Votre panier est actuellement vide !
Catégorie : Transports routiers
Retrouvez toute l’actualité des transports routiers et urbains : Bus, voitures électriques, politiques d’aménagements urbains
Taxis : manifestation européenne des fédérations professionnelles le 11 juin contre les VTC
Plusieurs fédérations de taxis (FNDT, FFTP, FNAT, FNTI, GESCOOP, UNIT et SUD) ont appelé à manifester le 11 juin, dans le cadre d'un mouvement "européen", contre la concurrence des véhicules de tourisme avec chauffeur (VTC), qu'ils jugent "déloyale".
« Un mouvement initié par les taxis de Londres est prévu le 11 juin pour protester contre la concurrence déloyale et les pratiques illégales des VTC, Uber en tête. D'autres capitales européennes sont en train de rejoindre le mouvement », précisent les fédérations.
Concernant la situation en France, le député PS Thomas Thévenoud a remis le 24 avril au Premier ministre un rapport, qui préconise de permettre aux VTC et aux taxis de se développer, mais en conservant le privilège de la maraude, c'est-à-dire la prise de clients dans la rue sans réservation, aux taxis.
Les fédérations, dans leur communiqué, demandent « la suspension immédiate de la procédure de dépôt de la proposition de loi, le temps que les organisations professionnelles représentatives du taxi aient été consultées, et que les évolutions souhaitées aient été intégrées dans la proposition ».
De son côté, l'intersyndicale des taxis (CFDT, CGT, FO, CST, SDCTP et STM) n'appelle pas à une reprise de la grève qui avait amené le gouvernement à geler en février les immatriculations de VTC. Elle "attend" la proposition de loi, selon Karim Asnoun (CGT).

Voiture propre : Ségolène Royal veut exploiter le rapport sur les nouvelles mobilités
Parce que l’électromobilité est un sujet qui lui « tient à cœur » et pour « approfondir ce que serait l’évolution d’un modèle automobile nouveau, sobre et durable », dans la perspective de la loi sur la transition énergétique, la ministre de l’Ecologie s’est fait remettre officiellement, le 13 mai, le rapport sur les nouvelles mobilités et les véhicules écologiques. Achevé en janvier dernier au nom de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST), ce volumineux rapport (250 pages) coécrit par le député de Paris Denis Baupin (EELV) et la sénatrice du Bas-Rhin Fabienne Keller (UMP) liste 100 recommandations pour repenser le véhicule automobile et la mobilité qui va avec.
Car le véhicule n’est pas tout, il n’est qu’un élément des politiques de mobilité et doit s’inscrire en complémentarité des autres modes. L’une des idées directrices : « il faut porter un imaginaire en matière d’évolution des véhicules qui permette que les valeurs de puissance et de vitesse soient remplacées par la valeur de la convivialité et de la sérénité dans le déplacement, a explicité Denis Baupin. Cela se croise avec l’objectif du véhicule qui consomme 2 litres aux 100 », espéré à l’horizon 2020. Le coauteur du rapport rappelle aussi que les futurs véhicules, à l’image du Renault Twizy, devront être modulaires et « former un continuum entre les 2, 3 et 4 roues ».
Dans ce foisonnant rapport, Ségolène Royal a principalement retenu la stratégie bas-carbone, la définition juridique du covoiturage, le déploiement des points de recharge pour véhicules électriques, l’obligation d’intégrer des places réservées aux véhicules propres dans les parkings des nouvelles constructions. Mais aussi, « l’augmentation progressive de la part des biocarburants dans le mix énergétique. Avec quels moyens ? Quelles méthodes ? Le rapport est intéressant pour savoir comment passer des objectifs à la réalisation », a précisé la ministre le 13 mai. Qui ajoute qu’elle déplore quand « des travaux de grande qualité restent dans les tiroirs ». Ce qui ne devrait donc pas être le cas de ce rapport. Puisqu’elle a d’ores et déjà annoncé retenir deux propositions : « Réfléchir à une définition juridique du véhicule écologique, selon des critères de gabarit, de motorisation, de niveau de consommation ; augmenter la part des certificats d’économie d’énergie dédiée aux projets et politiques de mobilité durable. »
Elle ajoute par ailleurs qu’elle souhaite mener une réflexion sur les moyens d’aider les ménages modestes à remplacer les véhicules les plus polluants. Alors que Denis Baupin assure qu’il ne saurait y avoir de « choix technologique a priori pour peu qu’il s’agisse d’énergie renouvelable » et insiste sur la nécessité que « l’Etat s’affiche comme volontaire », sa comparse, Fabienne Keller, met en avant la nécessité de financements. Absente lors de la remise officielle du rapport à la ministre, elle écrit dans un communiqué : « Le rapport mérite un plan d’action plus global et des engagements clairs sur son financement. » Cependant, à en croire Ségolène Royal, « les moyens financiers existent ». Ne reste qu’à les mobiliser alors ?
