Catégorie : Transports urbains

Retrouvez toute l’actualité des transports urbains: Métro, RER, lignes de bus, constructeurs et opérateurs en France et à l’international

  • Le renouveau du site de Caf à Bagnères-de-Bigorre

    Le renouveau du site de Caf à Bagnères-de-Bigorre

    Lancés en 2022, les travaux de modernisation du site de Caf, situé à Bagnères-de-Bigorre, dans les Hautes-Pyrénées, sont quasiment achevés. Ils ont représenté 10 millions d’euros entre 2022 et 2025 et vont permettre de réorganiser le site devenu centre d’expertise de Caf France pour les tramways et les trains courts de moins de 50 mètres de long.
    Ce site de production est ancien. L’entreprise Soulé qui s’y est installée en 1862, rebaptisée par la suite CFD Bagnères, a été reprise en 2008 par CAF. Le produit phare de Caf, c’est l’Urbos, qui est assemblé à Bagnères-de-Bigorre. Une gamme de tramways, en quatre largeurs unidirectionnel ou bidirectionnel, deux écartements, et des longueurs allant de 21 à 64 m, en 3, 5, 7 ou 9 voitures (modules), pouvant transporter de 145 à 350 voyageurs.

    250 voitures par an

    L’un des ateliers a été remodelé pour créer trois lignes de production, chacune destinée à un modèle et un client. Un autre atelier a été construit avec deux voies sur pilotis et des passerelles pour accéder à la toiture, afin d’effectuer les tests de câblages avant la livraison. Un autre atelier, en cours de finition, permet aux clients d’effectuer ses propres tests avant l’expédition des demi-rames
    Malgré sa taille modeste, 40000 m2 dont 23500 bâtis, ce site peut désormais assembler 250 voitures par an, soit trois à quatre tramways par mois (selon la longueur des rames). Le nombre d’employés a augmenté pour atteindre 200 personnes. Ils seront 225 d’ici la fin de l’année. Le constructeur d’origine espagnole estime que les effectifs auront crû de plus d’un quart (+28 %) entre 2023 et 2026.

    Des trams pour Montpellier, Marseille ou la RATP

    Le site réalise les commandes de tramways pour Montpellier : 77 rames destinées à la ligne 5 et pour remplacer peu à peu les rames vieillissantes de la ligne 1. En ce moment, l’atelier haut-pyrénéen assemble également les 15 rames de tramways pour Marseille et 12 locotracteurs bimodes pour la RATP destinés aux RER.
    Ces commandes réalisées, CAF France s’attellera au marché des 19 rames destinées à Tours et des 40 rames pour la ville de Rome.
  • Paris, élue meilleure ville européenne pour la mobilité des enfants

    Paris, élue meilleure ville européenne pour la mobilité des enfants

    Paris, ville des enfants ? Un récent classement établi par le collectif d’ONG Clean Cities sacre la capitale meilleure ville européenne pour la mobilité des enfants. Devant Amsterdam et Anvers.

    Expérimentées au moment du déconfinement post Covid pour respecter la distanciation physique et par la même occasion, lutter contre la pollution et sécuriser les trajets des enfants vers les établissements scolaires, les « rues aux écoles » se sont multipliées dans la capitale. Elle en compte plus de 200 aujourd’hui et les équipes d’Anne Hidalgo comptent en aménager 300 d’ici à 2026, l’année des élections municipales.

    822 km de pistes cyclables sécurisées

    Mais ce n’est pas seulement pour ces aménagements qui limitent la circulation automobile et favorisent la marche et le vélo chez les enfants que la capitale se hisse sur la première marche du podium des villes les mieux adaptées à la mobilité des moins de 12 ans. Les 822 km de pistes cyclables sécurisées sur lesquels les enfants (et les cyclistes en général) se sentent plus en sécurité, ont incité Clean Cities à élire Paris au premier rang des villes européennes pour la mobilité des enfants, dans son classement dévoilé mi-mai. Juste devant Heksinki, en Finlande.

