Votre panier est actuellement vide !
Catégorie : Transports routiers
Retrouvez toute l’actualité des transports routiers et urbains : Bus, voitures électriques, politiques d’aménagements urbains

Saint-Etienne, premier à choisir le trolleybus Solaris
Solaris vient de remporter l’appel d’offres lancé par Saint-Etienne pour la fourniture de 22 trolleybus de 12 m. C’est la toute première fois que le constructeur polonais réussit à vendre de tels véhicules en France, lui qui les commercialise, depuis de nombreuses années déjà, dans le cadre de sa gamme Trollino, en format standard de 12 m, rigide de 15 m et articulé de 18 m.
Outre de nombreux pays de l’ancienne Europe de l’Est, les Trollino ont jusqu’ici également conquis, à raison de quelques exemplaires ou bien carrément de dotations importantes, la Suède, l’Autriche, l’Allemagne, la Suisse, l’Italie, ou encore le Portugal. Les réseaux de Salzbourg (Autriche) et Eberswalde (Allemagne) sont ainsi devenus d’emblématiques clients des trolleybus de la marque Solaris.
Le constructeur propose aussi, depuis quelque temps, une version IMC (In Motion Charging), avec stockage d’énergie par batteries ou super-capacités, qui confère au véhicule une autonomie plus ou moins importante en dehors des sections sous ligne de contact bifilaire. La technologie IMC représente la forme d’électromobilité offrant, de loin, le meilleur rendement énergétique.
Les premiers autobus Solaris livrés en France l’ont été en 2003. Depuis, le constructeur a vendu dans l’Hexagone plus de 500 véhicules dans les configurations diesel, gaz, hybride, ou 100 % électrique. Les futurs Trollino pour Saint-Etienne seront construits selon le nouveau design « facelift », qui est désormais la règle pour tous les autobus Solaris depuis le début de cette année. Pourvus d’une motorisation Skoda, ils seront équipés de batteries d’autonomie d’une capacité supérieure à 40 kWh, de la climatisation, d’une cabine de conduite « anti-agression », ainsi que d’un éclairage intérieur assez révolutionnaire, puisque monté, pour partie, dans les mains courantes.
Les cinq premiers véhicules doivent être livrés avant la fin de l’année. Cinq autres suivront en 2020, tandis que les douze derniers sont attendus au cours de la période 2020-2021. Le contrat prévoit également une option pour deux unités supplémentaires.
Après le suisse Hess, le polonais Solaris est donc le deuxième constructeur étranger à entrer sur le marché français du trolleybus, alors que les parcs correspondants entrent maintenant dans une phase de renouvellement, et qu’Iveco, avec son IMC « origine France garantie », espère logiquement recevoir une bonne part du gâteau…
Ph. H.

Autoroutes, ticket mobilité : deux mesures très « gilets jaunes »
17 janvier 2019 : après discussion avec les sociétés d’autoroutes, la ministre des Transports Elisabeth Borne annonce une réduction de 30 % sur les péages pour les automobilistes effectuant au moins 10 allers-retours par mois pour leur trajet domicile – travail. La mesure entre en vigueur le 1er février et pourrait concerner un million d’automobilistes selon les calculs du ministère. Le même jour, la hausse des péages autoroutiers interviendra comme chaque année, conséquence d’un ancien accord passé en 2015 entre l’Etat et les sociétés concessionnaires.
Le 14 janvier, lors de ses vœux à la presse, la présidente de Bourgogne-Franche-Comté, Marie-Guite Dufay annonçait de son côté la future mise en place d’un « Ticket mobilité » pouvant atteindre 400 euros par an (sur le modèle de l’indemnité kilométrique vélo et du forfait mobilité prévus dans la loi d’orientation des Mobilités*), non chargés et défiscalisés. L’aide est soumise à un plafond de salaire individuel.
Seules conditions pour bénéficier de ce coup de pouce financier : habiter à 25 km au moins de son lieu de travail, dans une zone non desservie par un transport public sans autre alternative que la voiture, effectuer un aller-retour quotidien et… être salarié d’une entreprise volontaire pour abonder l’aide financière de la région.
La mesure a été présentée début janvier en séance du conseil régional, elle sera délibérée le 29 mars prochain. Budget pour la région : près de trois millions d’euros, selon Michel Neugnot, vice-président Transport de Bourgogne-Franche-Comté.
N. Arensonas
* Le projet de LOM qui sera débattu au Sénat mi-mars prévoit un « forfait mobilité durable » sur la base du volontariat des entreprises. La ministre des Transports se dit aujourd’hui favorable au principe obligatoire de la mesure.

