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Archives : Dossiers

Transports publics : ce qui nous attend en 2026
Malgré le contexte politique toujours incertain, le secteur du transport public attend avec impatience une loi-cadre annoncée pour le premier trimestre, puis une loi de programmation pour donner de la visibilité sur les grandes orientations et les projets de transports à venir. Cette nouvelle année qui verra aussi de nombreuses extensions de lignes de BHNS ou de tram, élections municipales oblige.
Le premier tronçon de la ligne 18 du Grand Paris Express arrivera en octobre, bien avant la ligne 15 Sud dont la mise en service, reportée début 2027, prend un nouveau retard. Comme ce sera le cas des lignes 16 et 17.
Tour d’horizon (non exhaustif) de ce qui devrait figurer dans l’agenda 2026.
JANVIER
1er janvier:
- Le réseau de transport public Tadao à Lens devient totalement gratuit.
- Alan Beroud, PDG de l’opérateur polonais PKP, doit prendre la présidence de la Communauté des entreprises ferroviaires et d’infrastructure européenne (CER) en remplacement d’Andreas Matthä, PDG de l’OBB dont le mandat s’est achevé le 31 décembre.
5 janvier:
- La ligne A du BHNS de Chartres devrait être mise en service entre Lucé et La Madeleine.
8 janvier:
- La nouvelle classe Optimum de la SNCF remplace la Business 1er. Une version Optimum « Plus » sera spécifiquement proposée sur l’axe Paris-Lyon.
10 janvier:
- L’extension de la ligne T3 du tramway doit être inaugurée à Marseille. L’extension sud, vers La Gaye, doit être mise en service, après celle au nord, vers Gèze, lancée trois jours auparavant.
13 janvier:
- Une table ronde est prévue à la SNCF sur les Négociations annuelles obligatoires (NAO).
14 janvier:
- La nouvelle station Boirargues doit être en service sur la ligne 3 du tramway de Montpellier. Elle permettra de desservir en direct le quartier Boirargues et la zone commerciale du Soriech situés sur la commune de Lattes.
Du 20 au 21 janvier:
- Le 53ᵉ congrès de Mobil’in Pulse, qui s’intéresse à la mobilité « intelligente », aura lieu au Beffroi de Montrouge.
Et aussi:
- Un nouveau PDG de la RATP doit être nommé en début d’année. Le président de la République devait retenir un nom pour succéder à Jean Castex à la tête du groupe. La nomination devra être validée par les parlementaires.
- Le rapport du préfet Cadot sur les infrastructures, demandé par Clément Beaune, Haut-commissaire à la stratégie et au Plan, doit être publié.
- Fin du renouvellement de voies et ballast (de jour) sur la ligne Paris et Orléans, entre Boisseaux – Les Aubrais. Avec 70 kilomètres de voies renouvelées, il a représenté, en 2025, l’un des plus importants chantiers de RVB.
FEVRIER
Du 4 au 22 février:
- L’Italie se met à l’heure des JO d’hiver. Ils se dérouleront du 6 au 15 mars et seront accueillis sur sept sites, dont Milan et Cortina d’Ampezzo.
14 février:
- La ligne B du tramway de Brest doit être mise en service. Longue de 5,1 km, elle reliera la gare de Brest, au sud, à l’hôpital de la Cavale-Blanche au nord. La ligne D de BHNS doit relier en 16 minutes la gare de Brest à Lambézellec (nord).
- La ligne 1 du métro de Lille se modernise avec la mise en circulation des nouvelles rames de 52 mètres.
MARS
1ᵉʳ mars:
- ATM lance ses premiers bus parisiens, gagnés après l’appel d’offres lancé par Île-de-France Mobilités.
15 mars:
- Premier tour des élections municipales. Le second tour aura lieu le 22 mars.
Et aussi:
- Le mandat de Jean-François Monteils à la tête de la Société des grands projets s’achève. Il s’était dit candidat, l’année dernière, à sa succession.
- La Nouvelle-Aquitaine lancera au premier trimestre 2026 un appel d’offres pour convertir un X73500 au BioGNV. Elle cherche une entreprise pour construire un prototype et valider les études déjà réalisées par le Ferrocampus, l’Ademe et GRDF.
- European Sleeper lance des trains de nuit Paris – Berlin.
- Entrée en service d’un terminal combiné rail-route au port de Dunkerque, dont l’exploitation a été confiée au groupe Modalis.
- Réouverture de la ligne Tours – Loches fermée, depuis septembre 2025 pour travaux de modernisation.
Attendues au premier trimestre:
- Une loi-cadre sur les transports doit être adoptée. Elle doit être suivie quelques mois plus tard d’une loi de programmation très attendue par le secteur.
- Arrivée des nouveaux bus de la ligne Tzen 4 entre la gare de Corbeil-Essonnes et La Treille à Viry-Châtillon.
- Sortie du premier prototype du train léger Draisy. Ce train léger, long de 14 mètres de long et pouvant embarquer 80 passagers, roulera grâce à des batteries. Il est prévu qu’il fasse en mars des essais à Velim, en étant tracté par une locomotive.
AVRIL
1ᵉʳ avril:
- Martin Sion, jusqu’alors président exécutif d’ArianeGroup, devient directeur général d’Alstom. Il remplace Henri Poupart Lafarge qui quitte l’entreprise après avoir déjà dû céder, il y a plus d’un an, la présidence du constructeur ferroviaire à Philipe Petitcolin.
- Mise en place du plan de transformation de SNCF Voyageurs qui prévoit notamment la création de deux « business lines », l’une pour les TGV, l’autre pour les délégations de service public.
Et aussi:
- Inauguration de l’extension du tramway à Annemasse. La ligne 17 dessert trois stations de plus (1,2 km de voie) ainsi qu’un P+R de 200 places pour les voitures et de 70 places pour les vélos.
- Les chantiers prévus sur le RER B sont particulièrement importants avec la modernisation du poste de signalisation de Bourg-la-Reine, qui va imposer des fermetures au sud durant trois week-ends de Pâques à juin. Le tronçon central sera ensuite fermé pas moins de trois semaines pendant l’été, afin de procéder au renouvellement d’appareils de voie, du ballast et finalisation.
MAI
5 mai:
- Le Venice Simplon-Orient-Express s’élance sur un nouveau trajet, reliant Paris à la côte amalfitaine (Italie).
Et aussi:
- Les premiers TGV M devraient intégrer la flotte de SNCF Voyageurs.
- Par ailleurs, les premières rames « botoxées » par SNCF Voyageurs devraient commencer à circuler cette année sur le réseau. La compagnie a en effet lancé un programme pour allonger la durée de vie de ses TGV face aux retards d’Alstom dans ses livraisons des TGV nouvelle génération.
JUIN
1er juin:
- Le ticket carton n’est plus accepté sur le réseau de transport public francilien. Il n’était plus vendu depuis le 5 novembre.
- L’avenir d’Orlyval doit être tranché.
- Signature du contrat entre IDFM et le futur exploitant des trains de banlieue de la ligne J.
JUILLET
1er juillet:
- Quatre premières rames du TGV nouvelle génération doivent commencer à rouler sur l’axe Paris-Marseille.
AOÛT
- Arrivée à Lille des 30 nouvelles rames de tramway commandées, option comprise.
Et aussi cet été:
- Grands travaux en Île-de-France. La ligne 4 notamment va basculer vers un nouveau système d’exploitation, entraînant plusieurs fermetures partielles au printemps, puis de nouveau courant juillet. De plus, la station République, en rénovation, ne sera plus desservie sur cette ligne à partir de fin juillet et jusqu’en avril 2027. La ligne 12 fermera certains soirs au premier semestre et en partie en juillet pour accueillir un nouveau système d’exploitation. Notons également que, du 25 juillet au 16 août à Paris-Gare-du-Nord et Paris-Gare-de-Lyon, des aiguillages, dont certains âgés de plus de 45 ans, seront remplacés dans les gares souterraines.
- Allongement de la voie du tramway du Mont-Blanc.
SEPTEMBRE
Du 22 au 25 septembre:
- Le Salon Innotrans, grand rendez-vous de la filière ferroviaire mondiale, ouvre ses portes à Berlin.
Et aussi à la rentrée:
- Livraison de la première phase de Ferrocampus.
OCTOBRE
- Mise en service du premier tronçon de la ligne 18, entre Massy-Palaiseau et Christ de Saclay.
NOVEMBRE
1er novembre:
- RATP Cap Île-de-France exploitera les lignes « Rive droite » et « Rive gauche » gagnées il y a un an auprès d’IDFM après appels d’offres.
DECEMBRE
Mi-décembre:
- Des sociétés dédiées, créées par SNCF Voyageurs après le gain de contrats TER, commencent à faire rouler des trains. C’est le cas notamment en Bourgogne Franche-Comté pour l’exploitation du secteur Bourgogne-Ouest-Nivernais.
- En Île-de-France, la ligne L, confiée à SNCF Voyageurs Cœur Ouest IDF en mai 2025, sera également exploitée dans ce nouveau cadre à partir de décembre.
31 décembre:
- SNCF Voyageurs Océan exploitera les lignes Intercités Nantes-Lyon et Nantes-Bordeaux pendant dix ans pour le compte de l’État.
Et aussi:
- Mise en service de trois trains hydrogène Mireo Plus H par la DB en Bavière, sur la ligne non électrifiée Mühldorf – Burghausen, en remplacement de diesel.
- Mise en service d’une desserte de l’aéroport de Toulouse-Blagnac en tramway, depuis la station du T1 Blagnac Jean Maga.

