Catégorie : Transports urbains

Retrouvez toute l’actualité des transports urbains: Métro, RER, lignes de bus, constructeurs et opérateurs en France et à l’international

  • Entretien avec Daniel Cukierman : « Pour les Chinois, le tramway, c’est un peu la France »

    Entretien avec Daniel Cukierman : « Pour les Chinois, le tramway, c’est un peu la France »

    Le marché des transports urbains chinois est devenu incontournable pour les groupes de transport. L’ancien CEO de Veolia Transport RATP Asia, Daniel Cukierman nous en souligne les caractéristiques. Lire aussi notre dossier Chine

    Ville, Rail & Transports. Faut-il s’intéresser à la Chine quand on est un grand transporteur ?

    Daniel Cukierman. La Chine est aujourd’hui le plus grand marché mondial de transport. En volume. Pas en valeur, mais elle le sera un jour. Le premier marché en valeur est le Japon, mais il est fermé. Les Japonais disent le contraire. En tout cas, les groupes français n’y sont pas. 

    La Chine construit aujourd’hui autant de lignes de métro que l’Europe dans la première moitié du XXe siècle. Avec 550 km, Shanghai a le plus long réseau de métro au monde (et prévoit de construire 800 km de tramway, soit presque autant que l’ensemble des lignes existant en France).

    Des groupes de transport qui se veulent internationaux doivent se poser la question du marché chinois. Les groupes français ont plusieurs atouts. Ils sont internationalisés, et ils ont un savoir-faire dont la Chine a besoin. 

     

    VR&T. Quelles sont les caractéristiques de ce marché ?

    D. C. Travailler en Chine, cela prend du temps. Il faut être connu. La conception du business n’est pas la même qu’en France. Il faut prendre des risques ensemble, et cela veut dire investir ensemble. La relation de confiance met du temps à s’établir. Et il y a un côté méditerranéen. Il faut être copain. Il faut se connaître. Et puis, tant qu’on n’a pas eu de crise, on n’est pas implanté. La crise permet de remettre à plat les relations. Il faut donc oublier les habitudes de l’expatriation : on vient pour trois ans, et on change de poste…

    Jean-Pascal Tricoire, président de Schneider Electric et président du Comité France Chine, est le seul président d’une entreprise du Cac 40 qui vive en Chine, à Hong Kong. Lui aussi le dit : il faut du temps. Il a commencé à gagner de l’argent au bout de quinze ans. 

    C’est un vrai sujet. Il n’est pas si simple d’être présent quelques années et de dépenser quelques millions avant d’être vraiment dans le business.

    De plus, le cadre contractuel n’est pas clair. Un exemple. Le marché des bus est aux risques et périls. Il faut vivre des recettes… sans être maître du prix du billet, qui est déterminé par les autorités locales.

    En 1998, le prix du billet a été fixé à 1 RMB [la monnaie chinoise appelée yuan RenMinBi, ndlr]. À l’époque, c’était un bon prix. Les entreprises de bus de Hong Kong sont alors entrées dans ce marché, mais les prix ont ensuite été bloqués pendant quinze ans. 

    Vers 2005-2006, les entreprises de transport ont commencé à avoir du mal à équilibrer leurs comptes. On est alors entré dans un système de subventions : une subvention nationale, liée au prix du fuel, et d’autres, locales, qui compensent les tarifs sociaux, et parfois aussi l’achat de véhicules neufs, ou d’autres postes, selon la qualité de la relation. Rien de tout cela n’est contractuel. Le transporteur sait que le billet augmentera un jour, mais il ne sait pas quand. La subvention nationale sur le prix du fuel est en fait une subvention au transport public mais son montant n’est pas connu d’avance. Cela dit, le gouvernement l’a plutôt bien versée. 

    Il est difficile dans ces conditions de faire un business plan et de convaincre ses actionnaires.

    De plus, le transport est considéré comme stratégique, ce qui interdit d’avoir une participation supérieure à 49 % dans une JV [joint-venture, coentreprise, ndlr]. Or, selon les normes IFRS [normes comptables internationales, ndlr], une participation à 49 % ne peut pas être consolidée.

    De ce fait, la décision d’aller ou pas sur ce marché va dépendre dans chaque entreprise de la confiance qu’on a dans les managers locaux.

    Finalement, en décembre 2014, le prix du billet a augmenté. À Pékin, le bus vient de passer de 1 à 2 RMB, et le ticket de métro de 2 à 3 RMB, à quoi s’ajoute un prix au kilomètre au-delà de 6 km. Depuis, les villes chinoises adoptent ce système.