Cécile NANGERONI

Indianapolis choisit la voiture électrique de Bolloré
Le service d'auto-partage 100 % électrique du groupe Bolloré débarque au Etas-Unis… . Autolib rebaptisée outre-atlantique BlueIndy a été inaugurée le 19 mai par Greg Ballard, maire d'Indianapolis et Vincent Bolloré le premier jour de l'ouverture du congrès Electric Drive Transportation Association (EDTA).
BlueIndy, qui sera ouvert au public dès les 8 mois, comprendra 500 véhicules électriques, 200 stations de location équipées de 1 000 bornes de charge pour un investissement de 35 millions de dollars.
En 2015, le groupe s'implantera à Londres et en Asie.

RATP Dev lance des bus touristiques à new York
RATP Dev, filiale du Groupe RATP a ouvert, le 14 mai, des lignes de bus touristiques à New York.
Baptisée Open Tour, la nouvelle société, qui emploie une soixantaine de salariés, dispose d'une flotte de 15 bus à impériale aux couleurs du drapeau américain… Les véhicules desservent les sites et les quartiers emblématiques de la ville tels Times Square, Broadway ou encore l'Empire State Building. Deux itinéraires sont proposés et accessibles pour 39 dollars (28 euros) la journée.RATP Dev vise une fréquentation de 200.000 personnes pour sa première année.
« Le lancement de ces lignes touristiques va conforter notre développement aux Etats-Unis, tout en nous permettant d'y diversifier notre gamme d'activités », a déclaré François-Xavier Perin, président du directoire de RATP Dev,La RATP propose déjà, rappelle le groupe, une offre touristique à Paris et dans la cité balnéaire britannique de Bath.
Au travers de diverses filiales, RATP Dev assure l'exploitation du réseau de plusieurs villes américaines, dans une quinzaine d'Etats, parmi lesquels Austin au Texas, Charlotte en Caroline du Nord ou Tampa en Floride.

RATP : plus de 300 voitures du RER A recyclées par Veolia Environnement
La RATP a choisi Veolia Environnement pour démanteler et recycler 317 voitures voyageurs du RER A, a annoncé, le 14 mai, la multinationale spécialisée dans les services (eau, propreté, énergie) qui démantèle déjà de centrales nucléaires, de bateaux militaires et de plateformes pétrolières…. …Pour les RER, les opérations assurées par Bartin Recycling Groupe, filiale de Veolia, permettront de recycler et de valoriser 97% des matériaux des voitures voyageurs mesurant chacune 25 mètres de long et pesant plus de 30 tonnes.
« Il s'agit d'une première en France pour une opération de cette envergure », assure Veolia Environnement au sujet de ce contrat d'une durée d'environ 4 ans, qui doit normalement en amener d'autres dans ce créneau.
Les détails financiers du contrat n'ont pas été révélés par le numéro un mondial du traitement de l'eau et des déchets.
« Pour parvenir à ce taux très élevé de valorisation, Veolia a mis en oeuvre un savoir-faire qui permet de gérer le transfert des rames MS61, leur désamiantage et leur déconstruction, de valoriser les matériaux qui composent les voitures et de traiter les éléments non valorisables ».
Un site dédié a été implanté à Torvilliers, dans l'Aube, qui traitera neuf rames par mois.
Il comprend « une salle blanche sous dépression qui permet de traiter, sous confinement total et avec les plus hauts standards de sécurité, les matériaux polluants comme l'amiante et éviter toute dispersion de particules ».
Tous les jeudis, un convoi exceptionnel ralliera cette installation depuis Sucy-en-Brie, dans le Val-de-Marne, avec trois wagons à démanteler.
