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Ces réseaux qui ont fait le choix du gaz

Si les bus électriques suscitent l’intérêt des collectivités et les convoitises des constructeurs, les bus roulant au gaz font moins parler d’eux. Pourtant ils progressent au sein des réseaux, ainsi que dans les intentions d’achat des élus convaincus par leurs performances économiques et écologiques.
Bus électrique ou bus au gaz ? On ne peut pas vraiment encore parler de match, l’un n’existe pas – encore – vraiment, quand l’autre cumule les kilomètres depuis sa première apparition en France à la fin des années 90. Mais les bus au gaz semblent marquer des points auprès des réseaux utilisateurs qui louent leurs performances économiques et écologiques. Ce qui incite d’autres réseaux à leur emboîter le pas.
Ainsi, le Grand Poitiers, l’un des précurseurs dans le GNV, qui était revenu aux bus diesel après avoir été échaudé par des problèmes techniques rencontrés avec des bus au gaz, a décidé au début de l’année de renouer avec ce carburant. « Ce ne sont pas des choix que l’on fait tout seul dans son coin. C’est l’orientation qui est suivie par d’autres grandes collectivités, la région Ile-de-France, l’agglo de Nantes, etc. », avait alors expliqué en avril, au quotidien Centre Presse, Anne Gérard, l’élue chargée des Transports au Grand Poitiers. « Ça nous conforte dans notre choix parce que c’est celui de la transition énergétique. Et désormais, on a l’assurance que la technologie est de plus en plus fiable. »
Au 1er janvier 2015, 11 % du parc français circulait ainsi au GNV, ce qui représente 2 381 véhicules (et 30 réseaux), les plus grosses flottes se situant à Lille, Bordeaux, Nantes et Toulouse. Et dans leur enquête réalisée auprès des collectivités locales, le Gart et Agir ont montré que si 60 % des collectivités locales qui se sont manifestées souhaiteraient à l’avenir faire passer leur flotte à l’électricité, 30 % opteraient pour le gaz.
Il est vrai qu’avec la nouvelle loi sur la transition énergétique, les élus vont avoir de moins en moins le choix. Le législateur impose que 50 % des achats de bus devront être constitués de véhicules à faibles émissions en 2020, puis 100 % en 2025 pour les flottes comptant plus de 20 véhicules de transport public. Un décret reste à écrire pour préciser ce que le législateur entend par « véhicules à faibles émissions ». Si l’on en croit une étude présentée en juin par la CATP, la centrale d’achat de transport public d’Agir, l’utilisation du gaz permet une forte diminution des rejets d’oxyde d’azote et de particules.
De même si le coût d’achat d’un bus au gaz est plus élevé (il serait de 10 % comparé à un diesel Euro VI), ses coûts d’exploitation sont bien inférieurs (-36 %).
Dans ce domaine, il bat à plate couture – pour le moment – son concurrent, le bus électrique qui affiche un surcoût d’au moins 105 % sur une durée de vie de 12 ans…
Marie-Hélène Poingt
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