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Entrepreneuses, élues, manageuses, conductrices… Les voies de la réussite au féminin

Longtemps cantonnés aux hommes, de nombreux métiers du transport sont de plus en plus investis par les femmes, poussées par des entreprises soucieuses de diversité. Cette féminisation touche tous types de postes. Portraits de quelques-unes de ces femmes qui poussent les portes et d’élues qui montent au créneau pour la mobilité.
Dossier réalisé par Sylvie Andreau, Nathalie Arensonas et Marie-Hélène Poingt
« Je rêve d’un jour où l’on ne dira plus : c’est la première femme… ». Renée Amilcar est justement l’une de ces « premières femmes ». Elle vient de prendre la présidence de l’association internationale des transports publics, l’UITP, créée il y a 128 ans et qui n’avait jamais été dirigée par une femme. Cette « première » illustre la trajectoire du secteur des transports publics vers une féminisation parfois accélérée. Les nominations de femmes se multiplient aux plus hauts postes, tandis que dans l’encadrement, les effectifs tendent vers la parité et que les recrutements démontrent une réelle progression des profils féminins. Les chiffres publiés par les grands groupes confirment ces efforts. A la SNCF, sur ces trois dernières années, la part des femmes dans les recrutements est passée de 18,5% à 23,07% et sur les dix membres du comité de direction générale, la moitié sont des femmes. Chez Keolis, Marie-Ange Debon fait mieux avec un comité exécutif composé de six femmes sur dix membres. A la RATP, l’Epic affiche déjà 40 % de femmes cadres et plus de 40% de femmes parmi le personnel supérieur. En 2025, le groupe RATP vise un objectif de féminisation des recrutements d’au moins 25 %. Chez Transdev, 4680 conductrices occupent le volant, soit 21,4% de l’effectif total de conducteurs.
La galerie de portraits retenus dans notre dossier et ces parcours parfois exemplaires révèle une autre réalité. L’engagement en faveur de l’intérêt général, du service public, des collectivités est le fil conducteur de toutes ces carrières. Il témoigne souvent d’une fidélité à des valeurs, d’une loyauté envers son employeur, d’une réelle persévérance et de la patience. Il en a fallu à Nathalie Bon pour devenir l’une des dix femmes conductrices de TGV sur 1 700 conducteurs. Il n’en a pas manqué à Sylvie Buglioni, 32 ans à la RATP, qui a enchaîné postes et responsabilités avant d’être nommée au comité exécutif. Sandrine le Feur, qui préside la Commission du développement durable, va en avoir besoin pour faire entendre sa voix sur une sujet qui lui tient à cœur : la mobilité en milieu rural. Tout comme Rachel Picard qui se lance dans le plus ambitieux des projets d’ouverture à la concurrence dans le ferroviaire avec sa société Proxima. Si ces exemples enthousiasment et rassurent, la partie n’est sûrement pas encore gagnée. « La mixité, c’est comme un vaccin, il faut plusieurs rappels », résume Marie-Paule Wauquiez, déléguée générale de Mobil’Impulse.