CEF : l’urbain et le suburbain pour Valenciennes

Le centre d’essais ferroviaires (CEF) valenciennois soufflera sa 10e bougie l’an prochain. Implanté à Petite-Forêt et embranché en gare de Raismes, au cœur du réseau dense de la région Nord-Pas-de-Calais, cet anneau fait partie des moyens de tests modernes développés dans les années 90 et adossés aux constructeurs de matériel ferroviaire (Alstom et Bombardier sont actionnaires aux côtés de Certifer). Avec Wegberg-Wildenrath, il complète ainsi les circuits d’essais de l’après-guerre, comme Velim, en intégrant d’emblée de nouvelles exigences, notamment associées à la dérégulation ferroviaire européenne.
Les clients demandent désormais aux constructeurs des matériels fiabilisés au maximum et donc prêts à rouler. De surcroît, les trains intègrent des fonctionnalités plus nombreuses et plus complexes et doivent notamment répondre aux spécifications européennes et nationales. Des moyens d’essais sont donc nécessaires pour mener à bien cette démarche de mise au point et d’homologation avant livraison, et ce en recourant le plus possible à des installations « déconnectées » des réseaux ferrés commerciaux, aux multiples contraintes d’utilisation. L’objectif des industriels serait de pouvoir réduire les tests sur lignes commerciales et recourir à des sites propres à hauteur de 70 %. Le CEF, avec ses 8 km de voies taillées pour des essais de performance, d’endurance et de pilotage automatique de matériel urbain et suburbain, offre un portefeuille de solutions d’un grand intérêt, mais le besoin en capacité est tel qu’il devient trop petit. Même constat sur l’anneau allemand de Wegberg-Wildenrath. Les projets de mutualiser les moyens d’essais et de dédier les sites disponibles pour plus d’efficacité accroîtraient encore ce problème de capacité. « Les besoins sont supérieurs à la capacité offerte par les moyens fixes d’essais, explique Jean-Marie Vanzemberg, directeur du CEF, ainsi, une nouvelle installation, même à minima, se justifie pleinement. » Les acteurs sont donc convaincus, le projet de nouvel anneau est lancé mais rencontre l’hostilité des riverains et des élus locaux de la zone d’implantation, envisagée au sud de Valenciennes. L’association « Boute-en-train » en a fait son cheval de bataille. Jean-Marie Vanzemberg met toutefois en exergue « le soutien constant de la région Nord-Pas-de-Calais et de l’Etat ». L’idée d’une telle réalisation n’est évidemment pas abandonnée et pourrait très bien se concrétiser ailleurs : en France ou à l’étranger. La dimension d’un tel projet est de toute manière européenne. L’implantation sera sans doute déterminée, outre par les exigences techniques, par l’implication de la puissance publique en termes de participation au financement. « Un anneau d’essais représentatif des exigences et dimensionné pour la grande vitesse [jusqu’à 250 km/h] représente un investissement de près de 450 millions d’euros », précise Jean-Marie Vanzemberg. Aujourd’hui, les prérequis à la mise en œuvre d’un tel projet ne sont pas réunis.
 

Laurent CHARLIER