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Quels diplômes préparer pour être recruté ?

Les formations sont nombreuses et variées pour faire carrière dans les transports. Comment s’y retrouver ? Quels sont les profils les plus recrutés ? Comme chaque année, VR&T fait le point sur les diplômes qui ouvrent les portent.
Gros pourvoyeur d’emplois, le secteur des transports devrait l’être sans doute encore plus dans les prochaines années puisqu’on s’attend à des départs massifs à la retraite du fait de la pyramide des âges, en particulier à la SNCF. Le groupe SNCF annonçait ainsi 9 000 recrutements en 2015, dont 650 ingénieurs, en incluant toutes ses filiales. Et, selon l’Union des transports publics (UTP) qui se réfère aux dernières données datant de 2014, le seul transport urbain qui emploie plus de 52 000 salariés, a recruté plus de 3 000 personnes. Plus exactement, 2 100 personnes sont parties à la retraite qu’il a fallu remplacer et 700 postes ont été créés. « Le secteur du transport urbain embauche majoritairement à des postes d’exécution, souvent au niveau du bac », indique Claude Faucher, le délégué général de l’UTP. Parmi les nouveaux embauchés, 65 % l’ont été sur des postes de conduite. « Pour ces fonctions, il existe deux formations majeures : le titre professionnel d’agent commercial et de conduite du transport routier urbain de voyageurs et le CAP agent d’accueil et de conduite routièret ransport de voyageurs », précise Benoît Juéry, directeur du département Affaires sociales à l’UTP.
Mais pour un certain nombre de métiers (conduite ferroviaire par exemple, ou horairiste, une fonction très technique), ce sont les employeurs eux-mêmes qui se chargent d’embaucher des candidats et de leur apprendre le métier. Cela pourrait changer à l’avenir puisque la profession est en train de s’organiser pour que les diplômes soient reconnus par tous, ce qui permettra peut-être de faire naître de nouvelles vocations et bien sûr aussi de favoriser la mobilité professionnelle.
« Contrairement à d’autres secteurs, nous ne constatons pas de désaffection pour les métiers du secteur. Les conditions de travail y sont plus favorables que dans le transport routier de marchandises par exemple. Nous ne manquons pas de candidats, souligne Claude Faucher. Toutefois, les autorités organisatrices de transports imposent parfois leurs conditions aux transporteurs comme par exemple l’embauche de jeunes issus de certains quartiers difficiles. En revanche, nous avons des problèmes pour attirer des candidatures féminines. »
Pour les fonctions « support », c’est-à-dire au sein des services du personnel, du marketing ou des finances, les entreprises de transport se tournent comme toutes les entreprises vers les écoles de commerce, les universités ou les écoles de gestion. Pour les fonctions opérationnelles, les entreprises recrutent aussi bien des jeunes sans qualification que des diplômés bac +5. Car les emplois proposés sont très diversifiés, du manutentionnaire au logisticien, en passant par le conducteur de tramway au responsable d’exploitation, au commercial, à l’ingénieur ou au designer. Pour y accéder, les formations initiales sont nombreuses. A partir d’un bac +2, par exemple un BTS ou un DUT, on peut rapidement évoluer vers un poste à responsabilité.
Les universités, comme celles de Lyon, Cergy ou Lille, proposent quant à elles des licences pro, également appréciées des entreprises. Pour ceux qui visent des postes à responsabilité dans l’exploitation, deux masters professionnels sont également côtés et se partagent en quelque sorte la France : il s’agit du master Turp de Lyon (voir p. 50) et du master EDRTP (Exploitation développement des réseaux de transports publics) à Cergy-Pontoise (voir interview de Pierre Zembri, p. 49). Les deux diplômes offrent le même type de débouchés : ils forment des cadres qui pourront exercer chez les opérateurs de transports, des responsables des déplacements et de la mobilité dans les collectivités et des chargés d’études. D’autres masters s’intéressent davantage à l’aménagement du territoire ou à la géographie. C’est le cas master Titus (Transport, Intermodalité, territoires) de l’université Savoie Mont Blanc situé à Chambéry, ou le master Transport, mobilité, environnement, climat de l’université de Bourgogne (Dijon). Deux diplômes dont la notoriété serait plus « régionale » selon un spécialiste de l’éducation. Quant aux mastères spécialisés, titres accrédités par la conférence des grandes écoles (et qu’il ne faut donc pas confondre avec les masters), ils s’adressent principalement aux diplômés d’écoles d’ingénieurs et de commerce mais aussi aux bac +5 des universités. Ils correspondent généralement à un bac +6. Ils sont également très prisés des salariés qui cherchent à approfondir leurs connaissances et à booster leur carrière dans le cadre de la formation continue.
Enfin, notons qu’une nouvelle méthode d’enseignement est en train d’émerger : des écoles et des entreprises commencent à proposer des cours en ligne : les Mooc (Massive open online course ou formation en ligne ouverte à tous). C’est le cas par exemple d’Eurotunnel qui présente depuis le 8 janvier des sessions sur le secteur ferroviaire et délivre des attestations de suivi de cours. Ou encore de l’institut Mines Télécom qui a lancé également en janvier un cours en ligne « Challenges et enjeux de la mobilité 2.0 ».
La vogue du 2.0 va-t-elle révolutionner à son tour le monde des formations ?
Marie-Hélène POINGT
Emplois et recrutements
Près de 655 000 salariés dans le transport routier et la logistique 29 % des salariés dans cette branche d’activité ont 50 ans ou plus 118 680 recrutements en 2013 selon les chiffres de l’OPTL (Observatoire prospectif des métiers et des qualifications dans les transports et la logistique), dont 1 600 postes créés.
100 000 salariés dans le transport public urbain (700 emplois créés) 3 000 recrutements annuels dans le transport public urbain
65 % des recrutements liés à la conduite