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Catégorie : Transports routiers
Retrouvez toute l’actualité des transports routiers et urbains : Bus, voitures électriques, politiques d’aménagements urbains

Disparition d’un grand nom de la profession : François Heuliez
François Heuliez est décédé le 9 juin à l’âge de 69 ans des suites d’une longue maladie. Fils de Pierre Heuliez (frère jumeau d’Henri Heuliez, président du Groupe Heuliez…
avant que son beau-fils Gérard Quéveau n’en prenne les rênes), François Heuliez est entré très tôt dans l’entreprise familiale. Il devient l’un des principaux responsables commerciaux de la filiale Heuliez Bus à la création de cette dernière en janvier 1980. En mai 1998, il rejoint Evobus France comme responsable commercial national Autobus de la marque Mercedes avant d’être nommé conseiller du président d’Evobus France en janvier 2006, jusqu’à son départ à la retraite en octobre 2007.
Isilines vise la rentabilité dans un an
Après avoir revu son modèle fin 2016 en cherchant à mieux coller l’offre à la demande, la compagnie de cars isilines affirme avoir vu son trafic faire un bond de 80 % sur les cinq premiers mois de l’année comparé à la même période en 2016. Le prix moyen des billets a également augmenté de 20 %.
Dans le cadre de cette stratégie, la filiale de Transdev cherche à mutualiser sa flotte de transport avec celle dédié aux activités de transport à la demande de sa maison mère (celle-ci est d’ailleurs passée sous la bannière isilines), ce qui lui permet de pouvoir absorber la demande aux moments de pic de trafic.
Elle prévoit de multiplier par deux le nombre de places disponibles dans ses cars cet été : 1 000 destinations seront disponibles sur toute l’Europe avec 55 000 trajets possibles, indique-t-elle. Désormais Isilines pense être profitable en juillet 2018.
Les Uber Green favorisent l’écoconduite
On sait déjà que les véhicules hybrides et a fortiori électriques sont moins polluants que leurs homologues thermiques, mais une étude du cabinet 6-t commanditée par Uber Green…
révèle, en plus, que les conducteurs de ces véhicules adoptent spontanément une conduite plus sûre, sans à-coups, donc moins énergivore et encore moins polluante. Un an après le lancement de ce service dans le Grand Paris, Uber a voulu détailler l’impact de ces 1 500 voitures basses émissions sur les chauffeurs et la clientèle, sachant que plus de 55 000 personnes ont testé l’option Green.
« Pour les analystes de la mobilité, une des principales difficultés est la rareté des données, surtout en ce qui concerne les pratiques émergentes. C’est aujourd’hui le cas pour les voitures hybrides et électriques : tout le monde en parle, mais peu de connaissances sur leurs usages sont disponibles », explique Nicolas Louvet, Directeur de 6-t. Un bureau qui y a vu « l’opportunité de produire des données qui n’existaient pas encore et de les partager ».
L’étude a mis en lumière plusieurs enseignements, à commencer par les économies pour les chauffeurs. Sur le carburant bien sûr, une berline hybride consommant 25 % de moins. Mais aussi sur l’achat : 1 500 euros de moins en moyenne. Et encore plus sur la location du véhicule, en moyenne 20 % moins chère qu’une berline thermique. De plus, les chauffeurs appuient moins sur le champignon. « 51 % des chauffeurs de voitures hybrides roulent le plus souvent possible de manière à utiliser uniquement le moteur électrique et 54 % d’entre eux affirment accélérer le plus souvent possible de manière progressive afin de consommer moins de carburant », précise en outre l’étude.
Autre leçon, conducteurs (43 %) comme passagers (46 %) sont surpris et bluffés par le silence et le confort. Enfin, forts de cette découverte, ils deviennent des ambassadeurs de la technologie, voire des prescripteurs. 31 % des utilisateurs de voitures électriques avec l’option d’Uber déclarent qu’ils les connaissent mieux parce qu’ils en ont discuté avec les chauffeurs et 63 % affirment en avoir déjà recommandé l’achat à un proche. Ils sont aussi 53 % à recommander l’utilisation d’une hybride. Voilà un cercle vertueux qui mérite sans doute d’être exploité.
