Catégorie : Transports routiers

Retrouvez toute l’actualité des transports routiers et urbains : Bus, voitures électriques, politiques d’aménagements urbains

  • Le casse-tête de la sécurité ferroviaire

    Alors que François Hollande décorait le 24 août trois jeunes Américains et un… class= »MsoNormal »>
     

     Britannique qui ont réussi trois jours auparavant à mettre hors d’état de nuire le terroriste dans le Thalys n° 9364 reliant Amsterdam à Paris, le débat sur la sécurité dans les trains et les gares ne cessait d’enfler. Le sénateur-maire PS d’Alfortville Luc Carvounas, proche de Manuel Valls, a ainsi indiqué qu’il comptait écrire au président du Sénat, Gérard Larcher, pour demander la création d’une commission d’enquête sur ce thème. « Nous sommes en guerre aujourd’hui contre le terrorisme. Il faut réfléchir comment on pourrait sécuriser tous les transports publics », a-t-il expliqué. 

    Si l’Espagne met en place une procédure de contrôle des bagages aux rayons X sur les trajets ferroviaires longue distance, tout comme le fait d’ailleurs la Chine, la SNCF a toujours expliqué que la sécurisation du transport ferroviaire relevait d’un vrai casse-tête.

    Certes, il y a une exception : tous les voyageurs qui utilisent Eurostar pour se rendre à Londres sont soumis à un contrôle pour des raisons de sécurité liées au tunnel et car la Grande-Bretagne ne fait pas partie de l’espace Schengen.

    Pour tous les autres TGV, on peut sauter dans son train jusqu’à deux minutes avant son départ. Des procédures de contrôle imposeraient aux voyageurs de se présenter au moins une trentaine de minutes avant le départ, voire beaucoup plus. D’où cette question : les passagers qui mettent une heure pour aller de Paris à Lille accepteraient-ils de voir leur temps de trajet doubler ?

    Autre difficulté, qui dit temps d’embarquement plus long, dit trains immobilisés plus longtemps. Dans des gares franciliennes déjà saturées, le nombre de trains en circulation devrait nécessairement être sérieusement réduit.

    Se pose aussi la question des aménagements de portiques et de sas de contrôles. Dans les gares historiques aux espaces très contraints, ce serait terriblement complexe, affirme la SNCF. Et bien sûr à un coût exorbitant. Les voyageurs sont-ils prêts à payer le prix de la sécurité ?

    Pour Guillaume Pepy, le président de la SNCF, tout comme pour son ministre de tutelle, Alain Vidalies, l’usage systématique de portiques n’est pas réaliste, en raison du nombre trop important de voyageurs dans les gares, 20 fois plus que dans les aéroports, selon Guillaume Pepy. Quant à contrôler seulement quelques lignes à grande vitesse, ou internationales, cela nécessite d'être, "comme Eurostar, dans un domaine complètement fermé. (…) Soit vous êtes exhaustif, soit votre efficacité est faible", estime-t-il.

    "Nous allons continuer à renforcer les mesures de sécurité, ça veut dire être très présents avec des moyens humains, militaires, policiers, notamment sur ce qu'on appelle le contrôle aléatoire des bagages, qu'il faut renforcer", a indiqué de son côté Alain Vidalies sur Europe1."Ca peut se faire d'une manière précise, ponctuelle, éventuellement sur certains trains, ce que font par exemple les Espagnols, mais il n'y a aucun pays en Europe qui (ait) le même système transposé de l'aérien vers le ferroviaire", a-t-il expliqué.

    En France, gendarmes et militaires arpentent actuellement quelque 3.000 gares, arme à la main. C'est également le cas dans d’autres pays européens, notamment en Grande-Bretagne, où des membres de la British Transport Police (BTP) sont présents dans les grandes gares, souvent armés. Mais nos voisins d'Outre-Manche ne connaissent pas non plus de contrôle des bagages avant d'accéder à bord d'un train.

    Le gouvernement français mise donc aussi avant tout sur la vigilance. Il a annoncé la mise en place d'un numéro national de signalement des situations anormales dans les gares et les trains, et le renforcement du nombre et de la visibilité des messages de vigilance dans les gares. Ce numéro, le 3117, existe déjà depuis 2011 (après une expérimentation en 2010 sur la ligne D du RER) sur l’ensemble du réseau Transilien. Il permet à tout voyageur de passer un appel d’urgence pour signaler un incident lié à la sécurité des personnes. A partir du 1er septembre, ce numéro doit donc étendu à l’ensemble du territoire. Au bout du fil, une quarantaine de personnes répondront, « des cheminots spécialisés dans la sûreté, spécialement formés pour identifier une vraie ou une fausse alerte », a précisé Guillaume Pepy au Journal du dimanche du 23 août, en assurant : « C’est du diagnostic express de signalement, mais c’est très important ».

