Votre panier est actuellement vide !
Catégorie : Transports urbains
Retrouvez toute l’actualité des transports urbains: Métro, RER, lignes de bus, constructeurs et opérateurs en France et à l’international

Douze blessés dans une collision sur le tram T2 francilien
Le 11 février, vers 21h05, deux tramways circulant dans le même sens sont entrés en collision avec des voyageurs à leur bord sur la ligne T2 du tramway francilien entre les stations Issy-Val-de-Seine et Jacques-Henri-Lartigue. Selon la RATP, « la première rame, à l’arrêt, aurait été heurtée à l’arrière par la rame qui la suivait, ce qui l’a fait sortir de la voie ». Le bilan donné par les pompiers le soir de l’accident faisait état de « 11 blessés légers et un blessé grave ».
Catherine Guillouard, présidente-directrice générale de la RATP, s’est rapidement rendue sur le lieu du rattrapage, où la double voie du T2 longe celles du site de maintenance et de remisage (SMR) des Moulineaux (Hauts-de-Seine). La dirigeante a alors déclaré que « les circonstances ne sont encore ni connues ni établies », donnant toutefois une précision : « Un tramway cherchait à rentrer au SMR, il était en attente de manœuvrer, un deuxième attendait derrière et c’est un troisième qui est rentré dans le second ».

Intérieur d’une des rames accidentées. © SUD RATP Une enquête a immédiatement été déclenchée, indique la RATP, « afin de faire toute la lumière sur les circonstances de cet accident ». Sans en attendre les premières conclusions, toutes les équipes disponibles sont intervenues dès la nuit du 11 au 12 février pour procéder aux opérations de relevage des rames et vérifier les voies et caténaires. Après 36 heures de travaux, y compris de nuit, le trafic a été rétabli entre Parc-de-Saint-Cloud et Issy-Val-de-Seine le 13 février à 10 h 10.
Située sur le tracé de l’ancienne voie ferrée de Puteaux à Issy-Plaine, non loin de la rive gauche de la Seine, la section sur laquelle le rattrapage est survenu le 11 février est en site propre. Le T2 étant un tramway, donc en principe un véhicule routier, la conduite se fait à vue sur ses voies, avec ici des panneaux de limitation de vitesse et des signaux de protection d’itinéraire. Cette conduite « routière », qui distingue le tram du train, présente-t-elle un niveau de sécurité suffisant ? La question s’est posée à Strasbourg après un rattrapage ayant fait 17 blessés dans le tunnel donnant accès à la station souterraine de la gare, en octobre 1998. Depuis, le tunnel a été doté d’une signalisation de type ferroviaire, avec découpage en cantons et feux, afin d’espacer le passage des trams. La question s’est également posée en Grande-Bretagne suite au déraillement d’un tram en survitesse dans une courbe serrée du tram de Croydon (Londres) en novembre 2016. Dans les conclusions de son rapport sur ce déraillement qui a fait sept morts et 58 blessés, le RAIB (bureau enquête accidents ferroviaires) envisage d’introduire un contrôle de vitesse sur les tramways britanniques. De ces deux cas, il semble ressortir que pour plus de sécurité, le tram doive s’inspirer du train…
P. L.

Tisséo se justifie face à la Cour des comptes
Le président de Tisséo a répondu le 6 février aux critiques formulées par la chambre régionale des comptes, mettant en cause la soutenabilité financière de la troisième ligne de métro et la gestion de l’autorité organisatrice des transports de l’agglomération toulousaine. Jean-Michel Lattes a rappelé que la soutenabilité financière de la troisième ligne de métro avait fait l’objet « d’une consolidation par un cabinet externe ». Par ailleurs, dans sa réponse écrite aux magistrats, Tisséo souligne que la baisse de ses charges d’exploitation vient « crédibiliser le scénario de financement » : sur la période 2008-2014, les charges d’exploitation ont augmenté de 48 %. A l’inverse, précise-t-il, « depuis 2015 elles sont maîtrisées de 240 millions d’euros en 2015 à 243 millions d’euros en 2017 ».
Lire aussi : La Cour des comptes épingle les choix « risqués » des transports toulousains
Sur le volet de la gestion de Tisséo Collectivités (fiabilité des comptes, maîtrise de la masse salariale…), plusieurs recommandations sont en cours de mise en œuvre. Côté irrégularités, Jean-Michel Lattes a reconnu la justesse de certaines alertes de la chambre, notamment sur le marché attribué à la société de conseil Algoé qui a assisté Tisséo sur l’organisation des équipes projet, sur la troisième ligne de métro, la mise en place du PDU ou la gestion patrimoniale. « La magistrate qui instruisait l’enquête de la chambre m’a démontré qu’il y avait une dérive bien réelle (élargissement de l’objet initial, durée trop longue, coût excessif) qui n’était pas acceptable », a précisé Jean-Michel Lattes. Le titulaire a fait appel à de nombreux sous-traitants, sans remise en concurrence, et le montant des commandes effectuées dans le cadre de ce marché a finalement correspondu à 13 fois l’estimation initiale. Le marché a été résilié fin 2018 et la procédure a été corrigée. Le président de Tisséo a saisi le Procureur de la République sur ces faits, dès le rapport publié.
