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ÉQUIPEMENTIERS & SERVICES: Expliseat promet des sièges de train ultra light

Avec sa nouvelle usine inaugurée à Angers le 13 septembre, Expliseat passe du niveau start-up à celui de PME industrielle. Le fabricant de sièges d’avion veut se faire une place sur le marché des sièges de train.
Business France 1 parle de « véritable pépite ». Expliseat (jeu de mot jouant sur seat, siège en anglais qui se prononce site) fait partie de ces « success story » à la française. Avec l’usine inaugurée le 13 septembre à Avrillé dans la banlieue d’Angers, la start-up change d’échelle pour passer à la production industrielle. Spécialisé dans la fabrication de sièges ultra légers d’avions, Expliseat a révolutionné le secteur aérien en réduisant de 35 % le poids de ces équipements. Soit, trois kilogrammes en moins par passager, sans rogner sur le confort, jure-t-il. Un gain particulièrement apprécié par les avionneurs qui en font un argument commercial, et par les compagnies aériennes qui réalisent ainsi des économies de kérosène, les appareils pesant moins lourd
37 000 sièges allégés par an
Pour alléger ses sièges, Expliseat utilise de la fibre de carbone et du titane, plutôt que de l’aluminium et du plastique, prenant ici le contrepied de ses concurrents et de leurs méthodes de fabrication. Pour lier ces matériaux, l’équipementier a mis au point de complexes procédés d’assemblage, des technologies de pointe protégées par une centaine de brevets. Le Petit Poucet français a ainsi réussi à percer sur un marché verrouillé par les trois géants du secteur, Safran, Recaro et Collins. Il est parvenu à s’imposer et fait déjà voler 10 000 sièges allégés à travers le monde. Jusqu’à présent, la production était réalisée en sous-traitance chez un partenaire installé à Montauban. Pour passer à la vitesse supérieure et produire davantage, il était devenu nécessaire de maîtriser l’ensemble de la chaîne et donc, d’avoir sa propre usine. Les 6 000 mètres carrés du site d’Avrillé devraient permettre à Expliseat de produire 37 000 sièges par an.
Amaury Barberot, le pdg de l’entreprise, voulait un site de production à la fois proche des axes de communication, sans artificialiser de nouveaux sols, pour éviter l’empreinte carbone d’une nouvelle construction. L’entreprise de sellerie a donc installé son unité de production dans une usine délaissée par Hörmann, un fabricant allemand d’ouvrants industriels. Dans le vaste hall de montage, travaillent une quarantaine d’employés. Pour gagner en efficacité, une énorme machine de huit mètres de haut, stocke et répartit un millier de références de pièces détachées.
« Les informations sont directement transmises depuis Paris, sans intervention humaine », explique le pdg. Ce magasin automatisé sélectionne tous les éléments nécessaires à l’assemblage final, « sans risque d’erreur, avec une optimisation maximale et sans qu’il soit nécessaire de perdre du temps à chercher et déplacer des pièces. On gagne entre 60 et 70 % d’efficacité », assure-t-il. Dans la zone de travail, une douzaine de postes de collage permet de réaliser les structures de cadres avant de solidifier l’assemblage par le passage dans un four à 150° C. Quand le siège est prêt, le client vient en prendre livraison dans l’usine, où il est possible de stocker l’équivalent de trois avions à plat.
Et maintenant les trains
Juste à côté de la zone de production, un vaste espace reste encore inoccupé. C’est là que sera installée une seconde chaîne de production, plus particulièrement destinée aux sièges de trains. « Depuis deux ans, nous sommes en R&D avec la SNCF pour mettre au point un siège destiné au ferroviaire », indique Amaury Barberot. Si aucun contrat n’est encore signé, il veut croire que la compagnie nationale ne se serait pas engagée aussi longuement sans finir par passer commande. Si tout se passe bien, les sièges Expliseat pourraient s’inviter à bord des Ouigo, à l’occasion d’opération de rétrofit de rames TGV Inoui. Un secteur particulièrement intéressant, explique le dirigeant puisque « les marchés portent généralement sur de très grosses quantités, 25 000 pièces à livrer sur cinq ans ». L’équipementier pourrait donc produire 5 000 sièges par an pour le ferroviaire.
Mais les contraintes de l’avion et du train ne sont pas les mêmes, avec notamment un prix de vente plus faible pour le rail, compensé par des volumes plus élevés. C’est donc un nouveau siège spécifique au ferroviaire qu’Expliseat a mis au point. Ce modèle a été présenté au salon ferroviaire InnoTrans qui se déroulait fin septembre à Berlin. « InnoTrans sera déterminant. Beaucoup d’opérateurs se disent intéressés mais attendent de voir le produit », relèvait Amaury Barberot, avant de faire le déplacement en Allemagne.
Pas les constructeurs ? « Ce sont avant tout les opérateurs qui profiteront du gain de poids à bord des trains », explique-t-il. Ce sont donc eux qu’il va falloir convaincre. Ce qui ne devrait pas être si compliqué tant la question de l’emport est devenue une priorité dans le monde ferroviaire. « Avec un poids maximal à l’essieu désormais atteint, il est devenu indispensable de réaliser des allégements pour installer de nouveaux équipements ou davantage de places assises », argumente le pdg qui assure que son nouveau siège pourrait alléger de sept tonnes une rame de TGV.