Un consortium mené par JR East teste un bus sans chauffeur
Le japonais Kyocera, l’un des premiers fournisseurs mondiaux de composants en céramique fine pour l’industrie technologique, a annoncé qu’il participait à un projet-test de bus sans chauffeur organisé par « Mobility Innovation Consortium », une organisation faisant la promotion de la conduite autonome qui regroupe, autour de JR East, outre Koycera, Advanced Smart Mobility., Aichi Steel, SoftBank, Nippon Signal et NEC. Ces tests qui ont démarré en décembre dernier doivent se poursuivre jusqu’au mois de mars.
Il s’agit d’évaluer les technologies de conduite autonome pour les applications relevant des transports par bus, incluant un contrôle automatisé de la maintenance des voies de circulation, un contrôle de la vitesse, une aide au stationnement et des tests de passages alternés sur des voies de bus à haut niveau de service.

La Saemes fête ses 40 ans tout au long de l’année
La Saemes a 40 ans et souhaite le fêter tout au long de l’année. L’opérateur de stationnement en Ile-de-France veut mettre l’accent, autour de différents événements, sur son histoire et sur les évolutions et transformations qui font les parkings d’aujourd’hui.
Au programme : le lancement site Internet saemes40ans.fr ; une exposition dans le parking Hôtel-de-Ville de photos de Richard Kalvar, photographe de l’agence Magnum Photos (jusqu’à la fin février) qui retracent l’évolution de la mobilité dans Paris ; un concours photo ouvert à tous (dont le thème reste à définir) ; des visites des ruches de la Saemes installées sur le toit-terrasse de son parking Firmin-Gémier (Paris XVIIIe) ou encore la décoration du parking Pyramides (Paris Ier) avec deux fresques de 50 m² réalisées par des étudiants de l’Ecole Bleue à l’issue d’un concours.