    MHP

  • Ecotaxe régionale : « le débat reviendra », prédit Bartolone

    Le débat sur une écotaxe régionale, auquel Matignon a coupé court, « reviendra », a estimé le 12 août Claude Bartolone, président de l’Assemblée nationale et tête de liste PS aux régionales en Ile-de-France. « Le débat reviendra. Pas sous la forme d’une écotaxe, mais il va bien falloir que le gouvernement fasse des propositions aux différentes régions pour pouvoir financer les transports de demain », a déclaré M. Bartolone sur iTélé. « Je comprends la décision du gouvernement, a-t-il dit, mais la question des financements pour permettre à nos systèmes routiers, de transports en commun de s’améliorer est indispensable. »
    Et d’ajouter : « Pour la région IDF en particulier, je vois l’impasse dans laquelle nous pourrions être en 2025 s’il n’y a pas de ressources nouvelles. »
    C’est l’ancien ministre des Transports, Frédéric Cuvillier, qui avait relancé quelques jours auparavant l’idée d’une écotaxe. Mais Matignon avait aussitôt coupé court aux velléités d’élus locaux de mettre en place une écotaxe au niveau régional, affirmant que le gouvernement « n’envisage pas du tout d’ouvrir » cette possibilité.

  • Hubert Haenel. Décès du père des TER

    Hubert Haenel. Décès du père des TER

    Avec Hubert Haenel, c’est un ami qui disparaît.
    On se souvient l’avoir rencontré quand, alors sénateur,
    il avait présenté en juin 1993 le rapport de la commission d’enquête chargée d’examiner l’évolution de la situation financière de la SNCF. Rapport sévère, qui a marqué le début d’un contrôle politique sur une SNCF qui était encore un Etat dans l’Etat. Mais qui aime bien châtie bien,
    et s’il avait commencé par châtier, il avait beaucoup aimé. C’est en grande partie à lui qu’on doit la création des TER, à la suite de ses propositions « Régions, SNCF, vers un renouveau du service public », de 1994, préparant un nouveau type de relations entre les régions et la SNCF pour l’organisation des transports régionaux. L’Alsace, son département, avait avec d’autres régions servi de laboratoire pour expérimenter ces nouvelles relations. Hubert Haenel, amicalement, nous avait confié dans un ouvrage publié aux Editions La Vie du Rail, dans la Collection Ville, Rail & Transports, comment il avait élaboré sa politique ferroviaire.
     

  • Recours contre le modèle Uber en Californie

    L'un des fondements du modèle d'activité du service de réservation de voitures avec chauffeur par smartphone Uber est menacé par une procédure judiciaire en Californie sur le statut de ses conducteurs.
    Une audition a eu lieu le 6 août dans un tribunal de San Francisco sur l'opportunité d'autoriser ou non un recours en nom collectif de chauffeurs d'Uber voulant se voir reconnaître le statut de salarié de la start-up.
    Ils sont actuellement considérés comme des travailleurs indépendants, mais « on leur demande de respecter une litanie d'obligations détaillées imposées par Uber », concernant par exemple ce qu'ils ont le droit de dire aux clients ou la propreté de leur véhicule, explique la plainte, déposée au nom de quatre chauffeurs. Une des motivations des plaignants est le remboursement de certaines dépenses (essence, entretien du véhicule), dû par leur employeur s'ils sont considérés comme des salariés, mais à leur charge s'ils sont indépendants.
    Uber s'oppose à la procédure en nom collectif avec l'argument qu'il n'a « pas de conducteur type ».
    L'affaire est loin d'être réglée. Le juge n'est en effet pas appelé dans l'immédiat à trancher sur le fond du dossier, mais seulement sur la classification ou pas de la plainte comme un recours en nom collectif. Il a renvoyé sa décision à une date ultérieure, qui devrait être rendue par écrit, probablement dans les prochaines semaines.
         
