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Les défis des nouveaux vice-présidents Transports

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… mais on imagine déjà que Christian Estrosi, le nouveau président du conseil régional suivra de près le dossier transports, notamment la question des TER, dont il a fait une de ses priorités. Dans les autres régions (au total sept sont détenues par la droite, cinq par la gauche, et la Corse, qui a un statut à part, est désormais gérée par les nationalistes), les nouveaux vice-présidents chargés des Transports sont pour la plupart des nouveaux venus, sauf en Bourgogne–Franche-Comté et en Bretagne. Au sein de l’exécutif régional, leur rang est très variable, allant du poste de premier vice-président aux rangs plus reculés. Renaud Lagrave, par exemple, est le 13e vice-président chargé des Infrastructures, Transports et Mobilités sur 15 vice-présidents en Aquitaine–Limousin–Poitou-Charentes. Un signe de l’importance qu’accorde chaque région aux transports ? C’est pourtant l’une des principales compétences régionales dont le champ s’est encore accru avec les réformes législatives qui font des régions les véritables chefs d’orchestre de la mobilité. Notons enfin qu'il n'y a plus d'élus écologistes chargés de ce portefeuille (alors qu'ils étaient très présents lors de la précédente mandature, c'était le cas en Ile-de-France, en Paca, en Franche-Comté), tandis que les communistes ne conservent cette délégation que dans une seule région, en Languedoc-Roussillon–Midi-Pyrénées. Voici les nouveaux vice-présidents régionaux chargés des Transports.
Alsace–Lorraine–Champagne-Ardenne. Réinventer des axes de transport transversaux
Redéfinir les priorités dans les infrastructures, inventer des axes de transport transversaux : deux objectifs s'imposent à Christine Guillemy, vice-présidente du conseil régional d'Alsace–Lorraine–Champagne-Ardenne en charge des Transports et de la Mobilité. Pour cette nouvelle venue dans la politique régionale, maire (LR) de Chaumont (Haute-Marne) depuis 2013, « la mobilité sera un élément essentiel de la mise en cohérence de la nouvelle région ». Avant la fusion dans le Grand Est, les collectivités territoriales ont négligé les déplacements de proximité entre des métropoles situées dans trois entités administratives distinctes, telles que Châlons-en-Champagne, Nancy et Strasbourg. « La future politique des transports ne devra pas résulter d'une addition des projets en cours dans les contrats de plan Etat-région », prévient Christine Guillemy. Les priorités régionales (électrification de Paris – Troyes, doublement de l'A31 sur l'axe Nancy – Metz, quatrième voie ferrée au nord de Strasbourg) vont faire l'objet d'un nouveau tour de négociations. Certains projets routiers, dont le principe est adopté depuis deux décennies, n'ont jamais abouti faute d'entente budgétaire entre les cofinanceurs. Le conseil régional aura à confirmer sa participation à la mise à quatre voies de la RN4 à Blâmont (Meurthe-et-Moselle) et au chantier de contournement de Châtenois (Bas-Rhin).
Dans le ferroviaire, le renouvellement des conventions TER avec la SNCF, qui arrivent à échéance en 2016 (Lorraine, Champagne-Ardenne) ou en 2018 (Alsace), impose à l'autorité organisatrice d'harmoniser les politiques divergentes de tarification sociale ou de cadencement héritées des exécutifs sortants. « Il faudra imaginer des dessertes transversales multimodales », prévient Christine Guillemy, bien décidée à mettre en œuvre les nouvelles dispositions législatives pour combiner des transports publics interdépartementaux en autocar avec le TER. La mise en cohérence des aéroports du Grand Est, avec Strasbourg en perte de vitesse face au TGV, Bâle – Mulhouse tout-puissant grâce aux low cost, Metz – Nancy au ralenti et Vatry à la peine dans le bassin parisien, devra aussi être tranchée. « J'ai besoin de six mois pour mieux maîtriser ces dossiers », demande Christine Guillemy. L'élue entend également profiter d'un semestre de réflexion avant d'aborder le délicat projet de gare TGV à Vandières. Avant de quitter son mandat, Jean-Pierre Masseret, président socialiste de la région Lorraine, avait laissé le dossier en sommeil.
Olivier Mirguet
Aquitaine–Limousin–Poitou-Charentes. Moderniser un réseau vieillissant
Avec 108 voix, soit une de plus que sa propre majorité, le socialiste Alain Rousset a été élu haut la main, à la tête de la plus grande région de France face au candidat FN, Jacques Colombier (29 voix). Dans la foulée, on découvrait le nom de son vice-président Transport : un fidèle, Renaud Lagrave, 48 ans, qui était sa tête de liste dans les Landes. « Très fier de devenir vice-président @Region_ALPC chargé des infrastructures des transports et des mobilités #Landes », a-t-il immédiatement tweeté.