C. N.

Zone à circulation restreinte : Paris accélère, la métropole s’apprête à démarrer
Six mois après l’interdiction de circuler aux véhicules non classés, c’est-à-dire ne bénéficiant d’aucune vignette Crit’Air, soit les voitures de plus de 20 ans, la Ville de Paris enclenche la phase 2…
au 1er juillet. A cette date, il ne sera plus possible d’entrer dans Paris du lundi au vendredi entre 8h et 20h avec un véhicule qui a reçu la pastille Crit’Air 5, de couleur grise. Il s’agit des voitures particulières diesel datant d’avant 2001 (norme Euro 2), ainsi que des utilitaires antérieurs à 2002. Les poids lourds, autobus et autocars Crit’Air 5 quant à eux ont été immatriculés avant octobre 2006 (entrée en vigueur de la norme Euro IV) et seront bannis 7 jours sur 7 sur l’ensemble du territoire parisien. De plus, l’absence de vignette Crit’Air sur le pare-brise deviendra verbalisable, à hauteur de 68 euros (PV minoré à 45 euros et majoré à 180 euros). Un décret publié début mai par l’Etat précise en effet que l’absence de vignette peut désormais être sanctionnée.C’est une nouvelle étape importante pour la première zone à circulation restreinte (ZCR) de France – qui représente la totalité du territoire parisien excepté le périphérique et les deux bois. La municipalité rappelle qu’elle a mis en place depuis 2015 une série d’aides pour accompagner la transition vers des mobilités propres et notamment le remboursement du passe Navigo, les réductions sur les abonnements Autolib’ ou encore jusqu’à 400 euros pour l’achat d’un VAE.
Pour mémoire, le plan antipollution de la Ville de Paris visant initialement à éradiquer le diesel de ses rues en 2020 a été adopté en février 2015. La mise en œuvre des interdictions est prévue pour être progressive. Après les autocars antérieurs à octobre 2001 interdits en juillet 2015, les voitures diesel de plus de 20 ans au 1er juillet 2016, l’interdiction concerne maintenant les véhicules plus récents. Depuis le 16 janvier, la vignette Crit’Air devenue obligatoire est venue simplifier la compréhension du dispositif pour le public.
Jusqu’à présent les interdits touchaient environ 16 % du parc automobile francilien, soit 1 véhicule sur 7, mais la mairie estimait que seuls 1 % d’entre eux circulait réellement en semaine dans Paris, soit quelque 30 000 moteurs. Dans le même temps 6 % du parc de deux-roues a été banni. Avec la nouvelle phase, seront proscrits des rues de la capitale environ 4,5 % des véhicules immatriculés en Ile-de-France. Une faible part. Pourtant selon Christophe Najdovski, l’adjoint chargé des déplacements parisiens, qui s’exprimait en janvier lors du pic de pollution durant lequel ces mêmes véhicules sont restés au garage, ils sont à l’origine « de 11 % des émissions de particules fines et de 15 % des émissions d’oxyde d’azote. »
Pour la prochaine phase du plan, la municipalité n’a pas fixé de calendrier officiel. Elle explique généralement qu’elle souhaite poursuivre en discutant avec les territoires voisins. Mesure pertinente, étant donné que la pollution atmosphérique ne s’arrête pas au périphérique. « Nous voulons discuter de l’extension de la ZCR à l’échelle de la métropole du Grand Paris et non plus seulement à Paris intra-muros. Je ne veux donc pas préempter des décisions futures qui pourraient être prises avec d’autres communes du Grand Paris », affirmait ainsi Christophe Najdovski en début d’année.
Pourtant, rien de ce genre n’est encore à l’ordre du jour au sein de l’intercommunalité regroupant 131 communes dont Paris et couvrant sept millions d’habitants. « C’est prématuré pour nous et la métropole n’a pas toutes les compétences, notamment en matière de police », explique-t-on à la Métropole du Grand Paris (MGP). La décision de Donald Trump le 31 mai de se retirer de l’accord de Paris a été l’occasion pour la collectivité de rappeler son engagement en faveur du changement climatique et de la pollution atmosphérique : « En France, 48 000 morts par an, soit 9 % de la mortalité nationale, sont causés par les particules fines et 2016 a été l’année la plus chaude jamais enregistrée sur la planète. Les faits sont indiscutables », évoque la MGP.
« L’élaboration du Plan climat-air-énergie métropolitain a été lancée dès le 23 mai 2016 soit quelques mois seulement après la création de la métropole, c’est pour nous un marqueur fort, fait encore remarquer ce porte-parole. A terme, il sera un outil de lutte contre la pollution de l’air. » Par ailleurs, la MGP devrait lors de son prochain conseil, le 23 juin, émettre un avis défavorable sur la révision du Plan de protection de l’atmosphère (PPA) en Ile-de-France au motif d’une importante déception en réceptionnant l’enveloppe de l’appel à projet « Villes respirables en 5 ans ». L’aide de l’État, attribuée lors des derniers jours du Ministère Royal, se monte à 123 000 euros seulement sur le million potentiellement attribuable.