Baisse des ventes de voitures électriques depuis janvier
Les ventes de voitures électriques ont continué de baisser en avril, passant à 821 véhicules électriques particuliers immatriculés contre 940 en avril 2013, selon les chiffres publiés, le 13 mai par l’Avere. Depuis le 1er janvier, les ventes de voitures électriques ont chuté de 26,16%, avec 2.354 véhicules immatriculés, après une croissance de 55% en 2013.
La baisse des ventes s'observe également sur les véhicules utilitaires légers (-29,27%).
Les ventes seraient, selon l’Avere, pénalisées par le décret bonus écologique adopté en octobre 2013, qui a revu le bonus écologique à la baisse pour les électriques de 7.000 à 6.300 euros, de 4.000 à 3.300 pour les hybrides et à 4.000 (contre 4.500 ou 5.000 auparavant suivant les cas) pour les hybrides rechargeables. Le décret a également diminué les plafonds d'aide pour les véhicules achetés en LLD ou LOA, à 27% de la somme des loyers pour les électriques et 8,25% pour les hybrides.
A l'inverse, les ventes de véhicules hybrides ont confirmé leur progression et résistent à la nouvelle règlementation, en hausse de 9,67% en avril 2014 par rapport à avril 2013, soit une croissance de 0,5% depuis le début de l'année, avec 15.082 véhicules essence et diesel immatriculés.

Ile-de-France : bilan positif de la circulation alternée
Airparif a présenté mi-mai un premier bilan de la circulation alternée mise en place le 17 mars en Ile-de-Franc, en plein épisode de pollution aux PM 10, matières microscopiques en suspension déclarées cancérigènes par l'Organisation mondiale de la Santé… D'après l'agence de surveillance de l'air dans la région, ce dispositif autorisant les seuls véhicules à immatriculation impaire à circuler (sauf dérogations), a fait baisser de 18 % la circulation à Paris comparée au lundi précédent, de 13 % en petite couronne et de 9 % en grande couronne. Ce qui s'est notamment traduit par une diminution de 4 microgrammes par m3 de PM10, à proximité du trafic et notamment sur les grands axes parisiens. "A certaines heures comme la pointe du soir, la baisse a représenté 10 % sur le périphérique parisien pour les PM10. L'impact a été encore plus important pour la pollution aux dioxyde d'azode, avec des gains pouvant aller jusqu'à -30 % sur le périphérique", précise Anne Kauffmann, chargée d'études à Airparif. "Il y a peu de mesures qui permettent un impact aussi important", a-t-elle ajouté.
Reste que l'impact aurait été supérieur si, au lieu de cibler les véhicules en fonction de leur plaque d'immatriculation, ils l'avaient été en fonction de leurs niveaux de pollution. Pour Airparif, les pics de pollution ne doivent pas masquer le problème de la pollution chronique et appelle à une action "pérenne" pour agir sur une qualité de l'air "problématique" toute l'année : en 2013, plus de 3 millions de Franciliens ont été potentiellement exposés à des niveaux de pollution qui ne respectent pas la règlementation, principalement à Paris et près des grands axes de circulation.
La France a un contentieux en cours avec la Commission européenne pour non respect du respect des seuils sur les PM10 dans une quinzaine d'agglomérations. "Et vraisemblablement, la France sera condamnée", indique Karine Léger, adjointe du président d'Airparif. Et un nouveau contentieux semble très probable pour les dioxydes d'azote. "On aurait du respecter les règlementations en 2010 et on ne les respecte toujours pas", souligne-t-elle.
Depuis 10 ans, la pollution est en baisse. Mais relève le directeur d'Airparif, Jérome Clave, à raison de "-1% par an (…) il faudra entre 30 et 50 ans au rythme actuel" pour respecter les seuils autorisés. "Il faut des mesures qui accélèrent le rythme", ajoute-t-il.Ségolène Royal pour des bus électriques à Paris
La ministre de l'Ecologie, Ségolène Royal, a déclaré, le 8 mai, que les grandes villes devaient « donner l'exemple » pour accélérer la « révolution de la voiture électrique" qui, selon elle, constitue la vraie réponse au problème du diesel. « Mon souhait est que lorsque quelqu'un voudra changer une vieille voiture diesel, il puisse s'acheter une voiture électrique », a indiqué Ségolène Royal, en marge d'un déplacement sur les perturbateurs endocriniens, à Paris.