    Autre mesure saluée par le collectif d’ONG dont Transport & Environnement et Réseau Action Climat, la limitation de la vitesse maximale autorisée à 30 km/h. Une mesure qui a du mal à être respectée mais qui concerne une grande partie des axes parisiens et a la mérite de réduire « à la fois la pollution et les accidents, et qui fait consensus auprès de l’ensemble des villes l’ayant adopté », selon Clean Cities. Avec 89 % des ses rues concernées, Paris se classe à nouveau en tête du classement. Lyon s’installe à la cinquième place.

    Dans un précédent classement dévoilé juste avant la votation citoyenne de mars 2025 à laquelle les Parisiens étaient appelés à se prononcer sur la piétonisation et la végétalisation de 500 nouvelles rues, Clean Cities estimait en revanche que la capitale est encore en retard sur la marche et les espaces verts.

  • Electromobilité : Heetch reprend les actifs de Zeway

    Electromobilité : Heetch reprend les actifs de Zeway

    Les actifs de la société Zeway qui proposait des locations de scooters à batteries amovibles, avec un système d’échange de batterie pleine contre une vide, ont été repris par l’application de VTC française Heetch, La plateforme a racheté le parc de plus de 2500 scooters électriques de Zeway, après sa liquidation judiciaire, pour les revendre à prix réduit.

    Dans le même temps, Heetch va relancer le réseau de bornes de recharge, avec une location par abonnement comprise entre 39,99 € et 59,99 € par mois selon les modalités et les modèles proposés. L’offre de Zeway basée sur un réseau d’échange de batteries auprès d’acteurs de proximité, commerçants et autres, a motivé l’offre de reprise de la plateforme Heetch

  • Lancement d’une concertation sur le Tzen 3 en Seine-Saint-Denis

    Lancement d’une concertation sur le Tzen 3 en Seine-Saint-Denis

    Le département de la Seine-Saint-Denis a lancé une concertation, démarrée le 12 mai, sur une nouvelle ligne de bus en site propre baptisée  Tzen 3. Un bilan sera présenté à l’issue de cette concertation qui s’achèvera le 30 juin. Le département indique vouloir consulter les habitants sur ce projet, même si une enquête publique « plus classique » est prévue en 2026.

    La liaison longue de dix kilomètres, doit desservir huit communes : Paris, Pantin, Bobigny, Romainville, Noisy-le-Sec, Bondy, Les Pavillons-sous-Bois et Livry-Gargan, via une vingtaine de stations. Ce bus à haut niveau de service (BHNS), qui circulera sur une voie dédiée, pourra relier en 30 minutes Paris aux Pavillons-sous-Bois. 

    Le projet prévoit également de réaménager les espaces publics le long du TZen 3 avec la plantation de près de 500 arbres, la création de 20 km de pistes cyclables supplémentaires et une amélioration de l’espace public en faveur des piétons.

    « Réalisé sous maîtrise d’ouvrage départementale, le Tzen 3 est financé par l’Etat, la Région Ile-de-France et le Département de la Seine-Saint-Denis au titre du Contrat de Plan Etat-Région, pour un coût total évalué à 187M€. Le matériel roulant est quant à lui entièrement pris en charge par Ile-de-France Mobilités« , indique le département dans un communiqué.  

  • Après les trains, Keolis bientôt aux commandes de bus dans la région de Boston

    Après les trains, Keolis bientôt aux commandes de bus dans la région de Boston

    En décrochant le contrat d’exploitation des bus de la région Boston jusqu’en 2028, avec la possibilité d’étendre le contrat un an supplémentaire, Keolis consolide ses positions dans le Grand Boston, où elle exploite déjà le réseau de trains de banlieue et les parkings. Une carte de visite pour ses ambitions en Amérique du Nord.

    La Metro West Regional Transit Authority (MWRTA) a retenu à Keolis pour exploiter, à partir du 1er juillet, ses services de transport de bus, incluant les lignes fixes, le transport à la demande et le transport de personnes à mobilité réduite, annonce dans un communiqué le groupe français.

