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Un système antifatigue pour les conducteurs de bus

Pour soulager les conducteurs d’autobus dont certaines manoeuvres fatiguent particulièrement le dos et les bras, Volvo propose son système VDS composé d’une électronique de contrôle
et d’un moteur électrique qui vient en appui de la direction assistée.
En 1927, Assar Gabrielsson et Gustaf Larsson, fondateurs de Volvo, l’affirmaient déjà : « Un véhicule automobile est construit par l’homme et pour lui, et le principe de base de tout design industriel est et doit demeurer la sécurité. » Quelque 90 ans plus tard, le constructeur suédois continue d’exercer une veille permanente pour identifier de nouvelles pistes de recherche qui pourraient permettre d’améliorer la sécurité. Ainsi est né VDS (Volvo Dynamic Steering), qui va maintenant être offert sur les autocars et autobus de la marque. Ce système inédit, qui vient se superposer à la direction assistée classique, est né d’une constatation : les conducteurs d’autobus sont particulièrement sujets aux troubles musculo-squelettiques. Une récente étude menée en Israël sur 384 individus a montré qu’ils avaient souvent tendance à ressentir des douleurs majoritairement localisées dans les régions du cou, de la colonne vertébrale ou des reins. Ceux qui se plaignaient plus particulièrement du cou incriminaient volontiers le siège et son dossier, mais aussi la colonne de direction. Une autre étude, qui portait, cette fois, sur la fatigue au travail telle qu’elle était ressentie par une population significative de conducteurs suédois, a établi que 37 % ne se sentaient pas reposés lorsqu’ils se réveillaient. C’est ainsi que 45 % devaient combattre le risque d’endormissement au volant deux à quatre fois par mois, et même, pour 20 % d’entre eux, jusqu’à deux à trois fois par semaine !
L’ergonomie du poste de conduite et la gestuelle qu’il génère jouent à l’évidence un rôle majeur. C’est pourquoi le système VDS a d’abord pour but de diminuer l’effort physique fourni par le conducteur dans les phases où cet effort est normalement le plus important. Ce système se compose essentiellement d’une électronique de contrôle et d’un moteur électrique assez puissant, qui vient en appui de la direction assistée hydrauliquement. A partir de la mesure de différents paramètres comme la vitesse instantanée, l’angle de braquage et le couple appliqué au volant par le conducteur, l’électronique calcule l’ensemble des variables nécessaires à l’intervention du moteur électrique en vue d’alléger la direction et d’optimiser le comportement du véhicule. A vitesse réduite, le moteur joue le rôle d’un véritable amplificateur d’efforts. Il réalise la majeure partie du travail, ce qui épargne le dos, les bras et les épaules du conducteur. C’est un avantage considérable lors des manœuvres, des marches arrières le long d’un angle de rues, des mises en stationnement, et plus généralement chaque fois que le conducteur doit braquer à fond. Aux vitesses plus élevées, la conduite peut être beaucoup plus relax, grâce à l’amélioration de la stabilité directionnelle que permet le système. VDS rectifie les plus petites déviations par rapport à la trajectoire souhaitée, en opérant le calcul avec une fréquence de 2 000 fois par seconde. Ainsi, le conducteur n’a plus à compenser en permanence la dérive latérale, d’où un comportement dynamique plus sûr. De plus, le système détecte les irrégularités de la chaussée et calcule la compensation nécessaire pour créer un ressenti prédéterminé à la direction, qui reste indépendant de la charge du véhicule et de la monte pneumatique. Sur les chaussées de très mauvaise qualité, qui exigeraient normalement une compensation directionnelle permanente de la part du conducteur, et pourraient corrélativement générer chez lui un important surcroît de fatigue lié aux nombreux mouvements manuels nécessaires, VDS corrige automatiquement la situation, tout en aidant au maintien, sans effort, d’une trajectoire rectiligne et fluide, assurant plus de confort aux passagers. Le système filtre aussi les vibrations transmises par la colonne de direction, qui se révélaient assez néfastes pour la bonne conservation des muscles et des articulations du conducteur. Cette disposition devrait s’avérer particulièrement intéressante dans le cas de véhicules à essieu avant rigide, comme chez Volvo, qui peuvent avoir parfois tendance à transmettre davantage de vibrations. Enfin, avec VDS, le volant présente la particularité de revenir de lui-même à zéro, ce qui facilite grandement la négociation des ronds-points. Un système qui pourrait faire des émules…
Philippe Hérissé