveaux pour 342 millions d’euros en vue de financer les projets qui seront lancés ou réalisés d’ici 2014. Une dizaine d’opérations sont prévues, dont trois grands projets d’infrastructures : l’extension du tramway T1 depuis Perrache/ Confluence vers Gerland/Debourg (70 millions), le prolongement de T2 à Eurexpo et vers le futur grand stade (88 millions d’euros), la desserte du grand stade de l’OL par le « débranchement » du tramway T3 (17 millions). Ce dossier du Grand stade a d’ailleurs provoqué l’abstention de quatre élus Vert et de l’Est Lyonnais opposés aux conditions de desserte. 25 millions d’euros sont également prévus pour financer des études et consultations pour l’évolution du matériel roulant métro. Le Sytral estime ainsi que la modernisation et l’extension du parc de nouveaux matériels nécessitera quelque 500 millions d’euros d’investissement à l’horizon 2015-2020. Les études concerneront aussi des sujets sensibles comme le maillage périphérique de l’agglomération (avec les projets A7 et A8 au sud et à l’est de Lyon) et l’intégration des territoires limitrophes dans une future autorité des transports.
     

    Claude FERRERO

  • Hubert Falco commande d’autres études pour la LGV en Paca

    Le maire de Toulon vient de commander des études d’impact sur les deux autres tracés, reliant directement Aix à Nice, respectivement par le sud et par le nord Nouveau rebondissement dans la bataille qui oppose depuis plusieurs mois les tenants des tracés de la future LGV qui doit relier Paris à Nice en moins de 4 heures à l’horizon 2020. Après avoir assuré le 24 octobre qu’il n’y avait « pas de tracé défini », le secrétaire d’Etat à l’Aménagement du territoire, par ailleurs maire de Toulon, a fait une déclaration qui devrait pouvoir apaiser les esprits. Selon Nice-Matin, le 28 octobre, il a révélé aux membres de la commission des finances (qui examinait le budget de l’aménagement du territoire) qu’il venait de « commander des études d’impact sur les deux autres tracés, reliant directement Aix à Nice, respectivement par le sud et par le nord, qui offriraient la desserte la plus rapide de la métropole niçoise ».
    Pour mémoire, le coût du tracé dit des métropoles du Sud, desservant Marseille et Toulon, a été évalué autour de 12 milliards d’euros. Beaucoup moins cher et plus direct, le tracé longeant l’A8 dans le Var, qui aurait la préférence de RFF et de l’Etat, déclenche régulièrement des manifestations. Et, depuis juillet, la réunion de présentation des études a été trois fois reportée. Cette fois, Hubert Falco s’est engagé : « Il n’est pas normal qu’une métropole aussi importante que Nice ne soit pas desservie. Avant la fin de l’année, une réunion aura lieu à la préfecture de région pour arrêter un choix définitif. » Un nouvel espoir pour ce projet qui s’enlisait dans les querelles politiques…
     

