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En deux jours, Lyon a révolutionné ses bus

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A 4h22 du matin, Nicolas et Giovanni ont quitté le dépôt Alsace au volant de leurs Cristalis, des trolleybus articulés flambant neufs, pour rejoindre Cuire et Vancia, au nord de Lyon. Ces conducteurs pionniers de la mise en service d’Atoubus sur deux lignes fortes (C1 et C5) seront suivis quelques minutes plus tard par Gilles Thénard, qui inaugure la toute nouvelle ligne C2(*), programmée pour ce premier jour d’Atoubus, l’ambitieuse opération de restructuration en profondeur et d’amélioration du réseau de surface des TCL.
Cette nouvelle ligne est tout un symbole de la démarche visant à mieux s’adapter aux changements de mode de vie des clients et à l’évolution de l’agglomération urbaine. C2 s’affirme ainsi comme l’une des 26 lignes fortes créées par Atoubus, elle apporte une offre supplémentaire attractive – avec du matériel neuf et des horaires cadencés – et dessert une commune importante au nord de Lyon, Rillieux-la-Pape, densément peuplée et dotée d’une zone d’activités dynamique. Dès le premier jour de mise en œuvre d’Atoubus, les responsables du Sytral et des TCL (Keolis Lyon) se sont félicités des résultats du lancement de l’opération, les 132 lignes réorganisées fonctionnant « avec une ponctualité et une régularité très satisfaisante, de façon conforme à la moyenne nationale ».
Sur la forme, la mécanique de mise en place d’Atoubus, longuement préparée en amont, a donc tenu ses promesses. D’ailleurs, s’ils ont conscience de participer à un mouvement de grande ampleur, beaucoup de conducteurs que nous avons rencontrés le 29 août dans les trois dépôts d’Alsace, des Pins et de Vaise reconnaissent que leur travail au quotidien continue comme avant. Sur le fond, la restructuration opérée par Atoubus tire le réseau vers le haut, avec une offre de trois millions de kilomètres supplémentaires (+8%) grâce à la réorganisation des itinéraires, le recrutement de 250 conducteurs et l’acquisition de 79 véhicules articulés. Au bout du compte, l’objectif est d’augmenter de 10 % d’ici fin 2012 la fréquentation des bus, qui représente actuellement 500 000 voyages par jour sur un total de 1,4 million de voyages.
L’objectif semble facile à atteindre, selon Michèle Vullien, maire de Dardilly et élue du Sytral en charge du plan Atoubus : « La tendance est favorable aux transports en commun depuis plusieurs années, Atoubus va renforcer ce cercle vertueux par rapport à la voiture, qui voit sa part de marché en baisse continue à Lyon. » L’élue, connue comme grande utilisatrice des TCL, estime que le changement peut perturber certains clients, et même inquiéter certains maires, mais reste confiante : « Il faut laisser aux voyageurs entre trois à six mois pour s’habituer. » Selon elle, la concertation menée entre l’automne 2009 et le printemps 2010 avec les maires des 65 communes du périmètre Atoubus a permis de régler la grande majorité des problèmes. Les élus ont fait part de leurs remarques, souvent en relayant celles de leurs administrés, qui ont été traitées jusqu’à fin 2010.
Si des modifications – remontées à partir du terrain – peuvent encore être envisagées, « elles seront marginales », concède Michèle Vullien, en réfutant certaines récriminations. Par exemple sur la ligne 3, qu’elle pratique au quotidien : « Il est reproché à Atoubus de “couper” (décaler la correspondance) la ligne dans le centre-ville alors qu’elle bénéficie de 23 bus supplémentaires par jour. Quelques clients occasionnels peuvent se plaindre, mais les abonnés y trouvent leur compte », dit-elle en définissant Atoubus comme « le réseau du futur ». Un projet devenu réalité, pour lequel le personnel des TCL a décidé de pavoiser les bus, une tradition habituellement réservée aux jours de fête nationale et de la foire de Lyon.
Claude Ferrero
Un coût de 40 millions d’euros
Le budget d’Atoubus est évalué à 40 millions d’euros, dont la plus grande partie (30 millions) est consacrée à l’achat de 79 véhicules livrés en 2011. Le solde se répartit entre le changement de signalétique, les aménagements dans les dépôts (aires de stationnement, dispositifs de maintenance en hauteur pour les nouveaux trolleybus, etc.), les aménagements de voirie (terminus, accès aux dépôts…) et la communication auprès du public (sites Internet, 1,2 million de plans, 2,4 millions de fiches horaires, etc.).
Les TCL ont aussi informé sur le projet Atoubus directement au contact des voyageurs depuis le printemps avec des minibus sur les marchés et les lieux publics. Pour le lancement, les TCL ont mobilisé 470 agents d’information dans 80 points stratégiques, du 24 août au 10 septembre : agents médiateurs AMIS, salariés de Keolis et intérimaires, dont une trentaine de jeunes retraités de Keolis Lyon.
35 000 panneaux d’informations changés en deux jours
Si le projet Atoubus a pris deux ans et demi de préparation entre les services du Sytral et de Keolis Lyon, le changement de signalétique traduisant sa nouvelle identité visuelle a été une affaire rondement menée pendant le week-end du 27-28 août, la veille de la mise en service. Il s’agissait d’afficher les nouveaux itinéraires et les nouveaux horaires des nouvelles lignes sur pas moins de 4 000 points d’arrêt du réseau et sur les plans embarqués des bus, du métro et des tramways. Soit au total quelque 35 000 supports à revêtir de la nouvelle signalétique affichant les 26 lignes majeures (en C), les 71 lignes complémentaires et les 35 lignes spécifiques d’Atoubus. En outre, 230 points d’arrêts supplémentaires ont été créés pour l’occasion.
Pour réussir à dévoiler la nouvelle signalétique en deux nuits et une journée avec 120 agents, les promoteurs d’Atoubus ont procédé en deux temps. Le plus gros du travail a été réalisé en amont, à partir du 25 juillet, par 70 agents qui ont d’abord installé les nouveaux panneaux de signalétique, puis les ont recouverts d’un adhésif comportant les mentions habituelles de la ligne. Deuxième temps, les 27 et 28 août : les agents n’avaient plus qu’à ôter le masque adhésif pour révéler le changement de signalétique.