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Bus électriques : toujours le vent en poupe

Rien ne semble vouloir ralentir, en Europe, l’essor des autobus électriques à batteries, donnant ainsi raison aux constructeurs, persuadés de longue date que l’avenir est à l’électromobilité. Quant au « made in France », dans l’Hexagone il fait toujours recette.
Si les ventes de voitures électriques semblent marquer le pas, il n’en va nullement ainsi sur le marché des autobus. Bien au contraire, les immatriculations enregistrées dans l’Union Européenne pour les véhicules 100 % électriques à batteries ou IMC (In Motion Charging, rechargement en mouvement) ont bondi de 45 % sur le premier semestre de cette année, comparé à la même période de 2023 ! En parallèle, l’augmentation des ventes d’autobus, toutes filières énergétiques confondues, aura été, sur cette même période, d’environ 28 %. Quant à la part de marché représentée par l’électromobilité, elle s’est accrue de 13,7 à 15,5 %. Au sein du mix énergétique, les autres filières dites « propres » se développent donc également, tandis que les parcs actuels doivent toujours majoritairement compter, bien évidemment et pour encore assez longtemps, avec le sempiternel diesel…
Si l’on considère maintenant l’intégralité de l’année 2023, on retrouve, une fois encore, la même prééminence du bus électrique à batteries. Selon les statistiques du consultant néerlandais Chatrou CME Solutions, il aura représenté 40,8 % des nouvelles immatriculations. Derrière lui, on trouve l’hybride, avec 19,5 %, puis le gaz, avec 11,2 %, et enfin l’hydrogène, avec un tout petit 1,4 %. La pile à combustible reste donc tout à fait marginale dans les décisions d’achat… En faisant le bilan de ces dix dernières années, on recense très exactement 19009 bus électriques à batteries qui sont ainsi arrivés sur les réseaux européens, la France occupant déjà le troisième rang, avec 10,4 %, derrière la Grande-Bretagne et l’Allemagne.
La France en tête
Dans cette course effrénée vers l’électromobilité, il est intéressant de souligner qu’actuellement c’est même la France qui domine nettement désormais la tendance. Si l’on considère la famille des articulés, des standards et des midis, en excluant les minis et les véhicules inférieurs à 8 t, ce sont près de 400 autobus 100 % électriques à batteries qui ont été mis en circulation dans l’Hexagone au cours des six premiers mois de cette année. Environ 80 % de ces autobus ont été fournis par seulement trois grands constructeurs qui, tous, produisent (ou commencent désormais à produire) leurs véhicules sur le territoire français. Les deux grands leaders de l’électromobilité qui se partagent aujourd’hui l’essentiel du marché sont, sans surprise aucune, Iveco Bus (avec 198 véhicules durant le premier semestre) et Bluebus du groupe Bolloré (avec 107 véhicules). En troisième position dans le trio de tête, arrive Mercedes (avec 27 véhicules). Au prix d’investissements très importants, le constructeur allemand a tout récemment réaménagé son très beau site industriel de Ligny-en-Barrois, dans le département de la Meuse, afin d’y produire l’autobus électrique eCitaro. Juste derrière Mercedes, dans ce classement réalisé sur les six premiers mois de l’année, on trouve l’espagnol Irizar (avec 26 véhicules), qui tire lui-aussi son épingle du jeu, profitant de l’expérience dont il dispose depuis plusieurs années.


Clairement, le marché français de l’électromobilité dans les transports urbains reste donc très largement dominé par les constructeurs européens, au premier rang desquels Iveco Bus, qui fabrique traditionnellement ses autobus électriques à Rorthais, dans les Deux-Sèvres (et qui devrait aussi le faire, prochainement, dans son usine d’Annonay, en Ardèche), ainsi que Bluebus, dont le site de production se situe à Ergué-Gabéric, dans le Finistère. Fabriquer ses autobus localement est assurément un critère auquel nombre d’élus peuvent être sensibles. La décision, naguère, du chinois BYD, comme celle, plus récemment, du néerlandais Ebusco, de vouloir acquérir des emprises sur le territoire national pour y assembler leurs propres véhicules, participent à l’évidence de la constatation.
Mais, au travers de ce hit-parade des ténors de l’électromobilité, il faut surtout voir, pour les véhicules manufacturés en France, une reconnaissance objective de leur niveau de qualité.