Catégorie : Transports urbains

Retrouvez toute l’actualité des transports urbains: Métro, RER, lignes de bus, constructeurs et opérateurs en France et à l’international

  • Un film 3D révèle le futur tramway du Havre

    Depuis le 13 décembre, les Havrais peuvent découvrir un film dans les cinémas de l’agglomération leur présentant en 3D le look du tramway sur rail qu’ils ont choisi après avoir été consultés en octobre. Le constructeur retenu fin juin, Alstom Transport, proposait deux modèles de Citadis. C’est le gris, qui rappelle l’architecture d’Auguste Perret, classée au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 2005, qui a séduit 68 % des 4 200 votants. Les 20 rames commandées pour un montant de 42 millions d’euros par la Codah (Communauté d’agglomération de la région du Havre), principal financeur de l’opération (395 millions d’euros), sont attendues symboliquement pour le 12/12/12, date prévue pour leur mise en service. Le chantier a commencé en mars dernier. Long d’un peu moins de 13 km, le futur tramway havrais desservira en Y les quartiers nord à partir de la ville basse (plage, hôtel de ville, gare SNCF).

  • Ça commence mal pour le tram de Toulouse

    Ça commence mal pour le tram de Toulouse

    L’inauguration de la première ligne de tram de Toulouse devait être grandiose, le 27 novembre. Mais un conflit social dur a non seulement gâché la fête, mais aussi empêché le tram de circuler pendant deux semaines. L’inauguration de la première ligne de tram de Toulouse devait être grandiose, le 27 novembre. Les Toulousains étaient impatients d’emprunter ces rames à la ligne élégante pour se rendre au Zénith, à l’hôpital Purpan, à la patinoire de Blagnac ou dans le nouveau quartier Andromède. Las ! un conflit social dur a non seulement gâché la fête, mais aussi empêché le tram de circuler pendant deux semaines. Les syndicats CFDT, CGT, FO et SUD ont finalement signé un accord de fin de conflit le 10 décembre, et le tram a pu circuler le lendemain.

    Les wattmen qui bloquaient le dépôt des trams de Garossos faisaient valoir des revendications salariales et de conditions de travail. Sept rencontres organisées par la direction depuis octobre 2009 n’avaient pas réussi à rapprocher les points de vue. Dans un communiqué du 1er décembre, la direction de Tisséo rappelait qu’une augmentation des salaires de 6 % a eu lieu en 2010 et qu’une gratification exceptionnelle de 300 euros avait été accordée aux 300 salariés impliqués dans le lancement du tramway. Les syndicats demandaient que la prime de 86 euros mensuels octroyée aux agents de maîtrise à cause de « l’élargissement de leur mission » le soit aussi aux 70 conducteurs de tram. Ce que refusait la direction.

    Des améliorations des conditions de travail des traminots avaient été acquises au fil des rencontres, rappelait Gérard André, président de l’Epic Tisséo : planning connu un an à l’avance contre 10 semaines pour les bus, amplitude maximum de 14 heures au lieu de 13 heures, journées de 7 heures en continu maximum. « On a retravaillé sur le temps de parcours, indiquait l’élu socialiste. Les 33 minutes pour effectuer le trajet Aéroconstellation – Arènes étant jugées difficiles à atteindre par les conducteurs, on est passé à 37 minutes. »

    Mi-décembre, les conséquences du conflit se faisaient sentir durement. L’hôpital Purpan était devenu presque inaccessible à certaines heures à cause des embouteillages consécutifs au non-démarrage du tram et aux travaux. A Blagnac, c’était l’incompréhension : « Nos concitoyens se trouvent bloqués alors qu’ils ont subi les désagréments des travaux pendant quatre ans, fulminait son maire Bernard Keller dans le journal local. Le chantage syndical sur l’inauguration puis sur le lancement du tram est perçu par beaucoup, ici, comme le caprice d’enfants gâtés. »

    Finalement, après une dernière réunion, le jeudi 9 décembre, un accord a été signé prévoyant, outre les améliorations des conditions de travail citées plus haut et la prime de 300 euros, trois jours de repos supplémentaires et une prime mensuelle de réapprovisionnement de 30 euros.

