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Catégorie : Transports urbains
Retrouvez toute l’actualité des transports urbains: Métro, RER, lignes de bus, constructeurs et opérateurs en France et à l’international
Un projet de tram à Liège
Un projet de tramway à Liège a été présenté le 10 février par le ministre wallon des Transports, André Antoine. Échéance : moins de 10 ans pour un projet estimé à environ 500 millions d’euros. L’intention des autorités wallonnes est de mettre en place un partenariat public-privé. Selon les autorités, il s’agit « du plus grand projet de transport en commun en Wallonie ». La première phase, la seule confirmée aujourd’hui, concerne la réalisation d’une ligne de 17,5 kilomètres et 25 arrêts. Le tram devrait circuler au minimum à 20 km/h puisqu’il sera majoritairement en site propre.
Le métro et le tramway de Séville innovent
Construites par CAF, les voitures du futur métro circulent actuellement sur le réseau de tram de Séville Prévue pour le 30 septembre puis reportée à Noël, la mise en service du métro de Séville doit se faire par tranches avant l’inauguration de la première ligne, prévue durant la Semaine sainte. Elle marquera l’arrivée en Espagne de dispositifs comme les portes de quai, mais également d’un tramway partiellement alimenté par des batteries. En effet, les rames actuellement en circulation sur l’unique ligne de tram vont être transférées au métro et seront remplacées par des convois hybrides.
La première ligne du métro de Séville « est un chemin de fer métropolitain avec les caractéristiques d’un métro léger », précise la Junta (gouvernement) d’Andalousie, autorité propriétaire des infrastructures via les Chemins de fer andalous. Longue de 18 km, la ligne 1 court sur un tracé ouest – sud-est avec 22 stations entre Olivar de Quintos et Ciudad Expo. Essentiellement en souterrain, elle reprend partiellement des tunnels déjà creusés il y a trente ans. Elle devait fonctionner dès juillet 2006, mais des vestiges médiévaux, des difficultés sur les ouvrages d’art et, le 26 novembre 2008, des entrées de boue à la station Puerta de Jerez ont retardé l’échéance.
Desservant directement 250 000 des 470 000 habitants de l’agglomération, cette liaison aura dans toutes ses stations des portes de quai, un système de sécurité et une innovation en Espagne que devrait poursuivre Barcelone, notamment avec sa ligne 9 automatique en construction. A Séville, ce dispositif a été adjugé par la Junta à l’entreprise Faiveley Transport.
Autre particularité, les premières rames de ce métro circulent déjà depuis presque un an en surface sur une ligne de tramway unique de 1,35 km ouverte le 28 octobre 2007 et qui a restauré un mode de déplacement disparu ici en 1962. En effet, la municipalité sévillane avait décidé dès septembre 2004 d’édifier dans l’hypercentre historique ce tronçon, par souci de lutter contre la pollution et la détérioration des vieilles pierres dont celles de la cathédrale et de la fameuse tour de la Giralda. Ce tram a donc vu le jour pour se mettre au « développement durable » disent les uns, par électoralisme suggèrent ses adversaires, puisque le métro avait du retard mais pas la date des élections municipales…
Toujours est-il que ce tram dit « Metrocentro » circule bien entre Prado de San Sebastian et Plaza Nueva avec des convois de cinq voitures construites par CAF. Cette ligne est à écartement UIC et à double voie, sauf devant la cathédrale où les rails se chevauchent par « souci de l’environnement ». Et elle accueille par anticipation le matériel roulant du futur métro.
A ce tour de passe-passe, doit s’ajouter une modification de l’alimentation du tramway, aujourd’hui par caténaire. En effet, toujours préoccupée de l’esthétique dans un secteur urbain piétonnisé, la municipalité va faire démonter les mâts et la ligne aérienne dans les vieilles rues, car CAF doit livrer de nouveaux véhicules, élaborés dans son usine andalouse de Linares (l’ex-site des automobiles Santana, dans la province de Jaén). Autre première outre-Pyrénées, cette deuxième génération de rames sera équipée de batteries pour s’affranchir des quelque 250 m sans caténaire. Ensuite, la ligne sera prolongée dans la ville de 2,8 km, de manière plus traditionnelle, notamment pour créer des échanges intermodaux à la gare centrale de Santa Justa.