    Le contrat, d’une durée de trois ans (avec deux options de renouvellement d’un an), représente un volume annuel d’environ 700 000 trajets sur un territoire de plus de 1 000 km2, réalisé avec une flotte de 90 véhicules. Il permet à Keolis de renforcer sa présence dans la région du Grand Boston, où il exploite déjà les trains de banlieue (Commuter Rail) et les services de stationnement pour le compte de la MBTA (Massachusetts Bay Transportation Authority).

    « Ce gain s’inscrit dans la stratégie de croissance de Keolis en Amérique du Nord », indique la filiale de transport public de la SNCF, qui « avait déjà doublé son activité bus l’année dernière après les gains de deux contrats à Phoenix et Austin ».

     

  • Les grands travaux reprennent de plus belle dans les transports franciliens

    Les grands travaux reprennent de plus belle dans les transports franciliens

    3,7 milliards d’euros, c’est le montant (qui représente les investissements sur le réseau des transports publics franciliens en 2025) dévoilé par  Grégoire de Lasteyrie, vice-président d’Ile-de-France Mobilités, pour présenter la saison printemps-été des travaux dans le métro, RER, tramway et Transilien.

    L’été, les transports sont moins fréquentés et cette année, le planning de travaux est particulièrement intense car il faut compenser l’absence totale de chantiers à l’été 2024 pour cause de JO. Financés par SNCF Réseau et Ile-de-France Mobilités (DFM), les travaux consistent à rajeunir les infrastructures pour notamment y faire rouler du nouveau matériel, mais aussi changer des postes d’aiguillage et remplacer deux ponts ferroviaires centenaires.

    « Régénérer, développer, l’objectif est d’avoir un réseau moderne et stable en 2030 (…) d’être en mesure d’accueillir les nouvelles rames de métro MF19 sur les lignes 3, 3bis, 7, 7bis, 8, 10, 12 et 13 de la RATP, les MP 89 sur la ligne 6, les MI 20 sur le RER B, le RER NG sur le D et le E, et de préparer l’arrivée du Grand Paris Express », énumère le bras droit de Valérie Pécresse à l’autorité des transports d’Ile-de-France. A commencer par le maillage et les interconnexions avec la ligne 15 sud du futur métro automatique, maintenant attendue pour fin 2026.

    La ligne 14 n’est pas en reste avec dores et déjà des interruptions de service épisodiques et un service totalement interrompu entre le 4 et le 8 août « pour une mise à niveau complète de tout le système de pilotage des trains dans sa version définitive, avec des nouvelles fonctions innovantes« , décrit le directeur des infrastructures à la RATP, Jean-Louis Houpert. Par exemple, « apprendre » aux rames automatiques à pratiquer la marche arrière, manœuvre utile en cas d’évacuation des voyageurs.

    Un calendrier de travaux fourni, principalement de nuit, mais qui va aussi nécessiter des fermetures temporaires pouvant aller d’une journée à plusieurs semaines sur de nombreuses lignes. « Pour chaque fermeture, un plan de transport alternatif est proposé aux voyageurs, avec également des bus de substitution« , veut rassurer Grégoire de Lasteyrie.

    Dès le 8 mai

    « Il n’y a pas beaucoup de façons d’intervenir » sur le réseau pour réaliser des travaux, justifie Jean-Louis Houpert. « Il y en a trois : la nuit courte, la nuit longue (au-delà des horaires de fermeture du métro, ndlr) et l’interruption temporaire qui peut aller d’un jour à plusieurs semaines », détaille-t-il.