  • Projet de tramway autour de Tarragone

    Le gouvernement de Catalogne étudie la mise en place d’un réseau de tramway de 42 km de lignes autour de Tarragone. Dans cette partie sud de cette région appelée « Camp de Tarragona », l’objectif est de relier les villes de Cambrils, Reus et Tarragone entre elles, soit la desserte de 700 000 habitants. Techniquement, une partie de l’infrastructure reprendrait des voies ferrées existantes (sur 12 km) soit totalement en zone urbaine, soit avec un tram-train en périphérie. L’ensemble du tracé sera à écartement UIC, avec pose d’un troisième rail sur le tronçon Tarragone – Reus appartenant à l’Adif. Prévue dans le plan catalan des infrastructures 2006-2026, l’opération a été chiffrée à 580 millions d’euros hors matériel roulant. Alstom a montré son intérêt, compte tenu de son expérience dans ce domaine, de son usine à Barcelone (d’où il a livré des Citadis pour le tramway de la cité) et d’autres projets de tram-train qui se dessinent à l’est de Barcelone (Vallès et Manresa).

  • Comment Transdev a gagné le tram de Besançon

    Comment Transdev a gagné le tram de Besançon

    A Besançon, l’opérateur historique Keolis cédera sa place à Transdev à compter du 1er janvier prochain. A Besançon, l’opérateur historique Keolis cédera sa place à Transdev à compter du 1er janvier prochain. Comme l’avait annoncé Jean-Louis Fousseret, président (PS) de la communauté d’agglomération du Grand Besançon (180 000 habitants, 59 communes), début septembre (voir VR&T n° 503, page 12), c’est la filiale de la Caisse des dépôts qui opérera le réseau Ginko. Le conseil communautaire en a en effet décidé ainsi à l’unanimité le 18 octobre. L’offre de Transdev a été préférée à celles de Keolis (délégataire actuel et historique) et de Veolia, également candidat pour la gestion et l’exploitation des lignes urbaines, dans le cadre d’une délégation de service public (DSP) de sept ans, incluant la mise en service de la première ligne de tramway (15 km) en 2015.

    Principalement cinq raisons ont motivé le choix des élus. D’abord, le niveau de service le plus élevé, en volume de kilomètres produits et en fréquence sur les réseaux, y compris pendant les travaux qui devraient débuter à l’automne 2011. « Ce niveau de service s’appuie sur des moyens plus importants en personnels et en matériels », commente-t-on au Grand Besançon. Ensuite, des objectifs forts en matière de développement de la fréquentation, avec un engagement sur une hausse de 50 % d’ici 2017, grâce notamment au tram. Mais aussi un moindre recours aux fonds publics, puisque Transdev s’engage sur le niveau de recettes le plus élevé et assure un fort niveau de maîtrise des dépenses, en particulier en première partie de contrat.

    La contribution forfaitaire cumulée du Grand Besançon, à 138,26 millions d’euros sur la durée du contrat, est la plus basse avec cette offre. « Elle est également la plus intéressante pour la mise en œuvre des options de maintenance des rames et de la plateforme du tramway », estime l’AO, qui rappelle aussi que Ginko est l’un des réseaux les plus performants de France, avec une moyenne de 134 voyages par an et par habitant, et même 186 sur les seules lignes urbaines, soit un trafic de 90 000 voyages par jour et près de 23 millions par an.