C’est suite à cette affaire et à une « perte de confiance » que l’ex-directeur général des services a quitté Tisséo fin 2018. Un DGS épinglé dans le rapport pour des avantages en nature (logement, voiture) irréguliers et un salaire, élevé, qui a augmenté de 18% en trois ans, selon « des modalités n’ayant pas fait l’objet de délibération ni d’information du conseil syndical ».
C. S.

Les premiers rails du tramway T9 sont posés
C’est dans la traversée d’Ivry que les premiers rails du tramway T9 sortent de terre. La ligne qui reliera fin 2020 Porte-de-Choisy à Orly-Gaston-Viens sur 10 km entre dans une nouvelle phase. Pour l’heure environ 200 m de voie sont posés et les ouvriers commencent à réaliser toutes premières soudures. Le tramway T9 se construit en grande part sur la plateforme du bus en site propre 183 qui avec 58 000 voyageurs par jour ne parvient plus à absorber le trafic. Avec ses 22 rames XO5 Alstom de 43 m de long pour 2,65 de large, les plus capacitaires du marché, le tramway devrait permettre d’atteindre les 80 000 voyageurs par jour. Si à sa mise en service, une bonne part des voyageurs se rabattra à Porte-de-Choisy sur la ligne 7 du métro et sur le tram T3a, en 2025 un rééquilibrage devrait s’opérer avec la ligne 15 du Grand Paris Express en correspondance à Mairie-de-Vitry.
La particularité de ce chantier est peut-être… de n’en avoir aucune, ce nouveau tramway s’inscrivant, fait rare, quasiment en ligne droite le long de la RD 5, un axe structurant à fort trafic routier. Pas de courbes sinon à l’arrivée au centre de maintenance à Orly. Pas d’ouvrage d’art notable non plus à l’exception d’un passage sous les voies du RER C toujours dans le secteur du centre de maintenance. La ligne qui arrivera en cœur de ville d’Orly pourrait à terme être prolongée jusqu’à l’aéroport, même si les études ne sont pas encore lancées. Le centre de maintenance (qui devrait recevoir son premier tram fin 2019) est tout de même prévu pour abriter 40 rames, anticipant d’éventuels prolongements.
Le tram T9 sera la première ligne de tramway d’Ile-de-France soumise à la concurrence. Pas sûr donc qu’il porte le logo RATP ou SNCF, ce qui constituerait une première dans la région. Aussi ce chantier est réalisé sous maîtrise d’ouvrage Ile-de-France Mobilités, comme le prolongement du T4 vers Montfermeil ou encore le T12 Massy Evry. Si l’appel d’offres est lancé, il faudra attendre le premier semestre 2020 pour savoir qui sera en charge de son exploitation.
Philippe-Enrico Attal

La Cour des comptes épingle les choix « risqués » des transports toulousains
La Chambre régionale des comptes d’Occitanie doit rendre public demain et après-demain des rapports sur Tisséo Collectivités, Tisséo Voyageurs et sur Tisséo Ingénierie, les transports toulousains, pour la période 2012-2016. Dans l’un de ces documents que nous nous sommes procurés (et qui seront aussi évoqués demain lors de la présentation annuelle du rapport de la Cour des Comptes), la Chambre se montre particulièrement sévère sur le choix de construction d’une troisième ligne de métro à Toulouse (image de synthèse ci-dessus), qualifiée de « pari sur l’avenir ».
Les auteurs du rapport jugent incertaine « la capacité de ce projet à orienter une part suffisante des 500 000 nouveaux déplacements quotidiens vers les transports en commun », ainsi que « l’aptitude des collectivités à en assurer le financement à hauteur de 3,864 milliards d’euros ». Ils engagent Tisséo Collectivités (l’autorité organisatrice des transports) à « mener à bien l’ensemble des études techniques préalables en vue de stabiliser le plan de financement du projet Mobilités ».
Contribution financière des collectivités
La Chambre régionale estime que « la forte hausse de la contribution de ses collectivités membres » (100 millions d’euros par an en 2017, 180 millions à partir de 2026) imposera à Toulouse Métropole « des choix difficiles portant sur les autres politiques dont il a la charge, au moment où il vient de signer un contrat avec l’Etat prévoyant une évolution maximale de ses dépenses de fonctionnement de 1,35 % par an pour 2018-2020 ». Elle s’inquiète également des niveaux d’endettement « particulièrement élevés » (avec un pic en 2026 de 2,92 milliards d’euros sur 19 ans). « Tel qu’il se présente, ce plan de financement prévisionnel n’est pas dénué de risques. Il doit être stabilisé », conseille-t-elle.
Procédures de marchésTisséo Ingénierie est critiqué par la Chambre régionale pour ses « procédures de marchés ne satisfaisant pas à l’obligation d’allotir » qui ont favorisé le regroupement de grandes entreprises dans un secteur déjà oligopolistique. A cause de cela, le marché de maîtrise d’œuvre « génie civil » de la troisième ligne de métro a fait l’objet d’une déclaration sans suites fin 2017, retardant d’un an la livraison, annoncée maintenant à 2025. Le rapport suggère même que ce projet « ne se ferait au mieux qu’en 2027 » en raison des retards accumulés en amont.
