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Numérique nomade : bientôt l’assistant personnel de mobilité ?

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Prenez n’importe quel calculateur d’itinéraires en transports en commun, comparez avec un GPS routier sophistiqué, dans tous les cas, c’est David contre Goliath, avec la voiture qui se révèle systématiquement plus rapide que n’importe quel “supermétro”… A l’épreuve de la réalité, ces résultats, qui ne prennent pas en compte les prévisions de trafic, ne tiennent jamais : le voyageur arriverait plus tôt en TC. Un handicap que Veolia Transdev (VTD), allié à IBM pour promouvoir un nouveau produit baptisé Smarter mobility (voir VR&T du 10 juillet 2012 p. 16), promet de supprimer. Un partenariat signé en décembre 2011 permet aux deux firmes de développer un outil de mobilité qui méritera le nom d’assistant personnel, puisqu’il sera non seulement multi mais aussi intermodal avec absolument tout ce qui existe en ville pour se déplacer, rafraîchira ses données en temps réel, et sera par-dessus tout prédictif en matière de circulation. Sa première déclinaison sera testée à Lyon dès juin (voir page 37). « Il nous a fallu modéliser la ville comme un système, nous avons aujourd’hui les outils pour le faire, ce n’était pas le cas il y a cinq ans », explique Nicole Louvat, directeur commercial et marketing Smarter mobility.
L’apport d’IBM, c’est sa capacité à modéliser la circulation, « et à prévoir le trafic à une heure avec une précision de 90 à 95 % », assure Franck Boudinet, architecte de solutions chez IBM. Grâce aux boucles dans les chaussées, aux caméras, aux GPS qui équipent les taxis ou aux boîtiers Coyote, aux prévisions météo et avec sa plateforme IOC (Intelligent Operation Center), IBM assure même pouvoir donner un pourcentage de risque d’accident. « L’idée est de passer d’une situation où l’on observe et réagit à une situation où l’on anticipe », poursuit Nicole Louvat. Un incendie en ville ? Aussitôt les pompiers, la mairie, les PCC, le préfet sont à l’œuvre, les lignes de TC déviées, les informations diffusées en ville, aux arrêts de TC et sur mobiles via SMS, permettant aux citadins d’adapter leurs déplacements en temps réel.
A la clé, un gain de temps pour les citoyens, une performance économique pour les opérateurs et la ville car l’outil doit permettra aux agglos d’optimiser l’existant plutôt que de construire du neuf. « Quand les citadins utiliseront ce type d’assistant, on connaîtra parfaitement leurs modes de déplacements et les paramètres influents (météo, jours de la semaine…), la valeur économique du produit est là, autant que dans le changement de mobilité », souligne Gabriel Plassat, ingénieur Prospective et mobilités à l’Ademe et rédacteur du blog Les Transports du futur. On peut aussi lui adjoindre des mécanismes incitatifs au changement. Exemple : « prendre son vélo fait gagner des points et offre une réduction sur le bus, Green Points commence à travailler sur ça… décrit-il. Ensuite, on le fait savoir via les réseaux sociaux, ce qui amplifie le mouvement ».
Des systèmes assez avancés existent à Tokyo (Navitime, qui prend en compte le taux de charge des trains et les pentes pour les cyclistes), à Séoul, à Singapour (développés par Cisco Systems) ou à Shanghaï. A Vienne également, mais aucun de cette puissance, estime-t-on chez VTD. « Le calculateur viennois propose soit voiture, soit TC mais ne combine jamais les modes », souligne Laurent Briant, directeur général de Cityway, qui rappelle qu’« une étude de l’Académie des technologies montre que 10 % des automobilistes prendraient les TC si un équivalent GPS leur était offert ».
La deuxième énorme amélioration pour l’utilisateur des futures solutions de guidage en temps réel, c’est le fait de n’utiliser qu’un système pour connaître tous les possibles, là où il faut aujourd’hui lancer plusieurs applis (réseau TC, guidage routier, VLS, autopartage, covoiturage, parkings, taxis, etc.). « Les développeurs ne se sont pas mis à la place des citoyens, ils mettent juste en avant leur offre, estime Gabriel Plassat. Cela demande aussi un accès aux données multi-acteurs, avec la conséquence de mettre au jour sa qualité de service. » Ce que beaucoup apprécient peu… Pourtant, sur les trajets longue distance, quelques percées sont à noter avec le site Multicity de Citroën ou le Compagnon de la SNCF, qu’on a dans la poche. Lancé il y a trois, ce dernier « préfigure le futur assistant personnel de mobilité multimodal, écrit Gabriel Plassat. Reste à le développer pour la mobilité quotidienne locale, à le coupler à tous les autres modes, à rajouter un peu de réalité augmentée, du covoiturage dynamique, des véhicules en location, des formules d’assurance adaptées, un mode de paiement global porte à porte… » Le Compagnon donne en effet l’itinéraire du domicile à la gare avec un guidage géolocalisé, affiche en temps réel le numéro de quai, puis permet de suivre les villes traversées et indique les moyens de transport disponibles (bus, métro, taxi, vélo) à l’arrivée.
