Cassiopée, le premier car-simulateur

Quand un opérateur d’autocars ou d’autobus déclare trop de sinistres, il voit sa prime augmenter. Pour le réseau Réunir, qui fédère en France nombre d’entreprises indépendantes œuvrant dans l’interurbain, l’urbain, le scolaire et le tourisme, ce mécanisme régulateur n’est sûrement pas le meilleur. Bien au contraire, priorité devrait être donnée à la prévention, aux seules fins d’éviter que les conducteurs d’autocars ou d’autobus ne se placent eux-mêmes, bien involontairement, dans des situations réputées « à risque ». L’analyse des sinistres montre que tout accident met invariablement en cause l’un des trois éléments suivants : l’infrastructure routière, le véhicule, ou le conducteur. Or il n’y a guère que le troisième sur lequel Réunir peut agir, mais c’est finalement tant mieux puisque 95 % des sinistres sont justement consécutifs à une erreur humaine ! Et comme le réseau se veut également très impliqué dans le développement durable, l’idée lui est donc venue de se doter d’un outil pédagogique totalement révolutionnaire pour la formation à la conduite économique et à la sécurité routière…


Cassiopée (« ca » de car, « s » de sécurité, « s » de simulation, « i » de innovation, « o » d’optimisation, « p » de prévention) est un car-simulateur développé et construit en partenariat avec Develter Innovation et Irisbus. Projet de 400 000 euros, c’est aujourd’hui, en Europe, le seul simulateur de conduite capable de reproduire 50 scénarios d’accidents dans 20 configurations différentes (ville, route, autoroute, brouillard, pluie, neige, nuit), tout en allant lui-même à la rencontre des entreprises sur leur propre territoire. Le véhicule choisi est un Evadys quasi-neuf mis à disposition, pour un euro symbolique, par Irisbus. Il est aménagé avec espace de simulation à l’avant, salle de réunion à l’arrière, et groupe générateur d’autonomie sous le plancher. Stéphane Develter, le concepteur, est formel : « Sur la route, quelques dixièmes de secondes, ça peut tout changer ! » Installé au poste de conduite, le conducteur voit défiler la route sur trois écrans de 40 pouces. Toutes ses actions et temps de réaction sont enregistrés. Dans chaque région française, un formateur de Réunir assurera le fonctionnement du car-simulateur, animant les séances (douze personnes au maximum). Et il exposera les comportements qui auraient pu éviter l’accident…
  

Philippe Hérissé

 

Pour rendre les transporteurs heureux…

Réunir est une association loi de 1901, qui est née en 1998 de la volonté de quatre chefs d’entreprise appartenant au secteur du transport par autocar. « Notre rôle est d’apporter tout ce qu’il faut pour rendre un transporteur heureux ! », résume en forme de boutade Christian Rey-Renaux, responsable du pôle recherche et développement d’un réseau d’adhérents dont la vocation première est de fédérer les entreprises indépendantes, autrement dit non rattachées à un grand groupe. Aujourd’hui quatrième opérateur national, Réunir rassemble 120 entreprises certifiées, représentant globalement 6 000 véhicules et 7 000 salariés, qui transportent de 160 à 170 millions de voyageurs par an, réalisant un chiffre d’affaires d’environ 430 millions d’euros. Ces entreprises œuvrent dans les transports publics interurbains (19 régions et 62 départements), le transport scolaire (plus de 3 500 services par jour), le transport urbain (avec 31 exploitations dont 21 en tant que titulaires), et enfin les transports touristique et occasionnel. Pour appartenir au réseau, le chef d’entreprise doit accepter un audit social, signer une convention d’engagements réciproques et, surtout, obtenir la certification « qualité Réunir » dans les quatre ans suivant l’adhésion.


Le réseau Réunir travaille sur des domaines aussi variés que la qualité, les services, le marketing, les relations sociales, l’environnement ou encore l’assurance, avec un effort particulier sur la prévention des risques. Il a notamment créé une centrale de référencement des fournisseurs (pour permettre aux adhérents de bénéficier des meilleurs rapports qualité/prix), une cellule de réservation des autocars (pour faciliter les démarches des donneurs d’ordre nationaux), une structure d’assurance dédiée (« Réunirassurance », pour accompagner au quotidien ses adhérents dans la gestion des sinistres), une permanence « gestion de crise » mobilisable à tout instant, ou encore différentes structures régionales (qui participent au développement des transports de voyageurs par autocar dans tout l’hexagone, en phase avec les nouveaux enjeux de la profession). Enfin, le réseau fournit assistance et conseil à ses adhérents confrontés à la complexité actuelle des appels d’offres. En mettant en commun leur savoir-faire, les entreprises indépendantes appartenant à Réunir peuvent ainsi mieux répondre aux attentes des autorités organisatrices comme à celles de leurs passagers…    

 

Ph. H.