    Enfin, Transdev a marqué des points grâce à sa démarche qualité ambitieuse – avec des engagements forts sur la ponctualité, la propreté, l’information et l’accueil du public, la satisfaction de la clientèle – et à son système performant de management environnemental. « Il s’engage à faire baisser la consommation de gazole de 8 % et celle d’électricité pour l’éclairage de 20 %, sur la durée du contrat. » De son côté, l’opérateur souligne qu’il mettra en place le projet de billettique multimodale et se réjouit de l’arrivée du tram dans une agglo de taille moyenne. « Nous sommes heureux que la solution tramway ne soit plus réservée aux grandes agglomérations et se développe maintenant dans des agglomérations de moins de 200 000 habitants, commente Joël Lebreton, PDG de Transdev. Petit à petit, la “ville douce” que nous défendons depuis de nombreuses années gagne de plus en plus de terrain. »

  • Jean-Marie Bockel, président de Mulhouse Alsace Agglomération (m2A) : « On a planté le drapeau du tram-train »

    Jean-Marie Bockel, président de Mulhouse Alsace Agglomération (m2A) : « On a planté le drapeau du tram-train »

    VR&T : Le tram-train arrive. Pour vous, c’est la fin d’une aventure ?
    Jean-Marie Bockel : Sur le tram-train, j’ai été persévérant. On a été jusqu’au bout de cette démarche, dont j’avais eu l’intuition il y a quinze ans. Et s’il n’y avait pas eu cette intuition de tram-train, il n’y aurait jamais eu de tramway à Mulhouse ! VR&T : Le tram-train arrive. Pour vous, c’est la fin d’une aventure ?
    Jean-Marie Bockel : Sur le tram-train, j’ai été persévérant. On a été jusqu’au bout de cette démarche, dont j’avais eu l’intuition il y a quinze ans. Et s’il n’y avait pas eu cette intuition de tram-train, il n’y aurait jamais eu de tramway à Mulhouse ! Je suis content qu’on ait pu aller jusqu’au bout de la démarche, parce qu’on aurait pu s’arrêter en 2006 avec l’inauguration des deux premières lignes du tramway et dans la foulée la petite extension qu’on a faite en 2009. On a réussi à convaincre la région, qui est le principal investisseur et financeur du fonctionnement. C’est comme ça que les choses se sont déroulées : j’ai pris mon bâton de pèlerin, et je suis allé à convaincre [le président du conseil régional d’Alsace, ndlr], Adrien Zeller, à l’époque que ça serait une très belle opportunité pour la région, ce tram-train, même s’il avait un coût. L’objectif explique largement l’investissement qui a été fait, c’est un doublement du trafic sur cette ligne. Est-ce que la fréquentation sera au rendez-vous ? On ne le sait jamais à l’avance, mais jusqu’à présent, s’agissant en tout cas de ce tramway, nous avons toujours eu un retour de fréquentation supérieur à nos prévisions. Je pense que les prévisions de quasi-doublement de trafic sont des prévisions qui sont raisonnables et qui peuvent être tenues. C’est vrai que le tram-train donne toute sa pertinence à une démarche d’ensemble qui ne s’arrêtera pas là, etconstitue également pour l’agglomération mulhousienne, une troisième ligne de tramway, puisque cette ligne nouvelle qui longe la voie TER permettra d’avoir à la fois les trams-trains et les tramways urbains, jusqu’à Lutterbach.

     

    VR&T : Puisqu’on aborde le sujet du tramway urbain, quel bilan en tirez-vous ?
    J-M B. : Le bilan du tram est excellent. C’est la raison pour laquelle il y a de telles attentes, et il explique pourquoi le débat sur le report des extensions a été quelque peu difficile. On aurait eu ce débat il y a cinq ans avant la mise en service du tramway, je pense que ça n’aurait suscité
    aucune émotion. Mais là, comme tout le monde voit que le tramway est un succès, puisque tout le monde l’emprunte (et pas seulement les gens qui habitent le long des lignes), cela crée un désir, une attente. C’est un succès en termes de fréquentation, ce qui est quand même l’objectif premier d’un tramway, mais aussi en termes de rénovation urbaine. Il faut dire que cela a transformé la ville. Pas seulement d’un point de vue urbanistique, mais aussi d’un point de vue déplacements urbains. Prenez le principal croisement, Porte-Jeune : c’était un croisement de circulation automobile, presque une autoroute urbaine, à l’image de la ville telle qu’elle avait été redessinée dans les années 1950 et 60. On ne pouvait pas traverser ! Il y avait d’ailleurs un passage souterrain, que l’on a finalement supprimé parce que c’était devenu ingérable. Le tramway a profondément changé les habitudes de déplacements urbains. On était dans le tout automobile, et aujourd’hui l’automobile a retrouvé sa juste place. Il était impossible d’avoir une politique cyclable dans une ville qui avait été tellement redessinée pour l’automobile, et aujourd’hui la bicyclette – et bien sûr les aménagements qui vont avec – se développe à toute vitesse. Les cheminements piétons étaient interrompus par un trafic automobile dense. Aujourd’hui, le centre-ville a commencé à s’élargir, et il n’y a qu’à venir un jour de grande affluence pour voir que le tramway est parfois freiné par les piétons. Il y a eu, au-delà du succès même du tramway, un effet considérable sur les déplacements urbains.