De son côté, Canal TP, filiale de Keolis spécialisée dans les services interactifs aux voyageurs, laisse les professionnels de la route faire leur métier. « Personne ne peut être expert de tous les modes ou alors ça finit en tarte à la crème, estime son PDG, Guillaume Crouïgneau. L’état de l’art est plus sur le longue distance, mais il y a une attente forte pour la mobilité quotidienne. » Sa R&D se concentre sur les TC et les modes alternatifs, notamment le covoiturage pour les utilisateurs du TER. Elle « se connectera avec les experts du monde routier comme elle l’a déjà fait avec Mappy en Ile-de-France et dans une trentaine de villes, car on est convaincu que cela peut contribuer au report modal », poursuit-il. Il souligne aussi que quand ces derniers font une incursion dans le système TC, « il y a des lacunes, ne serait-ce que parce que personne ne sait modéliser le TAD ». Axes de travail actuel chez Canal TP : « le couplage avec l’agenda, le covoiturage dynamique, la précision des trajets piétons prenant en compte la facilité de cheminement », résume-t-il.
Toutefois, tout le monde semble d’accord : on parle bien d’un futur proche (2014 !) pour ces GPS multimodaux. Même s’« il y a une vraie difficulté à faire du prédictif fiable sur la route, reconnaît Jean-Claude Degand, PDG du groupe Moviken. Quand mon GPS m’annonce une durée en temps réel, je peux ajouter 30 % pour être dans le juste ! » Pourtant, une solution de guidage multimodale en temps réel ne poserait pas de grosses difficultés. « C’est techniquement faisable, mais il n’y a pas de business model. Ce service sera-t-il facturé à l’utilisateur ? Son développement suppose de coûteux investissements de R&D, de promotion, etc. » Il y a moins de deux ans, Samuel Loyson, directeur marketing Automobile connectée chez Orange Business Services prédisait que « le téléphone mobile serait l’outil central pour piloter sa mobilité ». Orange, d’ailleurs partenaire d’Optimod’Lyon, a placé la ville intelligente comme priorité stratégique de son plan d’entreprise 2015. L’opérateur distille un avant-goût de ses projets secrets sur Internet. « L’assistant personnel intelligent “ma ville dans ma poche” permet à la ville de diffuser de l’information vers ses citoyens et de les aider à gérer leur vie dans leur ville au quotidien. » Une sorte d’Aldo pour tout un chacun, appliquée aux activités urbaines, dont les déplacements (mais aussi les points d’intérêt, lieux de sorties…). La ville intelligente ? « Les usagers sont prêts et la technologie aussi », assure Orange.
Bref, si l’appli magique, intégrant parfaitement tous les modes dans une logique de guidage porte à porte, n’est pas sur le marché, les développeurs sont dans les starting-blocks. En associant temps réel et géolocalisation, ces outils favorisent l’essor du covoiturage, de l’autopartage ou des VLS. Ils doivent aller plus loin maintenant. « Sinon, Google, qui propose déjà avec Transit et Maps des calculs TC et voiture intéressants et pratiques, dominera le marché », pronostique un observateur. Quant à l’utilisation du smartphone, elle pourrait n’être que momentanée. « Quand les TIC auront bénéficié des procédés industriels des nanotechnologies, notre connexion aux réseaux d’information et sociaux disparaîtra physiquement pour n’exister qu’intégrée dans nos objets – lunettes, vêtements, montres, prédit Gabriel Plassat. L’humain, pour se déplacer, utilisera alors sans s’en rendre compte sa connexion permanente, lui permettant de gérer une complexité d’informations sans précédent, et d’accéder ainsi au meilleur mode de transport, au meilleur moment, partout… » Et ce n’est pas de la science-fiction !
Cécile NANGERONI
Un marché en plein boom
« C’est une obligation, un must, on ne doit même plus se poser la question si on ne veut pas être ringardisé ! », s’exclame Alain Pittavino, directeur Industriel et Services de Veolia Transdev et président de Cityway. Avec 22 millions de Français utilisant l’Internet mobile, il faut impérativement être présent dans le numérique nomade. D’autant que « plus de la moitié des consultations mobiles concernent les cartes et les informations transport ». Selon l’étude Deloitte « Les Français et leur équipement mobile » de septembre 2012, 41 % de la population possèdent un smartphone et le marché devrait continuer à croître, 26 % des personnes interrogées déclarant leur intention d’en acheter un d’ici à un an, tandis que 10 % prévoient d’acquérir un mobile basique. « Le smartphone est un incontournable, mais les usages évoluent lentement. 5 % déclarent être prêts à payer par NFC et plus de 62 % n’ont jamais acheté une application », constatait Ariane Bucaille, responsable du secteur Technologies, Médias, Télécom chez Deloitte. Une enquête Ipsos de mai 2012 évaluait par ailleurs l’utilisation de ce terminal de poche : c’est pour 98 % à la maison, 79 % au travail et 76 % en mobilité. 85 % des personnes sondées l’ont déjà utilisé pour chercher des informations locales (horaires, adresses, itinéraires), et ce au moins une fois par semaine pour 37 % d’entre eux, quotidiennement pour 12 %.