Les bus électriques pourraient caler devant les dépôts
Quand une réglementation pointilleuse met des obstacles sur la voie de la transition énergétique… Un nouvel arrêté pris cet été sur les dépôts de bus pourrait en effet freiner le développement des bus électriques. Cet arrêté datant du 4 août 2018 impose des contraintes lourdes pour les dépôts qui accueillent des véhicules électriques. « L’objectif est de protéger les bâtiments tiers des incendies qui pourraient se déclencher lors de la recharge des bus », résume Michel Hils, chef de projet à la direction Equipement et Patrimoine du Sytral à Lyon.
L’ancienne réglementation ICPE 2925 [installations classées pour la protection de l’environnement, NDLR] qui s’appliquait jusqu’alors était également – à sa façon – très contraignante : pour construire un nouveau dépôt, il fallait négocier au cas par cas avec les autorités locales (dont les pompiers) pour démontrer que la sécurité était optimale et obtenir une autorisation. Ce qui nécessitait de longs mois de procédure administrative auprès de la préfecture avec enquête d’utilité publique.
Les nouvelles règles ont supprimé cette demande d’autorisation au cas par cas. Désormais pour résumer, une déclaration préalable en conformité suffit. « Cet arrêté a le mérite de définir des règles qui s’appliquent à tous et de mettre fin au vide juridique », se félicite Michel Hils. C’est aussi l’avis de Catherine Guillouard. Lors de l’inauguration en novembre de l’électrification du dépôt de Shepherd’s Bush dans l’Ouest londonien, la PDG de la RATP avait expliqué que sans ces nouvelles modalités, l’entreprise n’aurait jamais pu tenir son calendrier de renouvellement de flotte qui prévoit d’ici à 2025 deux tiers de bus électrique, le reste au biogaz. Les nouvelles dispositions vont donc très bien à la RATP qui n’a pas caché qu’elle a fortement pesé sur leur adoption. L’enjeu était fondamental pour la régie en train de construire et d’adapter ses centres et dépôts de bus pour qu’elle puisse accueillir dans les temps sa future flotte.
En revanche, en province, lorsque les dépôts existent déjà (ce qui représente la majorité des cas sur le territoire, où 90 % des dépôts sont déjà construits, selon Benoît Chauvin qui travaille sur la question au Gart), les exigences pourraient être rédhibitoires, estime-t-il. Surtout pour les petits réseaux qui n’ont pas les reins aussi solides que les grands et vont devoir se conformer, comme les autres, aux obligations d’installation de systèmes de sécurité exigeants et gourmands en espaces fonciers et en finances.
Le nouvel arrêté (rebaptisé « arrêté RATP » par Benoit Chauvin) prévoit des protections permettant de couper la charge électrique, des dispositifs d’urgence et des systèmes de sécurité (détecteurs d’incendie, moyens d’alerte, etc.), ainsi que des moyens de lutte contre l’incendie. Les dépôts devront aussi être gardés lors des recharges, souvent toute la nuit. « On demande au gardien de multiples compétences non seulement en matière de gardiennage mais aussi en conduite et en lutte contre les incendies », précise Benoît Chauvin. Des prescriptions plus sévères sont prévues lorsque les ateliers sont surmontés de locaux occupés par des tiers. Le texte impose aussi des espacements importants entre les bus. Ces distances peuvent toutefois être réduites par l’installation de parois coupe-feu ou un système d’extinction automatique d’incendie.
« Ce sont les mêmes consignes que pour une usine de fabrication de batteries, c’est une réglementation quasiment équivalente à la réglementation Cevesco », assure Benoît Chauvin qui regrette que ni le Gart, ni l’UTP, ni Ile-de-France Mobilités, ni encore l’Avere (Association pour le développement de la mobilité électrique) n’aient été consultés par le groupe de travail qui a travaillé sur le sujet sous l’égide de la Direction générale de la Prévention des risques (DGPR, rattachée au ministère de l’Intérieur). Selon Sophie Tricaud, directrice de la Communication de Forsee Power, « le texte part du principe que l’électricité est plus dangereuse que d’autres types de motorisation. On nous demande des distances trois fois supérieures à celles des bus au gaz par exemple. Pourquoi imposer des dispositions aussi drastiques à l’électricité ? », s’interroge-t-elle. « Cela risque de faire mal à la filière », conclue-t-elle.
D’où ce cri d’alarme : la mise en œuvre de ces nouvelles obligations risque d’engendrer des coûts supplémentaires élevés risquant de remettre en question l’adoption des véhicules à faibles émissions, malgré les obligations de renouvellement inscrites dans la Loi de transition énergétique pour la croissance verte de 2015.
De son côté, l’UTP nuance ces menaces. Les autorités publiques ont certes sorti le parapluie pour se protéger de tout risque, mais le texte offre quelques portes de sortie. Et les préfets auront toujours la possibilité d’accepter des dérogations. Difficile aujourd’hui de connaître l’impact exact de ces nouvelles dispositions, indique-t-on du côté des réseaux qui sont plutôt aujourd’hui dans une démarche de compréhension et d’évaluation du texte.
M.-H. P.
Des contraintes fortes dans les centres-villes
Quand ils se trouvent en plein centre-ville où il y a peu de possibilités d’agrandissement, le maintien des dépôts pourrait se poser. Selon le Sytral, les dispositions de l’arrêté vont abaisser les capacités d’accueil des dépôts de bus de 15 à 30 %. « Nous avons fait appel à un bureau d’études pour qu’il évalue précisément les conséquences de ce texte. Nous le saurons à la fin du premier trimestre 2019, précise Michel Hils. Il est évident que plus les dépôts se situent en secteur dense, plus ils seront impactés », ajoute-t-il.
Pour le Sytral, qui doit affiner sa stratégie en matière de renouvellement de flotte pour respecter la loi sur la transition énergétique, les contraintes liées aux dépôts seront un des critères pris en compte pour faire les choix en 2019. La longueur des lignes et la nécessité de passer – ou pas – dans des tunnels seront aussi prises en compte. Pour compliquer les choses, les bus au gaz sont interdits de circulation dans les tunnels de Fourvière et de la Croix-Rousse.
A Bordeaux aussi, la question de l’emplacement des dépôts se pose avec acuité alors que la collectivité a décidé de rénover le dépôt de Lescure en plein centre-ville, « En cas de défaillance d’une batterie, il faudra pouvoir isoler un bus avec des installations coupe-feu, ce qui prendra la place de 4 ou 5 bus. Ce qui n’est pas négligeable. Nous allons voir ce que nous ferons », souligne Jean-Marc Rouffet, le directeur du réseau de transport urbain de Bordeaux. « Nous serons peut-être obligés de mettre ces bus ailleurs et donc de les faire rouler davantage pour les remiser et pour la reprise du service. Ce n’est pas très rationnel ! », poursuit-il. Pour être accompagnée dans ses choix de flotte qui fonctionne aujourd’hui pour les deux tiers au gaz, la collectivité a demandé une assistance à maîtrise d’ouvrage.