Recettes commerciales
Côté Tisséo Voyageurs, la Chambre juge sévèrement « des charges d’exploitation du réseau insuffisamment maîtrisées jusqu’en 2016 et des recettes commerciales faibles ». Les recettes ne couvraient que 30 % des charges d’exploitation, contre 35 % en moyenne dans les sept principaux réseaux de transport urbain de province, avec une recette moyenne de 0,60 euro du kilomètre. L’instance se félicite du nouveau système de tarification mis en œuvre en 2017 (intégrant une approche par niveau de ressources) et enjoint Tisséo à réduire la fraude (7 % des voyageurs en 2016, une perte de cinq à sept millions d’euros) tout en améliorant le taux de recouvrement des amendes (50%). Concernant les salariés de l’Epic, elle recommande notamment de poursuivre la maîtrise de la masse salariale et de mettre en place des dispositifs pour réduire l’absentéisme.
C. S

La métropole de Lille intègre le TER dans son réseau urbain rebaptisé « ilévia »
Depuis le 28 janvier, on peut prendre avec le même ticket non seulement les transports urbains (tramway, métro ou bus) mais aussi l’une des sept lignes de TER irrigant le territoire de la métropole de Lille. Cette intégration tarifaire est accessible à tout détenteur d’une carte Pass Pass anonyme ou personnelle et lui permet de voyager « entre toutes les gares TER de la métropole pour le prix d’un ticket unitaire valable sur tout le réseau », explique la Métropole européenne de Lille (MEL).
Un tel dispositif avait déjà été mis en place dès 1996 par le Grand Nancy, qui avait alors conclu une convention avec le conseil régional de Lorraine pour proposer une offre de transport intermodale. Il est également en œuvre depuis décembre 2016 dans le réseau de transports urbains de Strasbourg où les voyageurs peuvent accéder aux TER avec leur abonnement de la compagnie des transports CTS. Et d’autres dispositifs similaires existent ailleurs dans le Grand Est.
Autres nouveautés à la métropole, le réseau exploité par Keolis et qui s’articule autour de deux lignes de métro, deux de tramway et 91 lignes de bus, va être renforcé : le nombre de lignes Liane, dites structurantes, va passer à terme de 6 à 12, tandis que certaines lignes complémentaires ou de proximité vont aussi évoluer (en termes de fréquence ou de parcours). Côté métro, la ligne 1 circulera une heure de plus le samedi soir (1h30 au lieu de 0h30) et la fréquence en soirée passera à quatre minutes au lieu de six. Un système de transport sur réservation est aussi prévu (s’appuyant sur la plateforme logicielle de la société Padam), tandis que le covoiturage est encouragé via l’appli « ilévia covoiturage ».
Symbole de ces changements, le réseau de transport public lillois s’appelle désormais ilévia.

Toulouse : du bus pour mieux connecter le futur téléphérique
Toulouse Métropole vient d’approuver une convention avec Tisséo Collectivités, l‘autorité organisatrice des transports de l’agglomération, gérés en régie, pour la réalisation d’aménagements de voirie entre la gare SNCF de Colomiers et le futur téléphérique, à l’Oncopole.
Une nouvelle ligne de bus de 15 km doit être mise en service en janvier 2021, quelques semaines après l’ouverture du téléphérique. Elle desservira 24 000 habitants et 50 000 emplois et pourra transporter environ 3 000 voyageurs par jour avec une fréquence en heure de pointe de 10 minutes. Elle permettra de connecter le téléphérique, le métro A et, à terme, la troisième ligne de métro, ainsi que le réseau ferré à Colomiers et les Linéo 2, 3, 4 et 5. Un investissement évalué à 3,15 M€ HT.
C. S.

A Sydney, Transdev souffle la politesse à la DB et à Keolis
A la tête d’un consortium avec le constructeur espagnol CAF, Transdev a décroché un nouveau contrat d’exploitation de tramway, dans la métropole de Sydney en Australie, pour un montant de 330 millions d’euros. La filiale de la Caisse des Dépôts a remporté le marché devant les deux autres finalistes, Deutsche Bahn-Alstom et Keolis-Ansaldo-China Railways Construction.
Ce nouveau tramway de Parramatta, dans la grande banlieue ouest de Sydney, doit entrer en service en 2023 sur 12 kilomètres de ligne. Le contrat comprend la fourniture de 13 trams, les systèmes, l’aménagement des stations, la construction du dépôt, l’exploitation et la maintenance de la ligne.
Transdev exploite déjà des ferries, des bus et une ligne de tramway dans l’agglomération de Sydney. En 2020, il doit exploiter la ligne de tram actuellement en construction entre le centre-ville et la banlieue sud-est.
Le groupe est également présent à Melbourne, Perth et Brisbane.

Paris écarte la gratuité totale des transports publics
Après avoir reçu début janvier 2019 le rapport sur « un big bang de la tarification des transports dans le Grand Paris », Anne Hidalgo a décidé de rendre les transports publics gratuits aux enfants de 4 à 11 ans ainsi qu’aux Parisiens handicapés de moins de 20 ans. Ils le sont déjà pour les moins de 4 ans. La maire de Paris a également décidé de rembourser à hauteur de 50 % le passe Navigo des collégiens et lycéens parisiens, en complément du coup de pouce déjà accordé par la région, et de proposer gratuitement l’abonnement Vélib’ aux Parisiens de 14 à 18 ans.