Le covoiturage, laboratoire de nouvelles technologies
Limiter les erreurs de comptage de passagers a permis l’émergence d’équipements performants, développés par plusieurs entreprises françaises qui exportent leur savoir-faire. Elles seront présentes les 20 et 21 janvier à Montrouge (Hauts-de-Seine), lors du 53ᵉ congrès de Mobil’in Pulse, pour présenter leurs solutions « intelligentes » pour les mobilités.
Sept ans déjà que le poste de douanes de Thônex-Vallard, où transitent chaque jour 20 000 véhicules, a mis en place une voie de covoiturage indépendante. L’opération aurait pu être concluante, si le nombre de fraudeurs n’avait pas atteint des taux vertigineux, proches de 80 %.
En juin 2024, un aménagement a été mis en place pour dissuader les autosolistes d’emprunter la voie moins encombrée. ATMB, concessionnaire de l’autoroute blanche, de la RN 205 et du tunnel du Mont-Blanc, a fait appel au Cerema.
L’établissement public administratif en appui pour la transition écologique, a suivi l’installation, dans le sens France-Suisse, d’une barrière asservie au nombre de covoitureurs. Elle se lève si elle détecte plus de deux occupants. Un seul passager à bord et elle reste fermée.
Une petite déviation permet alors de ramener le véhicule sur les autres voies. Les fraudeurs de la frontière franco-suisse étant aussi nombreux que décidés à tricher, le dispositif a dû prendre en compte ceux qui s’embarquaient dans un train de voitures pour profiter de l’ouverture de la barrière.
La fraude a nettement reculé

Poste de douanes
de Thônex-Vallard. © CeramaChiffres à l’appui, Alexis Bacelar, Cerema, directeur de projets en systèmes de transports intelligents, dresse un bilan satisfaisant de l’activation du dispositif. La voie dédiée enregistre une forte augmentation de covoitureurs. Leur part dans le trafic est passée de 34 % à 80 %. Le contrôle des fraudeurs a eu un effet incitatif.
Même dans le sens inverse, la voie, qui n’est pas équipée de barrière, fait désormais le plein. Les fraudeurs ne sont plus que 20 % et les covoitureurs sont passés de 35 % à 80 %. Suite à l’évaluation réalisée cette année, le Cerema préconise de maintenir ce dispositif performant.
Pourquoi ATMB a-t-elle attendu si longtemps pour mettre en place un contrôle, demandé à grand bruit par des covoitureurs excédés par le comportement des fraudeurs ?
Le concessionnaire routier n’aurait eu aucune objection à s’en équiper plus tôt. Bien au contraire. Alexis Bacelar explique que le système de barrière, asservi au nombre d’occupants d’un véhicule, nécessite des capteurs de covoiturage performants « qui n’étaient pas disponibles sur étagère à son lancement ».
Ces dernières années, une nouvelle génération d’appareils a fait son apparition. Les capteurs de Thônex-Vallard, fabriqués par Invision, fonctionnent selon la technologie proche infrarouge (SWIR). Son développement a constitué une étape clé dans une industrie des capteurs de plus en plus intéressée par les mobilités.
Les détecteurs proche infrarouge capturent principalement la lumière réfléchie, ce qui rend leurs propriétés d’imagerie comparables à celles des caméras visibles ou à l’œil humain. Ils sont considérés comme des outils plus fiables que les systèmes infrarouges thermiques (LWIR). Les algorithmes qui analysent l’image (en tenant compte de la réglementation sur les questions de RGPD), sont eux aussi plus puissants.
Les « faux positifs » également dans le viseur