     

    VR&T : Pourtant, les extensions vers Wittenheim et Illzach ont bien été reportées…
    J-M B. : Avant même d’aborder la question des extensions qui sont retardées, il faut d’abord regarder ce qui a été fait, les mises en service effectives, et ce n’est quand même pas rien ! D’autant que ce n’est pas seulement un investissement, mais c’est aussi un coût de fonctionnement relativement important. Et c’est aussi une manière de dire que, nonobstant la question des extensions reportées, cette agglomération qui à la fin de l’année n’aura pas encore un an est d’ores et déjà très fortement positionnée en termes de priorité budgétaire pour les transports publics. Le discours que certains ont pu tenir sur un recul ou sur un abandon ne résiste pas à l’analyse. Il n’en est pas moins vrai que nous avons pris la décision de renoncer au PPP sur les extensions des deux lignes déjà existantes. Ce renoncement au PPP n’est pas un abandon à tout jamais. Les études qui ont été faites et les propositions des candidats au PPP sont des matériaux qui nous seront utiles lorsque, la situation financière le permettant dans quelques années, nous pourrons reprendre ces extensions, et sûrement d’autres aussi. Tout ne se fera pas en un jour ! Mais ces extensions se feront vers le bassin potassique [Wittenheim et peut-être au-delà, ndlr], vers Illzach, et nous sommes d’ores et déjà intéressés par des extensions qui se feront également, quand ce sera possible, vers la zone franche urbaine au-delà des Coteaux vers l’ouest, du côté de la gare et de Riedisheim. Faire franchir les voies ferrées au tramway au moins jusqu’à Riedisheim, un jour, c’est une question qui se posera. Je ne donne pas de date. On pourra recommencer à réfléchir à la question dans le prochain mandat très certainement, mais pour une mise en oeuvre un peu plus tard. On a quand même quelques années pendant lesquelles il faudra que l’on assimile tout ça. Et pendant ce temps-là, l’amélioration du réseau
    de bus va se poursuivre. Rappelons que c’est un maillage : il n’y  pas que le tramway et le tram-train, il y a aussi le bus. On a également une réflexion sur d’éventuelles lignes express, à l’instar d’autres villes. Pour le moment, on est au stade des études, mais ça peut concerner le bassin potassique, entre autres.

     

    VR&T : Est-ce l’échec du PPP ?
    J-M B. : Je suis favorable aux PPP. Cela permet d’étaler la dépense dans une durée longue, et moralement c’est tout à fait justifié dans la mesure où il s’agit de projets pour les générations à venir. Mais l’inconvénient des PPP, c’est que c’est tout ou rien. C’est-à-dire qu’à partir du moment où l’on considère que la situation financière a changé, ce qui est le cas, et que ce n’est pas dans un contexte donné raisonnable de le faire, on peut justifier de l’arrêter, mais on ne peut pas dire « je n’en fais qu’un bout ». Là, c’est vrai que dans l’idéal on aurait pu imaginer faire un petit bout, faire 400 m par ci, une station par là, mais le PPP, c’est tout ou rien. Si j’avais la machine à remonter le temps, je dirais que pour la situation mulhousienne d’aujourd’hui, le PPP n’était pas la bonne solution. Mais à l’époque, on ne le savait pas ! On était dans un contexte différent, et on pensait que c’était la bonne solution pour faire d’un coup ce qui nous manquait.