Désormais proposée dans presque tous les réseaux du groupe Veolia Transdev (VTD), petits ou grands, urbains ou interurbains, l’application (il existe 12 applis iPhone, déploiement Android en cours) ou le site mobile, déjà décliné dans trente territoires, sert pour l’instant à préparer son itinéraire, acheter ses tickets et parfois guider pendant le trajet. « Les grands sujets du moment, c’est l’information temps réel, la vente à distance, la géolocalisation et le GPS piéton, poursuit Alain Pittavino, qui souligne la hausse exponentielle des visiteurs. A Toulon, le site du réseau Mistral recevait 180 000 connexions en janvier 2011 et 300 000 en mai 2012. Aux mêmes dates, pour le site mobile, les chiffres sont respectivement de 3 000 et 50 000. » Par ailleurs, le groupe, qui possède 20 sites permettant la recharge des titres à distance – la moitié en VPC, l’autre moitié en vente temps réel –, y réalise un chiffre d’affaires de 800 000 euros par an, preuve que ce canal de vente commence à s’installer. « Nous pensons qu’il va se développer de manière très forte », poursuit-il.
Côté téléchargement d’applis : 11 000 à Toulon, 24 000 à Rouen ou 32 000 à Nice, et contrairement à ce qu’on pourrait penser, ce n’est pas un joujou réservé aux très grands réseaux. Selon ce responsable, « plus le réseau est petit, moins il dispose d’infrastructures lourdes, plus le besoin en applis d’information-voyageurs est important ». C’est ainsi que des réseaux comme ceux d’Arcachon, de Roanne, les cars Fil vert en Touraine, ceux des Côtes-d’Armor, d’Indre-et-Loire, ou que les transports de l’Oise (avec Oise Mobilité) proposent une info mobile à la pointe, au même titre que Saint-Etienne ou Nice.
Mais cette vogue du numérique a un revers. « Il faut motiver les collectivités locales qui pensent d’abord que cela a un coût, alors que le modèle économique reste à trouver », reconnaît Alain Pittavino. Les créations de services mobiles se font souvent au prix d’avenants au contrat, avec le risque de tout perdre en cas de changement d’opérateur à l’issue de la DSP… Un inconvénient que le département de l’Oise a contourné en optant pour un PPP distinct de la DSP, lancé par son syndicat mixte (SMTCO, loi SRU) et comprenant un cahier des charges qui prévoit l’évolutivité du système. Une mise à jour est envisagée tous les deux ans, ainsi qu’une réflexion sur l’ergonomie. Car la technologie a ceci de diabolique pour les AO : il faut sans cesse s’adapter à la réalité numérique du moment…
Aldo, le superassistant pour les salariés
Aldo, c’est l’assistant personnel de mobilité multimodal développé par ALD Automotive, une filiale de la Société générale spécialisée dans la gestion de flottes d’entreprises. Présentée en septembre dernier, cette application pour smartphone, tablette ou PC détermine le meilleur mode – voiture, deux-roues motorisé, vélo, Vélib’, transports en commun ou marche – pour chaque trajet, puis synchronise automatiquement le déplacement avec l’agenda du salarié. Aldo reste bien sûr connecté afin d’informer en temps réel de tout changement des conditions de transport. En phase de test auprès de 1 000 utilisateurs pilotes franciliens depuis octobre, Aldo sera déployé courant 2013. L’abonnement coûtera aux entreprises de 2 à 3 € par salarié.
« Nous prolongeons la phase pilote réalisée avec tous types d’utilisateurs – avec ou sans voiture de service, avec ou sans voiture tout court – jusqu’à fin mars, afin de pousser les testeurs à utiliser spécifiquement certaines fonctions comme le trajet multimodal, la recherche de parking, de carburant… », développe Laurent Corbellini, directeur marketing d’ALD Automotive. L’entreprise lancera la phase commerciale dans la foulée et escompte les premiers déploiements avant l’été prochain. La cible ? « Toute entreprise dotée d’une flotte de véhicules professionnels, même s’il n’y a qu’un ou deux véhicules. » Le directeur marketing est optimiste, vu l’accueil enthousiaste des groupes auxquels le produit est régulièrement présenté.