    Cécile NANGERONI

  • Nantes soigne ses correspondances

    Six lignes de bus voient leurs heures de départ s’ajuster afin d’assurer une parfaite correspondance avec le busway Les Transports de l’agglomération nantaise (TAN) viennent d’installer des feux pour les bus en correspondance avec le busway. Pour qu’ils retardent leur départ et attendent les voyageurs.
    Plus question que les Nantais manquent leur bus en sortant du busway, cette « 4e ligne de tram » alimenté par des bus articulés. Des feux dits de « rétention » viennent d’être installés près des abribus. Ils clignotent quand un busway approche, signalant au conducteur qu’il faut attendre un peu pour que les voyageurs effectuent leur correspondance. Avant, dans le busway, les voyageurs ont pu lire sur des écrans le nombre de minutes dont ils disposaient. Un temps calculé pour qu’ils n’aient pas besoin de courir.
    Ce nouveau service fonctionne dans une station du busway où six lignes de bus se trouvent en correspondance. Le dispositif cherche à tranquilliser les voyageurs. Surtout le soir quand ils sont nombreux à rejoindre les communes périphériques de l’agglomération. S’ils ratent leur bus de quelques secondes, le suivant n’arrivant pas tout de suite, leur temps de transport s’allonge désagréablement. La mise en marche des feux de rétention évite ce genre de désagréments. « A priori, ce système ne nous amène pas de nouveaux clients mais ceux qui utilisent déjà les transports publics l’apprécient. A long terme, on sait que les temps de parcours garantis sont un atout pour nous. En permettant aux gens d’attraper leur correspondance, nous nous en approchons », estime Pascal Leroy, directeur commercial de la Semitan.
    L’idée des feux de rétention est la reprise d’une idée ancienne. Nantes en a installé une première génération le long de ses tramways. « Insuffisamment fiables », tranche aujourd’hui Pascal Leroy. La technologie GPS n’existait pas. Les feux n’avaient pas non plus trouvé toute leur utilité quand bus et tram se rejoignaient partout de quai à quai. Mais avec les stations en étages du busway, leur besoin s’est fait sentir. Quai à parcourir jusqu’aux escaliers à descendre pour rejoindre l’arrêt de bus, les correspondances sont devenues plus longues, plus aléatoires. L’idée d’en revenir à des feux s’est d’autant plus imposée que le réseau de transport nantais maîtrise mieux son système d’informations. Il a été peaufiné ces dernières années pour internet et les téléphones portables. Le « nombre de minutes d’attente avant le prochain départ » est accessible y compris sur certaines lignes de bus alors qu’elles ne fonctionnaient jusque là que sur des horaires théoriques. L’information disponible n’est plus théorique. Elle est donnée en temps réel, calculée grâce au positionnement des véhicules par ondes radio et par GPS. Celui-ci est revu toutes les 12 secondes. Il aussi révisé à la fermeture des portes. Seule restriction, la moitié seulement des lignes de bus nantaises possèdent le système d’aide à l’exploitation nécessaire au traitement de ces informations. Mais dans le busway il est bien là. C’est ce qui lui permet de faire apparaître sur écran, à la station précédente, le « nombre de minutes d’attente » avant le départ du bus en correspondance.
    Seulement, les feux de rétention introduisent une perturbation. Ils créent des retards. L’approche du busway décale le départ du bus de quelques secondes jusqu’à 1min15. C’est l’écart limite négocié avec les conducteurs. « Pour eux, c’est un changement de culture. Ils ont toujours couru après les horaires et ne pas partir à l’heure les met mal à l’aise par rapport aux clients déjà installés dans le bus », reconnaît Pascal Leroy. Ils ont mis six mois à s’habituer et à respecter ces nouveaux feux. Mais les résultats apparaissent à la hauteur. Marie-Claire Buffeteau, conductrice, confirme : « On ramasse beaucoup plus de clients. » Quant au stress que ce retard crée pour respecter les horaires de la ligne, l’expérience lui a appris à le gérer comme d’autres aléas : « Permettre aux clients de monter est plus important que de les laisser à quai. C’est comme, dans les encombrements, préférer la sécurité à la vitesse. »
    La TAN va équiper en feux de rétention les autres pôles de correspondance de la ligne de busway. Puis modifier un par un, les feux de son réseau de tramway, les adapter au GPS pour les rendre plus sûrs. Un projet annoncé comme prioritaire.
     

    Hubert HEULOT

  • Sécurité routière : les chiffres comparés des capitales européennes

    L’étude publiée par le Conseil européen de la Sécurité routière démontre que les rues des capitales européennes sont deux fois moins mortelles que les routes du continent On a deux fois moins de chance de mourir dans les rues des capitales européennes que sur une route ailleurs sur le continent. C’est ce que révèle une étude publiée par le Conseil européen de la Sécurité routière (ETSC), à l’occasion de la journée européenne de la Sécurité routière, qui a eu lieu le 13 octobre. L’ONG spécialisée dans le traitement des statistiques routières a analysé les données transmises par plus de 30 capitales afin de voir lesquelles avaient fait des efforts ces dernières années, notamment dans la perspective de l’objectif fixé par l’Union européenne de diviser par deux le nombre de morts entre 2001 et 2010. Les bons résultats des grandes villes s’expliquent facilement : il y a moins d’accidents impliquants des voitures, ils sont de toute façon moins violents en zone urbaine parce que la vitesse est réduite. Mais les usagers vulnérables eux paient un lourd tribu (voir graphique) : en ville, un mort sur deux est un piéton ou un cycliste. Un vrai défi pour les municipalités. « Nous voyons aussi apparaître un nouveau type d’usagers, les piétons qui ont leurs écouteurs dans les oreilles, que les Anglais appellent podestrians (contraction entre Ipod et pedestrian). Ils sont encore plus impliqués dans les accidents que les autres, parce qu’ils sont immergés dans leur monde musical », ajoute Ellen Townsend, la directrice de l’ETSC. En 2007, les rues de Berlin (1,64 tué pour 100 000 habitants) et de Paris (1,70) étaient les plus sûres pour les usagers. En revanche, mieux vallait être très prudent à Ljubjana en Slovénie (12,98 tués pour 100 000 habitants) ou Vilnius en Lithuanie (12,09). L’étude du Conseil européen de la sécurité routière préfère néanmoins se concentrer sur les progrès accomplis par les villes ces dernières années. Parmi les bons élèves, Lisbonne, Oslo, Stockholm ou encore Paris qui arrive en quatrième position du classement (voir graphique). A chaque fois, les résultats ne sont pas dus au hasard mais le fruit d’une politique délibérée et d’efforts soutenus dans le temps. « A Lisbonne, nous avons amélioré l’infrastructure aux croisements, nous avons travaillé sur le stationnement automobile, explique Joao Cardoso du laboratoire portuguais pour l’ingénierie civile. Une meilleure intégration des différents modes de transports (train, métro et bus) a permis de rendre les trajets piétons plus sûrs. » A Lisbonne, le nombre de tués sur la route est passé de 10,4 pour 100 000 habitants en 2001 à 4,33 en 2007. En Norvège, la capitale a elle misé sur la réduction de la vitesse, en multipliant les zones 30. Les carrefours les plus dangereux ont été remplacés par des ronds-points. Résultat : un nombre de tués dans les rues passé de 2,95 pour 100 000 habitants à 1,82. Des bonnes pratiques observées au niveau européen, l’ETSC tire plusieurs enseignements. « Il est crucial d’avoir une vraie stratégie pour la sécurité routière, qui peut notamment passer par un plan pluriannuel », souligne Graziella Jost, responsable de l’étude . Les besoins des usagers les plus vulnérables doivent être tout particulièrement pris en compte. La police doit être associée à la démarche à la fois pour la prévention et les sanctions. Enfin, les zones 30 doivent être généralisées aussi souvent que possible.
     