     

    VR&T : Pensez-vous que Mulhouse fera école avec le tramtrain ?
    J-M B. : A l’origine, la SNCF ne voulait qu’un train-tram, c’est-àdire un train léger qui rentre dans la ville. Le fait que nous ayons réussi ce que Paris n’a pas réussi, c’est-à-dire d’avoir un partage entre des rames Soléa et des rames SNCF qui font tout le parcours, non pas une montée et une descente d’un agent à Lutterbach ça marque une évolution des esprits. La gageure du tram-train n’était pas uniquement technologique. On a planté le drapeau du tram-train. Mais toutes les villes qui ont des chemins de fer n’ont pas vocation à avoir un tram-train. Il faut plusieurs conditions, qui sont des conditions de population, de géographie ou de physique : il faut une configuration urbaine et périurbaine, il faut un existant préalable qui permette de rendre l’investissement raisonnable… Cela dit, un certain nombre de villes françaises et européennes s’intéresseront au modèle mulhousien, et j’en suis fier.

     

    VR&T : Mais la phase 2, jusque Kruth, semble bien incertaine, d’autant que m2A ne semble pas prête à s’investir davantage…
    J-M B. : Franchement, personne ne peut reprocher à l’agglomération mulhousienne un manque de solidarité avec les territoires alentour. Je rappelle que le tram-train va desservir, au-delà de m2A, Wittelsheim (une grosse commune de 10 000 habitants qui n’appartient à aucune intercommunalité), Cernay, Thann (avec deux  stations à Vieux-Thann et trois stations à Thann)… Cette desserte très importante sera cofinancée, pour l’investissement et le fonctionnement, par la région Alsace et m2A. On ne peut pas dire qu’on n’est pas dans une démarche de solidarité, alors que les territoires qui en bénéficieront n’ont pas de versement transport à l’heure actuelle, et donc n’ont pas de capacités contributives. Au-delà, on verra, à chaque jour suffit sa peine. Kruth, c’est pour l’instant sans date. Seul le succès avéré jusqu’à Thann d’ici quelques années pourra relancer, surtout avec l’encombrement routier de la vallée, l’idée d’aller jusqu’au bout. Mais, il y aura aussi une discussion financière. Et je vois mal m2A s’engager financièrement jusqu’en fond de vallée, d’autant, encore une fois, que les communes concernées n’ont pas de versement transport.
     

     

    VR&T : Et les extensions dont on a pu parler vers Altkirch ou Guebwiller ?
    J-M B. : C’est vraiment à la région Alsace de gérer le dossier. Il y a une réflexion sur Guebwiller, il peut y avoir des réflexions vers le sud… Pour le moment, confortons l’existant, vérifions que nos prévisions s’avèrent justes, confortons le tramway urbain – et ça sera notre priorité dès qu’on va recouvrer des marges de manoeuvre.  

     

  • Jean Rottner, maire de Mulhouse : « Le tram a structuré la ville »

    Jean Rottner, maire de Mulhouse : « Le tram a structuré la ville »