La métropole ambitionne pourtant d’être très active sur la question des mobilités « propres ». Ainsi, dans le cadre de son plan « la métropole roule propre ! » lancé à l’automne dernier, propose-t-elle une subvention allant jusqu’à 5 000 euros aux habitants des départements de petite couronne – 9 000 euros pour les professionnels – se séparant d’un vieux diesel pour acheter une voiture électrique, hydrogène, hybride rechargeable ou GNV. Une aide à l’achat d’un VAE est aussi offerte à ceux qui envoient à la casse un ancien deux-roues motorisé. Six mois après, une cinquantaine de subventions auraient été versées.
La MGP encourage enfin le développement d’un maillage dense de pistes cyclables et soutien l’implantation des stations de Vélib’ au travers de deux fonds. Pour chaque station Vélib’, une mairie pourra toucher 10 000 euros de la MGP, soit 50 % du coût réel, dans la limite de 400 stations en tout pour la métropole. Il est tout de même un sujet où ville et métropole sont parfaitement en phase, c’est celui de la création d’un réseau international de coopération, baptisé Guapo et annoncé de concert par Anne Hidalgo et Patrick Ollier en juin 2016. Cet Observatoire mondial des villes sur la qualité de l’air consacré à la lutte contre la pollution atmosphérique doit faciliter le partage de connaissances, avec le soutien de l’OMS. Sa plate-forme collaborative a vocation à devenir un véritable hub mondial sur la qualité de l’air…
Cécile NANGERONI

La nouvelle bataille du stationnement
La dépénalisation du stationnement programmée le 1er janvier prochain se prépare en ce moment.
Les grandes métropoles qui ont fait le choix de déléguer le contrôle du stationnement payant ont lancé leurs consultations. Dans le cadre de la compétition lancée par Paris, les offres finales ont été remises il y a quelques semaines et le résultat devrait être connu courant juin. Des négociations sont aussi en cours à Bordeaux, les premières offres ont été remises à Strasbourg ainsi qu’à Montpellier…Les acteurs traditionnels, Indigo, Effia ou Transdev Stationnement, sont sur la brèche. Mais
on voit aussi arriver des candidats de l’étranger. Notamment d’Espagne où la dépénalisation du stationnement est déjà pratiquée. Des acteurs chinois se montrent intéressés par le marché européen. Mi-mars, Les Echos révélaient que Shougang, l’un des plus grands groupes sidérurgiques chinois, avait remis une offre pour reprendre Indigo, le numéro un en France.Autre bouleversement : la tendance de nombreuses villes à réduire la place de la voiture dans leur centre ainsi que la digitalisation des métiers imposent de repenser le modèle économique. Avec de nouveaux challenges portés par l’arrivée d’opérateurs, notamment les pure players du digital qui se développent vite et bousculent le marché avec des offres tarifaires low cost.
VR&T a interrogé les patrons de trois sociétés, Sébastien Fraisse, directeur général adjoint d’Indigo, Fabrice Lepoutre, directeur général d’Effia, et François Bruyant, président de Transdev Stationnement. Points de vue.
Ville, Rail & Transports. Quel bilan dressez-vous de votre activité en 2016 et quelles sont les perspectives pour 2017 ?
Sébastien Fraisse. Pour Indigo, 2016 a été une année record puisque nous avons réalisé un chiffre d’affaires de 860 millions d’euros, en hausse de 10 % par rapport à l’année précédente. Tous nos marchés sont en hausse. La croissance a été particulièrement dynamique à l’international (notamment en Europe, tout particulièrement en Espagne, mais aussi au Brésil ou aux Etats-Unis). La France représente désormais la moitié de notre activité.
En 2017, nous espérons la même tendance, avec certainement une croissance plus dynamique à l’international, qui devrait alors représenter plus de la moitié de notre chiffre d’affaires.
Francis Lepoutre. Malgré tous les vents contraires en 2016, Effia a réalisé une année très solide avec une hausse de 3 % de son chiffre d’affaires à 145 millions d’euros. Nous avons réalisé une superbe année sur le plan commercial, avec 19 contrats remportés auprès de donneurs d’ordres publics et privés.