Cet ex-vice-président du conseil régional d'Aquitaine chargé du Tourisme, est conseiller municipal d'opposition à Mont-de-Marsan, président du Parc naturel régional des Landes de Gascogne et du Groupement d'intérêt public du littoral. Egalement ancien secrétaire fédéral du PS landais, il est décrit comme infatigable et homme de convictions. Des qualités qui lui seront utiles au poste de 13e VP, chargé des Infrastructures, Transports et Mobilités – une position lointaine sur un total de 15 vice-présidences s'agissant d'un dossier supposé important.
Les 183 élus de la grande région Aquitaine–Limousin–Poitou-Charentes, provisoirement nommée ALPC, feront donc confiance au président « historique » de l'ancienne Aquitaine après presque deux décennies à sa tête – sa première élection remonte à 1998.
A l'aube de ce 4e mandat, le Girondin de bientôt 65 ans a rappelé les grandes lignes de sa campagne, notamment sur la nécessaire modernisation des infrastructures. En cause : un réseau TER vieillissant (sur lequel un milliard d’euros de travaux sont lancés) et des problèmes de ponctualité. Ses relations avec la SNCF étaient tendues en 2015, l'étendue du nouveau territoire régional n'a rien pour arranger les choses. Côté route, il y a urgence à moderniser la N147 entre Limoges et Poitiers.
L'arrivée de la grande vitesse à Bordeaux en 2017 ne résoudra évidemment pas tout dans une région de 84 000 km² et 5,9 millions d'habitants. Malgré le récent rebondissement, l'annonce du feu vert d'Alain Vidalies à la DUP pour Bordeaux – Dax et Bordeaux – Toulouse, en dépit des avis négatifs de la commission d'enquête et de la Cour des comptes, il y a fort à parier que la région devra encore se mobiliser sur le GPSO dont Alain Rousset a toujours été farouche promoteur. Ne serait-ce que pour gérer les oppositions à ce coûteux projet, estimé à 8,3 milliards d'euros… jusque dans les rangs de sa majorité. Les écologistes y ont toujours été opposés, or les listes PS et EELV ont fusionné au second tour. La candidate EELV, Françoise Coutant, a récupéré le dossier de la Transition énergétique en tant que 4e vice-présidente…
Cécile Nangeroni
Auvergne–Rhône-Alpes. Donner la priorité aux TER
Le nouveau vice-président (Modem) aux Transports de la région Auvergne–Rhône-Alpes (Aura), âgé de 44 ans dont 23 ans déjà en politique, se définit, comme un « entrepreneur en politique ». Diplômé de l’IEP Paris en 1993, Patrick Mignola intègre dans la foulée le cabinet du ministre de la Défense, François Léotard (UDF), avant de rejoindre au Modem François Bayrou puis Michel Mercier au Sénat. Centriste bon teint hâlé au soleil de sa Savoie natale, il en devient conseiller général en 1998 et est élu maire de La Ravoire en 2001, année où il rejoint l’entreprise de carrelage familiale (190 salariés) avant d’être nommé PDG en 2008.
« Les transports me passionnent comme chef d’entreprise parce qu’ils répondent aux besoins de mobilité et d’intermodalité indispensables à l’activité économique. Pendant les six mois de campagne, j’ai vu aussi combien la région était identifiée aux transports. Cet enjeu nous impose une obligation de réussir toutes les formes de mobilités synonymes de développement économique et d’aménagement du territoire », plaide le nouveau VP d’Aura qui succède à Eliane Giraud, sénatrice PS de l’Isère (2012-2016), et à Bernadette Laclais (2010-2012), députée PS de Savoie et, comme lui, née à Chambéry.
VP néophyte, Patrick Mignola pourra compter, si besoin, sur les conseils experts d’une autre chambérienne, Josiane Beaud, « une amie » élue de Chambéry, ex-directrice régionale SNCF, qui connaît tous les arcanes du secteur des transports rhônalpins. Dans l’immédiat, après le constat d’une situation des TER « catastrophique » fait par Laurent Wauquiez, nouveau président de la région, Patrick Mignola s’est fixé un objectif : la ponctualité et la fiabilité des TER, et quitter la 15e place du classement national pour celle plus conforme de 2e région de France. Une exigence qui sera rappelée à Guillaume Pepy et dans la convention régionale 2016. Pour y contribuer, Patrick Mignola donne la priorité aux infrastructures ferroviaires dont le CPER définira le calendrier : « On a mis plus de rames mais les rails n’ont pas suivi, on va investir dans les lignes. » Et aussi dans la vidéoprotection et la police ferroviaire pour assurer la sécurité des TER, grande promesse de campagne. L’élu savoyard est également un fervent partisan du Lyon – Turin, « grand projet environnemental indispensable pour promouvoir le report modal, lutter contrer la pollution et assurer la sécurisation des matières dangereuses ». Avec deux formules : « gagner la bataille de l’opinion » et « innover en créant l’ingénierie financière » pour les voies d’accès au tunnel de base. Enfin, le nouveau vice-président veut relancer le Pocl « grâce à la fusion des deux régions qui est une vraie opportunité pour repenser la liaison Clermont-Ferrand – Saint-Etienne – Lyon ». Un choix stratégique, selon lui, pour la région de 7,8 millions d’habitants qui va faire l’objet d’une Grande Conférence des collectivités d’ici à l’été.