    VR&T : Quel bilan tirez-vous du tramway ?
    Jean Rottner : Jean-Marie Bockel a eu raison à l’époque. Le tramway a un effet structurant. Et il constitue la colonne vertébrale d’un projet de ville. VR&T : Quel bilan tirez-vous du tramway ?
    Jean Rottner : Jean-Marie Bockel a eu raison à l’époque. Le tramway a un effet structurant. Et il constitue la colonne vertébrale d’un projet de ville. Il a permis de replanter un cadre urbain assez fort, de donner du sens à certains quartiers et de les relier entre eux. Les deux lignes se croisent en plein centre-ville, et ont la particularité de relier l’ensemble de nos zones sensibles. Or les zones sensibles et la politique de la ville à Mulhouse, ça touche presque un habitant sur trois ! A côté de ce tram, il y a aussi depuis cinq ans une politique ambitieuse de renouvellement urbain, 260 millions d’euros conventionnés avec l’Anru. Nous avons une particularité ici : les quartiers anciens en centre-ville sont comparables aux quartiers que l’on retrouve en banlieue dans d’autres villes. Chez nous, la problématique sociale et celle de reconquête des quartiers passe par le centre-ville. Jean-Marie Bockel s’y est attaqué il y a cinq-six ans, en développant un certain nombre de politiques et de perspectives. On arrive dans certains quartiers à terme, et dans d’autres on finalise des choses qui vont se mettre en place dans les deux ou trois ans qui viennent. Il y a une politique de quartiers, une politique de transports, et une cohérence qu’il s’agit de redonner sur l’ensemble de la ville. Nous ne manquons pas d’ambition, et nous développons depuis quelque temps ce que l’on appelle le programme Mulhouse Grand Centre, qui va être proposé en concertation avec les Mulhousiens à partir de février 2011. C’est un projet d’aménagement du centre-ville dans lequel nous allons injecter plus de 30 millions d’euros pour les quatre ans qui viennent. Il a pour objectif de restructurer l’espace urbain, de redynamiser certaines friches commerciales, de travailler sur le logement et l’habitat, et de faciliter le stationnement et l’accessibilité au centre-ville. Nous allons agir sur ces quatre éléments, et cela viendra compléter ce qui s’est fait dans les autres quartiers et ce qui se fait du côté de la gare.

     

    VR&T :Faciliter le stationnement et l’accessibilité en voiture au centre-ville, dites-vous ?
    J.R. : Je plaide pour une complémentarité des différents modes de transport et pour un renforcement de nos parkings-relais, qui sont encore sous-exploités. Je veux aussi qu’on puisse arriver de manière simple et claire en voiture sur le centre-ville. Il ne s’agit certainement pas d’opposer un mode à l’autre, mais de rendre l’ensemble de ces moyens de transport complémentaires. On peut aussi parler du vélo et des chemins piétonniers. Chacun a des utilisations particulières ; c’est plutôt à nous d’organiser la ville pour qu’elle puisse être bien vécue par tous.

     

    VR&T : Revenons au tramway. m2A a récemment renoncé à construire les extensions prévues…
    J.R. : Déjà, j’attire votre attention sur la création de la ligne 3, vers Lutterbach. Pour les extensions, il faut pouvoir mener un projet de cette ampleur. Nous avons estimé, compte tenu des incertitudes budgétaires qui pèsent aujourd’hui sur les collectivités, qu’il était prudent d’attendre et de ne pas peser sur notre capacité de faire. Cela dit, il y a des éléments structurants pour le tramway. Bien sûr, il y a l’extension vers le nord, vers Kingersheim et Wittenheim, qui est une extension tout à fait naturelle. Par contre, de l’autre côté de la ligne 2, sur les Coteaux, il faudra aller du côté de la zone d’activité de la Mer-Rouge ou du parc des Collines. Enfin, il y a le quartier DMC, une zone de 75 ha où tout est à réinventer. Pour l’instant, c’est une cité interdite qui est aussi grande que le centre-ville et où nous sommes en train de créer le Mulhouse de demain, avec des bâtiments monumentaux superbes qui font 232 m de long, 34 m de large, ont quatre étages et qui sont porteurs d’une nouvelle vision qu’on peut avoir de la ville, à l’échelle de ce qui s’est créé à Fribourg avec l’écoquartier Vauban. La nouvelle ligne 3 et le tram-train passent à proximité. Il y a déjà une gare, qu’on va appeler Dornach DMC pour bien signifier l’importance de ce quartier. C’est un enjeu majeur. Et une branche du tram pourrait y conduire à l’avenir.