Transdev remporte un contrat de subdélégation pour le transport suburbain de Montpellier
Après avoir remporté les transports publics de Nîmes en octobre, Transdev se félicite de s’ancrer un peu plus en Occitanie. L’exploitant a en effet annoncé lundi 3 décembre avoir remporté un contrat de subdélégation avec la société d’économie mixte TaM (Transports de l’agglomération de Montpellier), dont Montpellier Méditerranée Métropole est l’actionnaire majoritaire. Ce contrat, d’une durée de cinq ans et demi et qui prendra effet au 1er janvier prochain, comprend la coordination, le contrôle et l’exploitation en sous-traitance des lignes régulières suburbaines, des services de transport à la demande, des minibus du soir, des services périscolaires, des services occasionnels et des services de bus nocturnes « L’Amigo ».
Le contrat comprend également la mise en œuvre d’un Laboratoire des Mobilités qui aura pour objectif d’héberger des projets innovants émanant de la collectivité et de TaM autour de l’intermodalité, le développement durable et la transition énergétique, l’accessibilité et les nouvelles mobilités.

Transdev remporte un contrat de 900 millions d’euros pour le BHNS de Bogotá
Transdev qui exploite déjà depuis 18 ans avec son partenaire local Fanalca une partie du bus à haut niveau de service TransMilenio de Bogotá, vient d’annoncer qu’ils avaient remporté un contrat représentant 900 millions d’euros sur dix ans. Il s’agit du plus grand des six lots du TransMilenio, véritable épine dorsale du réseau de transport de la capitale avec plus de 2,5 millions de passagers par jour.
Ce contrat, qui prendra effet en mai 2019, comprend l’achat de 440 nouveaux bus, leur exploitation, leur maintenance et la construction d’un nouveau dépôt de 74 000 m2. Transdev-Fanalca devient ainsi le principal opérateur du système, avec 648 bus sur l’ensemble du parc TransMilenio.
L’exploitant entend également poursuivre le développement de ses activités en Colombie en répondant à l’appel d’offres de la première ligne de métro de Bogotá, qui devrait être lancé au premier trimestre 2019.

Première année de rentabilité pour Citiz LPA
Son dixième anniversaire fêté par Citiz Lyon en cette fin de novembre marque une étape importante puisque le service d’autopartage enregistre sa première année à l’équilibre pour un chiffre d’affaires d’1,1 million d’euros en 2017. « C’était un pari sur l’avenir, nous avons su créer un modèle économique », se réjouit Louis Pelaez, PDG de la société d’économie mixte LPA (Lyon Parc Auto, 55 millions d’euros de CA) qui gère Citiz.
La marche enfin couronnée de succès de l’autopartage lyonnais a été plutôt longue puisque l’aventure a commencé en 2002 avec La Voiture Autrement. Elle a trouvé un second souffle et des moyens grâce à la reprise de LPA en 2008. Pour 2018, l’entreprise mise sur une hausse de 40 % environ de son activité autopartage, en bénéficiant de la dynamique Citiz (+12 % en 2017) et du démarrage sur les chapeaux de roues en octobre 2017 de Yea !, service en free-floating limité à Lyon/Villeurbanne. Sur les dix premiers mois 2018, date de son premier anniversaire, Yea ! a atteint les 3 100 locations/mois contre 2 207 locations pour Citiz LPA, et totalise 361 000 kilomètres parcourus (1,8 million de km pour Citiz). Démarré fin 2017 avec 100 smart Forfour, Yea ! a lancé 50 véhicules supplémentaires à l’été dernier, en complément de la flotte des 107 véhicules Citiz.
Grâce à sa formule simple et flexible avec ou sans abonnement, Yea ! a d’emblée séduit les jeunes urbains métropolitains tandis que Citiz touche désormais une clientèle très diversifiée, familiale et professionnelle, soit 3 700 utilisateurs sur un marché également disputé par Bolloré (avec 300 Bluely électriques). « Les résultats sont exceptionnels, le mouvement va plus vite que nos prévisions », s’enthousiasme le PDG de LPA. Un optimisme qui devrait se confirmer au vu des mutations à venir de l’usage de la voiture en ville.
Claude Ferrero