          

  • L’âge moyen des utilisateurs de covoiturage augmente

    L'âge moyen des utilisateurs de covoiturage augmente, et les plus de 35 ans sont désormais aussi représentés que les 18-25 ans, selon une étude réalisée par BlaBlaCar, plateforme européenne de covoiturage, publiée fin juillet.
    « De 29 ans en 2010, l'âge moyen des nouveaux inscrits sur BlaBlaCar est passé à 34 ans en 2015. Désormais, la communauté se partage quasiment à part égale en trois grandes catégories d'âge : les 18-25 ans (36 %), les 26-35 ans (28 %) et les plus de 35 ans (36 %). A noter que 5 % de la communauté a aujourd'hui plus de 60 ans », indique cette étude. Et depuis cinq ans, c'est chez les sexagénaires que la croissance du nombre d'inscrits est la plus rapide.
    Par ailleurs, les conducteurs sont désormais des cadres à 66 %, et à 14 % seulement des étudiants.

          
          
       

  • Une cinquantaine de lignes de cars en projet d’ici fin 2015

    Les opérateurs d’autocars ont prévu d’ouvrir une cinquantaine de lignes d’ici fin 2015, et près de 200 d’ici fin 2016, après la libéralisation du secteur dans le cadre de la loi Macron, a annoncé fin juillet le ministère de l’Economie.
    Les opérateurs prévoient des ouvertures « notamment sur des liaisons qui ne bénéficient pas de services ferroviaires directs », mais aussi « des services de nuit […]. De nombreuses villes de taille moyenne (Bayonne, Besançon, Montpellier, Limoges, Orléans, Brive, Poitiers) et des aéroports seront également desservis par des arrêts intermédiaires », précise le ministère.
    Concernant les gares routières, Emmanuel Macron a souligné que certaines compagnies « ont déjà des gares routières, elles peuvent continuer à les développer ». Il les a incitées « à mutualiser les emplacements ». Par la suite, il prendra, avec le secrétaire d’Etat aux Transports Alain Vidalies, « une ordonnance, qui est prévue par la loi, d’ici la fin de l’année, […] afin de définir le cadre dans lequel ces gares routières pourront être développées, et installées sur le territoire, qu’elles soient d’initiative privée ou d’initiative publique ».

  • « Les collectivités doivent définir elles-mêmes leurs besoins en véhicules propres »

    « Les collectivités doivent définir elles-mêmes leurs besoins en véhicules propres »

    Entretien avec Arnaud Rabier, secrétaire général d’Agir

    L’Association pour la gestion indépendante des réseaux de transport public (Agir) vient d’organiser ses 30es Journées sur le transport public

      les 24 et 25 juin derniers à Périgueux. L’occasion pour Arnaud Rabier, son secrétaire général, de faire le point sur les actions et les perspectives de cette association fondée en 1987.

     

    Ville Rail & Transports. Quel bilan tirez-vous des journées Agir qui se sont tenues à Périgueux les 24 et 25 juin derniers ?
    Arnaud Rabier. Le bilan est exceptionnel ! D’une part du fait de la grosse affluence au Salon : nous avons reçu 600 visiteurs et 72 exposants venus de sept pays. Nous n’avions jamais vu autant de pays représentés. Cela montre que les Espagnols, les Allemands, les Italiens, les Canadiens, les Belges, les Polonais et les Turcs s’intéressent beaucoup au marché français et voient dans les journées Agir une opportunité pour entrer en contact avec les décideurs. D’autre part, nous avons pu constater l’intérêt suscité par les grands thèmes évoqués au cours de ces journées : nous voulions apporter des solutions anticrise, c’est-à-dire expliquer qu’avant de baisser l’offre (une tentation en période de crise), il y a d’autres alternatives possibles qui donnent des résultats efficaces rapidement.

    VR&T. Quelles sont les grandes tendances que vous percevez actuellement dans le secteur ?
    A. R.  Nous constatons une grande demande d’information de la profession sur les motorisations alternatives. Les élus veulent en savoir plus alors que les pouvoirs publics s’apprêtent à préciser leurs intentions sur les flottes qui doivent être plus « propres ». Deuxième tendance : une forte demande sur les questions liées à la billettique. Les collectivités souhaitent des solutions légères. C’est devenu possible grâce au numérique et aux smartphones. Au lieu d’embarquer un terminal important dans un véhicule, un smartphone suffit désormais. Ce smartphone va non seulement gérer la billettique mais aussi permettre de géolocaliser le véhicule et d’engranger des données (qui monte, à quelle heure, où…). Ces données permettront ensuite aux collectivités d’adapter les dessertes à la réalité de l’utilisation et donc d’optimiser le service.
    Plus globalement, la profession a besoin d’échanges. Nous intervenons dans un secteur en mouvement. Nous en sommes au tout début du débat sur les motorisations alternatives. Avec la crise, les cartes sont rebattues, les modèles économiques évoluent.