    Le gouvernement a pris le risque de cette forte augmentation. Mais, comme le prix était vraiment bas, on n’entend pas parler de mouvements de protestation. Pendant quelques années les entreprises vont gagner de l’argent.

     

    VR&T. Comment les entreprises étrangères sont-elles arrivées en Chine ?

    D. C. Veolia Transport est arrivé début 2006, profitant du fait que Veolia Eau était connu, avait investi et bien géré son secteur. En Chine, big is beautiful. Et nous avions de bonnes références. 

    À l’époque, dans le transport, le sujet, c’était le métro. La Chine cherchait un opérateur international de référence pour faire du benchmark [de l’évaluation d’entreprises, ndlr]. MTR (Mass Transit Railway), le métro de Hong Kong, est arrivé avant nous. Le modèle économique était compliqué, les villes finançant l’infrastructure, l’opérateur finançant le matériel roulant et les systèmes. Sur une ligne moyenne, à Pékin, la part de l’opérateur revenait à environ 700 millions d’euros sur un total d’un peu plus de 2 milliards. En joint-venture il fallait donc investir 350 millions d’euros, somme que les Français n’avaient pas. 

    MTR a ainsi remporté la ligne 4 du métro de Pékin. Cela a été une opération très bénéfique. En effet, l’investissement a coûté moins cher que les 700 millions prévus. De plus, les prix du billet avaient été fixés sur la base de 500 000 voyages par jour. L’opérateur avait dit : le prix du billet devra être de 5 RMB pour amortir l’investissement, couvrir les coûts d’exploitation et assurer une marge. C’était un tarif virtuel, le tarif public du métro était de 2 RMB, et les autorités payaient à MTR la différence. Il y a eu en fait beaucoup plus de voyages que prévu, plus d’un million par jour !

    Le gouvernement a trouvé que ce modèle était intéressant et ce type de partenariat public-privé a intéressé les municipalités. Il a donc été décliné dans d’autres villes. Veolia a travaillé pour se présenter sur la ligne 1 du métro de Hangzhou, mais là aussi il fallait investir, alors que Veolia s’était positionné comme opérateur… à côté de la plaque. MTR l’a emporté. Peut-être aurions-nous dû bluffer, dire qu’on était investisseur, et trouver après coup un financeur !

    Une ligne à Shenzhen a été faite aussi sur ce modèle et MTR a encore gagné.

    Maintenant, MTR gère trois lignes de métro à Pékin, va en gérer probablement une deuxième à Hangzhou et en a déjà gagné une deuxième à Shenzhen. Je pense que les Chinois ne cherchent pas aujourd’hui d’autre opérateur étranger.

    Mais le marché n’est peut-être pas définitivement fermé. Comme les salaires augmentent vite, les municipalités vont peut-être rouvrir le dossier en s’intéressant aux coûts d’exploitation. Mais, pour quelques années encore, je pense que le marché des métros ne sera pas ouvert. Si jamais les villes veulent l’ouvrir, il sera alors plus simple de faire appel au métro de Shanghai qu’à des étrangers. 

     

    VR&T. Quel marché, si le métro reste pour quelque temps fermé ?

    D. C. La niche potentielle, c’est le tramway. Les Français en font la promotion. VTRC [ancienne dénomination de la JV RATP Dev Transdev Asia, ndlr] et Alstom pour commencer. Et la joint-venture Ratp Dev Transdev Asia exploite celui de Shenyang.

    Les Chinois aiment bien venir en France. Alors, on leur montre le tramway de Paris, Keolis montre le tramway de Bordeaux, Veolia-Transdev montrait le tramway de Nice et maintenant celui de Reims. À Nice, le vice-maire de Shenyang, découvrant le tramway, a téléphoné chez lui de la place Masséna et a dit : « je veux ça chez moi ! » C’était en décembre 2011. Il voulait son tramway pour les Jeux nationaux, qui se tenaient à Shenyang, en septembre 2013. Et il l’a eu (4 lignes, 50 km). C’est vrai, il l’a fait construire dans des zones peu peuplées, avant l’urbanisation… Mais tout de même ! Soit dit en passant, le maire de Nice, Christian Estrosi, n’a pas rendu service aux entreprises françaises en mettant son réseau en régie. 

    Aujourd’hui, une vague de tramways se développe en Chine, soit dans des quartiers périphériques soit dans des zones urbaines où il n’y a pas assez de monde pour faire un métro. Et une ville qui a un réflexe d’urbanisme, comme Shanghai, va faire un tramway en centre-ville.