Claude Ferrero
Bourgogne–Franche-Comté. Mettre la région à l’heure de la « multimobilité »
Malgré une élection difficile qui avait vu la candidate FN Sophie Montel arriver en tête au premier tour, l’ancienne présidente socialiste du conseil régional de Franche-Comté rempile : Marie-Guite Dufay est désormais aux commandes de la nouvelle région Bourgogne–Franche Comté. Lors de son discours d’investiture le 4 janvier, elle a promis qu’elle chercherait à maintenir « l’équilibre » entre la capitale bourguignonne Dijon et la capitale franc-comtoise Besançon.
15 vice-présidents, dont neuf élus venant de Bourgogne, ont été désignés parmi les 100 conseillers régionaux de la nouvelle assemblée. C’est ainsi un Bourguignon qui prend en charge la compétence Transports : Michel Neugnot, également premier secrétaire de la Fédération socialiste de Côte-d’Or depuis 1993, devient le premier vice-président chargé des Finances, des Ressources humaines, du Transport et de l’Intermodalité. Autant de domaines qu’il connaît bien puisqu’il a déjà eu ces compétences lorsqu’il était conseiller de Bourgogne.
« Notre mandat est exceptionnel car il s’inscrit dans une échelle très large grâce à des compétences nouvelles apportées par la loi, commente Michel Neugnot. Nous chercherons à mettre en place les solutions de mobilité les plus efficaces et innovantes en utilisant tous les modes de transport. »
L’élu compte aussi mettre fin aux doublons entre lignes de train, cars départementaux ou cars scolaires « car il y a parfois un peu de gabegie ». Il souhaite arriver à « une tarification unique dans la région et à un titre de transport unique et multimodal », que ce soit pour prendre le train, le car, ou pourquoi pas le taxi.
Au chapitre des TER, les élus n’ont pas attendu 2016 pour agir. La convention de la Bourgogne se terminant le 31 décembre prochain et celle de la Franche-Comté un an plus tard, il a été décidé de conserver ces échéances. Mais une réflexion commune a été lancée dès la fin 2014, via des assistances à maîtrise d’ouvrage, pour redéfinir à l’avenir les termes des conventions. Plusieurs analyses ont été lancées, tout particulièrement pour évaluer les besoins des habitants et l’efficacité du réseau existant. « Nous avons particulièrement regardé les flux domicile – travail et domicile – études pour tenter d’apporter les meilleures réponses aux besoins, en termes d’efficacité et de coûts. C’est à partir des analyses que nous allons discuter avec la SNCF », indique Michel Neugnot, qui ne se dit pas particulièrement favorable à une mise en concurrence de l’opérateur historique. Parmi les projets ferroviaires, il est notamment question de faire de Nevers un nœud de correspondances important.
En revanche ajoute-t-il, « nous n’aurons pas peur de réduire l’offre pour la rendre plus efficace ». Il rappelle que la Bourgogne a déjà réduit d’un tiers l’offre kilométrique ferroviaire sur l’axe du Nord Morvan en direction de Paris. « Nous avons ainsi économisé 1,8 million d’euros annuels et 780 tonnes de CO2 », précise-t-il. Cela sans perdre de voyageurs.
Selon lui, tout ce programme sera mené dans une approche globale, prenant en compte l’ensemble des moyens de transports. « Le temps de la multimodalité est arrivé ! », affirme le conseiller régional. Un programme qui sera réalisé progressivement d’ici à la fin du mandat.
Marie-Hélène POINGT
Bretagne. Travailler sur la situation quasi insulaire du territoire
Gérard Lahellec (PS) a été élu 3e vice-président de la nouvelle assemblée de la région Bretagne, le 17 décembre, à Rennes. C’est son troisième mandat consécutif depuis 2004, comme vice-président chargé des Transports et désormais aussi de la Mobilité. Un élu convaincu que la Bretagne a « la particularité d’être quasi insulaire, et doit maintenir, sinon améliorer ses liaisons avec le reste de la France », a-t-il indiqué.