Si le tramway est exploité par Tussam (la régie municipale des transports urbains), le métro proprement dit l’est en concession par Metro Sevilla. Cette société a été adjudicataire des travaux, mais aussi des opérations commerciales. Elle rassemble des entreprises du BTP comme Dragados et Sacyr, ou des industriels locaux tels que Gea21 et le constructeur ferroviaire CAF.
Michel GARICOÏX
Tramway d’Orléans : les travaux sont lancés !
Après huit ans d’études, la seconde ligne de tram d’Orléans va enfin entrer en travaux Les premiers chantiers de fouilles archéologiques ont en effet débuté le 9 février à l’ouest du tracé tandis que les dévoiements de réseaux sont programmés pour le 23 février à l’ouest et en centre-ville. Mais cette mise en chantier sera progressive. La communauté d’agglomération veut en effet éviter de tomber dans les erreurs de la première ligne quand toute la ville avait été impactée par les chantiers. « Les travaux ne débuteront pas partout en même temps afin d’éviter une quasi-immobilisation de l’agglomération » souligne-t-on à la direction du projet. Mais il est d’autant plus difficile d’engager des travaux sur tout le tracé que celui-ci n’est toujours pas définitif dans la partie est, où l’itinéraire initial a été modifié. Une enquête publique partielle doit être organisée dans les prochains mois pour arrêter le tracé définitif. De même, le programme d’aménagements urbains n’est pas totalement arrêté dans le centre. La ville d’Orléans veut profiter du tram pour recalibrer la rue des Carmes ce qui obligera à démolir une quinzaine de maisons tout en impactant le tram notamment dans la définition d’un site propre intégral ou non. Par ailleurs, chiffré à 315 millions d’euros le projet n’est pas encore totalement financé. L’agglomération espère une subvention de 47 millions dans le cadre du Grenelle. Mais elle a d’ores et déjà prévu d’augmenter ses impôts pour financer la ligne qui doit être opérationnelle au plus tôt mi-2012.
Le chantier du tramway Saint-Denis – Garges – Sarcelles démarre
Inscrits au contrat de plan État-région 2000 – 2006 puis au contrat de projets 2007 – 2013, les travaux du tramway reliant Saint-Denis (93) à Sarcelles (95) débutent en Seine-Saint-Denis. C’est un projet de tramway sur pneus qui, sur 6,6 km, traverse deux départements et quatre communes et vise à désenclaver deux quartiers : Les Poètes à Pierrefitte, Les Lochères à Sarcelles. Avec 16 stations, il sera en correspondance avec T1, la ligne 13 du métro et le RER D. On y attend 30 000 voyageurs par jour. Son coût de réalisation hors matériel roulant est estimé à 163 millions d’euros. L’achèvement des travaux est prévu pour fin 2011.