Pour Ségolène Royal, « la révolution de la voiture électrique se fera beaucoup plus rapidement (…) si les grandes villes donnent l'exemple ». Elle les a appelées à leur « donner un avantage », comme le stationnement gratuit et la possibilité de rouler dans les couloirs de bus en cas d'embouteillages, mais aussi à « aider financièrement » les taxis à acheter des véhicules électriques et convertir la flotte de bus municipaux.
« Tous les bus dans Paris devraient être électriques », a-t-elle estimé. « Il n'y a aucune raison que ça traîne autant », a ajouté la ministre, soulignant que les villes n'avaient pas besoin de l'aide de l'Etat pour opérer la révolution électrique.

Un plan antipollution présenté au Conseil de Paris le 19 mai
Un nouveau programme antipollution de la municipalité sera présenté le 19 mai au Conseil de Paris, avec un objectif prioritaire: « retrouver un air de qualité à Paris », a expliqué à l'AFP Christophe Najdovski, adjoint au transport à la mairie. La Ville doit « respecter les normes européennes en matière de pollution, on doit agir vite et fort », … …a poursuivi l'ex-candidat EELV à la mairie de Paris.
Ce plan antipollution doit permettre à la Ville « la mise en place immédiate de mesures d'urgence quand on atteint le seuil d'alerte ».
Parmi les différentes mesures figure la relance, dans une version « améliorée » des Zapa (zones d'action prioritaire pour la qualité de l'air), ces zones dans lesquelles les véhicules les plus polluants sont limités, voire interdits.
Ce dispositif, issu du Grenelle 2, sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy, avait été abandonné par le gouvernement de Jean-Marc Ayrault en raison du peu d'empressement des villes à se porter candidates aux tests. Anne Hidalgo, maire PS de Paris, avait même appelé en mars à « zapper les Zapa ».
Selon Christophe Najdovski, ce sont les « Zapa version NKM » qui étaient « inefficaces », car pas assez contraignantes "face à l'enjeu de la pollution de l'air ». « On doit interdire l'accès à une masse plus importante de véhicules », a-t-il expliqué.
Attachée à ce dispositif, Nathalie Kosciusko-Morizet avait inscrit la création de Zapa dans ses engagements de campagne. Aujourd'hui, la députée francilienne n'en démord pas: « La seule mesure efficace à nos yeux pour réduire la pollution est la mise en place de Zapa (…) malheureusement l'équipe municipale a tellement changé d'avis sur le sujet qu'il est permis d'être sceptique: n'était-ce pas Bertrand Delanoë lui-même qui en avait demandé l'application 2012, sans donner suite ? », a réagi dans un communiqué l'ex-candidate UMP à la mairie de Paris.
Par ailleurs, le plan antipollution souhaite inciter les usagers à troquer leur voiture contre les transports en commun dès le début d'un pic de pollution.
Ainsi, la gratuité du stationnement résidentiel devrait être mise en place dès que le seuil d'information est dépassé alors que pour l'heure, la mesure est effective seulement quand le seuil d'alerte est atteint. Les Velib' et les Autolib' devraient être gratuits à partir du deuxième jour du seuil d'information.
La municipalité souhaite aussi mettre en place la circulation alternée et la gratuité des transports en commun dès que le seuil d'alerte est susceptible d'être franchi.
La circulation alternée « n'aura d'efficacité réelle que si elle permet aux Parisiens et aux franciliens de s'y préparer, et si elle se donne pour perspective d'évoluer vers plus de sélectivité entre véhicules polluants et véhicules plus propres », a réagi Nathalie Kosciusko-Morizet dans son communiqué co-signé avec Yann Wehrling, porte-parole du groupe UDI-MoDem au Conseil de Paris.
Le programme antipollution prévoit également la fin du diesel dans les transports en commun. Le PDG de la RATP, Pierre Mongin, a fixé à 2025 la date de disparition de ses bus diesel, mais pour Christophe Najdovski, c'est « trop tardif ». Il estime qu'il faut avancer l'échéance à 2020.