Système Hovy de Fareco Fayat. © Fareco Fayat En 2022, le Cerema s’était déjà intéressé aux équipements de contrôle de la société Invision, installés sur la voie covoiturage de la rocade Est de Lyon. Minimiser très fortement le risque de recours liés à de fausses détections d’infraction est un sujet clé pour les gestionnaires de route qui veulent favoriser le covoiturage.
Les technologies dont ils s’équipent doivent limiter les « faux positifs », ces véhicules qui ont un nombre d’occupants suffisant pour circuler dans la voie de covoiturage, mais que le système automatique ne détecte pas et relève une infraction. Sur la rocade lyonnaise, lors de la dernière évaluation de juillet, sur 1 223 véhicules analysés par Invision, 28 se sont avérés « faux positifs », soit environ 2,3 %, contre 97,7 % « vrais positifs ».
A Lyon, la technologie proche infrarouge est en compétition avec les radars thermiques de Pryntec, en service sur les axes A96/M7, mais aussi sur les tronçons d’autoroutes A1 et A13, à Grenoble, Nantes, Rennes, Strasbourg. A Paris, la société Fareco Fayat, filiale du groupe de BTP familial bordelais, a été retenue pour son système Hovy.
Dix radars totems ont été installés pour un comptage des passagers dans des conditions d’éclairage et météorologiques difficiles, et une lecture des plaques d’immatriculation. « Un choix optique validé par des experts mondiaux », assure le fabricant.
Dans la perspective des JO de Paris, la solution Roadshare de la société Cyclope.ai, filiale de Vinci, avait aussi été testée. Un site pilote pour faire ses tests lui avait été attribué sur le réseau ASF. Trois de ses dispositifs permettant de mesurer le taux d’occupation des voies réservées ont été sélectionnés par une grande métropole canadienne pour son réseau routier.
L’entreprise a aussi déployé son logiciel de détection par analyse vidéo dans les outils de péages de Vinci Autoroutes. Ils peuvent détecter la vignette de personne à mobilité réduite pour ajuster le tarif au juste prix.
Une pratique qui progresse, mais pas assez vite
La légère progression du covoiturage constatée au printemps 2025 semble se poursuivre, selon le 8ᵉ Baromètre de l’autosolisme publié en novembre par Vinci Autoroutes. Si 84 % des conducteurs circulent toujours seuls dans leur voiture le matin aux heures de pointe, aux abords des 12 métropoles françaises observées, cette pratique recule de 2,3 % en un an, et de 0,6 % au cours du dernier semestre.
Des résultats encourageants qui correspondent à une enquête de terrain menée au cours de la même période par Vinci Autoroutes auprès de 248 utilisateurs de 15 parkings de covoiturage situés sur son réseau : près de la moitié d’entre eux (44 %) pratiquent la mobilité partagée dans le cadre de leurs trajets domicile-travail, un taux qui a plus que doublé depuis la 1ʳᵉ édition de cette enquête, débutée en 2017 (il était alors de 21 %).
Malgré ces chiffres encourageants, le taux d’occupation des véhicules reste bien inférieur à l’objectif fixé dans le cadre de la Stratégie Nationale Bas Carbone (1,25 en moyenne aujourd’hui contre un objectif de 1,75 en moyenne d’ici 2030). Par ailleurs, c’est au cours des plages horaires les plus chargées que le covoiturage reste le moins pratiqué.

Pourquoi Alstom met en pause ses projets hydrogène
Alstom cesse provisoirement ses activités dans l’hydrogène liées à un programme européen PIIEC, à cause de l’.
Top ou encore ? En matière d’hydrogène, Alstom semble avoir tranché. Pionnier des trains à hydrogène, fournisseur de matériels notamment pour quatre régions françaises, développeur de nouvelles technologies via une filiale dotée d’une mégafactory, le groupe a annoncé avoir « mis en pause » une partie de ses activités.
Les instances du personnel ont été convoquées mi-novembre pour être informées de l’arrêt de projets menés dans le cadre d’un programme européen baptisé PIIEC (projet important d’intérêt européen commun), financé par l’État. Alstom permettant le déblocage des subventions espérées.
Dans un communiqué laconique, la direction affirme être engagée dans « un en vue d’identifier des solutions pour assurer la pérennité des activités du groupe et de la filière hydrogène made in France ».
Alstom assure aussi être investi au quotidien auprès de ses clients actuels de trains à hydrogène et respectera ses engagements contractuels de livraison, de maintenance et de maintien en condition opérationnelle. Les projets en cours en France poursuivent leur déroulement conformément aux contrats en vigueur avec des fournisseurs externes, comme Cummins pour la pile à hydrogène.
En France, 12 trains Régiolis H2 ont été commandés par quatre régions. Les essais de validation de ces rames ont débuté en 2024. Les premières circulations commerciales devraient intervenir début 2027. Auvergne-Rhône-Alpes, Bourgogne-Franche-Comté, Grand Est et Occitanie ont opté, en mars 2021, pour des rames bi-mode alimentées par caténaire sur les lignes électrifiées et par l’énergie fournie par l’hydrogène sur les lignes non électrifiées.
Entre les services de l’État et Alstom, le bras de fer semble engagé. En octobre 2022, Bruxelles avait annoncé le lancement des premiers PIIEC liés à la chaîne de valeur de l’hydrogène. Le principe de ces programmes avait émergé du traité de Lisbonne pour l’innovation. Cette solution devait booster la recherche et développement à travers des financements publics encadrés, ne risquant pas d’être contestés pour cause de distorsion de la concurrence entre membres de l’Union.
Les entreprises retenues dans le cadre de l’appel à projet Hy2Tech vont ainsi se partager 2,1 milliards d’aides publiques. Sur les 15 projets français présentés, 10 seront validés, dont trois portés par Alstom. Le Français décrochera une subvention pour un plan hydrogène articulé autour de . La première porte sur le développement de briques à hydrogène.
La deuxième concerne une locomotive de manœuvre à hydrogène et la troisième un wagon générateur à pile à combustible hydrogène de forte puissance pour le fret lourd.
L’Ademe est chargée pour le compte de l’État d’apporter un soutien au développement de certains éléments critiques des technologies. Le sujet intéresse également la direction générale des entreprises de Bercy.
Des équipes regroupées sur un site inauguré en juin
Le 13 juin, Alstom inaugure en grande pompe, à Aix-en-Provence, un nouveau site sur lequel il regroupe des équipes de 300 personnes, dont celles de sa filiale Helion Hydrogen Power. Dans ce bâtiment de plus de 7 000 m², vont être transférés la fabrication des systèmes de contrôle-commande digitale pour les métros et tramways ainsi que les systèmes de recharge électriques et enfin, les projets hydrogène.
Le site, baptisé Delta, abrite un atelier industriel, un laboratoire de recherche et développement et une mégafactory dédiée à l’hydrogène. La sixième génération de piles Helion Hydrogen Power pour les trains Alstom doit y être produite. L’entreprise Helion, rachetée en 2021 par l’industriel, franchit là une étape majeure. Ce sont aujourd’hui ses équipes qui sont les premières visées par le changement de pied de l’industriel.
Pour Christelle Werquin, déléguée générale de France Hydrogène, l’association qui regroupe les acteurs français de la filière, l’affaire Alstom n’est pas un bon signal.
« En théorie, les PIIEC constituent un cadre très bordé, mais en pratique, le déblocage des tranches de financement, qui est fonction de la montée en puissance industrielle, peut être plus compliqué que prévu », témoigne la responsable de l’association, qui a aidé les candidats à intégrer le programme européen.
Au sein des services de l’État, on remarque que « la vague d’enthousiasme excessif » qui a entouré l’hydrogène, a fait place à beaucoup plus de pragmatisme. « On a financé des choses qui ne répondaient pas aux équations économiques les plus basiques », soupire un proche de Bercy.
En Allemagne, de sérieuses faiblesses de la technologie
Dans le ferroviaire, le passage des trains à l’hydrogène se fait aussi dans la douleur. En Italie, où Alstom a fourni les premiers trains à hydrogène du pays, la mise en service commerciale se fait attendre. Huit des 14 Coradia Stream H commandés ont été livrés pour assurer des liaisons pour la région de Lombardie. Ils pourraient transporter leurs premiers passagers en 2026.
Enfin, en Allemagne, le train à hydrogène d’Alstom, Coradia iLint, est exploité depuis 2022. À l’époque, le lancement de la première flotte de trains régionaux à l’hydrogène au monde est perçu comme une véritable révolution. Trois ans plus tard, le retour d’expérience démontre de .
La flotte d’iLint a souffert de défauts techniques comme des pannes récurrentes de composantes dont la pile à combustible. Des difficultés d’approvisionnement en hydrogène ont aussi perturbé le service. Globalement, la disponibilité de la flotte a été largement inférieure aux attentes des opérateurs.
Stellantis déjà sorti
Dans l’industrie française, le rétropédalage d’Alstom n’est pas le premier. Le 16 juillet, l’annonce de celui de Stellantis a marqué les esprits. Le groupe automobile s’est retiré avec fracas du programme de développement d’une pile à combustible à hydrogène. L’actionnaire de Peugeot et Citroën a avancé pas moins que « ».
L’annonce a entraîné l’arrêt de la production en série des utilitaires Stellantis Pro One à hydrogène sur les sites d’Hordain en France et Gliwice en Pologne. Le constructeur s’est aussi désengagé de Symbio, coentreprise créée avec Forvia et Michelin.
Le 3 décembre, un accord a finalement été trouvé pour « assurer la continuité de Symbio ». Sa nouvelle feuille de route prévoit le maintien de 175 postes sur les plus de 600 emplois que devait compter son projet de gigafactory annoncé deux ans plus tôt.
À Bruxelles, un nouveau dispositif d’aide
À Bruxelles, on continue à croire à l’hydrogène. Le 12 novembre 2025, l’Europe a officiellement adopté . Ce texte « fondamental » fixe un cadre pour comptabiliser les émissions liées à la production d’hydrogène lorsqu’il permet une réduction d’au moins 70 % des émissions de gaz à effet de serre par rapport à l’hydrogène fossile.
Pour Philippe Boucly, président de France Hydrogène, l’adoption de cet acte délégué est « à marquer d’une pierre blanche ». « Cette approche met en lumière les atouts français… Avec un mix électrique déjà décarboné, des compétences solides et des projets industriels ambitieux, toutes les conditions sont réunies pour passer à la vitesse supérieure », assure-t-il. Ce sera sans Alstom.