C’est ce qui a conduit la région à porter le dossier de la grande vitesse ferroviaire, en participant au financement de la LGV qui mettra Rennes à 1 heure 30 de Paris, au printemps 2017. Et, même si la LGV s’arrêtera à Rennes, la vitesse sera relevée sur les deux axes ferroviaires, nord et sud de la Bretagne, mettant Brest et Quimper à 3 heures 30 de Paris en 2017, qui bénéficieront de quatre liaisons TGV quotidiennes supplémentaires. Pour Gérard Lahellec, il faut que « tous les habitants aient les mêmes accès aux transports où qu’ils habitent en Bretagne ». En privilégiant le train quand il existe encore.
« La fréquentation des TER a augmenté de près de 50 % depuis que la région s’est vu confier les transports en 2002 », rappelle-t-il. Gérard Lahellec ne se dit toutefois pas opposé par principe au développement de l'autocar, même s’il estime que « la SNCF ne développe pas d'idées novatrices en matière de transports routiers bon marché à toute la Bretagne, mais seulement sur les liaisons rentables ».
La région, qui se voit transférer la gestion des cars départementaux est train de faire un état des lieux, « sachant qu’il faut prendre en compte la régie des cars départementaux d’Ille-et-Vilaine aussi bien que les 500 marchés publics passés par le Morbihan, pour ses liaisons par autocar », précise l'élu. Sans parler des liaisons avec les îles, du Morbihan comme des autres départements bretons. « Il faut discuter avec chacun pour effectuer au mieux ce transfert. Nous leur demandons d’ailleurs de poursuivre leurs engagements comme si la gestion des transports leur était confiée au-delà de 2017. »
Dans un souci d'harmonisation, iI souhaiterait que la date du transfert soit la même pour le transport interurbain et scolaire. Et, si possible, que les deux soient alignés sur la rentrée 2017. « En attendant, nous tiendrons compte des engagements des départements dans les transports. »
Yann Goubin
Centre-Val de Loire. Lancer une billettique interopérable
Déjà un an que la région Centre a accolé « Val de Loire » à son nom, sans pour autant changer de frontières. Et si François Bonneau est resté président suite aux élections, le Centre-Val de Loire a changé de vice-président chargé des Transports. A Jean-Michel Bodin (PCF), en place depuis 1998, succède Philippe Fournié (PS). Ce dernier a été réélu conseiller régional, alors que la liste PCF-MRC de Jean-Michel Bodin n’a pas atteint les 5 % au premier tour.
Secrétaire départemental du Cher au PS et adjoint au maire de Vierzon, Philippe Fournié était auparavant 11e vice-président délégué à la Santé au conseil régional. Lors de la première session de la nouvelle assemblée, 18 décembre, il a été élu 9e vice-président délégué aux Transports et à l’Intermodalité. Dans la précédente équipe régionale, Jean-Michel Bodin étant 5e vice-président chargé des Transports.
La nouvelle mandature s’inscrit dans le cadre du Schéma régional d’aménagement et de développement durable du territoire (SRADDT) voté en juin 2011, tout en engageant « dès 2016 les investissements prévus au contrat de plan Etat-région (CPER) signé […] le 6 février 2015 », comme l’a rappelé François Bonneau le 7 janvier, lors des vœux 2016 aux personnalités. « Les infrastructures ferroviaires sont une des trois priorités », précise Philippe Fournié, avec la réouverture aux TER de la ligne entre Chartres et Voves en septembre prochain, trois mois avant la date prévue par la SNCF : « Priorité aux usagers ! » Une réouverture qui précède de quatre ans celle du tronçon entre Voves et Orléans. Outre cet axe transversal, le deuxième grand objectif du CPER est l’ouverture du tram-train Orléans – Châteauneuf-sur-Loire (229 millions d’euros) en 2021, soit la fin du mandat.
« La deuxième priorité sera le service voyageurs », avec une billettique interopérable à l’échelle régionale, simplification qui accompagnera le transfert à la région des transports interurbains au 1er janvier 2017. En outre, un passe Mobili Jeunes, offrant 50 % de réduction sur les TER, sera créé.
Troisième priorité, enfin : les transports scolaires, également repris par la région, seront gratuits pour les collégiens et lycéens en septembre 2017.
Patrick Laval
Collectivité territoriale de Corse. Gérer l’épineux dossier maritime
La Corse est un cas à part : les nouveaux élus le sont pour deux ans, du fait de la naissance prévue le 1er janvier 2018 de la future « collectivité de Corse » qui verra la fusion de l’actuelle collectivité territoriale de Corse et des deux départements insulaires.
L’exécutif qui a la particularité de se partager entre les deux figures du nationalisme corse (Jean-Guy Talamoni à la tête de l’Assemblée corse et Gilles Simeoni à celle de la Collectivité territoriale) a donné le ton le 31 décembre dernier lors de leur première conférence de presse à Ajaccio. Pour eux, « le dialogue et l’apaisement face aux différentes crises qui s’annoncent et le refus de “céder” aux lobbies » seront les moteurs de leur action. Le transport maritime est le dossier le plus sensible qui devrait mobiliser un bon moment les élus corses.