    Le programme de construction de tramways est énorme. En effet, les villes doivent être au-dessus de certains seuils pour avoir le droit de faire un métro. Il faut avoir plus de 3 millions d’habitants, et tant de millions de recettes fiscales. Près de 40 villes ont ce droit et bien sûr aussi celui de faire un tramway. Pour faire quand même partie des grandes qui ont « du transport par rail », les autres vont faire un tramway. Plusieurs milliers de kilomètres sont prévus et une bonne partie est déjà en construction. C’est une niche pour les Français. Pour les Chinois, le tramway, c’est un peu la France. Pour l’instant, les Chinois ne savent pas exploiter un tram. Ce n’est ni du bus ni du métro. Mais ils apprendront vite.

    Mais c’est aussi un marché plus ouvert car, comme il est apparemment moins stratégique qu’un métro, c’est moins grave de le donner à un étranger. 

    Chacun des trois grands groupes français est un expert en tramway. C’est un créneau qui devrait permettre à ces entreprises de se développer. La JV RATP Dev Transdev Asia a un avantage : elle exploite déjà un tramway avec Shenyang. Keolis en a un autre : son partenariat avec Shentong. 

    Et puis, la hausse dernièrement intervenue du prix du billet va améliorer pour quelques années l’économie de l’exploitation du transport public en général et donc du tramway.

    Propos recueillis par François DUMONT

  • Le projet de tram pour la Guadeloupe avance

    Le projet de tram pour la Guadeloupe avance

    Le 19 décembre 2014, l’Etat a retenu le projet de tramway Tram'Excellence, déposé conjointement par la Communauté d’Agglomération Cap Excellence et le Syndicat Mixte des Transports du Petit Cul de Sac Marin, dans le cadre de l’appel à projets "Transports en commun et mobilité durable"… Le tracé du Tram'Excellence comportera deux lignes qui prendront en compte la desserte des établissements scolaires, le CHU et les services publics. La première circulera entre les Abymes et  Pointe à Pitre, la seconde aura pour terminus Baie-Mahault. 28,16 millions d’euros seront versés par l’Etat pour soutenir ce projet de tramway.

  • Bordeaux étend son réseau de tramway

    Bordeaux étend son réseau de tramway

    Depuis le 24 janvier, Bordeaux a mis en service 2 extensions de tramway. La première concerne la ligne A… Désormais, le tramway circule jusqu'aux portes du Haillan et dessert 5 nouvelles stations : Pin Galant, Hôtel de Ville de Mérignac, Frères Robinson, Les Pins et Le Haillan Rostand.

    La ligne C, la seconde ligne, quant à elle, se prolonge vers le nord jusqu'au Parc des Expositions. 4 nouvelles stations jalonnent ce nouveau tronçon : Berges du Lac, Quarante Journaux (centre commercial Bordeaux Lac), Palais des Congrès et Parc des expositions.

     

    TBC, Tram et Bus de la Cub  estime à 67 millions le nombre de voyages par le tramway en 2014. Au printemps, l'extension vers l'hôpital Haut-Lévêque sera également ouverte sur la ligne B.

  • Besançon : premiers chiffres de fréquentation du tramway

    Besançon : premiers chiffres de fréquentation du tramway

    Le réseau des transports de l’agglomération du Grand Besançon, Ginko, a dévoilé le 19 janvier, les premiers chiffres, après six mois de fonctionnement. A elles seules, les deux lignes de tram, lancées le 30 août 2014, enregistrent 36 % de la fréquentation des transports en commun de l’agglomération, les bus 54 %… De septembre à décembre 2014, plus de 6 millions de voyageurs ont emprunté l’ensemble du réseau Ginko, soit une hausse de la fréquentation de + 20%, comparée à la même période de 2013. 

    Ginko atteint un volume de transport de voyageurs de 8,4 voyages/km, l’équivalent de celui de Mulhouse qui compte plus de 260 000 habitants, contre 177 500 environ pour le Grand Besançon. 

    L’agglomération veut encore faire grimper le taux de ponctualité qui atteint 85 % pour l’instant, améliorer l’accessibilité des stations et installer la géolocalisation des rames pour fournir les horaires en temps réel aux stations. Côté sécurité des passagers, des poignées ont rapidement après la mise en service été ajoutées dans les rames, tandis que le systême de freinage/accélération a été revu pour réduire les à-coups. 