Viaduc du tram d’Angers : un arc tout en finesse
Le pont du tram sera le cinquième franchissant la Maine. Véhicules d’urgence et bus pourront circuler sur la plate-forme centrale La ville d’Angers construit son cinquième pont sur la rivière Maine. Ce nouvel ouvrage dédié au futur tramway, dont le coût est estimé à 20 millions d’euros HT, se situe à l’amont immédiat du pont de la Haute Chaîne, frontière historique de la ville médiévale et des murs d’enceinte. Dans un souci d’harmonisation, architectes et concepteurs ont étudié l’histoire des ponts existants, caractéristiques par leur hauteur variable qui intègrent des courbes et des voûtes, pour le pont de Verdun notamment, apportant une certaine douceur et se mariant bien avec leur caractère urbain. « Le concept vise à recentrer l’ouvrage sur la rivière en venant créer un geste symbolique et émouvant : un arc qui franchit d’un seul jet le lit de la Maine. Cet arc est porteur d’un double message de franchissement et d’union. L’ouvrage devient ainsi un repère dans la ville intimement lié au nouveau quartier Saint-Serge en cours de mutation », expliquent-ils. Conçu pour accueillir la plate-forme tramway en son centre, il pourra servir aussi aux piétons et cyclistes grâce à des voies spécifiques situées à l’extérieur. En cas de crise majeure, les véhicules d’urgences circuleront sur la plate-forme du tramway et, si nécessaire, dans l’avenir des bus pourraient également rouler dessus. Long au total de 271 m avec une travée principale suspendue de 149 m, le pont en arc comportera un tablier intermédiaire constitué d’un caisson métallique à dalle orthotrope, large de 17 m. Dans la partie au-dessus du tablier, l’arc métallique se prolonge jusqu’aux fondations par des béquilles élancées en béton armé. L’entreprise a proposé une technique consistant à assembler des tronçons élémentaires métalliques sur des palées provisoires terrestres. Les travaux sur site ont débuté en mars 2008. Les premiers éléments de la charpente métallique pesant 2000 t, construits au sein de l’usine Baudin-Châteauneuf, dans la Loire, devaient arriver courant janvier 2009. La livraison de l’ouvrage pour la pose de la voie ferrée et de la ligne aérienne de contact est prévue au premier trimestre 2010.
Michel BARBERON
Quel matériel pour le tramway T1 ?
La T1 a récupéré les anciens tramways de la ligne T2. Au grand dam des habitants de la Seine-Saint-Denis, qui se sont estimés lésés L’arrivée en 2003 de nouveaux tramways Citadis sur la ligne T2, entre La Défense et Issy-les-Moulineaux, n’a pas fait que des heureux. La T1 a en effet récupéré ses véhicules, des TFS (pour Tramway français standard) du même constructeur Alstom. Au grand dam des habitants de la Seine-Saint-Denis, qui se sont estimés lésés, une fois de plus. Même pour les trams, le ressentiment est grand dans cette partie moins favorisée de la banlieue parisienne, comme le résume le vice-président du conseil régional Serge Méry : « Ce n’est pas normal que la Seine-Saint-Denis se paie les rogatons des Hauts-de-Seine ! »
Les « vieilles rames » TFS transférées à la ligne T1 ne sont pas si vieilles : elles datent de 1996 et 1997 (tandis que celles qui circulent depuis l’ouverture de la ligne ont été livrées en 1992). Mais tout est dans le symbole ! Les 35 rames actuelles sont théoriquement bonnes pour le service jusqu’en 2022 à 2026 au moins. Elles suffiront pour le prolongement à l’ouest, à Asnières-Gennevilliers, annoncé en 2011. Mais pour aller à Val-de-Fontenay, il faudra 15 véhicules de plus. Il en coûtera, calculent Stif et RATP, environ 45 millions d’euros. Or, les TFS ne peuvent en l’état pas montrer la pente de Montreuil. Et ils sont évidemment incompatibles avec une éventuelle alimentation par le sol ou par batterie dans la traversée de Noisy-le-Sec. D’où l’idée de renouveler tout le parc par anticipation, d’autant qu’ils sont largement jugés trop étroits, trop petits, vieillots, bruyants, etc.
« Il n’est pas question qu’on nous refile les vieux rossignols dont on ne veut pas ailleurs », a prévenu la députée Elisabeth Guigou, en réunion publique à Noisy-le-Sec. Craignait-elle que la RATP acquière les autres TFS en service, à Grenoble ou Rouen ? Pas de panique, s’est engagé Serge Méry : « Je leur ai promis, juré, qu’ils auront du matériel de la nouvelle génération ! » Du coup, ce ne sont plus 15, mais 50 rames qu’il faudra acheter, pour un coût qui devrait atteindre les 150 millions. A Montreuil, Dominique Voynet a suggéré que l’on pourrait peut-être revendre les vieilles rames TFS, ce qui réduirait la facture totale. Elle est la seule à en avoir parlé.