    VR&T. Pourquoi avoir signé un accord avec le Gart sur le matériel ?
    A. R. C’est un accord exceptionnel qui sera structurant pour la profession. Nous avons conclu un accord avec le Gart pour faire un recensement des besoins des collectivités en matériel, à court et moyen terme. Cela nous permettra d’aller voir les constructeurs en leur disant : voilà, nous savons que la demande de véhicules des collectivités porte sur tel volume, et d’obtenir en retour des prix et des délais. Quand une collectivité fait cette démarche seule, elle s’entend répondre : « quel volume ? » En réalisant ce recensement (nous nous donnons jusqu’au début 2016), nous allons permettre aux collectivités de prendre la main pour faire avancer la filière.
    Ensuite, elles pourront sur cette base lancer des commandes non pas groupées, mais simultanées. Des commandes simultanées rendent en effet possible la personnalisation des véhicules (nombre de places, type de fauteuil, signalétique…) qui doivent s’intégrer aux flottes de chaque collectivité.
    En demandant aux collectivités d’acheter des véhicules propres [50 % des achats devront être constitués de véhicules à faibles émissions en 2020, 100 % en 2025 pour les flottes comptant plus de 20 véhicules de transport public, NDLR], le gouvernement veut imposer de nouvelles dépenses aux collectivités alors que dans le même temps, il baisse les dotations. Il va peut-être limiter l’assiette du versement transport et il ne prend pas en considération les capacités des constructeurs. C’est pourquoi nous lançons aujourd’hui un message fort au gouvernement en lui disant : regardez, avec le Gart, nous sommes en train de nous organiser dans le cadre de la filière pour évaluer nos besoins. Les industriels doivent aussi entendre notre message. Nous leur disons : c’est maintenant qu’il faut bouger ! Sinon, seuls les constructeurs asiatiques pourront répondre à la demande.
    Par ailleurs, nous avons aussi signé un accord avec le Gart sur la billettique : nous avons lancé une étude pour référencer le système de billettique pour les réseaux. Notre travail aboutira à la fin 2015-début 2016.
    C’est la Centrale d’achat du transport public (CATP) qui va conduire l’étude et bâtir un cahier des charges avec le Gart. La CATP est une entité indépendante créée par Agir pour proposer des produits bien négociés en jouant sur les volumes. La CATP épargne aux collectivités les procédures de l’appel d’offres. Elle a commencé avec les véhicules puis a élargi son champ d’intervention aux logiciels de services, tenues de conducteurs, assurances, billettiques…

    VR&T. Prônez-vous un recours accru à la gestion directe ?
    A. R.  Nous ne sommes pas « pro-régie directe ». Mais nous disons que les élus ne doivent pas négliger cette possibilité et qu’ils doivent avoir le choix. C’est une alternative crédible qui permet d’abaisser les coûts de 10 à 15 % selon les villes de Saint-Brieuc et Saumur. Ce n’est pas anodin.
    Dans le transport urbain où les contrats durent entre cinq et sept ans, une trentaine est renouvelée chaque année. Deux ou trois passent chaque année à la gestion directe. Quand Nice ou Saint-Nazaire s’y mettent, c’est significatif.
    Dans le transport interurbain, c’est aussi le cas. On comptait une dizaine de réseaux en gestion directe il y a cinq ou six ans. Ils sont une vingtaine aujourd’hui. On peut dire qu’un département sur cinq a un opérateur local. Le recours à la gestion directe permet aux collectivités de réguler la concurrence. Les départements se sont en effet aperçu qu’à partir du moment où ils ont créé leur entreprise, ils ont une alternative s’ils estiment que les exploitants ne répondent pas comme ils le souhaiteraient à leurs appels d’offres. Cela permet de jouer sur les prix.