Ces mesures, qui seront mises en œuvre à partir de septembre 2019, « seront financées en 2019 par des redéploiements à hauteur de cinq millions d’euros », précise un communiqué de l’Hôtel de Ville. En année pleine, elles représenteront 15 millions que la Ville prévoit d’autofinancer « par exemple grâce aux recettes du nouveau marché de mobilier urbain d’information qui débutera en 2020 ».
Les transports gratuits victimes de leur succès
Anne Hidalgo reprend ainsi à son compte quelques-unes des préconisations formulées dans le rapport par trois de ses adjoints (Emmanuel Grégoire, Christophe Najdovski et Jean-Louis Missika). Ce faisant, elle exclut, comme ils le recommandent, la gratuité totale des transports publics. Selon les trois adjoints en effet, une telle mesure serait très onéreuse : les dépenses annuelles de fonctionnement et d’investissement des transports collectifs franciliens sont évaluées à 12,4 milliards d’euros (soit 1 000 euros par habitant et par an). « En Ile-de-France, la mise en place de la gratuité totale des transports pour les usagers viserait principalement à réduire drastiquement les nuisances liées à la circulation des automobiles. Or, il apparaît que non seulement l’impact d’une telle mesure sur le trafic automobile serait très faible mais qu’elle risquerait également d’engendrer un report important des modes actifs vers les transports en commun », écrivent-ils.
A titre d’exemple, ils citent la ville d’Hasselt en Belgique, qui l’a mis en place et a constaté que plus de la moitié des nouveaux utilisateurs des transports publics étaient des cyclistes et des piétons. Pas malin quand les transports publics sont déjà surfréquentés. « De plus, l’impact économique de son financement, difficile à assurer, ne peut être occulté. Aussi, force est de constater que cette politique ne permettrait pas de répondre aux enjeux prégnants de la mobilité francilienne », ajoutent-ils. « Pour les villes ayant mis en œuvre une politique de gratuité totale des transports en commun en réponse aux préoccupations environnementales, le bilan est donc très mitigé dans la mesure où les effets sur le trafic automobile sont faibles voire marginaux alors que dans le même temps, le report modal depuis les modes actifs n’est pas négligeable », concluent-ils.
Anne Hidalgo explique de son côté, dans une interview à Libération du 9 janvier, qu’elle propose aussi « à l’Etat et à la région de s’engager à nos côtés, en modulant le remboursement du passe Navigo des salariés en fonction de leurs revenus ». Concrètement, poursuit la maire de Paris, « les plus hauts revenus continueraient à bénéficier du remboursement de 50 % de leur carte Navigo par l’entreprise, mais les plus bas revenus bénéficieraient d’un remboursement plus élevé, jusqu’à 100 % remboursés pour les personnes qui touchent jusqu’à 1,5 fois le Smic. Une mesure équivalente pourrait être envisagée pour les familles monoparentales ».
Ces mesures pourraient figurer, selon elle, dans la future loi d’orientation des mobilités (LOM) et seraient prises en charge par les entreprises. Une proposition qui n’a pas manqué de faire réagir Jean-Louis Schilansky, le président du Medef Paris, qui s’est demandé sur « quelle étude d’impact » la maire de Paris s’appuyait pour réclamer de nouveaux efforts financiers aux entreprises. Et de rappeler que « les entreprises contribuent directement à 41 % du financement des transports en commun en Ile-de-France sans compter leur contribution de plus en plus importante aux infrastructures du Grand Paris Express. Les entreprises sont déjà taxées à hauteur 3 000 euros par salarié et par an pour financer les collectivités territoriales franciliennes et l’autorité organisatrice de transports ».

Jusqu’où iront les métros automatiques ?
Le développement des métros automatiques dans le monde connaît un sérieux coup d’accélérateur. Cela pourrait bénéficier aux entreprises françaises, leaders sur ce marché. Lors d’un débat organisé par Ville Rail & Transports le 21 novembre à la Maison de la RATP, industriels et opérateurs ont dessiné les nouvelles perspectives. Quels progrès doivent maintenant faire les automatismes pour répondre aux attentes ?
« Le métro automatique a fêté ses 20 ans avec la ligne 14 », a rappelé Catherine Guillouard, en ouverture du colloque de VR&T, qui s’est tenu à la Maison de la RATP. La PDG de la RATP prédit une explosion de ce marché. Il pourrait être multiplié par trois d’ici 2025, profitant de l’implantation de nouvelles lignes mais aussi du renouvellement des anciennes. Pour promouvoir son offre de métro automatique, la RATP peut mettre en avant sa ligne 14, qui tourne à 85 secondes d’intervalle, transporte 83 millions de passagers par an et offre une qualité de service excellente. Mais l’entreprise mise aussi sur un savoir-faire qui lui permet d’automatiser une ligne tout en continuant de l’opérer. « Nous l’avons fait pour la 1, c’est en cours pour la 4 », rappelle Mme Guillouard. Dans le monde le groupe RATP exploite des métros automatiques ou semi-automatiques, parfois conjointement avec Transdev, à Mumbai ou à Séoul, parfois avec Keolis, pour le projet de Doha au Qatar. Parfois sans partenaire français, comme ce sera le cas à Riyad.