Pour gérer ce dossier épineux, Gilles Simeoni et Jean-Guy Talamoni ont confié à Jean-Félix Acquaviva les rênes de l’Office des transports de la Corse, une structure dont la présidence revient de droit à un conseiller exécutif nouvellement élu. Ce nationaliste modéré est réputé pour ses talents de fin négociateur mais aussi pour sa capacité à taper du poing sur la table. L’homme – qui a commencé son parcours politique dans les rangs des jeunesses nationalistes à Corte – n’a pas eu le temps de profiter d’un peu de répit après son élection. Il a rapidement dû faire face au conflit entre compagnies maritimes sur les ruines de la SNCM reprise le 4 janvier dernier par le transporteur Patrick Rocca et la MCM. Depuis le 5 janvier, un navire battant pavillon danois et affrété par le consortium Corsica Maritima (qui regroupe 140 entreprises corses) était bloqué à Marseille par des marins CGT de l’ex-SNCM. Pour déminer ce conflit, Jean-Félix Acquaviva a annoncé la tenue d’une table ronde dès février sous l’égide de la Collectivité territoriale de Corse, rassemblant les représentants des différents acteurs (MCM/Rocca et Corsica Maritima). L’ambition affichée par Jean-Félix Acquaviva est de parvenir à l’automne 2017 à la constitution d’une nouvelle compagnie maritime publique « 100 % corse » tout en respectant la concurrence avec les compagnies existantes (Corsica Ferries, La Méridionale) comme l’exige l’Union européenne. Jean-Félix Acquaviva avait pris la précaution de se rendre à Bruxelles début janvier pour obtenir l’aval de l’institution européenne qui ne devrait pas mettre de veto sur ce projet.
Marc Ezrati
Ile-de-France. Revoir les contrats avec la RATP et la SNCF
A peine arrivée à la tête du conseil régional, Valérie Pécresse (LR), s’est emparée d’un des sujets délicats, les 300 millions qu’il faut trouver pour financer le surcoût du passe Navigo unique. Jean-Paul Huchon escomptait bien toucher le produit d’une taxe sur les nuits d’hôtel, projet que Laurent Fabius avait fait capoter au nom des intérêts majeurs du tourisme. Nouvelle piste : un prélèvement sur la CVAE (Cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises). Manuel Valls et Valérie Pécresse se sont rencontrés le 7 janvier et ont abordé le sujet. La présidente du Conseil régional a aussi rappelé au Premier ministre sa volonté d’unifier en un seul corps la police ferroviaire et les forces de sûreté de la SNCF en Ile-de-France et de la RATP.
La nouvelle présidente va aussi revoir le contrat qui vient d’être signé entre le Stif et la SNCF d’un côté, et la RATP de l’autre, conformément à la clause de revoyure prévue. Valérie Pécresse pourrait revenir sur les clauses liées à la régularité et à la qualité de service, qu’elle ne juge pas assez contraignantes pour les opérateurs. Reste qu’elle ne pourra revoir le contrat qu’« à la marge ».
Il est un texte que Jean-Paul Huchon a jusqu’au dernier moment espéré signer. La convention de financement du prolongement d’Eole à l’ouest… Mais le montage n’est toujours pas trouvé et Valérie Pécresse n’a pas donné d’indication sur le sujet, même si elle a réaffirmé l’extrême importance accordée aux RER par son programme.
C’est à Stéphane Beaudet, 43 ans, que va revenir la tâche de mettre en musique la politique de la nouvelle présidente. Elu 3e vice-président du conseil régional, il est chargé des Transports. « Tout est prioritaire » nous dit le nouvel élu, que ce soit le renouvellement des RER, l'achat des bus, ou les investissements routiers pour faire sauter les bouchons. Cela dit, malgré l’urgence, il refuse tout catastrophisme, et rappelle que nous avons un « bon réseau » de transports « trop souvent décrié ». Mais un réseau « trop sollicité quatre heures par jour ». En dehors des solutions lourdes, relevant du transport lui-même, Stéphane Beaudet croit beaucoup à l'apport des nouvelles technologies, qui permettent, par le télétravail entre autres, de lisser dans le temps la demande de transport. L'élection de Stéphane Beaudet, maire LR de Courcouronnes, premier vice-président de la communauté d'agglomération d'Evry Centre Essonne était attendue. Ce bon connaisseur des transports est aussi président de l'Association de maires d'Ile-de-France. Il remplace aux Transports Pierre Serne, EELV qui a été réélu au conseil régional sur la liste de gauche unie au deuxième tour, et qui a été réélu à la commission permanente du conseil régional et au conseil du Stif.