Conjuguée à une politique commerciale B to C très active, cette dynamique nous permet de réaliser un début d’année en fanfare avec une hausse du CA de plus de 11 % par rapport à 2016 sur le premier trimestre. Si l’on fait abstraction de Paris intra-muros, qui subit les conséquences de la politique de la ville en matière de restriction de la circulation, tous les clignotants sont au vert et l’année 2017 sera un très bon millésime.
Par ailleurs nous venons de nous implanter en Belgique à travers l’acquisition de la société Alfa Park, qui représente la première étape de notre développement à l’international. Enfin, nous nous positionnons résolument sur les appels d’offres en cours pour la gestion de la voirie dans le cadre de la dépénalisation du stationnement, qui représente des perspectives très intéressantes dans les trois années qui viennent.
François Bruyant. Le groupe Transdev, qui est l’opérateur des mobilités du groupe de la Caisse des dépôts (Transport et Stationnement) a renforcé de manière très importante ses capacités dans les métiers du stationnement en parcs et en voirie. En complément de ces activités, directement ou à travers ses SEM partenaires (stationnement public et privé parcs et voirie, parcs d’aéroports gérés, parcs-relais), Transdev Stationnement a procédé fin 2016 à l’acquisition de 100 % des activités d’exploitation du groupe Urbis Park (250 collaborateurs) et de 10 % de la société des actifs gérés.
Ces activités (dont le chiffre d’affaires n’est pas consolidé) représentent actuellement un ensemble global de 130 000 places gérées (Paris et IDF, Montpellier, Bordeaux, Metz, Nancy, Laval, Marseille…) Soit un doublement du nombre de places entre 2016 et 2017. Cela contribue à l’expertise du groupe Transdev et lui permet de compléter l’offre multimodale du parcours client, de répondre aux attentes des collectivités et d’apporter une offre de stationnement prenant en compte les enjeux de mobilité au sens large.
Nous assistons depuis plusieurs mois, à l’approche de la mise en œuvre de la loi Maptam prévue au 1er janvier 2018, à un très fort développement des appels d’offres de gestion et contrôle du stationnement payant de voirie (associés ou non à la gestion de parcs du stationnement).
Nous avons été les premiers à remporter ce type d’appel d’offres (avec celui de la ville de Suresnes, en cours de déploiement), et nous sommes également présents dans toutes les grandes consultations en cours (Paris, Bordeaux…), mais aussi dans de nombreuses villes moyennes.
Par ailleurs nous privilégions les offres de gestion globale du stationnement urbain (parcs et voirie), qui nous permet d’apporter une valeur ajoutée complémentaire liée à la connaissance des enjeux globaux de mobilité (transport et stationnement), aux synergies possibles et de profiter des innovations développées par le groupe Transdev.
VR&T. Comment imaginez-vous les parkings de demain ?
Sébastien Fraisse. Les sujets dont on parlait depuis plusieurs années (apporter des services nouveaux) se concrétisent. Ainsi, nous avons lancé début mai à Boulogne-Billancourt le premier « parking Midas ». L’automobiliste peut faire réviser sa voiture, changer les pneus. Il peut aussi récupérer un colis.
Nous partons du constat que les parkings peuvent aussi servir à la vie quotidienne. Ils doivent faire partie du parcours de l’automobiliste.
Autre projet que nous lancerons en septembre également en Ile-de-France : nous avons neutralisé deux niveaux dans un parking de la Défense, soit 1 600 m2, pour aménager un site dédié à l’événementiel qui sera géré par Culture et Patrimoine. Des concerts pourront être organisés ainsi que des expositions, il sera aussi possible d’y boire un verre. Nous allons donner un autre usage aux parkings. Car ce parking avait été surdimensionné et cela répond à la demande de notre délégataire. Ce sera original et sans équivalent dans la région parisienne.
Dans le cadre de la requalification des centres-villes, on envisage aussi des animations dans les parkings. La France est très en retard par rapport à d’autres pays dans ce domaine. Très souvent pour des questions de réglementation. En Colombie par exemple, le tiers du chiffre d’affaires d’Indigo ne provient pas directement du stationnement mais d’autres activités.
Enfin, je vous rappelle qu’Indigo, qui se positionne comme le leader du stationnement, souhaite élargir son activité à la mobilité. Actionnaire de Smoovengo, nous avons signé le 9 mai le contrat Vélib’. Le service pourra s’appuyer sur nos parkings en centre-ville où les vélos pourront être réparés ou stockés.
