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Avec T-Money, Séoul la pionnière veut séduire les Eurpéens
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La fierté de T-Money, c’est d’avoir mis au point, et dès ses débuts à Séoul, il y a cinq ans, un système de paiement ouvert. Car T-Money accepte comme moyen de paiement sans contact des cartes de transport, mais aussi des cartes de crédit. C’est, selon les responsables du système, sa grande particularité, qui le distingue notamment de la célèbre Octopus de Hongkong.
T-Money est né de la réforme des transports à Séoul, lancée en 2003, et de la volonté de la municipalité d’harmoniser les tarifs et les moyens de paiement entre une multitude d’opérateurs de bus et quelques opérateurs de métro. C’est ainsi qu’a été constituée Korea Smart Card Co (KSCC), joint-venture entre Seoul Metropolitan Government (SMG) et LG, conglomérat préféré à Samsung. C’est cette JV qui opère sous la marque T-Money. D’emblée, les trois opérateurs de télécoms sud-coréens et onze compagnies de cartes de crédit ont investi dans le système. La JV a investi 150 milliards de wons en cinq ans (soit 88 millions d’euros). La JV a trois domaines d’activité, explique Sammy Back, chargé de l’exportation de KSCC : « On émet les cartes T-Money. On est propriétaire des terminaux. On calcule les recettes. »
Le paiement se fait selon la distance parcourue. Un tarif de base permet de parcourir 5 km, puis, au-delà, on paye 100 wons pour 10 km supplémentaires (mais le système peut aussi gérer une tarification zonale, comme c’est le cas à Wellington ou à Kuala Lumpur, où il est exporté). Ce tarif de base comporte un forfait horaire permettant de prendre jusqu’à cinq fois les transports publics dans la demi-heure. Le voyageur doit valider deux fois : à l’entrée et à la sortie, pour que le montant prélevé corresponde au trajet effectué.
Le système de paiement T-Money a d’abord été lancé dans la ville de Séoul en juillet 2004 (environ 11 millions d’habitants). Il a ensuite été étendu dans la région (Gyeonggi, près de 15 millions d’habitants autour de la capitale). Les bus de Busan, deuxième ville du pays, l’acceptent aujourd’hui, tout comme les transports publics d’Incheon, troisième ville de Corée du Sud, siège de l’aéroport international de Séoul, à côté duquel s’élève, sur un polder, la future ville « intelligente » de Songdo.
La croissance n’est pas seulement géographique. Elle est modale : à partir de septembre 2006, le système a été progressivement étendu aux taxis. Les bateaux navettes aussi peuvent être réglés par T-Money. Et, en tant que porte-monnaie électronique, T-Money permet de régler certains services : achat de cigarettes ou de boissons dans les commerces de dépannage (« convenience stores »), paiement de parkings, entrée dans les musées, utilisation d’Internet dans les cybercafés.
Les utilisateurs se répartissent en 50/50 entre prépaiement (cartes de transport, auxquelles s’ajoute aujourd’hui le téléphone mobile) et post-paiement (cartes bancaires). Ce rapport a été établi dès le début et il ne varie pas. La plupart des gens disposent de plusieurs moyens de paiement, qu’ils utilisent à leur gré : carte bancaire, carte prépayée (munies de la puce RFID), téléphone mobile ou argent liquide. On trouve aussi d’autres supports : par exemple, la carte d’étudiant permet un accès aux bibliothèques et un accès au transport public.
Pour ses initiateurs, T-Money apparaît comme une énième application de la célèbre formule win-win : « La participation des cartes bancaires permet de gérer les coûts très élevés de gestion des actes de transport. Et les émetteurs de ces cartes y trouvent un levier pour leurs affaires. » L’avantage de cette généralisation du paiement électronique est évident pour l’autorité organisatrice des transports : les coûts de traitement des billets de transport se montaient à environ 10 %. Avec T-Money, ils ne seraient plus que de 5 %. Ce qui expliquerait, selon les responsables de KSCC, le résultat de la nouvelle politique des transports : stabilité du billet, augmentation de 10 % du trafic, baisse des subventions.
François DUMONT