François ENVER
Caen, son agglomération et son tram
Préfecture du Calvados et capitale de la Basse-Normandie, Caen (110 000 habitants) est associée avec 28 autres communes voisines Communauté d’agglomération Caen la mer. Une entité de 240 000 habitants environ, aux frontières biscornues, a qui ne correspond pas vraiment à l’agglomération réelle. Le nouveau maire de Caen, le député et ancien président du conseil régional Philippe Duron (PS), a pris la présidence de la structure intercommunale.
Pour les transports publics, Caen la mer est associée au conseil général du Calvados – qui lui est resté à droite – au sein de Viacités, nom public du Syndicat mixte des transports en commun de l’agglomération caennaise (SMTCAC). Sa présidence est désormais assurée par l’avocat Eric Vève (PS), conseiller municipal de Caen et conseiller général du canton de Caen VIII. Une présidence qui se veut marquée sous le signe du « calme », de la « sérénité » et de l’« apaisement », tant les relations étaient tendues, avant les élections, entre la précédente présidente de Viacités Sylvie Morin-Mouchenotte, la maire de Caen Brigitte Le Brethon, le président de Caen la mer Luc Duncombe et la présidente du conseil général Anne d’Ornano – pourtant tous de droite.
L’exploitant local est la Compagnie des transports urbains de l’agglomération caennaise (CTAC), désignée depuis 2002 sous le nom commercial Twisto. Pour son tram, Viacités est associé jusqu’en novembre 2032 dans un ménage à trois avec cette filiale de Keolis et la Société de transport sur voie réservée (STVR, associant Spie et Bombardier), concessionnaire des travaux publics et responsable du matériel.
Le tramway sur pneus de l’agglomération, le TVR de Bombardier, est en service depuis novembre 2002. Ses lignes A et B – l’ensemble est appelé « ligne 1 » par Viacités –, qui forment un X, sont longues de 15,7 km, dont 5,7 km en tronc commun dans la partie centrale. Elles desservent, sur les communes de Caen, Hérouville-Saint-Clair et Ifs, l’hypercentre, la gare, l’hôpital les trois campus universitaires, et nombre d’établissements scolaires et équipements publics. Tout le parcours, en site propre, est exploité en mode guidé et sous caténaires, le retour au dépôt (1,5 km environ) s’effectuant en mode routier, banalisé, et diesel. Le TVR peut d’ailleurs circuler aussi bien sur sa piste que dans n’importe quelle rue. Et c’est pourquoi il est considéré comme un véhicule routier, ce qui limite sa longueur à 24,5 m. Sa vitesse commerciale est stable à environ 18 km/h.
François ENVER
Montpellier avance sur les travaux de la ligne 3 du tramway
Pour la ligne 3 du tram, Georges Frêche a demandé à Nicolas Sarkozy une participation de l’Etat d’au moins 25 % de l’investissement S’inscrivant dans le plan de relance par les grands travaux d’infrastructures, le conseil d’agglomération de Montpellier, présidé par Georges Frêche (PS), a décidé d’avancer le lancement des chantiers de la ligne 3 du tramway de Montpellier du 3e au 1er trimestre 2009. Les premiers travaux de voirie préalables, de reconstitutions riveraines, de démolition et de déviation de réseaux humides seront donc amorcés avec six mois d’avance. La construction de cette ligne engendrera de l’ordre de trois mille emplois, selon le directeur de l’ANPE de Montpellier. Son avancement d’un semestre est donc susceptible d’atténuer l’inquiétante baisse d’activité enregistrée, en particulier dans le secteur du BTP.
« Pour participer à cette relance de la croissance vous nous avez invité à anticiper le démarage des travaux [des projets de transports en commun] recensés lors du Grenelle de l’Environnement, dont celui de la ligne 3 de tramway » a souligné Georges Frêche dans une lettre à Nicolas Sarkozy, dans laquelle il demande « une participation de l’Etat à hauteur d’au moins 25 % de l’investissement. » Cela signifie que l’agglomération souhaite voir passer ce soutien de 90 à 120 millions d’euros.