Fabrice Lepoutre. Nous travaillons sur trois axes pour le client. D’abord, nous améliorons l’expérience client en rendant l’accès aux parkings plus simple à travers un parcours digital plus fluide. Ensuite, nous proposons des services pour rendre nos sites plus conviviaux : en ce moment par exemple nous généralisons les boîtes à lire, qui reposent sur une démarche participative : chacun dépose un livre et emprunte ceux déposés par d’autres. Enfin nous travaillons sur une offre full service : jusqu’à présent un client payait un espace de stationnement pendant un espace-temps donné. Demain, il accédera à un bouquet de services autour de la voiture, parmi lesquels le stationnement : il pourra en amont réserver le lavage de sa voiture, le changement des pneus, le chargement électrique, etc. le tout en quelques clics sur une appli ergonomique, avec des tarifs compétitifs. En venant chez nous, le client gagnera du temps. Pour cela nous nouons des partenariats avec des entreprises spécialisées et c’est ce qui nous a conduits fin 2016 à prendre le contrôle de la start-up L2O, qui a inventé un dispositif de lavage écologique très innovant.
François Bruyant. Les parkings en ouvrage vont être impactés par les contraintes et le contrôle accru du stationnement en voirie : le comportement des automobilistes changera forcément. On pense que cela devrait les inciter à fréquenter davantage les parkings. Peut-être aussi les nouvelles politiques de stationnement des collectivités pourraient accélérer de nouvelles formes de travail comme le télétravail.
D’ores et déjà, les clients nous demandent plus de simplicité, des services personnalisés et des offres tarifaires attractives. Nous cherchons à leur simplifier la vie avec des comparateurs modaux, des supports uniques de paiement et des services, comme la possibilité de récupérer un colis ou de réaliser des travaux d’entretien de leur véhicule quand il est au parking.
Nous menons aussi une réflexion basée sur notre expertise de la mobilité et notre connaissance du parcours client. Nous tirons parti de la mutualisation de nos services. Par exemple, à Thonon, où nous venons de remporter un marché liant le stationnement en voirie et en parcs, nous pouvons jouer sur les synergies avec Transdev présent localement pour améliorer l’intermodalité. Le parking est l’un des maillons de l’intermodalité. C’est aussi un hub naturel du dernier kilomètre pour la logistique urbaine.
VR&T. Comment vous positionnez-vous par rapport aux start-up ?
Sébastien Fraisse. Pour le moment, les start-up n’ont pas bouleversé le paysage. Nous avons créé un acteur digital : OPnGo qui occupe le créneau. Ce système permet d’entrer et de sortir dans des parkings sans ticket, grâce à une adresse mail, sa plaque d’immatriculation, et bien sûr ses références bancaires.
Fabrice Lepoutre. En amont, la concurrence sur les appels d’offres est toujours plus intense, il faut se battre sur chaque affaire. En aval, on voit apparaître une concurrence sur les tarifs entre différents parkings, favorisée par l’émergence des acteurs du digital qui font désormais partie du paysage. Face à cela Effia réagit à deux niveaux : premièrement, nous sommes sur une ligne de modération tarifaire (pas d’augmentation en 2016 ni en 2017). Deuxièmement nous ne croyons pas à une hypothétique ligne Maginot face aux acteurs du digital, et nous avons choisi de travailler avec eux en concluant notamment un accord stratégique avec la start-up Onepark.
François Bruyant. Nous accompagnons les automobilistes tout au long de leur parcours avec des services classiques (information, réservation…) mais aussi via des applis de guidage de recherche de places, ou l’intégration dans les applications multimodales comme Moovizy ou Optimod’, et le développement en partenariat avec des start-up de plateforme de propositions de services liées à l’utilisation et l’entretien du véhicule. Nous travaillons avec une cinquantaine de start-up.
VR&T. Où faut-il selon vous implanter les parkings ?
Sébastien Fraisse. Il y a un enjeu propre à la grande couronne parisienne dans le cadre du Grand Paris avec la réalisation de gares nouvelles. Il faudra forcément se poser la question de nouveaux parkings. Ces gares sont construites dans l’objectif d’offrir un accès rapide à Paris, l’Ile-de-France. Certains arriveront en bus ou en deux roues. Mais il faudra aussi penser aux automobilistes en leur proposant des parcs-relais. L’enjeu est très important. En province aussi, le stationnement est le maillon qui permet aux automobilistes de passer de leur voiture à un autre mode. C’est ce que nous proposons à Toulouse où nous avons construit un nouveau parking sous les allées Jean-Jaurès que la ville souhaitait requalifier pour revoir la place de la voiture.
