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Des « Watt » pour les bus du futur
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L’innovation est très prometteuse sur le papier. Le fonds démonstrateur de recherche de l’Ademe va lui permettre de faire ses preuves. Watt, pour wireless alternative trolley technology, a été inventé par l’entreprise PVI, spécialiste français du véhicule industriel urbain, qui a déposé un brevet mondial. Il s’agit de doter le bus d’un bras télescopique automatisé qui se connecte au totem de l’abribus où se trouvent des batteries et supercondensateurs. Précision : l’abribus est relié au secteur par une simple ligne électrique de type domestique. En dix secondes, soit le temps de montée ou descente d’un seul voyageur, suffisamment d’énergie peut ainsi être emmagasinée. Le bus poursuit sa route jusqu’à l’arrêt suivant, où il pourra de la même façon stocker de l’électricité dans sa batterie à supercapacité.
« L’idée est venue du Montmartrobus qui se recharge tous les tours pendant 4 minutes, nous avons cherché à pousser le concept plus loin, explique Pierre Midrouillet, directeur général de PVI. Nous avons réussi à concevoir une infrastructure très légère. Le bus est également équipé d’une batterie de secours de façon à pouvoir rouler en se connectant seulement une fois sur trois. » En l’absence de site propre, en effet, il n’est pas rare que le bus soit entravé par un véhicule mal stationné et ne puisse s’aligner à l’abribus. Avec Watt, il est ainsi possible d’envisager un bus 100 % électrique à autonomie illimitée. Ses promoteurs précisent que la technologie peut s’adresser à n’importe quel bus quel que soit le constructeur. Le rêve ! D’autant qu’il promet d’être économe. « Alors qu’un bus diesel coûte 0,50 euro du km, un bus alimenté par Watt coûtera 0,10 euro du km, estime Michel Bouton, président de PVI. Si bien que le coût de l’équipement est amorti en moins de douze ans. »
Avec ses partenaires, Veolia Environnement, Robosoft (spécialiste des solutions robotiques de services) et MDO Mobilier urbain, PVI va toutefois devoir vérifier encore pas mal de choses. C’est l’objet du démonstrateur : « une ligne System’Watt sera expérimentée en 2011 dans une grande ville française », poursuit-il. Une ville gérée par Veolia Transports bien sûr, et peut-être en Ile-de-France. Et le souhait spontané du ministre de l’Ecologie Jean-Louis Borloo suggérant « Valenciennes ! » ne pourra être exaucé. A moins d’un changement d’opérateur d’ici à l’expérimentation, Transvilles étant géré sous forme de SEM avec Transdev. Trois points devront notamment être validés : la sécurité du système en cas de vandalisme, celle des piétons en cas d’accident et l’absence d’émission d’ondes électromagnétiques lors du transfert d’énergie. A part cela, le constructeur, expérimenté en bus électriques via sa filiale Gépébus, annonce une durée de vie équivalente à un bus conventionnel, soit « au moins douze ans ». Il espère un lancement commercial, en tant que fournisseur des industriels du bus et des spécialistes du mobilier urbain, dès 2012.
Cécile NANGERONI