Une rumeur insistante veut que la directrice générale du Stif quitte son poste. On dit même qu’elle aurait fait part à ses proches avant le vote de son intention de partir, quelle que soit l’issue du scrutin régional. Mais la rumeur donne Sophie Mougard partante depuis des années… Valérie Pécresse avait profondément critiqué le Stif, dans l’entretien qu’elle nous avait donné (voir VR&T n° 582). Mais il s’agissait de la conception du système, et non de la façon dont l’a fait fonctionner Sophie Mougard, reconnue pour ses grandes qualités professionnelles, et qui a réussi depuis près de dix ans à faire vraiment exister le Stif. Une tâche pas facile, face à des opérateurs qui ont mis du temps à jouer le jeu, ou à des politiques dont les décisions ne sont pas toujours éclairées. Valérie Pécresse nous avait précisé qu’elle était tout à fait prête à travailler avec Sophie Mougard. Mais on peut penser que le Stif plus léger, plus décentralisé qu’elle souhaite mettre en place n’est pas tout à fait dans les vues de l’actuelle directrice générale. Pour l’instant, on remarque le rôle éminent que jouent trois femmes dans les transports transiliens ; Valérie Pécresse, Elisabeth Borne et Sophie Mougard. Alain Krakovitch se sent-il seul ?
F. D. et C. N.
Midi-Pyrénées–Languedoc-Roussillon. Organiser des états généraux du rail
La tradition est respectée puisque c’est à un élu communiste que revient la vice-présidence aux Transports (plus précisément à la Mobilité et aux Infrastructures de transports) de la nouvelle région Midi-Pyrénées–Languedoc Roussillon. Jean-Luc Gibelin, chef de file du PCF dans le Gard, rallié à la liste EELV-FDG-RPS-PO, succède à son camarade communiste Charles Marziani, qui a accompli deux mandats (en 2004 et 2010) après avoir remplacé l’ancien cheminot communiste Bernard Marquié.
Mais à la différence de ses prédécesseurs, Jean-Luc Gibelin n’est pas un spécialiste des transports. Ce directeur d’hôpital de 57 ans, infirmier psychiatrique de formation, s’est plutôt investi dans le secteur de la santé, comme syndicaliste à l’UFMICT-CGT (Union fédérale des médecins, ingénieurs, cadres et techniciens) et en politique comme chargé des questions de santé et de protection sociale au PCF et au Front de gauche.
C’est peut-être son parcours de militant attaché aux services publics qui a poussé la nouvelle présidente socialiste de la région, Carole Delga, à lui confier cette 6e vice-présidence. L’une de ses premières tâches sera en effet d’organiser dès le premier semestre 2016 des états généraux du rail qui réuniront élus et usagers pour « décider ensemble du futur schéma régional ferroviaire » (qui concernera TER, Intercités et LGV). « Je suis attaché à la facette démocratique du domaine des transports, affirme-t-il. La parole citoyenne, celles des usagers, des ayants droit aux transports, celles des cheminots et des autres salarié(e)s des transports doit être centrale. Chacune et chacun doit pouvoir être actrice et acteur de ses déplacements et donc de la vie de la région. »
Il appelle enfin à « être imaginatif et créatif pour que le train soit plus efficace, plus agréable et moins cher ». Reste qu’il y aura fort à faire pour harmoniser la politique ferroviaire des deux régions fusionnées dans un ensemble grand comme l'Autriche. Autant Midi-Pyrénées a consenti, avec son Plan Rail, des investissements considérables dans les infrastructures, autant Languedoc-Roussillon a d’abord refusé, renvoyant l’Etat à ses responsabilités, puis n’y est venu qu’avec parcimonie. Le contrat de plan lancé à Montpellier par la dernière mandature ne prévoit qu’une remise à niveau des voies uniques TER Carcassonne – Limoux (mais pas jusqu’à Quillan), Alès – Langogne et du Train jaune. En revanche, la politique a été axée sur une baisse massive des tarifs avec le TER à un euro.
Au menu parmi bien d’autres dossiers, l’éventuelle réouverture aux voyageurs du sud de la rive droite du Rhône, conditionnée par une coûteuse rénovation des gares, ou la controversée gare TGV de Montpellier-Sud de France (142,7 millions d’euros dont 23,9 % payés par la région), dont les écologistes et la Fnaut dénoncent la situation en zone humide et l’isolement des réseaux TER et tramway. Sur Narbonne – Toulouse (150 km), il faudra choisir entre une hypothétique ligne nouvelle et une amélioration de l’existant.
Enfin, il faudra améliorer les liaisons entre les deux métropoles Toulouse et Montpellier (et au-delà vers Paca) aujourd’hui limitées à neuf relations directes (Intercités, TGV et un seul TER)… sans oublier les relations interrégionales France-Espagne par un tunnel du Perthus exsangue.