En France l’entreprise travaille sur l’extension de lignes de métro, notamment de la ligne 14, pour doubler sa capacité d’emport et passer à un million de voyages/jour avec son extension au nord et au sud, ce qui en fera la ligne automatique la plus longue du monde. Et la RATP finalise l’automatisation du tronçon central du RER A. « Ce RER, c’est 1,2 million de passagers par jour. Son automatisation, réalisée à plus de 90 %, a déjà permis d’augmenter sa régularité de 3,7 points. Les travaux seront terminés d’ici la fin de l’année. Savoir automatiser tout en gérant l’exploitation est un savoir-faire rare », insiste Mme Guillouard. « Alors que le trafic ne cesse de croître – sur le RER A il a augmenté de 4 % en un an et certaines lignes de métro affichent une hausse de 2 à 3 % – automatiser a du sens, d’autant plus que la qualité de service d’un métro automatique est excellente, plaide-t-elle. Mais cela nécessite des investissements de centaines de millions d’euros, notamment pour installer les façades de quais, refaire les quais… »
Sur ce marché prometteur, la présidente de la RATP invite la recherche universitaire à s’emparer du sujet et les professionnels à se rapprocher de la recherche. Et elle encourage la filière française à faire front commun face à la montée en puissance des Chinois. « Jusqu’à présent la RATP a su travailler avec Transdev et Keolis, nous voulons continuer, car dans la compétition mondiale, ce serait dommage qu’avec notre savoir-faire on se fasse “piquer“ des marchés par des gens qui n’amèneraient que peu d’emplois en France. » C’est dans cet état d’esprit, de confiance et d’échange au sein de la filière, qu’ont été tracées les perspectives nouvelles des automatismes par les intervenants.

Le digital va offrir encore plus de performances
Edouard Dumas, responsable du compte SNCF Réseau pour Siemens, rappelle que la technologie CBTC de Siemens était déployée dans de nombreuses villes, à la fois sur des lignes existantes, comme à New York, mais aussi sur des lignes nouvelles, comme dans le métro de Riyad où Siemens a un projet clés en main, incluant système de communication à bord des trains, portes palières et 74 rames de métro Inspiro.
En France, Siemens est partenaire de la RATP pour la ligne 14. « Cette ligne, qui relie Saint-Lazare à Olympiades et transporte déjà 500 000 voyageurs par jour, ira demain de Pleyel à Orly, soit un triplement de la longueur de la ligne et un doublement du nombre de passagers, grâce à des trains qui passeront de six à huit voitures. Cette ligne, sans conducteur, est équipée depuis 20 ans du système CBTC Meteor : notre challenge est de la migrer en CBTC nouvelle génération en une nuit, sur les sections existantes », précise Edouard Dumas qui rappelle que pour la ligne 1, l’automatisation avait été réalisée par phases, certains trains circulant avec conducteurs, d’autres sans.
A Paris également, Siemens déploiera le CBTC sur les lignes 15, 16 et 17 du Grand Paris Express « soit 185 trains et 200 km de ligne, avec 12 sections progressivement mises en service entre 2024 et 2030, et pour lesquelles nous aurons en charge la maintenance des équipements pendant 30 ans. Notre solution repose sur une architecture simplifiée permettant de réduire le coût de maintenance en intégrant l’enclenchement, ainsi que la logique de traction dans le CBTC. Nous allons développer des fonctions spécifiques, comme la décomposition des trains de travaux et leur recomposition automatique, permettant leur retour au dépôt à pleine vitesse ».
Toujours à Paris, avec la SNCF cette fois-ci, dans le cadre du projet Eole d’extension du RER E vers l’ouest, Siemens est chargé de mettre en œuvre le CBTC Nexteo sur le futur tronçon central, en tunnel. « C’est un projet avec une transition dynamique, sans arrêt en entrée ou en sortie de tunnel. Nous aurons plusieurs systèmes d’enclenchements en interface à gérer. Ce sera la première fois que nous déploierons notre système CBTC dans un environnement ouvert, avec la possibilité d’une mixité de trafic. Nous allons déployer une supervision avec des algorithmes intelligents pour optimiser la régulation des trains suivant les priorités. Ce sera un outil puissant pour régler les conflits et prendre la bonne décision au bon moment. »
Autre projet de Siemens, la ligne B de Rennes Métropole, clés en main avec le Cityval, destinée à être exploitée par Keolis. « Ce sera la première fois que l’on équipera le système Val avec un CBTC pour réduire la consommation d’énergie et apporter de la flexibilité et une plus grande modularité. Sur ce type de solution globale, il est possible d’offrir des services supplémentaires avec notre plateforme Railigent permettant de développer des stratégies de maintenance prédictive et d’aider aussi l’exploitant à mieux répondre aux besoins des passagers. Cette plateforme repose sur la collecte massive de données du matériel roulant, du CBTC, et des autres sous-systèmes comme l’enclenchement, les équipements en gare et d’autres données fournies par nos clients. Ces informations sont alors fréquemment remontées et stockées dans le cloud, puis analysées par une intelligence artificielle. Railigent est déjà déployé, ou en cours de déploiement, pour 60 clients dans 30 pays », précise Edouard Dumas qui conclut : « Depuis plus de 20 ans, le CBTC a démontré sa capacité à améliorer la performance d’un système avec ou sans conducteur. Grâce aux informations digitales, ce système offrira encore plus de fonctionnalités. »