    VR&T. Quels sont vos axes de développement pour l’avenir ?
    A. R.  Depuis quelque temps, nous développons des modélisations et nous accompagnons les collectivités dans leurs projets d’optimisation des réseaux. Les collectivités doivent pouvoir continuer à offrir une offre de service satisfaisant à moindre coût. C’est vraiment notre champ de travail actuel.
    Nous travaillons aussi sur des sujets plus techniques comme la transposition en droit français de directives européennes sur les marchés publics et sur les concessions. Nous restons vigilants pour que ces projets ne diminuent pas les marges de négociations des collectivités. Bercy cherche en effet faciliter les réponses des PME aux appels d’offres en uniformisant les consultations des marchés publics. Cela ne doit pas se faire au détriment des collectivités.
    Enfin, nous élargissons notre domaine de compétence. Il y a deux ans, nous l’avons élargi au ferroviaire. A la mi-juillet nous nous ouvrons au stationnement. Les autorités organisatrices de la mobilité durable récupèrent la compétence sur le stationnement. Nous allons donc leur apporter notre assistance et notre expertise dans ce domaine.

    Propos recueillis par
    Marie-Hélène POINGT

     

  • La commission européenne veut libéraliser les taxis et les autocars

    Bruxelles forcera-t-elle le secteur des taxis à se réorganiser ? Dans un document interne lu par VR&T, la Commission européenne s’interroge sur la légalité des licences en vigueur dans de nombreux pays de l’UE, et notamment en France depuis près d’un siècle. Selon l’exécutif européen, le système des licences « empêche des compagnies et des particuliers d’exercer la profession » et pourrait être incompatible avec le principe du marché intérieur. Le document pointe aussi un nombre de licences « typiquement insuffisant pour rencontrer la demande ». La Commission ne cache dès lors pas qu’elle veut évaluer « si les législations nationales sur l’accès au marché des taxis sont conformes aux règles de base de l’UE ». Le cas échéant, elle pourrait envisager une « initiative européenne » pour résoudre les problèmes identifiés. A la DG MOVE, l’on nous confirme qu’une étude sera bien lancée dès septembre sur les marchés des taxis et des VTC dans les Etats membres. Pour légiférer ensuite ? Le document interne prépare en tout cas un paquet de mesures que la Commission doit présenter dans le secteur routier au début 2016. Pas exclu qu’une initiative arrive à ce moment-là donc.

    Et les taxis ne sont pas les seuls à être concernés. Egalement dans le viseur de Bruxelles : le secteur des autocars, qui pourrait être davantage libéralisé. Ce marché reste très encadré en France, comme dans d’autres Etats membres. Dans son document, la Commission épingle des restrictions « qui ne semblent exister qu’au profit des intérêts particuliers des opérateurs ferroviaires » et qui empêchent le secteur d’offrir une alternative low cost efficace sur les liaisons interurbaines. « Une plus grande ouverture du marché renforcerait l’accessibilité des régions en offrant aux populations à revenu modeste une offre de transport abordable », estime-t-elle.

    Des propositions devraient donc voir le jour à Bruxelles, même si la Commission semble d’abord vouloir s’atteler à un autre gros dossier : une révision de la réglementation européenne sur les péages routiers (directive Eurovignette). Cataclysme en vue ? Cette révision pourrait marquer la fin des vignettes autoroutières en Europe, au profit de taxes kilométriques qui varient en fonction de la distance parcourue. La Commission n’a jamais caché qu’elle préférait ce système à un péage forfaitaire (vignettes annuelles, semestrielles…) qui reflète peu l’utilisation réelle de l’infrastructure. Elle semble prête à passer à l’action et à proposer l’interdiction progressive des vignettes.

    Enfin – et c’était une demande de la France – le document de la Commission indique qu’elle compte bien proposer la mise sur pied d’une agence routière européenne, tout comme il en existe aujourd’hui dans les secteurs aérien, ferroviaire et maritime. Cette proposition viendrait plus tard, pas avant la fin 2016, en même temps que des propositions visant à renforcer la lutte contre le dumping social dans le secteur.

    Isabelle SMETS

  • Les autocars sous le contrôle de l’Araf dès le 1er août

    « On aura rarement vu une telle vélocité ! », s’exclame Pierre Cardo, le président de l’Araf en se référant aux décrets d’application qui devraient être pris avant la fin de ce mois pour que la loi Macron votée le 9 juillet puisse s’appliquer dès le 1er août.

    L’Araf doit en effet dans les tout prochains jours voir ses compétences s’élargir aux activités routières (autocars et secteur autoroutier) en devenant l’Arafer. C’est cette autorité indépendante qui va notamment s’assurer que l’ouverture des nouveaux services de transport longue distance par autocar, quand elles sont inférieures à 100 km (une disposition également prévue par la loi Macron), ne porte pas atteinte aux services publics conventionnés, que ce soit les TER ou les TET (trains d’équilibre du territoire).