Palmarès des mobilités 2025 : retour sur les gagnants
La cérémonie de remise des prix s’est tenue le 9 décembre à Paris, après une conférence sur les conséquences du dérèglement climatique sur les transports (lire le compte-rendu page 70). Bordeaux Métropole s’est vu décerner le Pass d’or 2025, tandis que Nice Côte d’Azur Métropole recevait le Pass d’argent, la Communauté d’agglomération du Cotentin le Pass de Bronze et Grand Lac le Prix du jury. Huit prix thématiques ont également été remis pour distinguer des initiatives innovantes et intéressantes. Un cocktail a clôturé la soirée, permettant à tous de se retrouver et de poursuivre les échanges.

Siemens Mobility dévoile une gigafactory à locomotives
Siemens Mobility vient de doubler la superficie de son site de production de Munich-Allach et y emploiera bientôt 2500 collaborateurs avec l’aide de l’intelligence artificielle. Le constructeur allemand entend ainsi accompagner le succès de sa Vectron, tout en surfant sur la libéralisation du secteur ferroviaire avec ses nouveaux concepts Vectouro et Vectrain.
Il serait passé presque inaperçu, dans la torpeur de cet été torride. Et pourtant, le 7 juillet dernier, c’est un évènement de première importance qui s’est déroulé en Allemagne, aux alentours de Munich, et qui ne devrait pas manquer de rebattre très prochainement les cartes dans le petit monde de l’industrie ferroviaire européenne.
Ce jour-là, le constructeur Siemens Mobility inaugurait officiellement de toutes nouvelles installations sur son site historique d’Allach, aux confins de la capitale bavaroise, et qui fut autrefois le fief de Krauss-Maffei.

Dans sa livrée verte caractéristique, une Vectron de la série Sr3 des Chemins de fer finlandais (VR), pour services voyageurs et fret. © Philippe Hérissé 
Le principe de modularité s’applique aussi aux extrémités frontales, conçues comme des modules à part entière. © Philippe Hérissé Allach, fruit de la rencontre d’un commerçant et d’un industriel
À l’origine, l’entreprise Krauss-Maffei fabriquait justement des locomotives. Son fondateur, Josef Anton von Maffei, riche commerçant munichois mort en 1870, avait vite compris tout l’intérêt qu’allaient représenter les chemins de fer, et il avait ainsi érigé, de son vivant, une première usine au nord-est de Munich, dans l’actuel secteur de Schwabing, là où se situe aujourd’hui l’Englischer Garten (le célèbre Jardin Anglais).
Dans sa livrée verte caractéristique, une Vectron de la série Sr3 des Chemins de fer finlandais (VR), pour services voyageurs et fret.
Le principe de modularité s’applique aussi aux extrémités frontales, conçues comme des modules à part entière.
La Grande-Bretagne étant, comme l’on sait, le berceau de la locomotive à vapeur, Josef Anton von Maffei commença par s’en procurer directement sur place un exemplaire, qu’il fit rapatrier séance tenante en Bavière, tandis qu’il débauchait, par la même occasion, une phalange d’ingénieurs britanniques, en vue de produire, cette fois en Allemagne, des machines tout à fait similaires, qu’il vendrait chez lui, mais aussi dans toute l’Europe et même jusqu’en Asie.

Dans les emprises de l’usine, le nec plus ultra de la Vectron : sa version dual-mode pour DB Cargo et DB Bahnbau, à la fois locomotive électrique et locomotive diesel. © Philippe Hérissé Sa première locomotive sortit d’usine en 1841, suivie d’environ 5500 autres unités, d’abord en traction vapeur puis en traction électrique, jusqu’à la fusion intervenue en 1931 entre la société de Josef Anton von Maffei et celle d’un certain Georg Krauss, industriel originaire d’Augsbourg qui, lui, en était déjà à plus de 8500 locomotives construites. Ces machines étaient essentiellement fabriquées sur le site de Munich-Sendling, ainsi que sur celui de Linz, en Autriche.
De cette fusion entre les deux industriels devait résulter, cinq ans plus tard, l’édification de la très belle usine d’Allach, qui continua naturellement de produire des locomotives, la nouvelle société décidant toutefois de se diversifier en s’investissant également, entre autres, dans le domaine de l’armement, avec la fabrication du char Léopard. Finalement, le rachat de Krauss-Maffei par le groupe Mannesmann, au début des années 90, se traduira, une décennie plus tard, par la cession de l’entièreté des activités ferroviaires d’ensemblier à l’industriel Siemens, qui héritera ainsi de l’usine bavaroise.
23000 véhicules ferroviaires construits en un siècle
Sans conteste, Allach aura toujours été le quartier industriel de Munich par excellence. Entre 1913 et aujourd’hui, ce sont au total plus de 23000 véhicules sur rail qui y auront été produits. « Munich-Allach concrétise exactement tout ce qui rend fort l’Allemagne en tant que pays industriel, à savoir la parfaite combinaison de la tradition et de l’innovation, comme celle de l’artisanat et du high-tech », explique Karl Blaim, directeur financier de Siemens Mobility. « À un moment où l’on parle beaucoup de désindustrialisation, nous prouvons ici l’exact contraire, démontrant que la production industrielle en Allemagne est non seulement possible, mais qu’elle peut aussi être de renommée mondiale ».
Propriété de Siemens depuis 2001, le site d’Allach est désormais un lieu hautement stratégique, abritant non seulement l’expertise du constructeur sur la fabrication de véhicules ferroviaires, mais aussi ses différentes compétences en matière de recherche et développement, d’automatisation et de digitalisation. Pour autant, dans l’imaginaire ferroviaire contemporain, Allach reste avant tout… la « Maison des Vectron ». C’est d’ailleurs ainsi que l’usine aime à se présenter encore aujourd’hui, tant il est vrai que cette famille de locomotives a tout d’une « success story » bien loin d’être finie.