Le CBTC, c’est l’avenir
« La France est pionnière et leader mondial pour les métros 100 % automatiques (sans conducteurs et sans personnel à bord) », rappelle Philippe Leguay, directeur international Transport ferroviaire urbain chez Keolis qui assure l’exploitation et la maintenance de matériel roulant et infrastructures de transport dans 16 pays et transporte 3,7 milliards de passagers. En 2018, il existait 63 lignes de métros 100 % automatiques (classées GoA4 par l’UITP), soit 1 003 km répartis dans 19 pays et 42 villes. « 45 % de ces lignes sont concentrées sur la France, la Corée et Singapour », précise Philippe Leguay qui constate que le développement du métro 100 % automatique connaît un fort développement depuis dix ans. « On a enregistré 200 % de lignes de métros 100 % automatiques supplémentaires et on devrait en compter 2 300 km de plus en 2025. 35 % de ces nouvelles lignes seront en Europe, mais la Chine s’y met. Aujourd’hui, un quart des villes ayant un métro ont au moins un métro 100 % automatique, ce qui représente 7 % des métros du monde. Le potentiel de développement est énorme. Le Grand Paris Express, avec ses 200 km de lignes 100 % automatiques, fera de Paris la référence dans ce domaine. » Aujourd’hui, Keolis est impliqué dans 160 km de lignes 100 % automatiques en CBTC. « Nous sommes à Rennes, à Doha (en partenariat avec la RATP), et nous sommes présents aussi dans des projets de transformation de lignes à Lille, Lyon et Londres. Les projets de Doha et de Lyon intègrent la fonction d’accouplement et désaccouplement automatiques, pour permettre d’alterner trains courts et longs en fonction du trafic. » Pour Philippe Leguay, le métro 100 % automatique à technique CBTC, « c’est l’avenir, que ce soit en matière de sécurité, pour sa qualité de service, mais aussi en raison de ses coûts réduits de Capex et d’Opex. Cette technologie permet d’aller jusqu’à 60 secondes de fréquence et de réaliser un gain de capacité grâce à la croissance de la vitesse commerciale et à la réduction des intervalles ». Pour améliorer encore les performances du métro automatique, le directeur de Keolis attend « des outils de contrôles et de gestion plus performants et une meilleure qualité pour pouvoir ajuster la vitesse des trains et dérouler des tables horaires en situation dégradée ». Le dirigeant de Keolis souhaite aussi que l’on recoure plus largement aux fonctionnalités techniques d’attelage automatique de trains courts. « Sur la ligne B à Lyon et la ligne 15 à Paris, si on réduit la taille des trains aux heures creuses, on peut réduire de 30 % les km.voiture par an, gagner 30 % sur le coût de maintenance et 25 % sur le coût de l’énergie de traction. » Enfin, Keolis voudrait des ateliers de maintenance automatisés en conduite automatique sans conducteur, comme le métro mis en service à Shanghai par Keolis en mars 2018, « pour offrir plus de confort et une meilleure sécurité de travail ».
De nombreuses pistes d’amélioration
« La technologie CBTC a été choisie pour près de 200 projets de métro dans le monde », a comptabilisé Claude Andlauer, responsable de l’Ingénierie des systèmes du transport ferroviaire à la RATP. « Elle a donc prouvé sa pertinence, mais il reste encore des zones de progrès à atteindre : parce qu’on exploite dans des conditions de trafic de plus en plus tendues, et que notre expérience en matière de CBTC a démontré qu’il reste encore des faiblesses dans son architecture. Il existe des domaines non couverts par les solutions du marché, des opportunités technologiques à exploiter et des nouvelles tendances de mobilité à prendre en compte. Sur le registre des conditions d’exploitation de plus en plus tendues, les facteurs d’amélioration inscrits dans nos cahiers des charges tournent principalement autour de l’amélioration de la résilience des systèmes. Car même s’il est remarquablement fiable, les défaillances du système peuvent être lourdes de conséquences, notamment avec l’amplification médiatique à l’heure des réseaux sociaux. »
Sur la ligne 14 par exemple, qui desservira Orly, il est prévu qu’en cas de problème majeur affectant une partie de l’infrastructure, le système offre la possibilité de « by-passer » la zone en défaut pour éviter la rupture de service. « Nous avons aussi besoin d’optimiser la performance aux conditions réelles d’exploitation, car pour le métro, le cadencement à la table horaire, même à l’intervalle, est trop rigide. » Claude Andlauer espère aussi un renforcement de la robustesse des solutions du marché. « Le CBTC reste encore trop adhérent à son environnement, ses interfaces avec la voie, l’énergie, le matériel roulant… Or, avec un système prévu pour durer plus de 30 ans, il est incontournable que cet environnement puisse évoluer. Enfin, ce type d’architecture digitale, bâtie autour d’un SI est par nature vulnérable aux cybermenaces. Il faut s’en protéger. » Le responsable RATP alerte aussi sur le cycle de vie du système lorsque bâti avec des composants standards du commerce, dont l’obsolescence programmée limite sa pérennité alors même que le CBTC n’est pas particulièrement conçu pour faciliter son propre renouvellement. Au chapitre des nécessaires évolutions, certains domaines restent aujourd’hui non couverts. « La technologie CBTC, conçue originellement pour l’urbain dense, n’est pas particulièrement adaptée en suburbain avec des sections en branches à plus faible trafic, pour lesquelles consentir l’investissement nécessaire au passage en CBTC est discutable. De même, pour les modes légers comme le tramway qui va gagner en automatisme, mais limité à certaines zones et certaines fonctionnalités, pour lesquelles cette technologie est peu candidate. »