Lyon pionnière avec Smartmoves
Tous les yeux sont braqués sur Lyon qui, avec son projet Optimod’, réalisera une première… mondiale ! Parfaitement multimodale et intermodale, l’application Smartmoves développée dans le cadre dudit projet sera le GPS du Grand Lyon. Elle permettra non seulement de calculer son itinéraire en combinant si nécessaire tous les modes possibles : TC, TER, Vélo’v avec leur disponibilité, marche, trafic routier et places libres de parking, taxis, covoiturage et, plus tard, autopartage. Mais aussi de prévoir avec précision son temps de parcours, d’en connaître le coût réel et de modifier ses plans en chemin si le moindre pépin se profile, en rafraîchissant la feuille de route affichée sur le smartphone. Le côté prédictif de la circulation routière jusqu’à une heure est le sujet le plus ambitieux et le plus innovant. « Les applis sont très parcellaires, il en faut de quatre à six – Gares en direct, TER Mobile, TCL, Info Trafic Grand Lyon pour la circulation, et les Vélo’v Grand Lyon, Covoiturage – pour réaliser ce que fera Smartmoves, rappelle Jean Coldéfy, coordinateur gestion de trafic et transports publics au Grand Lyon. Nous visons une complétude, apportons de l’info prédictive, ce sera un vrai service. » Des qualités qui poussent légitimement la collectivité à se poser la question de faire – ou non – payer ce service et si oui, comment et à quelle hauteur ? « La collecte des données est achevée, le référentiel multimodal en cours de validation, même s’il reste quelques données SNCF à intégrer, poursuit-il. Le GPS urbain est en test interne et sera proposé à 50 volontaires représentatifs des profils (âge, CSP, résidence, usages de mobilité) qui l’expérimenteront à partir du 1er juin. » Le but de l’opération est bien sûr de vérifier la qualité de l’outil, son ergonomie, et de déterminer le modèle économique. Jusqu’en septembre, les panélistes seront astreints à plusieurs réunions et à des reportings quasi quotidiens. Le calendrier prévoit de commencer à déployer l’appli dans la foulée, au départ, sur un périmètre restreint, et totalement en 2015. Optimod’Lyon, qui vise à apporter le maximum d’informations aux utilisateurs, favoriser le report de la voiture sur les autres modes, optimiser les livraisons et la gestion des carrefours à feux, réunit treize partenaires avec un budget de 7 millions d’euros, dont le tiers pour le référentiel de données et l’appli. « Dans une agglo qui enregistre 4 millions de déplacements par jour dont 47 % en voiture et 15 % en TC, l’objectif est d’optimiser les modes par les nouvelles technologies », souligne Laurent Briant, directeur général de Cityway. L’agglo vise une baisse de 8 % de la circulation d’ici à 2020. Elle a pris soin « de bien séparer les opérations de référentiel des données et leur traitement ». Histoire de ne pas devoir tout refaire si elle se séparait du développeur. C. N.
Des projets qui devraient aboutir en 2015
Dans le cadre du programme véhicule du futur et des investissements d’avenir, l’Ademe subventionne 5 projets mobilité quotidienne et acheminement final des marchandises, qui ont démarré courant 2012. Trois d’entre eux favoriseront l’émergence d’un assistant personnel de mobilité. C’est notamment le cas d’Optimod’Lyon (voir ci-dessus), démarré en janvier 2012 pour 36 mois. C’est le cas aussi de Sysmo 2015 lancé sur le plateau de Saclay en octobre dernier pour trois ans avec le concours de la RATP. L’objectif est de fournir en temps réel une réponse optimale à la question « comment aller du point A au point B », en mariant toutes les offres de transport, y compris autopartage et covoiturage dynamique. Intérêt de l’opération : proposer un modèle réplicable, en développant un logiciel de simulation et aménagement de la mobilité et de la micromobilité qui « permettra de bâtir et réguler une offre de transport innovante et interconnectée ».?
Sous la houlette de la Maif, huit partenaires – dont Moviken, Mia, covoiturage.com – développent le projet AU-Dace, qui « vise à accompagner le changement dans l’écosystème de la mobilité, qui évolue de la prééminence de la voiture personnelle vers la consommation collaborative ». En sus de développements autour du véhicule partagé, la centrale de mobilité embarquée dans un boîtier télématique, accessible par une appli pour smartphone. Dans un peu moins de trois ans, les solutions de TC et de mobilité en partage seront comparables via cette appli, « avec pour objectif la garantie d’une alternative pratique et efficace à l’usage de la voiture ». A noter que l’automobile ne sera pas intégrée au moteur comparatif, sauf par le biais du covoiturage dynamique ou de l’autopartage entre particuliers. Fin 2014, l’expérimentation devrait démarrer pour dix-huit mois dans à Bordeaux et Niort.
C. N.