« M. Nicolas Sarkozy m’a chargé de vous remercier de votre démarche » lui a répondu Claude Guéant, secrétaire général de la présidence de la République, qui a renvoyé la question du financement à une décision ultérieure dont le président d’agglomération sera tenu informé « par les soins » du chef de l’Etat.
Il faut dire que la question du financement s’est récemment compliquée. D’une part le coût affiché de cette troisième ligne, qui court sur 22,4 km (plus une extension de la ligne 1 sur 0,5 km au nord pour assurer une correspondance) de Juvignac (nord-ouest) à Lattes et Pérols (sud-est), est passé de 450 millions d’euros en 2004, à 530 millions d’euros fin 2008. D’autre part, le torchon brûle entre Georges Frêche et le président du conseil général de l’Hérault André Vézinhet, pourtant tous deux socialistes, autour de la contractualisation entre les deux collectivités pour un problème d’arriérés dus au département par la région, elle-même présidée – comme l’agglomération – par Georges Frêche.
Notons que ce dernier a par ailleurs annoncé une extension en antenne de la ligne 1 du tramway depuis Saint-Eloi vers les facultés, Agropolis et Clapiers pour 115 millions d’euros dans le cadre du « plan universités » lié à une fusion des trois établissements d’enseignement supérieur montpelliérains. Cette extension, aux dernières nouvelles, pourrait même aller jusqu’à Prades-le-Lez, à une quinzaine de kilomètres. Mais ladite fusion universitaire prenant du retard pour des questions d’attribution de la future présidence unique, et les financements restant à définir, tout cela reste encore au stade de l’avant-projet.
Michel Gabriel LEON
Tram-train de la Stubaitalbahn : un air de Canebière au Tyrol autrichien
Premier chemin de fer au monde électrifié en courant industriel, la Stubaitalbahn, reçoit actuellement un tout nouveau matériel roulant Au Tyrol autrichien, l’automne a coïncidé avec les prémices d’un renouvellement prochain du matériel roulant de la Stubaitalbahn. Depuis quelques semaines, une toute première rame flambant neuve, portant le numéro 351, circule en service commercial probatoire sur ce chemin de fer secondaire à voie métrique interconnecté, depuis le début des années 80, avec le réseau des tramways urbains d’Innsbruck. Construite par Bombardier dans sa nouvelle usine de Vienne-Donaustadt, la série 350 concrétisera la troisième génération de matériel roulant utilisée dans la vallée de la Stubai…
Ouverte le 1er août 1904 dans le but de relier la capitale du Tyrol au bourg d’altitude de Fulpmes, la Stubaitalbahn est une ligne à voie unique, en simple adhérence, d’une longueur de 18,2 km. Se frayant un chemin dans le relief de moyenne montagne, elle se caractérise par un tracé en plan et un profil en long particulièrement difficiles, avec des rayons de courbure s’abaissant à 40 m et des déclivités qui atteignent par endroits les 46 ‰. Courbes et contre-courbes alternent en permanence, si bien que l’itinéraire ne compte qu’un seul véritable alignement droit, localisé entre Mutters et Birchfeld. Bien qu’initialement étudiée pour la traction vapeur, la ligne fut électrifiée, dès l’origine, en courant alternatif monophasé 2 500 V 42 Hz, profitant de l’édification d’une centrale hydraulique destinée à fournir de l’électricité à la ville d’Innsbruck. Quand, en 1926, la fréquence du courant distribué aux habitants passe à 50 Hz, la ligne Innsbruck – Fulpmes en profite bien sûr de facto, sa tension d’alimentation étant même relevée à 3 000 V pour l’occasion. La Stubaitalbahn demeure ainsi le premier chemin de fer au monde à avoir été électrifié en alternatif monophasé à la fréquence dite “industrielle” !