Le précâblage en faisceaux des 36 km de fils électriques présents à l’intérieur d’une Vectron s’effectue sur ces bancs spécialisés. © Philippe Hérissé La Vectron, quintessence de la locomotive
Retour en 2010. Quand Siemens lance la production – voilà tout juste quinze ans – de sa fameuse Vectron, imaginait-il seulement un instant qu’elle connaîtrait si vite pareil engouement ? À ce jour, quelque 1750 unités sont sorties des chaînes de fabrication. Plus de 2700 ont d’ores et déjà été vendues. Et le carnet de commandes ne cesse, encore aujourd’hui, de se remplir toujours aussi allègrement…
Pourtant, au lancement de sa nouvelle locomotive, Siemens se retrouva de facto confronté à la redoutable concurrence de Bombardier, avec sa Traxx déjà bien implantée sur le marché. Aujourd’hui partie intégrante d’Alstom, le Canadien avait alors pris le leadership, dès le début des années 2000, en saisissant d’emblée les opportunités qui s’ouvraient à lui dans le cadre de la nouvelle politique de l’Union européenne en faveur de la libéralisation du rail.
Il comprit aussi l’intérêt corrélatif qu’il y aurait pour lui à développer une plateforme de locomotives à caractère interopérable, susceptibles d’être commercialisées aisément dans toute l’Union, tant auprès des nouvelles entreprises ferroviaires de droit privé que des « opérateurs historiques » (comme on les appelle aujourd’hui), autrement dit les grandes administrations ferroviaires traditionnelles.
Bombardier devait donc désigner sa nouvelle plateforme par ce fameux acronyme de « Traxx », dont la signification de l’écriture « au long » a souvent depuis été oubliée, mais qui explicitait à merveille l’objectif initialement annoncé : « Transnational Railway Applications with eXtreme fleXibility ».
On abandonnait donc la traditionnelle production de locomotives redéfinies à chaque nouveau contrat en vue de satisfaire l’intégralité des besoins particuliers exprimés par le client considéré – qui avait de surcroît coutume de prescrire les solutions technologiques qu’il voulait voir adopter –, au profit d’un unique engin générique, qui s’inscrirait d’emblée dans l’enveloppe des spécifications communes au plus grand nombre d’opérateurs. Tout en restant partiellement « customisable », afin de pouvoir néanmoins s’adapter à certains impératifs singuliers, inhérents à chacun d’eux…

Sur cette étape de la chaîne d’assemblage, un système de passerelles mobiles assure un accès aisé aux parties hautes des engins. © Philippe Herissé 
Tout aura commencé par la fabrication du chaudron de la locomotive, lui-même de conception modulaire, avec un module de cabine rapporté et ici déjà fixé © Philippe Herissé Une visite à l’usine Bombardier de Kassel (Allemagne), dans les premières années de la production des Traxx, avait suffi à nous convaincre qu’une ère nouvelle venait de s’ouvrir. Sur les chaînes de Kassel, les locomotives, quel que soit l’opérateur auquel elles étaient destinées, adoptaient toutes déjà la même architecture modulaire, accueillant, dans un deuxième temps, différents assemblages de « briques » élémentaires.
Désormais l’avenir appartiendrait ainsi aux plateformes-engins, susceptibles de pouvoir répondre à tout appel d’offres émanant de n’importe quel opérateur européen, et déclinables dans l’ensemble des combinaisons de contrôle-commande/signalisation comme d’alimentation électrique, de la version monocourant à celle quadricourant…
En 2010, lorsque paraît la Vectron, Siemens doit aussi affronter -mais dans une moindre mesure- la concurrence d’Alstom, si ce n’est que la Prima du constructeur de Belfort, sans doute alors trop formatée selon les us et coutumes en vigueur sur le réseau ferré national, ne devait jamais vraiment arriver à percer en Europe…
Réalisant la situation, Alstom avait bien sorti, quelques mois avant l’arrivée de la Vectron, sa Prima II. Cette seconde génération se voulait bien davantage « européenne » dans sa conception. Sauf qu’il était déjà trop tard pour espérer reprendre le leadership en ce domaine. Et ce n’est qu’avec l’absorption de Bombardier, bien des années plus tard, qu’Alstom reviendra en force sur le marché des locomotives grâce à la Traxx…

En partenariat avec le constructeur tchèque Skoda, auquel il a fourni les composants et le software de la technologie Vectron, Siemens est à l’origine de cette voiture-pilote Vectouro pour les CD (Chemins de fer tchèques). © Philippe Herissé Sur cette étape de la chaîne d’assemblage, un système de passerelles mobiles assure un accès aisé aux parties hautes des engins.
Tout aura commencé par la fabrication du chaudron de la locomotive, lui-même de conception modulaire, avec un module de cabine rapporté et ici déjà fixé.
En partenariat avec le constructeur tchèque Skoda, auquel il a fourni les composants et le software de la technologie Vectron, Siemens est à l’origine de cette voiture-pilote Vectouro pour les CD (Chemins de fer tchèques).

Pour faciliter sa réalisation, le châssis de la locomotive est tourné perpendiculairement au sol. © Philippe Herissé 
Allach participe désormais aussi à la construction des chaudrons de certains matériels du type « Stadtbahn ». © Philippe Herissé 
Grâce à l’IA (Intelligence Artificielle), cette tablette interactive, pointée sur les masques de cabine, permet d’en visualiser aussitôt les éventuels défauts. © Philippe Herissé Quand la « Maison des Vectron » s’agrandit…
Victime de son succès, « La Maison des Vectron », doit aujourd’hui faire face à une demande grandissante, alors qu’elle y fabrique pourtant déjà 380 locomotives de ce type par an ! De plus, Siemens veut aussi désormais produire à Munich-Allach des voitures – ce qu’il faisait déjà en Autriche, sur son site viennois de Simmering -, persuadé que la libéralisation du transport ferroviaire de voyageurs, avec l’arrivée de nouveaux opérateurs en nombre toujours plus grand, va faire exploser toutes les attentes en matière de solutions de leasing, sur des compositions de matériels roulants à la fois simples, éprouvées, robustes et performantes.
Ce sont peut-être là les prémices d’un vrai retour – longtemps espéré – du concept de la rame tractée équipée pour la circulation en réversibilité. En France, la SNCF l’a quelque peu pratiqué, par le passé, avec les USI (Unifiées de Service Intérieur) d’ANF (Ateliers du Nord de la France) et leur célèbre « Cyclope » à l’unique vitre frontale désaxée sur l’un des dossiers de caisse (d’où ce surnom), puis avec les voitures-pilotes Corail B6Dux et B5uxh.

