A Monaco, ascenseurs et escalators comme moyen de transport

A Monaco, où 40 % des déplacements se font à pied, le réseau d’ascenseurs, escalators et autres travelators (trottoirs roulants) est totalement intégré à l’offre de transports existante. Automatiques, publics et gratuits, ils facilitent le passage, aérien ou souterrain, entre des artères « superposées » et constituent un véritable maillage de la principauté, où la longueur d’un déplacement est de moins de 2,4 km. Pour les Monégasques et les quelque 38 000 salariés (sur 48 000 que compte la principauté pour 35 881 habitants) venus des Alpes-Maritimes et d’Italie, ils constituent un moyen de transport « doux » et… astucieux. « Grâce aux informations sur les heures de passage aux arrêts de bus et aux équipements mécaniques qui permettent de changer rapidement d’arrêt, on constate, de plus en plus, des stratégies de déplacements pour optimiser les connexions entre la marche et les bus », assure même Jean-Michel Manzone, directeur de la prospective, de l’urbanisme et de la mobilité de la principauté de Monaco. Sur ses 2 km², l’équivalent du VIe arrondissement de Paris, au fort dénivelé, sur une étroite bande côtière de moins de 4 km de long, la principauté de Monaco compte 35 sites équipés de liaisons publiques mécanisées : 28 ascenseurs, dont une quinzaine accessibles aux vélos, et 7 ensembles d’escaliers ou trottoirs roulants. Au total, ce sont quelque 80 unités mécaniques, dont l’entretien est à la charge du service d’aménagement urbain de la principauté. Ce mode de déplacements est tellement intégré au réseau des transports et des bus de la CAM (cinq lignes régulières, 7,4 millions de voyages en 2010) qu’il est au cœur de Monaco malin, le fascicule édité par la principauté et regroupant tous les modes de déplacements.
La construction d’escalators et d’ascenseurs publics peut même être imposée. « Dans les opérations immobilières, quand elles sont en dénivelé et communiquent sur deux rues superposées, nous imposons dans le plan d’urbanisme des liaisons mécanisées », explique Jean-Michel Manzone. Un nouvel ascenseur public va ainsi être mis prochainement en service. Un autre mode de transport automatique est par ailleurs à l’étude : un funiculaire entre la principauté et l’autoroute. « L’idée est de créer un parking relais près de l’autoroute et une liaison souterraine vers l’ouest de la principauté, à la limite de la commune de Cap-d’Ail », révèle le directeur. Trois sites sont à l’étude, selon ce dernier : un près de la sortie du tunnel de l’autoroute A500 qui relie les abords de la principauté à l’autoroute A8 et deux autres à proximité du péage de celle-ci.
Ce funiculaire serait connecté au futur TCSP est – ouest, un projet qui est, lui, bien plus avancé. Les premiers résultats des études de faisabilité doivent en effet être connus dans les prochaines semaines et permettront les premiers arbitrages du gouvernement monégasque. « Nous aurons une première idée de son importance, suivant les différents scénarios et les tracés possibles », note Jean-Michel Manzone. Ce futur TCSP, sans doute sur rail et automatique, circulerait en surface entre Cap-d’Ail, la gare SNCF (sur d’anciennes emprises de chemin de fer) et le vallon Sainte-Dévote, au centre de la principauté. Il serait ensuite souterrain et en surface sur la partie est de Monaco. « L’emprise est déjà réservée pour le passage entre la gare et Cap-d’Ail, et des réservations ont été faites pour une tête de tunnel du côté de Sainte-Dévote. C’est un projet, mais avec déjà une prise en compte de la possibilité de sa réalisation », admet le directeur. Pour le gouvernement monégasque, il ne s’agit pas seulement d’améliorer les déplacements. Il s’agit aussi de développer les dessertes ferroviaires. Aujourd’hui, seuls 10 à 12 % des visiteurs et salariés de la principauté arrivent par le train.
    

José SOTO
 

Test : des vélos à assistance électrique pour escalader le Rocher

Six stations de vélos à assistance électrique (VAE) sont testées à Monaco et deux autres vont être installées début 2012. Cet ensemble permet notamment de tester les flux (des VAE étaient déjà disponibles dans les parkings). L’expérimentation a débuté en 2010 pour un coût de 250 000 euros sur deux ans et va se poursuivre en 2012. Elle mobilise 30 vélos et 150 testeurs. En octobre, l’utilisation était de 1,2 déplacement par vélo et par jour, selon Roland de Rechniewski, directeur d’exploitation de la Compagnie des autobus de Monaco (CAM), qui participe aux tests. Si le fonctionnement des vélostations, la recharge et le verrouillage par le moyeu avant, développés par la société azuréenne Clean Energy Planet, donnent satisfaction, il s’agit aussi de mettre au point un système économique et d’évaluer l’importance des investissements. L’objectif est de mettre en service 25 stations et 150 vélos à un coût proche de la fourchette des installations classiques de 2 000 à 3 000 euros par vélo et par an. La décision devrait être prise fin 2012.