    • Onze lignes de métro sont concernées par les interruptions temporaires de circulation, dès le week-end prolongé du 8 mai. Lire le détail : ici
    • Sur les lignes de RER A, B, C, D et E, les travaux estivaux n’entraînent pas forcément des fermetures, mais les circulations sont impactées sur certains axes. Lire le détail : ici
    • Du côté des tramways, seule la ligne T1 sera fermée du 15 juillet au 31 juillet entre Gare de Saint-Denis et Hôpital Delafontaine. Et pour la ligne T2, le terminus Porte de Versailles – en cours de réaménagement – sera fermé jusqu’en février 2026, l’arrêt Suzanne Lenglen devient le terminus provisoire ( deux arrêts avant la porte de Versailles).
    • Les lignes SNCF Transilien sont également concernées avec le gros chantier du remplacement du pont des Cathédrales à Saint-Denis, le renouvellement des tabliers du pont des Souverains près de la gare Saint-Lazare, le remplacement d’aiguillages gares de l’Est et Montparnasse, la régénération de la caténaire sur le RER C entre Choisy-le-Roi et Athis-Mons ou encore le remplacement plusieurs kilomètres de voie et de quatre aiguillages sur le RER C. Lire le détail : ici
  • Le tramway T1 repart avec des stations rénovées

    Le tramway T1 repart avec des stations rénovées

    Fermées pour rénovation depuis plus de sept mois, les six dernières stations du T1, à l’est de la ligne (Bobigny Pablo-Picasso, Jean-Rostand, Auguste Delaune, Pont de Bondy, Petit Noisy et Gare de Noisy-le-Sec) sont à nouveau desservies depuis le 22 avril. Elles ont été inaugurées le 30 avril.
    Les quais ont été allongés pour s’adapter aux nouvelles rames TW20 et le mobilier des stations a été changé.
    Deux stations ont fait l’objet de transformations plus approfondies. La station Bobigny – Pablo Picasso a été déplacée, agrandie et dotée de quais de 110 m de long pouvant accueillir chacun trois rames de 33 m simultanément. Avec un total de 400 m linéaire, elle pourra servir de station de régulation lorsque le T1 sera exploité en 3 tronçons après la mise en service des prolongements à l’ouest et à l’est. Le terminus du T1, la gare de Noisy-le-Sec, a aussi été déplacé afin d’être rapproché de la gare ferroviaire desservie par la ligne E du RER.
    La RATP a aussi profité de l’interruption du trafic pour effectuer des opérations de maintenance, notamment le remplacement d’environ 1 500 mètres de rails et de bitume entre les stations Auguste Delaune et Pont de Bondy ainsi qu’entre Pont de Bondy et Petit Noisy.
    Les aménagements et rénovations de ces six dernières gares s’inscrivent dans le programme de modernisation progressive des 26 stations historiques du T1. Il a été financé par Île-de-France Mobilités (55 millions d’euros) et le département de la Seine-Saint-Denis (pour près de 8,5 millions d’euros).
    Les travaux à la station Gare de Noisy-le-Sec, ont été mis à profit pour déplacer les réseaux, en prévision du futur prolongement vers Val de Fontenay. Celui-ci est prévu en deux phases, d’abord en 2028 jusqu’à la station Rue de Rosny à Montreuil, puis en 2030 jusqu’à Fontenay-sous-Bois.
    À l’ouest de la ligne, la ligne devait atteindre Rueil-Malmaison en 2030, mais cette échéance a été repoussée en janvier, 2025.
  • Transdev renforce ses positions dans le Nevada

    Transdev renforce ses positions dans le Nevada

    Transdev étend son offre de services à Las Vegas. L’opérateur de transport public a annoncé le 30 avril avoir obtenu un nouveau contrat de transport adapté dénommé « paratransit » pour le compte de la Commission des transports régionaux du sud du Nevada (RTC).

    La filiale de la Caisse des dépôt, qui va bientôt passer sous pavillon allemand, exploitait déjà, depuis juin 2023, le service de  bus de Las Vegas.

    Cette activité nouvelle comprend plus de 400 véhicules et l’emploi de 857 collaborateurs, dont 704 conducteurs. « Transdev U.S. gère désormais dans le sud du Nevada une flotte de plus de 800 véhicules et une équipe de plus de 2 300 collaborateurs. Le contrat initial de cinq ans, valorisé à 579 millions de dollars, comprend des options pouvant prolonger l’accord jusqu’à quatre ans », précise un communiqué.