La SNCF lance un service d’auto-stop connecté
La ville d’Anor (3 300 habitants) dans le Nord a lancé début novembre en partenariat avec SNCF Mobilités et la plateforme de covoiturage iDVroom un nouveau service de mobilité partagée pour faciliter et sécuriser les déplacements en auto-stop de ses habitants vers les communes alentour.
Appelé « Stop Connecté », ce service est basé sur le principe de l’auto-stop participatif, à mi-chemin entre le covoiturage et l’auto-stop traditionnel. Le passager, lorsqu’il souhaite rejoindre une des communes prévues par le service, se rend à l’arrêt Stop Connecté et envoie un SMS. Sa destination s’affiche alors sur le panneau d’arrêt et les conducteurs qui se sont pré-enregistrés peuvent prendre le passager. Le passager envoie alors la plaque d’immatriculation, toujours par SMS, et le trajet peut commencer. Une petite rémunération (entre 50 centimes et un euro le trajet) est versée directement au conducteur sur son compte en banque et de l’autre côté le passager sera directement prélevé sur sa facture de téléphone mobile (pour le moment le service fonctionne avec SFR, Orange et Bouygues).
Un autre service Stop Connecté a été lancé en même temps à Anse (6 900 habitants) dans le Rhône pour une expérimentation de six mois.

RATP Dev parie aussi sur les bus électriques à Londres
RATP Dev a inauguré le 15 novembre l’électrification de son centre de bus de Shepherd’s Bush dans l’ouest de Londres. Ce dépôt qu’elle a racheté en 2004 en même temps que la société London United Busway accueille depuis début septembre 36 bus électriques construits par le Chinois BYD pour la partie batterie et par le britannique ADL pour la carrosserie. Ces bus desservent les lignes C1 et 70 de la ville.
Selon Jim Small, le manager du dépôt, les premiers retours d’expérience sont positifs : « Les bus roulent toute la journée sans qu’il soit nécessaire de les faire repasser par le dépôt. Ils rentrent en fin de service avec des batteries encore chargées entre 25 et 40 %. » Les 36 bus sont rechargés la nuit entre 23h et 5h du matin grâce aux bornes électriques équipées de la technologie Smart Charging de BYD.
A terme, le dépôt devrait devenir 100 % électrique, la RATP ayant l’ambition d’en faire « le premier garage de bus zéro émission à Londres ». Le maire Sadiq Khan souhaite créer dans sa ville une zone à ultra-faibles émissions (ultra low emission zone) et Transport for London, l’autorité organisatrice, envisage de faire évoluer progressivement la flotte de la capitale vers des motorisations plus propres, en recourant à l’électricité et si possible à l’hydrogène d’ici à 2037, explique RATP Dev. Selon la filiale de la RATP, 8 700 bus roulent actuellement à Londres dont 1 258 qu’elle exploite elle-même (parmi eux, elle compte quatre autres bus électriques à Hounslow au sud ouest de la ville et 246 bus hybrides). RATP Dev exploite 60 « routes » soit 12 % du marché des bus londoniens, précise Laurence Batlle, la patronne de RATP Dev. Le transporteur est propriétaire de quatre garages (dont celui de Shepherds) et en loue huit autres.
Toutefois, adapter les dépôts à ces nouvelles technologies demande de gros investissements. Les contrats signés à Londres s’étendant sur cinq à sept ans ne permettent pas aujourd’hui de porter de tels investissements, indique Catherine Guillouard, la PDG du groupe RATP, qui souhaite discuter de ce sujet avec TfL. D’autant que dans un souci d’économies, l’objectif de TfL est d’abaisser de 6 % le volume des bus londoniens dans les années qui viennent, ajoute-t-elle.
Le groupe rappelle aussi avoir engagé une démarche parallèle dans l’activité des bus touristiques : il a présenté en octobre 2018 le premier véhicule qui a rejoint la flotte de sa filiale de bus touristique londonienne The Original Tour, quelques mois après le lancement du premier bus à impériale 100 % électrique à Paris.
Le Royaume-Uni est considéré comme un marché stratégique pour RATP Dev, qui entend y faire croître son activité pour contribuer à la réalisation de son objectif : doubler son chiffre d’affaires annuel global, en le faisant passer de 1,1 milliard à 2,2 milliards d’euros à l’horizon 2022.
M.-H. P.