Paris veut en outre que les particuliers délaissent le diesel. Ces derniers se verraient offrir un an de transport en commun gratuit s'ils décidaient de renoncer à leur voiture diesel.
Le coût global de ce plan, qui revient selon l'opposition à "brasser de l'air", n'est pas encore fixé. Il s'agit pour l'heure « de grandes orientations », a souligné Christophe Najdovski. La gratuité des transports en commun en Ile-de-France coûte à elle seule 4 millions d'euros chaque jour à l'échelle régionale.

« Nous demandons l’ouverture à la concurrence des liaisons par autocars au-delà de 200 kilomètres »
Les autocaristes affichent leur satisfaction après la présentation, fin février, de l’avis de l’Autorité de la concurrence en faveur d’une ouverture plus large du marché à la concurrence. Pour Michel Seyt, c’est une première étape qui doit maintenant se traduire dans la législation.
Ville, Rail & Transports. Après l’avis présenté le 27 février par l’Autorité de la concurrence qui se prononce pour le développement de l’autocar en France, que vous reste-t-il à faire ?
Michel Seyt. Nous nous félicitons de cet avis car c’est la première fois que l’autocar est considéré comme un moyen de transport nécessaire. Les efforts engagés depuis plusieurs années par la FNTV pour promouvoir l’image de l’autocar portent enfin leurs fruits.
Mais il faut maintenant que les textes reprennent les recommandations de l’Autorité de la concurrence qui ne représentent qu’un avis. On nous dit aujourd’hui qu’il y a une forte probabilité pour que certaines propositions de l’Autorité de la concurrence figurent dans le volet 2 du projet de loi sur la décentralisation. Nous allons continuer à travailler et à faire des propositions au gouvernement. Un de nos principaux messages, c’est de dire qu’il faut qu’une part des lignes nationales soit en open access.
VR&T. Quelles doivent être les critères, selon vous, permettant cet open access ?
M. S. Pour la première fois, l’Autorité de la concurrence s’est ralliée à notre proposition : se baser sur un critère kilométrique (et non plus sur un critère administratif – le niveau de la région – comme elle l’évoquait précédemment), pour mettre en place un régime d’autorisation de plein droit des liaisons au-dessus d’une certaine distance. Compte tenu de la taille de la France, un opérateur qui le souhaite devrait avoir le droit de proposer d’ouvrir une ligne sur une distance d’au moins 200 à 250 km. Se baser sur un critère kilométrique, c’est ce qui se fait un peu partout ailleurs en Europe, c’est la tendance générale. Les textes européens se réfèrent aussi à ce critère.
Cela n’interdirait pas aux régions qui le souhaitent de contractualiser avec des opérateurs sur des parcours dépassant les 250 kilomètres.
Ce dispositif permettrait aussi aux régions de répondre à une question prégnante : quid des lignes ferroviaires interrégionales menacées ? Si le train est moins pertinent, les régions peuvent préférer une liaison par autocar moins onéreuse, pouvant être mise en place très rapidement.
VR&T. Quels garde-fous proposez-vous ?
M. S. L’Etat a peu de moyens de contrôle. Une autorité de régulation pourrait s’assurer du respect des dispositions. Aujourd’hui en France, de nombreuses demandes d’ouvertures de lignes sont refusées dès lors qu’on estime qu’elles risquent de faire légèrement régresser les recettes du chemin de fer. Or, il faudrait regarder si elles plombent vraiment les comptes ou pas. L’idée selon laquelle l’autocar viendrait écrémer le trafic ferroviaire est fausse. Il y aura évidemment un peu de report de clientèle mais il y aura surtout de nouveaux voyageurs : partout où une ligne par autocar s’est mise en place, on a vu les parts de marché du transport public augmenter.
Ce que préconise l’Autorité de la concurrence, c’est un système d’autorisation. Par ce biais, vous apportez des garanties aux voyageurs. Nous voulons simplifier le système avec une Autorité qui arbitre. L’Autorité de régulation doit avoir un droit de regard en amont. L’Araf [Autorité de régulation des activités ferroviaires, ndlr] pourrait tenir ce rôle si on élargit ses compétences. Nous souhaitons que l’Araf soit chargée de vérifier si la ligne proposée par un opérateur porte atteinte – ou pas – au service existant. Cela peut surprendre que la FNTV demande une autorité de la régulation. Pour nous, c’est la clé de la réussite. Seule une Autorité de régulation peut permettre de passer d’un système cadenassé à un système ouvert.