    Selon Thierry Mallet, le PDG du groupe, également cité dans le communiqué, Transdev U.S. exploite désormais « l‘un des réseaux de transport les plus étendus du pays ». L’année dernière, l’activité américaine a atteint 2,7 milliards d’euros, soit 27 % du chiffre d’affaires global du groupe, qui se présente comme « le plus grand opérateur privé et intégrateur de mobilités aux États-Unis, comprenant les bus, le transport adapté, le ferroviaire, le transport médicalisé non urgent, la micro-mobilité, les navettes et les véhicules autonomes« .

  • Le Conseil constitutionnel censure la vidéosurveillance algorithmique dans les transports

    Le Conseil constitutionnel censure la vidéosurveillance algorithmique dans les transports

    La loi relative au renforcement de la sûreté dans les transports adoptée le 18 mars dernier et qui étendait notamment jusqu’en 2027 l’expérimentation de la vidéosurveillance algorithmique (VSA) subit un revers.

    Dans une décision du 24 avril, le Conseil constitutionnel a en effet censuré cette disposition de la loi initiée par l’actuel ministre des Transports, Philippe Tabarot. Les membres ont examiné plusieurs saisines dont une visait l’article 15 la loi, qui étendait ce dispositif permettant d’analyser par des logiciels d’intelligence artificielle, pendant les grands événements publics, les images de vidéosurveillance pour détecter des situations jugées à risque ou suspectes, comme les mouvements de foule ou les intrusions sur les voies, par exemple.

    L’expérimentation de ces caméras dites « augmentées » avaient été autorisées par la loi encadrant les JO, jusqu’en mars 2025, mais la loi sûreté dans les transports prolongeait le test pendant deux années supplémentaires. Des députés « insoumis », écologistes et socialistes. avaient saisi le Conseil constitutionnel à ce propos, estimant que la mesure, introduite par un amendement, était un cavalier législatif, c’est-à-dire que l’article n’avait aucun rapport avec le texte de loi initial. Les sages de la rue de Valois sont allés dans leur sens.

    Le prochain numéro de Ville, Rail & Transports du mois de mai consacre un dossier à la sûreté dans les transports publics

  • Le succès du Navigo Liberté+ menace les recettes d’Ile-de-France Mobilités

    Le succès du Navigo Liberté+ menace les recettes d’Ile-de-France Mobilités

    Prolongement du RER E, des lignes 11 ou 14 du métro… le réseau de transports franciliens n’en finit pas de se développer, marqué en 2024 par l’organisation des JO de Paris qui ont nécessité d’en renforcer l’offre. Le compte administratif 2024 d’Ile-de-France Mobilités (IDFM), dévoilé lors du conseil d’administration du 10 avril, montre comment l’autorité organisatrice a financé ses transports. Premier enseignement, les dépenses de fonctionnement et d’investissement sont quasiment conformes à ce qui était prévu puisqu’elles ont été exécutés à plus de 98 %.

    Hausse des dépenses

    Deuxième constat, ces dépenses ont continué à croître. Les dépenses de fonctionnement supportées l’an dernier par IDFM s’élèvent à 11,5 milliards d’euros, en hausse de 7 %. Soit près de 800 millions d’euros de plus, dont 250 millions liés aux JO. Impactés par l’indexation des coûts de l’énergie, la hausse des salaires et le renforcement de l’offre de transports pour les JO de Paris, les contrats d’exploitation avec les opérateurs (RATP, SNCF, Optile) ont coûté plus cher.

    Les investissements (avec une hausse qui atteint 3 % entre 2023 et 2024) représentent au total 3,4 milliards d’euros. Un plateau haut si on se souvient qu’avant 2015, les investissements s’élevaient à 500 millions d’euros annuels. « Ils sont restés soutenus et ont permis de poursuivre le renouvellement du matériel roulant (métros, tram, trains, bus et cars) et de répondre aux grands enjeux de mobilités (renforts d’offres ou prolongement de lignes) », justifie Ile-de-France Mobilités. La collectivité a aussi investi dans la rénovation ou la construction de dépôts bus, des sites de maintenance de tramways, des ateliers ferroviaires et pour améliorer l’accessibilité ou la billettique.