Catherine Sanson-Stern
et Michel Gabriel Léon
Nord-Pas-de-Calais-Picardie. Maintenir les TET et proposer un abonnement unique
Le 4 janvier, lors de la première session du conseil de la nouvelle région Nord-Pas-de-Calais-Picardie, le Nordiste Gérald Darmanin a été élu 2e vice-président chargé des Transports, des Infrastructures de transport, des Relations internationales, des Transfrontaliers, du Tourisme et de la Communication. Une charge que cet élu Les Républicains avait déclaré souhaiter exercer lors de la campagne du Picard Xavier Bertrand. Avant sa prise de fonction au nouveau conseil régional, où il a été élu en décembre, Gérald Darmanin était député de la 10e circonscription du Nord. Il est également maire de Tourcoing depuis les élections de mars 2014, à la suite desquelles il avait démissionné de son précédent poste de conseiller régional du Nord-Pas-de-Calais.
Gérald Darmanin succède aux deux vice-présidents des anciennes régions : Daniel Beurdeley, 5e vice-président Transports (Communistes et progressistes unitaires) de Picardie, et Alain Wacheux, 9e vice-président Transports (PS) du Nord-Pas-de-Calais. Et – pourrait-on ajouter – à Daniel Percheron (PS), tant l’ancien président du Nord-Pas-de-Calais était personnellement impliqué dans les questions de transports !
Impliqué dans les transports, Gérald Darmanin l’était aussi avant les élections, contribuant à faire de sa ville frontalière l’escale nordiste (avec zone de chalandise belge) des TGV Ouigo depuis le 13 décembre. Tout en regrettant que « sa » gare soit traversée sans arrêt par une quinzaine de trains transfrontaliers reliant Lille et Courtrai. Une injustice à laquelle le nouveau deuxième vice-président, chargé, précisément « des Relations internationales et des Transfrontaliers », pourra s’attaquer directement !
Plus généralement, la desserte de l’agglomération Lille-Roubaix-Tourcoing, ainsi que les relations entre cette dernière et l’ancien bassin minier, seront un dossier prioritaire lors de la nouvelle mandature, en vue de réaliser le futur Réseau Express Grand Lille, attendu d’ici 10 à 15 ans. Mais il n’y a pas que le Nord et le Pas-de-Calais dans la nouvelle région. Côté picard, Xavier Bertrand a annoncé veiller au maintien des autres liaisons ferroviaires, notamment des Trains d’équilibre du territoire (TET). Enfin, pour toute la nouvelle région, Gérald Darmanin met l’accent sur la sécurité et la réalisation d’un abonnement unique dans les transports publics.
P. L.
Normandie. Améliorer le service ferroviaire
Sans surprise, c'est le centriste Hervé Morin, qui était à la tête d'une liste d'union de la droite UDI-LR-MoDem-CPN qui a pris la présidence de la nouvelle région de Normandie. Aux Transports et aux Ports, c'est Jean-Baptiste Gastinne (LR) qui prend les commandes, avec la 10e vice-présidence, sur un total de 15, la région ayant choisi d'en avoir le nombre maximum. Conseiller municipal du Havre, il est aussi 5e vice-président de la communauté d’agglo chargé du Développement touristique, de l’Economie et de l’Enseignement supérieur. Fidèle d’Antoine Rufenacht puis d’Edouard Philippe, à 48 ans, il rempile à la région où il avait été élu en 2010 sur la liste de Bruno Le Maire.
Le 4 janvier lors de la première réunion plénière des 102 nouveaux conseillers, Hervé Morin a immédiatement donné le ton : « Nous ferons en sorte que l’opposition soit intégrée sans sectarisme, que l’on évoque le port de Dieppe ou le ferroviaire. » Sujet majeur pour la région qui réunit pour la première fois haute et basse Normandie : le projet LNPN. L'opposition a cependant déjà prévenu le président qu'on l'attendait sur tous les fronts : « La priorité de la Ligne nouvelle Paris – Normandie ne doit pas faire oublier les TER et les petites dessertes », a dit Sébastien Jumel (FG).
Le nouveau président de la Normandie, qui a annoncé qu'il démissionnerait de son mandat de parlementaire, espère faire respecter sa région face à la SNCF et se plaint de trains hors d'âge accumulant les retards. « J’ai rencontré Guillaume Pepy, président de la SNCF, avec lequel j’ai arrêté neuf chantiers. J’ai aussi évoqué cette question des trains avec Manuel Valls, Premier ministre, que j’ai eu au téléphone », annonce-t-il d'emblée. Son plan ? « L'Etat finance un plan de rattrapage dans lequel la région sera partie prenante, puis nous sommes prêts à prendre la main sur les Intercités », a-t-il assuré à la presse locale la veille de son élection.