  • Contrat de 121 tramways pour CAF à Stockholm

    SL, l’autorité organisatrice des transports publics du Grand Stockholm, a pris deux décisions importantes pour l’avenir du tramway dans la capitale suédoise. Le 23 novembre, SL a d’une part décidé que la ligne de tramway Spårväg City inaugurée l’été dernier serait connectée à l’actuel tram-train de Lidingö par un prolongement à travers le nord-est de la ville. D’autre part, SL a désigné CAF comme vainqueur de l’appel d’offres pour la fourniture du futur modèle de tramway A35, portant sur un maximum de 121 rames, en versions urbaine et suburbaine, pour les prochains prolongements dans le département de Stockholm. La première tranche de 21 trams est attendue pour 2013.

  • Quand les Romains votent pour le tram

    Rome va déplacer la tête de ligne de son tram numéro 8, actuellement située au niveau de la place Largo di Torre Argentina — connue des touristes comme le sanctuaire des chats —jusqu’à la Piazza Venezia, nœud de circulation de la ville. Particularité de ce projet estimé à 8 millions d’euros ? La capitale antique avait organisé pour la première fois un sondage web afin de demander aux citoyens leur avis. Plus des 83 % des quelque 3 600 Romains ayant voté sur la toile se sont déclarés favorables à ce chantier. Les travaux devraient commencer en avril et durer deux ans. Séduite par ce système de référendum virtuel, la municipalité a annoncé qu’elle mènerait régulièrement des sondages sur internet notamment sur les thèmes de la mobilité urbaine.

  • Toulouse, moins de tram, plus de BHNS

    Toulouse, moins de tram, plus de BHNS

    Après des mois de débats qui ont bloqué la révision du PDU, les collectivités membres du SMTC de l’agglomération toulousaine sont parvenues à un accord lors du conseil syndical du 4 novembre. Le Sicoval (communauté d’agglomération du sud-est toulousain), vent debout depuis des mois à cause du refus de la Communauté urbaine du Grand Toulouse de prolonger la ligne B du métro, a fini par voter lui aussi. C’est le Conseil général de Haute-Garonne qui a permis ce déblocage. Sorti du SMTC en juillet 2006 à cause de l’amendement Paillé, le département est revenu dans le financement des investissements des transports urbains toulousains à hauteur de 32 millions d’euros annuels. Sa proposition consensuelle a été annoncée par son président Pierre Izard lors de l’ouverture de la session budgétaire : la réalisation dans un premier temps d’un bus en site propre entre le terminus de la ligne B du métro et la zone tertiaire de Labège, sans fermer la porte au prolongement en métro, grâce à la construction d’ouvrages d’art capables d’accueillir à terme ce mode de transport. Bien qu’ayant voté les principes de la révision du PDU, le Sicoval a demandé dans un communiqué à ce que « les ouvrages d’art soient strictement limités au gabarit du métro et pas à celui des bus ce qui entraînerait une forte dépense inutile à terme », ainsi que « le lancement immédiat de la concertation publique sur le prolongement de la ligne B incluant la phase transitoire en bus ».

    En fait, c’est toute l’orientation du PDU qui a été modifiée pour tenir compte du contexte financier difficile que connaissent les collectivités locales : fini le programme ambitieux de tramway promis lors de la campagne municipale de 2008. Après la mise en service de la ligne T1 le 27 novembre et les programmes de tram déjà décidés pour 280 millions d’euros comprenant la ligne Garonne (prolongement de la ligne T1 vers la rive droite de la Garonne au Grand Rond), la ligne Envol (vers l’aéroport) et la prolongation de 800 mètres de la ligne T1 vers le futur parc des expositions, c’en sera fini de ce mode lourd. Place ensuite un peu partout dans l’agglomération à des BHNS (bus à haut niveau de service) moins coûteux et plus rapides à mettre en place.

