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L’essor du vélo d’entreprise

Soucieuses d’encourager des modes de déplacements durables, de plus en plus d’entreprises proposent à leurs salariés d’utiliser des bicyclettes pour leurs trajets domicile-travail. Elles peuvent apporter une aide financière aux cyclistes ou bien acheter ou louer des vélos pour constituer une flotte mise à la disposition de leurs salariés. Tour d’horizon sur les possibilités offertes par les acteurs du vélo.
Encouragé par les pouvoirs publics, le marché des vélos d’entreprise est en pleine ascension. Azfalte, BeeToGreen, Bee.Cycles, Cyclez, Green On, Oribiky, Starbolt, Tandem, Tim Sports, Zenride sont quelques-uns des opérateurs de vélos de toutes tailles à s’être positionnés sur ce marché, certains depuis plusieurs années, d’autres beaucoup plus récemment. Avec une approche différente et des cibles variées, allant des grands groupes du CAC 40 à des TPE ou PME, en passant par les collectivités, ils affirment répondre à une demande de plus en plus forte d’entreprises soucieuses de promouvoir une mobilité durable. « Pour certains de nos clients, proposer des vélos à leurs salariés est un élément clé de leur marque. C’est le cas par exemple de Back Market [électronique reconditionné], Alan [assurance en ligne], ou Phénix [redistribution de produits alimentaires à durée de vie limitée] », commente Édouard Atger, un des fondateurs, avec Ugo Annicchiarico, de Starbolt, entreprise créée en 2018, qui propose des scooters, des trottinettes et des vélos électriques. La demande vient aussi des salariés eux-mêmes. Veolia a ainsi pris la décision, il y a deux ans, de participer financièrement à la location longue durée de vélos pour ses salariés.
Les nouveaux véhicules de fonction
La lutte contre le réchauffement de la planète implique d’être plus éco-responsable, notamment lors des déplacements. D’où l’apparition de nouveaux modèles dans les flottes des véhicules d’entreprise. Après la voiture électrique, place à des véhicules plus légers et à l’apparition d’un nouveau service : le véhicule de fonction, qui peut prendre différentes formes, de la location longue durée financée par l’employeur à l’achat d’une flotte mise à disposition des salariés. Encore plus original, la SNCF avait annoncé en fin d’année dernière, réfléchir à « un train de fonction », formule que les entreprises pourraient offrir en 2024 à leurs employés, à la place de la voiture de fonction. Un service qui « pourrait répondre aux enjeux du développement durable tout en procurant des avantages comparables à la voiture », avait alors expliqué Alain Krakovitch, le patron des TGV. Elle permettrait d’allier transports publics, mobilités douces et location de voiture.
« Nous ressentons un besoin de plus en plus fort, de la part de nos collaborateurs, d’une plus grande multimodalité », souligne Arnaud Willing-Salleron, le directeur de la flotte de véhicules de Veolia, qui gère un parc de près de 20 000 véhicules, toutes catégorties confondues. « Il est évident que tous les salariés ne vont pas se passer de leur voiture. Mais, en adoptant notre plan de mobilité VEGA (pour Veolia gestion automobile), nous avons choisi de réduire nos émissions de CO2, et l’utilisation du vélo peut y participer, à côté d’autres moyens, comme l’électrification des véhicules de la société par exemple », poursuit-il. Le marché semble prometteur. En 2022, il s’est vendu en France près de 2,67 millions de vélos, toutes catégories confondues (vélos pour enfants, VTT, vélos de course…), dont 738 000 vélos électriques, en hausse de 12 % selon l’Union Sport & Cycle. L’usage des deux-roues électriques se répand. L’intérêt évident est de pouvoir faire des trajets plus longs sans arriver tout transpirant à destination.
Plus récents, les vélos de fonction se font aussi leur place. Jérôme Blanc, un des fondateurs de Tim Sports, estime qu’il y en aurait 10 000, auxquels s’ajoutent les flottes de vélos d’entreprise qui représentent quelques centaines d’unités. « D’ici deux ans, il y en aura 200 000. On est sur un marché en pleine croissance », assure Jérôme Blanc. Mais le marché français est encore loin de celui de ses voisins allemands où le nombre de vélos en entreprise est estimé entre 800 000 et un million d’unités. Cette montée en puissance est soutenue, en France, par des politiques financières incitatives (notamment l’aide permise par le forfait mobilité durable et qui peut désormais aller jusqu’à 800 euros par an et par salarié) et par des programmes comme celui de la Fédération française des usagers de la bicyclette (FUB) avec Objectif Employeur Pro-Vélo (OEPV). Pour aller plus loin, les promoteurs de la petite reine insistent sur la nécessité de développer des pistes cyclables, de supprimer les ruptures sur les trajets (ronds-points, boulevards routiers…) et bien sûr d’aménager des places de stationnement sécurisées près des bureaux. Sont aussi encouragés des cours de remise en selle, voire, pour les plus bricoleurs, des formations permettant d’effectuer de petites réparations si la maintenance ne fait pas partie du contrat passé avec un prestataire.
Le choix unique de Starbolt
Le choix de Starbolt : proposer un seul modèle de vélo à ses clients. « L’objectif est de simplifier l’offre et la maintenance », explique Édouard Atger, l’un des fondateurs avec Ugo Annicchiarico. Autre choix fort de la société qui s’est lancée sur le marché avec 200 vélos et en exploite aujourd’hui 1 200, répartis chez une centaine de clients, comme Havas, LVMH ou Eiffage : elle a retenu le vélo du fabriquant français Arcade, « un vélo solide et réparable ». De plus, Arcade a « une grande expérience desflottes et a développé un réseau capable d’expédier rapidement des pièces », poursuit le dirigeant. « Nous aurons 20 000 vélos en location longue durée en 2026, dont 80 % en vélos de fonction », indique Édouard Atger. Un nombre comparable au service
Véligo. « Véligo a mis 20 000 de ses vélos en service en deux ans. Et a enregistré 37 000 souscriptions », rappelle-t-il. Pour soutenir sa croissance, Starbolt a réussi une levée de fonds de 300 000 euros en mars 2022. Elle avait déjà réuni 800 000 euros, lors d’une précédente ouverture de capital en 2019.