Fabrice Lepoutre. La construction de parkings dans les centres-villes relève à présent de l’exception : les coûts de construction et d’exploitation des parkings, qui ont explosé au cours des 20 dernières années compte tenu de l’évolution des réglementations, rendent très difficile la rentabilisation de nouveaux ouvrages, surtout lorsqu’ils sont souterrains. En outre, les centres-villes sont déjà plutôt bien équipés, et l’émergence du costationnement (qui rend possible, dans certaines conditions, l’accès au public à des parkings privés) contribue à accroître la capacité disponible. Enfin, avec la loi Maptam les voiries devraient être globalement mieux gérées, ce qui chassera les voitures-ventouses et créera des capacités supplémentaires.
Les nouveaux parkings seront à l’avenir implantés dans les zones où les capacités en stationnement sont insuffisantes pour couvrir les besoins, c’est-à-dire en périphérie des centres-villes (parcs-relais) et dans les quartiers nouveaux ou faisant l’objet de réhabilitation, à la condition qu’ils puissent être mutualisés pour des usages complémentaires : bureaux, commerces et logements.
François Bruyant. Les collectivités cherchent avant tout une prise en compte de leurs contraintes spécifiques et donc des projets « sur mesure », avec une forte composante locale.
Pour les nouveaux ouvrages (moins nombreux cependant), les collectivités comme les clients privés recherchent aussi de plus en plus une optimisation du nombre de places avec une meilleure connaissance et prédictibilité des usages alternatifs, des mutualisations possibles, des techniques de stationnement automatisés (parc d’aéroport pour l’instant).
On assiste à la poursuite de la mise en cohérence des politiques transport et stationnement, en particulier avec une réflexion sur une meilleure utilisation des parcs-relais.
Propos recueillis par Marie-Hélène POINGT
Caen anticipe la loi de Transition énergétique
A partir de 2020, la Communauté urbaine Caen la mer, qui compte aujourd’hui 265 000 habitants, devra investir dans une proportion de plus en plus importante de bus à faibles émissions. Afin de faciliter sa prise de décision concernant les investissements nécessaires dans les prochaines années et de tester les différents types de véhicules répondant à la réglementation de la loi de Transition énergétique pour la croissance verte, l’AO a fait le choix de réaliser 2 expérimentations 100 % électrique. La première avec un bus Irizar qui circule tout le mois de juin sur la ligne 25 du réseau Twisto (Keolis) reliant le centre de Caen à Hérouville Saint-Clair, la seconde, du 15 juillet au 15 août, avec un bus Heuliez Bus GX 337 Elec fabriqué à Rorthais. Il s’agit de tester en conditions réelles la consommation d’énergie et l’autonomie annoncée (230 km pour l’Irizar, suffisamment pour un service complet) dans toutes les conditions d’exploitation ; le confort ressenti par les voyageurs ; la maintenance et la fiabilité du matériel. Les bus seront rechargés au dépôt durant la nuit au minimum 6 heures.
Autocars Macron. Rejet de la plainte de Transdev contre la SNCF
Estimant que les éléments fournis par le plaignant « n’étaient pas suffisamment probants », l’Autorité de la concurrence a rejeté le 1er juin la plainte de Transdev qui reprochait à la SNCF d’abuser de sa position dominante sur le marché du transport ferroviaire de voyageurs en faisant bénéficier sa filiale Ouibus de moyens tirés de son monopole. Transdev, qui possède également sa filiale d’autocars longue distance isilines, dénonçait notamment des « subventions croisées » entre les deux activités de la SNCF, qui auraient permis de financer le développement de Ouibus en ouvrant de nouvelles lignes, tout en multipliant les pertes.
Malgré les pertes enregistrées par Ouibus depuis l’ouverture du marché, « aucun élément » n’a permis de considérer que sa politique commerciale était fixée dans le but d’évincer ses concurrents, écrit l’Autorité dans un communiqué. « Les éléments au dossier ne permettent pas de considérer à ce jour que le maintien de Ouibus sur le marché serait dépourvu de toute rationalité économique ou correspondrait à un comportement anticoncurrentiel », ajoute-t-elle. Alors que les cars Macron vont bientôt fêter leurs deux ans, aucune des trois sociétés du secteur (Ouibus, Isilines et Flixbus) n’est encore rentable.