VR&T. Est-ce que cela suffira à rassurer les régions qui se montrent, comme le rappelle l’Autorité de la concurrence, opposées à l'ouverture de lignes routières ?
M. S. Nous entendons les inquiétudes de l’Etat, de la SNCF et des collectivités locales sur le modèle économique des liaisons ferroviaires. Dans notre pays, la culture ferroviaire est bien réelle et il y a un véritable maillage du réseau ferré. Nous ne voulons pas être à l’origine d’une désorganisation totale. Mais on sent bien qu’il y a un marché pour les liaisons longue distance en autocar.
Il y a de nombreuses liaisons qui ne sont pas desservies par le train. Certaines ne fonctionneront peut-être plus demain. Et est-on certain que les origines – destinations sont les mêmes par train ou par autocar ? Rappelons enfin qu’un opérateur d’autocar exploite des lignes à ses risques et périls. Le parc est a minima Euro 4, voire Euro 5. Ce sont donc des véhicules propres, confortables et sûrs. Nous disposons d’un réseau routier performant. Concédé ou pas, il est offert aux voitures particulières. Mais pas aux transports publics !
De plus, le secteur routier de voyageurs embauche. Nous aurons la possibilité de développer le marché de l’emploi, évalué à 10 000 postes. Ce sont des emplois à plein-temps, avec des métiers qui évoluent. Un exemple : les capitaines de bord mis en place par iDBus ne remplissent pas seulement le rôle de conducteur. Ils ont aussi une fonction d’accueil commercial dans une logique de service.
VR&T. Sur certaines lignes, la concurrence avec le train pourrait être frontale car les prix sont beaucoup plus bas par la route…
M. S. La tentation pourrait être grande d’inonder le territoire avec de multiples liaisons d’autocars low cost. Je me dis qu’il faut être prudent par rapport à cette tentation-là.
Le deuxième volet de notre démarche, c’est la réussite de la mise en œuvre. L’offre doit répondre à un besoin de mobilité. Il faut prendre en compte les comportements de certains voyageurs qui semblent enclins à aller vers le covoiturage. Or, ce ne sont pas seulement des automobilistes qui ont laissé leur voiture au garage. Ce sont aussi des voyageurs qui sortent du système du transport public. Il faut donc faire en sorte que notre offre soit visible. Et proposer toute une série de destinations que vous ne pouvez pas faire en train sur des longues et moyennes distances.
Laissons le dernier mot aux voyageurs ! Comme le souligne l’Autorité de la concurrence, permettons aux clients aux revenus modestes, des étudiants par exemple, ou à ceux qui ont du temps pour voyager, comme les retraités, de choisir s’ils préfèrent un billet d’autocar à 10 euros ou payer un peu plus cher pour prendre le train. Je rappellerai une phrase dite par Guillaume Pepy lors de notre dernier congrès : « Là où le voyageur utilise le car, il le plébiscite. »
VR&T. N’y a-t-il pas un risque pour les opérateurs français de voir débarquer la concurrence européenne ?
M. S. Les opérateurs de tous les pays européens pourront se porter candidats. Forcément, l’ouverture du marché intéressera les Allemands et les Britanniques. En Grande-Bretagne, les opérateurs savent proposer des services d’autocars de haute qualité de service. Les opérateurs français sont aussi capables de le faire. Aujourd’hui, trois opérateurs développent leurs activités : iDBus, Eurolines et Starshipper. Il existe un marché, même s’il est émergent. Plus on retarde l’ouverture en France, moins les Français pourront se préparer à la concurrence.
Nous préférons parler d’ouverture plutôt que de libéralisation car la libéralisation peut donner le sentiment qu’on privatise. L’Araf vérifiera que toutes les conditions de sécurité sont réunies. Et s’il y a atteinte ou pas à une ligne de service public.
VR&T. Les gares routières sont-elles adaptées ?
M. S. Nous avons lancé une étude sur ce thème et constaté que la France a perdu 50 % de ses gares routières depuis la Seconde Guerre mondiale. Si on retient les gares avec présence humaine et vente de titres, on tombe à 20 %. Le seul texte qui parle des gares routières remonte à une ordonnance de 1945. C’est dire si le sujet a été travaillé !