Revenant sur le thème de la standardisation, le constat est aussi sévère : « Il n’existe pas de standard d’interopérabilité pour son exploitation, alors qu’il existe un vrai besoin de pouvoir basculer des trains d’une ligne à l’autre. Aujourd’hui on ne peut le faire si on n’a pas le même système sur toutes les lignes. Pour les opérations de modernisation de type brown field, il manque une gradation des modes d’exploitation du système qui en faciliterait le phasage sans avoir à enclencher simultanément toutes les disciplines, une réponse technique multi-GOA offrirait plus de souplesse. Et il manque aussi une compatibilité multistandard pour permettre une migration douce entre ancien et nouveau système. » Claude Andlauer estime enfin que le CBTC pourrait tirer profit des innovations technologiques du véhicule autonome, avec la fusion de capteurs, les nouveaux modes d’assistance à la conduite, l’évolution du paradigme de démonstration de la sécurité, etc. Et que concernant le Maas et le transport à la demande, le CBTC a sa valeur ajoutée à apporter. « Voilà la perception, vue d’un opérateur, des marges de progrès pouvant amener l’industrie à entretenir son avance technologique face à la mondialisation de cette technologie » conclut le responsable RATP.
Concurrence avec le véhicule autonome
Jérôme Lefebvre, directeur du projet Nexteo à la SNCF, rappelle que ce projet est né à la fois d’un constat et d’une opportunité. Le constat c’est la saturation des lignes de RER en Ile-de-France. « Sur l’axe est – ouest, le RER A est la ligne ferroviaire la plus fréquentée d’Europe. Le prolongement d’Eole vers l’ouest, et l’équipement du tronçon central de cette ligne avec Nexteo, permettra progressivement entre 2022 et 2024 de désaturer le RER A. Sur l’axe nord – sud, ce sont les RER B et D, qui ont vu leur trafic voyageurs augmenter d’année en année, qui sont aujourd’hui saturés. Eole et les lignes B et D représentent 1,8 million de voyageurs par jour, soit un tiers de la totalité du trafic voyageurs de la SNCF ». L’opportunité, c’est le renouvellement des matériels roulants, qui permettra d’y greffer un système CBTC1 analogue à celui déployé sur les métros automatiques. « L’objectif est d’augmenter la capacité, de passer de 16 à 22 trains à l’heure sur Eole avec la possibilité d’aller jusqu’à 28. » Sur le tunnel Châtelet – Gare-du-Nord, que se partagent les lignes B et D, « il faut se rapprocher des 32 trains par heure nominaux, alors qu’aujourd’hui on en est entre 28 ou 29 trains par heure », précise Jérôme Lefebvre. « Entre Villeneuve-Saint-Georges et Gare-de-Lyon, on veut augmenter le débit du RER D de quatre trains par heure avec Nexteo. Il s’agit à la fois d’améliorer la capacité, la qualité de service, la ponctualité, mais aussi la résilience du système de transport. Nexteo va permettre de revenir à la normale plus rapidement par rapport à la situation actuelle. »
Quand le directeur de Nexteo regarde ce qui se fait en ERTMS, il précise : « Quand nous avons fait le choix du CBTC pour Eole, c’était la seule technologie qui pouvait permettre d’atteindre la performance attendue et c’est toujours le cas aujourd’hui. Notre challenge c’est de faire prendre la greffe d’une technologie, mature dans l’urbain, sur un environnement ferroviaire ouvert et partagé, sur du ferroviaire lourd, et de le faire sur des lignes exploitées. La technologie CBTC offre la capacité de gérer la mixité des circulations, lors de la migration du parc (les nouvelles rames équipées de Nexteo remplacent progressivement les anciennes), mais aussi en situation perturbée, par exemple pour sortir une rame en panne sans paralyser le trafic. En cas d’incident sur les voies directes, le report d’autres circulations sur les voies RER est aussi possible avec Nexteo grâce à sa capacité à gérer un trafic mixte. La compatibilité avec l’ERTMS est fondamentale. Les nouveaux matériels roulants sauront gérer les dialogues entre les équipements embarqués de Nexteo et ceux de l’ERTMS », précise Jérôme Lefebvre qui ajoute : « Nexteo nous amène aussi à nous réinterroger sur les modes de régulation. Dans les outils modernes de supervision du trafic que nous allons mettre en place en Ile-de-France, un algorithme va combiner la logique d’intervalle sur les tronçons centraux des lignes RER et les logiques d’horaire en périphérie. »
Jérôme Lefebvre évoque – sujet crucial – la compétition qui se joue avec la voiture autonome pour la ressource radio. « Nous avons besoin d’une capacité dans le spectre radio que nous ne sommes pas les seuls à vouloir utiliser. Nous avons des discussions vives au niveau européen pour partager les fréquences radio. Nous avons pour voisins dans le spectre radioélectrique les systèmes ITS2-route qui travaillent sur le véhicule routier intelligent voire autonome. Avec cette concurrence pour la fréquence radio, ce qui se joue c’est la bataille entre l’automobile et le ferroviaire à l’heure de la transformation numérique. A nous, SNCF et RATP, de pousser nos pions ensemble pour défendre nos intérêts. »
Poursuivre la recherche pour continuer à s’améliorer
Dominique Roux, directeur Systèmes de Systra (ingénierie leader dans le domaine des métros), rappelle les éléments fondamentaux qui ont conduit au développement rapide des métros automatiques dans le monde.