    L’investissement prévu pour ce PDU entre 2010 et 2020 est de 1,3 milliard d’euros, dont 0,7 milliard pour la période 2010-2015, avec un rythme annuel de 160 à 180 millions d’euros. La réduction des coûts permise par le remplacement des modes lourds par des BHNS est de près d’un milliard. « C’est un PDU ajusté, explique Joël Carreiras, président de la commission déplacements et transports du Grand Toulouse, mais dans le sens d’en solidifier les bases plutôt que d’en restreindre les ambitions. Il est crédible car cofinancé par le Conseil général. » Stéphane Coppey, l’ancien président Vert de Tisséo jusqu’en janvier dernier, porte un jugement sévère sur ce vote : « avec cette délibération, on revient deux ans en arrière. Il n’y a aujourd’hui ni arrêt du PDU, ni plan pluriannuel d’investissement et je doute fort que tous les projets prévus puissent être vraiment réalisés pour 2015. L’économie de 0,9 milliard d’euros provient de l’abandon de la boucle tram sur le Canal du Midi et du prolongement en métro de la ligne B. C’est une analyse purement économique, sans perspectives. A Toulouse, on abandonne les lignes structurantes de tram alors que Montpellier fait sa 5e ligne et Bordeaux sa 4e. »

  • Tram de Toulouse : la sécurité en priorité

    Tram de Toulouse : la sécurité en priorité

    La première ligne de tramway de Toulouse (depuis la disparition de son prédécesseur en 1957) sera inaugurée le 27 novembre. D’ici là, la ligne T1 fera une marche à blanc de quatre semaines, du 2 au 26 novembre, pour valider son fonctionnement dans des conditions normales, en mode nominal et dégradé. Objectifs : vérifier les temps de parcours, de franchissement des carrefours, le fonctionnement des priorités aux feux, mais aussi le comportement des 77 conducteurs face aux automobilistes déboussolés par ce nouveau venu dans le paysage urbain.

    A Campus Trafic, élus et responsables de Tisséo scrutent les écrans du poste de commande centralisé où les onze rames Citadis 302 d’Alstom à l’élégante robe grise et au nez d’avion dessiné par Airbus font leurs premiers tours de piste. Ils se veulent rassurants malgré les cinq accidents qui ont eu lieu depuis le début des essais en milieu urbain. Un seul a impliqué directement un tram, percuté par une voiture n’ayant pas respecté la signalisation lumineuse : un feu rouge clignotant très peu familier des Toulousains. Les autres accidents ont été le fait d’automobilistes ne parvenant pas à se
    repérer dans le nouvel environnement, qui ont cogné un quai ou pris un sens interdit, et d’un scooter déstabilisé par les rails. « Nous avons appliqué le principe de prévention et de précaution, mais le risque zéro n’existe pas », souligne Joël Carreiras, adjoint au maire de Toulouse et président de la Smat (Société de mobilité de l’agglomération toulousaine, en charge de la construction du tramway).

    Tisséo n’a pas lésiné sur l’information et la prévention auprès des riverains, des jeunes en milieu scolaire, des deux-roues, des automobilistes… Elle a distribué à 35 000 exemplaires un dépliant passant en revue les dix points délicats de la ligne pour les voitures : zones où le site propre du tram passe de la droite à la gauche de la chaussée, où les courbes sont prononcées, la visibilité réduite, où le tram traverse un giratoire… « Maintenant, les habitants doivent s’approprier le tram, avec des carrefours compliqués à gérer et son déplacement silencieux », prévient Gérard André, président de l’Epic Tisséo.

    Les deux élus, qui viennent de faire un tour approfondi de la nouvelle ligne, n’excluent pas d’améliorer encore la signalisation si nécessaire pendant la durée de la marche à blanc. Mais ils ont surtout pu constater l’excellent accueil des riverains, dont certains ouvraient leurs fenêtres pour applaudir au passage du tram et d’autres voulaient déjà monter dedans. « Nous avons été impressionnés par la qualité de réalisation de la ligne et de l’aménagement, s’est félicité Joël Carreiras. Partout sur son passage, le tram a permis une requalification de l’espace public, avec une végétalisation importante et la transformation de certains axes très routiers en zones à la circulation apaisée. » La chambre des notaires aurait déjà annoncé 15 à 20 % de hausse de l’immobilier sur les quartiers traversés par le tram…