    Le poids de la dette

    1,6 milliard d’euros de dettes ont été levés pour financer les investissements. Globalement, le poids de la dette continue de peser. Malgré l’apport de nouvelles recettes financières, elle s’élevait en fin d’année dernière à 11,7 milliards d’euros. « L’encours de la dette reste maîtrisé en dépit d’une hausse des taux d’intérêt observée », selon l’autorité présidée par Valérie Pécresse, qui émet depuis quelques années des obligations vertes (green bonds), dont une européenne d’un milliard d’euros début 2025.

    Pour Jacques Baudrier, adjoint PCF à la maire de Paris et administrateur d’Ile-de-France Mobilités, « la dette augmente de deux à trois milliards par an depuis dix ans, le recours à l’emprunt va peser de plus en plus lourd, le niveau du remboursement pourrait passer de 500 millions d’euros à 1 milliard d’euros par an à partir de 2025″. Il dénonce « une stratégie insoutenable »

    Les élus communistes et écologistes estiment qu’à ce rythme, les capacités d’investissements futures d’Ile-de-France Mobilités seront réduites à néant à partir de 2028. Jacques Baudrier milite pour l’augmentation du versement mobilité (VM, taxe sur la masse salariale des entreprises de plus de 11 salariés), dans les « zones premium » de l’Ile-de-France, à savoir les arrondissements parisiens de 1 à 9, ainsi dans certaines communes des Hauts-de-Seine bien dotées en entreprises. La même géographie fiscale que pour la taxe locale sur les bureaux qui aide à financer le métro Grand Paris Express.« Valérie Pécresse refuse de se battre pour cette hausse du VM. Immanquablement, c’est le prix du passe Navigo qui devra augmenter », présage-t-il.

    IDFM explique au contraire avoir obtenu une hausse du VM et mis en place plusieurs autres augmentations (taxe de séjour, contribution des collectivités et des voyageurs) et avoir ainsi sécurisé les recettes de fonctionnement jusqu’en 2031.

    Les agences de notation comme Fitch dernièrement, ne doutent d’ailleurs pas de la capacité d’Ile-de-France Mobilités à rembourser les emprunts. Mais les finances sont soumises au tensions internationales sur les marchés, et au risque inflation. Le débat sur les nouvelles ressources fiscales de la collectivité, et sur des hausses du tarif du passe Navigo risqueraient alors de ressurgir.

    Les effets inattendus du Navigo Liberté +

    Les trois sources de financement de l’autorité régionale des transports sont le versement mobilité qui a rapporté 6,4 Mds€ en 2024, la vente des billets et abonnements pour 4,3 Mds€, et les contributions des collectivités locales (Paris, Région et départements) pour 1,8 Md€. L’an passé, les recettes de fonctionnement ont progressé de 796 M€ (+6,7%), « grâce à l’accord conclu avec l’Etat en septembre 2023 sur le financement des transports en Ile-de-France [sur la période 2024-2031, ndlr] », relève l’autorité organisatrice des transports.

    2025 s’annonce toutefois incertaine avec la réforme tarifaire mise en place au début de l’année. IDFM, qui a pourtant cherché à pousser le nouveau Navigo Liberté +, ne s’attendait pas à un aussi grand plébiscite des Franciliens pour le paiement à l’usage. Son adoption massive (+100 000  abonnements par mois depuis début 2025) au détriment des autres moyens de paiement se traduit par des recettes inférieures à celles escomptées par l’autorité organisatrice. IDFM tablait en effet sur un taux de conversion de 50 % de billets unitaires vers la carte Liberté +, conduisant à une perte de recettes de 30 millions d’euros. Ce taux est d’ores et déjà largement dépassé. Mais il pourrait être compensé par la hausse des déplacements également enregistrée, nuance l’autorité des transports.