Mais innover n’est pas toujours chose aisée. Les fameux moteurs de traction Winter-Eichberg des trois motrices à bogies de 1904 (auxquelles s’était adjointe une quatrième presque identique dès 1905) avaient une fâcheuse tendance à amorcer, avec d’innombrables défaillances à la clé. Finalement, l’exploitation en monophasé s’arrête définitivement le 23 juin 1983, la ligne étant réélectrifiée en courant continu à l’image du réseau urbain existant, puis rouverte dès le 2 juillet de la même année. Dans la foulée, la vitesse limite est relevée de 25 à 40 km/h, et chaque évitement doté d’aiguilles d’entrée-sortie de type TNR (talonnable non-renversable) pour éviter la manœuvre à pied d’œuvre des appareils de voie. L’ancien matériel, devenu électriquement incompatible, est alors remplacé par des motrices articulées bidirectionnelles Düwag, de type “tramway”, montées sur quatre bogies Jakob. Ces motrices à trois caisses sont constituées dans l’atelier même du futur exploitant – IVB, Innsbrucker Verkehrsbetriebe, l’opérateur des transports urbains –, à partir de rames achetées d’occasion aux réseaux allemands de Hagen et Bielefeld. Un vrai exercice de “Meccano” qui aura, chaque fois, consisté à adjoindre à une ancienne rame bicaisse en provenance de Hagen la caisse centrale prélevée d’une rame tricaisse ex-Bielefeld ! Grâce au très haut degré de standardisation auquel était parvenu le mythique constructeur de Düsseldorf sur ses matériels des années 50-60, grâce aussi à l’excellence de l’ingénierie développée par l’IVB, puis à la valeur de ses équipes de maintenance, la Stubaitalbahn disposera en conséquence, pendant quelque vingt-cinq années, d’un matériel roulant certes quelque peu âgé mais, sur le plan de la robustesse comme sur celui de l’état d’entretien, d’une remarquable qualité…
Ce matériel était alors en parfaite cohérence avec celui du réseau de tramway, également constitué de rames articulées de type “Düwag” à deux ou trois caisses, mais en configuration unidirectionnelle, puisque toutes les lignes urbaines disposent de boucles de retournement à leurs terminus. C’est ainsi que l’interconnexion de la Stubaitalbahn, avec desserte du cœur de la ville, était devenue possible. Le parc des tramways stricto sensu, relativement homogène, avait été aussi acheté d’occasion, à l’exception d’une série de sept rames bicaisse acquise neuve en 1966/67 auprès du constructeur autrichien Lohner à Vienne (aujourd’hui Bombardier), et justement réalisée sur licence Düwag. Compte tenu de l’âge de tous ces matériels, leur renouvellement devenait urgent, sauf que la ville d’Innsbruck a longtemps tergiversé sur le devenir même de son réseau de tramways. Car il y a une vingtaine d’années, elle était (malheureusement ?) revenue au trolleybus, en construisant à nouveau ex-nihilo les infrastructures du second réseau de son histoire et en achetant une première série de matériel roulant neuf de type “articulé” à l’industriel Gräf & Stift, filiale autrichienne de l’allemand MAN, qui s’était justement fait une spécialité, pour le groupe, de l’assemblage de ce type de véhicules. Un peu plus tard, elle avait réitéré avec une seconde série du même ensemblier, cette fois à plancher surbaissé. La cause paraissait alors d’autant plus perdue pour le tramway que c’est une ligne de trolleybus, la ligne O desservant l’ancien village olympique, qui était sans conteste devenue, au fil des années, la plus chargée de l’ensemble du réseau. De son côté, l’IVB vivait de plus en plus difficilement les contraintes techniques et financières induites par une exploitation déclinée en trois modes différents (tram, trolley et autobus). Entre tram et trolley, il convenait de choisir ! Finalement, au terme de multiples atermoiements, décision sera prise de fermer le réseau de trolleybus (l’ultime circulation eut lieu le 25 février 2007), de renouveler complètement le parc de tramways, puis de développer à terme le réseau ferré urbain afin qu’il reprenne la charge précédemment supportée par les trolleys et pour laquelle des autobus articulés neufs ont été mis en service dans l’intervalle…