    Comment ? « Nous vérifierons s’il y a une modification substantielle de la situation du service existant », rappelle Pierre Cardo. « Nous regarderons si les services subventionnés ont besoin d’un financement plus important, explique de son côté Anne-Yrande Billon, vice-présidente de l’Araf. Dans d’autres pays, il y a eu un effet d’induction avec l’arrivée des autocars, qui a permis à des populations de se déplacer, ce qu’ils n’auraient pas fait autrement. Isilines évalue l’effet d’induction entre 20 et 30 %. » L’Araf devrait faire des calculs et « tests » pour évaluer l’atteinte à l’équilibre économique d’une ligne, en se basant sur l’effet d’induction mais aussi sur les conséquences sur le trafic de tous les autres modes, transport interurbain compris. « C’est encore trop tôt pour donner plus de précisions. Mais lorsque nous serons prêts, tout sera public », promet Anne-Yrande Billon.

    « Nous aurions aimé avoir le temps de nous préparer et consulter tous les acteurs concernés, souligne Pierre Cardo. D’autant que nous n’avons encore embauché personne. »

    La future Arafer va donc procéder à des recrutements en espérant passer, l’année prochaine, à 80 collaborateurs avec l’arrivée de nouveaux juristes, économistes et analystes financiers (contre une cinquantaine actuellement hors les membres du collège).

    Pour savoir comment il financera ses missions (actuellement le financement est assuré par un prélèvement sur les péages ferroviaires), Pierre Cardo va rencontrer le secrétaire d’Etat aux Transports d’ici la fin du mois. Mais pour lui, il est hors de question que le ferroviaire finance une autre activité que la sienne.

    [email protected]

  • Comment Uber poursuit son lobbying au Parlement européen

    Simon Hampton, directeur en charge des politiques publiques européennes chez Uber, était au Parlement européen mercredi 1er juillet. Objectif ? Rallier à sa cause un maximum d’eurodéputés avant la présentation, par la Commission européenne, d’un projet de régulation d’un secteur en pleine évolution, mais encore très peu réglementé : celui de l’économie du partage.

    « Nous travaillons de manière intensive pour boucler nos propositions cette année », confiait récemment Elzbieta Bienkowska, la commissaire au Marché intérieur et à l’Industrie. La régulation ne vise bien sûr pas uniquement Uber, mais également d’autres applications comme Airbnb, un site d’hébergement chez l’habitant en concurrence avec le secteur hôtelier. « Nous avons besoin de règles homogènes dans toute l’Europe. Une régulation appropriée devrait harmoniser les opportunités et les risques », précise la commissaire polonaise.

    Un certain nombre de membres de la Commission seraient « plutôt positifs » par rapport à la société californienne, note un proche du dossier au sein de l’exécutif européen. En février, Violeta Bulc, la commissaire aux Transports, estimait en effet que « les services fournis par Uber répondent aux attentes d'au moins une partie de la population », et que l'économie du partage avait « le potentiel de rendre l'Europe plus efficace ».

    Actuellement, la start-up américaine est interdite en Allemagne et fait l’objet de procédures judiciaires en France, aux Pays-Bas et en Espagne. En réponse, Uber a déposé des plaintes auprès de l’UE contre la France, l’Allemagne et l’Espagne. Pour les responsables, au sein de la compagnie, de telles initiatives enfreignent la législation de l’UE sur la concurrence et le marché unique.

    Entre ces procédures judiciaires et un lobbying intensif, tant à la Commission qu’au Parlement, Uber espère tirer son épingle du jeu en pesant de tout son poids sur l’élaboration d’un cadre réglementaire à l’échelle de l’UE. « Nous ne sommes pas contre les règles, au contraire, mais nous voulons des règles qui soutiennent les industries innovantes », indiquait Niall Wass, vice-président de la start-up, lors d’une précédente visite au Parlement le 22 avril dernier.

    Invité par les groupes des Libéraux et Démocrates (Alde) – largement favorable à la cause d’Uber – dans le cadre d'une conférence sur l'économie numérique, Niall Wass soulignait les efforts déployés par sa société pour développer l'aspect « partage » du service d’Uber. L’idée serait d’autoriser un chauffeur à prendre et à déposer plusieurs passagers sur un même trajet. « Notre vision ultime, c'est que davantage de personnes partagent ces véhicules, et que la congestion globale des routes diminue », concluait-il, à l’issue de cette opération séduction auprès des élus européens.

    Kattalin LANDABURU, à Bruxelles