On ne peut dissocier le développement des autocars de la renaissance des gares. L’enjeu est fondamental : regardez où Eurolines embarque ses passagers, parfois c’est au coin d’une rue ! Les autocars sont considérés comme encombrants mais rien n’est fait pour les accueillir.
Nous avons regretté que le sujet sur les gares routières ait été retiré du volet 1 de la loi sur la décentralisation. Tout doit maintenant être traité dans le volet 2.
Les périmètres urbains se sont étendus et on a multiplié les compétences des uns et des autres, qui se chevauchent : le conseil général organise les transports départementaux et scolaires, la région ceux par TER… Demain, il faudra répondre à une question : faut-il que les gares routières soient proches de celles de la SNCF ou éloignées ? Dans certains cas comme à Montpellier, la gare routière ne peut plus être proche comme elle l’était autrefois car le réseau de tramway s’est développé. La gare routière doit donc être en périphérie.
Si personne ne demande à avoir la compétence sur la gare routière, nous proposons que ce soit la région qui l’ait. Ce qui garantit une réflexion à la bonne échelle, jouant sur la complémentarité des transports et offrant une information multimodale.
VR&T. Jean-Marc Ayrault a annoncé fin février des agendas d’accessibilité programmée (Ad’ap) qui repoussent l’obligation de mise en accessibilité des transports au 1er janvier 2015. Comment réagissez-vous ?
M. S. Le gouvernement a eu deux mérites. D’abord, de décider de prendre le sujet à bras-le-corps en expliquant pourquoi il y avait du retard dans les réalisations. Dans notre secteur, l’obligation formelle de rendre accessible date de moins de dix ans car il a fallu attendre les décrets d’application de la loi de 2005. C’était un délai impossible à tenir. On ne peut imaginer que 6 000 ou 7 000 points d’arrêts puissent être rendus accessibles en dix ans. Le Premier ministre n’a pas repoussé la loi mais il a expliqué – c’est le second mérite – qu’il mettait en place un processus pour aboutir.
Les départements vont donc devoir établir un agenda programmant l’accessibilité. Il y aura des engagements financiers et pragmatiques. On ne peut pas par exemple desservir de la même façon un département très urbain et un département de montagne. Ainsi on saura ce qu’il faut faire partout. Les Ad’ap vont donner la direction et permettre d’adapter les parcs sur les lignes nationales régulières. Le transport scolaire va être traité de façon particulière. Les départements vont pouvoir se tourner vers les familles en leur demandant si elles veulent un point d’arrêt accessible ou si elles préfèrent un transport à la demande puisque l’on constate que le TAD (un service porte-à-porte) est largement plébiscité. Le réalisme a prévalu dans le respect du sujet.
Propos recueillis par Marie-Hélène Poingt
L’ouverture à la concurrence du marché des autocars devrait faire partie du deuxième volet de la loi sur la décentralisation
Le ministère des Transports affiche un « a priori favorable au développement du transport par autocar ». Ses services ont affirmé le 28 février à Ville, Rail & Transports que « la question sera traitée dans le volet 2 du projet de loi de décentralisation, dont le texte devrait être examiné lors du Conseil des ministres du 9 avril ». Pour les autocaristes qui attendent de longue date une ouverture plus large du marché à la concurrence, c’est un motif de satisfaction puisque c’était l’une de leurs revendications.
Le 27 février, ils ont reçu l’appui de l’Autorité de la concurrence, qui après s’être autosaisie du sujet et avoir travaillé pendant un an, s’est prononcée en faveur d'une ouverture du marché des autocars sur des trajets longue distance, via une refonte du cadre réglementaire.
Actuellement, le transport interrégional par autocar n'est possible en France que dans le cadre d’une convention entre les collectivités locales et les transporteurs, ou bien, depuis 2011, dans le cadre du cabotage, qui permet de faire monter ou descendre des voyageurs entre deux villes françaises sur une ligne internationale.
Le cabotage « créé d'importantes contraintes commerciales, pratiques et juridiques », estime l'Autorité, qui préconise de l'abandonner et de « prévoir un cadre national qui concilie le développement du transport par autocar longue distance d'initiative privée et la préservation d'offres répondant à des besoins de service public ».