  • Toulouse : premiers essais du tram Envol

    Toulouse : premiers essais du tram Envol

    Trois mois avant sa mise en service commerciale, le tramway Envol vient d'entamer ses premières marches d’essais sur l’ensemble du tracé de la ligne Depuis le 20 janvier, les rames empruntent la ligne de 2,4 km qui relie le T1 à l’aéroport de Toulouse-Blagnac afin de tester les nouveaux équipements dans les conditions réelles d’exploitation. Les marches à blanc devraient intervenir à la mi-mars.

    La mise en service de la ligne est prévue le 11 avril 2015, le trafic est estimé à 9500 voyages/jour.

  • Electrique : Bolloré inaugure son usine de Blue Tram à Quimper

    Le groupe Bolloré a inauguré, le 16 janvier, sa nouvelle usine de Blue Tram, des microbus électriques, à Ergué-Gabéric, une commune de la périphérie de Quimper, et siège historique des usines de papier de Bolloré. L’inauguration devait se faire en présence du premier ministre, Manuel Valls. 

    Bolloré a investi 10 millions d'euros dans la ligne d'assemblage des Blue Tram, la capacité de production est de 100 véhicules par an. L’entreprise prévoit une centaine d'embauches au moment de la construction de l'usine, et 200 à terme lorsque l'usine fonctionnera à plein régime. 

  • Marseille : grève des bus et du tramway aux heures de pointe

    Une grève des transports a démarré à Marseille, le 13 janvier au matin, perturbant aux heures de pointe le trafic des bus et des tramways. La CGT, Sud, et la Fédération nationale des chauffeurs routiers (FNCR), ont appelé à la grève, alternativement, entre 7h30 et 8h25 un jour et entre 17h00 et 17h55 le lendemain, pendant cinq mois, pour protester contre une modification de leur période de congés.  

    Selon la direction, à 7h30 le 13 janvier, entre 58% et 92% du service bus étaient assuré selon les dépôts, et 71% du service tramway. Le métro n'est pas touché par le mouvement. 

     

  • Grenoble : la maîtrise d’œuvre de l’extension du tram A confiée Ingerop

    La société d’ingénierie, Ingérop, s’est vu confier par le Syndicat mixte des transports en commun de l’agglomération grenobloise (SMTC), la maîtrise d’oeuvre complète de l’extension de la ligne A du tramway vers Pont-de-Claix au sud de l’agglomération. 

    Le prolongement de la ligne A s’étend sur 1 km et reliera le terminal sud actuel, Echirolles Denis Papin, à la commune de Pont-de-Claix vise à desservir des espaces fortement fréquentés au sud de l’agglomération. Les quartiers riverains, en cours de renouvellement pour certains, seront ainsi consolidés par l’émergence d’un nouveau pôle de vie. 

    Ce contrat, d’1,1 million d’euros, s’accompagne de la signature de l’accord-cadre de maîtrise d’oeuvre de renouvellement urbain de la ville de Pont-de-Claix (150 000 m2 en cinq sites d’une trentaine d’hectares) pour un contrat d’un montant de 800000 €. 

    Ingérop est présent à Grenoble depuis 30 ans. Le Groupe a travaillé, dès 1984, pour la ligne A du tramway et pour le prolongement de la ligne B sur la presqu’île scientifique de Grenoble, inaugurée en septembre 2014.  

  • Avignon. Les élus votent un nouveau projet de tram

    La communauté d'agglomération du Grand Avignon a adopté, le 10 janvier, un projet de tramway pour un budget de 135 millions d'euros contre l'avis de la maire d'Avignon, Cécile Helle (PS), qui privilégiait un réseau de bus propres. 

    50 des 72 élus du Grand Avignon, qui regroupe 15 communes du Gard et du Vaucluse ont approuvé le nouveau plan de transport en commun. Ce projet prévoit une ligne de tram de 7 km renforcée par deux lignes de bus à haute fréquence à Avignon et le redéploiement des transports en commun dans les autres communes d'ici fin 2018 pour un budget de 135 millions d'euros. 

    Un projet initial de deux lignes de tramway sur 14,7 km pour un budget de 265 millions d'euros avait été adopté à l'unanimité en 2010 par la mandature précédente, présidée par l'ancienne maire d'Avignon, Marie-Josée Roig (UMP).

    Cécile Helle, dont l'abandon du tram figurait parmi les promesses de campagne, considérait qu'un réseau de bus correspondait davantage aux caractéristiques du territoire, aux capacités d'investissement du Grand Avignon et aux enjeux de mobilité de l'agglomération.