Dès le début, l’idée qui s’imposa tout naturellement était, bien sûr, la définition d’un matériel roulant aussi semblable que possible pour la Stubaitalbahn et pour le réseau urbain. Ce dernier requérant un nombre de rames nettement plus important que la ligne Innsbruck – Fulpmes, il fut d’abord décidé d’acquérir pour lui seul un matériel unidirectionnel, plus capacitif en places assises et surtout beaucoup moins onéreux. La Stubaitalbahn, elle, devait recevoir une version bidirectionnelle. Voilà qui toutefois n’allait pas vraiment dans le sens de l’unification souhaitée, aussi envisagea-t-on un instant d’exploiter aussi la Stubaitalbahn avec du matériel unidirectionnel (!), puisqu’en ville son parcours d’interconnexion avec le réseau urbain à destination de la gare centrale forme justement une large boucle, réalisant déjà le retournement des rames à l’une des extrémités de la ligne. Mais il n’en allait hélas plus du tout de même pour l’autre extrémité, où la réalisation d’une boucle à Fulpmes devait se révéler, en raison des contraintes topographiques locales, quasi impossible. Dès lors, il apparut que l’utilisation, également sur le seul réseau urbain, d’un matériel bidirectionnel pouvait s’avérer fort intéressant, car il permettait d’envisager alors un phasage très souple des prolongements de lignes prévus, en s’affranchissant ainsi totalement des sujétions liées aux boucles de retournement. En définitive, le choix se porta donc sur la définition d’une rame bidirectionnelle à plancher bas intégral qui soit commune aux deux utilisations, la seule différence portant sur la présence ou non de l’équipement radio embarqué correspondant au nouveau système de sécurité pour l’exploitation sur voie unique, spécifique à la Stubaitalbahn, le matériel purement urbain étant simplement précâblé pour recevoir ultérieurement celui-ci en cas de nécessité…
A l’issue de l’appel d’offres, c’est le constructeur Bombardier qui a remporté le marché. Attribué en octobre 2005, le contrat porte sur la fourniture de 22 rames du type “Flexity Outlook”, dont 16 (numérotées 301 à 316) pour le réseau urbain et six (numérotées 351 à 356) pour la Stubaitalbahn. Il inclut 10 rames supplémentaires en option, dans le cadre d’un projet de futur tram régional. L’IVB avait déjà pu se familiariser in situ avec la technique Flexity Outlook (voir pages 54-55), en essayant sur ses propres voies (et en service commercial !) une rame du réseau de Lodz (Pologne). Finalement, la toute première rame de la série 300, destinée au seul réseau urbain, a pu être mise en ligne à Innsbruck au printemps dernier…
Les rames de la série 350 dédiées à la Stubaitalbahn, tout comme leurs sœurs de la série 300, ont une architecture modulaire de type “multi-articulé” à cinq caisses (relativement courtes !), totalisant une longueur de 27,6 m pour un gabarit en largeur de 2,40 m (qui aura au demeurant nécessité quelques travaux d’élargissement de l’entre-axe des voies sur le réseau urbain). Les deux caisses d’extrémité sont montées sur un bogie moteur et reliées chacune à la caisse centrale sur bogie porteur par l’entremise de deux “caisses-ponts” suspendues au droit de leurs articulations. La cabine de conduite, qui constitue (comme pour tous les autres Flexity Outlook) un module à part aisément interchangeable, peut résister à un effort en compression de 40 t, et la structure en acier du châssis a été rehaussée au droit des panneaux latéraux pour pouvoir offrir la meilleure protection possible aux voyageurs en cas de choc latéral. Sur ce tramway à plancher bas intégral (à 320 mm au droit des accès), le