« C’est une bataille qui va être difficile car la situation est très préoccupante », a aussi rappelé, à Paris Normandie, Jean-Baptiste Gastinne, qui connaît bien le dossier puisqu'il siégeait déjà à la commission Transports et mobilité lors de la précédente mandature. « Cette bataille, nous avons le devoir de la mener sur deux fronts. D’abord à court terme avec l’absolue nécessité d’améliorer le service aux voyageurs sur les lignes ferroviaires normandes. Et n’oublions pas l’objectif à plus long terme de la Ligne nouvelle Paris – Normandie. Je vais tout mettre en œuvre pour accélérer le calendrier de la LNPN, mais ce ne sera pas facile. »
C. N.
Paca. Mieux protéger les voyageurs
Avec un TER sur cinq en retard et un sur dix annulé, le dossier des transports est l’une des priorités de Christian Estrosi, nouveau président du conseil régional de Provence-Alpes-Côte-d’Azur (Paca). Tout juste élu le 18 décembre 2015, le maire de Nice a rencontré trois jours plus tard Guillaume Pepy, président de la SNCF. Dossier sensible donc, et si les vice-présidents ont été élus lors de la première assemblée du conseil régional, l’attribution des délégations devait être dévoilée lors de la plénière du 15 janvier. Parmi les 14 vice-présidents, Yannick Chenevard est l’un de ceux qui connaît sans doute le mieux ces problématiques. Vice-président de la communauté d’agglomération de Toulon (432 000 habitants), il en préside la commission des Transports.
Quant à la présidence de la commission Transports, Infrastructures, Aménagement du territoire et Ports du conseil régional Paca, elle a été proposée à Maxime Tommasini. Président du conseil d’administration de la Régie des transports de Marseille (RTM) depuis le 12 mai 2014, il en a été administrateur entre 2001 et 2008. Maxime Tommasini a également été conseiller de la communauté urbaine de Marseille, délégué aux Transports, et a participé aux travaux de création du tramway et d’extension du métro.
Mais il est évident que Christian Estrosi gardera la main sur ce dossier. Lors de sa première rencontre avec Guillaume Pepy il a notamment demandé au président de la SNCF l’indemnisation des passagers pour les retards ou les annulations dès le mois suivant, une de ses promesses de campagne. Par ailleurs, il a été convenu qu’un avenant à la convention actuelle entre la SNCF et la région Paca sur la sécurité des voyageurs et la lutte contre la fraude serait signé en janvier 2016. Il doit permettre l’installation de portiques de sécurité, de tourniquets pour le contrôle de billets et la prise de fonction des premiers agents de la police régionale des transports sur le terrain.
José Soto
Pays de la Loire. Lutter contre la thrombose entre Nantes et Angers
«Impossible de vivre jusqu’en 2020 sans la construction d’une nouvelle ligne entre Nantes et Angers au moins en projet ! » Bruno Retailleau, le nouveau président (LR) des Pays de la Loire a mis le ferroviaire, dès son élection, le 18 décembre dernier, à son menu. La mobilité est pour lui un des sujets de renégociation du contrat Etat-région sous le thème général : « Nous voulons nous rapprocher de la moyenne nationale de 173 euros par habitant alors que nous n’en sommes qu’à 113 euros. » Le vice-président Transports n’a toutefois pas encore été désigné. Quant à la commission Transports, Alain Hunault, maire (LR) de Châteaubriant devait en être nommé président le 24 janvier. Parmi les priorités à venir, plusieurs dossiers ferroviaires. Sur la ligne Nantes – Angers, il défend, à court terme que la ligne soit désaturée en étant dotée d’un système ERTMS. Objectif : y faire passer très vite davantage de trains. Nantes – Angers est trop important dans le réseau ferroviaire des Pays de la Loire. C’est son segment central sur son axe principal vers Paris. A plus long terme, sans troisième voie, Bruno Retailleau évoque le risque d’un déclassement par rapport aux régions voisines dans ses liaisons TGV avec Paris, rappelant que Nantes est à plus de deux heures de Paris, le temps qu’il faudra à l’avenir entre Paris et Bordeaux et alors que Rennes, fin 2017, s’en trouvera seulement à 1 heure 15. « Nous ne devons pas devenir le triangle des Bermudes ferroviaire de la façade atlantique ! » Alain Hunault va devoir aussi veiller, à très court terme, sur le contournement ferroviaire de la raffinerie de Donges dans l’estuaire de la Loire. Un chantier de 150 millions d’euros dont 50 proviennent de l’Etat. Maire de Châteaubriant, Alain Hunault va aussi avoir à cœur de développer le tram-train Nantes – Châteaubriant, encore bien loin des 11 000 voyageurs par jour visés au départ. Pour cela, il va lui falloir mettre en place une vraie harmonisation des tarifs des transports publics, un des grands dossiers régionaux, sur lequel, plus que jamais, il aura à s’entendre avec les métropoles, en particulier celle de Nantes.
Hubert Heulot