Laurent Gugumus directeur Bus et camion chez Forsee Power
Rattaché à la division Smart transport, qui a pour vocation de développer des systèmes de batteries dédiés aux véhicules de transport public et industriels, Laurent Gugumus, 48 ans, accompagnera le développement de Forsee Power dans le domaine de l’électromobilité. Sébastien Rembauville-Nicolle, directeur de cette division estime que cette arrivée « est un point d’étape important pour l’entreprise qui possède la gamme de batteries la plus complète pour le transport public. Avec la forte croissance de Forsee Power sur le marché du transport, il était essentiel d’intégrer un profil expérimenté sur cette spécialité pour relever les défis liés à la transition énergétique ». Laurent Gugumus a exercé des fonctions très variées pendant 30 ans chez plusieurs constructeurs : RVI, Iveco, Irisbus, MAN, et Dietrich Carebus Group dont il était le directeur général.
Agir invite les villes moyennes à réfléchir avant d’acheter des bus électriques…
Est-il bien raisonnable de se lancer dans l’achat de bus 100 % électriques dès maintenant quand on est une agglomération de taille moyenne ? C’est la question à laquelle l’Association pour la gestion indépendante des réseaux (Agir)…
a tenté de répondre lors d’une journée d’étude sur les véhicules à faibles émissions, organisée conjointement avec le Gart et l’Association des maires de France (AMF). Agir s’est fondé sur l’étude comparative de la Centrale d’achat du transport public (CATP) sur les différentes motorisations, menée en 2016 et récemment réactualisée.
La question peut en effet se poser de manière aiguë pour les agglomérations de moins de 250 000 habitants, dans la mesure où les budgets nécessaires sont conséquents. D’autant que le décret publié en début d’année les a finalement autorisées à continuer à acheter de l’Euro VI, considéré pour l’instant du moins, comme « à faibles émissions » pour ces territoires. Mais comme l’a rappelé Guy Le Bras, directeur général du Gart, « on ne peut pas demander des efforts à titre privé et continuer à faire rouler des bus diesel, il y a un rôle d’exemplarité des transports urbains ».
« Il s’agit d’un travail théorique à partir de deux scénarios comparant le diesel Euro VI et l’électrique », a précisé d’emblée, Marc Delayer, le président de la CATP. « A partir de l’état du parc de l’UTP en 2016, de véhicules en circulation répartis selon les différentes normes Euro, des ratios ont été faits pour simuler un parc de 60 véhicules diesels », a commencé Maxime de Checchi, technico-commercial de la CATP. Hypothèse : la flotte est renouvelée de 10 % en 2018 (six bus) et de 8 % (cinq véhicules) en 2019. « Une hypothèse forte, mais qui correspond à ce qu’on constate avec l’anticipation liée au décret relatif aux zones à circulation restreinte », poursuit-il. La CATP a ensuite considéré que le réseau fictif réformait six véhicules Euro II la première année. L’année suivante, ce sont deux bus Euro II et trois bus Euro III qui seront remplacés par des neufs, à motorisation diesel Euro VI ou électriques.
Avec le scénario 1, sur ces deux premières années, l’achat de 11 bus diesels Euro VI coûtera 2,869 millions d’euros et procurera les réductions suivantes sur les émissions de polluants : 31,02 % sur les NOx, 12,2 % sur le CO, 29,1 % sur les hydrocarbures imbrûlés (HC) et 37 % sur les particules (PM). Dans le scénario 2, toujours sur deux ans, l’achat de bus électriques reviendra à 5,628 millions d’euros (6,444 millions en incluant les batteries). Les réductions des émissions sont de 33,3 % de NOx, 32 % du CO, 33,5 % des HC et 40,3 % des PM. « Les gains environnementaux seraient sensiblement les mêmes », assure donc Maxime de Checchi. Il poursuit : « Pour un écart de coût de 103 %, la baisse des émissions est en moyenne de 8 %. La seule baisse notable en choisissant l’électrique est celle du monoxyde de carbone avec un écart de 18 %, lorsqu’on raisonne sur l’entièreté du parc, soit 60 bus pour l’année 2019. » La CATP relève notamment la faible différence sur les particules fines si délétères, et l’explique par le fait que le moteur n’est pas le seul à en produire : « 60 % des particules sont émises par les pneus, les freins et l’usure de la chaussée, selon une étude d’Airparif validée par l’Ademe. »
On peut tout de même avancer de sérieuses critiques à cette argumentation. D’abord, le renouvellement du parc s’inscrivant dans une démarche complète, on ne peut en arrêter le bilan environnemental sur deux ans. Avec un parc 100 % neuf, l’impact sera nettement plus notable. Deuxième écueil : quid des effets sur les gaz à effets de serre, sachant qu’un diesel Euro VI en émet autant qu’un vieil Euro II ou III ? Enfin, en se plaçant à l’échéance du décret, soit 2025, « on ne réformera pas des véhicules aussi anciens, note encore un participant, mais plutôt des Euro IV ou V, d’où des écarts beaucoup plus faibles avec l’Euro VI ».