En livrée blanche, l’une des 41 Vectron pour service fret de la commande-record des Chemins de fer égyptiens. © Philippe Herissé Toutefois, ce sont surtout les Belges, les Suisses, et plus encore les Autrichiens, qui ont compris tout l’intérêt de ne surtout pas l’abandonner, ces derniers développant notamment leurs Railjets, en trains de jour, et Nightjets, en trains de nuit. De fait, ce concept capitalise tout simplement sur les avantages inhérents au caractère, par essence modulaire, du chemin de fer.
N’oublions pas, en effet, que le train a d’abord été constitué, dans sa forme primitive et première, d’une locomotive attelée à des voitures ou à des wagons. Ce type de composition permet une flexibilité optimale en termes d’adaptation de la capacité à la fréquentation, sans devoir spécialiser le matériel moteur, et tout en conservant, grâce à la réversibilité, la même souplesse d’exploitation qu’un élément automoteur indéformable (pas de manœuvre ni évolution de locomotive pour remise en tête dans les gares en impasse).
Et sans pour autant en subir l’inconvénient majeur de devoir dimensionner les halls des technicentres à l’aune de la longueur totale de la rame. De fait, l’essentiel de la maintenance porte, la plupart du temps, sur les équipements de traction, tandis que l’entretien de matériel remorqué peut, sans difficulté, s’effectuer sur un chantier à découvert, comme cela s’est d’ailleurs pratiqué durant des décennies…
La nouvelle équation : Vectron + Vectouro = Vectrain
Pour concrétiser ce retour aux sources vertueuses du mode de transport ferroviaire, Siemens vient de développer un nouveau produit intégré, qui recourt, d’une part, à la Vectron telle que nous la connaissons, avec ses deux cabines de conduite et, d’autre part, à une cabine de ce même type de locomotive, littéralement « greffée » à l’une des extrémités de la voiture-pilote.
C’est le « Vectrain », composé d’une Vectron et d’un nombre variable de véhicules remorqués appelés « Vectouro », aménagés soit pour trains Intercités soit pour service régional, et dont l’un d’eux est équipé pour la commande en réversibilité. Le constructeur peut indifféremment fournir la totalité de cette composition, ou bien travailler en partenariat avec un concurrent sur la fabrication des voitures Vectouro, pour autant que la compatibilité avec la technologie Vectron demeure préservée. Lors de l’appel d’offres, l’opérateur a ainsi théoriquement toute latitude pour attribuer une partie importante du contrat à un industriel local de son choix. Quand on songe à l’importance, pour les instances politiques de la plupart des pays, de privilégier une fabrication nationale, l’on mesure tout l’intérêt stratégique d’une telle solution technique. D’autant que Siemens, dans un tel partenariat, conservera toujours le leadership.
Bientôt 2500 collaborateurs originaires de 40 pays

Les modules d’extrémité frontale, facilement interchangeables en cas de choc, réunissent le masque avant et le pupitre de conduite. © Philippe Herissé Afin de se donner les moyens de ses ambitions, Siemens Mobility a plus que doublé, sur Munich-Allach, la superficie de ses installations, la portant de 47000 à 100000 m².
L’investissement consenti pour faire de ce site, dans le même temps, le nouveau siège technique du constructeur s’élève, quant à lui, à 250 millions d’euros. Quant à la surface de bureaux, elle a davantage que triplé, passant de 5300 à 17000 m². Un contingent de 325 collaborateurs, précédemment basé sur le site de Munich-Perlach, vient de rejoindre celui d’Allach, tandis que 500 nouveaux profils – essentiellement techniciens (soudeurs, mécaniciens, électriciens, électroniciens et informaticiens) – sont actuellement en cours d’embauche pour ce dernier site. Dès 2028, Allach emploiera, au total, environ 2500 personnes, originaires de quelque 40 pays différents !
Pour la première fois, la quasi-totalité des éléments intervenant dans la technologie Vectron peuvent être manufacturés sous un même toit. « Ici, chaque jour, nous construisons des locomotives modulaires presque comme si nous étions dans l’industrie automobile », commente Michael Peter, PDG de Siemens Mobility. « C’est exactement ce qui en fait un art : ces locomotives hautement complexes, et riches de variantes différentes, sont pourtant fabriquées comme s’il s’agissait de produits en série limitée ».
À l’heure de l’IA et des jumeaux numériques
Dans toutes les étapes de la production et pour le suivi des engins déjà en exploitation, le site d’Allach s’est mis à l’heure de la digitalisation. Le recours aux modélisations mathématiques par jumeaux numériques est devenu systématique pour optimiser la conception, l’industrialisation, ou encore la maintenance prédictive. L’IA (Intelligence Artificielle) s’invite désormais dans quantité de procédures, entre autres au niveau du contrôle-qualité.
Ces outils up to date permettent aussi de parfaire toujours davantage la flexibilité et l’adaptabilité des produits. Ainsi, Siemens Mobility livre actuellement à l’opérateur Rail Traction Company des engins aptes à circuler dans douze pays !

Avec ses nouvelles installations, le Rail Service Center d’Allach pourra traiter, en grand entretien, 80 engins par an. © Philippe Herissé Grâce au concept modulaire de la technologie Vectron, Allach peut également procéder à des opérations de retrofit sur des unités qui sont déjà en service depuis quelques années. Si un opérateur souhaite transformer l’un de ses engins « fret » en locomotive de vitesse apte à 230 km/h, le rapport de réduction peut ainsi très aisément être modifié par simple remplacement standard de la transmission.
De quoi conforter encore davantage le succès de la Vectron, dont les parcours cumulés s’élèvent déjà, à ce jour, à 1,2 milliard de kilomètres, soit la distance minimale de la Terre à Saturne. Quelque 283 millions de tonnes de CO2 auraient ainsi été économisées, par comparaison à un même tonnage acheminé par transport routier.
Au sein de l’usine d’Allach, Siemens Mobility vient aussi d’étendre considérablement son Rail Service Center, qui procède aux opérations de maintenance pour le compte d’un nombre de plus en plus important de clients du constructeur. Un tout nouveau bâtiment a donc été érigé, avec quatre voies équipées pour l’entretien des Vectron, et dont l’achèvement est prévu l’an prochain. Fort de ses nouvelles installations, le Rail Service Center pourra traiter, chaque année, 80 engins en levage ou en réparation accidentelle, contre 25 actuellement.
De plus, dans un très proche avenir, 70 spécialistes de la data et du software seront présents sur site pour accompagner à distance les opérateurs de Vectron dans leur cheminement vers un suivi d’exploitation entièrement digitalisé. À terme, l’usine d’Allach pourra simultanément fabriquer jusqu’à 385 Vectron et 180 voitures par an !
Dans les cinq dernières années, Siemens Mobility a investi plus d’un milliard d’euros sur ses sites de production dans le monde. Un investissement à la mesure de ses ambitions, lui qui lorgne déjà sur le remplacement prévisible d’au moins 10000 locomotives diesel encore en service en Europe par des engins à transmission électrique davantage respectueux de l’environnement… et qui pourraient bien être des Vectron.

