Wi-Fi. La SNCF lance son service TGV Connect

Ouf ! A l’heure du tout connecté, la SNCF propose enfin à ses voyageurs du Wi-Fi à bord des TGV, gratuitement. Ça a démarré officiellement le 15 décembre, en commençant par la ligne Paris – Lyon, mais une démonstration a été faite à la presse deux jours auparavant.

« Le besoin de connexion en mobilité c’est la première demande qui s’exprime dans les enquêtes clients [plus de 80 % le réclament, NDLR], a rappelé Guillaume Pepy, président de SNCF Mobilités. Il s’agit de l’un de nos projets les plus spectaculaires. La promesse c’est que d’ici 2020, 90 % des voyages en train en France seront connectés. Soit au travers de la 3G-4G pour les trains à vitesse classique, soit avec un équipement Wi-Fi à bord qui traite le signal pour les TGV. » Principe du service : un accès Web plus un portail du voyage où gérer son accès Internet, son voyage, ses réservations, son arrivée, trouver les plans nécessaires et des services fournis à bord.
Ce lancement en grande pompe intervient tout de même 10 ans après les premières expérimentations sur Thalys, qui proposait du Wi-Fi payant depuis 2008 et même, depuis avril dernier, un nouveau service gratuit et plus performant. Mais aussi six ans après la tentative coûteuse et infructueuse de « TGV Box » dans le TGV Est. Enfin, un peu plus de deux ans après le tweet de la secrétaire d’Etat au Numérique d’alors, Axelle Lemaire, qui avait fait couler tant d’encre : « Toc toc toc, la SNCF : on peut se voir pour discuter Wi-Fi dans le train ? Merci d’avance ! 😉 ». C’est d’ailleurs ce tweet qui avait déclenché le plan Orsec à la SNCF et motivé en partie le lancement d’un appel d’offres remporté par Orange Business Services pour la connectivité, associé à Engie Ineo et 21.Net, spécialiste de la connexion à très grande vitesse pour toute la partie embarquée (voir encadré « L’équipement d’une rame »). Les équipements sont bien sûr invisibles, à l’abri derrière les luminaires de chaque voiture.
A l’été 2015, Guillaume Pepy promettait alors qu’on allait pouvoir surfer sur Internet dans tous les trains à la fin de 2016. La promesse est donc décalée de 4 ans. Et les premiers servis seront les TGV, ceux qui embarquent notamment la clientèle d’affaires qui a besoin de connexion pour travailler. Avec un objectif d’équiper les 300 rames du réseau avant la fin 2017, les TGV Armorique et Océane dès le 2 juillet, jour de leur inauguration et avec « dans l’ordre, les axes Bordeaux, Strasbourg, Lille, Rennes et Marseille », a détaillé Rachel Picard, la directrice générale de Voyages SNCF. Coût de l’opération : 100 millions d’euros, « investissement qui n’a pas de rentabilité immédiate puisque le Wi-Fi à bord est gratuit ».
Pour Orange, qui investit 15 milliards d’euros dans le très haut débit fixe et mobile entre 2015 et 2018, la prouesse technologique est grande également. Elle consiste à installer le long des voies ferrées, tous les 3 km, une borne avec un réglage très précis. Car « à 300 km/h, on passe d’une cellule à l’autre toutes les 15 secondes environ. Le dialogue entre le réseau et les terminaux doit être optimisé et près de 200 relais peuvent être accrochés sur les 430 km d’un Paris – Lyon », précise Luc Barnaud, directeur Opérateurs et partenaires mobiles chez Orange. Mais cette fois, le service avec la 4G est « robuste », contrairement aux précédents qui fonctionnaient avec le satellite et souffraient de fréquentes coupures. « En travaillant main dans la main avec les opérateurs et l’Arcep, ça a avancé beaucoup plus vite en 18 mois que ça n’avait avancé en 10 ans », a d’ailleurs reconnu Guillaume Pepy. La SNCF a notamment fait les mesures de couverture, partagé les données, facilité l’accès aux emprises et les travaux…
Et les trains du quotidien ne sont pas oubliés puisque par exemple sur le RER C, la SNCF promet qu’au début 2017, les tunnels seront connectés. Benoît Tiers, directeur général Digital et Systèmes d’information de la SNCF relève aussi le travail effectué sur « l’endroit le plus complexe de France sur le plan de l’irrigation des télécoms : les 30 premiers km entre Montparnasse et Massy, dont 11 de tunnel seront équipés fin 2017 ». Le nouveau DG Digital du groupe annonce aussi qu’après les deux saisons du digital, lancées ces dernières années, autour de l’open data et du big data puis de l’Internet des objets, la saison 3 s’ouvrira au premier trimestre 2017. Toutes les initiatives ont un socle commun, ajoute-t-il : « La connectivité de nos trains, qui permet d’améliorer la maintenance et la régularité ». De plus, 345 gares seront 100 % connectées fin 2017.
L’Internet à bord, à 300 km/h, n’est donc que la partie émergée de l’iceberg. Mais elle est aussi, selon son président, « symptomatique du fait qu’on ne gère plus des flux, mais des personnes : chaque jour, 350 000 clients différents qui utilisent le TGV avec des besoins, notamment de connexion, différents. »
Cécile NANGERONI