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Rennes. Un central ultra-moderne pour contrôler le Grand Ouest

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Le futur « cœur » des LGV Bretagne – Pays de la Loire (BPL) et Sud Europe Atlantique (SEA), qui ouvriront au service commercial mi-2017, a déjà son écrin. Situé au milieu de la ZAC EuroRennes, sur le site dit des « petits ateliers » dans le quartier Saint-Hélier, un peu avant la gare de Rennes côté Paris, ce bâtiment flambant neuf, d’une surface de 2 400 m², ne passe pas inaperçu. Il est entièrement ceinturé de hautes parois à l’aspect « rouille », censées matérialiser la couleur du rail, et ajourées d’orifices en formes de galets évoquant les cailloux du ballast… Il a été inauguré le mardi 23 juin par Jacques Rapoport, PDG de SNCF Réseau en présence notamment de Pierrick Massiot, président du conseil régional de Bretagne et de Patrick Strzoda, préfet de la région Bretagne et préfet d’Ille-et-Vilaine.
Dans moins de deux ans, lorsque cette véritable tour de contrôle ferroviaire sera opérationnelle à 100 %, une quarantaine d’opérateurs se relaieront à tour de rôle 24 h/24, sept jours sur sept dans ce bâtiment où tout se situe à l’étage. Une grande salle, significative avec ses deux immenses tableaux de contrôle optique, matérialisant l’un les LGV, l’autre les lignes classiques de l’Ouest, devant lesquels se trouvent les postes de régulateurs, est dédiée à la fonction de Central sous-station (CSS). Ce CSS Centre-Ouest sera chargé de la télécommande des alimentations des installations fixes de traction électrique, c’est-à-dire les sous-stations et les caténaires. Avec la décision de regrouper ici les trois anciens centres de commande de Rennes, Tours et Paris-Rive-Gauche – aux installations devenues obsolètes –, des basculages ont déjà été effectués. Début mars, l’ancien CSS de Rennes cessait ses fonctions, le 11 juin c’était celui de Tours. Lorsqu’il sera totalement en service, le nouveau CSS gérera ainsi 2 300 km de lignes électrifiées, soit près de 1/6 des installations électriques ferroviaires du territoire national (16 000 km de lignes électrifiées, 500 sous-stations), y compris l’intégralité de l’alimentation des LGV BPL et SEA. « La mise en service du central sous-station de Rennes représente un jalon important qui symbolise la dimension interrégionale du projet Atlantique 2017, explique Serge Michel, le directeur de ce projet à SNCF Réseau. Ce CSS représente une belle illustration de la complémentarité entre lignes nouvelles et réseau classique, les LGV ayant été un levier pour le renouvellement des installations de commande des lignes électrifiées du réseau existant. »
Toujours à l’étage, mais à l’autre extrémité du bâtiment, se trouve la salle du futur poste de commande à distance (PCD) qui pilotera l’ensemble des dix postes de signalisation de la LGV Bretagne – Pays de la Loire et celui de la bifurcation « du Parc » situé à l’interface avec la LGV Atlantique (à l’est du Mans), permettant la circulation des TGV à 320 km/h, des TER GV à 200 km/h et des trains de fret sur la section nord du Mans. Ce PCD s’inscrit en complément du poste de Paris-Montparnasse qui commande la LGV Atlantique entre Paris et Connerré. Les fonctions du nouveau PCD seront élargies à la gare de Rennes et à une partie de la ligne Rennes – Redon. Les agents de circulation qui y travailleront disposeront des outils de gestion de la circulation les plus modernes : Mistral (système de télécommande des appareils de voie à distance), Oleron (ordonnancement de la circulation en gare), Galite (organisation la circulation des trains en ligne et anticipation des conflits potentiels liés aux trains circulant à des vitesses différentes sur la même voie). Et le nouveau « cœur » ferroviaire de Rennes est appelé à grossir encore. A l’horizon 2030, une extension du bâtiment sur 2 400 m² supplémentaires est envisagée pour accueillir la commande centralisée du réseau (CCR) de l’ensemble des appareils de voie des régions Bretagne et Pays de la Loire.
Michel BARBERON
LGV SEA, deux postes d’aiguillage mis en service sur Poitiers – La Rochelle
Même effervescence au niveau de la ligne à grande vitesse Tours – Bordeaux (SEA) avec cette opération « coup-de-poing » menée de vendredi soir 19 juin au dimanche matin 21 juin. Plus d’une centaine de personnes, principalement des techniciens et des ingénieurs experts en programmation, se sont mobilisées pour mettre en service deux postes d’aiguillages au sud-ouest de Poitiers, sur la ligne Poitiers – La Rochelle, et mener les essais techniques. Ces installations, permettant le raccordement entre la ligne nouvelle et les lignes classiques, vont commander deux jonctions. Celle sur la liaison directe entre Paris et La Rochelle via la LGV SEA sans passer par Poitiers. Et la jonction entre la gare de Poitiers et le tronçon de la LGV situé au sud de cette ville. Ce même week-end et le précédent, d’autres opérations importantes ont été effectuées près de Tours avec la mise en service d’un poste d’aiguillage et d’un poste de commande à distance et le changement d’électrification du contournement de Tours. La moitié des jonctions entre SEA et les lignes classiques existantes est désormais opérationnelle.
M. B.
Un « cœur » ferroviaire à 37 millions d’euros
Le projet de construction du bâtiment de gestion centralisée des équipements ferroviaires regroupant les fonctionnalités des CSS existants, ainsi que les commandes des deux nouvelles LGV, a démarré en 2009. La maîtrise d’ouvrage de la construction du bâtiment a été assurée par SNCF Réseau, la maîtrise d’ouvrage mandatée par SCET/SEM Territoires et Développement, la maîtrise d’œuvre par Alain Le Houedec Architecture, associé au bureau d’études générales SIO. L’installation et la mise en œuvre des équipements techniques (signalisation et alimentation électrique) se déroulent depuis l’automne 2014 jusqu’en 2016, sous maîtrise d’ouvrage et maîtrise d’œuvre de SNCF Réseau. La gestion de la salle d’exploitation de la circulation est assurée par les équipes de l’Etablissement infra circulation (EIC) Bretagne, dépendant de la Direction de la circulation ferroviaire (DCF) de SNCF Réseau. La gestion centralisée des installations d’alimentation électrique est assurée par les agents SNCF Réseau/Etablissement Infra Logistique Bretagne, en relation permanente avec les agents de maintenance sur le terrain. Le coût du bâtiment proprement dit atteint sept millions d’euros. Le poste de commande à distance (PCD) 16 millions d’euros, le central sous-station (CSS) 14 millions d’euros. Dans les 3,4 milliards d’euros représentant le montant global de la LGV BPL, les 600 millions d’euros intégrant les huit jonctions de la LGV, le PCD et le CSS sont intégralement financés par SNCF Réseau.
M. B.