    Isabelle ORY

  • La ligne Albi ? Castres double sa fréquentation

    Un bus circule sur le réseau Tarn Bus pour faire connaître lignes, horaires et tarifs C’est en ouverture des 23e journées Agir sur le transport public indépendant qui se sont tenues à Albi les 25 et 26 septembre dernier que Thierry Carcenac, président du conseil général du Tarn, a lancé une grande campagne de communication destinée à faire mieux connaître Tarn Bus. Spots radio, jeu concours avec le quotidien local… et un bus de démonstration qui sillonnera le département pour faire connaître lignes, horaires et tarifs. Pourtant, le réseau vit déjà une réussite exceptionnelle. Les 17 lignes régulières du réseau interurbain ont connu un accroissement de 48 % de leur fréquentation en un an, et la seule ligne Albi-Castres une hausse de 111 % ! « En juillet 2007, quand on disait espérer une hausse de 40 % de la clientèle commerciale avec notre nouveau schéma départemental des transports, on nous prenait pour des fous, se souvient Jean-Franck Cornac, directeur des transports au conseil général du Tarn. Aujourd’hui, on est à +48 %, même si le gasoil nous a un peu aidés ! ». Les objectifs du volet transport du schéma départemental des déplacements de 2006 étaient simples : promouvoir les transports en commun et assurer l’accès à toutes les communes de ce département rural pour offrir une alternative réelle à la voiture, en ciblant notamment les trajets domicile-travail. Le réseau est devenu plus lisible et dynamique grâce à nouvelle identité visuelle. Plusieurs lignes se sont renforcées, une nouvelle ligne a été ouverte à l’ouest du département, et les horaires ont été harmonisés avec les bus urbains d’Albi. La mesure la plus innovante a été le cadencement au quart d’heure le matin et le soir de la ligne Albi-Castres, avec 21 allers-retours quotidiens. En moins de deux ans, le succès a été fulgurant. Pendant un peu plus d’un an, le cadencement a permis d’augmenter la fréquentation à moyens constants. Mais à partir de décembre 2007, il a fallu rajouter un bus et passer le cadencement à 10 minutes entre 6h30 et 7h. Début septembre 2008, JLC Tourisme, le prestataire de la ligne, a dû acheter un autre bus et passer le cadencement à 6 minutes. « Nous laissions trop de monde aux arrêts », explique Jean-Franck Cornac, qui chiffre le surcoût annuel à 100 000 euros. Parallèlement au renforcement du réseau, un tarif unique extrêmement attractif a été mis en place : 2 euros le trajet, 15 euros les dix voyages et 40 euros l’abonnement mensuel illimité. Aucune chance donc de récupérer les frais de fonctionnement supplémentaires en recette commerciale. « Le transport urbain ne s’équilibre pas plus que l’urbain, c’est un service public que nous assurons, explique le directeur des transports qui reconnaît tout de même un gros souci de financement. Nous ne touchons aucun versement transport ni aucune aide ! En 2009, la hausse du carburant pourrait nous coûter un million d’euros en comptant le transport scolaire. » Cette politique volontariste a marqué une nouvelle étape en septembre 2008. Trois nouvelles lignes sont cadencées entre Albi et Carmaux, Gaillac, Graulhet). La première ligne express empruntant l’autoroute est lancée entre St-Sulpice-sur-Tarn et Albi, faisant gagner 15 minutes aux voyageurs. D’ici la fin de l’année, un titre combiné interurbain-urbain avec le réseau Albi Bus sera inauguré, dans un département équipé de titres magnétiques sans contact depuis déjà 10 ans. La hausse de la fréquentation n’est pas prête de s’arrêter dans le Tarn !
     

    Catherine STERN