Devant un auditoire pas totalement convaincu, Marc Delayer, président de la CATP rappelle qu’il existe « une vraie carence d’informations sur ces filières. On manque cruellement de données scientifiques et de regard objectif ». Or les AO ont un calendrier très court pour prendre leur décision. Elles craignent de faire le mauvais choix. Eric Baleviez, responsable des ventes chez Heuliez Bus, estime, lui, que « chaque filière pourra présenter son intérêt en fonction du contexte local. Il n’y a pas une vérité, mais des vérités ». Et si le sens de l’histoire, l’approche de santé publique, plaide pour les filières alternatives au diesel, il est tout de même plus logique de raisonner sur le TCO (total cost of ownership) afin d’avoir une vision plus réaliste. Hélas ! Actuellement les surcoûts de l’investissement ne sont pas amortis en 12 ans. Philippe Fénart, chef de projet chez Man, redonne les ordres de grandeurs. Partant d’une base 100 pour un bus diesel de 12 mètres, « il faut considérer que le bus au gaz est à 120, l’hybride à 150, l’électrique à 200 ». Des données grosso modo corroborées par l’étude complète comparative de la CATP qui établissait, en 2016, que sur une durée de vie de 12 ans, et 40 000 km parcourus chaque année, un diesel Euro VI revenait à 475 710 euros, un électrique à 976 850 euros.
En toile de fond, toujours cette lancinante question, résumée par le représentant de Bayonne Agglomération qui a fait le choix de véhicules de 18 m électriques, commandés à Irizar pour son site propre en 2019 : l’évaluation du niveau de risque. « A-t-on les moyens de cette prise de risque et comment border son appel d’offres ? », interroge-t-il. Tout en relevant que la dépense sera « peut-être une goutte d’eau dans les finances d’une agglo comme Bordeaux ou Nantes, mais qu’à Bayonne c’est trois ans de budget d’investissement pour 18 véhicules ». Une partie de la réponse tient dans l’externalisation d’une partie du risque via par exemple la location des batteries. Sébastien Rembauville, directeur de la division Transport de Forsee Power, précise que les nouveaux contrats « ne comportent pas de surprime de risque exagérée ». De plus, « les évolutions des performances des batteries vont modifier les écarts », espère Marc Delayer.
L’autre espoir est bien sûr la baisse des coûts. A cet effet, les commandes massives de la RATP avant-gardiste avec son programme Bus2025, sont attendues de tous. « 50 % du marché du bus en France se fait avec un seul acheteur, la RATP et demain le Stif », a rappelé Guy Le Bras, en conclusion de la journée. « La loi leur impose un terme rapproché puisque c’est dès 2018 et ils exercent une pression très forte sur les constructeurs ». Le Gart répète être prêt à jouer la carte de la transition énergétique, mais « sur des techniques éprouvées et à des coûts supportables ». Quitte à monter au créneau pour obtenir des subventions si cela s’avérait nécessaire…
C. N.1 000 bus Mercedes et Man pour le réseau de Riyad
La signature a eu lieu à Montréal, en mai, lors du récent sommet de l’UITP. Public Transport Company (PTC), la joint-venture entre RATP Dev et le saoudien Saptco, va acheter 1 000 bus à Mercedes et à Man pour le futur réseau de Riyad. La répartition entre les constructeurs n’a pas été précisée. Man et Mercedes vont fournir des véhicules de toute dernière technologie, assure le premier, aux normes Euro V précise le second. Des véhicules designés tout spécialement pour le réseau.
Le réseau, qui sera exploité par PTC pour le compte d’ArRiyadh Development Authority (ADA), doit comporter trois lignes de BRT, 21 grandes lignes et 60 lignes de rabattement. Sa mise en service doit se faire en trois étapes. Avec ses 1 000 bus, PTC va pouvoir engager la première étape. A terme, le réseau va représenter 90 millions de km annuels, pour 100 millions de voyageurs transportés. Le réseau de bus va compléter le réseau de métro en cours de construction, qui doit être achevé en 2019. Et dont les résultats de l’appel d’offres pour désigner les exploitants sont attendus maintenant après la fin du Ramadan, qui vient tout juste de commencer.