Busworld 2025 : L’électromobilité à marche forcée
Rendez-vous bisannuel incontournable pour tous les professionnels du transport routier de voyageurs, le salon Busworld Europe, à Bruxelles, est le lieu par excellence où les constructeurs et les équipementiers viennent dévoiler leurs nouveautés. Et cette année, la tendance était, plus que jamais, au déploiement de l’électromobilité à marche forcée.
Depuis son transfert, en 2019, de Courtrai à Bruxelles, pour disposer d’une plus grande surface d’exposition, Busworld Europe n’a cessé de s’agrandir. L’édition 2025, du 4 au 9 octobre, devait battre tous les records. Sur 82 000 m², le Palais du Heysel a accueilli 559 exposants en provenance de 40 pays. Les 45 427 visiteurs, venus du monde entier, ont pu admirer 238 véhicules. Parmi les constructeurs présents, les Français occupaient la troisième place.
S’il fallait ne retenir qu’un enseignement de Busworld 2025, ce serait la détermination de la profession à vouloir satisfaire au plus vite le critère du « zéro émission ». En 2030, plus de 60 % des autobus, en Europe, devraient être du type 100 % électrique à batteries. Plus que jamais, on assiste à une véritable marche forcée vers l’électromobilité. Après les autobus urbains, c’est maintenant au tour des interurbains et des autocars de tourisme d’emboîter rapidement le pas.

Territoires oubliés et sûreté au cœur des débats des RNTP
Les Rencontres nationales du transport public, qui se sont tenues du 4 au 6 novembre à Orléans, ont accueilli quelque 8000 visiteurs. Parmi les temps forts, des discussions autour des enjeux de la concurrence, la sécurité, la desserte des territoires périphériques ou encore la contribution des usagers au financement des transports. Autant de thèmes qui seront aussi certainement repris par la campagne des municipales qui commence.
Cohésion sociale et sécurité. Deux des thèmes forts des campagnes municipales qui démarrent, se sont invités aux rencontres nationales du transport public (RNTP). Elles s’étaient ouvertes le 4 novembre à Orléans et se sont terminées le 6 novembre, laissant une partie des intervenants rejoindre Versailles pour le congrès de l’association Régions de France, autre temps fort de cette fin d’année. En 2026, c’est à Paris que se retrouveront les acteurs du transport public, du 9 au 11 juin, pour la première édition de Mobco, nouveau nom commun aux RNTP et au salon européen EuMo Expo programmé du 9 au 11 juin Porte de Versailles à Paris.
La sûreté mise en avant
Le ton « sécuritaire » a été donné dès le discours inaugural du ministre des Transports, Philippe Tabarot. Habitué ces derniers temps à évoquer les sujets de financement devant les professionnels, il a changé de registre et regretté que six mois après la publication de la loi de sûreté ferroviaire, les décrets d’application ne soient toujours pas signés, pour cause de texte « coincé » à la Cnil. Ce « grand défi sécuritaire » pour les transports a également été au centre de plusieurs tables rondes et l’occasion de quelques prises de parole virulentes, comme celles du maire d’Orléans Serge Grouard, hôte de la manifestation qui a réuni environ 8000 visiteurs et exposants.
L’agglomération qu’il préside a re-signé avec Keolis, fin 2024, un nouveau contrat de six ans pour la maintenance et l’exploitation de son réseau de transport public baptisé TAO. Ce contrat, de près de 500 millions d’euros, inclut tram, bus, vélos et grande nouveauté, du transport à la demande, RésaNuit qui fonctionne depuis septembre 24/24 7j/7, partout sur la métropole. Les navettes, de 9 à 20 places, sont équipées de caméras de vidéoprotection. Un bouton « appel d’urgence » est également installé sur l’application du réseau orléanais. Aucun utilisateur ne l’a encore activé pour contacter le 17.
Thierry Mallet, PDG de Transdev et président de l’UTPF a profité de la tribune des RNTP pour insister sur le « grand malaise du secteur » : « 55 % des arrêts de travail sont liés à des conséquences psychologiques causées par des agressions, des arrêts qui se traduisent par 84 jours d’incapacité totale de travail (ITT) en moyenne. » Le phénomène n’épargne pas la RATP : « On est passé en trois ans de un à deux incidents par semaine à 1 par jour », confiait Jean Castex. À la SNCF, le nombre d’arrêts maladie dus à des agressions ou à des outrages graves a augmenté de 43 % en très peu de temps.
Plus d’offre, mais pas plus d’argent
Les acteurs du transport public sont aussi revenus sur l’importance d’assurer la cohésion du territoire. Cela passe par un choc d’offre, en dépit de problèmes de financement.
L’ouverture à la concurrence, notamment dans le ferroviaire, affiche un bilan « globalement positif » selon Jean-Pierre Serrus, vice-président de la région Sud chargé des Transports. L’exploitation de la ligne Marseille-Nice, par Transdev, a atteint son objectif en permettant un doublement du nombre de sièges offerts. Ces moyens supplémentaires sont exactement ce que les collectivités attendent pour lutter contre l’isolement de territoires ruraux.
Pour les professionnels, cette augmentation de l’offre doit s’opérer à moindre coût. Une stratégie bien intégrée par RATP Dev, opérateur récemment pressenti pour l’Étoile de Caen et qui lui a aussi permis de remporter la délégation de service public relatif au réseau Txik Txak du Pays Basque Adour, face au sortant, Keolis.
La filiale de la SNCF, qui attend le remplacement de Marie-Ange Debon, a profité de la tenue de l’événement à Orléans pour proposer aux visiteurs du salon un tour de ses activités locales. Comme ses concurrents, Keolis s’attend à 18 mois d’atorie, entre les élections municipales, l’installation d’un nouvel exécutif et le lancement de futurs appels d’offres.
Appel aux idées neuves
« Chaque appel d’offres nécessite des idées neuves, mais impose aussi de nouvelles contraintes budgétaires », a rappelé Annelise Avril qui a accueilli sur son stand Jean Castex. Le premier déplacement à Orléans du nouveau PDG du groupe SNCF, et son tour des stands des RNTP, a pris des allures de visite ministérielle. Il s’est arrêté longtemps saluer les équipes de SNCF Voyageurs. Elles sont embarquées, elles aussi, dans un vaste projet de réorganisation du fait de la concurrence qui touche peu à peu toutes les activités. Les directions régionales, et leurs 40000 collaborateurs vont être restructurées en unité de gestion de DSP avec une forte composante commerciale. Ce plan sera effectif à partir du printemps prochain, espère Christophe Fanichet, PDG de SNCF Voyageurs.
Mobco, le nouveau nom des RNTP et d’EuMo Expo
Le GIE Objectif Transport public, émanation de l’UTPF et du Gart, qui organise les années impaires les Rencontres nationales du transport public (RNTP) en province et les années paires le salon European Mobility Expo (EuMo Expo) à Paris, veut faire évoluer ses deux événements phares. Par petites touches. En s’ouvrant à la logistique urbaine, un thème important de la mobilité. En cherchant à attirer des ministres au-delà de la seule sphère transport.
Pour symboliser ces changements, les RNTP et EuMo Expo sont rebaptisés sous une marque unique : Mobco. Prochain rendez-vous, Mobco aura lieu du 9 au 11 juin à Paris, Porte de Versailles.