recours à de “vrais” bogies avec léger degré de liberté en rotation (voir pages 54-55) garantit un excellent comportement dynamique, avec de faibles accélérations transversales, y compris en queue de la rame. Côté performances, la rame affiche une vitesse maximale de 70 km/h compatible avec son utilisation ultérieure sur un réseau régional, une accélération de 1 m/s2 (aux deux tiers de sa charge) et des décélérations de 1,26 m/s2 en freinage de service et de 2,73 m/s2 en freinage d’urgence avec recours aux six patins éléctromagnétiques, chacun exerçant un effort de 81 kN. Les aménagements intérieurs offrent 56 places assises (avec quatre sièges larges, dits “sièges pour 1,5 voyageur”), 102 places debout (au ratio de 4 voyageurs par m2) et deux emplacements pour bicyclettes, voitures d’enfant ou fauteuils roulants. La rame est entièrement climatisée. Huit écrans vidéo suspendus au plafond visualisent les informations “parcours” en temps réel à l’intention des voyageurs, mais peuvent aussi servir à diffuser des messages publicitaires en complément. Le design extérieur, aux extrémités frontales assez massives, rappelle quelque peu celui de Marseille par le caractère prégnant de la casquette de pavillon. La livrée adoptée, qui fait appel à deux nuances de rouge plutôt soutenues, s’écarte délibérément de la précédente, où la couleur blanche était très largement dominante. Ce matériel devrait échapper, au moins pour un temps, à la “publicité intégrale”, très développée sur les matériels de l’IVB…
Philippe HÉRISSÉ
Le tram-train de Strasbourg en route vers l’aéroport
Les travaux entre Strasbourg et Entzheim serviront à une future desserte tram-train proche de l’aéroport en 2014 La desserte renforcée de la ligne Strasbourg – Molsheim – Barr, mise en service le 14 décembre, apporte une idée précise de ce que sera le tram-train promis en 2014 à l’ouest de la capitale alsacienne. Cette ligne d’une quarantaine de kilomètres, séparée en deux branches à partir de Molsheim, vient de bénéficier d’un investissement de 35 millions d’euros, consacrés entre autres à une installation permanente de contresens et à l’équipement d’un poste de commande à distance. La voie unique entre Obernai et Barr a été renouvelée sur 6 kilomètres, et la gare d’Entzheim déplacée de 800 mètres vers l’Est pour permettre un accès direct au terminal de l’aéroport de Strasbourg. Cette nouvelle gare dispose de quais latéraux abrités par deux marquises de 75 mètres de long.
Les travaux réalisés sur la ligne autorisent la circulation de 40 trains supplémentaires par jour. La desserte entre Strasbourg et Barr passe de 15 à 30 allers-retours quotidiens, celle de Molsheim de 48 à 69 allers-retours les jours ouvrables. L’effort du conseil régional d’Alsace, qui a financé les chantiers à hauteur de 7,45 millions d’euros, porte sur une desserte améliorée de l’aéroport, accessible en service cadencé tous les quarts d’heure au départ de Strasbourg. « À 9 minutes du centre-ville, notre aéroport est le mieux desservi parmi ceux de toutes les villes françaises », se réjouit Jean-Louis Hoerlé, président de la chambre de commerce et concessionnaire de la plate-forme. Concurrencé par le TGV Est, qui lui a fait perdre plus de la moitié de ses passagers vers Paris depuis juin 2007, l’aéroport a accompagné l’arrivée du TER, et anticipé celle du tram-train, en construisant une passerelle couverte depuis la gare jusqu’au hall arrivées, par-dessus le parking. La fréquentation escomptée de la desserte ferroviaire s’établit à 300 voyageurs par jour, soit 10 % de la clientèle des compagnies aériennes opérant à Entzheim. La navette bus, opérée par la Compagnie des transports strasbourgeois en correspondance avec la ligne A du tramway, a été arrêtée. Un tarif combiné propose le trajet vers Entzheim à 3,40 euros, section urbaine incluse.
Olivier MIRGUET