La première raison (fondamentale) réside dans l’accroissement rapide de la population. En 2011, la population urbaine a atteint pour la première fois 50 % de la population mondiale. En 2050, les statistiques indiquent que cette part atteindra 70 %. Il en ressort des besoins croissants en mobilité – et Dominique Roux indique que « le transport par mode métro répond parfaitement à ce besoin, en offrant des capacités allant jusqu’à 70 000 personnes par heure et par direction ! »
La deuxième raison réside dans les performances apportées par les métros automatiques : le responsable de Systra indique que : « Les intervalles entre trains sont abaissés à 85 secondes, les cadencements atteignent plus de 40 trains par heure et les taux de disponibilité vont jusqu’à 99,99 % ; ce qui confère au métro automatique une très haute qualité de service au passager. »
La troisième raison réside dans l’amélioration du coût global de possession. Ainsi, Dominique Roux souligne que le coût d’investissement (Capex) d’un métro automatique est sensiblement plus élevé (+12 %) que celui d’un métro traditionnel. Mais les coûts d’exploitation (Opex) eux, deviennent significativement inférieurs (les gains pouvant aller de 30 % à 40 % par rapport au métro traditionnel).
La quatrième raison réside dans le vieillissement des réseaux existants qui, lorsqu’ils sont renouvelés, s’accompagne très fréquemment d’une automatisation des lignes. Sur ce segment des rénovations de ligne, Dominique Roux explique que l’on voit apparaître de plus en plus de nouveaux types de « migrations ».
Sur les réseaux urbains : ce sont des migrations de type GoA4 vers GoA4 où l’on doit gérer l’upgrade d’un système automatique existant vers un nouveau système automatique. On peut citer ici : Lausanne, Lille, Lyon… Sur les réseaux périurbains, l’accroissement de la taille des villes amène à faire se rejoindre l’urbain et le périurbain – et c’est ainsi que des systèmes ayant des contraintes très diverses se retrouvent au sein de projets très complexes comme Nexteo, Crossrail…
Enfin, sur le sujet des véhicules autonomes, Dominique Roux partage les avancées déjà réalisées par Systra – et l’application dans le domaine des transports guidés. Il souligne la porosité des pratiques observée de plus en plus entre les différents modes de transport (dans notre cas, entre le véhicule autonome et le métro automatique). Ces partages de pratique sont source d’innovation et nous tournent vers l’avenir.
Valérie Chrzavzez


Une solution de lutte prédictive contre la fraude testée en Essonne
Finies les tournées aléatoires des contrôleurs sur le réseau des Transports Intercommunaux Centre Essonne. La société d’économie mixte qui gère le réseau TICE (une particularité en Ile-de-France) a noué un partenariat avec la start up francilienne Datategy qui fournit des solutions de lutte prédictive contre la fraude. La solution proposée repose sur l’analyse de données de flux et sur un algorithme prédictif d’intelligence artificielle. L’équipement se résume à une application installée, pour les contrôleurs, sur leurs smartphones (elle peut leur indiquer où se positionner) et, pour les managers, sur une plateforme accessible à partir d’un ordinateur. « Les managers peuvent fournir à l’algorithme des données ajustées en fonction de la situation. Ils bénéficient aussi en retour d’indications affinées qui les aident dans le management : ils disposent par exemple de la productivité par agent, du nombre de verbalisations par agent, par station, par ligne… C’est un outil de supervision », souligne-t-on côté Tice. « L’intelligence artificielle prédictive permet d’être au bon endroit au bon moment », résume Mehdi Chouiten, l’un des fondateurs de Datategy.
« Le taux de fraude sur le réseau a quasiment doublé, passant de 9 % en 2009 à 15 % aujourd’hui », expliquent encore les responsables de TICE qui souhaitent lutter contre le phénomène en utilisant des moyens innovants. Le réseau qui couvre 20 communes, 19 lignes et transporte 87 000 passagers par jour emploie sur le terrain 28 contrôleurs et 40 médiateurs. Les conditions de travail ne sont en effet pas toujours faciles dans cette banlieue qui abrite notamment la cité de la Grande Borne ou le quartier des Tarterêts.
« Tice a accepté d’être le premier en France à tester cette solution pour les transports », souligne Mehdi Chouiten. L’expérimentation prévue sur un an doit aussi permettre de mieux réguler les circulations de bus grâce aux données captées sur la fréquentation.
MH P