Palmarès des mobilités 2025 : les nominés
Malgré un contexte politique compliqué, les collectivités gardent le cap et maintiennent leurs efforts en faveur des transports publics.
Les initiatives retenues par le jury du palmarès des mobilités 2025 en témoignent une fois de plus, que ce soit dans le domaine de l’intermodalité, de l’innovation, de la modernisation, des mobilités douces ou encore de l’accessibilité. Nous présentons dans ce dossier toutes les candidatures en raison de leur intérêt et pour maintenir un certain suspens jusqu’à la remise des prix le 9 décembre à Paris.
Les gagnants seront mis à l’honneur dans notre prochain numéro ainsi que les collectivités qui remporteront les Pass d’or, d’argent, de bronze, le Prix spécial du jury et le Grand Prix européen de la mobilité. Des exemples à suivre.
Le 9 décembre venez assister à la remise des prix, avec comme débat en ouverture « Comment agir face au dérèglement climatique dans la mobilité ? »
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Les acteurs du fret confrontés aux incertitudes politiques
L’instabilité politique fait craindre au secteur que les aides promises jusqu’en 2027 ne soient pas toutes au rendez-vous. Le soutien de l’État est pourtant indispensable pour certains pans d’activités.
Le budget 2026 devrait comprendre une enveloppe d’aides destinées aux acteurs du fret ferroviaire et promises dans le cadre d’un programme pluriannuel portant sur la période 2024-27. Lors de son passage à l’hôtel de Roquelaure, l’ancien ministre des Transports Clément Beaune avait en effet accordé aux opérateurs une série d’aides à l’exploitation qui ont bien été versées en 2025. La reconduction du dispositif, dans le cadre du PLF 2026, était censée être acquise. Mais l’inquiétude a gagné les rangs des opérateurs.
Le soutien financier de l’État porte sur des aides à la redevance de circulation, à la pince pour l’exploitation de services réguliers de transport combiné et au wagon isolé. Cela représente une enveloppe d’un montant de 210 millions d’euros. La redevance de circulation profite aux opérateurs et aux candidats autorisés, en fonction des sillons de kilomètres parcourus. L’aide à la pince concerne l’ensemble des acteurs de transport combiné, y compris les étrangers qui font de la manutention en France. L’aide au wagon isolé représente le plus gros morceau : 100 millions d’euros. Elle est versée à près de 90 % à la SNCF ou plus exactement, depuis le 1er janvier et la restructuration de son activité fret, à sa toute nouvelle filiale, Hexafret.
« Nous n’avons aucune nouvelle sur les aides pour 2026 », regrette Alexandre Gallo, PDG de DB Cargo France et président de l’Association française du rail (AFR). « Nous avons eu une petite alerte en juin, quand le ministre Philippe Tabarot nous a informé que certaines aides risquaient d’être rabotées… ». Selon le ministre, une mesure devait être épargnée par les coupes budgétaires : celle au wagon isolé. Une véritable aubaine pour son principal bénéficiaire Hexafret. La levée de bouclier de la part du reste de la profession ne s’est pas fait attendre. « Nous avons indiqué au ministre que le secteur attendait de lui des mesures homogènes pour tous les acteurs ».
Les arbitrages définitifs restent une inconnue. S’ils sont entendus et sans vote du budget par les parlementaires, les opérateurs espèrent bénéficier de la même enveloppe que l’an dernier, et les aides pourraient être débloquées par décret.
Le plan Ulysse en suspens
Un autre point budgétaire concerne directement les opérateurs de fret ferroviaire. Il porte sur les financements dont doit bénéficier SNCF Réseau. Dans un rapport publié en avril 2025, le comité technique de la stratégie nationale pour le développement du fret ferroviaire a détaillé le plan d’investissements qui doit permettre le doublement de la part modale du fret ferroviaire prévu par la loi.
Le programme, baptisé Ulysse Fret, préconise une politique de régénération et de modernisation renforcée et chiffre les besoins pour y parvenir à 4 milliards d’euros sur dix ans. Un tiers du montant doit porter sur la régénération des outils de production et deux tiers sur des investissements au profit de son développement.
Le comité technique a aussi pointé la nécessité de faire porter l’effort sur « les petites lignes », qui supportent 16 % du marché total du fret. Cela pourrait donner un coup de pouce au wagon isolé, qui représente à lui seul 8,5 milliards de tonnes par km en 2022, soit près de 24 % du fret transporté par train en France.
Dans son discours de clôture de la conférence de financement des transports cet été, le ministre a promis de déposer au Parlement en décembre 2025, un texte majeur pour le chemin de fer. Il entendait « graver dans le marbre » la priorité accordée par le gouvernement à la régénération et à la modernisation du réseau ferroviaire.
« Le texte fixera dans le marbre de la loi l’objectif de 1,5 Md€ par an supplémentaire affecté au réseau à compter de 2028 : c’est historique, c’est une première », déclarait à l’époque Philippe Tabarot.
Le ministre s’engageait aussi, sur le fret ferroviaire, à défendre un financement du plan Ulysse, grâce au panier de ressources de l’AFITF, afin d’accélérer sur le transport de marchandises décarbonées dans le pays. Avec son retour au gouvernement, les acteurs se prennent à espérer que ces promesses seront tenues.
Quatre triages de fret ferroviaire en voie de modernisation pour 156 millions d’euros

© DR SNCF Réseau a annoncé mi-juillet la modernisation de quatre triages de fret ferroviaire grâce à l’appui de l’État et de la Commission européenne. 156 millions vont être investis jusqu’à la fin 2027 sur les sites de Woippy (Moselle), Sibelin (Rhône), de Miramas (Bouches-du-Rhône) et du Bourget (Seine-Saint-Denis). Ces travaux sont financés par l’État (48 %), la Commission européenne (35 %), SNCF Réseau (15 %) et plusieurs collectivités locales de la région PACA (2 %).
Les premiers travaux ont déjà été réalisés au cours des derniers mois, à Woippy et au Bourget. Ils s’inscrivent dans le cadre de la Stratégie nationale de développement du fret ferroviaire définie par la France en 2021, indique dans un communiqué le gestionnaire des infrastructures ferroviaires.
Ils doivent permettre d’assurer la pérennité des wagons isolés qui représentent 24 % du fret ferroviaire. Les quatre sites qui seront modernisés représentent à eux seuls 80 % des trafics associé

Reims, Toulon, Chartres, un nouveau souffle pour les BHNS
Les bus à haut niveau de service (BHNS) se font une place dans les villes moyennes. Ils peuvent répondre à leurs besoins pour un coût bien moins élevé que les tramways et font souvent office de réseau structurant. Reims lance deux nouvelles lignes fin novembre, Chartres a ouvert une première ligne en septembre, tandis que Toulon a longtemps tergiversé avant de trancher en faveur du BHNS suscitant encore des oppositions. Malgré ses atouts, le choix en faveur de ce mode n’est pas toujours un long fleuve tranquille.