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Avenel fête ses 80 ans avec de nouvelles perspectives de croissance

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Sauvé de la faillite par le groupe ERI début 2024, Avenel, spécialisé dans les travaux ferroviaires fête ses 80 ans. Quittant son ancien siège de Darnétal, l’entreprise en plein développement s’installe dans de nouveaux locaux à Sotteville-lès-Rouen
C’est un 80e anniversaire que la société Avenel, spécialisée dans les travaux ferroviaires, a bien failli ne jamais fêter. En très grande difficulté financière, elle était au bord de la faillite avant sa reprise par le groupe ERI au début de l’année 2024. Ce sauvetage amorce une nouvelle phase de croissance.
François Lhoutelier, le président du groupe ERI, est venu en Normandie célébrer cet anniversaire et inaugurer les nouveaux locaux de l’entreprise. Quittant les anciens bâtiments de Darnétal, son siège durant 36 ans, Avenel se réinstalle à Sotteville-lès-Rouen dans un ensemble de 3500 m2.
ERI a investi 500 000 € pour transformer cet ancien entrepôt occupé par Axiom, en siège d’Avenel avec bureaux d’études, ateliers et site de logistique. Selon François Lhoutelier, l’acquisition d’Avenel renforce le groupe dans le secteur ferroviaire. Avec son autre filiale Catelia, dédiée aux caténaires, ERI dispose des moyens pour répondre aux appels d’offres sur le marché ferroviaire. A la différence des géants du secteur, ETF, TSO, Eiffage et Colas, ERI est un groupe de moyenne importance. Il intervient souvent en sous-traitance, même s’il réalise aussi des chantiers en premier rang.
Diversification
ERI est plus ancien que sa filiale Avenel. Le groupe a été créé en Ile-de-France il y a un peu plus d’un siècle, autour du génie électrique. « Un groupe indépendant », est fier de préciser François Lhoutelier. « Nous nous sommes progressivement diversifiés dans les courants forts, puis le génie climatique, et finalement le ferroviaire ».
La stratégie porte ses fruits : « Notre taille double tous les cinq ans ». Avec 220 M€ de chiffre d’affaires et 1200 salariés, ERI se déploie dans quatre grands secteurs : le transport, la sureté et la sécurité, le patrimoine durable et la performance énergétique. « L’objectif est de proposer des solutions complètes à nos clients » ajoute le président. Lors de sa reprise, Avenel disposait de trois agences et intervenait dans la signalisation, le génie civil électrique, les passages à niveau, les aiguillages et bien sûr les voies, plutôt au niveau régional. Ses marchés étaient essentiellement orientés vers le Grand Ouest. « Cette acquisition a permis au groupe de renforcer son offre pour proposer une gamme la plus complète possible autour de la maintenance ferroviaire, avec la signalisation, les caténaires, les télécoms, les courants faibles, la vidéo protection…, des domaines investis également par d’autres entreprises du groupe », ajoute le dirigeant.
Clients prestigieux
Avec Avenel, ERI a hérité de clients assez prestigieux, à commencer par la RATP : « C’est un partenaire historique. Nous sommes son premier fournisseur en maintenance et petits travaux sur les infrastructures et dans les gares et les stations » précise François Lhoutellier.
Toutes les nuits, les équipes d’Avenel partent de la base logistique de 8 000 m2 à Stains en région parisienne, vers les différents chantiers du métro et du RER. Pas de gros trains de travaux pour ces interventions, tout se fait par voie routière, y compris l’acheminement des fournitures de la RATP. « Nous hébergeons tous les équipements à commencer par les câbles. Nous accédons au réseau par les entrées voyageurs avec interdiction d’utiliser les ascenseurs ou les escaliers mécaniques. C’est très physique », raconte le patron d’ERI. « Pour ces chantiers, nous disposons d’équipements particuliers comme des petits wagonnets posés sur les voies. Nous avons aussi travaillé à la mise au point d’un robot porteur de charge pour les escaliers capable de descendre de 600 à 700 kg ».
Pour François Lhoutellier, la pénibilité est un enjeu important, en particulier dans le recrutement. « Le seul frein à notre croissance, c’est la capacité à attirer des talents », résume-t-il. L’entreprise comptabilise tout de même 20 à 30 créations de postes par an.
Expertise
Sur l’urbain, ERI travaille avec les réseaux de Rennes, Toulouse ou Lille. Dans l’interurbain et les réseaux TER, c’est avec SNCF Réseau, en direct ou en sous-traitance. Les grands groupes de maintenance ferroviaire achètent également de l’expertise à Avenel et Catelia. « Nous sommes présents sur des chantiers de plusieurs centaines de millions d’euros. Notre spécialité, ce sont ces petits travaux. Nous sommes reconnus comme un des leaders indépendants dans notre domaine ».
ERI doit sa présence territoriale à son réseau d’agences. Le groupe en compte 19 sur ses quatre pôles d’activités. Pour le transport, cinq sont déployées là où les besoins sont les plus importants. Après Rouen, l’autre grosse agence est celle de Rennes. D’autres sont plus spécialisées comme Fontenay-sous-Bois pour les courants faibles et forts, et Poissy pour la signalisation. La dernière ouverte à Montataire (à côté de Creil) est dédiée aux travaux caténaires.
Les projets ne manquent pas pour le groupe, tout comme les perspectives de développement. Pour l’heure, le ferroviaire avec 60 M€ de chiffre d’affaires ne représente qu’environ un tiers des marchés. « Nous avons l’ambition de grossir en taille et en contrats. Les agences ont un potentiel de développement, en particulier dans le transport », souligne le président d’ERI. « Nous nous installerons prochainement à Bordeaux et à Toulouse ou encore dans le Nord de la France ».
Parmi les idées évoquées, le groupe envisage de proposer à la SNCF de participer à la maintenance des moteurs de passages à niveau et à la modernisation des aiguillages.
Philippe-Enrico Attal